‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. EncyclChapitre 10 sur 57 · DICTIONN. DE L'HIST. UNIV. DE LEOUSE · texte numérisé non relu

DICTIONN. DE L'HIST. UNIV. DE LEOUSE

au contraire) fut condamné au plus honteux (les supplices, aux horribles tourments du cruciflement ; il fut dépouillé de ses vêtementSy suspendu à la croix, percé de clous, couvertde railierJes et d'insultes entre deux scélérats; sa Mère seule et un seul de ses disciples se trouvaient au pied de sa croix.

De tous côtés, il eutà subirles hurlements féroces et les outrages les plus sanglants de la part des Juifs et des gentils. L'inscription elle-même de son gibet : RexJudœorum ne fut qu'une amène dérisioir. Si tout fut consommé sur la croix, on peut dire encore que fut consommée aussi l'iniquité des jugements humains. Les siècles écoulés et Tes siècles futurs ne yerront jamais un jugement qui renferme le comble de la mnlvt^illance comme celui qui condamna Jésus à la croix.

Aussi tous lessiècles proclameront son innocence et sa sainteté, son origine divine et sa céleste mission, La gloire de J^ésus sera éternelle, elle régnera en tous lieux et aussi longtemps qu'une voix humaine pourra ré- |[>éter les parolesdu centurion: Verehichomo justUB eraif tere Filiuê Deierat hic, LMnfamie de ses juges se perpétuera d'ftge en âge tant qu'on lira dans l'histoire : En cette année, Catphe étant pontife et dans le Symbole de la foi : Il souffrit sous Ponce-Pilate.

Mais, non contents d'outragerjodieusement le divin Rédempteur, en mettant sa mort, non-seulement en présence de celle de 80rrate, mais encore au-dessous, nos modernes sophistes n'ont pas craint d'outrager iiussi la Mère de Jésus. Nous l'avons constaté déjà avec douleur (x), et c'est ici le lieu de reyenir vers notre Mère divine.

Ils 'osent dire, hélas I que Marie n'était point k la Passion et > la mort de Jésus (a) I Qui croira jamais h cette horrible assertion de l'impiété contemporaine? Affirmer, comme ils le font aussi, que Marie n'a pas eu foi à son Fils, qu'elle a suivi d'un œil indifférent ou dédaigneux ses voyages, ses prédications, ses miracles, ses triomphes ou ses épreuves dans les diverses provinces qu*il a successivement évangélisées, c'est déjà une impiété effrayante. Mais enchérir encore et dire que Marie, d'insouciante ou moqueuse, a tini par devenir lâche et barbare; que quand son Fils a commencé le drame sanglant de sa Passion, elle s'en est éloignée puis encore qu'elle ne l'avait fait jusqne-lè; que les tortures de Jésus n*ont ni attiré ni fait frémir son cœur, et qu*ati moment oi!l il expirait sur le Calvaire en ébranlant le monde, elle était dans quelque réduit solitaire, essayant de se prouver avec une impassibilité sauvage, que la grande scène du Golgotha n'était qu'une grande comédie ; c'est une abomination.

Comment I les mères les plus dénaturées retrouvent leur tendresse devant le martyre d*un enfant; elles tiennent à le voir de près, parce que les yeux les feront moins souffrir que I Imagination ; il n'est ni foule qui les arrête, ni bourreaux qui leseffrayent,' même quand leur Bis n'est qu*un hommo vulgaire ; et le supplice du meilleur des fils, du plus beau des enfants des hommes, n'aura produit aucune de ces secousses, suscité aucun' do ces élans, provoqué aucune de ces saintes hardiesses dans le cœur de Marie? Comment! de pieuses femmes se seront présentées à Jésus sur la route du Calvaire (2r) ; elles l'auront accompagné jusqu'à la croix; après le crucifiement, elles se seront don-.

par Plaion dans son ^Apologie de Soerale, et dans ics paroles mémorables de C Apologie de Socraie

ear Xénoplion. Quant au iritiunal qui Ta jugé, Igr Grassellini a adopté le tribunal des Héliasles, d'après Barlliélemy ; el ce prélat a employé la' comparaison de Socraïc, comme nous le faisons fious^mème en le cîlani, uniquement parce que Salvador s'en est servi dans sa Vie de Jéêus-Christ^ liv. Il, chap. 10, p. 159, et parce que, ainsi que cela devait être sous la plume d*un ennemi, il a trouvé lieu à une piua grande admiration dans le jugemcnt.et la mon de Socraie que dans la mon de Jésus. iean-Jacqnes Rousseau lui-même est tiaité par Salvador de phraseur et de poète lorsqu'il laisse tomber de sa plume co mot célèbre que nous Hvonsdëjà rappoJé : iSi la mort de Socraie Cbt d'un sage, la mort de Jésus-Clirist est d'un Dieu. > (a) Votf. le 5 7.

(a) Oui, il a été dit par M. llavec, ique Marie ne s'ctant pas associée aiii courses de Jésus dans 1 1 Galilée, elle se {^cra moins encore jetée sur ses pas, quand à la fin il osa $e produire à Jérutalem, $i toutefois elle visait encore.* — Jésus qui ose à la fin u produire à Jéruiatem, voilà, dit Mgr Plantier (dans sa Lettre pastor. contre l'article de Jf . tfnvfl, inUré dans la lies, des deux Mondes, 1* éJil. p. 43) , voilà une impiété bouflbnne ! Si tonte-fois Marie vivait encore au moment de la Passion ; comme si après la Résurrection et i'Asceiision même du Sauveur, Maiie n'était pas dans le Cénacle au milieu des Apôtres et pertié^éranl avec eux

dans la prière I Que M. Havetcoiisu'tedooclesilc/M, et il y lira 1, U : lf< omnes erant persévérantes unaniiniter in oratione cum mulieribus^ et Maria Matre Jetu, et fratribus ejus (ses cousins» seit proclios, inJoan, vu, 8). Hais ce qui dépasse tout, c>st l'assertion que nous relevons dans le présent { ,à savoir : t que Marie n*était pas à la mort de son Fils I >-- M. Ilavet, loi aussi , ne peai pas croire que Marie, Mère de Jésus, ait été au pied de la croix. Il admet tout le monde, excepté £ile« et il ne la tolère tout au plus qu*à diitance. Comment donc rejeite-t-il la grande parole par laquelle son divin Fils la lègue pour Mère à tous les Chrétiens I M. A. Nicolas venge cet article du Testament divin dans un chapitre spécial i\e xv«) de sou livre : La Divinité de Jétus-Christ, Démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulité, i vol. in-ii,i«édit. 1864.

