‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. EncyclChapitre 17 sur 57 · TON · texte numérisé non relu

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faire rien par faiblesse» refusa hardiment e4 respeclneusement à la fois de se prôter aux hydres injustes de Michel qui.è la sollicitation de Ikirdàs, lui avait enjoint de couper fes cheveut h In régente et à ses trois filles. Le courtisan présenta ce refus sous les couleurs les plus odieuses, et il accusa tnôme le patriarche de souffler le feu de la révolte. Ignace fut enveloppé dans la disgrâce des princesses, chassé de son siège et exilé dans rtle de Térébintbe, où était un (les monastères quM avait b&tis. Ni les menaces, ni les promesses, ni les mauvais traitements ne purent rien sur son cœur, il ne cons.entit jamais à donner sa démission.

Photius, créature de Bardas, fut donc élu aii mépris de toutes les formalités usitées dans l'élection des évèques.

Gel indigne successeur du saint patriarche assembla un concile h Constantinople en 861 pour le condamner (88). t'empereup Michel Ill,ditl*lvrogne,vrai héros de renipire d'Orient, protecieur de l'évoque intrus, at persécuteur acharné de Thomme apostolique, contraignit Ignace à assister à cette assemblée non en habit de prêtre o^ de patriarche, mëis vêtu comme un simple moine aa milieu de 3l6 évéoues.

Le saint eut è souarîr les insultes et les outrages les plus cruels tant de la part du

K4nce que de celle des deux légats.

odoaide et Zacharie qai représentaient le Saiut-Siége, se rendirent» au mépris des ordres formels de Nicolas r% coupables de la nrévaricaiion la plus odieuse (89). Du reste les Pères du concile n'ayant pu lui extorquer sa renonciation au patriarcat, te dépouillèreiit de ses habiis et le renvoyèrent couvert ffe baillons. L'inhumanité de Bardas et de Michel ne fut pas satisfaite de cet ignoble affront. Ils le firent enfermer dans le lombeao de Copronyme et le livrèrent à trois hommes barbares pour le tourmenter. Après l'avoir défiguré h force de coups, ils le laissèrent longtemps couché presque tout nu sur le mnrbre au plus fort de Thiver. Il pasRa quinze jours dans cet affreux état, souffirant du froid, de la faim et victime de mille insultes et de mille violences de la part «*e ses bourreaux.

Comme ils ne purent vaincre sa constance, l'un d*eux lui prit la main de force et lui fit faire une croix sur le papier qu'il porta ensoite A Pholins. L'intrus y ajouta ces mots : « Ignace, indigne patriarche de Constanli* nople, je confesse que je suis entré irrégulièrement dansle siège patriarcal et que j'«i gouverné tyranniquemeni. » Michel le fit relâcher sur cet aveu prétendu, et lui permit de se retirer au palais de Pose, que 1 impératrice Théodora sa mère avait fait bâtir.

Le saint confesseur en appela au Pape Nicolas 1*' qui, indigné de fa conduite de ses légats , déclara nul tout ce qui s'était fait au

(88) Voy, Pariicle Baudas (Pairice^ iom. lU ciil. i035, lOSd.

(89) FInwy, Uv. l, n. il, li. 13.

(»0) Ibid., 11. 14. ta et p:i»«im.

(91) Yoy. ÏMMoirê,d4 P/ioM'ni, pairiêrcke dt

concile de Gonslantioople, c'eM*&-di>e la déposition du patriarche légitime et l'ordination de son persécuteur (90).

On voit par les réponses du Pape qu'il regardait Ignace comme le seul vrai patriar* che, et qu'il jugeait l'élection de Pbotiua ir^ régulière. « Nous avons, dil-il à l'empereur, les lettres que vous avez adressées et è no<is et à Léon noire prédécesseur ; vous y ren* dez témoignagne à la vertu d'Ignace : vous regardez son ordination comme canonique , et maintenant |vou6 voulez t>oua le re^résenter comme usurpateur du siège de Constantinople t »

ll[. Photius qui avait également reçu une lettre du Saint*Siége, la supprima pour lui en substituer unn autre qu'il avait fabriquée lui-môme, et qui, on le pense facilement, était entièrement à son avantage (91). L'intrus, ayant fait d'inutiles efforts pour gagner Nicolas, résolut enfin de s'en venger. Il inspira ses sentiments de vengeance 5 Michel, et Tan 866, dans un synode tenu k CP., ils eurent l'impudence de prononcer une sentence de déposition et d'excommunication contre le Souverain Pontife (92). Ce fut là la première origine du schisme déplorable des Grecs qui dure encore, et dont Dieu seul pourrait nous révéler la On.

