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de Noiorius. La |iremière en aj>pelant Jesas-ChrisI Dieu non fait, c*e$l-a-dire non créép mais engendré du Père ; et les deui autres, en attribuant au même Christ deux générations, l*une de Dieu, Tnulre de Marie, ainsi que d*êlrc h )n fois homme et Dieu, passible et impassible, la vie et la mort.
Mais comme ceux qui, du vivant des apAtrès, enseignaient en scoret que le Verbe divin n'avait pris de la chair humaine que r^ppiirence, et consé(]uemment qu'il n*avait souffert, qu'il n'était mort et ressuscité ou'en apparence non p)us« répandaient alors effrontément leur doctrine impie, le saint combat en particulier cette hérésie dans la plupart de ses Epttres, en signale les auteurs, sans en nommer cependant aucun ; dépeint leurs mœurs et s*atlache à en inspirer aux fidèles une souveraine horreur.
Mais où plus expressc^ment encore îl traite cette matière, réfute les mêmes erreurs, trace \ki caractère de leurs auteurs et enseigne la conduite qu*il faut tenir à leur égard, c'est dans la lettre qu'il écrivit de Troade h ceux de Smyrne. Après les avoir fl^licités pour la fermeté de leur foi en Jésus-Chrisf , il les exhorte à se prémunir contre les hérétiques, è éviter mémo leur rencontre, se bornant à prier pour eut, afin qu'ils se convertissent. Le saint ne veut pas écrire leurs noms, parce qu^ils sont infidètis, ni même faire mention d'eux, jusqu'à ce qu'ils viennent è repentir. Leurs mœurs n'étaient pas moins corrompues que leur foi. « Ils sont, dit-il, entièrement privés de charité, ne prennent aucun soin de personne, ni de la veuve, ni de Tarphelin, ni de Popprimé, n! de celui qui est dans les chaînes, ni de celui qui en est délivré, ni de celui qui a faim, ni de celui qui n soif. Ils s'abstiennent de l'Eu* charistie el de la prière, parce qu'ils ne veulent pa$ confesser que l'Eucharistie est la chair de notre Sauveur Jésus-Christ, la* quelle a souffert pour nos péchés, et a été re<isuscitée par la bonté du Père. Il faut donc s'éloigner de pareilles gens, et même ne parler d'eni ni en public ni en particulier. »
Dans l'Epttre aux Ephésiens , saint Ignace dit : « Notre Dieu Jé$us-Christ a été conçu de Marie, selon la disposition de Dieu, du sang de David et du Saint»Esprit; il est né et a été baptisé, afin de purifier l'eau par sa Passion. Trois choses furent cachées au prince de ce siècle :1a virginité de Marie, son enfantement et la mort du Seigneur; trois mystères éclatants , mais opérés dans le silence de Dieu. Comment donc fut-il manifesté? Une étoile parut dans le ciel, qui surpassait en splendeur toutes les étoiles; sa lumière était ineffable, et sa nouveauté causait à tous de Tétonnement. Tous les autres astrea, deconeert avee le soleil et la lune, Ini faisaient cortège, et elle répandait sa lu* mière sur toutes choses. Pendant que Jes hommes cherchaient la cause d'une nouveauté ai étrango, la magie fut détruite, l'ignorance dissipée, faricien empire abattu;
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Dieu s'étant manifesté dans l'homme pour nous communiquer une vie nouvelle et sans fin. »
V. A ce que nous avons rapporté déjà, touchant le mystère de riucarnatton,' il faut ajouter ce qu'il enseigne touchant la nécessité de croire en Jésus*Christ. « Que p^^r* sonne ne se irompe, dit-il en écrivant à TK- Klise de Smyrne, el les rréatures çi^ieslfs. et la gloire dès anges, et les princes visibles el les invisibles, s'ils ne croient au Sang de Jésus-Christ, seront sujets au iu^emeni. »
El dans rEf»îire aux Phiiadelphiens : «Ainu>ns les projdiëtes, parce que eux aussi ont aonoucé l'Evangile, espéré dans le Christ et vécu dans son attente; et pour avoir cru en lui, et avoir été unis à lui, ils ont oblena par lui le salut. Aussi furent-ils dignes d'amour et d'admiration, et ont-ils mârilé qiit' Jésus-Christ leur rendit témoignage et qu'ils fussent comptés dans révangiîe de Ves\iéranre commune. » Et plus bas : « Il est la porte du Père, par laquelle sont entrés Abraham, Isaac, Jacob, les prophètes, les afiôtros et l'Eglise. » Et dans la lettre aux Magnésiens : « Les divins prophètes ont vécu suivant Jésus-Christ; aussi ont-ils été persécutés, parce que, inspirés de sa grAce, ils ont proche aux incrédules un seul Dieu, qui s'e^i manifesté par Jésus-Christ, son Fils, lequel est son Verbe éternel et ne procède point du silence. Si donc ceux qui ont vécu dans t'aiH cien ordre de choses, aspiraient à la nouveauté de la vie; si déjft, disciples de Jésus ils jetaient sur lui leurs regards et Tattendaient comme leur maître; si, en récompense de cela, il lésa ressuscites d'entre les morts, comment pourrons-nous vivre sans lui?»