(b) Nous avons déjà fait remarquer le caractère de candeur qui distingue la narration des Evaugé* listes et qui est une des preuves'lcs plus fortes de leur véracité. Car, encore une fois, cette manière, qui n*a pu être inspirée que par la sincérité et Li conviction portées au plus haut degré, donne à t*Evangilf» un air de vérilé saisissant. «On ne peut, nit M. Nicolas, se défendre de croire ce qu'on cherche si peu à vous faire croire, ce qo^on redoute si peu que vous ne croyiez p.>b. Cette absence complète de réflexions et d'ornements relève les faiis et leur donne un aspect frappant de ligoureu.so iidélité : c'est plus qu'une reproduction, c'e^t

DISCOURS SUR LA VIK DE N.-S. JESUS-CHRIST

né la doalooreiise eonsofation de fe contempler encore sur le gibet (e). Et Marie, plus dure qa'une Spartiate, se sera déchargée froidement snr ces étrangères du soin de compatir aux blessures, h i*agonie, h la mort d'un Uis dont toutes les femmes de Juda lui enviaient l'honneur d*6tre la Mère ? Et c'est de Marie qu'on écrit de pareilles atrocités l Marie en qui, depuis près de vingt siècles, la religion de l'humanité vénère le (vpe auguste de la femme régénérée par le christianisme, la plus pure des épouses, la plus douce des mères, la reine et le modèle de ces saintes amantes de Jésus qui, par la route de la virginité, le recbercnent et le poursuivent avec une ardeur saintement passionnée, ou dans les eitases de la contemplation, ou dans le crnclQement du désert, 00 dans le soulagement du malheur, ou dans les enivrantes délices du tabernacle et do Banquet sacré I Fanatisme éclos d'un rêve que lotit celai Jésus n'a jamais rien fait pour honorer sa Mère. La Mère, à son tour, n'a jamais eu la pensée ni d'adorer un Dieu dans son fils, ni de pleurer un fils dans le supplice do Calvaire [d) I Voilà jusqu'où il faut aller... et jusqu'où ils vontl...

Encore one fois, qu'ils sont à plaindre ceux qui outrap;ent ainsi Jésus et Marie!

Ah 1 que Marie daigne tourner vers eux ses regards miséricordieux : Eia ergo, advoeata nostrOf illos tuos miséricordes oeulos ad nos converiel... Mais ils ignorent donc les faits; ils ne lisent donc point l'Evangile qu^iis attaquent? Car ils disent que tes Evangélistes prennent comme à tflche de rabaisser Marie, de l'effacer ou de se taire sur elle.

Interrogeons ces écrivains sacrés, et nous verrons combien l'impiété est aveugle.

Et d'abord voyons saint Matthieu, au'on accuse do peu parler de Marie. Apres la grande révélation que cet Evangéliste nous fait de la conception miraculeuse de Jésus dans le sein de Marie restée vierge, après l'apparition de cet ange qui vient rassurer les alarmes de saint Josepn, en lui racontant les mystères accomplis dans son épouse par la vertu d*En-Haut, après la scène auçoste de l'adoration des Mages et la noble attitude qu'y tient Marie, après le songe merveilleux où un messager céleste ordonne à Joseph de prendre l'Enfant et la Mère, et de fuir en Egypte avec ce double dépôt, pour soustraire Jésu3 au massacre commencé par la jalousie d'Hérode (e), après toutes ces gloi-

f|iiHqoe chose de la réalité, comme si les faits «ai-mémes étaif^nt venus s*impriiner snr ce fond de rsndeur inahérable. Dnc pieuse trsidttioii (et ceci fait surtout Tobjet de la prëseiile note) rapporte f)ae lors:|ne Jésus-Christ allait au supplice, tomt>ant ious le poids de la croix, une sainie femme perça la foole acharnée de ses bourreaux, et, s'appro" I hutit de sa personne, appliqua snr sa face adorable un linge blanc ponr en essuyer la sueur et le sang dont eUe était dégouttante ; et qu'en récompense de cette courageuse compassion il se fit un miracle : les traits de Tauguste Victime restèrent empreints sur le vuile eonsolaleur. Ain?i, peui-on dire, rEvaugtle nous reproduit les traiu de ta vie de Jésus *Obrisi; cl dans sa toucbante et véridique siiupUciié, il csi

res attribuées ft Marie, la place qu'elle occupe dans Testime de tout homme raisonnable est si haute et si solidement assurée, que te silence gardé sur elle, dans tout le reste de l'Evangile de saint Matthieu, n'a ni le droit ni la force de l'en déposséder.

En avoir dit de si brillantes choses, était assez pour que ce saint pût ensuite entièrement se taire, sans scrupule pour sa lArhe d'Evangéliste et sans aucun détriment pour l'honneur de Marie (f).

Quanta saint Ltic, l'iinpiété dit elle-même « qu'il e^i le seul qui contienne ce qu'on appelle rAnnonciation ainsi gue la visite de Marie à Elisabeth, et les effusions de Marie, k ta prédiction douloureuse que lui fait le vieux Siméon (g). » On voit, dès lors, que le silence des Evangiles sur Marie est déjà beaucoup moins morne et moins absolu qu'on l'avait prétendu. Saint Matthieu nous a donné sur elle de grandes et belles pages ; voici saint Luc qui vient en ajouter aè nouvelles , dont la douceur et la majesté ne sont pas moins remarquables.

Il est vrai que ces récits se concentrent sur la conception, la naissance, les premièrea annéesde Jésus, et sur la partout revient à Marie dans ces commencements de son Fils adorable. Mais c'est justementà cette portion de la vie de Jésus que devaient se rattacher les grandes fonctions de Marie. Une fois le* Sauveur homme fait, one fois Jésus tancé dans le ministère apostolique et danst'arcomplissement public, éclatant de l'œnvro de la Rédemption, sa Mère n'avait plus à le suivre ostensiblement, ni à se mêler avec évidence au mouvement générai de son histoire. La retraite de Nazareth, le silence a la coopération de la prière, la sollicitude du cœur accompagnent du regard de sa tendresse les voyages et les travaux de son Fils, quelques apparitions de loin en loin, dans aes circonstances exceptionnelles qui semblaient s'j prêter, voilé dans quel ordro de conduite la modestie et la convenance lui prescrivaient de se renfermer. C'est ce que Marie a fait, et c'est en même temps ce qui explique pourquoi saint Luc, à l'exemple de saint Matthieu, après avoir consaeré les premières pages de son Evangile à des faits où Marie tient une large place, la laisse ensuite dans une ombre que de rares rayons éclairent. M^is après tout, ces réticences montes ne détruisent pas l'effet imposant des récits qui précèdent; et quand ou s'est

pour nous comme le voile de Véroniàue.i {Elnits philoiophiquei sur le ehrUtianiimett 16" édit. \nA%, 1863, tom. 1 V, p. t54.)— Mous avons tenu à citer ici cette page à la louange de faction admirable de sainte Véronique.— -Koy. son article.

(c) Luc. xxui, i7, 18, 49.

(d) Mer Plantier, Letne pasior, contre CariicU de M. Uavet, etc., p. 44, 46.

te) Maith. i, 18-25 ; ii. t-23.

(0 Msr Plantier, Letire poster, contre ParUcle de Jf. Ilavety imérédans ta Revue des deux Mondes^ etc., i« édit. p. 48.

(o) llavct, article de la Revue des deux kfomdes^ p. 589.