Bardas, qui avait suscité tant d'orages et déchaîné de si furieuses tempêtes aur la tête du saint patriarche, reçut le juste châtiment de ses crimes de la main du souverain dont il avait ilalté les honteux désordres, et contre lequel il avait conspiré. Peu de temps après Michel tombait sous les coups du César Basile le Macédonien qu'il avait associé à l'empire (93). Ce soldat do fortune ne se vit pas plutôt possesseur paisible du trdne qu'il exila Photius dans rtle de Scépé et fit revenir le patriarche légitime sur le siège doni il était si injustement privé depuis neuf ans. Ignace rentra en grande pompe à CP. : ainsi le voulait Basile. Autant le noble confesseur avait paru magnanime dans l'adversilé, autant il parut humble au milieu des honneurs et des applaudissements.

Dès qu'il eut repris possession de son siège, il demanda au Pape et è l'empereur là convocatiiin d*un concile général. Ce fut le huitième de toute l'Eglise et le quatrième de Constantinople : il s'assembla dans l'église de Sainte-Sophie sous la présidence des légats du Sauverain Pontife Adri«;n II.

On y prononça anathème contre l'intrus et contre ses aahérents. Mais Ignace ne fut pas longtemps tranquille sur son siège.

IV. Photius recommença bientôt aes intrigues. Il s'efforça de faire encore chasser JgnacB et de reprendre son Ëglise. Mais voyant que l'eatreprise était trop diilicile, il tenta au moias de se faire reconnaître comme évèque par le patriarche même.

CP., aie, par M. l'abbé l»ger, i vel. In-S, ItU, liv* 11.

(U2) Fleary* <a«. Mf., al liv. un, n. % m. 978.

i»5) V^. TiirUcle iiftiU ts MAOÉaeaiifi , I* II, col. HU.

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DE LDIST. V^Vf, nâ L'EGLISE

Ignitee ne céila point i ses lo^portuni téf, ^t detneiira toojmira aUacbé à t observation (tes canoiiSy qai ne pemèttent rm» de rétablir ce^ai qu*UH concile a dépose, sans Vm^ tori'é d'un |»ltis grand concile. Outre qii*rl se fût mis en péi-il d'être déposé lui-même, eu contrevenant au jugemeiH qn*ii svait rendu» Photius» qui ne s'embarrassait pas des eanoiiSy reftrit de iui^aiêese les foneiions ^piiseopsles, et, densevrant dans le palais ; nomsié Magnattre, il établissait des supérieurs de moines et faisait des ordinations, abusant de la iK^toplaisance de l'empereur.

Cependant le patriarche, ftgé de près de quatre-vingts ans, lomba malade et vint è Texirémité. Au milieu de la nuit, comme on disait rOffice auprès de lui, le lecteur lui demanda sa bénédiction, suivant la coutume.

Jgnace Bt le signe de la croix sur sa bouche et dit d'une voix faible: « Oje quel saint fait-on aujourd'hui la mémoire?» On lui .

répondit: « De saint Jacques, frère du Sei^v gneiir, votre ami. » Il n^poudil, avec un grand sentimcnl d'humilité: « C'est mon mettre 1 » Puis il dit adieu aux assistants, prononça la bénédiction et ei^pira aussitôt^ • C'était le 23 octobre 878, de sorte qu'il avait tenu le siège de Coiistantinopla plus de trente ans, jr compris le temps de l'usurpation de Photius (9ih).

On revêtit le cor}>s de saint Ignace de son habit pontifie»! et par<*deÀSus oq mit le Palliuui Je saint Jacques, qu'on lui avait envoyé de Jérusalem quelques années auparavant, et qu'il chérissait tellement, qu'il avait ordonné qu'on TenterrAt avec. Il Ait mis dans un cercueil de bois et porté It Sainte-Sophie, pour l'aire sur lui les prières accoutumées. Les tréteaux sur lesquels II avait été exposé et le drap qui le couvrit foirent mis en pièces par le peuple pour tes «carder eouime des reliques. On transféra tecorps k l'église de Saint-Menos, où il fat quelque temps en dépôt, et deux femmes possédées y furent délivrées. Puis onlemitdansune Ijar-* que, on le passa k régliseSaint-Miehel, qu'il avait i>Atie, et on l'etiterra dans un tombeau de marbre, où il se fit plusieurs miracles.

