MERCURE
du pays. 2° Tremhlement mercuriel avec convulsions et douleurs. Lors(jiie le Ireniblement, tel (jue nous venons de le deciirc, a dîne pendant un temps plus ou moins long, la cause qui 1 a produit continuant à agir, des plienomenes convulsifs et des douleurs vives s’v ajoutent, et ce degré de tremblement proprement dit est remplacé par une série de contractions musculaires plus fortes, plus étendues et occupant un nombre considérable de muscles. Les phénomènes présentés alors par les ouvriers olfrentune grande ressemblance avec ceux qui caractérisent les choréiques. Le caractère convulsif que prennent les contractions des muscles dépend surtout delà prédominance extrême des fléchisseurs sur les extenseurs, blette prédominance est telle que, lorsqu au moment d’un accès un de ces malheureux saisit un objet, aucun effort n’est capable de lui faire lâcher prise, et la volonté du patient est aussi impuissante que toute force étrangère. Lorsque les phénomènes convulsifs existent , il ne tarde pas à s’y ajouter des douleurs qui, bien qu’elles ne soient pas constantes, constituent néanmoins un des caractères principaux de cet état qu’en Espagne on appelle calarnhres. Dans les écrits trop peu nombreux qui ont été publiés sur Almaden, on trouve, d’après Vicente de Arevaca, que tes douteurs surviennent d’ordinaire chez des individus qui, ayant déjcà présenté des convulsions, ont persisté, malgré cela, à entrer dans les mines. L’irritation, disait cet auteur, se fixe sur un point quelconque, et dès lors ce point est affecté de calambres. D’après le même médecin, le point le plus généralement frappé le premier est le gros orteil ; d’autres fois c’est le pouce, et c’est de là que la maladie va s’étendant, au point d’envahir tous les muscles du corps, même ceux des organes de la vie organique et en particulier de l’estomac. L’intensité des douleurs et celle de la contraction musculaire ne sont pas toujours en raison directe f une de l’autre, et l’on a vu, dit-on, la douleur se présenter d’un côté du corps seulement, les contractions convulsives occupant tout le côté opposé. Les dordeurs de calambres sont aiguës, lancinantes et quelquefois d’une vivacité intolérable. Quant aux convulsions, de môme que chez les choréiques, elles ne sont pas continues, elles augmentent sous la moindre émotion morale. Chez les calambristes, les fonctions sont plus ou moins altérées suivant le degré auquel est arrivé le mal. Presque constamment il y a inappétence. Le pouls n’est pas modifié, en général, excepté lorsiju’il se déclare un mouvement fébrile, ce que les médecins du pays regardent comme un très II. ' 31
MEUCÜKK.
mauvais signe. La peau, excej)té dans celte dernière circonsLance, est plutôt Iroide (jue chaude. Un des j)hénoniènes les plus dignes de remarque, est rinsomnie qui poursuit les malheureux dès que la douleur caractéristique des calamhres se joint aux convulsions choréi (ormes. 3“ Paralysie mercurielle avec altération de l' intelligence. Lovs,(\i\e l’état que nous venons de décrire lait encore des progrès, on voit les malades achever de perdre leurs forces et devenir de véritables paralytiques. 11 reste toujours à ces malheureux un tremblement presque continuel, qui prend par moment le caractère convulsif. Mais ce tremblement ne s’accompagne plus d’aucune douleur comme dans les calambres, les facultés intellectuelles s’affaissent d’une façon considérable, particulièrement la mémoire; quelques uns de ces malades, qui sont déjà impropres à toute espèce de travail, peuvent encore marcher s’aidant d’un bâton, mais il en est beaucoup chez qui la station est de toute impossibilité : on les garde dans les maisons, au coin du feu, assujettis sur une chaise comme des enfants en bas âge ; beaucoup d’entre eux ne peuvent ni s’habiller ni manger seuls; leur visage devient stupide en même temps qu’ils n’articulent plus que des sons vagues et confus. L’augmentation des mouvements convulsifs a lieu chez ces malades sous l’influence des émotions morales comme sous l’influence du vent d’est, qui est appelé salano à Almaden.
La prédominance des fléchisseurs sur les extenseurs est extrêmement manjuée, et ceux-ci seulement paraissent paralysés : rien n’est plus singulier que de voir ces malheureux infirmes, incapables habituellement de tous mouvements réguliers , avoir la force, lorsqu’ils sont dominés par une émotion, et particulièrement par la colère, de saisir un objet et de le serrer de telle façon qu’il est impossible de leur faire lâcher prise. M. le docteur Théophile Roussel n’a pas observé d’exemple de folie proprement dite chez les individus atteints à divers degrés de névropathie mercurielle. Dans les cas les plus avancés, les malades paraissaient à peine capables de quelque détermination raisonnée, mais sans délire. En général, au premier degré de la maladie, dans le tremblement simple, il suffit habituellement, pour obtenir la guérison, de quitter le travail, de changer de genre de vie, de s’abstenir de vin et de transpirer beaucoup. Lorsque la maladie a pris le caractère convulsif et douloureux, la guérison est beaucoup plus difficile à obtenir, et rarement les malades sont amenés à un rétablissement parfait. On peut, néanmoins, parvenir à faire cesser les