DlCnCNN. DE LfllST. UNIV. DB LfiGLlSJZ.

CIXIT

vivement péaélré de ces grands mystère»

de Jésus Enlant, où lant de gloire fui donnée à Marie, on se sent-encore dominé |iar .son souvenir à travers les événements inlérieurs« quoiqu'elle n'y paraisse pas présente (/i).

Saini Luc ajoute encore le fait de Jésus parlant dans le temple, où Marie et Joseph le retrouvent après l'avoir perdu pendant phiMeurs jours, et où Jésus dit h sa Mère :

Ne fallaU'il pas que je fasse dans les choses démon Père? Parole que Tiuipiété a défi- Kurée à plaisir (t), pour j trouver matière à soutenir sa thèse de l.i prétendue dépréciation de Marie par Jésus. 11 en estde même d»* cette autre parole que rapporte saint Luc: a Comme il (Jésus) disait ces choses, une femme élevant la voix du milieu du peuple, lui dit : Heureuses sont les entrailles qui vous ont portée et les mamelles que vous avez sucées 1 Jésus lui dit : Mais plutôt heureux soni ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la pratiquent (j)I Sans nous arrêter k souiller nos pa^es en rapportant les inepties des sophistes pour les réfuter, écoulons saint Augustin sur ces paroles:

« Pendant gue Jésus excitait I admiration delà fouie, dit-il, pendant qu'il opérait des prodiges et laissait éclater la vertu cachée eu lui sous le voile de la chair, quelques Ames s*écrièrent : Bienheureux le sein qui vous a porté !\ Et lui: Bien plutôt hew reux ceux qui Xécoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique. Comme sMI élisait, poursuit saint Augustin : Ma Mère, que vous appelez jusienunt heureuse, 1 est en effet, mais parce qu'elle observe la parole de Dieu; ce n'est pas parce que le Verbe de Dieu s*est fait chair en elle pour habiier parmi nous, mais c'est parce qu'elle obéit à ce Verbe divin par lequel elle a été faite* et qui ensuite s'e^t fait chair dans son sein [k], »

Et ail!eurs, saint Augustin, admirant la soumission de Marie, ce que fait aussi saint Grégoire (/), non-seulement la trouve sublime, mais encore restime glorieuse pour Marie. Marie, dans la pensée de son Fils, faitobserver Tévëque d*Hippoiie, comptait indubitablement paruji ceux qui praii* qualer.t la volonté divine; leurs privilèges étaient les siens, et elle élaii doublement

(U) Mgr riam'er, op. cîi. p. 49-.S0.

(f) Cii'il ce que démontre el relève soIiJemcul âl};r PlanliiT aux piges 51, 5^.

qt Luc. 11,27,28.

(k) S. Augusiiff, In Joan. iract. 10, u* 3.

(/) S* Oregor. Mag., //ont. 3, inEvang.

(m) b. Augusiiii. De S. Yirg., can. 3, cité par Mgr Plantier, tt< supra^ p. 43.

(r) I 8 de ce Discours.

(o) Us ont le malheur

de ne p^s comprendre cet Evangile qui termine k. siècle de Jésus-CIiriat , et qui est, en effet, le dernier don de celle ère de grâce, comme Ta irès-bieu dil M. Veuillol, qui ajouie : « Cet Evangile laisse au monde nouveau un écho toujours vivanl de la parole qui Ta engenMré : ou pluiôl c*cst ceUe parole elle-même qui reste à jamais lutnineuse et féconde. Elit; nid à jamais audosus de toutes les aueinles la connaissance de

Mère de Jésus: mftr^ dans le sens naturel, puisquVUe Pavait formé de son san^ç dans son sein virginal, el Hère dans uo sens spirituel, puisque, par sa soumission filiale k la volonté divine, elle le formait dans son âme (m). Voilà comment Jésus dépréciait sa Mère ; on la félicitait d'un booneiir. Lui la félicitait d*nn mérite ; on en exaltait la maternité, Lui en fit ressortir la vertu. Ce n'était certes ni rabaisser Marie, ni faillira In délicatesse de la piété filiale, puîsqa*au lieu d'un diadème» il en plaçait deux sur le front de ss Mère.

Passons è saint Jean. Nous avons vu (») le parti qu*a voulu tirer l'impiété de la parole de Jésus à Marie aux noces de Cana ; nous n'y reviendrons pas. Mais voici venir la grande scène de la Passion où le disciple bien-aimé, l'Evangélisie do Verbe éiernel, nous représente Marie dans toute la splendeur de SOQ amour pour son divin Fils.

Qu'en dira l'impiété? Hélas I elle niera encore; elle nie toujours* Il nous faut transcrire son langage : « Dans ce demitr et tardif Evangile ^o), dit-elle, riinaginalioii a pu entîn se mettre à l'aise et se représenter la Mère k côté du gibet de son Fils, dans cette attitude i|ue le Stabat et les oeuvres des peintres ont fixée pour tous les esprits el pour tous les yeux (p). » C'est de cette façoo qu'on nie, d'un trait déplume, un Evangile f c L'imagination a pu ; j»il ne s'agit pas de savoir si elle a pu le faire, mais si elle Ta fait. Et comment établit-on que la présence de Marie au pied du gibet de son Fils, Que la noble attitude de son courage sous I effort de tant de douleurs et de tempêtes, ne sont qu'une scène inventée par la poésie des siècles?

Voilà un témoin qui nous atteste que c'est là, non pas une fiction, mais un fait; il tenait lui-même une grande place dans ce drame solennel; il était à c6téde Celle qu'il représente debout sous les coups de l'orage : voilà des millions et des millions d'autres témoins qui, partant de celui-là et descendant jusqu'à nous, protestent avec éclat de l'autuenticité de ses récits. Voilà tous les arts, l'éloquence, la poésie, la peinture, la statuaire, qui, servant d'interprètes à cette copviciiun séculaire et générale, nous assurent à leur manière qu'il iaut prendre

Dieu, Tamourde Dieu pour les hommes, roblî(talion où sont les koninies de servir Dieu et de s*ai« mer les uus les aulres, obligation qu'ils ne peuvent remplir que par Jésus-Chrisl. Dans les eObitsque Tesprii de négation, qui est IVsprii de Satan , a Taiis depuis des siècles pour renverser le chrisiianisma, les plus ardents et les plus subtils ont éié dirigés contre TEvaugile de salui Jean* lis ont été vains, ils le seront toujours ; ils pourront ébranler quelques faibles ^mes , ils ne renverseront pas la ronscience du genre humain. La raison de leur iii> puissance, saiui Jean lui-même nous Ta fait connaître : J*ai écrit, nous dit-il, aiSn que vous croyiez que JéêuS'Chriu est Dieu, el qu'en croyanl tous^ ayez la vie. i (LaVie de N oire- Seigneur Jésuê' Chritt, 2* édit. in-â, p. 503, 504.) {p) iiavet, ariicle, ui lupra.

