‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubritéChapitre 54 sur 58 · MÉTÉOROLOGIE · texte numérisé non relu

MÉTÉOROLOGIE

i800 millièmes), el au premier titre (950 millièmes), l’""'' parer dans ses expériences avec ceux du madlecliort. Il mit d .

!a sauce liollaudaise dans chacun d’eux; les expenences luren continuées pendant trente-six heures , et firent voir qu âpre trente-six heures le vase d’argent au premier titre ne présentait aucune altération et se trouvait ainsi hors de cause. Les autres vases oIVrirent successivement les changements suivants : bix heures suffirent pour colorer en vert la sauce du vase de maillechort, et pour attaquer, mais à un moindre degre, le vase aigent au deuxième titre, tandis que les deux vases de cuivre n’étaient point encore atteints; douze heures d experience amenèrent une altération plus forte dans le vase d’argent au deuxième titre que dans celui de maillechort, et un comniencement d altération sur le vase de cuivre jaune. Après vingt-quatre heures , le vase d’argent au deuxième titre présenta une coloration en beau vert, celui de maillechort en vert brun terne, celui de cuivre rouge en vert brun , le jaune en vert brun peu lonce; et après trente-six heures , on reconnut une coloration en rouge vert brun un peu terne sur le cuivre rouge, une en vert noirâtre et terne sur le maillechort , une d’un beau vert sur l’argent au deuxième titre , et une autre d’un jaune vert moins terne que sur

le maillechort et sur le cuivre jaune.

Il résulte évidemment de ces expériences, que le maillechort n’est pas plus promptement attaqué que l’argent au deu.xième titre ; que la teinte noirâtre qui se développe d abord sur les ustensiles que l’on construit avec lui a l’avantage de prévenir du danger, et qu’en conséquence, outre qu’il serait très difficile d’empêcher son usage pour les différentes pièces dont on se sert en cuisine , il ne serait pas juste d’en proscrire l’emploi , pas plus que celui de l’argent au titre de 800 millièmes.

]?iÉtÉOROI..OGIE. — Les limites et l’objet particulier de notre ouvrage ne nous permettent pas de donner à l’étude si importante de la météorologie toute l’étendue quelle mériterait; et nous n’aurions rien eu à ajouter aux développements dans lesquels nous sommes entré à l’article Climxts, si nous n’avions pas cru ne pas devoir passer sous silence un fait considérable qui intéresse à un haut degré la science de l’hygiène : nous voulons parler de la fondation récente à Paris d’une société météorologique qui a commencé déjà la publication d’un Annuaire où vien-

MINES, MINEURS

(Iront à l’avenir se f?roiiper nlilenient les travaux épars d’nn firand nombre d’observateurs disséminés sur tons l(\s points dn globe. L initiation de celte entreprise, si Jirillante d(*jà à ses débuts, est due à MM. d’AJdiadic, Bérigny, Biavais, Cli.-S.-C. Dcvilb* ot Haegbens. C’était un devoir pour nous (ie la signaler. Nous ajouterons à ('-ette courte mention quebjues indications bibliograpbi(jues destinées à compléter celles (pii terminent les articles Air et Climats.

Bibliographie. — Annuaire météorologique de la France , pour 1849 , 1850, 1851, 1852, 4 vol. gr. in-8. — Annuaire de la Société météorologique de France. Puris, 1853. — Instructions sur les observations météorologiques à faire dans les hôpitaux coloniaux, par Ch. S.-C. Deville. Paris, 1853. — Aperçu général du climat des Antilles, par le mOme. Paris, 1853. — Climat de la France, 1'* partie, par Edin. Becquerel {Annales de l’institut agronomique, Versailles, 1853). — Carte des lignes isothermes, isothères et isochimènes en France, par le môme. — Remarques sur la manière d’observer la température de l’air, par Bravais {Ann. de la Suc. météorologique , lS5‘ô , I. I, p. 127). — Notes sur les discordances qu’on observe entre les indications des thermomètres à mercure et à l’alcool, à l’air libre et d l’ombre, par Ch. S.-C. Deville {Ibid., p. 135). — Carte physique et météorologique du globe terrestre, comprenant la distribution géographique de la température, des vêtit s , des pluies, des neiges et des orages, par Boudin, 2' édil. Paris, 1853. — De la météorologie dans ses rapports avec la science de l’homme , et principalement la médecine et l’hygiène publique , par Id. Foissac. Paris, 1854 , 2 vol. in-8.

JflEUliES. — Voy. Aiguiseurs.

JflElJXEKiE , mtVOTEKlE. — Voy. buÉ, Boulangerie.

]?IIAS]flES. — ■ Foy. Marais, Putrides (Émanations).

IflIEE. — Le miel n’ollre que peu d’intéri'H à l’bygiène. Nous nous contenterons d’indiquer, d’après 31. Chevallier, la possibilité des falsilications de ce produit à l’aide d’amidon, de farine, de légumineuses, de sable même, qui en augmentent la densité, et surtout à l’aide du sirop de fécule qui , solidifié en masses grenues, peut simuler le miel de qualité inférieure. Un fait curieux et bien digne d’attention , déjà rapporté par Tournefort et 31. Aug. Saint- Hilaire , c’est que certains miels récoltés par les abeilles sur des plantes vénéneuses peuvent acquérir des propriétés très nuisibles, et ont dans quelques cas déterminé des accidents sérieux.

irilLlTAllCE. — Voy. Hygiène militaire.

MIîirES, HIUXEERS. — On donne le nom de mine à toute excavation creusée dans le sein de la terre pour exploiter une substance minérale.

MINES, MiNEimS.

On (lislinjiue mines soulerraines, on mines proprement dites, et les mines ù eiel ouvert, ou mines a la snrlaee.

Le nom de carrières, (pii signilie ordinairement des mines de pierre (pierre à bâtir, pierre à ehanx), est aussi employé (inelque-

fois comme synonyme de mines à ciel ouvert. On appelle houillères les mines de bouille ; tourbières , celles de tourbe ; alunières, celles d’alun, etc. Les mines se composent de puits, de galeries, de descenderies ou cheminées, et de chambres. Les puits sont des excavations prismatiiiues ou cylindriques, dont l’axe, très incliné à l’horizon ou vertical, est très allongé relativement au diamètre des bases; les galeries sont des excavations semblables dont l’axe est horizontal ou peu iiudiné à riiorizon ; les cheminées se rapprochent beaucoiq) des puits : il est impossible d’établir une distinction tranchée entre ces dilVérentes espèces d’excavations; les chambres sont des excavations de grcuides dimensions dans tous les sens, souvent de forme irrégulière. Les diverses substances minérales forment dans le sein de la terre des ^<1/65 variés; elles s’y trouvent en couches, en liions, en amas, en veines, etc. Tous les combustibles fossiles, la houille, l’anthracite , le lignite , la tourbe , se trouvent constamment en cou-

ches.

Les travaux qui consistent à préparer l’exploitation des mines varient nécessairement, comme l’indique la distinction des mines souterraines et des mines à ciel ouvert.

Les substances exploitées à ciel ouvert sont souvent sans grande valeur; les excavations pour ce genre d’exploitation reçoivent, outre l’eau qui suinte des parois du rocher, celle qui tombe de l’atmosphère. L’art du mineur, lorsqu’il exploite à ciel ouvert, consiste donc principalement à savoir disposer les travaux de manière à opérer facilement l’extraction du minerai et à se débarrasser économiquement des eaux. Dès que les travaux atteignent une certaine profondeur, on est obligé de recourir à l’exploitation souterraine.

La fouille des mines était autrefois un supplice des criminels les plus coupables. On sait que les premiers chrétiens étaient souvent condamnés à l’extraction des métaux. De nos jours, malgré les progrès ajiportés par les siècles et la juste sollicitude qui environne les travailleurs , la profession de mineur laisse encore beaucoup à désirer ; si la mortalité des ouvriers n’est plus énorme comme chez les anciens, ils sont en général actuellement soumis

MINES, MINEURS

encore à des conditions liy}^iéni(ines d«‘|)lorîd)lcs et à des chances de mort noinl)reusos.

Ces dangers peuvent (Hre l’apporlés à deux principales causes :

les gaz délétères qui se développent dans les mines; 2" les inondations, les ébonlements, etc.

L air des mines est vicié plus ou moins profondément t>ar la respiration des ouvriers, par les eaux croupissantes qui y séjournent, par la décom|)osition des bois qui revêtent et soutiennent les puits et les galeries, par la fumée des lumières, et enfin j)ar celle de la poudre brûlée pour faire sauter des portions de substances à extraire. Ces causes déjà si nombreuses et si puissantes, et qui altèrent promptement un air difïicilement renouvelé, sont peu dangereuses en comparaison des gaz délétères qui se dégagent plus ou moins rapidement; quelques uns peuvent s’enflammer au contact de la lumière et produire les plus violentes et les plus terribles explosions. Les principaux gaz délétères qui se rencontrent dans les diverses espèces de mines sont surtout, l’acide carbonique , l’bydrogène , l’oxyde de carbone , le gaz hydrogène sulfuré , l’hydrogène carboné, etc. Les mineurs connaissent sous trois noms ces diverses espèces de gaz délétères , le feu brisou ou grisou , le ballon et la moffette. On a remarqué qu’en général la production de ces gaz se faisait rapidement, surtout dans les saisons chaudes et humides. Parfois ils apparaissent brusquement quand les ouvriers pénètrent avec leurs outils dans des cavités closes , ou lorsqu’ils arrivent à communiquer aux anciens puisards contenant des eaux stagnantes. Enfin il est une cause d’insalubrité pour les mineurs que nous ne ferons que mentionner et qui tient à la nature même de la mine : ainsi, ceux qui exploitent les mines de mercure, surtout celles à l’état vierge, sont sujets à la salivation, aux tremblements, etc. Les ouvriers qui travaillent dans les mines de plondj ont un signe qui les fait reconnaître aisément; ces hommes sont sujets à la colique et à la paralysie saturnines. Ceux qui exploitent les mines de cuivre sont sujets aux coliques, à la dyssenterie , etc. Les mines où enlre l’arsenic sont également très funestes aux ouvriers ; les maladies produites par les vapeurs arsenicales ont quelquefois une marche lente, mais non moins dangereuse; il survient des coliques, de la fièvre, de la maigreur et surtout des paralysies.

Les mineurs, dans leurs souterrains, peuvent être surpris par l’eau , comme le témoigne le fait si connu d’une grande mine

MINES , MINEURS

ère ,)» voisinage de Liège : 93 ouvriers se Irouvaicnt dans ,e souterrain le pins profond ; ils avaient été ams. chasses par l’ean (lui avait sncecssivenient envahi de proche en proche. Les ingénienrs insèrent fort bien de l'endroit oh ces tnalheureux vieil-

liouillt’ le sou ter

1 iJiîL 11 it III 5 I llwC. I V,'l J AV A -W-1 ik ' *

(Iraient aboutir et travailler pour se dégager. Eulin , apres avoir franchi un espace de 160 mètres, et après six purs de travaux intérieurs et extérieurs qui se correspondirent à merveille, on put faire sortir, avec les précautions convenables, 7!i hommes vivants sur 93. Les mineurs sont exposés à des chutes fréquentes ; souvent un échelon qui casse, un pied mal assuré, l’état d’ivresse, etc., leur font faire des chutes mortelles. Le plus petit morceau de pierre ou de charbon qui tombe sur eux du haut de l’ouverture supérieure, les blesse grièvement; plus gros, il les mutile ou es écrase. Quelquefois des blocs de pierre d’un volume considérable se détachent de la partie supérieure des galeries et produisent les accidents les plus gr^ives. Néanmoins il est vrai d’ajouter que si le travail des mineurs est en général très pénible et très insalubre, les conditions d’insalubrité sont variables, non seulement par rapport à la nature de la mine elle-même, mais encore et siutout par rapport aux mesures hygiéniques qui président a la disposition intérieure des galeries. Ainsi en Angleterre , pour faire mieux ressortir l’influence qu’exercent sur la constitution des mineurs les conditions dans lesquelles ils vivent, des membres d une commission spéciale ont eu soin de rapprocher ces conditions de l’état de santé et du développement physique de ceux qui s’y trouvent soumis. Le résultat général de ce rapprochement, c’est que partout, dans la Grande-Bretagne , les ouvriers des mines bien entretenues, suffisamment ventilees et seches , a galeries hautes et larges, sont bien conformes et semblent, a la pâleur près, plus forts , plus robustes , plus vigoureux , mieux portants que les ouvriers des autres industries, moins peut-être que ceux de l’agriculture , pourvu toutefois qu’ils soient bien nourris (et ils le sont tous pour la plupart) et qu’ils n’aient pas commencé à travailler avant l’âge de huit on neuf ans ; tandis que les ouvriers des mines mal ventilées, humides, à galeries basses et étroites, où l’on ne peut cheminer que courbé ou bien en rampant, paraissent débiles, mal portants et sont souvent mal conformés. C’est surtout parmi ces derniers , et quand ils tirent à bras les chariots chargés de charbon, qu’on rencontre les mineurs qui restent petits et comme arrêtés dans leur croissance. Quand les mines sont saines et bien

mines , MINEUUS,

îiereos , la santé des ouvriers s’y maiiiLieiit parlaiU'meut Ijomie.