L'Eglise, tant grecque que latine, Tbonore comme saint le jour de sa mort.

IGNACE, patriarche des Syriens. Voy. les articles Abdall4, archevêque d'Rdesse, et EuGkNB IV, Pape, n. II.

IGNACE DE LOYOLA (Saint), fondateur de la Compagnie de Jésus au xvr siècle, c'estk-dire précisément au tempe où éclataient les révoltes de Luther contre l'Effiise catbo^ Kq«e, pour la défense de laquelle Dieu ne eesse de susciter des ouvriers capables de parer aux besoins de cette sainte Eglise, selon les circonstances et leadifllculrés (9&).

L Ignace de Loyola naquît l'an 1491 dans cette partie de la Biscaye qui porte le nom

(9i) Zoiiare, Cedrène et Nicéias-DavitI, Me du

(95) fay. la Vie de iaint Iqnaeê. par le P. iloiib04irs. 1 voL iii-è, 1776. -^ ÛiêU de 4Qmt Igaaee é€ Loffola et de la Compagnie de Jéêue, par le. Il«

de Guîpuscoa. Sa fkmtlla était noble et di^rtinguée dans la provinee. Il fol élevd k la CMt d'Espagne parmi lès pages du roi et prit le parti des armes. H se distingua par sa valeur en ptnsteura reneontres, et ne son^ geait qn'k acquérir de la gloire et k vivrecenfonBément aux idées (hj momie. Mafs \e moibent marqué par ia Providence pour sa conversicm ne tarda pas d'arriver. H se trouva assiégé dans la dtaiiefb de Pempé« lune, où il parut pfas d'une foiasur ia brèche, ' soutenant aivec un- courage intréfdcte plusieurs assauts, daos l'un desquels il eut la * jaoïbe cassée d'un coup de canon, et c'en fut * fait dès lors de Loyola pour le monde et les luttes sanglantes.

Ignace se fit transporter an château de Loyola, qui appartenait k son père. Comme > sa guérisoii fut longue et difficile , il de« manda quelques romans pour se désennoycrr il ne s'en trouva point dans le château ; on loi apporta les Ftea de$ Sainu, et il aim»' mieux les lire que de passer ses jours dans une ennuyeuse oiaiveté. il fut frappé tie^ tout ceque ces héros du ebrisiianisrne « vaieul ' fait pour sauver leur âme, et il prh la réso^^i lution de les imiter. Il eut le teaopd d# Couiner k loisir le projet de sa conversion, el' M peut dire qu'elle fut faéreiquii et digne de son grand eœ»r.

Dès qu'il fui parfaitement gniri, il aerendil k Moat^-Serrat, lieu célèbre pal* le cemcourr des pèlerins et par ia dévotion des fidètee qui y aeoouratent m fouie poiir implorer !•• Mère de Dieu. Il fit une eonfessien générale de tous les péchés de sa vie avec tant de componction et de larmes, que son confes-seur en fut vivement touché. Il veiHa unei nuit devant une image de la Mère de Dieu eil suspendit son épée à un des piliers de Té* glisH. Il donna ensuite aux pauvres les rieties liabils qu'il portait, se rendit k l'hé^ pital de Manrèzes , dans l'équipage le plus pauvre et le plus humiliant, et a'attecba a»

service des malades. kMgré son déguisement, on s'aperçut aisément de sa conditio».

Voyant qae l'on commençait k le tespecter^ il alla se cacher dans une grotte proche <ié^ la ville, oik l\ fut uniquement occapé de tA* prière et des eiereices de la pénitence.

