‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. EncyclChapitre 13 sur 57 · L.-F.GUI&RIN · texte numérisé non relu

L.-F.GUI&RIN

Ariientettll prés Paris, décembre 1864, en la flfice de Noél ei de salni Jean rEvangélisie.

(«) Mhs. Rom., Collecte du IV« Dim. de TA vent.

(f ) Mgr Pévéque de Belley. Voir les paroles de ce prélat dans le Mém. cath., tenu. IV, p. 240.

(a) Joan. xii, SI ; Mém. caih.f tom. XVllI, p. 10 et li;ettoni. XtX, p.l()l

<v) Apo€. xiif, 90.

DE L'HISTOIRE MIYËRSELLE

DE L'EGLISE

IBAS, évéque d*Edesse, fqt d'abord Tun .!e^ principaux défenseurs de Neslorîus. Il éi rJYit une lettre à un Persan nommé Maris, dMis laquelle il blAmait Babulus, son pr(^ijéofssour, d*aTOîr condamné Théodore de Uopsucste, auquel il donnait de grandes looanges. Quelque temps après il rentra dans rEglise catholique, fut accusé de divers crmies et absous aux conciles de Tyr H de Bérile en k%S. L'année d*après, Dio- M^r^ le déposa dan^ le fameux synode d*Eî*è$e. -i Voy. l'article Ephcse (BrigandaiCed'KI).

Ibasap(>ela de celte injuste déposition au cOQcile général de Cbalcédoine, oui le réta-» b:it dans son siège, après avoir lu la lettre qVil avait écrite à «ans. -^ Voy. I^arttcle CHAixiDoiNB (iv* concile générar tenu' è), utm. Ul, col. 743 et soiv. — Dans le siècle snjrant, Théodore évéque de Césarée en Cappadoce, hérétique. Acéphale, ayant ençA^éJustinien à s'élever contre les écrits de tir^odoret, évoque de Cyr, ei contre la lettre' d'iltas, ce prince les fit condamner dans le y concile génértf, tenu à Cohstaniinople eo S53 (Foy. l'article de ce concile). Cest ce ;non appela V'affaire des Trois Chapitres, lai ciusa an si long schisme dans rËt^lise.

-loy. l'article Trois Chipithes (Affaire

IBERES ou iBftaiENs, [)eup1e campé dans

d rn\suiê)^e du Pont-£uxin, et qui fut cou-

«trii au clirisliauisme, sous Constantin,

'ar une pauvre captive dont le nom n*est

i' sealeinent venu jusqu^à nous, mais

«i^i est grand devant Dieu, car crotte bum-

•i< femme, d*une piété éminente, servit

««(Mrableineni la cause de Jésus-Christ et

' s'ratiliév du don des miracles. — Voy,

MÏcte Bacurivs oo Baturius, tom. Il, col.

'^i et suiv.

ICONOCLASTES, hérétiques du viii* siècle,

•'^'élevèrent contre le culte que les calho-

• '"S rendaient aui images. Ce nom vient

:^rcc £!Xft>v, image, et de x>.dC<«>. je briser

': que les Jconoclasies brisaient les

«îses lartout ou ils en trouvaient : c'é-

taient des li^riseurs d'image^. Nous avons eu aussj, de nos jours, avec les dénicheurs de saints, les briseurs d'images. Nous en parlerons plus loin.

I. Il est constant, par Tusage immémorial de l'Eglise, par les ténloignages irréfragables des saints Pères des premiers siècles, que le cuite des saintes images remonte aux apôtres ; Cependant il faut reconnattrt? que ce cuTte était bien plus restreint, plus mystérieux, en quelque sorte, dans la primitive Kgliso

3ue dans [es siècles postérieurs. Et ceci par eut raisons graves et concju'antes. DaborÛ le ^Christianisme venait détruire cette multitude d*idoles qui personnifiaient tous lés vfceset toutes les absurdités de|la terre ; il fallait, par conséquent, des [irécautions infinies pour ne pas donner prise parle culte des saintes images aux supposition^ baineusès, aui accusations et aux sens grossiers du paganisme. La sévère 'loi du secret pesai ^ également et avec légitimité sur tous les points de la doctrine chrétienne. Puis, à côté des passions païennes, les fidèles trouvaient un ennemi plus acharné encore dans les luifs, qui avaient une antipathie souveraine et traditionnelle pour tout ce qui touchait aux images. C'est aux sages mesures d^s premiers fidèles que nous devons de n(^ voir apparaître la secte des Iconoclastes que dans le vui* siècle, c'est-è-dire à uneépojue où ces fanatiques ennemis ne purent plu^ rien CQntrd le progrès do notre sainte religion. ' - Nous n'avons pas à nous occuper ici du fond de là question dogmatique qui concerne les images ; les causes générales qui amenèrent Thérésie des Iconoclastes tîI l'a partie histori ]ue de ce sujet, doivent suf-^ tout altirer notre attentioh dans cet artfclb, où les' autres points ne seront que touchés en passaint. * '

U. Le Gfaristianism»^ avait à changer la iace du monde et'h relever de 'sa profonde abjection Thumanité tout entière. Il opéra celte grande œuvre par des voies manifes?

tement divines. Il ne se présenta pas det

V Baronîuf , ad ann. 4i8, 449, 451. 4.'>'>, et Dom [{idwnl, Bibi'oth. sacrée, iOM. XIII, p. 295. DlCTloNN. l)B L'HiST, UKIV. DE l/ECLlSE. V. 1 '

ICO

mCTlONXAlRE

vant le paganisme avec In menace et la m;*.lédiclion que provotjuaient ces scènes effrayantes qni souillaient la face de |a terre, mais il salua ce monde corrompu avec le baiser de paix, do miséricorde et d*amour. Loin d'attaquer les coQslUutions politiques <*tsocfaIes, il les accepta résolument, et se contenta de les régénérer parla sévo divine des doctrines évangéliques.

Au lieu de maudire le criminel, la sainte religion lui o()po5e l'eieraple héroïque de toutes les vertus, et c'était là la plus éloquente (les prédications, car elle conquit le monde. L'Eglise catholique s'adresse à tous l^s peuplesy forme de toutes les nations une société, qui vit sous les lois les plus diversesyavec les usages les plus contraires; elle n'en change rien, n'en détruit rien, pourvu que ces usages ne gênent point la religion (2)« Voilà quelle fut la politique du Christianisme avant et après Constantin.

Les premiers empereurs honorés du titre de Chrétiens, offrent à Tétude de rhîstoriea un curieux spectacle. Placé sur le faite du Capilole,^ entre le monde païen qui croulait de toutes parts, et le monae moderne qui se levait è la lumière du Christianisme, le César tenait par une main è chacun de ces deux mondes que séparait un abîme, et présentait de la sorte une double face presque inconciliable. Ainsi, d*une part, il conservât ses titres, ses privilèges, jusqu'à ses fonctions païennes, et sur les monnaies romaines son effigie restait encore entourée de la vieille légende Doikinuê Deus,.. çontiftx maximusi^i cependant il avait abdiqué ces titres impies et sacrilèges, mais son intérêt politique commandait impérieusement celte inconséquence choquante. Dans ses rapports avec l'Eglise de Jésus-Christ, le César descendait de son autel et rentrait sous le noble et magnifique niveau de la confraternité humaine. 11 ne devait être (et c'était déjà un bien grand honneur) que Vévéque du dehors pour veiller et présider à lasûreté temporelle, aux intérêts politiques indépendants de l'Eglise (3). Mais les succèssoeurs de Conitautin abusèrent étrangemeq^ de ce litre.

Lorsque l'empire, scindé en deux parts, tombait pièce à pièce sous les coups des Ijarbares, les empereurs, dégénérés ou moins politiques, semblaient vouloir se consoler, en quelque sorte, de leur impuissance et de leur honte par leurs disputes religieuses, ils portèrent ainsi plusieurs fois cette dangereuse manie de s'immiscer dans les questions les plus ardues de la théologie chrétienne jusqu'à l'hérésie et la persécution la plus acharnée. Depuis Consianlin, dit un auteur (î), presque tous les empereurs avaient pris part aux querelles qui s'étaient élevées, parmi les Chrétiens, les uns par politique, les autres gagnés par leurs olficiers et leurs favoris; oii les avaii pre.«*(pje tous vus, djScidés 1 ar leurs minisires, soutenir la vérité ou

proléger l'erreur. Lnpart qu*ils avaient prise aux discussions religieuses, les éloges qu'ils recevaient du parti qu'ils favorisaient, leur avaient inspiré du goût pour ces sortes d'occupations. Les courtisans qui voulaient les déterminer en faveur d'un parti leur représentaient qu'il était be^u d'iqCerposer leur auiaritédans toales lesquecelles de. religion ; (]ue ces questions étaient de la plus haute importance et qu'elles éternisaient la gloire des empereurs ; qu'en conséquence un empereur devait se féîiciler d'avoir pendant son règne quelque hérésie à combattre, ou à soutenir quelque d.i,SQUSslon religieuse importante et célèbre.

