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DE l/HTST UNIV. DB L'EGLISE.
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rancieone colère étaîl absolument révo -
Îuée(il8). »Sainl Sabâs parle h peu près ans les mômes termes. Georges de Nicomédie (119) qui vivait dans le siècle suivant re^rdaît la fête de l'Immaculée Conception tomme une fôred'ancieune date; et au moins, depuis celte époque, les Grecs ont conslam^ ment appelée Marie panachrante^ « toute pure, sans tache, sans péché. » La lettre de Sophrone patriarche de Jérusalem fut reçue avec de grands applaudissements au vi* condle de Consianlînople. Or, dans celte lettre, notre divine Mère était saluée du litre d'Immaculée.
Au viîi* siècle , saint Jean Daraascène ap* I»ell9 « Marie un paradis dans lequel l'an* cîen serpent n'a pu pénétrer (120). » Le second concile de Nicée ta proclame : « plus pure que toute la nature sensible et intellectuelle. » Pascase Ratbert, écrivain du u* siècle . avanç/iît comme chose certaine que « Marie avait été exeniple de tout péché originel. » A cette époque, la dévotion h Tlmmaculée Conception de la très- sainte Vierge éiaîl Irès-répandue dans TEglise grecque (121). On y célébrait môme déjà une fêle en «on honneur. « La Vierge Marie, fille d'Adaai, n'a pas connu la souillure d'Adam : »
cViaii là te langage que tenait le cardinal Pierre Damien, Fulbert de Chartres et saint Brono. Pour saint Anselme qui vivait dans le xu* siècle, il déclare « qu*jl était cOnvocahle (jue la Vierge tirillât d'une pufelé telle, qu après Dieu on n'eût pu en imaginer une plus éclatante, elle è qui Dieu devait donner son Fils unique, en sorte que par nature, il ftl Fils de Dieu ei Fils de la Vierge. » Lô témoignage de tous ces personnages vénérés dc^ni le nom est consacré par la science et la sainteté est plus que suffisant pour alleater aux hommt's de bonne foi la croyance des différents siècles au milieu desquels ils ont vécu. Beaucoup d'antres noms célèbres seraient inutilement invoqués; et d'ailleurs, iioas devons nous liorner, c'est un article et non un volume quo nous avons à faire.
IL Au xjj* siècle l'état de la question change : jusqu'alors la pieuse crovance à Tlmmaciilée Conce^Hion avait éle généralement admise par les fidèles et par lô clorgé, sans qu'il se fût rencontré de contradiction sérieuse. La^ bmeuse lettre de saint Et* rnard aux chanoines de Lyon a été souvent une arme dans les mains des adversaires de notre sainte crovance; nous avons déjà fait une réponse péremptoire aux objections auxquelles cette lettre a donné lieu.— Foy. Tarticfe Bbbnard (saint), n. XVIl, tom. lll, coL
(f 18) Sermo de iaudibm Marim.
(119) V09. Godescanl, loin. IX, p. 252, noie.
(iiO) ^ONS nous lK)rnoiis è ee moi de saint Ican DAtnascéiip, m»i6 on tail i]Qf1 en un des S8. Pért$s i|«ii oiii le pins luné, exalté MaHe , et H y a Dir*n ^'astres paataget de lui sur lis plus beau <les privtlé?!^ de notre divine Mère. Vof . rariicle Iisan D*. ■49CÈ9IV (Stinl) n. X.
(191) CVsl reqiie nons apprend le docie Monni.
(Itt) foir dans rEncydopéHk caihoiique, tom.
IX, p. 80-71, Partîcle sur niuumate €o2«ceptiu2« 4|tt€ ooQs y avons Inséré.
2V6, 247, 2W, — et nous nous bornerons A.
quelques mots.
Sans rappeler que saint Berntfrd, dans plusieurs de ses ouvrages, défend formellement rimmaculée Conceptior» , nous ferons remarquer qu'il soumit sa lettre à raulorité et h Texamen du Saint-Siège , attendant sur celle question, comme sur lant d'autres, une décision de la bouche du Pontife romain.
Eh bien! cette décision est venue, et saint Bernard eût été le premier, non-seulement k s*en réjouir, mais à montrer, par ses propres écrits, que rien n'était plps fondé que la sainte croyance, et]que la décision souveraine du Pontife qui venait la confirmer était juste et opportune.
