DICTIONN. DS L'HIST. UNIV. DB L1BGLISS
CtLTIl
Cliristt les propbé4ies se vérifier selon la parole de Jesus-Cbrist ! Jésus-Cbrisl auratl menti, et votre silence mentirait avec lui I « Ah! voilez-vous, splendeur des astres; anges saints, soyez dans le deuil, que \\ ciel et la terre s*abiment ; c'en est fait de la sainteté éternelle, f)uisqu*on la peut confon- (Irt* avec Timposturel Vérité» lu n*es plus qu'un mot ; justice, tu n*as plus de foudres ; Providence, tu es sans excuse; que Dieu cesse d'être Dieu, si Jésus-Christ lui-même n'est pas Dieu I Ou bien changez les lois de l'intelligence et les jugements de Tesprit humain, et montrez-nous enfin comment nous pouvons échapper h cette alternative :
ou la folie de Jésus-Christ, ou Timposturo de Jésus-Christ, ou la divinité de Jésus* Christ. — Rassure-toi, ô homme; rien n'est changé ni aux attributs de Dieu, ni aux lois de la raison. Ta raison le décide et Dieu t'apf)rouve; dis-le hardiment, maintenant et toujours : Jiîsus-Christ AFFiaiiB qu*il bst Dieu, donc il est Dieu (6) 1 »
Mais nous n'avons pas tout dit. Il ne se peut pas que Jésus-Christ soit Dieu, que cela nous soit démontré, et que celle conviction reste stérile. Entre elle et la foi, il y a un espace réservé à la bonne volonté de Dieu. De là, pour nous, l'obligaiion logique, morale d'aller à Jésus-Christ, en lui demandant de venir à nous. Car, comme il est venu pour tous, il vient pour chacun; comme il y a eu une révélation générale au genre humain, il y a une révélation particulière à chaque àme. Cette révélation particulière est la loi; la foi qui e>t Dieu sensible à Tâne, parlant à TAme; sa voix, sa vie, sa grâce en nous : lui-même, enfin, venant s'asseoir au foyer et à la table do notre < œur, pour en être la chaleur et la nourriture, pour s*y révéler par un charme si vivifiant que la fui même y est absorbée, et qu*auprès de celte intime manifestation, toute démonstration devient non-seulement inutile, mais impor* lune (c).
Faisons donc l'expérience de Dieu dans son Incarnation, Texpérience du Christ,science expérimentale de Jésus-Christ, dit yn philosophe chrétien ((^), que nous pouvons et devons acquérir. C'est à Jésus luimême qu'il faut aller; c'est lui qu'il faut trouver pour le connaître par expérience, et pour avoir au sujet du Maître visible. Guide et Modèle et Régénérateur divin de tous les hommes, la certitude et la vraie foi.
Appuyons-nous d'abord sur les données historiques certaines, absolument indiscutables, savoir : le fait de l'eiistence du christianisme, la plus grande des révolutions de rhisloire, laquelle partage la vie du genre humain en deux parties, en deux chronologies, en deux ères, eu deux mon-
(b) M. Tahbé Messon, YTiomme-Dieu, Conférences iur la divinité de Jésui-^hrist, 1 vol. iii-8 , 1864 ; p. 344 et suiv.
(c) M. A. Nicohis, Lit divinité de Jéeui-Cnrist, etc.