y loM^teinps (|iie la lorce atldéti(|ue des miiuMirs de Cornouailles a passé en proverbe. Les dangers eonslanls qui menaeent ees hommes, l’absence du soleil et de ce (jiii lVaj)pe ordinairement nos sens, l’idee d’étre séparés du monde [>ar une distance assez considérable, et d’étre comme enlbnis dans les entrailles de la terre , l’aspect noir et lugubre des bonnnes éclairés j)ar la pâle lumière des lampes, toutes les circonstances (jui devraient inspirer des pensées tristes n’empôcbent pas les mineurs d’ètre gais et de cbanter en travaillant, lorsque ces souterrains sont disposés de Idçon a les rendre aussi salnbi'es (pie possible. Mais les conditions lavorables , il faut le reconnaître, sont de beaucoup l’exception, et Ion peut dire (pie le travail a l’interieur des mines, en partie par la longue durée des ellbrts, par la fatigue (|u’ils produisent, en partie par l’insalubrité inhérente aux mines, telles ipi’elles sont dans le plus grand nombre des localités, altère et détériore la constitution physique des ouvriers. Souvent leurs membres deviennent impotents et leur corps contourné, surtout lorsqu’ils sont employés dans les galeries étroites et basses. En général , à une époque de la vie où ils pourraient encore travailler s’ils avaient adopté une autre profession, leur force musculaire diminue, et ils sont incapables de continuer la leur. Ce métier est pour eux la source de souffrances et de maladies souvent mortelles, dont ils contractent les germes dès leur plus tendre jeunesse, maladies qui s’aggravent lentement, prennent un caractère formidable entre trente et quarante ans, et entraînent communément la mort des plus âgés peu après l’âge de cimjuante ans. Les mineurs adultes sont généralement maigres, et perdent bientôt leurs forces et les apparences de bonne santé qu’ils pouvaient avoir jusque-là. Cette maigreur est attribuée aux violents efforts musculaires qu’ils font et à la transpiration abondante que produit la température élevée des mines un peu profondes. Dans un bon nombre d’exploitations, on a souvent réussi à assainir les travaux en mettant en œuvre toutes les ressources que peuvent offrir les capitaux unis à la science, pour garantir la santé des travailleurs, mais sous ce dernier rapport on n’est pas encore parvenu jus(ju’ici à écarter toute chance de danger. Dans d’autres exploitations, au contraire, et ce sont les plus nombreuses, les moyens de ventilation et de dessèchement sont essentiellement défectueux.

MINES, MINEIÎUS.

On Iroiivo à cet éj^ard , dans un rapport iait en Angleterre , des détails vraiment allligeants : on y mentionne des mines ou riunnidité était telle , (pdelle mouillait en (pielques minutes les ouvriers jusqu’à la peau ; l’air y était en même temps si chaud , qu’ils pouvaient à peine garder leurs habits , ils travaillaient ainsi à demi nus pendant quatorze heures sans relâche, et le soir apres la journée ils avaient un ou deux milles à faire avant de pouvoir changer ou sécher leurs vêtements. Dans le district ouïes couches de houille sont assez épaisses pour permettre aux chevaux de se rendre directement aux travaux ou dans ceux ou les galeiies latérales ne sont pas assez longues pour exclure toute lumière , la situation des ouvriers est moins pénible. Mais quand 1 étroitesse des galeries ne le permet pas, les ouvriers sont lecheiches en raison de l’exiguïté de leur taille; aussi les enfants abondent-ils dans certaines mines. Dans quelques districts, ces petits malheureux restent dans l’obscurité et la solitude pendant tout le temps qu’ils demeurent dans les losses, et, d après leur propre témoignage, il se passe souvent plusieurs semaines pendant la saison d’hiver sans qu’ils aperçoivent la lumière du jour, excepte le dimanche, ou lorsque les travaux sont accidentellement suspendus.

Les couches de houille exploitées varient en épaisseur depuis dix pouces anglais jusqu’à dix yards. Or, la grandeur et 1 élévation (les galeries dépendent de cette épaisseur. Aussi beaucoup n ontelles que *2Zi à 30 pouces de haut, d’autres n’en ont que 18! On peut se hiïurer la position déplorable des enfants , que leur petite stature làit spécialement réserver pour des travaux qui s’opèrent dans un aussi petit espace. Dans le district d Halifax, les couches de charbon dans plusieurs mines n’ont guère que là et dépas- .sent rarement 30 pouces d’épaisseur; il s’ensuit que les ouvriers adult(‘s manquent d’espace nécessaire pour travailler même dans une yiosition courbée; ils sont obligés, pour détacher ou arracher la houille , de se coucher tout du long sur le sol raboteux , la tête portée sur une petite planche ou une sorte de béquille courte. Lorsqu’ils ont un peu plus d’espace, ils travaillent appuyés sur un genou, l’autre étendu de manière à pouvoir balancer lecoiqis. Pendant tout le temps (ju’ils passent dans ces conduits étroits , obscurs, privés d’air, ils sont accablés de chaleur et dans un état de complète nudité. Dans le même district , les petits wagons à l’aide desipiels on transporte le charbon dans l’intérieur des fosses reçoivent une charge qui varie de 2 à 5 quintaux. Ils sont portés

MINES, MINEURS

sur quaire roues de Ionie de 5 pouces de diuiuètre, et roiilent sur un sol mal aplaid ; toutes les lois (pie des lails ne conduisent |ias des travaux, de taille aux [luils d’extraction, ce sont d(*s enlants qui traînent ces wagons en passant parfois par des galeries qui II ont pas plus de 16 pouces d’élévation. Il s’ensuit que pour acconi[)lir ce travail latigaiit, ces [iclits iiiallieureu.x sont obligés de ramper sur les pieds et sur les mains ; jiour s’alléger, ils mettent autour de leur corps une large ceinture de cuir à laquelle pend une chaîne de h pieds de longueur environ , (pii s’attache au wagon à l’aide d’un fort crochet. Dans les passages un peu plus élevés, ils traînent leur fardeau avec la ceinture et la chaîne en

marchant à reculons et le corps courbé. Lorsqu’ils ont enfin atteint les grandes galeries de communication, ils détachent la chaîne et changent de position ; ils poussent alors le wagon en s’aidant de la tête et des mains. Il est vraiment extraordinaire de voir avec quelle adresse ces enfants dirigent les wagons au milieu des angles formés par des passages étroits tracés sur un sol inégal couvert d’eau, de pierres et de boue. Les plus jeunes enfants sont réunis deux à deux pour traîner les wagons. Les filles , âgées de cinq à dix-huit ans, sont occupées de la môme manière que les garçons. Il n’est fait aucune distinction entre eux pour l’entrée et la sortie des mines , ni dans le mode de traîner ou de pousser les wagons, ni dans la charge de ceux-ci ou des paniers , ni dans les distances à parcourir, ni dans l’habillement, ni dans le taux des salaires; il n’est guère possible d’ailleurs d’apercevoir, dans l’obscurité des galeries, la moindre différence entre les enfants des deux sexes. On a remarqué que ceux qui sont chargés de pousser ainsi les chariots avec leur tête perdaient très promptement les cheveux sur tous les points supportant la pression pendant ce genre de travail.

Il est une occupation des plus pénibles confiée aux enfants seuls, qui consiste à ouvrir et fermer les portes d’aérage ; elle n’exige d’autre mouvement et d’autre travail que ce qu’il en faut pour ouvrir et fermer une porte. Comme les enfants chargés de cette besogne , choisis généralement parmi les plus jeunes , passent leur temps assis dans l’obscurité, souvent pendant douze heures de suite, uniquement occupés à ouvrir et à fermer pour le passage des wagons, ils subissent ainsi une sorte de confinement solitaire qui finit par les rendre presque idiots.

Dans la partie orientale de l’Ecosse, on emploie généralement

MINES, MINEURS

les femmes et les jeunes tilles au transport du charbon ; on y eniploie aussi quelques ieunes garçons. La charge se place d ordinaire sur les épaules. Elle varie de 3 (juarts de quintal a 3 quintau\ M Frenchs, l’un des sous-commissaires de la commission dont' nous avons imrlé , représente ce travail comme un cruel esclavage qui oflense rimmanité, 11 a vu un enfant, une petite lille âgée seulement de six ans , portant sur le dos un demi-quintal de charbon , et faisant régulièrement avec ce lourd fardeau quatorze longs et pénibles voyages par jour. « Pour apprécier, dit-il, ce genre de travail, il suffira de décrire les localités ou il s exerce. La pauvre petite fille dont je viens de parler (et des centaines d’enfants sont dans le môme cas) doit d’abord descendre, au moyen d’échelles, jusqu’à l’endroit où se trouve le puits d extraction ; là, elle prend une espèce de panier qui s’emboîte sur le dos et s’aplatit en s’élargissant vers le cou, et, munie de cet appareil , elle poursuit son chemin jusqu’aux travaux de taille. On y remplit son panier qu’un homme a souvent de la peine à soulever pour le rechargei sur ses petites épaules. On passe sur le devant de la tête de 1 enfant une bande de cuir qui est destinée à retenir le fardeau ; on ajoute quelques morceaux de houille sur le cou, et la pauvre créature commence son pénible voyage , le corps courbé et presque affaissé sous cette charge énorme, après avoir attaché la lampe au bandeau qui recouvre son front. De la taille à la première échelle, il V a une distance de plus de 80 pieds: cette échelle a 18 pieds de“haut; après l’avoir gravie, l’enfant fait de nouveau quelques pas et trouve une deuxième échelle, puis une troisième , une quatrième, etc., quelle gravit successivement, jusqu’à ce quelle atteigne le fond de la bure , où elle jette dans le cussat son fardeau. Ce trajet est ce qu’on appelle un voyage ; il dépasse la hauteur de la cathédrale de Saint-Paul, a Louches (110 meties), si l’on ajoute à la moitié des échelles l’intervalle qui les sépare les unes des autres. Il arrive parfois que la bande de cuir qui retient le panier se brise pendant l ascension , et c[ue le lardeau , dans sa chute , écrase ou blesse grièvement les enfants qui se suivent à la file.

» Lorsque , dit en terminant M. Frenchs , on considère la nature de cet horrible travail , son extrême sévérité , sa durée excessive, qui est de douze à quatorze heures par jour, et qui même, au moins une fois par semaine , se prolonge pendant toute la nuit ; l’atmosphère humide , chaude et malsaine dans laquelle travaillent les

MINKS, MINEUHS.

