‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. EncyclChapitre 14 sur 57 · SI ICO DE L'HIST. UNIV · texte numérisé non relu

SI ICO DE L'HIST. UNIV

On Yout bien, même de nos jours , reronnailre celle vérité ;el l'on va souvi^nl jtisqo'A rendre un hommage sincère h Tarldii moyen âge. Mais, au milieu de celte imparlialiii^ que les hommes instruits veulentbien professer aujourd'hui, que d'erreurs encore, àrel égard , Ton rencontre. dans dos pages s^rieusejî en appnronce et dans des articles môme où la f»olémique,seniljle n*appnra!lre que comine une. étrangère I C'est aiosi que

DK LtOUSE.

TCO

nous lisions naguère,., dans une feuille jçrave (40), Us lignes suivantes oïl Thérésie des Iconoclasies est racontée avec une confus'on de mcUs ei d'idées qui troublent la vérité historique : « Owe-lques sophistes religieux, nous dit-on, n'allèrenl-iis pas cr«îhdre que des pinceaux chrétiens ne mêlassent aux saintes imagesdes beautés païennes?

Malheur aux peuples qui voient des princes .«ans lumières assis sur un trône absolu !

•lia empereur né dans une famille obscure, Léon r/jffuneii, déclara la guerre aux image* Vtsautien ne vînt pourtant point à

bout de ses projets ; t^qru'un cof?ct7c at^ai/ proâcrit fui remis par iin.nutre concile en honneur. Une impératrice, Thèodorra... rétablit le culte des images comme représentation d'objets sacrés . 9

Nous no nous arrêterons pas à montrer qne le motif de. cette guerre aut. images est iri inUiqoé de la. manière la piusdéplorAbte : la proscription tombait directement ^nr les imagées elles-mêmes, sur Vidoldtrie dont on accusait l'Eglise, ce qui éiiit bien autre chose que la crainte d'un mélaftge de benuiés païennes avec la représentation de Jésus-Chrisr, de la très-sainte Vierge et des ^aîhlîj. C'était I2 guerre faite au bon sens et ail cfBur, en même temps qu'à la foi catlM)liquè ; c'était l'influence musulmane intert§it2njt i,u s^ïh du Christianisme , avec la préleniion de le>urï/îerj c'était la barbane délroisant , an ijôro d'une jéforoao religieuse, la piété, l'intelligence et l'art.

. Mais, dit un écrivain (41), comment cnrac- (érîsQr cette phrase étrange où, laîssanl dans l'ottbLi la lotte admirable de la Papauté el de répîscopat. Adèle, les douleurs, la sficnceet le courii^e des Sf)jiverains Pontifes qui ont sauvé alors comme» toujours la civilisation avec la doctrine, on jette i^ap dément aux lecteurs la penséed un co»- «•«/« proicrivant ce qu'un autre concile quelconque remiV, bientôt après, en honneur ? Ksl-il possible d'employer ainsi le même mot sans aucune explication, pour design* r la révoittt ai Ip droit, l'erreur coupable et la vérité «ainle î Que serait-ce donc que le Ç laveroement de. rEgfise « admettant un jour rbérésie pour la repousser Le lenile- " «in T Où,serait i*uni//de sa foi, cette unii^ qui traverse les siècles, et qui est un des caracières essentiels et divins de.son autorité? N'ja-t-il pas dans Içs seules parolies <|oe QDQs venons de rapporter une attaque

profonde cotitrcje catholicisme tout enliei ? Et il s'agit pourtant d'un des faits les pins mémorables h loufi les points de vue ; d'une longue série d'événements où des personnages célèbres et nombreux sont en cause ; d une des luttes de l'Eglise les plus fécondes en conséquences graves pour la situation et la vie des sociétés modernes I Et on ne laisse pas même entrevoir, dansi ce^e phrase légère, que l'hérésie des Iconoclastes, ainsi que le conciliabule où elle avait été approuvée,, furent condamnés soleimellement par un concile général, «cum^niçttf, c'est-à-dire pa^und^ ceux dont il n'est pas permis do méconnaître le caractère, pour peu qu'on ait étudié les premiers éléments de l'histoire I Voilà comment on dépose l'erreur dans l'esprit du public, sans se rendre compte de la valeur des termes et de la réalité éclatante des faits; voilà comment on propage l'indifférence et le mépris pour Tautorié la plus haute qui soit sur la terre, et qui, alors même qu'on aurait le malheur de ne pas là croire divine, devrait encore être vénérée eomme la source et la gardienne, ici-bas, de tout ce qui honore et console les hommes I