Ce fut Ik qu'il composa le livre des Sxbt* cieeê spjrtiusb, qoi a donné ia première idée de ces retraites où Ton ne s apidique qu'k méditer les vérités du salut, et qai ont porté tant de frnit dans les âmes. Igoaca voulut visiter les lieux saints,, et ut le voyage de Jérusaleas* A son retour, itréso^ lut de se consacrer aux travanx de raposte*lat. il vint k Paris , l'an lKi8, pour y iatM ses études; c'est alors qu'il s'associa qoel««

3uea compagnons qui étudiaient comme lei ans l'Université, et aa'il jeta les fondemenla d'une Compagnie d'nommes apoatoiiqoes»

P. Barllioli, lésuile, irad. de Tiiat., 3 vol. in- 8, f S4I. — Hhi. de la Compaptie de Jé»Ui depuiu $a fondation^ par i.-M.-S. Daurigaac, i voL in-li m%, teai* I, p. 11 eiraniv^

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DICTIONNAIRB

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lieslinés k Ciire one guerre é&ernelle aux ennemis de Jésiis^hrisiet de l'Eglise.L'ao iS3'«, ils firent tcbo, dans l'église de Monlmartret de se rendre dans la Palestine, poar y Ira- ▼ailler à la conversion des infidèles « ou, si ce voyage ne pouvait avoir Heu, d^aller se présenter an Pape pour lui offrir de traTail- !er sous ses orares partout où illui plairait de les envoyer.

Le Ptpe Paul 111 reçut avec plaisir les of* fres de ces neuTeaiix oavrierst et les em* ploya uiilement poar le serriee de TEglise, qui était alors déchirée par Thérésie dans toutes les parties de l^urope. IN étaient habiles et formés par on grand maître dans la science des saints. Ce fut l'an 15M) que le Pape donna son approbation à la Compagnie, établie par saint Ignace, qui en fut élu le premier-général. Ce ne fut pas sans répugnance qn*il accepta celte dignité, et quelques années après il résolut de s'en démettre; mais aucoo de ses disciples ne voulant y consentir, il s'attacha à les gouverner avec une profonde sagesse et un zèle encore plus grand pour la gloire de Dieu et pour les latérAts de l'Eglise.

IL Cette Compamie fit par ses soins de rapides progrès. Il ne cbercbait dans son établiasement que l'utilité du prochain» la gloire de Dieu et l'avantage de la religion; et lool le teiftps qu'il pouvait dérober au gonvememeni de son Ordre il le consarrail aui bonnes œuvres. En même temps» le Ciel le favorisait d- un grand nombre d'extases et <i^appariiioes miraculeuses» qui marquaient 1« pureté de son Ame et son union intime t^^ftt Dieu; on pouvait le regarder comme un parfait modèle de toutes les vertus reli« gieiises dont il donnait des règles aux au* très. •

Ce grand saint ne sortit que deux Ibis de Home pendant son généralat : la première fuis pour aller, par ordre du Pape, rétablir la paix entre les habitants de Tivoli et leurs voisins de 8en-Angelo ;. la seconde, pour v& ceacilierèNaples Te due Ascagne Colonne et leanne d'Aragon, sa femme. De la ville éternelle» Ignace gouvernait tous les ouvriers de l'Evangile disséminés dans le monde. Il prenait parti leurs combats : il s'associait aux maux de TEglise et cherchait i réparer sea pertes. De plus, il s'attachait i exciter le zèle des princes tels cfue Jean 111 de Portu-^ ^al, le roi des Romains, le cardinal Henri» iniantde Portugal; Hercnled'Bste»dtt<^deFerrare; Albert de Bavière et Philippe d'fispa-

Îne, et s'efforçait de les gagner è la cause e rSgiise : mais plus d'une fois ii fut déçu dans ses espérances» tant il est vrai qu'on . ne peut point compter, comme dit le Prophète-Royal, sur ceux en qui n'est point le taiut : NolUe eon/idere in principious^ in pOê hominwin^ t» quibuê non $it $altM (96).

• Cependant la santé de saint Ignace» minée par Qfis travaux non interrompus, menaçait ruine: Il voyait sa fin approcher» et ne ces-

sait de s'oceiftper des soins qae réclamait la CompagDÎe; enfin le mal fut pins fort même que son courage. Laynez» plus ^une, mais aussi affaibli que son mettre» était lui-même dans un état k peu près déses^iéré. Dans cette situation» Ignace crut opportun de s'assoeier un Père qui veillerait pour lui. Il no voulut pas faire ce eboix lui-ménae; il as-* sembla tous les prêtres de la Société résidant è Rome» et il leur deiwioda de. lui donner un vice-gérant. Le P. Jérôme Natal fut indiqué.