Voilà une des causes les plus ordinaire.** de ces nombreuses dissensions théologiques

Îui déchiraient la Chrétienté à ces tristes et tranges époques, four ne rappeler que quelques exemples, nous voyons, après la, condamnation de l'Eutychianisme. et quand déjà l'Eglise coromençait à jouir (Tune paix profonde, l'empereur Justmien saisir 16 plus futile prétexte pour susciter la célèbre querelle des 7rot| chapitrée^ qui ne fut terminée que par le v^ concile général.

{Yoy. cet article). Philippicus, parvenu au .trône impérial^ ne songea plus aux frontières de remp],re ravagées et entamées par les Bulgares ; il se jeta dans les arguties des sectaires, embrassa la cause des Monothélites, et mit le trouble dans l'Eglise et dans l'Etat iusqu'à ce qu'il fut chassé du trône.

Cette luneste chute n'empêcha pas Anastase, son successeur, de suivre ces mêmes malheureuses inspirations. Le nouvel em|>ereur était un homme de beaucoup de ^a* voir, et il prit une part immense aui( affaires religieuses jusqu'à ce qu'il fut à sou tour déposé par Théodose. Ei^fiii ce fut cette singulière ambition théologique, déso/inais traditionnelle dans le palais impérial, qui suscita à l'Eglise la secte des Iconoclastes. lU. Cependant les ferments héléro<loxes qui devaient produire ces violents sectaires s étaient déjà fait sentir un siècle avant qu'ils n'éclatassent avec tant de scaii'i<tlt*. Déjà, au VI)' siècle, les mahoinétans réunirent leurs voix et Ipurs efforts à ceu^ df*$ Juifs, dont ils partageaient la haine farouche et hypocrite contre le$ images, pour insulter et iioursuîvre le culte que leur rendaient les Chrétiens. Mais ces projets iconoclastes trouvèrent! un siècle après, un auxiliaire redoutable et puissant dans Léoq IV^ourten, empereur de Constaotinopie. Léon était natif d'isaurie, d'une famille obscure. Il avait servi comme simple soldat d^ns les armées impériales. L'empereur Aiiastjise l'avait créé général et lui j^vait confié le commandement de l'armée. Lorsque Tliéodose détrôna l'eiu- ^lereur Anastase, Léon refusa de reconnutire i'usurpnleur, se révolta et se fit proclamer cni)>erenr. Il s*empar8<ieThéolose et Ih tît périr. Léon fut couronné le 2 m «rs 716 , et jura oniro les mains du patriarche Germain

(2) S.iliU AoLMi'l'ii.

l5J V'o^. Eu cIh', Vita Cviui,

(/S) Pliiq-iet, D'.ci dex Ilérétiet.

ICO

DE L'HIST. UNIV. DE L'EGLISE

ICO

lie maiiilenir et de protéger la religion catholique.

Par son éducatioaLéon était incapable de prendre part aux questions théologiques, et voulait cependant, comme ses prédecessears, qu'on dit de lui qu'il avait maintenu Pinlégrité de la yéritable doctrine de l'Eglise; il ambitionnait, lui aussi, la gloire de laisser à la Cbtéiienté des règlements de foi signés de son nom ! Il avait eu des liaisons intimes avec tes Juifs et avec les Sarrasins , ces deux acharnés ennemis du culte des saintes ima^ ge».' Léon avait souvent entendu leurs dé; clamalions et leurs outrages contre la fèfi chrétienne et contre la doctrine* concernant le> culte des images, qu* ils lui dépefgnai&"^ comme la plus odieuse idolâiHe* *il se laissa iacilement gagner par ces i(fées spécieuses; plus faciles à saisir pour un soldat qne les subtilités théologiques. )l porta jusqu'au trône ces funestes pi^éjugés et crut se 'Si** gnaler en nieltanià exécution les projets iconoclastes de ses^ amis. En conséquence, ]a dixième ann^e de son règne, il publia uti édil par lequel il ordonnait d'abattre toutes les images. Pour amener le& Gdèles et les pasteurs à ses projets hérétiques, il couvrit i*empipe de massacres» de sang et dç ruines. Kt c'e^cequeMes Césars appelaient r(|gnerl

Mais grâce à Dieu, et pour le bonheur do l'huBianité, ils rencontraient dans leà papes des bom'mes qui' savaient, sinon arrêter ieur$ coupables desseins, au moin^proieçtff hautement et flétrir leurs désordi^es, tout en n*enaplojrant que les armes dû couragb et de la patience. C'est ainsi que, peu oe jours après son avènement, le Pape Qrégôire I|I écrifit à Léon l'Isiiurien : « Vous croyez nous épouvanter ea disani : Jï'pverroj a Home briser l'image de' saint Pierre (5), et j'en ferai enlever Te Pape Grégoire chargé de chaînes, comme Constant Qt à Martin.

Sachez que l<ts papes sont les médiateurs et les arbitres de la pair entre l'Orient etTOcei'^ don Nous'ne craignons point m menaces. » Il assemblaensuite uii concile à Eomé, où le respect dO aux saintes images l'ill (ion* sarré ) ar l'autorité- de 93 évèqnes ; et des sommes^ d'argent* furent^ en môme temps distribuées è tou«les pi^intres et-sculpteurs de l'Italie, pour qu'ils les multipliassent dans les églisfs. L'irnmtion de Léon fut alor$ i son conibl»i. Il envoya une flotte contre le (>ape; mais celte flotte fit naufrage dans I4

(S) CeUe image de iaint Pierre^ que Tempereur voulait venir briser ju$^irau sel 11 de llnriie, c*éiait la ftiatne de bronze qifon y vénère encore et diMit M9|>hceos Veggîtis a dît :c A rexreplion du mallresuiel, il u*y avait pas dans toute la busili<|ue d'endroit qui attirai ou ptiiK grniid concoiirst de p0upie. » Un •«tre écrivaiM, ciié par Mgr Gertiel (dans suii EêqmUêê de Rome chr^iienne), rap|)elle la Irès-antique statue de tainl Pierre eu airuin, qui a éié mutrefoiê celie de Jupiter Capitolin. 11 parait eu eff^t certain que s^iiti Léon lit fot>dre ie Jiipii<*r du Cipitole p<tur en f^iire la statue de rapô;re. Ce fut d«: M p^irt un téuiuigiiage d*:ic4ions de giàies pour U dclnran'e de llouie que uienncuit Ailila. (M. fci.

mer Adriatique, et Léon se vit contraipt k vieillir et à monrÎT.sanS'Tengeanre, sou3 lo poids des excommunications dont il ày^it été frappé • -^ Voy. rartideJBAinDAMAâcàiiH (Saint) nMI,HIel7VIII(6).

Léon i'isaurien fut remplacé sur le trône par son fils, Constantin Copronyrne , et la nouvel empereur surpassa^; s'il est possible» les crimes de son père. Il jouait do la lyre, comme Néron, pendant qu'on mutilait ou qu'on tuait par ses ordres les orthodoxes.

Le sang coula à flots pendant son rè gne (7). En 726, il fit' assembler, à Constantinopre, un -conciliabule de dIus de trois cents évéques» qui condamnèrent le culte de$ images.' Ceux qui admirent celte déci«sion hérétique furent appelés iconotmquei

Ïennemisde$images]eltconaclai/es (briseurs l'images. De leur côté, ils appelèrent les fidèles orthodoxes iconodules el konolàtre$^ servfieur» et ador(|teurs des images. Luaginerait-on sur quelles raisons ce concise çôndeœnn le culte dea iniages? Par le motif incroyable qu'une tdo/e eLune îmage sont Ja môme chose/* et que le culte de ou/te se confond avec celui de latrie : deuxiausse^ et absurdes suppositions ;- sur lesquelles sont' fondés tous les arguments de ce prétendu septième concile opcuménique 1 Contre*^ dit en Oècident par un nouveau concM^ide ]^ome, sot^s le pape i^iennelll (8), rteonoc1fiêmet\xï imposera l'Orient par les violences et le$ fureurs des empereurs byzantins Ni-»

itépbore, Léon r4raiéuièn,!klichei le Bègue et son fils Théordiile. > » >. ; . >

IV. Pend^int la minorité de Constantin Porpbyrogénète, l'impératrice Irène, $4 mère^ de concert avec te pape Adrien T'j assembla, en 787 1 le second concile do Siicée, VII* général. Grégoire de Gésarée y soutint, dans la sixième cession, la décision du conciliabule de Çonstantinople. Selon cet évèque iconoclaste^ le démèn a inseu^ siblement introduit,mâr le cuUe des images, l'idolAlrie dans I-Egllse; comme si un ins^ tant pouvait cesser de se réaliser cette pro« messe de Jésus-Christ, que les portes de Kenferne prévaudront pas contre sqn Kglisel L'art impie de la peinture ruinait le mystère de rincarnationt renversait les six concihs généraux, faisait revivred'Arianisme par la négalipri de la divinité du Christ, le Nesto^ nanisme p^r ia division de la personnalitéi l*Ëutyohianisme par la confusion des nar tures. € Quelle folle prétention, s'écrie Gré- \. i I ;• ; : . •

d^ la Gournerie, Rome chrétienne, etc., 2* édit., |8o8. I.j^p. 194-«l5.f ! •

(ti) Voir aussi liss articles GaiGoiRE U (Saini), Pape, roui. IV, cul. 92 ^ GàécoiaE )V , Papa^ «M., coU 937.