J) aille^urs, pas un npm de Pape n'est prononcé par l'auteur de l'écrit qui nous - (^ùpe en c^ moment. Cette mention singulière de co»c//ej se détruisant l'un l'autre est plarée entre le nom d'un empereur et celui d'une impératrice, dont l'une rétablit ce que le premier avait attaqué. Rome n'est l'objet d'aucun stïuvênir. Les Pontifes do TEglise universelle, qui, dnnsrel espace de plus de cent années, ont éclairé le monde et confondu par leur héroïsme tous les persésécuteurs ; ces Papes, qui voulaient sauver l'Orient avec l'Occident à une dos ér)0.|ues les plus troublées de l'histçîîrd dp. I humanité, — et qui soutenaient les martyrs de Constantinople, pendant que les menace^, les guerres et les complots les entouraient eux-mêmes, — on ne daigne pas dire qu'ifs ,se| soient occupés un instant de défendre le Vrai, Je Upn et (e beau, contre le mensonge et ta barbîarie ignol^lq et, atroce l Tout serr^ble s'être passé saris eut dàiis l.ç combat comme dans la victoire; elle lecteur fîbnfrait penser que les siècles suivants, enrichis des monuments nouveaux de Tart catholique, en même temps que des trésors ai\ciens conservés, ne doivent au Saint-Siégc ^june reconnaissance!

Peul-$ire répondr*a-t-on qu'il ne s'agissait point défaire un traité historique, ou mêine un résumé co'mplel.des événements, et qu'à peine a-t-on voulu rappeler, en passant, (e I souvenir des' Iconoclastes. Mais puisqu'on a xru devoir flétrir ce grand scandale de la haVne déplojée'coutre l'art au ^lom d'une doctrine; puisqu'on a prétendu (fn indiquer avec gravité les fihases essentielles, pourquoi iaire ce qui domine tout dans ce long et douloureux débat? Pourquoi ne pas dire, au moins en uu

tUl) U Journal des D^fra/s Juillet 1860.

(41) M.AOrien Jeîlturet, dont nous empruntons

dans cQWt réfutation, les solides et excellentes réflexions.

IDA DÎCTIOXNAIRE lïM 2t

«iMil mot, ofï r 11 In vôriiablo dcf.>n^e dil Iren ol Sàlvion dlaient voisins. Hygin en averiii

contre le mal, où fui la source «Je la con^J- Mnce, Tévôque dont nous parlons ,dûns cri

tance invincible ; où fnre it. h la face du aiiicle.

mon. le, le triomphe et la gloire? On pftrPe Fleury nous résume, ainsi qu'il suit, le

des peintres qui fùrènl mis h mort; pourquoi f^n^^ ^e* i^ doclrine abôminab'e dp ces hé-

ne pas dire qil'il y eut d'autres victimes? r(^tiques(W) : « Leur doclrine était celle dos

On s'écnie : « Malheur aux peuples qui manichéens, mêlée des erreurs des gno^ti-

voienl des princes sans lumières assis sur nn trône absolu !» Il fallait ajouter, pour être entièrement dans la vérité historique :

Malheur a\ix peuples quand lés princes veulent attenter au\ droits de Dieu, aut droits de son Eglise, et qu'ils Irouveni h leur disposîlioh, comme le fils de Léon Vlsaurieftf ])àuv son faux concile, des évéques esclaves et prévaricateurs! Malheur aux sociétés chrétiennes si, au milieu des provocations au schisme qui peuvent partir de la plumô d'un scribe obscur comme du caprice des rois, l'Eve lue universel, le Pasteur des pasteurs, n'était pns toujours viv.**nl avec son autorilé suprême, avec la difTosiôn de sa parote, pour maintenir la YériCé inviolable,

Four empocher Tadoralibn delà force et de orgueil humain, pour instruire et diriger dans les choses divines, — aux jours môme iïe ses plus cruelles épreuves, — les nations et les puissants deoe monde!

IDACE (?i-2),:év<>que de Mérida en Espagfie, nu iV siècle, qui combattit les Priscillianistes, liérél'ques qtron commenta fe connaître, en Occident, vers celle époque. Disons d'abord un mol de celte hérésie pour n'avoir plus à y revenir.

I. Son premier auteur fut nn nommé Marc, égyptien deMempliis, qui, étant venu en Espagne, eut pour disciples, premi^'roment, une femme de quelque consiiléralion, nommée Agape, et ensufte un rhéteur, nommé Elpidius, nuiré parcelle femme.