Ignace se déchargea sur loi du sMn des affaires : il se réserva seulement celui des malades» ne croyant pas pouvoir en conscience s'en reposer sur personne, et jugeant qu'un supérieur était obligé de pourvoir luimême aux besoins de ceux qui le reconnaissaient pour leur Père. Ainsi toute son application se réduisit là, et on ne peut s'imaginer combien sa tendresse paternelle le rendit sensible aux moindres incommodités de ses enfants. Il disait que c'était par un ordra particulier de la Providence qu^il avait peu de santé; que les différentes indispositions auxquelles il était sujet, lui faisaient ressentir davantage les maut d'autrui et lui donnaient de la compassion pour toutes sortes d'infirmes. Mais quelque peine ^u'il prit è consoler et è soulager ceux qui se portaient mal, il n*était jamais content lidessus, et il dit un jour que le soin des malades le faisait trembler, quand il pensait aux obligations d'un bon supérieur.

Quoique ses infirmités» qui augmentaient Ions les jours avec TAge» ne lui permissent pas d'agir au dehors» il voulait qu*on lui rendit compte des bonnes œuvres d'éclat qui se faisaient en Italie et ailleurs. Il apprit un jour que des jeunes gens de Hacérala ayant préparé une comédie peu honnête pour les réjouissances du carnaval» les Pères qui y étaient allés en mission de Lorette» avaient exposé le Saint-Sacrement dans une chapelle magnifiouement parée, qu'on y avait fait la prière de quarante heures durant les trois jours qui précèdent le mercredi des Cendres, el que le )ieuple, attiré (mr une cé.rémonio toute nouvelle » avait quitté le théêtre pour venir adorer Jésus-Christ sur les autels. Cette dévotion plut tant è Ignace» qu'il voulut qu'elle se pratiquAt toutes les années dans les maisons de la Compagnie, fit c'est à lui que nous devons ces prières solennelles oui se font aujourd'hui partout, pendant les derniers jours du carnaval, pour retirer les fidèles des débauches et des folies da la saison.

Se sentant un jour plus faible que de coutume, et considéraiit que l'obéissance était l'arme et le caractère de son Ordre» il Ht appeler le compagnon de son secrétaire; et après lui avoir fait entendre qu'il no pouvait plus vivre longtemps^ il lui dicta ses dernières volontés sur la .vertu d'obéis-

(96) Pjo/. cilv, î. — Voy. mu, de lalitl Ignace de Loyola, fondaieur de h Compagnîe de JéiUif par M. D»urignac»2vol.in-iSI, 1862. '^ ^

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DE L'HIST. UNIV. DK L'EGLISE

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sance, et ce fui li le (estamenl qu'il laissa à ses disciples.

Saint Ignace de Loyola mourut le yen*dredi, 31 juillet 1S56, h cinq heures du matÎD, en prononçant Iô nom de Jésus. Il était Agé de soiianle-cinq ans. Il avait désiré trois choses sur la terre : voir les Souverains Pontifes confirmer son Institut* les entendre approuver le livre des Exereiceê ipirituels^ H savoir que les Conaiiiolions de TOrdre était promulguées partout où travaillait un de ses disciples. Ses trois souhaits étaient arconiplis : Ignace mourait heureux. H fut Béatifié » en téOO, par Paul V, et canonisé, en 1G22, par Grégoire XV. On enterra saint I^oace dans la petite église des Jésuites, dédiée sous Tinvocation de la Mère de Dieu.

En 1587 f on transporta son corps dans iVglise de la maison professe, nommée t7 GiesUn que le cardinal Alexandre Farnèse avait fait bfttir;onle mit, en 1637, sous l'autel de la chapelle qui porte le nom de saint Ignace. Il est renfermé dans une châsse extrêmement précieuse.

KNACE DE CACIADOR, religieux me^ chiiariste au xviii* siècle, mort en 1780.