{!) Voir rariicle Eticnsik ( SaitU ) d'Auience , m triyr, toip: 'IV, loL 38i ei 585. A eeuederiftière c«d. ii s'est glissé iMe faute que iieiMsiteTOiis vee* lilier piii^Ude i'occasioii s'en préseiue. Ce nVsl l»olni en 554, epionie on Ta imprimé, que se lint à CoQstautinople te concilialiiite îles évèques IcottO^ iia«u^s, mais c'est Vmi 72G.

(S) Voy. ruriilo de ce Pape, n* Ih

7 , . ÎCO ■ DICTK)NNAIRB

Roiro, tio préleiitlie reproduire Jans un t;i

blooii ce qu*il est impossible de représenter!

On fail une image nu'on appelle le Clnîsl;

ir:o

,o. rjuon api or, le Christ esl Dieu el homme, cesl doiuî riraage de Dieu et de l'homme. Ainsi ;oii circonscrit Pimmensilé de la Diviniiô dans ' les contours d'un corps, on confoniJ deux natures unies sans amalgame : double im-

• piété que part;i.ge Tadoraleur de l'image.

• Dira-on qu'on peint seulement la chair?

Oui, eo la séparant, avec Neslorius, do la Divinité» dont elle est inséparable. La con-

• dilion de Pâme est la môme ; et par la peinlure» la voilà, cette âme, isolée du corps, isolée de la Divinitél » Exagération ridicule, répond avec raison un auteur (9), que ces récriminations de l'iconoclaste 1 Si fa peinture, appliquée à un sujet divin, esl on crime (le lèse-majesté divine, elle est, à pareil titre, dans le portait d'un homme, un crime de !(l?se-maje>lé^ humaine. Cette accusation ne viendrait pas à la pensée d'up homme sensé.

L'Iiistoire démentait ce qu'«|vançaîeiU les novateurs, que le cuite des ipaages ne reposait pas sur la tradition. Les Pères du [ concile de Nicée citèrent des fails contradictoires (10). Quant à ces textes de TEcrilure 5ainte, invoqués par les iconomaques :

Dieu est esprit, et ceux qui Vadorent doivent Vadorer en esprit et en vérité (11); — Voiu ne ferez ni idole ni image de ce qui est au ciel et sur la terre pour les adorer (12); —Ils ont transporté la gloire du Dieu incorrup-^ tible à limage d'un homme corruptible^ ih ont honoré et servi la créature plutôt que U Créateur (13); il était facile de répondre

<|ue ces passages défendaient seulement d'altrihuer aux images une sorte de vie, et d'en faire des idoles pour les adorer. Aussi il fut solidement constaté que la tradition

•eutorisait la vénéralipn des saintes images, k>in de l'interdire» comme le conciliabule

de Constantinople l'avait conclu de textes

(9) M. t'abbé Giiyot, IHct. des Méréties, i nol ia-S, iK« édit.

(10) Pour ne rappeler que quelques faits, eo

EMgsaiii, il est positif, par exemple, que de nom'* relises égljses s*ëlevèreDl à Rome durant les quinze .années du potiiWicai du saint pape Jules 1*', et (prulor« le culte «Ifs saints, aussi ancien que le ^ilirislianisme luî-inéme, reçtit une ferveur nou- "l'olle. Jules I**, qui mourut en 352. avait Tail placer finns 6on église tl*;iu«ilelà du Tibre, de nombreuses images de marljrs, rappelant aux ûdéles li'écbiants eiemplfs et de glorî.eui combats. Celaient comme les portraits de la grande famille cUieiienne. Disons pourtant que, dans le concile xi'Elviré (tenu vers 300 ou 301), les Pères buiintrent Les images des églises. Alais, comine nous J*:ivons remarqué (voy. n* I de cet ;«rlicle), dans ce temps où le p.igantsme était encore deliout, li*8 images aiiraieni pii Ui^ser nuire :iu\ païens que les Chrétiens, eui aussi, adoraient des idoles. Les icom»clNs(es et, nppés eux, les Proieslanis, se sont qnelqndois appn)C< snr le oO canon d'Eivire pour rondamtier,cbezlesCit{ioliqnes,ieeulicdesiiiiag^s. L'asseoiblée d'tivH-e, urii4|UT*nieiH formée de quelqjiesévèpics d'nur province, ne ponvaii insposcr na \oloti(é à la <-aJi'i|i( |.ê tnui eitiièie. Certes, Vl'.ipu^ut; clic niO'Jse ir : {la» lc:iu j^i.n.d iUi!i4»:c ûc li

rdl.>iiié5, IroA^iués, a|K>ury plies, ou dir'^Oâ seulement contre l'idolâtrie.

L'argumentation des lcoiK>clasies détruite et la tradition catholique vérifiée, les Pèies de Nic(^e définirent que l'on doit h la figure de la croix, aux im.age$ de Nôtre-Seigneur Jésus-Christ, de la Irès-sainte. Vierge, des anges et des saints, un culte, non de /<itrie,^ mais de vénération et d'honneur, qui de l'image passe à la personne reprâsentée ; que l'exposition des tableaux dans les églises contribue à éclairer l'esprit et ^ nourrir la piété. Ce décret combattait irois erreurs : la première, des Iconoclastes hérétiques, en ce qu'ils prétendaient que l'usage et le culte des saintes images sont défendus par la lot divine; la seconde» de ceux qui accusaient les Catholiques de rendre aux images un culte de ia^rte: erreur de fait, qui donna occasion i l'EglisQ de déQnir la aature du culte de dulie ; la troisième, sorte de compromis» par lequel on consentait que les images fussent exposées dans les temples pour Tinstruction et l'édification des fidèles, mais non qu'on les vénérût en aucune façon.

V. C'était là le sentiment des Occidentaux : « Nous peroiettoDs» est-il dit dans les Livres Carolins^ d'exposer dans l'église et hors de l'église les images par amour de Dieu et des saints; mais nous n'obligeons pas à les honorer ceux qui le refusent, et nous ne souffrons pas qu'on les brise et qu'on les détruise. » — Voy. l'art. Carouns (livres}, t. III, col. 229 et suiv.

L'opposition que firent les trois cents évèques du concile de Francfort, en 79^, h la décision solennelle du concile de Nicée»

vint non-séulemént, paralt-il, d'une traduction fautive des actes dp ce concile, quils accusèrent faussement dïdolAirie, mais de.

ce Qu'ils laissaient facultatif un cuite, mémo de auttf, que les Grecs avaient décrété < bligatoire (14). Les Gallo-Germains se irompè-

décision de 501, car 11 n'y a prut-ôtre pas de contrée au monde où le culte (!es Images soU plus £ti boiineur qu*au-delà des Pyit^itées. c Mais, ol)serve avec raison nii aiueur', les liérét<i(ues oi.i toujours montré un rare empresse meut à prendie dans les conciles des anciens jours ce qui |>ouv.tit servir leur hnue ou leur passion, et à y passer mius silence les décrets qui éuitul leur propre iciudamnation. > (M. Baplistin l'pujonlat, Uiiloire 6U Pap«, etc., 2 vol. iu-8,i36à, lom. I, p. îii.J i

(H) Joan, IV, 24. > »r , /

(12)-/)tftt«. V, 8.

(15) Rom. 1. âo.

(14) Du hisituricn assigne encore d*:^Jtres Cki:sei à celte opposition. 11 est bon, cru|*(>{n»-iiQu8. ue Fentendrc exposer ses raisons, f De Tei^ amen des dêcreU de iNuée, dit-il, borilrent, iroi^ an:> après (en 79l'). les fanicux livres CarotinSt écnu <iii- /« (011 de la colère, a dit liibbon (lli^t. c/« la déca- Hence et de la chuu deVEniiK rom,, \, IX, p. 557, éJit. de 1812). Ou a pensé que Cbarlcma^nc \si% £v:iji lui nié.ue rédiges, ce qui i.je paiail p.is prob.ibje, mais il les apitrouoa et les envoyai hh l'^pc, en VJi, le priant de ift^io.alie au% ob^eiVAiioiia ijuMa coiiienaieni. A iritn 1" lé, o *d l ù e*N o »-t:r- Na.MM^ ioiivfut iniiécs avec i.ii cjlme. uj c n.o.ielaiiu.i s'.'p.cmcô. 11 l'fuuva <;».■ lo tu;.c.ic -u .Nivej .ic

ICO

DR l/ilîST. UXIV. DE l/RGU.^E.