De ce que les ancien^ Pères ont été justifiés moyennant la foi seule et respérame dans le futur Messie, te saint connlùl, nonseulement qu'il n'était plus nécessaire d'observer les cérémoniss légales, simples signes des mystères futurs; mais encore que celte observation était vaine, superstitieuse, et incompatible avec In profession du christianisme : a Devenus disciples de Jésus- Christ, dit-il aux Magnésiens, apprenons à vivre selon le christianisme. Quiconque s'appelle d'un autre nom, nest pas de Dieu.
Jetez donc le mauvais levain,vieil)i et aigri, et iransformez-vous au levain uouveauqui est Jésus-Christ. C'est une chose absurde de profbsser Jésus-Christ et de judaïser.Le cliristianisroe n'a pas cru au judaïsme, mais le judaïsme au christianisme, afin .que toute langue fidèle s'untt en Dieu {Wj. »
Pour ce qui est delà véritable Egli5e,saiut Ignace en expose les caractères, qui sont d être une, catholique, incorruptible et apostolique. « Par sa résurrection, dit*il dans un endroit, Jésus-Christ a élevé son étendard dans tous les siècles, pour réunir ses saints et ses fidèles, Juifs ou gentils, dans le corps un de son Eglise (65). » Et dans un autre : « Où esl Jésus-Christ» là est l'Eglise
(64) Ad Magnti.
(63) Ad Smyrn , n. !•
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DK L'niST. UNIV,
rMtioli<|U8(G6).» Ailleurs : «^Le Seigneur a f^çu roticiioii sur sa iè(e» afin de communiquer l'iDCorruptibilitéi l^Eglis^e (67). » Ensuite, comme nous l'avons dëjh fait remarquer, rien n&se voit plus fréquemment dans ses lettres que des exhortations aux fidèles d*êlre soumUàrévAqueetaui prêtres comme à Jésus-Cbri5;t et aux ap6tres, sans doute parcequ'ila avaient reçu/cbacun suivantson degré, ta puissaBceet l'autorité communiquée h Jésus-Cbrist pur le Père, oi aux apdires par Jésos-Chrisi. En somme, saint Ignace nou.H donnée entendre que, dans cette société unîTerselle, ainsi subordonnée, TEglise romaine a la présidence, et, comme Jésus- Cbri»t, une surveillance qui s'éiend partout. Cette humble soumission à Tautorite de TEglise est le moyen que le saint martyr présente, le plus souvent, comme le plus eflicace pour se préserver de la séduction et do IVrreur. Ainsi, après avoir dit aux Tralliens : « Gardez-vous de pareilles gens, » c*est-èdire des séducteurs et des hérétiques, il ajoute «ussitAt : « Ce qui sera, si, au lieu d être enOés et superbes, vous demeurez inviolablement unis è Dieu Jésus-Christ, à l'évèque et aux préceptes des apôtres (68).»
Comme la foi et la charité sont les liens qni nous unissent intérieurement avec Jésus*Christ et son Eglise, de môme les Sacrenienis sont les principaux instruments par lesquels le môme Jésus nous communique les fruits de sa Passion et de sa mort, (t les sacrés liens oui unissent extérieurement les hommes oans un môme corps de religion. Nous trouvons dans les Epltris du saint martyr les plus hautes idées sur la pluiiart de nos Sacrements.