Peu Après que le docte et pieux Mechiiar eut fondé la Congrégation de Saint-Lazare, qui s*agrégea èfOrdre de Saint-Benoit pour mieux conserrer les antiques et véritables traditions de ses Pères (flTT), Tun des premiers Mechitaristesydit le cardinal Pitra (98), le P. Ignace de Caciador, composa un Martyrologe fait avec beaucoup de recherches sur les anciens Ménologues. Il parut en 12 vol. tn*8« 1810-18U, snus ce titre : Vie de ioui les Maints du Calendrier arménien. C'est malheureusement tout ce que nous pouvons dire sur ce pieux et savant religieux.

Le docte Pitra, qui nous fournit ceslignes nous apprend encore qu'un autre religieiix raechîtariste, le P. Jean-Baptiste Aucher, à qui le monde érudit a tant d'obligations, ajouta à ses titres- en publiant avec beaucoup de notes et une récension nouvelle, le Martyrologe du P. de Caciador, distribué en douze tomes, pour les mois de Tannée (99). Nous ajouterons que l'on doit aussi au P. Jean-Baptiste Aucher la Chronique d'Eusèbe, publiée avec le texte arménien, accompagné de la traduction latine (100). La découverte de ce manuscrit

(97) Voir noire article : Lazare (Gouveni de Saint-.)

(98) Etudes sut Us Boltandisteê^ par Dôm Pitra, îihS, 1850, p. XXI, IHêsert. prélim

{W) Vie de tous les saints du Chteudrier atméuieUf avec des noies ei des gravures, IS vol. in-a, 1HI0-I8li, publiées par le R. P. J.-B. Aucher; antre é<fii. in-lol. san< les noies, abrégé (en 2vol. in*e*. 1800, par le mène J -B. Aucher.

(iOO) Eusebti Pamph., Chrof^eon ërm.^ lai. et grec., 1818, 2 vol. in-a. M. AdMberi de Be:«umonl du que c la iraducfion latltie d*Atigelo Mai est loin de valoir ceHc du savant Mechitariste. » Voy. L»i Mekitûfîstes. tiaHes sur ie coûtent des Armement à Yefdse ei à Pûrfif dans la Retue orientaU, année iaS4, p. 74.

(101) En 1837, M. Bugèoe B*iré nous apprenaii [Vy§. le Couvent de Saint-Lazare à Vfitiie, Hûioire

a prouvé rulilité de la langue arménienne, dont la traduction faite anciennement a servi à reetiiier plusieurs fautes du texte grec, et h éclaircir la chronologie de Pantiquilé (lOn.

ILLIBEUIS. Voy. Blvire.

IMAGES. Voy rariicle fconoci.ASTFs.

IMMACDLÉECONCEPTION DELA TKES- SAINTE VIERGE. Bien que M crovanoe à rimmacolée Conception d^e la très-sainte Mère du Fils de Dieo n'ait point été définie dès l'origine du christianisme, il n'en esl pas moins certain qu'elle doit être aussi ancienne que TEglise.

En eiïet, l'Epouse du Sauveur ne crée pas des dogmes; elje ne ie pourrait pas d'ailleurs. La mission de ceux qui la gouver* nent maintenant et qui la gouverneront jusqu'à la fin des siècles n'est pas, ne sera jamais plus étendue que celle des apôtres. Ceux-ci avaient été envoyés pour porter aux peuples l'Evangile et ce qu*ils avaient appris de Jésus-Christ Noire-Seigneur, Ceuxlà, c'est-à-<lire leurs successeurs, n'ont pas plus qu'eux un ministère fondateur; ils ne peuvent que propager la religion et la iransroetlre, comme de fidèles gardiens de l'excellent dép(it qui leur a été confié : Bo^ num depositum cûstodi per Spiriium Sane/um(102).rif{iut donc que les dogmes qu'ils nous proposent aient toujours été enseignés itans l'Eglise (103), et qu'on les» trouve dans tous les siècles, en remontant jusqu'aux apôtres. Or, c*est ce qui est arrivé pour le dogme de l'Immaculée Conception de Marie, la Vierge bénie entre toutes les femmes. Son histoire à travers les âges sera l'explication do Décret de S. S. Pie IX, qui d'une pieuse croyance a fait un article de foi catholique.