ICO

r*nl snr lo s* n? du mol irpoŒKjvsîv, nd'nrc: pt, d*nn flntrtî rôl'S ils ponvaicni avoir une grave raifîon do ne vns prp<criro un cullo gui l'Onvait rojelpr dans l'idolillric des pcur l»Jf»<; nouvellernonl convertis. Quoi qu'il en snii , ce coni'ile de Franrforl de Tan 79i, r^tini ponr l'examen de riif^résie de F*'dix d'Orgel. décida h Thnanimiié, dil Eginliard (I5j, qne le sjnode (lo concise ii* de Nirée), tenu «mis rinipéralrice Irène el <!on fils Constaniin, serait rejeté comme enlièremenl inutile; qti'on ne iappcllerail pas concile unîverscl,el qu'on ne le compleraitpas comme le vrf concile.^ C'élaîl bienlit feil) Mais eYi'esl pas tout, trente el un ans après, 5JOUS le règne de Louis lo Débonnaire, en 825, quelques évoques réunis en confér(*nro h Paris, enveloppèrent dans une comtnnne réprobation et le conciliabule de Copronym«, el le saint concile de Nicée, el les lettres du p.ipe Adrien; ils enta«îsèronl tant bien qno mal des passages des Pèr^'s contre le cullo des images, foui cri réservant celui de la croix et des saintes reliques; déclarèrent «'en tenir a«ix livres Caroline (\G); décideront qu'il n'est ni comma.idé, ni défendu d'avoir des images, qu'il n'est permis ni de les bonorer ni de les outrager; el enOn enfoyèrent toutes CCS pièces au pape Eugène II. Rome usa de modération et altcDdit que les préjugés des Gallo-Germains se dissij)assoot d'eux-mêmes.

i*é»aU pas érapté il*» l.i dftctrîne ralbolîqup. (fo;/. •loîre ariM«» Caromus (Livres), iomi. Iff, m], 829 31 Miîv..) Oins une loitre pariîciirère à Clinrlemagne, le Siniiif-Pèrc réfiëiail avpc tusisinnce qiron ne d4*vait adonr que Dieu seul, et que l(*s iinngps ne (levaient être considérées que cntntne la ropréâoittaiion îles porsonnnges dont le souvenir, en nous remellani en mémoire de beaux exemples, lions exciiail à les Iniier. Les déuinnsirNiions du P.ipe ne nrent changer d'avis ni rhnrlemasn*! ni ks évéïnes des Gantes, tous coiiv.'iinciis, d'après |:i traduction qn'ils avaient entre leurs main^, que le cnncMe de Nrrée s'était trompe dans In question des i itage». A rinterpréiatf<»n'(6t c*e8t iri qne Tiristorien que nnas cîioiis énnnière les causes d^uppos't'on au concile de Nxéo), à rinterprétation erronée du mot adoration^ é«'rii duns les dét-rets du 787, — c.ir il paraît, d'après 1«*« remarques d'un suivant illisire (I)om CeilHer, Hift. dei auHacréi^ l. XX, p. 8Î0), que ce fiit ce terme la qui irriia surtout les éAéques gantois, — à In fausse interprétaitoti du mot adoratiéh, dis-j^, se ntélalt, dans i*e«prii de Cbarlemagne et dans celui des auteurs des Livrei Caroliiu, des senihnenis dont on n^a p:»8 tenu assez compte, croyons-uous, en parlant de TaflaTe des images. Ct's sentimeiiits (Us ne sont pas déjà si louables !) avaient ,bien pu ne pas rester c'ompléiemeot étrangers ;^ux résolutions d*s Frariks a Tégurd d>^s aoti s de * Mcée. Aucun des éTéqutfS d s Gaules n'uvaif été cmvoque à cetic a^&emldée. Cet oubli les avait blessé^. Bu second lie«, les éternelles cliican**s des Byzantins en maiières ihéologiques , inspiraient aux évoques ganUiU nae gran ie méltaucf! pour tout ce qui leur tenait de CiHi^laHiitiople. KnfHi (et void [en e^w c« pnUiîqtMHii)^ farrivée en France iics actes de Niié; «oîiiCMla avec nn inrideul dtmt nous iH^vons ilire nn mol. Dés 78i r.ntiiéiatrice Irène avait eiivoy; à Ckarlemagno do9 aMiimsstidxïNrs |mur lui demui lU^r «ton siuiMté H l:i mùn de s^i (hie Kitru !e, posir *o» ai-, CtiiMautin VI. L g(Mud roi avMt cun-

('e.N é ôgucs, (i'aiiieurs, en «Jécinraal qu ilos saintes ima^'os seraient cfïnservét's Mtii leur re!)dre aucun culte superstitieux» el«n (lécrélani qu'on devail toutefois à la croix un culte non de latr'e^ mais d'iionneur et de respect, en la baisatil, en se proMernaul devant elle, parce que Jésus-Cbriit y avait été aitaché» it'avaient-ils pas couiuVis un.* inconséquence? Car la croix o>t une image^ . et si on peul rijonorer, pourquoi |>a« loule- . autre irriage, h un degré inférieur si l'on veut (l'ïj? Ils aditieltaienl que ces iiaagcs ne devaient être considéi*ées que couuuedes nionumonts destinés à conserver ou à rappeler le souvenir de quelqiuss iiistoires. «Mais, g*écrie ici Dom Ceiliiar, l«s Pères de Nicéo n*eu dcmanlaieut pas ciavaata-e (18;! »

N*inf)po<;teI soit que la conférenoe oo gy«

îomprig l# sens des décrets de Nicée ; soit qu*il n'e^t

node de Paris n'eût pas bien compris

pas voulu reconnaître ce concile comna« œcuménique, il se pertnil de trouver tuauvais que le pape Adrien en eût conGrmé lus , décrets fl9). Cependant le concile de Constantinople de 8^â, reconnu c(»nime te viii' œcuménique, confirma pleinement \% vii* (il* de Nicée); et, dans les dernières années du ix' siècle ou au commencement du X'. TEglise gallicane se réunit aux {^recs et à TEgUse romaine, sur la manière d'benorer les images (20). « La conclusion hissent! à celle u'Iou. L*eunuque Elie, Tun i^es ambassadeurs dUrène, ciall resté auprès do Roirude, pour lui apprendre la langue grecque el les mœurs de^ peuples sur lesfjuols eVe scmîijait appelée à régtrcr; puis tout h coup, et au inonieift même où I '8 actes du coMcile arrivèrent da:is lois GîUiles, riropéi-atrice rappeh Elle à Constantinople, et ' rompît sans niéuagenient Tuninn profeiée. De là un iTiéconieuiementde p'us en plus vif ciMtire lrèii«et c on ire le concile m\\\\e ày^'ii die-mémo convoqué.. (M. liapiistin Poujoulat, Uisioire des Papeê, etc., î vol. in-S. m%' I. n, p. 216-248). — TcU<;s sont, d*après cet bîslorien» les causes qui ampiièrent Topposîtion de Cliatlemagne et des évoques gaulois contre le concile de Nicée. Cliacnu peut en apprécier la -valeur. Qiniit à nons, si cos causes, quelles qtiVlles soieiM, expliquent cette opposition, elles ne noUs paraissent pas pleinement la justifier; et la coHduite de Cbarleinagne et des évoques ne nous semble pas très-dicne, surtout alors qu'ils . avnionten présence un concile œ^'umcnique appuvé ei défendu par le Sou>eraiu Poniife. Hé»Uier comme ils le lalsafenl, irétail-ce pis ià prend(C dé)^ i\(i% tfberté* asspz étranges?

(45) Annale$ des Fraiik^^ ann. 79 i.

(Itil Voy. notre Manuel de VUisioire de* comités, etc., I. I, p. 512, 2* élit.

(l7)Caude de Tur n se tira de cette iucnn séquence par riicrééie même des Ic0ilool»st«^. M supprima radora*lion de la croix et en dêiru'sii partout la figure, t^f^s excès révoltants d^ ce nouvel hérésiarque, Timpossibil té de li; cumhiiire avec avantage, en conservant le priucip ; de IM cgiiimhé du culte de.s Images, conlrlbucrciit à ramener lei( dissidtMUs à Punité cuhuliqie, qui, à la (in du i\" siècle, n*avait plus de co tuilictours, Lm'ii que IVprit de l'iiérésie se perpétuât, co u;»e nous \i\ v»Trons.

(18) nist.dcsaul sfl-r^i fffcc/t^<., t. XX, p,8il.'

(TJ) /M., t. XXIÎ, p. i;:)5.

{•m /M., t. XX, p. 822.