CILVUI
des distincts, le monda Mcien et le moade nouveau. En un mot, partons du fait fde l'existence d'un livre intitulé : Le Nouveau TesCameni,
Joignons è cela cet autre fait contemporain, et tout nouveau, sa voir '.qu'après les ex.lrêmes négationsde/acr2%ue/ap/u« radicale^ le dernier état de la science est ceci :i Toute la question, (lisent-ils, se ramène à un point unique. Est-ce que cette admirable vie du Christ, vraiment humaine et vraiment divine, qui a fondé le royaume de Dieu pour l'humanité tout entière; cette vie est-elie, ou n'est-elle pas, réelle et historique? Mais ^a réalité est précisément le résultat de toute'notre critique, de notre science la plus précise, et de nos plus minutieuses recherches. Et chaque nouvelle recherche, et chaque nouvel effort de science ne font que la placer dans uno plus vive lumière, et nous montrent le Christ toujours plus grand et plus Inspiratenr, au'on ne l'avait pensé. »
Voila deux grands laits extérieurs absolument certains, l'existence du Christ, et celle du Nouveau Testament, trésor, inépuisable où toute recherche et tout effort de critique et de science, ne cesse de découvrir un Christ toujours plus magnifique, et des beautés toujours nouvelles. C'est là la base expérimentale objective de la science du Christ.
Lisons, relisons l'Evangile, de toutes les œuvres historiques, nous nous en sommes convaincus, la plus vraie, la plus simple, la
f)lus immédiatement vue et transmise. La umière de la face du Christ s'est gravée comme d'elle-mêaie, avec tous ses mouvements et toutes ses expressions, sur les âmes sim[)les qui l'ont gardée, et qui nous l'ont transmise. Comme ces images gravées par les choses mêmes, sous le soleil, lesquelles, à mesure qu'on les regarde plus mi* nuiieusement , paraissent toujours plus vraies dans chaaue détail ; de même Tadmirable Evangile, a chaque nouvelle méditation du fond, à chaque nouvelle analyse, montre toujours le Christ Sauveur plus vrai, plus sublime et plus beau. Donc, si nous voulons trouver la science du Christ, essayons la lecture assidue des Evangiles, leur méditation devant Dieu. Puis, après avoir médité ce divin portrait du Modèle, du Fondateur et Roi de ce monde nouveau que nous sommes, osons, répétons-le, concevoir la pensée d'aller à Lui, et de converser avec Lui, par expérience intime, de personne à personne.
N'a-t-on pas raison de le dire ? Jésus, notre Sauveur, en ce moment existe mille fois plus, est mille fois plus vivant, est mille fois plus aimé qu'il ne Je fut pendant les jours de son court passage sur la terre. Voulons-nous savoir par expérience si C45 sont là de vaines paroles, ou les plus admirables
(d) Le P. Gralry, L^s sophi^Ui el la «rîii^tte, p. 591 Cl suiv.
nui
msooins sua la vis db n.-s. jesus^srist.
' el bienbeareoses réalités fiMédifeas d*abord ecd : Si ceuf qui ont véca ne sont pas la proie do néaptt n'avons-nous avec eux nul rapport T Et le plus grand» le plus vivant des hommes, peut-il, après sa mort glorieuse et triomphante, demeurer sans rapport réel ivec le monde des âmes ? £st-ce que tous les èlres humains présents sur cette terre»
oa rectteillis en Dieu (et quiconque a perdu quelqu'étre chéri, sent cela), n*ont pas en- Ire eux quelques mpports vivants? Si tout slome créé a certainement des rapports réels avec tout autre atome, de bonn» foi, est-ce que tout esprit libre et intelligent n*a pas néressairement quelque rapport réel iveetout autre esprit libre el intelligent (e)T Et DVst-il pas temps de comprendre sciein Itflqucment que, parM 'amour, les esprits se pénètrent les uns les antres 7