CSXKYIl

DISCOURS SUR LA VIE ht N.-S. JESUS^CHRIST.

k la lettre ce que saint Jean nons nconte dans ce (massage bubliine. El devant i otlc armée de suffrages qui (garantissent la vérité du texte évangélique et le fait auguste de la compassion de Blarie, on vient nous parler d'imagination, et quand on a dit cette plaisanterie, on se figure que l'Evangile a cessé d'èireune histoire 1 Vraiment, pour êîre ini^ri^diile, il faut être plus que crédule: il faut abdiquer la raison.

Plus on examine les choses de près, et moins on comprend celte incroyable j)ersisiifUce de nos critiques à vouloir dc^précier Iklarie au nom des Evangiles. Qui donc la rabaisse? Jésus-Christ ? Verbe éternel, il Ta fait annoncer par les Prophètes, et quand la pléniludodes temps est arrivée, il envoie Tarehange Gabriel dans l'humble maison qu'elle habite pour lui révéler les mystères inouïs qui doivent s'accomplir en elle. Si elle devient féconde, il veut que ce soit par la vertu de l'Ksprit-Saint ; quand il s'échappe du sein de cette Vierge devenue mère, il te fait è la manière d'un rayon de soleil traversant an pur cristal. Elle voit bientôt des bergers avertis par les anges, et des rois conduits par une étoile miraculeuse venir adorer son Fils dans Tétable de Bethléem. Quelques jonrs plus tard, elle monte au temple pour offrir son nouveau-né au Seigneur; le Yieillard Siniéon et Anne la prophétesse tressaillent à l'aspect de son Enfant, et prédisent h Jésus, comme & sa Mère, d'étonnantes destinées. Jésus grandit, enseveli pour ainsi dire dans la chaumière de Nazareth, ei, là, consacre trente ans à vivre soumis h sa Hère. C'est lui faire, on ne peut en discon- Teoir, une part généreuse.

Trois ans seulement seront donnés h la TÎe publique; Jésus en aura donné dix fois plus h la vie du foyer. Trois ans se passeront dans la société de ses Apôtres; trente s'écouleront sous le regard et dans la sociéié de sa Mère. Et lorsqu'il se sera jeté dans. l'apostolat, il faudra que sa Mère figure encore de temps en temps a ses côtés. S'il lui adresse parfois la parole avec une froideur apparente, ces mots fugitifs sont rachetés avec surabondance par les grâces éclatantes et les Krérogatives extraordinaires dont il Ta cornlée. lidoie quand il paraît la rebuter, il lui accorde te qu'elle deooande, comme aussi lorsqu'il semble la rabaisser, il la relève en réalité par les plus glorieux éloges. En tin, sur la Croix, il repose une de ses dernièn s pensées sur l'avenir de Marie ; Vierge, il la confie à la tutelle d'uu Apôtre Vierge : Ecce mater tua; et à la place du Fils que la mort va lui ravir» il Lui donne pour iamille et le DOfide et les siècles : Mulier, ecce fiiius tumi (tf) .

Ainsi la piété BMalode Jésus se manifeste avec éclat de Bethléem an Calvaire; il associe Marie k la rédemption de l'humanité parles liens les plus honorables; il multiplie les mP9CÏes poar la glorifier, miracle iioiK' la raudre mère, miracle pour la main-

(q) Joan. XIX, 26, i?.

cxxxvnt»

tenir Vierge, miracle pour lui révéler les destinées de son Enfant, miracle pour que sa présence soit un principe de sancliTH cation pour Jean-Baptiste, miracle pour condescendre à sa prière. Cette conduite, certes,' n'est pas celle d'un fils qui veut humilier sa mère, et si Ton ne reconnaît p^'is là les signes de !a plus touchante tendresse,, il faut avouer qu'on est frappé du plus triste aveuglement.

Est-ce aux Evangélistes qu'on prêtera le dessein d'abaisser Marie? Et, de çrâce, pourquoi l'auraient-ils fait? Dans quel but?

Abaisser la Mère, n'était-ce pas abaisser le Fils qu'ils avaient pourtant Tinlenlion de relever? Et quand ils auraient eu cette pensée maladroite, il faut avouer qu'ils en auraient bien mai conipris l'exécution 1 Ils ont écril d'assez noblespages sur Marie pour qu'ils en aient fait, après Jésus, la plus sublime de toutes les créatures. Ces grandes apparitions dont ils la représîentcnl comme favorisée, l'insigno honneur qu'ils lui attribuent d'avoir été la Mère d'un Dieu, tous ces incidents merveilleux qu'ilst'ont mouvoir autour du berceau de Jésus et de son adolescence, incidents auxquels Marie prend toujours une part glorieuse, voilù dès faits par lesquels ils l'ont placée h des hauteurs où nul ne pourra jamais atteindre. Le silence qu'ils gardent plus tard, ouïes paroles de Jésus qu'ils rapportent, sont incapables de ternir 1 auréole dont leurs premiers récils l'ont couronnée; et s'ils avaient prétendu voiler sa gloire pour ne laisser briller que celle de son Fils, il est indubitable que leur plume a fait complètement défaut à leur pensée.

Mais non, cette sacriK^ge intention n'est point entrée dans leur esprit. Us ont dit de Marie ce qu'il leur semblait utile d'en faire connaître. Ceux qui se sont tus ont regardé comme suûisant ce que d'autres en avaient écrit, et leur silence n*est point le démenti de ceux qui ont parlé. Les prodiges, les discours et les actes qui honorent celte auguste Vierge, pendant les premières années de Jésus, sont racontés avec détails, les quelques mots de Jésus qui nous paraissent froids vis-à-vis d'elle, sont reproduits sans commentaire qui tende h les faire ressortir.

On sent régner partout une impartialité souveraine ; ce sont des historiens qui racontent et non pas des censeurs qui dénigrent.

Entin, Marie Elle-même se présente avec une dignité qui devait la protéger contre les outrages des sophistes du jour. Son admirable pudeur de Vierge, sa tendresse de Mère pour Jéstis, sa charité de pareote pour Elisabeth, la testament de son Fils qui, du haut de la Croix, nous confie à sa tendresse, tant de vertus dont Elle laisse entrevoir la splendeur dans les rares passages que les Evangélistes consacrent à son histoire, tout cela, la rendant auguste, devait am>si la rendre sacrée à nos adversaires. Ils auraient dû sa rappeler les comm^niaires admirables (tout cas quelques pa^as oi>l fourni le texte

cxixix DICTIONN. DE LTOST.

aax grands Renies chrétiens. Si les critiques modernes n*ont pas lu ce qo*ont écrit saint Irénée, saint Epîphane, saint Jean Chrysostome, saint Augustin, saint Bernard et tant d'autres Pères, qife savent-ils donc? El de quel droit, avec une telle ignorance, viennent-ils insulter k notre Mère?