Iionilloiirs, le jom.n ng(, ot io sexe iWm grand nombre de ces derniers; lors(|u’on considère (jiie ce travail, bien loin d’élre une exception, est , au contraire, le lot habituel et la condition journalière de jdiisieurs centaines d’individus de tout âge, l’esprit recule épouvanté. Cette oppression cruelle et cet esclavage systénuitiipie ne pourraient être soupçonnés par ceux qui n’ont pas été en position d’en constater la désolante réalité. »

Dans la grande majorité des bassins bouillers de la (Jrandeliretagne , le Iravail (le nuit lait partie du système ordinaire des travaux dans les mines; toutclbis son extension et sa durée sont réglées d’après les besoins de l’exploitation et la demande de la houille. Dans quelques districts, il n’y a d’autre travail de nuit que celui qui est nécessité par la réparation des ouvrages et les arrangements à prendre ])our que le travail du jour ne soit pas inteirompu. Le plus souvent, lorsqu’il y a travail de nuit, les ouvriers sont divisés en deux relais, dont l’un pour le jour el l’autre pour la nuit; ils alternent toutes les semaines ou toutes les deux semaines. On cite des exenqdes où le travail de nuit et celui de jour sont exécutés par les mômes ouvriers, enfants ou adultes, ([Lii demeurent dans les fosses pendant vingt-([uatre heures consécutives, parlois trente-six et môme quarante-huit. La plupart des témoignages et tous les rapports oiïiciels sont unanimes pour signaler la funeste inlluence du travail de nuit sur l’état physique et moral des ouvriers, et particulièrement des jeunes gens et des enfants. Aussi ])lusieurs auteurs ont-ils appelé l’attention sur le retard considérable pour l’apparition de la puberté chez les jeunes mineurs; il n’est pas douteux que les déplorables conditions hygiéniques auxquelles ils sont soumis n’en soient la cause principale, et cette longue enfance, en môme temps que l’excès de leur latigue, raccourcit la durée de leur virilité dès les premières années de l’àge adulte. On sait que la vieillesse des mineurs est tellement prématurée, que la plupart succombent de cinquante à soixante ans.

Outre ces laits déplorables au point de vue de la force et de la santé des populations occupées aux travaux des mines, il faut encore signaler une cause puissante d’abâtardissement rapide de l’espèce : c’est la démoralisation profonde et précoce de tous les jeunes travailleurs qui sont enfouis dans les ténèbres des mines , sans aucune distinction des sexes; la débauche, à laquelle se joint souvent rivrognen’o, est un Iléau terrible qui décime les

MINES , MINEUKS.

inimnirs, conoiirœmim'nl avec les autres cliaiices de mort aii\- (|uelles iis sont exposés dans le cours de leur pénible existence. Déjà à plusieurs reprises des commissions en Angleterre et en Écosse , après des enquêtes sévères , se sont élevées avec force contre le jeune âge auquel on faisait commencer le travail dans les mines , ainsi (lue contre les inconvénients résultant de ce mélange d'iiommes, de femmes, de jeunes filles et de garçons, pour des'^travaux souterrains où la surveillance est presque toujours nulle ou insulllsante.

Les ouvriers sans distim'tion de sexe , la jeune fille comme la femme mariée, travaillent souvent dans un état de complété nudité. Malgré les précautions les plus multipliées et la vigilance la plus sévère, les ouvriers bouilleurs sont exposes a chaque instant à des dangers nombreux qui menacent leur existence. « Notre vie, dit un témoin, ouvrier lui-mème, est incessamment compromise; un bouilleur adulte ou enfant n’est plus en sûreté dès qu’il a mis le pied dans un cussat pour descendre dans la losse. » — « L est un \'éritable champ de bataille, dit un autre, ou nous n avançons qu’à travers les morts et les blessés. » En 1835, la chambre des communes anglaises chargea un comité de faire une enquête sur les accidents arrivés dans les mines ; il résulte du rapport de ce comité , ({ue les accidents se sont considérablement multipliés dej)uis l’introduction d’un instrument qui avait été inventé et qui certainement était on ne peut mieux calculé pour en réduire le nombre. « En remontant, a dit le rapporteur, jusqu’en 1816, é|)0(jue à laquelle la lampe de Davy devint d’un usage presque général , et en prenant deux périodes égales de dix-huit années cbacune, avant et après cette époque, on trouve pour la première, alors que la lampe de Davy n’était pas encore en usage, /i/i7 mineurs tués dans les comtés de Durham et de Northumberland , tandis que ])Our la seconde , le nombre des accidents mortels s’éleva à 538. On se rend compte de cette augmentation en observant que l’extraction de la houille s’est considérablement accrue pendant ces dernières années, et que des mines où l’air était tellement inllammable , (jue l’on n’avait osé y travailler jusqu’alors , ont été exploitées, grâce à la lampe de sûreté. Enfin, la sécurité (pi’inspire cette lampe fait négliger fort imprudemment la plupart des autres précautions à l’aide desquelles on essayait naguère d’éloigner le danger.

Les conditions si misérables des mineurs ont été si souvent

M[NKS, MINEURS

signalées en Angleterre, que lu eliainlire (h'.s eoininnnes rendit , il y a peu d’années, nn bill dont l’esprit s’appuyait sur l’opinion générale de tout le pays, tendant à mettre (in à tousees monstrueux abusqni s’exerçaient snrtontsnr les jeunes enfants; etcela d’autant mieux qu’une loi prudente ayant réglé la durée <‘t l’âge de travail des enfants dans les manufactures de laine et de coton, la sous-

traction de ces jeunes travailleurs aux manufactures paraissait les avoir lait relluer dans les mines où, sous aucun rapport, ils ne sont mieux, et où, sous plusieurs autres, leur condition est encore pire. En France, comme dans la plupart des pays de l’Europe , les mines non ouvertes n’appartiennent point au propriétaire (lu sol au-dessous duquel elles existent ; elles ne |)euventôtre exploitées que par ceux à qui l'Etat en a fait concession à des conditions et sous la surveillance du corps des ingénieurs des raines qui, sans imposer de lois, sans exercer aucune contrainte sur la direction des travaux , sur le choix des ouvriers et des autres agents, ont une autorité sullisante pour prévenir des dangers et pourvoir à la sûreté des individus ou à la conservation du sol. Ce n’est pas ainsi en Angleterre : toute mine y appartient au propriétaire du sol ou au seigneur, il peut en jouir comme il l’entend, l’ouvrir, la fermer, l’exploiter lui-même, la louer à bail à un entrepreneur qui la dirige ou la fait diriger comme il veut, sans permission et sans que qui que ce soit puisse l’inspecter ou même y descendre pour la voir. Ainsi, dans nos mines, inspection , surveillance , du moins en ce qui concerne la sûreté des individus et la conservation du sol ; rien de semblable dans les mines de la Grande-Bretagne, pays où, dn reste, on ne visite guère que celles dont les galeries sont hautes et commodes, tous les travaux bien entretenus, les machines les meilleures, les plus puissantes , c’est-à-dire les mines qui passent pour être les plus belles et dirigées avec le plus d’habileté , tandis que personne ne demande à voir les petites, celles qui sont exploitées à l’aide de vieilles machines, de procédés imparfaits, à la tête desquelles se trouvent des hommes incapables et où d’ailleurs on n’obtiendrait que très dilïicilement la permission de pénétrer. De là dans les mines de l'autre coté de la Manche, et surtout dans les petites, de déplorables, d’odieux abus qui n’existent guère dans les nôtres, du moins au même degré , et ne peuvent pas y exister, [larce qu’ils seraient bientôt connus. Dli reste , il ne faut pas croire que tout soit misère et dégradation pour les mineurs en Angleterre, mais

MINES, MINEUUS.

le eonlraire ii’a lieu (ju’à la eoiulilion expresse que lu mine soit saine et que les galeries soient hautes, sèches, aerees ; tant il est viai que dans les prolessioiis pénibles et p('u salubres par elles-inôines, l'hvg'iène publique intervenant aelivenient, peut conibattie avec etlicaeité les causes d’insalubrité et rendre non seulement sans danger, mais sans inconvénient môme, les métiers réputés les plus dangereux et les plus justement redoutés, ün conçoit combien il est important de parvenir dans les mines sans craindre 1 explosion des gaz et en môme temps voir ce (|ui s’y passe. La lampe de sûreté de Davy présente ce double avantage, mais la sûreté qn elle présente dans les mines sujettes au n’est pas absolue. Un air trop

agité , un courant de gaz hydrogène anime d’une certaine vitesse, comme cela arrive dans ce qu’on appelle soufflard , et vraisemblablement d’autres causes encore indéterminées, peuvent anéantir momentanément l’efticaeité de l’enveloppe protectrice etlaire naître des accidents que l’on est peut-être trop disposé à attribuer, dans toutes les circonstances, à l’imprudence des ouvriers ou à l’imperfection des appareils. A une époque où l’on songe activement à utiliser la pile voltaïque pour l’éclairage des villes, il est permis d’espérer que bientôt les travaux souterrains recevront une lumière qui naîtra et se maintiendra dans le vide, sans que pour l’entretenir il soit nécessaire d’alimenter le foyer de combustion avec une atmosphère qui n’est que trop souvent explosive. M. Boussingault a tenté quelques expériences dans cette voie nouvelle ; il a fait usage, à cet ellét, de la pile de Müneh , la seule qu’il eût à sa disposition ; le courant de cette pile, établi en deux pointes de charbon placées, soit dans le vide, soit sous l’eau, a produit un jet de lumière qui a pu être porté impunément dans une atmosphère détonante. De son côté, M. de la Bive, qui s’occupe depuis longtemps de ce sujet, est parvenu, après bien des recherches infructueuses, à la découverte d’un procédé qui promet d’être à la fois économique et commode. La pile que ce physicien emploie est formée de plusieurs cylindres concentriques de cuivre ou de platine, séparés les uiis des autres par des cylindres poreux, de manière à former quatre ou cinq couples en série : le métal positif est un amalgame de zinc liquide et mieux encore un amalgame de potassium. Le liquide est une solution de sullate de cuivre, dans le cas où le métal négatif est le cuivre, et de chlorure de platine, dans le cas où c’est le zinc. Nous devons ajouter que M. de la Bive n'est pas encore parfaitement par-

500 MINES , MINEURS

verni î'i vniiu're les ])liis grandes dillieullés iidiéreiiles à l’a|)|)licalioii des ajipareils vollaïqiies à réelairajjçe ; la lumière qu’il jiroduil esl très éclalaule, sans doute, mais elle manque de couslaiiee. Toulelois , les meilleurs résultats ont élé olitenus avec d(^ pi'lits cylindres creux et minces de coke, analof^ues aux dimensions près, qni sont ici beaucoup moindres, à ceux employés dans les piles de Ibmsen. On dispose ces cylindres comme les mèclu's dans une lampe. Un anneau ou un disque épais de métal, de même diamètre que le cylindre de cbarhon , est disposé au-dessus de celui-ci , de façon que le courant électriijue passe entre eux deux. Ce courant doit aller du charbon an conducteur métallitpie, afin que les particules charbonneuses, transportées de bas en haut, retombent par leur propre poids. Le tout, c’est-à-dire le cylindre de charbon et les ajutages métalliques qni le portent, ainsi (pie l’anneau ou le disque servant de conducteur, se trouve placé dans un petit ballon de verre hermétiquement fermé ; il est inutile d'y faire le vide , parce que le peu d’oxygène qui y est renferme disparait rapidement sous l’influence du charbon incandescent, .liais il importe d’intercepter exactement toute communication avec l’air extérieur. La pile s’ajuste en dehors du ballon à deux tiges métalliques communiquant, l’une avec le cylindre de charbon, l’autre avec le conducteur métallique. On peut la changer on la charger de nouveau sans rien déranger à la disposition intcu'ieun*. Suivant la force de la pile , il est préférable d’employer deux pointes ou deux cylindres de charbon plutôt qu’un seul a nn conducteur métallique. La préparation du charbon a aussi une grande importance. .11. de la Rive a fait beaucoup d’essais sur ce point , mais il n’est pas encore fixé. Peut-être obtiendrait-on une lumière suffisante pour l’éclairage d’une paille, en faisant passer le courant électrique à travers un fd de platine courbé en spirale, de manière a produire deux cônes adosses par leurs bases , bien entendu que le fil devrait être choisi d’un diamètre suffisant pour se maintenir au rouge blanc sans se fondre sous 1 influence du courant. Ce petit appareil serait également renfermé dans nn ballon de verre clos.