1. Pour peu qu'on y réfléchisse, on sent que Dieu, par le seul respect qu'il se doit à lui-même, et par honneur pour sa Sainte Mère, n'a pas pu permettre que la divine Marie fût même un seul instant Tesclave du démon. Nous pourrions citer difl'érents passages de l'Ecriture, que l'Eglise a toujours entendus dans ce sens; passages qui le disent assez hautement, comme ceux-ci, par exemple :

« Elle t'écrasera la tète, et lu essayeras en vain de lui mordre le talon (iOV). — Sei-

sueeincte, etc., 1 vol. in-12, 1837, p. 8.9), que le R. P. Aucher préparait alors un travail qui, ftoiis le nomade Bibliothèque arménienne^ liemlrait lieu, pour celle nuéraiure, de la savante eompifaiion (rAsiémaiii pour le syriaque. Nous ignorons si te docte religieux a pu achOTer et publier oei ouvrage.

(iQi) I Tim. 1, U.

(105) c La raison el la racine de rimmneiilée conception, vient de dire un éloquent prêtai, se iroovaienl dans la malemilé divine, ei par là même qu'on croyait au Vert)e fait liouime, on croyait implicitement à Marie conçue sans tache, i (Vfgr Planiier, évéque de NtmeSi Lettre panoraêe contre un article de la Rbvub des deux Mondes, intitulé : L*l£vAiiGiLB ET l'Histoire , 2* édîl. îu 8 , 1865, p. 64.)

(lei) Cen. m.

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DICTIOJCÎÏAIRK

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gneor, tous glorifiepez h jamais voire nom, en renv<irsaiu yaire ennemi par la niaUi 4i*une femme /105). — Le Seigneur m*a poa* sédée, m*a créée au commencement de ses voies (106). — Toutes les nations de la lerre seront bénies en voas (107). — Le tiragon s^arréta devant la Femme qui devait enfan* ter un Fils destiné à conduira tous les peuples, et le grand» l'antique serpent, ce séducteur de l'u/ii vers, fut reielé au loio (108)b — Mon amie, parmi les filles, sera comme le lis parmi les épines (109), — Mon épouse, ma sœur est un jardin f«irmé, une fontaine scvllée(liO}. — Vous êtes bénie par le Seigneur, le Dieu grand, plus que toutes les autres f;!mmos de la (erre (Ui). *— Celai qui m'a créée s*e$t rej<osé dans tiion Uber* iiac.le (112;. »

Il nous serait facile, on le sait assez, de mu!ti|)Her ces textes de la sainte Ecriture.

Ceux-ci suiGsent, et il n*enire pas dans notre but de les discuter. Toujours osl-il que les Pères et les commentateurs les ont entendus, ou de rimoiacnlée Conception de la très-sainte Vierge, ou des privilèges particuliers dont Marie a été prévenue de la part de Dieu.

La crojance de l*£glise à Tlmmaculée Conr ception u*a pas toujours été, hAtons-uous de le dire, aussi positive qu'elle Test depuis deux ou trois siècles ; cependant depuis le I*', il n>st pas d'âge où la tradition ne nous offre des monuments autbeniiques qui attestent la foi de Tépoque d'une manière péremptoire. Dans la Liturgie de saint Jacques, Mone est appelée Immaculée tt Trèi-SairUe Mère de Dieu. Bien qu'apocryphe, ce livre e»t inconlestablenient d'une très-liaute antiquité. Dans une lettre des prêtres de Patras sur le martyre de saint André, on lit ces paroles remarquables : « Parce que le premiiT bomme avait été créé de terre immaculée, il fallait que h Fils de Dieu naquit d'une Vierge Immaculée, afin que le Fils de Dieu, qui avait créé l'homme, lui rendit la vie éternelle perdue par Adam (113). » Il pa-

raîtrait, d*aprè8 eeCle lettre, que di^à Tlmmaculée Conception était la croyance générale.