Marie avait appris d*un Ange de quel fils elle serait la mère ; en racontant ce qu'ils avaient vu et entendu, les bergers et les Mages ne fèisaient que confirmer pour elle ce que lui avait dit l'Archange Gabriel; Anne et Siméon viennent y joindre leur témoignage ; tout ce qu'elle voit, tout ce qu'on lui raconte de Jésus la conduit aui mêmes canclusions; il lui était impossible de douter qu'elle fût la Mère d'un Dieu; et nous savons par l'Evangile même que, recueillant toutes ces choses en son cœur et les méditant en silence (r), elle y puisait un motif toujoursplus impérieux,'un besoin toujours plus ardent d'adorer son Jésus. Mais tous ces faits sont impuissants h éclairer les sophistes; ils vont jusqu'à faire dire par le silence de f^aint Marc que Marie ne croyait pas h son Fils (5)! On souffre de voir un Ici aveuglement et un tel oubli des choses les plus manifestes et les plus éclatantes.

Et pourquoi tant d'impie extravagance?

Pourquoi soutient-on, contre l'évidence des faits et des témoignages évangéliques, que Marie est incrédule à sa propre grandeur et è celle de son Fils; que Jésus se fait une loi de la traiter sans honneur; que les Bvangélistes se sont étudiés à la tenir dans l'ombre; que saint Paul, et en général les Apôtres dans leurs écrits ou discours ont mis une espèce d'affectation à garder sur elle le silence {i) ; pourquoi toutes ces affirmations mensongères? Pour aboutir k ceci : « On ne s'avisait guère en ce» temps-là des mystères de la Conception immaculée (u].» Nous y voilà donc I... Et ils ignorent que la raison et la racine de l'Immaculée Conception se trou valent dans la maternité divine, et que par là-môme qu'on croyait au Verbe fait nomme, on crovait implicitement à Marie conçue sans tache I Ils ignorent que ce dogme est tout ce qu'il y a de plus consolant et de plus

UNIV.DELÏGIJSE. cxl

glorieux pour notre nature restaurée, réhabilitée par la grflce(v). Ils Ignorent qu'avec Marie « une nouvelle beauté, une nouvelle poésie apparaît dans le monde. C'est la vierge, la mère» la sainte, la martyre; c'est l'amie; c'est quelque chose de plus grand et de plus profond encore, c'est la perfection de l'humilité (âp); » c*est la Femme par excellence, c*est la nature conservée en son état d'innocence et de pureté; c'est la nouvelle Eve, toute pure et invincible, préservée du péché, et par laquelle, en suivant ces voies pures et immaculées, nous pouvons nous relever, vaincre enfin le mal et reconquérir le* Paradis dont nous avons toujours ineffaçable, en nos Ames, la radieuse vision (y)I...

Elle était donc là, debout, au pied de la croix, abîmée dans sa douleur, mais sachant bien que le triomphe était proche, et nous disant : Ayez confiance I mon Fils a vaincu le monde [z)l Les siens ne l'ont point reçu; « mnis il a donné à tous ceux qui l'ont reçu le pouvoir d'ôtre enfants de Dieu (a), à ceux qui croient en son nom, qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais do Dieu (b). »

Et en effet, « c'est précisément au moment où ce Roi caché du vrai royaume de Dieu vient à paraître parmi les hommes sans ôtre connu, c'est au moment oCk ledivin royaume, à ppine fondé, semble être anéanti avec son fondateur, c'est en ce moment même qu'i!

prouve son invincible force par des merveilles, et que du tombeau de son Roi, de ce Roi mis à mort pour le péché de loul le genre humain, le beau royaume renaît pour une vie infinie et pour une splendeur éternelle. La mort et le tombeau de Jésus- Christ .sont, dans l'histoire, deux rapides événements, mais ils sont le terme précis où finit l'antiquité, et où commence le monde nouveau. La fin de l'ancien monde, trèscertainement, n'arriva pas avant Jésus- Christ, mais elle arrive ici, et cette tombe ne parait se fermer que pour ensevelir avec le Christ le vieux monde tout entier (c). » Le

{r) Luc, n, 19 : Maria autem consenabat omnia verba hœe, conferens in cordé suo.

(«) Mgr Plautier, Lelt. pastor,^ ut supra , p. 58-

(I) M. Havet, article de la Revue des deux Mondes^ eic, p. 599.

(tt) Ibid.

(v) Voy* VImmaculée ConcepUon de Marie devant le Ubéralisme, dans le Mém. cath,^ tom. X , p. 585 vt suiv,; puis sur les conséquences de ce dogme, Voy. le même Recueil, entre autres endroits, le lom. XI, pp. 158, 166, 191, 377; voir aussi notre article : Immàculéb Conception de la tr&s-sainte Vierge.

(x) La fie de Notre-Seigneur Jésuê-Christ , par L. Yeuillot, i«édit., p. 91.

(ff) « Comme on dit que les derniers objets qui se peignent dans les yeax d*un homme au moment qu'il reçoit la mort y retient mvés et ne s'effacent plus, de même, au seuil des longues ténèbres oiï il allaii entrer psr sa faute, Thomme emporta

Ineffaçable la vision radieuse du paradis, et son &me ne cessa point de rendre un écho défl^uré des grandes choses qu'elle avait sues 1 (M. Yeuillot , ibid,^ p. 3). C'est ici uue paraphrase de ce beau vers du poète :

L'homme est on dieu tombé qui se souvient des cleam.

(z) Joan. xvi, 53 : In mundopresturam habebiiis : sed eon/idite^ ego viei mundum.

(a) c Nous tirons noire origine de Dieu et noua participons à ses sentiments» quand nos pensées, nos inclinations, nos œuvres sont coiirormes à la Volonté divine, ce qui fait que tout dans nous, la vie de l'esprit et l'opération extérieure ne sens

au'un méiiie loui émanant de Dieu. 1 (Le docteur 'Allîoti, Nouv. corn. lom. Vlil de l'édit. française^ p. 469.) {b) Joan. I, 13, 13 ; ce I Petr. 1, 5; iv, 25. (c) Evrald, Histain du Christ, cité par te P. Gra«p try, Les sophistes, etc., p. 309 et 310.

DISCOURS SUR LA VIE DK N.-S. JESUS-CHRIST. cxlii

el ries eucharisties ne se fassetil au Père et ouvrier de toutes chof es f^).» Ainsi parle, au milieu du ii* siènle sainl Justin, do-

iiouvcaa monde en sortira Et il en est

sorti I...

Oui, Jésus-Christ Notre-Seigneur est ressuscité! Il est sorti victorieui du tombeau : Resurrexit êicutdixUI^ï stupéfiant que soit ce Taii pour rincrédulité, il est ce qu'il y a au monde de plus hi8toriqu$meni prouvé et de pluj) moralemefit démontré (d); et Timpiété contemporaine a beau ajourner la

Îiiestion (e), il est quelque chote do plus ifficile k expliquer que la résurrectfiMi de Ji^sus, dit la science rationaliste allemande eile-mème, « c'est la foniiation et le c^rac^ 1ère de TEglise sons la résurrection. Comment, ajoute le docteur Keim (/*), comment TEgtise primitive, dont les paroles ei les actes sont empreints de tant de calme, de së^e$8e et de raison, est*elle née du sein du fanatisme et de la folie des visionnaires? Les visionnaires qui entourent le tombeau de Jésus-Christ doivent se retrouver plus tard au milieu des Apôtres et au sein de la communauté chrétienne de Jérusalem; le V* siècle tout entier doit être un îoyer d*av«ugle fanatisme I Croirez -vous cette énormitéy In persuaderez-v^us au monde?»