Conviendrait-il d’ailleurs de construire de petits apparijils portatifs , ne donnant que la lumière nécessaire pour guider 1 ouvrier dans son travail, ou bien serait-il plus avantapux d’etabbr dans les galeries , sur des points bien ventilés , des loyers intenses d où l’on répartirait ensuite la lumière a l’aide de réllecteurs Ce sont

MINES, MINEURS

là aulaiil du questions dont la solution ne saurait être <lûunee « priori , et doit se déduire rigoureusement de l’expérience. W oublions pas, d’ailleurs, qu’à côte de la ([uestion industrielle se trouve une (juestion d’humanité, |)uisqu’on prétend qu’en Europe, chaque jour il périt un homme par le feu grisou.

Le travail des mines donne ordinairement lieu a un développement extraordinaire des muscles du tronc; mais ce développement s’acquiert aux dépens des autres organes, car il est le plus souvent accompagné d’une diminution dans la stature. On lemarque fréquemment que les ouvriers houilleurs ont la marche boiteuse , et il n’est pas rare que cette inürmitésoit accompagnée d’une véritable dilformité. Ce résultat est surtout commun dans les mines oii le mode d’exploitation est le moins favorable a la santé. Les bouilleurs sont presque tous voûtés, et leurs jambes sont plus courtes que celles des ouvriers qui travaillent sur le soi ; il sulîit de les voir pour connaitre aussitôt leur genre d’occupation. Les courbures et les maladies de l’épine dorsale sont très fréquentes parmi eux ; c’est le résultat de la position gênée et contre nature du corps pendant le travail. L’enfant des mines étant

obligé de courir continuellement sur un sol inégal, sans bas et sans souliers, il se glisse entre les orteils des fragments de cbarbon , de pierre et de boue qui occasionnent des irritations locales fré({uentes ([ui vont même jusqu’à les rendre boiteux ; la peau des talons et des genoux s’épaissit et devient calleuse; des pustules, des ampoules se forment sur dilïerentes parties du corps et occasionnent de vives douleurs. Les ouvriers des bouillères sont particulièrement sujets à l’asthme , dont les premiers symptômes apparaissent dans leur jeunesse en augmentant insensiblement. Les accès sont caractérisés par une toux sèche d’abord , puis accompagnés d’une expectoration de crachats épais. Ces ouvriers sont en général haletants, pour peu qu’ils s’agitent, qu’ils courent ou (ju’ils montent. Cette gêne de la respiration s’accroît avec l’age. Les accès ne paraissent, dans le commencement, (jue deux ou trois fois l’année; leur durée est de sept à onze jours. Dans beaucoup de mines, l’humidité est telle, qu’il tombe constamment une espèce de pluie sur les mineurs ; ils sont très exposés à contracter les diverses espèces d’alfections rhumatismales. On peut dire ([ue les maladies de ces ouvriers varient suivant les mines (pi’ils exploitent; ainsi, l’on conçoit que l’exploitation d’une mine de mei'cure (Mitraînera des maladies dilïerentes de celles (pii seront pixxluites

MINhS, MINhUUh.

j)ar l’cxploitnlioii (riine iiiin(> lom tiissîinl du |)loinh ; mais néanmoins il (*st ('(M’iainos maladies <|iii sont comimmes à toutes les espèces do mines et à tout autre lieu de séjour souterrain (mlraînant privation de soleil et d’un air sullisamment renouvelé. Nous voulons parler des maladies scroruleiises et de la plilliisie (jui font tant de victimes parmi la population des mineurs.

Enlin nous citerons le scoi-hut ([ui trouve, dans l’ensemble des conditions propres à ces ouvriers, toutes les circonstances réunies pour lavoriser son dévelo|)|)ement. L’é[)idémie dont Ilallé nous a conservé l’Iiistoire, et qui se montra dans l’été de 1803 parmi les populations occupées aux mines d’Anzin , près Valenciennes , de Fresnes etVieux-Condé, ne paraît être autre chose que le scorbut a un degré peu intense, si on le compare aux épidémies meurtrières de scorbut, telles qu’il en existe un grand nombre dans les auteurs. Dans l’épidémie d’Anzin et dans celle qui apparut en 1777 parmi

les mineurs de Schemnitz , en Hongrie , rapportée par Ozanam, l’invasion du mal était marquée par des coliques violentes, des douleurs dans les articulations , de la gêne de la respiration , des palpitations, la prostration des forces, le ballonnement du ventre et des évacuations alvines noires et verdâtres. Cet état durait dix à douze jours et plus ; alors les douleurs abdominales cessaient, le pouls restait faible, concentré et accéléré , la peau prenait une teinte jaunâtre et devenait pdZe et décolorée, la marche difficile, accompagnée d’une extrême fatigue; on voyait bientôt survenir des palpitations fréquentes qui mettaient les malades dans une anxiété très pénible ; le visage était bouffi. Ces accidents , après avoir duré une année entière, étaient encore aggravés par le retour des premiers symptômes et par des douleurs de tête affreuses, des défaillances, la difficulté de soutenir la lumière et le bruit, le météorisme du ventre et les évacuations alvines. Une mort prompte terminait cette scène douloureuse. Nous insistons sur les détails de ces épidémies qui ont été décrites sous le nom d’anhémie des mineurs, pour montrer combien cet ensemble de symptômes se coordonne merveilleusement pour caractériser le scorbut chronique , tel qu’on l’a décrit chez les scorbutiques de terre. Cette remarque si vraie n’eùt point échappé aux observateurs de ces épidémies chez les mineurs, si l’on ne s’était pas généralement beaucoup trop laissé entraîner vers cette idée que le scorbut est une affection propre aux gens de mer. Cette grave maladie , au contraire, de même que la scrofule dans le jeune âge, apparaît ans-

MINES, MINKUHS.

siUH .iiie lies aitiiltes réunis en grand nombre snbissenl des conditions hygiénii|nes extrêmement mauvaises, surtout la i.rivatmn

de la lumière el d’air sunisamment pui.

En face de pareils résultats, on conçoit de (|uelle importance doivent être les mesures hygiéniques destinées a prévenir tant de

maux.

La principale condition de salubrité consiste à ventiler sunisamment les mines; on doit y prati(iuer des percements larges et assez nombreux , faire mastiquer les fissures qui laissent échapper les vapeurs, multi|)lier les puits d’aérage et les communications entre les galeries, et employer tous les moyens possibles pour s opposer cà la stagnation de l’air et de l’eau. Le mauvais air produit par la destruction lente des bois qui servent à étançonner, et les accidents qui résultent des éboulements devraient aussi imposer l obligation de n’étançonner qu’avec la pierre même du minerai, lorsque sa consistance le permet, ou bien, dans les terrains mobiles, d y suppléer par des colonnes de fonte. Dans ces derniers temps , attention s’étant portée sur ce faits! important de la ventilation des mines, de nombreux moyens ont été proposés tendant a lendre facile et complète leur aération. M. Triger a eu l’heureuse idée d’employer l’air comprimé comme force motrice pour la ventilation de ces souterrains. Pour cela, après avoir établi dans 1 interieui de la mine une machine à vapeur de la force de dix à douze chevaux, il la fait marcher au moyen de l’air comprimé que refoule une seconde machine d’une lorce a peu près double et placée à l’air libre. Parmi les avantages que présente cette application, nous devons signaler ceux d’aerer parfaitement tous les ti avaux d’exploitation , et de pouvoir porter de l’air sur des points où il serait impossible d’en faire arriver par les moyens ordinaires.

Par suite de la grande profondeur à laquelle sont parvenus les travaux des mines, puisqu en Allemagne et en Angleterie ils ont atteint des profondeurs de 500 à 700 mètres, la question relative à la descente et à l’ascension des ouvriers mineurs , qui a pu être

considérée comme secondaire primitivement, est devenue aujourd’hui une des plus importantes et doit, a bien des egaids, attiier l’attention des exploitants et de l’autorité. En elVet , de la bonne solution de cette question dépendent la vie et la santé d’une classe nombreuse de travailleurs; de là dépend aussi une économie notable à réaliser sur les dépenses d’exploitation.

L’usage ancien des cussats ou tonneaux d’extraction est assez

MINES, MINEURS

commode pour l’ouvrier, mais il est, extri^memenl dangereux, el les accidents auxipiels il donne lieu sont presipie toujours mortels. De 1821 a 18^0, sur 311 victimes de Tusage des cussats, en Delgif[ue, 2(51, ou les 5/6**, ont [lerdu la vie. Les [iriiicipales causes de ces accidents sont la ruiiture des câbles, la chute de corps durs dans le puits, la rencontre des cussats, leur élévation contre les jioulies qui surmontent le puits; leur descente dans l’eau ou dans les gaz délétères qui peuvent occuper le lond du puits, les secousses produites par la machine, la rujiture d’une pièce de celle-ci, etc. Entin , les cussats ont encore un grand inconvénient, c’est de ne permettre que l’accès à neuf ou dix ouvriers dans les cas d’accidents subits, et tous les autres sont souvent condamnés à mourir dans la mine par suite de 1 impossibilité d’en sortir rapidement. Les échelles verticales offraient un véritable avantage au point de vue de la sortie rapide d’un grand nombre d’ouvriers, mais elles ont le désavantage d’ètre une cause considérable de fatigue, tellement que les mineurs d’Anzin reçoivent 25 centimes par jour pour la fatigue que leur occasionnent la descente et l’ascension sur des échelles verticales, lorsque les travaux sont établis à plus de 400 mètres de profondeur. M. Lambert, aspirant des mines, à Mons, proposa, en 1848, un système d’échelles inclinées, dites héliçoidales à échelons doubles, qui offrent une supériorité incontestable en plaçant le corps dans une position demi-inclinée qui demande beaucoup moins d’efforts musculaires de la part du mineur pendant la descente et l’ascension, en même temps qu’elles diminuent les cbances d’accidents.

Un ingénieur des mines du Harz eut l’idée, il y a quinze ou vingt ans, d’employer, pour remonter les ouvriers dans les bures, deux maîtresses tiges animées de mouvemenls inverses el alternatifs, et garnies de marche-pieds et poignées de fer, pour que l’ouvrier pût suivre leur mouvement et passer de l’une à l’autre. Nous ne ferons ipie mentionner ces appareils appelés Fah)'ku7is(, qui ont l’avantage d’offrir une translation de 16 à 22 mètres par minute en même temps qu’une sécurité complète et absence de fatigue musculaire pour les ouvriers. Enlin, il y a peu d’années, M. Warocqué proposa de substituer aux fahrkunst un appareil de son invention que sa complication rend impossible à décrire ici, mais qui permet, en cas de sinistre, de faire remonter cent trente-trois hommes de 504 mètres de |)rofondeur en 16 minute^,

MINKS, MINKUKS.

ce .lui exigerait près .l’uiie heure et demie avec la meilleure des fahrkunst\[m existeul, el près de trois heures avec les cussats, eu admeUaul même que, dans un sinistre, ou lasse monter jus(iu a dix hommes à la fois par chaque cussat. Outre Ihnyeution du maniuis Robert, destinée à protéger l’ouvrier lorsqu d est oblige de pénétrer dans un lieu où se trouvent la fumée ou des gaz délétères el qui, par conséiiuent, est appelée à rendre parlois quelques services dans l’exploitation des mines, nous devons parler d une sorte de moyen de sauvetage qui intéresse directement les mi

neurs.

M. le docteur Yalat a été frappé de rimperfection des moyens qui sont communément employés dans 1 intérieur des mines poui transporter, jusqu’aux puits de service, les ouvriers blesses ou asphyxiés et surtout pour les élever au jour a partir du ionc e ces puits. Ces moyens, en elfet, n’ont rien de lixe ; dans chaque exploitation, on a coutume de les improviser suivant les ressources dont on peut disposer au moment de l’accident, et souvent ces ressources sont si incomplètes qu’il résulte de leur emploi, non seulement des douleurs intolérables pour les malheureux mineurs qui ont des membres fracturés, mais encore une aggravation des fractures et de nouvelles lésions dans les parties musculaires qui en sont voisines. Un miiienr étant blessé ou asphyxié dans une galerie ou dans un puits, (|uelque étroits qu’on les pratique, il s’agissait de trouver une méthode, un procédé pour l’enlever et le transporter sur-le-champ , du lieu souterrain de son accident, jusque chez lui, dans son lit, sans danger, ni douleurs, ni autres inconvénients , et sans le déranger non plus dès ([u il aura été pansé et placé dans la machine de transport. L’appareil que M. Yalat a imaginé dans ce but consiste en une caisse en forme de cercueil , avec cette dilTérence qu’elle est pentagonale et légèrement infléchie dans le sens de sa longueur, son couvercle est mobile ; elle contient un matelas traversé par une petite sellette et en outre des sangles qui sont convenablement placées pour soutenir le blessé lorsque la caisse doit remonter au jour et prendre une position presque verticale. La caisse reçoit aisément cette position au moyen de chaînons en forme d’anses qui se trouvent lixés à l’une de ses extrémités. Cette même extrémité sert de |)late-forme pour le mineur qui doit présider à la remonte. Le déploiement de quatre bras à charnières change la caisse en brancard , lorsqu’on doit s’en servir borizontalement.