ICO

ICO

iorU|Uc à tirer de loul npcî« dit très-bien un ootenr (fl), c'est qu'il n*y a pas nn seul comile définitivement accepté par la catholicité entière, et accepté âtjssî par TEgli^se grecque, qui iraîl donné misoi* l'opinion des Papes en matière religieuse. Les Annales de TEglise atlesteht ce fait remarquable^ »

VI. Mais reprenons la suite chronologique des fnits touchant les Iconoclastes. £a Orient Terreur ne fit qbe s'accroître et amener les plus grands désastre^ par Pineptie et Tor^ueil des Césars Byzantins, coram« nous l'avons dit. Nicéphdre, Léon TArméiiien, Michel le Bègue favorisèrent les Iconoclastes et ensanglantèrent TEglise. Sans rtilrer dans tons ce» détails, qui seraient infinis, nous devons au moins en dire quelque chose.

Ce fut surtout sous le règne de Théophile, ntii succéda, en 829, h son père Michel le nègne, qu'on vit de grands désastres. Théo- |)tiilet sans doute pour affermir les commencements de son pouvoir, témoigna d'abord un grand zèle pour la justice, et mért^e pour la religion; mais il Sje déclara bientôt pins ouvertement que son père contre les -saintes ironses (22), car il ne défendit pas feulement de les honorer, mais d'en faiie et d'en garder. On effsça donc encore une fois les peintures des églises pour y représenler des bêtes et des oiseaux, 0!i brûla publiquement quantité d'imascs; tes prisons furent remplies de catholiques, de peintres, de moines, d'évéques. L'empereur en voulait narticulièrement aux moines. Il leur défendu d'entrer dans les villes, ni du paraître k la campagne; eb snrie que, ne pouvant avoir les choses nécessaires è la vie, |>lusieurs moururent de faim et de misère : d'autres quittèrent leur habA pour sortir, sans toutefois abandonner fcur prçfestfon; d'autres enfin tombèrent «dans t\t\ entier relAchement. Ainsi les monastères devint*Q,nt i^s cimetières des moines qqi y demeuraient morts, ou des logemr^nts des séculier)». Cependant il y avait dans tous les villai^ek fies receveurs pour charger d'imp*"^sitions oeui qui ne renonçaient pas aux sainte); timages.

Toirtetois , l'empereur Théophile ne put y faire renoncer Théodora, sa femme, ni Théoctista, sa belie-mtre. Il avait cinq filles, que leur aïeule appelait souvent chez elle :

relie princesse leur faisait de petits présents, et, les prenant en particulier, les exhortait à résister courageusement à-.l hérésie de leur père, et h honorer toujours les saintes ima- Kes. En disant cela, elle prenait {e)$ siennes, qu'elle gardait dans un coffre, tes portait h

M. B. Potfjoiilat» Untoire 'de% Papes^ l. II,

(^) Flenry. ilist. eec!é».^ lîv. iLvit, n. 52.

(23) Post. Tbeoph. n. 11.

(Î4) Fleury, quK rapporte rfcî, anrnîl pu faie remarquer que c*étiiit là un fail très-iniporianl, m faveur de ces deux saintes reliques. — A rorcnsion de CCS poriraUi, Il est lion de dire que, p^^ndam 1:1 iJjBrtëciftlon des fceuocidsios, Rniio rrçMi de pféjièlix tat>leatt^ qu'on sauva iixt iMuf ngf, l.rs

son visage et les baisait. LVmpereur demanda un jour à ses filles ce que leur grand-mère leur av.ail donné, et quelles caresses elle.lcui; avait faites. La plus jeûna, 'hommée Puldiérie, raconta tout, nomma les fruits dontelle lesavaiL régalées, puis ajouta.: c Elle. a dans son cofi'ré quantité de poupées qu'elle met sur sa tète, et les (mise. » LVmpereur comprit bien ce que c'était, e.l en fui fort irrité, mais il n'osa lelëmbijiner, par \^ respect qu'il portait à sa belle nièrc^, «t la crainte de ses re|)rochps. Oir elle lui parlait avec liberté, le reprenait publiquement de la persécution qu'il faisait aux Ca- •tholiques, et était presque la seule qui osât Jui dire combien il éiait haï de tout le nionde. Il se cbhtenla donc d'emi^chor que ses filles n'allassent si souvent d\et elle.

. Ce César avait un bouffon, rnpeiU homrmp ridicule^ dit Fleury, nommé Denderis; quj le divertifsait par^ses folies. Un jour, éteint entré dans la chambre de: l'impératrice Tbéodora, il la trouva qui baisi^ît les saintes images, et les porlait à ses. ycut par dévotion. Il lui demaiida ce que c*é!(iit, et s'ap- ))rt)cha pour les voir. « Ce sont, dit-elle, mes belles poupées. » AussilAt Denderis alla trouver l'empereur, qui était h table et qui liii demanda d'où il venait. Il dit qu'il venait de ch^^z sa maman, car il nommaU ainsi l'impératrice, et qti'il I^avait vue tire,r de belles poupées de derrièreson chevet.

I/empereur Tenlendit, et, silôt qu'il fut sorti de table, il alla chez rimpéralrice fort en colère, lui dit beaucoup d*injures, l'appela idolAlrf*^et lui rapporta le discours de son fou. x Seigneur; ditelJe, ce l)*est,pas ce Qiie vous pensez : c'est qiDd je»me re^rdAÎ,s h mon mintir avec mes femmes, «t il a vjî dedans nos images. » Elle àimsa ainsi Tenipereur, et fit ensuite bien louetleriDender ris, pour lui apprendre à ne plus parler des bcjles poupées.

< VU. Mais il se trouva des Catholiques qui rédistirent courageusement à Théophile pour la défense des saintes imag(>s. Nous citofons, er^re licitro^, les moines du monastère d^ SaintrAhr/iham (23). Ils lui montraiêt\t par les Pères, conifne sai<n Den}-s, fiçînt Hiérothée, saint- Irénée, que là. vie monastique n'est pas. une invention .nouvelle; et pour prouver que les, in»agQS étaient reçues dès \% temps des apÂlres, ils rapportaient le portrait de-Ja Sainte Vierge, fait par saint Luc , et l'image uiitraculeuse do Jésus-Christ, qu'il avait lui-même imprimée sur nn linge, car cçs fç'ts n'étaient pas contestés alors (ît). L'empereur, irrité de leur liberté, les chassa de Cooslantino^

nrrarhnnl d«6 mains de ces v:indales)et les anetlani n l'abri dans la Ville éternelle. Nous lUons dans

.^I. E. d<» la Gonriierie : « Panui Itis buaites l«s pliH vénérées qui esîsient de Noire-Seignèûr, il en rsl «iiue qui fui »ppoiice uuracukMis<>iiieni, dii-ou, de CoitslauliiiAple à Rom*, lors de la por-

• fécuii'Mi 'des leanochifeles, sons le piiulificat de Giéiîoire H. Elle représente iésus-Clirisi en |i''ed, t'e,|Er:iu44ur o.iiwelW cl repose sar une inbleliA di'Ccdic ou d'uiiucr. Pc tout timps celle iiiiage a

DE L'IIIST. UNIV. DE I/EGLISÏ.

ICO

I»Ip, après leur rfvo'r fait souîîrir f»l»isieurs l'Miraieiiis. Ils se rfelirèrent près le Ponl- EiJiin, cl y moururent des coups «le fobei qu'ils avaient reçus. Leurs corps demourèreni longtemps 5ans sépulture; mûis ils sô conservèrent, èl depuis on les honora comme des reliques de mîlflyrs (25). Théophile por^éculail aussi les peintres qui peignaient les saintes images (26). il atlnqua un moine^ nnmné Lazare, qui était alors célèhre en «et art; ne l'ayant pu gagner par caresses ni [lar menaces, il le fit déchirer h coups dfe fouet, en sorte que la chair tombait avec le sang, et que Ton ne croyait i)as qu'il en pût guérir. Toutefois , s'étant un peu remis dans la prison, i| recommença à peindre des saints : ce que l'emperôar ayant appris, il lui Gt brûler le deslans des nîains avec des lames de fer rouges, et on le laissa demiraorl. Enfin, è la prière de Timnératrice et d'autres personnes de crédit, il sortit de prison, et se relira à l'église de Saint-Jcan- Pliobéros, où il se cacha. Là, nonobstant SOS plaies, il peignit une image de saint Jean, que Ton gardait encore longtemps après et qui guérissait des malades. Lazare survéci:l plusieurs années à l'emnerear Théophile.

VIlLCet empereur élaht mort, 'eàOjaliviffr 81^2, son fils Mi hel, encore enfant, lui succéda, sous la conduite de l'impéralrice Tliéodora, sa raère, qui fut ilommée rt^gente, avec un conseil que Théophile lui avait laisse. Ce conseil élaii composé de l'eunuque Théoclîsle, revôiu de deux grandes charges à la cour, du palrice Bardas, frère de l'impératrice, et de son oncle Manuel, maître des offices et originaire d'Arménie.

Dans le temps oi!i ce Manuel commandait eu Arménie, il avait pour amis plusieurs a!ibés de divers monastères qui l'avaient insiruit de la croyance catholiquo touchant les saintes images. Etant a'ors tomhé mala^ de, les moines de Strade, en qui il avait une grande confiance, le vinrent voir et lui pro^ mirent qu'il guérirait promptement s'il (entreprenait le rétablissement du culte des sainie^ images : il le promit et recouvra la santé.