Au 11* sièete, safnt Justin le martyr, auteur de V Apologie h Antonfn, saint Hippoty te, saint Cypnen, saint Grégoire le thaumaturge témoignent de la croyance de l'K^lise è <;e sujet. Saint Denys d'Alexandrie dit expressément qae« le Christ n'habitera pas sur une terre esclave, mais dans son saint tabernacle que la main de l'homme n'a point formé , qui est Marie, Mère de Dieu , conservée incorruptible par les bénédictions célestes. »

Origène qui vivait également au m* siècle se sert du mot même, tmimieti/o/ci, îminaculati. Au IV* siècle saint Athanase, ^aint Ambroise, saint Amphiloque, évoque d'Icône, sont très-explicites sur ce point. Le dernier s'exprime ainsi (11^^) : « Dieu a formé la Sainte Vierge sans taebe et sans péché, n Saint Amhroise dédare « qu'elle a été préservée de toute tache du péché (116). » Saint Ephrem « qu'elle a toujours été immaculée de corps et d'âme (116). > Nous lisons dans la Liturgie de saint Jean Cbrysostome, Jtfîaria ex omni parte immacuiataj e'est-è-dire sans tache à tous égards. Au siècle, suivant, c'est saint Produs élève et successeur de saint Chrysostome, c'est saint Maxime de Turin , c'est Théodore d'Anoyre, c'est saint Augustin qui continuent la chaîne de la tradition. Le premier nous enseigne que «la Sainte Vierge a été formée d'un limon toujours pur, qu^elle n'a jamais connu les maux de la |iremière Eve; » le second que « Marie est vraiment une demeure digne de Dieu , par la grâce originelle ; » le docte Théodore que « le Christ est né sans souillure de Celle qu'il avait créée sans tache; » i'évêque d'HiL>pone : que, « quand il est question de péché, Marie doit toujours être exceptée, n

Nous trouvons les mêmes enseignements dans le concile d'Ëphèse (117), dans saint Jérôme, dans Théodoret.- Saint Fulgence au VI* siècle fait observer que « TAnge, en appelant Marie pleine de grâce, a fait voir que

(10?^ Judith, IX.

!tD6) Cen. xu.

107) Apec, xiu 108) CanL cantie, ii.

109) Ibid. nu 110) Ibid.

(111) JudUk. Xiil.

(1 1%) Prop. vni, 20.

(113) Efn9t. de paêiione S% Andréa. C*êst k on prorestaiit. II. Cb. Woog, que nous devons la conservaiion de cette lettre dont il prouve raulbenticité. Ces Actes, dit un pieux prélai, ces Actes qiron cruli avoir été rédigés par des prêtres d'Aciiaie dès le temps do martyre du saîHiapéire, sont du moins un mniiumont cerlaiiiemeiit irès-ancîon. Ils sont cités par saint Pierre Damien, qui lour auribue uiie très-sraiide auloriié, eu ce qu*i1s ont été rédigés par des téiniùns oculaires : < Non Imnierito in siagulareui aoctori«aiisarceros«scppUe#l<li»c lii<*toria), quam qui.videruni scûpaeruiu eimîuistrl fuerunl sermoiiis. i S. Bernard, (Serm. ii Dedmr$U ; Serm. in VigiL S. Audreœ; serm. 1 et 2 in feu. S Andretr) en rapporte de longs passages avec éloge, et londe ses exlioruttons sur leur autorité. L*i)ouota«

leur de» osuvres de ce Saint mentionne en faveur de ces Actes un témoignage qui datait déj^ de plus de neuf cents ans, celui de Tabbé Huspanus, sub /in, îib. i, Contr. Elipand. On peut apporter encore poor caution de ce monument Taulorité de Bellarintn. De gcriptoribus eeclesiaslicis , celle de Surins, de Alovsius LIpomaniis, auteurs tl'uue bonne critique ; Joaiities à Loviano, Censura de passionibn» eenetorum, auteur savant cité par Molanus dans son Mariyrologe. ËiiAn ta qw mel le demi«r sceiu h «elle iradiiion si respeetal»le, c*osi que oes Actes de sailli André, après i*examen lo plus miauiieux, ont été ittséiés en partie dans le Bréviaire romain, corrigéel ordonné par S. S. Pie V. (DémonH. de Plmm. Concept, de la B. Vierge Marier par Mgr Parists, in^, 1849, p. 37 et 38).

(114) Oral. 4, in Deipar. ei Simeon.

(il5) Super Peai. civiy.

(116) lu Orat. ad Sanel. Dei Genilt.

(117) Y9y. un bien précieux «riicle de ]>om PItra, intitulé ; Du culU de la Bienkeureme Vierge Marie^ Mère de Dieu, avant le eoneile d'Ephèêe^ apu4 Aimr^ caik.f lem. Ul, p. 161 ei smv.

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