VI. Hais ce qui est surtout digne d'observatton, ce sont les endroits où il i>arle de la divine Eucharistie, ainsi que de ToMation et de la célébration des saints mystères. D*abord rious avons un témoignage irréfragable de la Présence réelle du cori^setdu sang de Jésus-Christ au Sacrement, dans celui où il fait mention de certains hérétiques qui s'abstenaient de la prière e\ de rfiucharislie, parce qu'ils refusaient de confesser qu'elle est ta chair de notre Sauveur, laquelle a souffert pour ramour de nous et qui a été ressuscitée par le Père,
La prière dont s'abstenaient ces hérétiques était la prière publique et solennelle, ordonnée principalement pour la consécraliondes divins mvstères, ei qui avait son coraplémeut dans la communication qu'en faisait aux assistants celui qui présidait rassemblée sainte. Comme, d'après un trèsaiinieo usage, dont nous avons les preuves dans les Pères et les liturgies de toutes les Sglises, ceux qui distribuaient les dons sacrés disaient ces paroles ou d'autres équivalentes : Le corps ^ le iang de JéiUi'Chnsl ;
(66) Ad Snif^ra., n. 8.
(e?) Ad tphe$..n. 17.
(68) Ad TtmU., o. 7.
Ad Magnei.f ii. 7.
70) Ad Phiiaàelph., ii.
DE L'EGLISE. h,^ :«
ot que ceux qui les recevaient étaient obli^é-« de répondre: Ametif « il est ainsi, ainsi je le crois, ainsi je le confesse; p il n'est point h s*étonncr si les hérétiques, qui ne croyaient
1)as que TEucharislie est la vraie chair de ésus-Christ, n'assistassent point aux assemblées des fidèles ou à la prière solennelle.
Mais comme il est impossible que tes hommes s'unissent en un corps de religion sans In communion de queli)ue signe sensible, les hért^tiques et les schtsniatiques de ces temps célébraient è part leurs illégitimes assemblées et leurs profanes mystères. C'est pourquoi le saint martyr ne cesse d'averrir les fidèles qu'il n'est ()u*un temple de Dieu, un autel, une Eucharistie (69); parce qu'il n'y a qu'une ch«iir de Noire-Seigneur Jésus- Christ, et un calice de son Sang (70); comme il n'est qu'un évoque avec les prêtres ot les diacres (71); qu'on ne doit regarder comme Eucharistie légitime, qne celle qui est célébrée ou fiar l'évéque ou par celui auquel il en a donné la permission (72); finalement, que celui-là seul est pur, qui vient à Tautel unique, auquel assiste l'évéque avec les prêtres et les diacres. Ce qui, ilnns ces paroles, mérite une attention particulière, c'^st l'expression d'autel employée par le saini martyr encore ailleurs pour désigner la table sacrée sur laquelle se célèbre la solennelle obiation du corps et du sa:ig de Jésus-Christ; obiation qui, par conséquent, doit être regardée comme un vrai et propre sacrifice, y a^ant une connexion nécessaire-entre le sacrifice et l'autel.
VIL 11 est encore çà et là, dans les lettres de notre saint louchant la doctrine et la discipline de l'Ëglise, des choses dignes de reuiarque, mais qne nons ne ferons qu'indic^uer à la piété des lecteurs.
Ce qui lui faisait désirer si anlemment In martyre, c'était, entre autres ciioses, la persuasion qu'aussilôt après sa mort il jouirait do la présence de Diea dans le ciel. Il écrivait ainsi aux Romains : a Pardonnez^ moi, mes frères, ne m'empêchez point d'aller k la vie; laissez'^moi jouir de la lumière pure; quand je serai là, je serai toui de Dieu. Il e:it eu moi une eau vjva qui me dît intérieurement: Allons au Père
Il élait persuadé encore qne les saiois^ lorsuu'iis sont dans le ciel, ii oublient point l'Eglise, ne laissent pas d'aider les fidèles qui vivent sur la terre; de là cet affetluaux souhait dans sa lettre aux TraUiêm :
« Puisse mon esprit vous sanctifier, nonseulement à cette heure , mais encore lorsque je posséderai Dieu (74) I »
Les premiers Chrétiens avaieni la oouiume de s'assembler et d'adresser à Dieu des hymnes de louanges en l'honneur des martyrs qui avaient heureusement terminé leur
(71) Ad Smyrn., n. 8.
(72) Àd Trait., n. 8.
(73) Ad Roman, , ii. 6, 7.
(74) Ad Trall.. ti. 13.