•VIINKS, MINHUKS.

l'ii\y\)inv\\ I.rcsonlo (mi oiitro, plusionrs dispositions do dôt;iil bien eiitoiidiios (pii |(^ oomplèüîiit d’imo nmniêro très satisfaisanlo. bossai (Ml grand do col appareil a on lion aveo lo pins grand succès aux niinos do houille de lilanzy dans lo déparlemonl de ba(5ne-et-Loiro.

On peut dire, on considi-M'ant d’une manière gén(*ralo ronsoinhlo des conditions liygiéni(|ues des ininours de tous les jiays, (pie ces conditions sont dans une voie rajiide d’améliorations nornhi’ouses. La sollicitude des autorités localcis a mis lin déjà aux abus atroces qui n étaient (pie trop fréijuents dans ces souterrains. L’hygiène commence a y pénétrer de plus en plus. Quoique les reloA'és statistiques des mines de Belgique lournissent mille trois cent cinquante accidents graves dans une période de vingt années, on est en droit d espérer une amélioration considérable dans ces déplorables résultats. La tendance salutaire qu’ont généralement les gouvernements à perfectionner l’exploitation des mines et à admettre 1 intervention plus active de l’hygiène publique, permet d’assurer que dans l’industrie des mineurs, à part certaines exceptions, la santé et la vie de l’ouvrier ne sont pas inévitablement compromises par la nature des travaux auxquels on l’emploie. Les travaux, en eux-mêmes, sont souvent exempts de dangers; ils ne deviennent pernicieux que par suite des circonstances défavorables du milieu desquelles ils s’exécutent. Ce sont donc ces circonstances, ces causes extérieures de maladie et de mortalité qu’il importe à l’hygiène de connaître et de combattre. Nous ne croyons pouvoir mieux faire, en terminant, que de montrer la manière dont le parlement anglais a résolu les questions d’humanité touchant les êtres qui existaient dans les mines, en citant les principales dispositions de l’acte qui promulgue ces mesures.

ACTE RELATIF AU TRAVAIL DES FEMMES ET DES ENFANTS DANS LES MINES EN ANGLETERRE (10 AOUT 18/l2).

Art. 1®'. Il est défendu à tout propriétaire ou exploitant de mines ou de houillères d’employer des femmes ou des jeunes tilles dans ces exploitations. IjCS contrats pour l’apprentissage de ces femmes et de ces tilles sont rompus de plein droit, et ne peuvent plus constituer d’engagement d’aucune espèce pour l’année.

Art. ‘2. Les jeunes gar(;ons ne peuvent plus être employés dans ces établissements avant leur dixième année accomplie. 11 n’est fait aucune exception à cette règle que pour les jeunes ouvriers houilleurs qui auraient atteint l’Age de neuf ans avant la promulgation de cet acte.

MINES, MINEURS

Art 3. Le gouvernement a le droit de di'signer telles personnes convenable pour inspecter les mines et les houillères. Les inspecteurs désignés de la sorte sont autorisés ii visiter ces exploitations, ainsi que les ouvrages, batiments et machines qui en dépendent en tout temps et dans toutes les saisons, la nuit comme le jour, et de faire toutes les enquêtes qu’ils jugeront néccssaiies sur les objets auxquels se rapporte le présent acte. Les propriétaires et les exploitants sont obligés de leur fournir tous les moyens de remplir leur mission à cet égard. Les inspecteurs font leur rapport au gouvernement sur létal et la condition des ouvriers employés dans les mines et les houillères, et sur la manière dont l’acte est exécuté dans ces établissements.

Art. U. Nul contrat d’apprentissage ne peut être passé pour des enfants âgés de moins de dix ans, et les mêmes contrats ne peuvent avoir plus de huit ans

de durée.

En tous cas, les contrats cessent d’avoir leur effet lorsque 1 apprenti aura atteint l’âge de dix-huit ans. Cette disposition ne concerne d’ailleurs que les ouvriers houilleurs proprement dits, qui travaillent sous le sol, et ne s étend pas aux apprentis maçons, menuisiers, etc., qui pourraient être employés occasionnellement dans les exploitations.

Art. 5. Toute infraction aux dispositions qui précèdent sera punie dune amende de 5 à 10 livres sterling, par chaque personne employée contrairement

à ces dispositions.

Art. 6. La garde et le maniement des treuils, manèges, chaînes, cordes, euffats, etc., pour la descente dans les mines, le soin des pompes et des machines à vapeur ne peuvent être confiés qu’à des individus ayant dépassé 1 âge de quinze ans , sous peine, pour chaque infraction , d’une amende de 20 à 50 livres sterling.

Art. 7. Les parents et les tuteurs des enfants qui auraient sciemment exagéré l’âge de ces mêmes enfants, pour les faire admettre dans les mines et les houillères avant l’âge légalement fixé, seront, par chaque infraction, passibles d’une amende qui ne pourra excéder ZiO shillings.

Art. 8. Les propriétaires, les exploitants et les agents des exploitations minières ne peuvent, dans aucun cas et sous quelque prétexte que ce soit, payer les gages de leurs ouvriers dans les lieux publics, tavernes, cabarets. Les salaires payés de la sorte seront considérés comme non acquittés et les ouvriers pourront de nouveau en réclamer le montant. Les contrevenants seront en outre, pour chaque infraction, frappés d’une amende qui pourra varier de 5 à 10 livres sterling.

Art. 9. Les agents et surveillants qui, sans le consentement exprès, dans l’ignorance ou malgré les instructions des propriétaires, exploitants ou directeurs, auront contrevenu aux dispositions de cet acte , seront personnellement responsables au lieu et place de ces derniers et passibles des mêmes peines, etc.

Voy. Air, Asphyxie, Carrières, Lampe, Masque, Mercure, Travail des enfants. Travaux publics.

Bibliographie. — Réflexions sur l’hygiéne des mineurs et des ouvriers d’usvtes tnclallurgiques , par Van den Broek, 2® édit., mars 1843. — Dictionnaire de l'industrie , tomes I , p. 547; IV, p. 662 ; Vil , p. 263 , 636. — Traité des inaladies des artisans , par Pâtissier. Paris, 1822, p. 9. — Mémoire sur la circulation de l’air dans les mines t par Jars (Mémoires de l’Académie des sciences, 1768). — Recherches sur la

M»)IU;UK.

.«iOS

composition dcl\ür dons les .nines, par Félix I.ehinnc (Comptes rendus de l’Académie i CS siiemcs, 18/,.> . Annhjsc de l’atmosphère de quelques mines du duché de Cor. nouailles, par 1 . Moylc (Annales de chimie et de physique, ;j' série, t. Jll , p. 3d8) — il rmüire Aiir les mines de mercure d’Almaden en Cspayne, par llernard de Jussieu ( cadunic des sciences, J719}. — Annales des mines. Faris, 1824. — Traité de la législation des travaux publics, par A. linsson. Paris, 1850. - Ilapport sur la statistique des mines, adressé au roi par M. Dernaissiéres , minisire des travaux publics. Jrnxelles, 1840. — y/iot système d’échelles , par M, Lambert. Mous, 1848.

iapport a lu commission des annales des travaux publics sur l’appareil IVaroc- 7«e. Bruxelles, 1846 — Histoire médicale et statistique des ouvriers mineurs de la houillère de Decize (Nièvre), par le docteur Valal (de Montpellier;, 1834 — Sur les maladies auxquelles sont exposés les ouvriers employés aux mines de plomb et de mercure en hspagne, par M. Alhiro (Cas. méd. de Madrid., février 1835, p. 308). — /Je la phthisie mélanique des ouvriers employés aux mines de charbon de terre, par M. Gibson (The Lancet , 1834). — Traité des maladies des mineurs et des ouvriers cmploijés dans les fonderies , par J. F. Henkel , écrit en allemand. Dresde et Leipzig , 1745. — llap. port à l’Académie des sciences sur un lit de mine inventé par M. Valut, par M. Cordier. Paris, 1845. — liapport sur huit mineurs ensevelis dans une houillère, par le docteur J. Leriche (Ann. d’hyg. et de méd. lég., t. XVI, p. 206). — Du travail des enfants dans les mines et houillères de la G rande-Ilreiagne et de la Belgique , jiar V. Dupecliaux (Ibid., t. XXIX, p. 241). — Quelques considérations sur le môme sujet, par Villermé (Ibid., l. XXX, p. 28). — De la ventilation des mines, par M. Triger. Paris, 1846. — Note sur l’éclairage des mines (Ann. d’Iiyg. et de méd. lég., t. XXXV, p. 349).

1 he physical and moral condition of the childre.n and young persans employed in mines and manufactures. London, 1843.

HIOKGUk:. — On donne le nom de mofgue à un élablissemenl destiné à recevoir les cadavres trouvés sur la voie publique. Il sert en même temps de lieu d’exposition pour les corps des individus non reconnus.

Ces établissements, qui sont de première nécessité dans toutes les villes populeuses, ne sont nulle part inutiles; et l’usage, aujourd’hui adopté dans un grand nombre de communes rurales, d’annexer au cimetière une salle qui sert à la fois de morgue et de salle d’exhumation et d’autopsie , est tout à fait digne d’ap- ]irobation et d’encouragement; il répond en même temps à un sentiment de haute convenance et à un intérêt de salubrité incontestable.

Sans entrer dans les détails d(^ la construction d’une morgue, nous dirons que les trois conditions essentielles, au point de vue de l’appropriation et de l’hygiène d’un semblable établissement, sont l’espace, l’air facilement renouvelé et l’eau en abondance. Il convient, en outre, d’avoir égard aux services multiples auxquels la morgue est destinée. Ainsi, constatation de l’état civil, constatations judiciaires, statistique administrative, d’où la nécessité d’une salle d’exposition facilement accessible au public sous

MÜRT-AUX-MOUCUES.

toutes les ooiulilions Je cléeence et de resiiecf, d'une salle d'aulousie, et onlin d'un seci-élai-iat et de locaux de service.

Ou cmuureud (lue ces dispositions uc peuvent être iudu|uees <p,e d’une umuière générale et (p.'elles seront subordonnées aux exigences particulières de cluupie localité. Euce(|ui touebe d ailleurs plus spécialement à la salubrité, il n’y a, en réalité, que peu de dill'érence entre une morgue et d’autres établissements analogues, tels line Maisons MoiiTCAmES et AMMiiTiiiiATitES iie iussf.c-

Tio>;.

Bibliographie. - /lapporl ri t« préfet de police sur les iucoméuieuls allaehés disposulus actuelles delà Morgue de Paris: proposition, tendant a les fa, re dispa,-aitre. - Oeseription d’une morgue modèle, par M. A. Devcrgie (A«a. d l,yg. et deméd. lég.. I. VII, p. 75; voyez aussi I. XVII, p. 310; 1. XLV, p. 182). ("ÇI*

pour la construction d’une salle d’eihumation el d’autopsies, par H. D Arcel ( rtiil., t. III , p. 10).

illORT. — Vo}/. Décès, Inhumation.

lUOUT-AUX-IUOUCMES. — Les préparations destinées à donner la mort aux. insectes qui constituent dans certaines saisons et dans les campagnes, surtout, une véritable plaie, ont une incontestable utilité, et ne pourraient être proscrites d’une manière absolue sans un inconvénient sérieux. Mais composées, pour la ])liipart, de substances vénéneuses, elles appellent toute la sollicitude de l’admiuistration et doivent être l’objet d’une surveillance spéciale. A plusieurs reprises déjà l’autorité a eu à se préoccuper des ([uestions diverses soulevées par la vente de ces préparations, et l’espèce de jurisprudence qui s’est établie a cet égard mérite d’être portée à la connaissance des conseils d’bygiène et même du public. Il faut bien insister sur ce point que les poudres et les papiers lue-inouches dans la composition desquels entrent quelques jiréparations arsenicales, présentent tous les dangers des poisons les plus actifs et doivent être proscrits au même degré que toutes les autres substances vénéneuses; et que d’ailleurs ces moyens peuvent être remplacés par d’autres d’une complète innocuité.