Comment expliquer, en effet, Texterision si rapide de la religion de Jésus-Christ, sans la Résurrection 7 Dès le ii* siècle, les Barbares qui entourent les Romains', de la Bretagne k la Chine, et de par delà l'Ethiopie jusqu'k la Si^andinavie, tous ont reçu TEvangi^e du Christ. Pas une nation ne lui échappe, non plus qu'elle n'échappe au soleil. Ce qui résiste à Rome et ce qui doit à la On submerger Rome, cède au Christ, c II n'y a, rigoureusement parlant, aucune race d hommes, soit Barbares, soit Grecs, seit simplement désignés d'un autre nom quelconque, ou ceux qu'on appelle Vivantssu r-les-cbars, ou ceux Qu'on appelle sansmaisons, ou ceux qui habitent sous des tentes, nourrissant des troupeaux, chez lesquels, au nom de Jésus crucifié, des prières

(lO Ce sont là, dit M. Nicolas, c deui fonderoenu de crMibiliié qu*on ne peut écarter sans tomber dans quelque cliose de plus slupélianl que la résurrection de JésHS-Cbrisi, dans le louibcau , pour ainsi dire, de Tliisieire et de la raison » {La divu mtédeJéêUêChriêî, etc., p. 571). Ce grand fait de ta résurreciiou de Noirc-Seigneur esi la cler de .vuàte de tout le cbrisiiauisnie, rt tous les apologibtrs, on peut le dire, out épuisé les preuves înnumbrablesqui TétablissiMil, couimeon peut le voir, par exemple, dans la collecli4Mi de» Démonitraliom é9utigéiiquê$t 20 voL in-4, édit. Migue. Aus^i, et cbacun le comprendra, serait-il inutile de nous arrêter à produire ici les preuves de la résurrection de Jésus.

,•) c C*est daot son second volume que M. Renan, dii le docteur Keim, traitera de la résurrection de Jéstts-Cbrtst. Mais il fait déjà conn;tttre sa pensée sur te caraetére de ce fraud événement. Four lui, la léavrvtdioo est toute subjective, et s*ac* .' faniyiH tuât eatière dans Tesprll des disciples. Les eaphcalioas de détail saat ^jiumées ; mais ea attendant, oa iasinoe nue l*imaglnatlofl enflammée de te nervense Madeteine joua un grand réi« auprès de fom^saii frwuoire de Jésus, que la palssanee divine de raaioiir al Tempire de TimUttehiatien ent deM rbuJiiamié d*iui Dieu ressuscité* Nous ne vou-

au __ ^ ^

micilié ordinaire de Home, mais présentement disputant h Ephèse, avec lo juif Tryphon, célèbre philosophe, el avec d'autres enfants dlsraël, caf>ablGS, autant qu'on pouvnit rfttre, de signaler au besoin une erreur dans la piquante el étonnante slatistifiue du philosophe chrétien (A).

Irénée, dans les Gaules (t),Terlul!ienen Afrique 0), vont parler. comme Justin, à la face de I empire. Et Paul n'écrivail-il pas, de son temps même, du vivant de la régénération du Christ, aux Romains, n>oins maîtres du monde que les Apôtres du Christ, n'écrivait-il pas, disons-nous, de ces Apôtres etdes cieux tout ensemble: Dam toute la terre s'est répandu leur bruits et jusqu'aux confins du globe de la terre sont allées leurs paroles (k) ? Paul ne disait-il pasauxColossiens, voisins du centre du monde :

L'Evangile est parvenu à vous, el de même est-il dans le monde tout entier ^ et il y fruc^ tifie et croît comme il fait parmi vous (l)J D'où vient, nous le demandons, cette explosion de foi chez cent peuples séparés par les montagnes, les fleuves, les langues, les intérêts, toujours en guerre jusquelà les uns contre les autres, ayant à ▼aincro leurs préjugés, et, ce qui est bien autre chose, leurs passions, à devenir chastes d*împtidiques, désintéressés de voleurs, humbles d'orgueilleux, et de violents paciques? D*où vient cet i^wirn immense au Christ Jésus, retentissant subitement à la fois sur le Capitule, sur le Taurus, sur PHimalaya, sur les Pyrénées, sur les monts Scandinaves, stir les monts dans les replis desquels le Nil nous dévoile aujourd'hui son berceau?

D*où vient ce phénomène sans égal en histoire, sans proportion avec les causes humaines, si ce nW de l'éclat divin, péremptoire,d'un humble juif de Nazareth et des

Ions point, ajoute le docteur nllemand , discuter cette inicrprétatton, en partie renouvelée de Celse, qui, lui aussi, récusait le témoignage desTemines. Selon Renan, le Christ, moraliste et révolutionnaire, tM devait pas, ne pouvait pas ressusciter! Nous engageons le critique frunçais à prendre eu cousit dératiou un témoignag*; Uij^ne de toute contiancé, celui de saint Paut, qui, uarmi 1rs premiers témoins d« la résurrection de Jésus-Glirist, noniuie saint Pierre. > Voilà une leçon donnée par un rationaliste allemand dont M. Renan ferait biendepioltter. Vojf. encore TécrUde M. Mirviile, Intitulé : Le vrai secret de M. Renan et de ies maitru sur ta Résurrection, expticaiium ajournées par tes professeurs du secret et pourquoi, brochure in-8, 1865, analysée dans le Ment, eath.n. de décembre 1863, tom. XIX, p. 477, 478.

(/*) La Vie de Jésus et la critique allemande, par M. Tablié Melguan, in.8, 1864, p. 28.

l§) S. iitatin, ùiai. anc Trwhon^ n. 117.

\k) M. Tablié V. Davtn, De ta vérité du Christ csntre Henan te gnostiqne, i vol. in-l«, 1864, p. M ,

{i} Hmres.f cap. 5.

0) Apvtoget., eap. 57.

ik) Rom. X, 18.

(t) Rom. î, 9.

DICTIONN. DE L'fllST. UNIV. DE L'BGUSE.

preuves sans^répliciue qu*eD donnent ses disciples, en continuant cet édai môme, c'est-à-dire les miracles? Faudra-l-il dire que tout Tempire romain et tous les royaumes de Tunivers ont été pris de vertige d*un commun accord pour tout sacriOer à une chimère et à une imposture, les biena de rélernilé avec ceux du temps (m)? Alors tout est dit ; et cela môme serait une preuve des plus puissaates : « Si Ton ne croit pas, dit saint Augustin, que ces miracles ont été ftits par les A|)6lres du Christ afin qu*ou crût à eux, prêchant la Résurrection et TAsuension du Christ, ce seul grand miracle nous suffit, que Tuni vers ait cru cela sans aucun miracle (n), »

Ainsi le grand fait, visible» palpable de Teiistence de TEglise prouve tout ce que nous disent les Evangiles delà vie du Christ et de son Œuvre : le christianisme, qui, avoue rincrédule lui-même, se présente encore, au bout de dix-huit siècles, avec le caractère d*une religion univendU et éUr^ nelle (o). »Et cette sainte Eglise perpétue, à travers les siècles, Jésus-Christ qui Ta fondée. Elle a vécu dans la société de Celui dont elle est à la fois Touvrage et TEpouse.