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gJorieai coniiiat. Noire saint parait faire allusion à ce4 usage, quand il écrit aux Romains : « Le plus graiid bien que vous l^i^issiez me faire, c*esi que je sois inimolé» tandis que l^aulei est prêt, afin aue vous chantiez en chœur des hymnes de louantes au Père en Jésus-ChrlM, île ce qu*!! a bien voulu appeler i*évéquc de la Syrie, de rOrient en Occident, pour y mourir au monde et nattre i Dieu (75). »
Il fait entendre que les deux princes des apôtres, Pierre et Paul, ont été les apôtres [larticuliers des Romains, quand il leur écrit : c Je ne vous commande point comme Pierre ni comme Paul; ils étaient apôtres, moi je suis un condamné; ils étaient l.bres, moi ie suis encore esclave : mais si j*ai la grâce de souffrir, je serai un affranchi de Jésus-Christ, et en lui je ressusciterai libre (76). »
Encore qu il exhorte les fidèles d'Kpbèse (77) à s'assembler le plus souvent que |M>ssible, pour offrir à Dieu des actions de grâces ou l'Eucharistie et leurs tributs de gloire; les Chrétiens, néanmoins, le faisaient alors spécialement le jour de dimanche, qui, comme il l'insinue dans son EpUre aux Magné$ien$t avait succédé au sabbat des Hébreux (78). A la fin de sa lettre à l'Eglise degmyrne,il salue les vierges appelées veuves, parce qu'elles avaiefit été admises dnos Tordre des diaconesses , qui , suivant l'Apôtre^ devaient être du aombre des veuves.
Vlil. Telles sont les instructions que notre saint donnait aux Eglises de TAsie.
il aurait pu écrire des choses plus abstraites et p'us sublimes, mais il voulait s'accommoder k riotelligence de chacun , et n'écrivait point pour faire montre de son savoir; la science la p!us grande, si elle n'est accompagnée des autres vertus , ne suffît |K)int pour être comptée au nombre des disciples, et c'était la seu'e gloire à laquelle aspirait J.gnace. C'est pourquoi il écrit aux Traltiens ; « Ne puis-je pas écrire les choses célestes? Mais jai égard è vous, de peur que ne pouvant encore comme de petits enfants les comprendre, vous n'en preniez de la peine. Sachez donc que, bien r}iie je sois dans tos ^chaînes, bien que je puisse entendre les choses célestes, les chœurs des ang4fs, les dispositions des pnnci (tau tés, les choses visibles et les invisibles, je ne me mets point encore pour cela au nombre des discipies. Il me manque encore ' beaucoup pour n'être pas éloigné de Dieu (79). »
Les mêmes sentiments d*humilité éclatent encore dans toutes ses autres lettres. « Do ce que je suis enchaîné pour le nom de Jésus-Christ, écrit-il aux R()hésiens, je ne suis lias partait pour cela : je commence
(75) Ad Roman., ii. â.
(76) Ibid., n. 4.
S 7) Ad Epheê., n. i3« ^) Ad Magnei.^ n. 9.
'79) Ad Tro//., n.5.
;aO) Ad Efhu.y u. 5.
seulement aujourd'hui à être disciple (80). n Et aux Magnésiens : « Bien que daus les chaînes, je ne mérite point d'être comparé h aucun de vous qui êtes libres (81^. » Aux Tralliens, aux Romains et à ceux de Smyrne :
« Souvenez-vous dans vos prières de TEgiise qui est dans la Syrie, dont je ne mérite pas seulement d'être appelé évêque et Père :
je suis même confus d'être compté au nom-»
lH*e do ses enfants, étant le dernier de tous et un avorton (82). »
Dans les écrits et les Epllres des apôtres, nous avons la doctrine qui leur fut immédiatement enseignée par Jésus-Christ* Dans les Ëpttres de saint Ignace, nous voyons cette même doctrine interprétée par les apôtres à leurs premiers disciples : aussi
Kuvent-elles être regardées, ainsi que oous vous déjà insinué, comme ie canal le plus respectable des traditions apostoliques. C'est pour cela que nous avons cru devoir nous j arrêter un peu, afin de donner une idée juste de la doctrine et de la discipline de l'Eglise, contre lesquelles l'hérésie s*est emportée dans ces derniers siècles avec tant de violence (83).