Saint Paul n*éuoDCc-t-il pas le plus beau (ait de la .science expérimentale de Thomme quand il écrit è ceux qu'il aime : /e vous m ian$ mon cœur : « Eo qwd habeam vos in torde • (/*). En cela, dit-il autre chose que cequ'adil Notre-Seigneur lui-môme : Ce* <aî fMi m'aime demeure en moi ei moi en luil c In me manei^ el ego in eo >» {g)t Bsl-cedono que lout amour vrai n'a pas ses faits palpables, |)Our confirmer cette loi éternelle de la vie? Dès lors, saint Paul encore n'a-t-il pu dire en vérité et en réalité : Je porte en moi k tîe du Chriêi f N'a-t-il pas exprimé le comble de la plus haute science expérimentale du Christ, quand il sent au milieu de sa vie personnelle , la vie même de Jésus, et Toit cette vie divine devenue si pleinement maltresse et régénératrice .de sa vie propre,
Îo'il s'écrie : Ce n'est plus moi gui vu, e^est ésuS'Ckrisi qui vit en moi f
Hais peosons-nous que saint Paul seul ait eu droit h cette expérience ? Et Jésus-Christ ne Ta-t-il pas promise à tous ? Aujourd'hui même, par aon Testament, ne nousappellel-il pas nous tous» et ne nous dit-il pas d'approcher? Venez à mot, vous tous qui êtes fstiguis^ ei ehargést et vous aurez le repos di vos âmes (h). Ces paroles ne retentissenteltes pas dans tous les siècles? Ne dit-il pas dans r^e royal et divin Testament pour tous les temps et tous les hommes : Avez con^ fence^ car je suis avec vous tous les jours fusquà la consommation des siècles (t) ?
El qu*est donc à nos yeux l'Institution suprême de son amour, la communion?
Nous avons vu plus haut quel sens ont toutes les paroles que nous adresse à ce sujet , arec tant tie persistance, le plus grand, te plus fort, Se plus sage des Maîtres. Jésus a prétendu instituer la communion entre lui aies hommes, la communion réelle à sa
it) Belle el coiisolanie doctrine qui n*csi antre, >r<ès loul.qne celle de la Communion deu iaiutt, cl lit nepeoi que réjouir sainteineiit loua ceux qui |le«ienl des élrcs liien aimés, cl qui, nourrissant leur pieuse mémoire dans leur> cœurs, ne sonl ^ares d'eux, on peut Se dire, que de corps l
f Philipp. I, 7.
0' Joam. V, 57.
V": Haa/i. SI, 23.
Tie, h sa chair, k aon sang, k aon âme , k sa
divinité. Or, il y a une expérience positive de communion au Christ : conscience croissante du devoir, force croissante dans le devoir, et goût austère d(*s dons du ciel ; foi vigoureuse, amour actif de Dieu; goût de justice et de vérité, goût de sobriété, de tempérance, de continence, d'humilité, de travail pour les hommes qui souffrent, voilà, nous favons vu, les fruitsde la communion.
Celui qui a cela, porte en^ui Jésus-Christ.
Quand nous recevons, dans la sainte communion du Christ, ces forces miraculeuses qui transforment radicalement noire vieiii- Gme, et lâche et sensuelle, laquelle no demande qu'à jouir, nous savons bien que ce n*est pns noust nous savons bien que c'est Lui 1 eest le Seigneur ^ « Dominus est , » s'é* crie saint Jean, k ta vue de la pèche miraculeuse. Voilà la vie surnaturelle, manifestement autre que notre vie propre. Voilk la force surnaturelle, supérieure k toute force deTbommeetde la nature, dans laçiuelle un pauvre enfant des hommes peut dire en Jésus-Christ : « Si je me détache du monde, si je m'élève au-dessus de lui^ j'aurai en Jésus-Christ, la force de soulever la terre et de la faire monter vers la justice. J'aurai la force de la porter vers ses destinées éternelles. »
Et les nations aussi pourraient avoir la certitude expérimentale de la vie de Notre- Seigneur Jésus-Christ dans leur sein, quand, au lieu de descendre dans le mensonge, le luxe et la spoliation, Tanarchieet la servitude, la sensualité animale, l'éçoïsme et. l'impiété, l'oppressionet l'extermination des faibles elles se verraient, par la pratique du chris* tianiame, devenir peu k peu plus fortes que l'inertie du poids terrestre, remonter vers la vérité, la piété, l'amour de Dieu et de toute Justice vers tous ces progrès admirables qui ne peuvent se réaliser qiren Celui qui esi avec nous, maintenant, tous les jours, el jusqu'à la consommation des siècles: Ecce ego vobiscum sum omnibus diebus^ usque od consummationem sœculi (j).