Nous ne pouvons mieu.\ faire pour donner une idée exacte de la ((uestion (jui nous occupe <[ue de citer textuellement l’étude si complète et si lumineuse (}ui eu a été faite au sein du comité consultatif d’bygiène publicpie par notre savant collègue M. Bussy dont les rapports ont servi de base aux décisions adoptées par l’administration supérieure.

MOUT-AUX-MOUCIIKS.

HAIM-OUT FAIT PAU M. RUSSY AU COMITi:; CONSULTATIF u’jlYClKNK PUHLI-

gUlC SUR LA MOUT-AUX-MUUCIIFS (adopté dans la SÉANCE DU 17 NO- VFMimic 1851).

Le conseil d arrondissement de lYironne a émis le vœu que rinterdicUon par 1 ordonnance du ‘29 octobre 18/iü sur la vente des poisons ne fût pas applicable à la mort-aux-mouches. — Le conseil général, après avoir une première fois repoussé ce vœu, a cru, dans sa dernière session, devoir appeler sur cette question attention de M le préfet de la Somme qui, dans l’impuissance où il se trouve d apporter aucune modiücation à la loi existante, en réfère à l’adminis-

iration supérieure. C’est par suite de ces divers recours que le comité se trouve aujourd’hui saisi.

].a mort-aux-mouches, que l’on désigne aussi quelquefois, mais improprement sous le nom de cobalt, n’est autre chose que de l’arsenic métallique partiellement oxydé sous forme de poudre d’un gris noirâtre. — Pour l’employer on en délaye une petite quantité avec du sirop ou avec de l’eau sucrée ou simplement avec de l’eau; les mouches qui viennent absorber ces diiférents liquides ne tardent pas à succomber.

L ellet est produit par la petite quantité d’acide arsénieux qui existe dans la mort-aux-mouches ou qui se forme par le contact de l’arsenic métallique avec laii. G est donc en réalité et toujours au moyen de l’acide arsénieux que cette substance agit ; en laisser la vente libre serait mettre l’acide ai-sénieux aux mains de tout le monde et annuler entièrement l’ordonnance du 29 octobre.

Cependant on ne peut se dissimuler qu’il y ait un certain intérêt, surtout de commodité, à se débarrasser des mouches. Mais on connaît déjà beaucoup d’autres moyens d’arriver au même résultat sans employer l’arsenic, qui n’est en réalité utile que dans un ti ès petit nombre de localités. Parmi tous les moyens qui peuvent êtie facilement imaginés ou qui sont mis en pratique, nous en citerons un qui est particulièrement employé en Angleterre et sur une très grande échelle : il consiste à placer, dans les lieux h'équentés par les mouches, des papiers imprégnés d un enduit agglutinatif qui retient et fixe les insectes; des papiers semblables se vendent pour cet usage chez tous les épiciers de Londres et remplissent partaitement le but qu’on se propose. Nous pensons donc que la prohibition de l’arsenic comme mort-aux-mouches peut être maintenue sans préjudicier à aucun intérêt sérieux.

Nous ne terminerons pas sans faire remarquer que c’est par erreur qu’il est dit dans les délibérations du conseil d’arrondissement de Péronne qu’il n’y a pas d’exemples d’empoisonnement sur l’homme par la mort-aux-mouches : les exemples d’empoisonnement par ce produit ne sont pas rares, non seulement sur l’homme, mais sur les animaux domestiques qui touchent aux préparations qui ont été disposées pour les mouches.

En résumé, nous avons l’honneur de vous proposer de répondre à M. le ministre que la mort-aux-mouches, pour laquelle on demande une modilication à l’ordonnance du 29 octobre, a tous les inconvénients de l’acide arsénieux, qu’elle n’est point indispensable pour la destruction des mouches, qu’on peut la remplacer avantageusement, pour cet usage, par divers moyens de destruction généralement connus et particulièrement par les papiers agglutinatifs, tels que

MORT-AUX-MOUCUKS.

ceux qui sont employés eu Angleiei re, qu’il n’y a pas lieu, en conséquence, de modilier l’ordonnance du 29 octobre.

Nous pensons, en outre, qu’il pourrait être utile de donner communication du présent rapport au conseil d’hygiène de l’arrondissement de Péronne et de l’inviter à rechercher, lui-même, les moyens pratiques de concilier les habitudes et les convenances des habitants de la localité avec les justes exigences dont la loi, dans son intérêt supérieur, ne doit pas se dépaitii.

rapport fait par M. BUSSY AU COMITÉ CONSULTATIF d’hYGIÈNE PUBLI- OUE SUR LES PAPIERS TUE-MOUCHES (ADOPTÉ DANS LA SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1852).

M Ferrand, pharmacien à Lyon, qui se dit inventeur d un papier propre à tuer 'les mouches, et dans lequel n’entrerait, selon lui, aucun poison de nature à donner la mort à l’homme ou aux animaux domestiques, signale à M. le ministre de la police les dangers qui peuvent résulter de l’emploi des papiers tue-mouches dans la préparation desquels il entre des composés arsénieux ; il demande que l’on fasse à ces papiers l’application de la législation sur les substances vénéneuses, et qu’on lui délivre une autorisation spéciale pour la vente du papier qu’il fabrique.

Cette demande, adressée d’abord à M. le ministre de la police, comme nous l’avons dit plus haut, a été renvoyée au département de l’intérieur. C’est par suite de ce renvoi que le conseil s’en trouve saisi.

Il est elfectivement vrai que l’on trouve aujourd’hui des papiers dits papiers tue-mouches qui se débitent sans difficulté et sans précaution chez les droguistes et chez les épiciers, quelquefois même chez les pharmaciens. — Ces papiers, ordinairement colorés en rouge, portent l’indication de l’usage auquel ils sont destinés, la manière de s’en servir ainsi que le nom de l’inventeur et son adresse ; ils sont d’un usage commode pour tuer les mouches, mais ils ne sont pas sans dangers et pourraient devenir, entre les mains de personnes imprudentes ou mal intentionnées, la cause d’accidents graves.

Ces papiers, en effet, doivent leurs propriétés toxiques à la présence des préparations solubles d’arsenic, acide arsénieux ou arséniate de potasse, dont ils sont imprégnés ; on étale sur une assiette un morceau de ce papier que l’on recouvre d’une très légère couche d’eau. On l’expose ainsi dans les appartements où abondent les mouches qui ne tardent pas à succomber lorsqu’elles viennent prendre le liquide vénéneux. On comprend parfaitement, d’après la nature du toxique et par la manière dont on l’emploie, qu’il y ait là matière à accident. C’est sur ce fait que M. Ferrand appelle l’attention de l’autorité.

L’ordonnance du 29 octobre 18/i6 sur la vente des substances vénéneuses nous semble avoir pourvu suffisamment au danger que signale avec raison M. Ferrand ; il ne s’agit que d’appliquer les dispositions de cette ordonnance et d’en recommander l’exécution aux jurys médicaux et aux autorités chargées des intérêts de la santé publique. Indépendamment des prescriptions générales qui sont imposées aux personnes qui font le commerce des substances vénéneuses et dont aucune n’est observée pour la vente des papiers arsénieux, l’article 10 de l’o rdonnance citée précédemment est ainsi conçu :

« La vente et l’emploi de l’arsenic et de ses composés sont interdits pour le

J 2 MOKT-AUX-MOUCIIHS.

» cIliUllage (les gi-aiiis, l’emhaiimeineiil des corps et la deslniciion des iii- )> socles. »)

L’article 8 s’exprime ainsi :

« L’arsenic cl scs compos(Ls ne i)cuvent Cire vendus pour autres usages que » la médecine, (jue combinés avec d’autres substances. Les formules de ces pré- » paradons seront arrêtées sur l’approbation du ministre secrétaire d’Ltal de * » ragricullurc et du commerce, savoir : i

» l’our le traitement des animaux domestiques, par les écoles des professeurs '

» de la société vétérinaire d’Alfort.

» Pour la destruction des animaux nuisibles et pour la conservation des » peaux et objets d’bisloire naturelle , par l’école de pharmacie. »

Il y aurait donc simplement à interdire, aux termes de celte ordonnance et d’une manière absolue, la vente et l’emploi des papiers arsénieux dits papiers tue-mouches.

Mais si, comme le prétend M. Ferrand, on peut préparer des papiers tuemouches sans arsenic, ou mieux encore sans y employer aucune substance toxique pour l’homme ou les animaux domestiques, ce qui serait aussi avantageux qu’imprévu, il y aurait une distinction à faire. Ces dernières pourront être vendues, et le débit devrait en être favorisé. Quant à ceux qui contiennent une substance vénéneuse autre que l’arsenic, ils pourraient encore être vendus, mais | en se conformant aux prescriptions de la loi sur les poisons. i

La difficulté sera de reconnaître, parmi tous ces papiers, ceux qui contien- ! ' dront de l’arsenic, ceux qui contiendront un autre poison, ceux qui n’en con- I

tiendront pas du tout ; jusqu’à présent ce procédé et cette différence ne se sont |

pas présentés , attendu que tous ces papiers contiennent de l’arsenic. i

M. Ferrand, qui est, à notre connaissance, le premier qui ait vendu du papier , I tue-mouches, employait l’arsenic à sa préparation, comme nous l’avons recon- ] nu sur tous les échantillons que nous avons examinés ; ses imitateurs ou contrefacteurs, qu’il signale à l’autorité , ont employé comme lui l’arsenic. Il est vrai que M. Ferrand pense être possesseur d’un procédé qui le dispense d’employer aucune poudre nuisible à l’homme et aux animaux. Nous avons constaté, en effet, que ces mêmes papiers, dont il a adressé un échantillon à M. le ministre, ne renferment pas d’arsenic; mais nous ignorons s’ils ne contiennent aucune autre substance vénéneuse et nous ne sommes pas complètement édifiés sur leur vertu toxique en ce qui concerne les mouches. Ce serait, comme nous l’avons dit, une chose heureuse et qui mériterait d’être propagée, que la découverte d’une substance non vénéneuse capable de débarrasser nos maisons des mouches qui les envahissent pendant l’été ; mais, avant de se prononcer sur une découverte de cette nature, avant surtout de donner l’autorisation qu’on lui demande et qui est en dehors de ses attributions ordinaires, l’administration a besoin d’être mieux renseignée qu’elle ne l’est sur ce sujet. Il y aurait donc lieu, avant d’exprimer aucune opinion sur ce point, de demander à M. Ferrand la recette de son papier tue-mouches et de soumettre sa préparation à quelques essais.

En résumé, nous avons l’honneur de vous i)roposer de répondre à M. le ministre qu’il y a lieu de faire aux papiers tue-mouches l’application des dispositions de l’ordonnance du 29 octobre 18/|6.

Qu’il serait nécessaire, si l’administration ne l’a fait déjà, d’adresser à ce sujet une circulaire à AIM. les préfets pour les inviter à rappeler aux jurys médicaux,

MORVE ET TAUCIN.

aux écoles de pharmacies et aux autorités locales, qu’aux termes de ladite ordonnance, les papiers arsénieux doivent être proscrits d’une manière absolue ; (juc ceux qui seront préparés avec d’autres toxiques portés au tableau peuvent être vendus , mais avec les précautions exigées pour les substances vénéneuses.

En ce qui touche IM. Ferrand, lui répondre que l’administration verrait avec intérêt qu’il cilt imaginé une préparation propre à tuei* les mouches et qqi fût sans danger pour l’homme et les animaux domestiques; mais qu’il n’est pas dans ses attributions de donner des autorisations spéciales pour la vente de semblables produits ; cependant que s’il désire que la préparation soit examinée et qu il eu soit fait un rapport à M. le ministre, il doit, avant tout, en faire connaître la formule et en mettre une certaine quantité à la disposition de l’administration.