Nous ferons encore une courte remarque et nous terminerons. Toutes tes Epi très de ce héros de Jésus-Christ Noire-Seigneur, à l'exception de celle qui est adressée aux Romains, portent le même titre: « A l'E^libe bienheureuse qui têt à Ephèse, r^ oùorp kr "B^àcip ; è l'Eglise qui est i Magnésie, à l'Eglise qui ê$t à Smyrne, à Traites, è Philadelphie. » Mais son langage est bien différent quand il écrit aux Romains ; son fipUre alors commence ainsi : « A l'Eglise bien-aimée, qui est éclairée par Celui q*ui ordonne toutes choses conformément à la charité de Jésus- Christ notre Dieu, qui préside dans le pays de Kome, à l'Eglise qui préside dans la charité 4r'C xpotiàjetai kr té:i(fi xdpoit^i^o^tùir..,, 9taï xpojeaertiiérri tHç àpxxfiç, digue de Dieu» digne d'honneur, qui mérite d'être heureuse, d être louée, qui est conduite et gouvernée avec sagesse, qui est chaste, etc.|» etc. (8k) »
Celte différence dans la suscrintion des Epitres de sainte Ignace est capitale. Fleurjr se ^arde bien de la faire remarquer. Le cardinal Orsi a observé que cette différence était fondée en raison, et il en lire è l>on droit une preuve de la suprématie de l'Eglise romaine. Il est bien certain en effet que si cette sainte Eglise n'avait pas été, dès Torigine, considérée comme la première, comme la Mère et maltresse de toutes les autres, saint If^nace n'aurait pas employé à son éçard ces distinctions honorables de cordial et profond et amoureux respect.
Les sept Epttres de saint Ignace, qui n*ont rien de comparable en leur genre dans les écrits des Pères apostoliques, sont citées telles que nous les avons par saint Irénée,
(81) Ad Magneê., ii. îl.
(8i) Ad 7rai/., II. 5; ad Roman., ii. 9; ad Smyrn,^ ii. il.
(83) Le card. Orsi, lib. m ; Lenourry, Apparat» ad Bmiolh. PP.
(84) Coielier, Patra opo«r., t. Il, p. 56, 30, W.
DBL*HIST. UNIY. DK L'EGLISE.
Busèoe, sétni Alhanase, mm Jérdme, ThéodoreC. Noos en a^ons plusieurs éditions, dont les meilleures sont celles d*Dssérius, de Vossius et de Cotelter. Wake, archevéoue de Canlorliéry, en donna une traduction anglaise, en 171&. Elles ont été aussi traduites en français par différentes plumes (85). PItisieurs doctes écrivains placent la mort de saint Ignace en Tan 116 de Notre- Seignear Jésus-Chrisl. Mais les Actes de saint If^nace confirment la date que nous arons indiquée, de manière ft lever tout doute possible : PrœiidenUbus apud Romaiio«« Sara ei Senecione secundo ; c'est-à-dire en Tan 107.
IGNACE (SàinT), patriarche de Constantioople, au iv* siècle. L*origine du schisme des Grecs commencé par Phoiius persécuteur de saint Ignace et usurpateur de son siège» fait de la vie de ce bienheureux une des plus belles pages de l'histoire ecclésiastique. Rien ne manque au saint patriarche pour être grand devant Dieu et les hommes : Tédat de sa naissance et, pardessus loot, la persécution et la sainteté.
I.ll naquit à Constantinople vers l'an 799; il était par sa mère, Procosie, petit-fils de remperear Nicéphore,et eut pour père Michel, qni,de la dignité de curopalate ou maître du palais, fut appelé par la volonté de& grands et du peuple h occuper le trône impérial. Modeste autant que pieux, doux autant qne ferme, il céda devant la révolte de Léon rArménien» général de ses armées, et se retira dans les ties Princesses, afin «Tôviter l'effusion du sang et les horreurs d'une gnerre civile. Toute cette pieuse famille embrassa Tétat monastique. Léon TArménien, dans la crainte que les enfants de ses prédécesseurs ne laissassent une postérité qui lui eût disputé peut-être le trône h lui ou aux siens, rendit eunuques les trois fils de Michel, quoiqu'il fût leur parrain. Ignace, qui s*a()pe)ait dans le monde Nicétas, n'avait alors que quatorze ans.