Le moment d'exécuter sa promesse étant venu, Michel communiqua son dessein aux deux autres tuteurs du jeune empereur, et

l**s ayant persuadés de dooner è son rèf^no cet heureux commencement, il alla trouverrim^ pératrice Théodore, et lui fit la même proposilro 1. Elle répondit : « Je l'ai toujours souhaité, et JH n'ai jamais cessé d'y penser ; mais j'en ai été empêchée jusqu'à présent par in multitude des sénateurs et des magistrats allachés îi l'hérésie des Iconoclastes, par les métropolitains, et principalement par le patriarche. C'est lui qui a fomenté les Taibies sehnences de cette erreur, que l'empereur, mon époux, avait reçue de ses parents, et qui l'a poussé, par ses pressantes e^horiations à traiter si mal tant de saints personnages. — Qui vous em|)ôche donc maintenant, reprit Manuel, de donner au peuple cette joie? b Aussitôt elle appela un officier, nommé Constantin, et l'envoya îïu patriarche Jean Léconomante, pour lui dire : « Plusieurs moines et d'autres | ersonnes pieuses m'oi.t présenté requête pour le rétablissement d*'s saintes images; si vous en êtes d'accord, l'Ej^lise reprendra sou ancien ornement; sinon, quittez le siège, sortez de Constatitinople, et vous relirez à votro maison de campagne jui^qu'à ce que l'on tienne un concile où vous assisterez. Car on Teut vous y juger, et vous montrer que vous soutenez une erreur. »

Constantin trouva Jean couché sur un lit de repos, en une des chambres du patate |>a- Irîarcal ; et, après qu'il lui eut dit ce dont l'impératrice l'avait chargé, Jean répondit seulement qu'il pren Irait conseil, et le renvoya aussitôt. En même temp*^i il prit une bnceite, et s'ouvrit les veines du ventre, pour perdre beaucoup de san^ sans se mettre en danger. Ainsi, le bruit se rt^pandlt en un moment dans l'église que rim)»ératrice avait envoyé assassiner le patriarche, et ce bruit vint jusqu'au palaisavant que Constantin y fût retourné • Le patrice Bardas fut eu- Yoyé pour s'informer exactement de la vérité du iail, et trouva que les plaies avaient été faites exprès, joint ietémoigiage des domestiques propres du patriarche, et la lau* cette qui fut représentée. Jean, étant ainsi convaincu, fut chassé de l'église et renfermé dans sa maison de campagne, nommée Psicha.

tX. Théodore fit donc asseuibler, dans le

Ealais, un concile qui se trouva trcs-noii>reux, parce que, outre les Catholiques, il y

é ë dë«iipiée par le surnom {VAchérophe, c'e«l-àdireçiif na vai été faite de main d'homme. Gré- {:oire II la plaçi au palais île Latnin, (1:iiis la i hal^cliede Saint-Laurent, connue anjourd^itni sous le litre (ie Sancta innclorum» rnnilaiii longtemps on nt la récnivrit quête jourdo rAssoutiUiou, et ^'Kouririini encore ''ll^ n'ost vi\s«I»lo que piMiilaui la ^ Hiâiue mainte, le temps de PâtpM's, roriave dt» I A*i<Mmprioii et le^ aniiét*8 de Julûlc. Enfin, U\ jour lie l*Assoiiipiioii et loules les ftiis que {\cs citadiiié^ iii«*itaç lUMil la vill«». Ii's I*.t|ie« porliM-ni M>li*»iieil'.*meni Timage nchéropiie lUt Sancia scnuiO' 'a« à Saiiiu^-Maric Majeuri*. — A»i souvenir de «'Ile un âge vénérée vient Rejoindre naturellement C'Iui de la Vierge^ de sa'uie Marie in Camedint i'Iiapp'c, fllr aussi, h la pcrsérution des Crée», et i Jiwporlée à Itonic ilaiis ces niallivureux temps.

L^église dont elle est Tornement le plus préeieux est une de celles doiil lu disposition Uaérieuro rappc'le le mieux raiiiique origine. Elle sticcétlo, parati-il, à un oratoire fondé par saint Dcnys au Ui* siècle, cl à l'école dans laquelle enseigna saint Augustin. Plus tard elle devint le refuge des Cailioliques d'Orient poursuivis par les Iconoclastes, et prit alors le nom kV Ecole det Grec$. UeronsHuils enfln et embellie par le Pape Adrien 1'% elle ne fut plus désignée que par le surnom de in Cotmelin^ c'esi-à-dire rornée ou la belle, i {Rome dnétienne^ 2' étil., 1858, 1. 1, p. m.)

(25) Ce sont ces moines qui furent appelés Ahrahamitci, lesquels ne doivent point élre confondus avec des hérétiques du mô.ne no.iu

{!2J) DollauJ., liFcb., t. V,p. 3UI.

ÏCO

viol plusîpurs de Ceui qui nvaîrnl suivi le ]«flrli des hérétiqoes, et qu'ils avaienl faits évèques (S7].

. Les Pères de ce concile anathémntisèrei.t les ennemis dos saintes images, et confirroèrent le second concile de Nicée ; et, après avoir dép6<;é Jean Léconomante, ils élurent patriarche de Constantinofde Àl'éihodius, qui avait lani soulTert pour la religion sous M'ichfel le Bègue et sous Th(^o- ])hîle. Alors rimpéralriôe Théodora djl :

« Comme je vous accorde le réiablissemenl des saintes images; je vous prie de m*occorder une grâce, c'est d'obtenir de Dieu le pardon du pérhé que Tenipereur, mon époux, a commis sur ce sujet. » Méthodius répondit au nom de toute l'Eglise : a Notre j»ouvoir, madame, ne s'étend point sur Jes morts. Nou^ n'avons reçu les clefs du ciel que pour l'ouvrir à ceux qui sont encore en cette vie. Il est vrai que nous j)ouvons aussi soulager les morts quand leurs péchés étaient légers, et qu'ils ont fait pénitence; mais nous ne pouvons absoudre ceux qui sont morts dans une condamnation manifeste. » L'impérairice reprit : « Lorsqnte l'empereur, mon époux, était près de knourir, je lui représentai le plus fortement qu'il me fut possible les suites terribles de sa mort s'il persistait dans l'hérésie : la privation des prières, les malédictions, le soulèvement du peuple dans Cf (te grande ville. 11 témoigna du repentir et demanda des images ; je les lui présentai, il les baisa avec ferveur, et rendit ainsi l'esprit entre les mains des anges, v Elle confirma Ice récit par serment; et les prélats, persuadés de sa vertu sur ce témoignage, et supposé que la cho<;e fût ainsi, déclarèrent par écrit que Dieu ferait miséricorde à Théophile.

Toutefois plusimirs demeurèrcht persuadé)^ qu'il était mort impénitent, et qiie Théodora n'avait ainsi parlé qu'à cause de l'affeciioil qu'elle lui portait.

Méthodius fut donc ordonné patriarche de Constantinople Tan 84-2, et le premier dimanche de Carême, Selon les Grecs, il passa la nuit en prières avec l'impératrice et tout le peuple dans l'église de Notre- Dnme de Blaquernes, d'où le matin ils allèrent en procession h Sainte-Sophie. La Mes«ey fut célébrée, et les images rétablies solennellement. Ensuite l'impératrice donna lin festin dans le palais i tout le clergé et aux confesseurs, qui avaient souffert

(27) Boflinrf., t. Vf), p. 320, .

(28) Voy, le 1>. M^iiibourg, Hht. de rilérésîe des }$onoelaêtu^ liy. vi, t. It, p. 560 cl siiiv.

(29) Ou peut consulter pour rinsioir« cieslconorbsips âncif!n«,1eciirieux piivrageciu P. Maii^lmnrg, inlimlé : Histoire de rhérésie ds Jronoclastfs. 2 vol. éilît. en pcili in-12.JG;9 ; l'ariicle Iconoctas'es dans Pluquei, Uicl. des hérésies. Parmi les iravaux modernes sur ce siijei,. nu dislingiie r-onvragp de Sclilosser : Histoire des empereurs iconocluttes^ Fraucforl ; pnh VHisioire eeclésiasiiffue iW. N.audi'r, nui lomos IH et iV; et cuflu lu Dissenation (fii^a putdiée Tablié J. ftfarx, sous ce] titre : La lutte des empereurs de Byzanee dans la que tt ion dé>s images, Trêves in-8, lîJ3», Quant à l\conoci.i>ni«

DrCTIONNAIRE ICO 16

pendant la persécution; et elle continua celle fête toule sa vie (28}. . ..

Cette féie fut nommée la Fête (TOrlhodoxU^ c'-t»si-à-dîrè du « rélablîssement de la religion ralholique; » TEglise grecque la célèbre encore le dimanche qui termine 1.1 première semaine du CarAm« ries Crées.