Elle était dès le commencement (p);elle était dans les Apôtres; elle fut, plus développée encore, dans les premiers disciples (q) et, dans ces contacts intimes et prolongés, il est impossible qu'elle n'ait pas exactement saisi ce que son fondateur a dit de luimême ; impossible qu'elle n'ait pas recueilli de sa bouche adorable le commentaire des mots plus ou moins mystérieux qu'il a prononcés sur aa propre nature, impossible qu'elle n'ait pas su de lui s'il était Homme 0t Dieu ou tout simplement Homme. Et puis* que dès l'origine elle a déclaré tenir de lui qu'il ét^it le Verbe incarné, Fils unioue d6

(m) H. rabbé V. Daviii, m ivpni, i^ 93, 94.

(n) Hoe nobii unum grande miramiiim ittjficil. S. Aug. De civil. Ûei, lib. xxii, cap. 5.

(o) I C'est Qircn effet, ajouio-ll, la religlen de Jésus eit à quelquei égarât (restriction pour ne pas trop se compromettre) la religion définUive. Pour se renouveler on n^a i|u*à ref enir k l'Ëving ile (et VOU& travaillez à détruire cet EvangUel). Le jiarfml idéalisme de Jésus est la plus haute r^le de la vie détachée et vertueuse, tl a créé le ciel des âmes pures, où se trouve ce qu*on demande en vûn à la terre, la par{ait0 noblesse des enfants de Dieu , ta pureté abiolue^ la loiaU abstraction des souillures du monde, la liberté enfin qui D*a toute son amplitude que dans le domaine de la pensée. {«0 grand tnailre de ceux qui se réfugient dans ce royaume Ile Dieu idéal est encore Jésus. La foiidaliou de la vraie religion est bien son œuvre. Après lui , il iry aj>lus (|u'â développer et féconder. Jésus a (oêM la religion de Vltumaniié... On ne sortira pas de la notion esseniielie «lue Jésus a eréée ; il a ilié pour toujours ridée du culte pur. La religion de Jésus en ce sens nVif pas Umiiéa, etc., eic* » (Renan, Vie de JéâuSf Jh éM, U6)« Tout cela est irés-bien ; mais alors, pourquoi nier la divioiiè de Jésus, pourquoi cherctier à détruire sa religion définiUve et sans timiieî Mais ne cherchons pas à accorder toutes ces coutradictioos, et prenons ces aveux. Ou en tropvera encore d'autres tout aussi fra|»paaia« recueillis par M. Nicolas, La divmtlé de Jésue^brin,

GXUV

Dieu, de même substance et Je même dignitéqueson Père; puisque toutes les grandes profesaions de foi qu^elle a rédigées continuent l'expression de ce dogme sacré comme d'un fait traditionnel ; puisqu'elle affirme la vie, la mort, la résurrection du Christ Rédempteur; puisqu'elle a constamment foudroyé les novateurs qui se sont permis, sous une forme ou sous une autre, de nier au de dénaturer ces grands faits et ces vérités aussi consolantes que fonda* mentales, il est incontestable par Ik même que Jésus-Christ lui*méme lui en a confié ,1e dépôt. Aux doutes qu'on se permet d'élever contre le témoignage que Jésus a rendu de sa divinité et de son OEu vre rédemptrice, l'Eglise peut répondre : Mais je vivais du temps de Jésu^s, puisque je suis son œuvre ; nous étions ensemble à Capbarnaûm, à Jéricho, à Jérusalem, k Béthanie, et je vous atteste qu'il s'est positivement donné comme Dieu(r).

Ce dogme sacré de la divinité de Jésus- Christ qui porte en soi toutes les destinées comme tous les droits de l'Eglise, ce dogme quifait la force et l'espérance de l'humanité, saint Atbanase l'affirmait autrefois en ces termes : « Vous voulez, s'écriait-il, que le Christ soit un homme, mais comment se fait-il qu'un homme seul triomphe de tous les dieux que les païens adorent, et que, par une force qui lui est propre, il les convainque de n'être qu'on pur néant? Vous voulez que ce soit un magicien ? Mais comment un magicien a-t-il pu détruire la magie d'un bout k l'autre du monde, au lieu d'en affermir le règne? Vous voulez que ce soit un démon 7 Mais comment le serait-il, puisque partout il chasse les démons ou les condamue h l'impuissance (i)? Et puisqu'il n'est pas seulement un homme, puisqu'H

etc., p« 1^53^60, ^''3 et paesim,

(p) A bien dire i'Eglise remonte à rortgine da inonde. Pour son fondateur, sou bisloire ne commence pas et ue Oiiira pas : An commenoêment était le Verbe. Son règne n'aura pas de /in. Même da«s Tordre de sa iiianifesiatiou temporelle, Jésus ni ne commence k la crccbe, ni ne Huit k la croii. Il va de la créaUon de l'iiomrae k ta consommation des destinées humaines k son glorieus Avènement. Le Clirist était , il est , il sera {Hebr. sut, 8). Lorsque le limon de la tei rc, facouné des mains de Dieu , reçoit le souiDe ei devient une cliair vivante unie à une àme immortelle, Ik commence la vie leupo* relie de Jésus avec la vie de sou Ëglise , «uivaiit celle parole de saint Ëphrem : Le eommeneeméni de toutes choses est la Minte Eglise catkeUtfue (S. Epijr. Cottt. Uœre*,^ lib. i, cap. 5).

(q) On sV'xpliquera aisément que nous ne disions pas autre chose, en cet endroit, que ce qu*on y lit tuucliaiit r Eglise, puisque nous avons parlé de son établissement et de ses eoaiinettceaneate dans ie ùiscours préUmiuaire placé en lélO du !•' «oU (Foy. les i§ i k 9) ; et puisque nous avons ies ariieies t

N0T£S DE 1* IliCLISB eATII0LI0IIB4'PaACI& «ISVOWW»

mi AcTKS aas Asofais;— àiucaxssie» AffostoLKH» etc., aia^

ir) Ma' Piantier, La «rats Vie deJéem^ etcv, par. m, i^

(s) i^'estenaorace ^ an»ive 4o iiss jours paniout ou à£vangtie pénètre, c Ouvid iésus-Obriet paMH,

DISCOURS SU» LA VIK DE N.-S. JËSUS-CHRïST.