Ils instruisirt'ni Priscillien, dont la secte prit le nom ; c'était un homme noble, riche, et d'un beau naturel, d'une grande facilité ^ parler, capable de soutTrir la veille et la faim, vivant de peu, désintéressé mais ar- «lent^ inquiet, vain et enflé des études profanes auxquelles il s'était appliqué; car il avait bea4ïcoup de lecture et une curiosité ihfi.iis qui l'avait porté, disait-on, jusque dans la ma^ie. Il aliira à .«^a doâri.ie plusieurs personnes nob'es, et plusieurs du peuple; surtout dos femmes peu fermes dans la foi et dn;atrl(:cs de nouveautés. Ces sortes de femmes accournient en foule autour de Priscillieo, qui s'attirait un grand respect par son extérieur humlïle et son visage composé. Celle erreur avait déjà infecté la plus grantfe partie de i'Esjïagne, et môme quel- (pies év(!q'.i«*s, entre antres Inslanliiis et S.1 vien, q»iî commonyaienl à former un parii pour la soub.'Hir.

Le premier qui s'en aperçut fut Hygin oi Aiigip, évoque de Cordoiie, do:a Jn'stanlius

ques et de plusieurs autres. Ils disaient que les âmes élaient de même substance que Dieu, et qn'elics descendaient volontairement sur la terre au travers des sept cieux, et pàr.certains degrés de principautés, pour combattre contre le mauvais principe auteur du monde, qui les semait en divers corps de chair. Ils disaient que les hommes étaient attachés h certaines étoiles fatale.^ et que notre corps dépendnil des douze figures du Zoiiaque , attribuant le Bélier è 'a tôle, la taureau au cou, les Jumeaux aux épaules, elaiii'ii du re^le, suivant le^ rêveries des astrologues. Ils ne confessiiienl !a Trinité que de parole, disant, avec Sabelliu«, que le Père, le Fils et le Sainl-Espril étaient le même, sans aucune distinction réelle de personnes. Ils diiïéraienl desmanîch^^en^, en ce qu'ils ne rejetaient pas ouvertement l'Ancien testament : mais ce n'était qu'artifice, car ils expliquaient toiit par des allégories, et joignaient aux livres canoniques beaucoupd'Rcriluresapocryphes.

Ils s'abstenaient de manger de la chair commiB immonde; et, en haine de la g(^néralron, séparaient les mariages, malgré la partie qui n'était |)as de feur opinion : di<^ant en géftéral, que la chair n'était pas l'ouvrage de Dieu, mais des mauvais anges. Ils s'assemblaient de nuit, hommes et femmes, priaient nus, et commettaient beaucoup d'impuretés, qu'ils couvraient d'un secret profond : car ils avaient pour maxime de tt»ut nier qnand ils étaient pressj^s, ce qu'ils etprimBient par <in vers latit», qui signifie : Jure, parjûre-'iai, ne (rahis le secret (kk). Ils jeûnaient le dimanche,le jour de Pâques, et le jour de Noël, et se retiraient, ces jours-'ii, fiour ne pas se trouver h l'église : tout cela, parce qu'en haine de la chair, ils croyaient que Jésus-Christ n'était né ni ressnscilé qu'en apparence. Ils recevaient dau< l'église fËucharistie comme les autres, mais ne la consommaient pas. »

ïî. L'évèque Idace ayant donc connu ces abominations, attaqua înstantins et les auircs priscillianisles; mais il le fit avec tant d'nrdeur et d'emportement, qu'ftu lieu d»? les ramener, il ne fil que les aigrir. Et, (ie S'mi côJé, Hygin de-Cordoûe, qui les avait poursuivis le premier, eut le malheur de se laisser honteusement corrompre et roçui Instanias h sa communion.

Enfin, "anrôs plusieurs disputes, il se tint un concile à Sarra^o^se, où les évé.pies (|*.\qiiiiainese trouvèreiU avec ceux d'Espagne.

(iî) Tnihène confond cet Idice av^c un anfre du nom (riUi.)ciiis, aiHsi espngtiol, cvérpic deClè- ^fî», et .luieur irmu' Chronique HMï ctimiiiciicc à la première annc«2 ilc ThcoiioàC. ci liuil à U\ oiixicne

lie l'cmplrft de Léon, <|iii ci»îi en '4^7. (Sig^'herl, in {.al aï., c 18 Cl tri Chrome. A. (I. V)0 )

(43) //i»/. erc'Jï.» liv. xvn, ii. 50, 57.

(U) L-o. ipisi 15, al. î)3, al l\n\h, c. iv, li.

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