On y chîî/île àl'ofïiiîe de la nuit une hymne du confesseur Théophane de Jérusalem, qui fut "ordonné archevêque de Nicée, on récompehse des souffrances qû'ij avait indurées dans la persécution, et on y lit une légende qiij conliorit Thislorique dé Théré&ie (\qs^ Iconoclastes. Le matin on f.iil la procession oli Ton porte la vrpie croix et les images; et Ton chante un canon ou hymne attribué è Stiint Théodore Sludile. C'est'*ains.i

3 ne finit lliérésie dés Iconoclastes, qiii avait lire cent vingt ans, depuis que l'empereur Léon risaurien l'eut intro'hjite (Sî)). — Voij, l'article sur le Tiir concile général de CoNSTAWTiNopiE (30). — iMaJs, nous l'avons dit, celte hérésie, ou si l'on veut simplement son esprit, se perpétua bien plus avant dans les âges. C'est ce qu'il faut mohfher. , ... *

X. Avattl, hous lions arrêterons quelques instants sur un historien, ennemi du chrislianisme, qui s'ost complu à défigurer la question des images. Cet historien, on le devine, c'est Gibbon (31J.

Il dit que « la classe a'bommes et le seie le plus porté à la dévotion, chérissaient, en secret, le culte des idoleê, » et. qu'h Nicée a Talliance des moines et dés femmes remporta. une victoire décisive sur la raison et Y autorité (^). » Quelleélail Vetie auCoritif ni plus ni moins que « le pouvoir civil uni au pouvoir eccié-M'aslique sous le règne de Constantin Copronyme; » l'historien aurait pu dire aussi sous le règne de Léon l'isaurien, lequel pouvoir « avait renversé l'ombre de la superstition (le respect des images) sans en eklirper la racine. »

Le pouvoir civil, absorbant le pouvoir rcligifeiix, c'est l'idéal des ennemis ou des adversaires de TEglise, de louies les couleurs et de loulps les époques. Biais ils n'ont pds encorda dit, ce que la dignité et la liberté humaines nôuvaient gagner dnns la mise en pralir^ûe ofe ce système (33). .

Les moines et les femmes Remportèrent donc un éclaiant tfiomphe, h Wicée, sur la raison et sur Vaulorité l Mais oi!i l'historien anglais a-t-il vu des moines et des femmes

rontemporain, on sait assez qu'on en trouve la réhilatiou chez les pîus importants écrivains catholiques qui s\iilac1ieut à «ombattrelcs sopliinnics du Protestantisme.

(50) Sous le titre de : Précis historique sur les conciles œcuméniques de Consiantincple.

. (31) Voir, sur Gibbon, Examen critique de* doc* frlnes de Gibbon, du docteur Strauss et de M Salvador, par M. N. S. Guillun, 2 vol. iii'8» 4841, ei V Etude sur C historien Gibbon, par M. fabbé Christophe, in hl^ 1852. Lyon.

(52) Gibl)On, ilist, de ta décad. et de ta diute de rEf'p, rom\ t. IX, p. 540.

(3î) M. B. Toujoulai, flisi. des Papes, t. Il, p. 2 jO.

ICO

DE!;H!ST. UNIV. DE l/rOUSB.

ICO

ciîi concile dç Wic(^eî {Vnj. cÎMio^isKs n"' ÏV el W) Eu fnilito moines, nous ii*flpprccvons o«ie rcuT auxquels Léon risniirien el son \\U Copronyme avaient fflit conpor los mains, parce que ces mains avaient tracé l»s images de Jésus-Christ, de Marie sn l'cs-sainle Mère, des anges et des sainte, Sonl-ce \h des actes que les amis de l'humani«é et les amis dos arls pouvaient approuver? En fait de femmes, .nous ne voyons apparaître* au concile da Nicée, que TimiM^ratrice Irène (3^). « Elle était imbue, dit (•il)bon,.du fanatisme des Athéniens, héritiers de ridolflfrie plutôt que de la philosophie de leurs ancôlres. » Voilà h quoi se réduit ia critique de Thistorien a4iglajs sur les images (35). Esl-ce sérieux? Pi^.ssQns donc et.arrirons maintenant aux faits qui raonlrent que. l'esprit de Thérésie des Iconoclastes s'est perpétué dans la "suite des temps.

XI. Au moyen âge, les mille sortes d'hérétiques qui inondèrent le midi de l'Europe renouvelèrent plus ou moins l'Iconoria«me. Wicleff légua è se^i partisans Pacfusation d.*idûlfttrie contre l'Ei^lise romaine. fin héritant de toutes les hérésies précédentes, )e Protestantisme n'eut garde, en effet, d'oublier lés aveugles fureurs, des Iconoclastes; il en renouvela les barbares excès et les mutilations sacrilèges. . .

Dès l'an .1522, C/^rlostad entrait dans l'église .de tous les Saintf^, à Willemberg, en vociférant ce texte du DeuUronome :

« Tu ne feras point d'images taillées; » et la plèb*», ameutée par S'»s paroles, brUait les statues, brûlait les tableaux, renversait les autels. A Zuricii, Zwingle faisait casser à coups de.marlenu les verrières irDagé'i, et jeter au feu les livres d'Heures illustrés.

I-uther essaya de modérer celte fougue de vandalisme, non par amour de l'art, maïs par un reste de respect pour la liberté :

« Je veux, disait-il, qu'on attaque les images par la parol^- et non par la flamme; elles tomberont. d'elles-mêmes, quand le peuple

6;lairé svnra qu'oils ne sont rîen aux yeux de Dieu. »

Ce fut Calvin qui se chargea de faire en grand celte éducation populair»». Il proscrivit tonles les œuvres d'art comme des signes d'idolâlrie; il changea l'autel en une lahie vu'gaire; il chassa (]es églises la croix, les rnges et les saints; il blanchit à la chaux les fresques des murailles, et il poussa si loin l'aversion de tout ce qui , dans le culte divin, pouvait parler h l'imagination, qu'il condamna môme les ornements sacerdotaux, el les remplaça par. une robe de chambre de funèbre couleur. Tous les ministres du xvi* siècle, il e^t vrai, ne s'astreignirent point à ce spmbre costume; et plus d'un prêchait l'épée au côté, avec un f^ourpoint violet et des chausses de chamois. C'est ainsi qu'on revenait à la primitive Eglise.

La Réforme, en grandissant, devint de plus en plus vandale. La guerre des paysans de Souabe el de Franconie, celle des anabaptistes deMmster, la ligue contre Charles- Quint, firent de l'Allemagne un vaste amas de ruines. Partout, le culte était banni, les monastères saccagés» fes églises dévastées; Avant Calvin, Genève était un centre ar^ listique ; mais elle est restée stérile depuis ,que la Réforme en a rasé les monastères si riches en scupltures, les églises si parées de fresques et de vitraux peints, pour ne laisser debout que la cathédrale qui, veuve de tous ses ornements, semble porter le deuil d'une foi qui n'est plus.

. En Angleterre, ce fut sous l'égî le de là loi que le vandalisme exerçi ses déprédations. Henri VIÏI,. aidé du Parlement, fit démolir 90 collèges, 110 hôpitaux, 2,37'i. chapelles ; il supprima 6^5 monastères, afin d'en pourvoir ses dignes favoris. Ôuant à lui, il se réservait les églises. C'était dans son trésor que passaient les reliquaires de prix, les statuettes d'argent, les livres plaqués d'or, les diptyquesd'i voire elles croix émaillées. Quand les temples étaient compjétemerit dépouillés , on les démolissait do

(5i) Voy, notre anicte fitcÈR (vu* concile géaér^il , îe»u en 787, à) — CN^st le 2« concile tenu à Nicée.

f?.5) Tn aiiire liisiorît^n de nos jours, M. Ampère iîlht Un. la Frmiee avant le xu« tiède, t. III, p. 5i) v*mU qnc tes Livreg carotins dont nous avons f¥;âi pin rieurs fois pnrlé,.et qui comliattaienl les »rie<i du concile de Nicéo, soient Tœuvre presque nnique de («barlemagne; et, selon lui, f on ne peul niVf qu*cn attaquant le cuite desimagfsv Charlemagne ir^^aîi de loin U route où les réromLiteurs «(^ précipiereiii depuis avec tant d*emporienienM fl iijoute : c Chàrlcmagne, le champion de la p:i- P3>iié a donc, sur un point i m ponant, devancé If» proieslantisine ; le Germain €harle$ n devancé le Vermain Luther, i Assurésneiit, cVsL là une antillièse etagér^e, pous<^é» à restrôme. Nous uk le nion% ''pas Ma«s, malgré tout ce que peui d<re M. Bapiisiin Poujoulai (iii$t, dei Papa, t. Il, p. i5l), il est positif que la doctrine des Livra carolins était en opponition formelle avec mu ro«ic»le €Be<iu)éoique et surioni avec les sentiment^s cliiT4inrni exprimés tUt Pape Adrien 1"'; il est c^ilcuicul posîtit q'ie ta conduite de Ctiaiicivngue