Le futur patriarche n'eut rien à souffrir ensuite de la part de Tusurpateur, et il lui fut donné de vivre tranquille sons les règnes de Michel le Bègue et de Théophile. Ils vivareut lui et les siens uniquement occupés des pratiques de la piété et des exercices de la pénitence. Dieu, qui voulait le sanctifier en le faisant passer par le creuset de la persécution, permit que Tabbé du monastère où il habitait mit sa foi aux plus rudes épreuves. L*abbé qui était iconoclaste et d*an caractère violent tendit des pièges à son orthodoxie. Ignace en sortit victorieux et eut la gloire d'endurer d*indignes
traitements poor le culte des saintes images. A la monde son persécuteur» tous les moines relurent è l'unanimité pour leuc abbé, fl fonda trois nouveaux monastères dans trois petites tIes, et un quatrième sur le confinent, lequel prit le nom de Saint- Micbel. II sut par sa bonté, sa prudence et sa charité» se concilier Testime, Taffection et la vénération de toute sa , nombreuse fhmille spirituelle (86). II a^ait reçu les ordres sacrés de la main de BâsiTe, évèque de Paréon ou Paros, dans l'Hellespont. Câ prélat avait beaucoup $>oufl'ert dans la persécution exercée par les iconoclastes contre les orthodoxes. Il ordonna Ignace premièrement lecteur, puis sous-diacre^ diaere et enfin prêtre.
Comme les Catholiques ne voulaient point communiquer avee les briseurs d'images^ plusieurs fidèles de Constantinople et des villes voisines de Bithynie, menaient leurs enfants au prêtre Ignace afin qu'il leur conférAt le saint baptême. Le saint instruisait tous ceux qui venaient k lui, et le»
fortifiait contre les attaques de l'hérésie; il assistait ceux qui étaient persécutés, emprK sonnés, bannis et privés de leurs biena.
Il était secondé puissamment dans ces œuvres spirituelles et corporelles de .miséricorde, par sa mère et sa sœur qui consacrèreut leur belle et longue vie, leurs mains, leur cœur et leurs richessas à tous les serviteurs de Dieu. Tel était Ignace quand, le 4 juillet 8&6 ou 847» il fut préféré à tous ceux que Ton proposait pour remplir le siège de Constantinople laissé vacant par* la mort de saint Méthodius. Le nouvel élu était Agé d'environ quarante-huit ans. Ht tint le siège patriarcal trente et un ans (87).
IL Son élection rehaussa l'éclat des vertus qu'il avait acquises dans la retraite et Jui l'avaient rendu digne de l'épiscopai.
lais la liberté généreuse avec laquelle^ il' reprit les pécheurs, et surtout les pécheurs publics, lui attira les plus cruelles persécutions. Bardas, oncle [maternel de Michel Il( aui était alors sous la tutèle de Théodora^ t au saint patriarche un mauvais p«rti parce qu'il en avait regu une tuimilialioa pu«blique.
Ce prince adultère avant osé sa présenter le jour de l'Epiphanie à la sainte table pour y communier de la main d'Ignace, ne fut pas admise la participation des saints mystères.
Irrité d'avoir encouru l'excommunication, il résolut de se venger,, et il trouva bient&t une occasion favorable de le faire d'une ma- . nîère éclatante. Ignace dont l'Aine était inaccessible à l'intimidation, et incapabla de
(8S> Nous croyons inatlle d^indtqiier la iraduelioa que nous avons des Epitres fie saint Ignace, depuis le P. Le Gras, dans ses Outragée de$ SS, Pèret qui onl vécu du îempi dt% apàlre»^ i vol. io-19, 17J7, Jiisqo*à Tabbé de Genoude, ésna ses Piret de VEgHie des troU premien siiclest lom. I, 1857, p« tSi ei aaiv. Noos ne mauiffierons pas toatems de msaiianDer la botte EuiOe de M. Tabbé Vrej^ sur saini Iguace, dans son. Cours d'élo-
ùuetwtiacrée^ tee Pères apoêtoliques et leur époqi^e^ 111-8, 1859, leçons zvn, Yvin ei xix.
(86) Fleory, Hhi. eeeléê.^ liv. XLVin, n. SV8.
(87) Fleury, Rolirbacber, etc., disent» dans un endroit, qu*il siégea oose ans et demi ; pois, (tatis un autre, ils le font mourir en 878, et disent qu*il siégea trente ans. Le vrai^ t*est qu'il- fîit élu eii- 8i7 et qu*il liiourat en 878 to iS octobre,, re qai fait bien trente et tia ans de patriarooiv . .
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DICUONNAIRB