CÏLf

n*esl pas non plus un roagieieii« poisqQ*tl.

est eneore moins un démon, loi qai a dis-; h\\ié les prestiges des démons, démenti les:

liclions des poêles, confondu la sagesse des: (lentils, n*esl-ii pas évident, ne doit-il fias* être constant pour tous qu'il est Yraiment \e Fils de Dieu, le Verbe éternel, la Sagesse et la Vertu du Père? ses œuvres appartiennent manifestement à un ordre plus élevé que notre condition mortelle, et plus ou les étudie en eties-mômes, plus on les compare avec les actions (les autres hoaiûies, plus on reste convaincu qu'el« les n'ont pu émaner que d'un Dieu (t). »

Celui-là donc que la sainte Eglise a vu en la personne de ses Apôtres et de ses £vangétistes, dit un prélat (u); «celui-là qu'elle a entendu et touché de ses mains (e)» ce Jésus qu'avec le concours de Dieu el UQ immense cortège de miracles [x), en face et soiu l'horrible pression des tourments, au prix de son sang enQn, elle a prêché comme avant souffert, étant mort et étant ressuscité d entre les morts; Mère sainte et toute bonne, l'Eglise l'a transmis de génération en génération^ et pour ainsi parler de main en main, (tar la parole et par rËcriture, à savoir les quatre Evangiles et les autres livres du Nouveau Testament, et elle nous le transmet encore à présent dans toute sa vérité, toute sa pureté, toute son intégrité, avec ses dires, ses actes, ses souffrances et ses institutions : gardant ainsi le dépôt qui lui a été conQé, invariablement Qdèle è ellemême ou plutôt à son Dieu, prodiguant le doa divin que jamais elle n*épuise, expli'quant la doctrine du Christ que jamais elle ne change, appliquant sa loi qu'elle n'abroge jamais; ayant dans le Christ son fondement et se% racines, tirant sa vie du Christ, représentant le Christ, le reproduisant; bien plus, étant le Christ lui-môme, puisque ayant reçu son Esprit sans mesure et jusqu'à la cousommation des siècles, elle est ia plénitude éê $on corps (y), et rar suite son apparition autben.ique et perpétuelle ici-bas. C'est là notre foi, notre espérance, notre religion, hors de laquelle il n'y a de salut ni pour nous, ni pour personne. C'e^t là notre Jésus- Christ, le vrai et unique Jé&us, le Maître que Douscroyotis, le Chef que noussuivous,

dtt II. Feisset (Uist. de Jesui-Chriu d'aprèi in Usits comiemperatHs^ iii-8, i' éJ«t., p. t>7), le priuce 4te» tÀiébri'S était devenu le prince de ee monde (et il ne Test que trop encore, ei il le sera jui4|u*au glori«!iàx Avènement , où il sera alors tout à fait jeté dtkon) : quoi d'étoiniani que »a tyrannie s*exerçàl Don-seuleineut clans Ponlre moral, nuiis encore dans Tonire phy^sique? i)c là ces posseshluns nulUpltées qui niaui restaient à tous les yeux son joug sur rbuuianiié déf^radce. Jésus-Cbrist vint délit rer rbonme et le relever de celte dégradation. Ctéi maintenant^ «nnonçait-il, cV« maintenant que te prince de ce monde 9a itrcjeié dehon {Joan» kii, 51). k)n effet, à Miesure que l*enipint de TËvangile s*etend sur la terre, Paclion visible du démon s*aflatblit et les possessions deviennent moins fréquentes. • — Voir Luforôi, Uogmet catholiquee, toiu. I. p. 26t>-269. — Nous Vi'nons encore d*avoir la preuve de ce que nous avançons ici, savoir : que

le Roi aue nous acclamons, le Pontife que inous vénérons, le Seigneur que nous con« Tessons, le Dieu que nous louons, que nous jadorons et que nous attendons finalement icotnme juge...» Et Yerbum caro factumest •et habitavit in nobie^ et vidimus gloriam ejus, \gloriam quasi unigeniti a Paire, plénum gratiœ et veritalis (2)... Et Filius tiominis venturus cet in gloria Patrie sut cum angrlis Buiêiet iunereddetunicuique secundum opéra ejus (et)...

Oui, 6 Dieu le Père, notre Pire ! nous confessons, nous acclamons la divinité de votre Fils adorable ; et notre raison, aussi bien que notre cœur, notre raison elle-même le confesse et l'acclame. « Il v a dix-huit cents ans que Jésus a apparu au monde avec tous les rayons de votre gloire : sa vie a dépassé en sainteté tout ce que l'humanité pouvait imaginer de vertus; sa doctrine a confondu fout ce qu'on avait entendu de sagesse ; il a fuit des miracles plus étonnants que ceux des thaumaturges, et des prédictions plus précises que toutes celles des Prophètes. Cet nomme s*est dit voire Fils unique, votre égal, nn seul Bieu avec vous et avec le Saini--£sprit.''Et sur la foi de sa vie, de sa doctrine, de ses miracles et de ses prophéties, nous ravons'cru parce qu'il Ta dit.

« Nous Pavons cru : c*est pour Taffirmi r et le dire après lui, que les savants et les poètes Tout écrit et chanté, que les martyrs ont sonlfert, que les vierges se sont consacrées au silence et à la charité, que les prêtres ont immolé leur vie, que les anachorètes ont blanchi dans la pénitence, que la foi, le dévouement, Théroïsme continuent h peupler les deux mondes d'enfants au cœur pur, de jeunes gens au cœur fort, de mères 'au cœur vaillant et dévoué... tous croyant en Jésus- Cbrist tomme en votre Fils, aimant Jésus- Christ et vous aimant en lui, parce qu^il a dit : Mon Père el moi noue ne sommée qu'un t

«Et ce Jésus-Cbri:)t ne serait pas Dieu 1 Et depuis dix-huit siècles vous auriez partagé vutre trdne avec Ja folie ou avec I imposture I £t vous auriez accrédité cette erreur en laissant les miracles s'opérer au nom de Jésus-Christ, les saints se former sur le modèle de Jésus-Cdrist, l^Evaiiî^ile se ré- ])an(lre et s'enraciner au nom de Jésus-

Faciion du démon diminue et que les possessions devienneni de plus en plus rares à mesure que •*étend 1 Evangile. Nous lisons, en effet, les déiails les pHis frappants à cet égard dans uue relution d*uu niissionnatre de la Cbiue, Mission du PeUhély. Voff. Etudes religieuuê^ liistoriques et Uuéraires, par des Pèren de la Compagnie ue Jésus, nouv. ser», tom. Y, 1861 p. 514 el suiv.

(!) S. Mbanase, De incarnat. Verbi, 48.

[u) Mgr résèque de Poitiers, AUoc. Synod. du 25 aoûi 4865, coiiire le livre de Ueiian, dans le Mém. caiii*, n. d*oaobre lb63, loui. XIX, p. 575, 376

(v) Joan, I, !•

{X) Mare, xvi, ÎO.

{y) Ephcs. I, «3.

U) Joan. 1, 14.

(a) Matth. xvi, 27; xivi, 64; Cf. Act. i, 11 ; ivu, 31; nom. 11, 6; xiv, 10; I Thèse, iv, 5.

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