Voij, Arsenic, Poisons.

^lOUTAlilTÉ. Voy. Pohl'EATlON.

IViOKVli: ET FAKCIIV. — La morve et le larcin, allée lion s contagieuses propres aux solipèdes, mais transmissibles de ces animaux à l’iiomme, présentent, au point de vue de la santé publitpic, un intérêt d’autant plus grand que les moyens d’en prévenir et d’en arrêter le développement sont exclusivement du domaine de riiygiène et reposent tout entiers sur l’observance rigoureuse des règlements qui concernent la police des animaux atteints de maladies contagieuses.

Nous donnerons une description succincte de ces graves aiïections chez le cheval et chez l’iiomme.

De la morve et du farcin chez les solipèdes. — Le farcin chez le cheval est une maladie spécifique caractérisée par l’engorgement des vaisseaux et des ganglions lymphatiques, rohlitération des

veines superficielles, l’éruption de boutons sous-cutanés ou superficiels, isolés ou confluents, qui s’ulcèrent et se recouvrent de croûtes ou de végétations fongueuses, et l’empâtement des memlires. Les symptômes généraux sont peu marqués. Le farcin se montre le plus souvent sous la forme chronique ; à l’état aigu , il est presque constamment associé à la morve. Après être resté plus ou moins longtemps stationnaire, il se termine jiar la mort ou par le développement des symptômes de la morve.

Liimorve, dans sa forme chroni([ue, consiste dans rengorgemenl, l’induration et l’adhérence des ganglions de l’aine, un jetage ou écoulement nasal, des élevures ulcérées ou non ulcérées sur la mendjrane ])ituitaire, répaississement et le boursouflement de la membrane muqueuse et du tissu osseux ; des élevures, des ulcérations récentes ou cicatrisées, dans le larynx, la trachée et les lironciies, enfin des altérations particulières des poumons qui

MüKVE ET EAKCIN.

consisU'nL en {JTiinuIntions miliaiies, en masses rougeâtres, ou jaunes, ou blanches , plus on moins indurées et disséminées à la surlace ou à rintérieur du [)oumon. Un dé[)érissemenl général et graduel accompagne co« lésions , et la maladie se termine par la mort, et plus souvent par la morve aiçjuë. — Celle-ci se distingue par la rapidité de la marche et la violence des sy»nptômes, dont les plus saillants sont le jetage sanieux , imrulent et très abondant, 1 éruption de petits boutons cutanés, rarement sous- CLitanes , lenticulaires, douloureux, disséminés [)articulièrement autour du nez et sur 1 encolure, une inllamrnation extrêmement vive de la pituitaire, avec rougeur, gonllement et douleur des ailes du nez, et ulcération prolonde de la membrane muqueuse. La mort est la terminaison constante de la morve aiguë. Les poumons sont toujours criblés de taches eccbymotiques et de dépôts purulents, quelquefois de noyaux d’hépatisation. Du pus se trouve aussi dans les muscles , dans les articulations et dans les divers organes.

La morve et le farcin peuvent chez le cheval se développer primitivement. Mais ces deux maladies sont contagieuses sous toutes leurs formes.

Les principales circonstances qui ont paru favoriser le développement de la morve chez les chevaux, indépendamment de la contagion, sont, en premier lieu, la mauvaise disposition des écuries humides, mal aérées, trop peu spacieuses; l’alimentation insuffisante ou vicieuse; les fatigues excessives; enfin l’hérédité. Mais toutes ces causes sont dominées par la contagion. Quant au temps de l’incubation de la morve communiquée, il y aurait un grand intérêt à la connaître exactement, et il est malheureusement très difficile de la fixer d’une manière même approximative.

De la morve et du farcin chez l’homme. — L’alfection morveuse chez l’homme comprend deux états morbides diversement caractérisés, mais résultant d’un même virus, et que Ton désigne par les noms de farcin et de morve, empruntés à la pathologie vétérinaire. On peut ajouter une troisième forme plus simple, produite par une inoculation directe, et consislanten accidents locaux, que nous avons décrite sous le nom d'angioleucite farcineuse. Ces différentes formes se montrent à l’état aigu ou à l’état chronique.

1° Farcin aigu. — Le farcin aigu, chez riiomme, est une maladie produite par l’inoculation de matières morveuses ou farcineuses , caractérisée par une inllammation des vaisseaux et des

MORVE ET FARCIN. 515

.raiigliüiis IvniphiiliMues , cl (iucl(|ii(^lbis .les veines sii|ierlieielles des membres, par des abei-s nmlliples sur diverses régions, par nni' éruption pustuleuse ipii lui est commune avec la morve aiguë, et

un ensemble de symptômes généraux, très graves

Le début du tarciii aigu varie suivant le mode de contagion ejui l’a produit. Lorsqu’il suit l’inoculation de matières morveuses, il peut se faire que la plaie cl inoculation se cicatiise, mais le plus souvent des accidents locaux primitifs se manilestent. La plaie reste ouverte, suppure, et se change en un ulcéré de mauvais caractère; les vaisseaux lymphatiques du membre blessé s’enflamment; les ganglions se gonflent; le membre devient le siège d’un œdème douloureux, quelcjuefois d un véritable phlegmon, b il n y a pas eu inoculation, et dans les cas ou mancj lient les plienomenes locaux, la maladie s’annonce par des frissons, de la céphalalgie, des nausées, de l’anorexie , un sentiment de faiblesse générale, des douleurs vagues, quelquefois très violentes , dans les muscles et dans les articulations. Dans tous les cas, une fièvre violente se déclare; bientôt on voit sur divers points du corps, et spécialement sur les membres, se former de petites tumeurs molles, pâteuses, peu saillantes, et en général peu douloureuses, ejui se terminent rarement par résolution, et presque toujours par suppuration. En môme temps, de véritables abcès phlegmoneux plus étendus se forment dans le tissu cellulaire. Le développement de ces tumeurs ne tarde pas à être suivi de l’apparition de pustules nombreuses d’un aspect particulier tout à fait caractérislicjue, et c[ue nous décrirons en parlant de la morve aiguë. Ces symptômes sont accompagnés d’une prostration croissante, et, vers la lin du second ou du troisième septénaire, la maladie se termine par la mort, qu’annoncent le délire, les selles involontaires et divers phénomènes nerveux ataxiques.

L’inoculation peut borner ses ellèts aux seuls accidents locaux que nous avons mentionnés. La maladie, qui est alors dans sa forme la plus simple, consiste en une angioleucile farcineuse aiguë, accompagnée de troubles généraux modérés, sans éruption, et qui se termine soit par la guérison, soit en passant à l’état chronique.

2° Morve aiguë. — La morve aiguë est caractérisée d’une manière spéciale par la présence d’ulcérations dans les fosses nasales, jointe à l’éruption et aux symptômes généraux du farciii aigu.

La morve aiguë, qui est fréquemment la terminaison de la

51 fi MORVE ET FARCIN.

Iiiorvo cliroiiKjuo ou du rarciii , se j)réseiile souvent aussi d’emblée et comme résultat direct de l’inoculation ou de rinl'ection morveuse. Elle peut, comme le larcin aigu, ollVir au début les symptômes locaux de l’angioleucite ; mais comme le plus ordinailement la morve est ])roduite par contagion, l’invasion est mar- (juée ])ar des troidjles généraux variés, parmi lesrpjels (juelques uns sont caracteiisti([ues , un malaise |)lus ou moins j)rolongé, une laiblesse générale et spontanée, un dégoût profond, de l’inappetence, de la céphalalgie, des bassons répétés, des nausées, des N omissements, de la diarrliee, de la lièvre, et ])rinci])alement des douleurs articulaires et musculaires très vives, comparables à celles du rbumatisme aigu, lixées quelquefois sur un point de la |)aroi lboraci(]ue, mais s’em])arantlc plus souvent des grandes articulations. Ces symptômes ne tardent ]>as à être suivis de phénomènes plus spéciaux, qui se remarquent surtout à la surface du corps. Une rougeur érysipélateuse se montre le plus souvent à la face, sur le nez, sur les paupières et sur le front, ou au voisinage des articulations ; ces parties sont le siège d’un gonllement (l'dérnateux diffus, mal circonscrit , lanbH pâle et d’un rouge jaunâtre, tantôt livide et luisant. A la surface se forment des taches violettes et noirâtres, des phlyctènes remplies d’une sérosité sanguinolente; les paupières restent closes et laissent suinter une matière puriforme. La face prend ainsi un aspect effrayant et tout particulier, qui caractérise d’une manière fraj)pante la morve aiguë. En môme temps des tumeurs molles et fluctuantes, diffuses ou circonscrites, violacées, apparaissent sur différents points du corps. Quelques unes disparaissent spontanément; d’autres s’ouvrent et donnent issue, les unes à du sang presque pur, les autres à une matière sanieuse, quelques unes seulement à du pusphlegmoneux. Après des sueurs plus ou moins abondantes et fétides, on voit, vers le sixième jour après l’invasion , la peau se couvrir de pustules phlyzaciées tout à fait spécifiques, et de bulles gangréneuses qui occupent principalement les joues, la face, les bras, les cuisses, et la partie antérieure du tronc. On en voit aussi à l’eutrée des fosses nasales et sur la conjonctive. Les pustules sont en nombre variable et irrégulièrement groupées; leur marche n’a rien de fixe, mais leur évolution est en général rapide. Les bulles sont toujours plus rares, et succèdent quelquefois aux ])ustules, lorscpie l’épiderme (]ui les recouvre est fortement soulevé. Dans des cas tout à fait exceptionnels, l’éruption peut manquer. En môme

MORVE ET FARCIN

temps, ou plus souvent avant l’éruption , une matière jaunâtre, visqueuse, plus ou moins épaisse, quelquefois semblable a tlu pus ou mêlée de stries sanguinolentes, s’écoule des narines, ou s aluasse dans les fosses nasales et tombe dans la gorge. L ecou ement nasal extérieur manque dans ce dernier cas, et est quelquefois remplacé par l’expuition des matières mu([ueuses. L’inspection montre à l’or.itice des narines la membrane pituitaire enflammee et souvent ulcérée, en même temps que le nez est rouge et tume-' lié. La respiration est alors pénible, accélérée; la voix est faible, altérée, quel([uefois éteinte. On observe presque constamment un peu de toux : l’auscultation ne fait reconnaître que des râles muqueux et sibilants. La langue est sale, la diarrhée presque con* stante. Le gonlleinent douloureux des articulations rend les mouvements extrêmement pénibles, et condamne les malades au décubitus dorsal; la prostration est extrême; des rêvasseries, du délire vague qui devient bientôt continuel, un abattement moral profond, Vajoutent à tous ces accidents; la bouebe se sècbe ; la langue et les lèvres sont noirâtres, les dents fuligineuses, l’haleine fétide; une agitation plus ou moins violente alterne avec le coma; le pouls s’atVaiblit; les pustules s’affaissent, et des évacuations involontaires, l’embarras croissant de la respiration, précèdent la mort, qui, dans tous les cas, vient terminer la maladie du quinzième au vingtième jour, quelquefois plus tôt, surtout lorsque la morve aiguë est consécutive au farcin ou à la morve chronique.