3 ni Inspira ces Livret, s'ils ne sont pAS de lui, qui, ans toes les cas, les soutint pondant un certain temps, et que la conduite des évoques qui partagèrent rofûniondu prince, que tout cela, disons-nous, ne fut pns sans exercer, dans la sniie, quelque f&cheuse influence sur les esprits. N'était-ce pas, mut au moins, d*un mauvais exemple! Tout, dnu» l*erreur comme dans la vérUé, dans les plus petites insul)ordi nations envers le Saint-Siège comuio. dans les plus gmndes el les plus déterminées, tout $•; lie et sVncliatue, tout apporte son contingent, en luen ou en mal, à un temps donné. On ne peut do*»c disconvenir qu'au fond (et à quoi Ikmi cacher ce qui saute aux yeux ?) le champion de h papauté ne s'est p?s montré, dans cctje circouslance, comme dans bien d'autre?, fils si soumis et ci disposé à tout sacrifier pour le Vicaire de Jé^us- Chrisi, qu*on a bien voulu le dire et 1<: répéter, et qiiM a réellement donné Teu aux esprits indépen» danii de Dieu et de t^en Vicaire (mais lori déoeu-' dants de César), de se rattacher à lui par quohpie €éé.

TCO

mtTlOWAÎRE

ICO

fond en romi»le , €l on en ven<l»iil l\ Vvncnn les plombs, les ferrures, les boiserios oi les pierres, au profit du défenseur de [a foi.

La France a été moins d(^va<!l6e qne l'Angleterre par les fureurs de la Rt^forme ; m«is pourtant interrogez les souvenirs de Lyon, de Nîmes, de Montauban, de Bézîers\ de Paniiers, du Mans et de tant d*aulrcs vilh*s. Que de mona^^tères réduits en cen^iresl que d'images brisées 1 que de châsses réduites en lingots I que de précieux vôtemenis lacérés 1 que d'églises et de chapelles, chefs -d'eau v>e du moyen Age, ont été entièrement la proie de la flamme el dn fer I Combien d'autres, après avoir été injurieusemenl mutilées, semblent n'élre restées debout que pour perpétuer le souvenir des sacrilèges, profanations qui n'pnt été égalées que dans les barbares orgies de y3.

Voil?», bicrj en raccourci, cbmmeni.je Prbleslantjsmea ressuscité riconoclasme(S6). Le saint concile de Trenlç a donc eu be^-oin de décréter que « Toh doit conserver principalement dans les églises les im.ages de J^sus- Chrisl et des saints pour leur rendre un juste tribut d'honneur el de vénération ; Bon mi'on les croie douées de quelque dîviniié ou de quelque vertu qui leur aliire ce culte, ou qu'il faille leur demander Oo^rqUe, faveur et mettre en elles sa confiance , h rimltallon . des. adorateurs des idoles; mais parce que Thonneur mi'on leur rend se rapporte aux originaux qu elles représentent (37)... ■

', Plus tard, les Jansénistes, qui renouvelèrent tant d'erreurs, en les adoucissant toutefois, ne purent manquer do tomber dans un Iconoclasme mitigé. Indépendamment de leur haine pour la nature non viciée par la chute, et indépendamment de leur séVéHté h condamner les formes de

l'art, ils in vinrent, en ce qui concerne '« question spéciale qui nous occupe, ju$]ir^ enseigner dans leur synode de Pisioic :

qu'il faulfairî disparaître des églisps los images do la sainte Trinité, de p«ur de jelcr les simp'es dans ranlhropornorphisme : Propos, 69, léméraire, contraire nu pioux us^gc de l'Eglise; —- nù'nn doit b'éincr cm.» culte spécial que lesOdèles rendent de préférence à une image qui leur inspire plii-î de çonfi?ince : Propos. 70, téméraire, pernicieuse , injurieuse h l'Eglise qui a;>piouvo ce culte, elà l'ordre (Je la Providence, qtii n'attache pas également ses faveurs atonies les mémoires des maints ; — qu'il ne f/nP pas désigner les images de la sainte Vicr^M^ par d'autres dénominations que celés qui .sont relatives aux mystères dont rEcriinro fait mention : Propos, 71, téméraire, offensive des oreilles pieuses , injurieuse h la très-sainte Vierge f38).

On le voit, les idées iconoclastes ne périrent point. Si elles s'endormirent on quelque sorte \)Oiit se réveiller avec plus «le fureur vers la fin du xii* siècle, avec les Albigeois, qui ressuscitèrent les excès et les doctrines monstrueuses du Manichéisme, elles ne ce<îsèreni point d'«ffliger rE.:;h*se. Cflr les Albigeois les léguèrent aux Vaudnis

S ni, h leur tour, les transmirent aux Wiclétes, aux Hussiles, aux Zwingliens, anx Calvinistes ; et de nos jours, après avoir passé par les Jansénistes, elles sont dans toutes ces innombrables sectes qui pullul< ni dans les pays prolestants.

XIL Dn fait ressort surtout^ de l'étude nui précède; c'est que les Iconoclastes, to.is les hérétiques auraient tué l'art dans ce mon<le, « si l'Eglise catholique, source de tonie lumière, de toute bonnecivilisation, ne s'en était faite la vigilante gardienne (39). »

. (56) Depnis. Iqngfemps saris donie , ajonie M. , TaUbé Gtorhl«t auquel nous Vivons emt>ronté les dé- . liiîls.qni précètient, le prolesta nlîsine a condamné lui-même ces excès du passé. Mais il est resté radiralement impuissant à produire une expression artistique de sa pensée, et il ne pouvait en être au- , irement. La concept'on du hean dépend de TintH- Migence du vrai, el Part cliréifen n'est qu*une forme i de la vérité chrétienne. Comment donc le pro« /te^^intîsme pourrait* Il réaliser par feipression m^lériene les'ldi^es surnaturelles d*unité, ifordre, I d'harmonie et dé beauté, dont te type ne peut rcii- !.der que dans la religion de toute vérité? L'an chré- ^ ifeh, d^ailjcurs, est essentiellement symbolique. Le ] symbole est aussi nécessaire à sa vitalité que le [ signe Test an sacrement. Le proiesta^itisme, obligé [ de proscrire IfS symboles qui reçoivent leur l'onsé- \ rrsilion de la liturgie et de la tradition, se condamnait par là même à la phH complète àtérilité e l réalisait la prophélte d^Erasme qui s*étail écrié : Partent où régnera la doctrine de Luther, partout 4'*éfeindra le culte des beaux-'nrts. Celle prcd clion s'est. accomplie dans tous les pays réformés, pour raTcliilcciure, la sculpture ei la peinture. Les prulestants, après avoir répudié le style gothique, n%iiit p:is Ku se créer une are hllt^ctnre religieuse. Ils ont installé leur ciiHe dans nos églises, quand iU n*eu ont pas fait des granges et des fabrique^. Leur moderne architecture u'cst pas nue œuvre d'art ;

c'est nne aflaîrc d*enlrepHse, nne maçannerîe \)U^ ou moins lourde oii Thabifeté de la truelle, rempiu'* Piiispiration du génie. Chaque fois que je suis enito dans un temple protestant, en France, en Ali'-innf;ne, en Angleterre ou en Hollande, je me suis in<i. jours senti saisi d'un froid glacial, en voyant r s eneelnles mesquines el réCrécies, sans croix, s.lll^ figores, ssn« symboles, sans ornements, et j« «ic suis demandé pourquoi on ne fixait pas TltcM talion des voyageurs catholiques par une inscription (|i>i dirait k tous les yeux : Ceci est une église. (M. Tatriié Corbtcl, De Vinfluence dn prote*taHti»me sur Us leitres H les arts, broeh. in-8, 1859.) (57) Cône. 7rtd., sess. xxv.

(38) Voff, la Bulle Auctorem Fidel , dont le pn<sage est riié par M. Tabbé Guyot^ Dict, des hévcsiet, 1 vol. in -8, 1856.

(39) M. Baplistin Pouionbt , Histoire des Pa >r,i d^uis saint Fierre jusque la formation du pouvoir temporel, etc., 9 vol. in-8, I8G2, 1. 1, p dl4, — H est certain que c'est TEglise romaine qui a ronsorvé le type du beau comme celui du vrai. Ilnrs ilo son sein, Tari rçligieiix perd sa vitalité. Lo s< l)is!i)<^ ^ec, en s'is([)lanl de Rome, s'est isoté «lu luonvc' meii^ rivins^ietir et sVsi immobilise (liiii« le< fornrs byzantines. Quant au protestantisme, il u\i rt(Mi rré*^; dan« les aits comme d.uis le dogme, il n .i montré d'c«iergie ( el nous ven<ms iren faire voir queiiiuo cboie) que p;>ur^ier et |Miur déifiiiie.

Page 1