Donc, encore une fois, allons k Jésus notre Sauveur et notre unique Mettre 1 Allons k Jésus et attachons-nous k lui plus que jamais. Suivons-le, écoutons-le Lui seul :
Ipsum audits {k). Jésus seul a les paroles de la vie éternelle {/) ; lui seul est la voie, la vérité el la vie (m). Mais attachons-nous k Notre-Seigneur, suivons-le, écoutons -le, en esprit et en vérité (n) ; c'est-k-dire n'opérons que dans son esprit et selon sa doctrine, ne nous inspirons que de son esprit et ne suivons que ses voies ; c*esi-kdire encore, répudions absolument tout
(0 MaUk. XX vin, 20.
(j) Uaiih. xxvni, 20; el le P. Grairy, op, ctl., p.
(k) Matth. XVII. 5.
(/) ioan. VI, 69. ^
(m) Joan. iiv, 6. Cf. x, 7; i, 4, 7, 8, 5i; i, 4; V, M; VI, 35. 55.
(ti) Jouit. IV, 23.
DICTIORlf. DE L*UST. UNIV« DX L'BBLiSE. - USCOORS. ETC.
ee qui eét dn monde, de sah i6€|MrJt, de •es toies ci mujens qui soDt (eut ropposé de Jésus (o). El, non-seolement» répudions tout ce qui est du monde, mais encore n'attendons rien de lui> et ne comptons 3ue sur Dieu; ne nousraltachonsqu*è TOrdre ivin de KEglise et n'opérons qu*avecl*£gliSK. Voyons^nouSi dans TEvangile, que Jésu^ Christ ait jamais eu recours au monde constituéen César? Nul lement. Partout nous rencon* Irercns Tanathèroe contre le monde: Vœmun-»
do ip); partout i'abslention (a plus complète, la oéfiance la plus profonde iGardex-vous du monde et de see cm^rti ; ayez eoin de voue bien garder du levain des Pharisiens et du levain d^Hérode: ayez eonfiance^ foi vaincu le monde (q)! Voilà ce que notre divin Mettre ne cesse de nous crier. Jésus est allé miséricordieosement aux brebis égarées du monde pour les guérir et les convertir; mais il n'a rien emprunté, rien attendu du monde contre lequel, au contraire, il n'a cessé de s'élever. Nousne voyons pasdavanta^ ge que ses ApAtres aient eu recours au monde pour établir la doctrine de leur Mat« tre, et qu'aucun des Saints, vrais flis de Marie et:de saint Jean, aient cherché pour l'accomplisseaient de leurs œuvres d*autre voie que la voie immaculée et triomphante de Jésus et de sa divine Mère. Ah 1 c'est que Jésus était leur unique Roi, Marie leur unique lieino, et ils ne scindaient pas le domaine de Dieu Créateur et Sauveur I
Comme eut et avec eux, nous aussi gardons-nous de diviser^ Jésus : c'est là l'œuvre de r Antéchrist, nous dit saint Jean (r). Rendons-nous en tout conformes au Sauveur pour être bien et complètement à lui, ainsi ^ue Marie Immaculée, la plus parfaite imitatrice de Jésus, et que saint Jean, le disciple de l'amour, ce plus parlait des file
(o) Nescllis quia amlcitia hnjus mundi iiiimica est Del? Qtticunque ergo voluerti ainicus eise aaecuti hajHs, iHlmicua Del eotisitialiiir (S. Jaeob^ IV. 4).
ij^ Matth. xvni, 7.
(e) Uwc. viii« 18; Jomt. XVI, 59,
if) 4oan. IV, 3.