S” l^ arcin chro7ii(jue . — Le tarcin chronique est caractérisé principalement par des abcès multiples dégénérant en ulcères listuleux, des douleurs articulaires et musculaires, des angioleucites

spécifiques et une altération profonde de la constitution, et se termine le plus ordinairement par la morve aiguë. Le farcin peut exister seul ou accompagner la morve chronique; il est dans tous les cas lieaucoup plus fréquent que celle-ci. On ne le voit ([ii’exceptionnellement succéder au farcin aigu; et, dans ces cas rares, c’est l’angioleucite farcineuse aiguë résultant de l’inoculation qui constitue le premier degré de la maladie.

l^e mode d’invasion du farcin chronique varie. Il peut se laire, lors même qu’une inoculation directe est le point de départ du mal, (jue les désordres locaux soient nuis, et que les choses se passent comme dans le cas de contagion. Après un petit nombre de jours, sans que la santé ait paru troublée, ou après que le malade s’est plaint de lassitude, de douleurs vagues, de malaise et

MOKVE ET FAHCIN.

d ina|)[)ét(MK*e; après une petite lièvre revenant par aeeès, présentant quel(inelois le type tierce, un empâtement, rarement douloureux, se montre, soit au Front, soit au mollet, soit sur une autre partie du corps. Lorsipic le malade est resté pendant longtemps en contact avec des chevaux, l’invasion du larcin s’annonce souvent de très loin et d’une manière insidieuse. Des douleurs se font sentir par intervalles dans les articulations des membres inférieurs, ou du gonnement survient (juelipiefois. Les forces diminuent: puis, après un mois ou six semaines, des abcès multiples se forment rapidement et comme d’emblée. Des tumeurs indolentes et fluctuantes dès leur apparition se montrent plus fréquemment aux membres que sur le tronc : les unes s ouvrent spontanément après un temps plus ou moins long et donnent issue à du sang pur, ou à une sanie purulente, ou à un pus visqueux et de bonne nature, rarement a du pus plilegmoneux ; d’autres se résolvent peu à peu; on en voit quelquefois môme de considérables disparaître brusquement. Des engorgements ganglionnaires de l’aisselle et

del aine se montrent toujours secondairement à des angioleucites locales. Ces abcès sont souvent pendant un certain temps le seul signe de la maladie, avec un peu de faiblesse seulement et d’anorexie. Il peut arriver dans ce cas que les tumeurs ouvertes se cicatrisent et que l’on croie la guérison obtenue; mais le plus souvent on observe une diminution sensible des forces. Les membres sont le siège de douleurs vagues qui sont moins vives qu’au début, mais se font sentir presque constamment. Les articulations sont

roides et les mouvements pénibles ; les reins sont brisés, et les parois de la poitrine sont quelquefois le siège de points douloureux fixes ou mobiles. La céphalalgie est très rare; l’appétit, qui peut être augmenté, est plus souvent diminué; des nausées, parfois des vomissements, signalent les premiers troubles des fonctions digestives. De nouvelles tumeurs se forment; les plaies laissent suinter un pus séreux et mal lié ; les foyers se changent en ulcères sanieux qui n’ont aucune tendance à la cicatrisation; les os sous-jacents se dénudent et se nécrosent; les articulations se déforment et perdent bientôt toute mobilité; la peau, qui ne présente aucune éruption, est devenue sèche ou terreuse; les yeux sont ternes, la couleur du visage jaune et livide ; le pouls est petit et misérable; des frissons répétés annoncent une fièvre qui revient tous les soirs ; des sueurs nocturnes, des rêvasseries, de la diarrhée, de la toux, complètent cet état de marasme, qui se termine par la mort ou

MORVE ET FARCIN

par l’explosion de la morve aigne. La guérison esl possible mais Lalhenrensemenl exlrdmement rare. La inorve venir aussi eompliquer le larcin à sa dermere période. La duree de la maladie est loujonrs très longue ; elle varie de ipiatre mois a plus de trois ans ; mais le pins ordinairement elle est de dix a

quinze mois. . . -7

On doit considérer comme variétés du larcin I angtoleuctU farineuse chronique et V ulcère farineux. Dans la première, tou e la maladie consiste dans un engorgement lent des ganglions lymphatiques aceompagné de cpielques uns des symptômes pneraux du larcin, et se terminant généralement par le retour a la saute , dans la seconde, un ulcère très rebelle, accompagne de symptômes généraux graves et d’une véritable cachexie, constitue une espece particulière de l’alVection morveuse. Ces deux variétés sont tou-

jours le résultat de l’inoculation. • » 1

Zi” Morüe chronique. — La morve chronique, qui paraît être la forme la plus rare de raffection morveuse , est caractérisée par des ulcérations particulières à marche lente des lusses nasales et des voies aériennes, des douleurs articulaires et musculaires , et

des symptômes généraux de cachexie.

La morve chroni(|ue débute très rarement d’emblée ; non pas qu’elle succède jamais à la morve aiguë, mais parce qu elle se montre presque toujours jirécédée du larcin chronique. Loisquil n’en esl pas ainsi, elle est toujours le résultat de l infection. Les malades exposés depuis un temps plus ou moins long à la contagion ressentent d’abord du malaise, de la, fatigue, de l’affaiblissement, des douleurs très vives dans les membres et dans les articulations, et quelquefois une pleurodynie excessivement pénible, mais peu durable. Puis survient de ia toux, du mal de gorge et un enchifrènement qui cause une grande gène. L apparition de ces derniers symptômes dans le cours du farcin chronique est l’indice du développement de la morve. Une douleur se fait sentir dans la trachée; la voix s’altère et peut même s’éteindre. La toux s’accompagne de dyspnée et d’une expectoration plus ou moins abondante. Une bronchite capillaire, et même une pneumonie, peuvent se déclarer comme complication. Le malade se plaint bientôt d’nn enchifrènement qu’il est iacile de reconnaître à ses renillements continuels. Les narines semblent bouchées et donnent dilïicilement passage à l’air. Il est rare qu’il y ait en même temps de la douleur; [)Ourtant ipielques malades indiquent

morve et farcin.

mie donlein- sourde à I,-, racine ,lu nez. Ils moud, cm de lemns en tcnaps dn sang, qnel.|nefois ,lcs crmUcs i,ni S|. délacl,ent,lillicilc" inenl ou Inen snnplemenl nn mncns puril'ornie grisàire dont la Iiuanl, te peut aller jnsqu’à constituer, dans des cas très nu veiilal)!e jelage. II so peut alors (jiren examinant les fosses nasales on aperçoive quelcp.es ulcérations, ou ([u’cn introduisant un stvlel on sente des inégalités ou même une perforation de la cloison! ^ ans la cavité buccale, le même examen peut faire reconnaîtr(‘

existence, soit à la fosse palatine, soit au fond du pharynx n ulcérés qu on peut seulement soupçonner dans le larvnx. et la Irachee. Il est très rare que Ton observe l’engorgement des sanglions sous-maxillaires. La peau n’est le siège d’aucune érupüon ; mais on voit quelquefois survenir un œdème, surtout aux pieds et a la partie inférieure des jambes. A ces symjildmes spéciaux s’ajoutent des phénomènes cachectiques analogues à ceux du larcin chronique. Il peut se faire que la lésion des fosses nasales caractéristique de la morve chronique ne se révèle par aucun signe et que les symptômes du farcin soient seuls appréciables pendant la vie. La morve chronique est toujours une maladie excessivement longue, plus longue que le farcin, surtout quand cette dernière allèction ne 1 accompagne pas. Des rémissions apparentes en signalent le cours. Quant aux modes de terminaison, il ne semble pas que la guérison puisse être obtenue, si ce n’est par exception. Les malades succombent dans le marasme, et la morve aiguë suit moins souvent la morve que le farcin chronique.

Pour résumer la marche générale de l’alTection morveuse, on peut dire que la forme la plus commune après la morve aiguë, survenant d’emblée comme résultat direct de l’infection, est le larcin chronique né de l’inoculation ou de la contagion, et se terminant par la morve aiguë. Des accidents locaux d’angioleucite farcineuse aiguë ou chronique suivent le plus ordinairement l inoculation. Enfln le farcin aigu, d’une part, et la morve chronique, de 1 autre, constituent des formes plus rares de l’allèction morveuse.

Une seule cause engendre chez l’homme la morve et le farcin, c est la contagion. Il serait inutile de discuter aujourd’hui sur la réalité de cette cause, mise hors de doute jiar de trop nombreux exemples; mais il convient de rechercher avec soin quelles sont les conditions dans lesquelles l’allection morveuse se transmet, quelles sont ses formes transmissibles, et quel rapport existe entre

MORVE ET FAUCIN.

T-nnrvo pI Au fînTÎH.

lo (lu cheval à rhonimc; 2° de l’homme a l homme. Le premiei ,L. ...nMcn.:«>.:nn Psf le ehis ordinaire, et heureusement près-

déjà plus d’une victime.

La morve et le farcin sont contagieux et inoculables sous toutes leurs formes aiguës ou chroniques, et dans toutes leurs espèces. En analysant les faits connus jusqu’à ce jour dans le but de rechercher le rapport qui existe entre les formes transmissibles, on voit que la morve ou le farcin aigus peuvent en se coniniuniquant revêtir la forme chroni([ue, et celle-ci devenir aiguë ou rester cbroni([ue après la transmission. Les cas de morve et de farcin aigus sont môme pour la plupart engendres pai la foi me chronique de la maladie du cheval, ce qui tient à la plus grande fréquence du contact avec des animaux atteints de morve chroni- (|ue et employés tous les jours a divers travaux malgré les prescriptions réglementaires.

La contagion de la morve peut avoir lieu chez l’homme, 1° par inlection, ou 2° par inoculation. La cohabitation avec les cbevaux morveux, le séjour prolongé dans les écuries, et surtout 1 habitude funeste d ’y faire coucher les hommes chargés de panser ou de conduire les chevaux, sont les circonstances les plus lavorables au développement de la morve; une exposition beaucoup plus (‘ourte et passagère à quelque foyer d’inlection suffit quelquefois j)Our produire la maladie. L’inoculation résulte, dans un grand nombre de cas, du contact accidentel d’un point quelconque de l’enveloppe tégumentaire dépouillé de l’épiderme ou d’une membrane muqueuse avec quel([ues matières susceptibles de transmet tn^ la maladie, et principalement avec la matière du jetage nasal ou celle que laissent suinter les boutons et les ulcères farcineux. Le siège de l’inoculation est souvent le doigt ou la main, et la paille dont se servent les palefreniers pour panser leurs chevaux en est

^ MOHVK ET KAHCIN.

lmnitMmij(3iiL l’;ig(>nt. CorUiinos formes de la maladie correspondent i)lus partienlièrement à certains modes de contagion ; ainsi Ui morve est surtout produite par iidection; et l’angioleiicile fareinense, (pu («st la, forme la plus locale de l’alfection morveuse par inoculation. La durée de l’incubation varie aussi suivant le mode de coiitagiou; toujours très courte et ne dépassant pas <imitre ou cinq jours dans le cas d’inoculation, elle est qiiebpiefois

extrêmement longue dans le cas d’infection et surtout pour la morve.

Parmi les circoustances extérieures capaliles de favoriser la contagion, il n’en est guère (pii paraisse constituer une véritable pi edisposition, si ce n’est peut-être les impressions morales. Les piotessions qui placent l’homme en rapport avec les chevaux morveux rendent la contagion imminente, et sont en même temps la meilleure preuve de la transmissibilité de la maladie : c’est ainsi qu on 1 a vue frapper le plus souvent des palefreniers, des charretiers, des cochers, des équarrisseurs, des journaliers employés dans quelques établissements où travaillent des chevaux, des ca- \aliers attachés aux écuries-intirmeries et enfin des médecins victimes de leur zèle à soigner les malheureux atteints de la morve.

Telle est rim[)uissance de tous les moyens thérapeutiques contre cette redoutable affection, de ceux même qui paraissent le plus rationnels, que l’on doit, avant tout, ainsi que nous l’avons dit déjà, s attacher à prévenir le développement de la morve et du farcin, et puisque ces affections ne se développent jamais spontanément chez l’homme, à prévenir leur transmission des solipèdes à l’homme. La voie la plus sûre pour atteindre ce but est d’abord de répandre le plus possible les idées de contagion ; et en second lieu, d’étendre et d’assurer dans leur exécution les mesures sanitaires qui tendent à diminuer le nombre de chevaux morveux et les rapports de l’homme avec ces animaux. C’est de cette manière, c’est par l’assainissement des écuries, c’est par l’isolement et l’abatage des chevaux morveux et farcineux, que l’on arrivera à arrêter les ravages d’une maladie qui n’est pas propre à l’espèce humaine, mais ([ui lui a déjà enlevé tant de victimes.

Nous avons fait connaître à l’article Maladies éi'izootiqles les règlements qui s’appliquent à la morve comme aux autres alfections des animaux domestiques et (ju’il serait siqierllu de reproduire ici.

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