Il n^en est pas moins vrai cependant que la lettre du célèbre abbé de Clairvaux tit grand bruit à Tépoque oîi elle parut. Elle attira l'attention sui- l'inslilution de la fête d'abord, puis sur la croyance elle-même. Une controverse des plus vives s'engagea; les théologiens les plus éminents y prirent part, et la lutte dura longtemps. Nous avons, ailleurs, et il y a plusieurs années, résumé ces controverses (122), et il n'est plus guère utile dy revenir aujourd'hui que la lumière s'est faite pleine^et entière...
La conséquence de ces discussions fut de rendre la cro/ance peût-ôtre plus populaire qu'elle n^avait encore été. Les chanoines du «hapitre de Lyon, pour imiter les Eglises d^Orient et plusieurs même de l'Occident, notammentcertaines villes d'AngleterrCi avaient voulu instituer dans leur cathédrale une fête de l'Immaculée Conception. Ils l'instituérent malgré les réclamations de saintBernard. peu à peu elle s'établit dans un grand nombre d'autres Eglises à la demande des fidèles: elle prii, en Angleterre, de si grands accroissements qu'en 1222, elle y était générale comme on le voit par le concile d Oxford, tenu cette année-là. 11 est évident que la question prenait de plus en plus de grandes proportions, que la dévotion ne faisait aue s'accroître et uue Noire-Seigneur voulait que sa divine Mère fût de plus en plus glorifiée.
Cependant le un* siècle vit se continuer les disputes de l'Ecole. La uieuse croyance eut pour adversaires sainl Thomas d'Aquin (123) et saint Bonavenlure. Hais ce dernier en établit ensuite la fête dans son Ordre.
Pour les peuples, iisconlinuaienlà l'admettre. Au commencement du rtv* siècle, en 1304, Biins Scott, Frère mineur, présenta à l'Université de Paris une thèse dans laquelle il défendit avec le plus grand éclat rîmnuicu-
123) Il l^ut consulter sur les controverses de l*Ecole iboiiilsie, an sujet do riiiiinaculée Conceplion, leNémeire sur la ifneêHonàe Vimnit^nléeCon^ ctption de h Irèi-iainte Vierge, par Oom Guérainjnr, fn-8. 1850, surtout le § 5, où le <to<^te atitté rassemble et discNte I» htu qui eonsiafeiit la bien* veilljnce il* TËglrse «nvers la doetrino ipii eienipia Marie de b Ucbe du péelié originel. Il esi remarquable, eu effel, que pendant les longs siècles où cette croyance ne fai pas déttnîe comme dej^iMe de foi , toujours, eepeadaiii, TlSgltte a favense la doeirine d« rimmaculée CoocepUon de la très^salute Vierge*
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fée Conception. Cette thèse fit sensation et mcnena la plupart des dissidents. Vers la môme époque, sous le pontificat de Nicolas III ou de Clément V, celte fête fut établie à Rouen. A Texneptiou des Dominicains tous les Ordres religieux imitèrent cet exemple.
Depuis le xiv*5iècle l'institution de la fête devint presqu'unîverselle. L'opinion des Ecoles changea au point que TUniversité de Paris porta un décret qui obligeait désormais tout candidat h sVngager par serment à soutenir la croyance de l'Immaculée Conception, pour é(re admis dans la Société. La plupart des autres Universités entrèrent dans cette voie (124).
Nous arrivons au xv* siècle, en 1439» le concile deBAIe autorisa la môme croyance en sa xxvi* session. il v fut décidé que « Topinion de l*tmmaculee Conception de la très-sainte Vierge était une opinion pieuse conforme au culte de l'Eglise, è la foi catholique et à la droite raison. » Oi) ordonna de plus que cette ffite serait célébrée chaque année le 8 décembre. Il paratt que le bien* heureux Aleman, cardinal archevêque d'Arles, eut beaucoup de part à ce décret ; ce qui lui mérita sans doute comme nous l'avons fait remarquer à son artic1e(n''IV, tom. 1, roi 603), la grâce de reconnaître quTI s'était laissé induire en erreurtouchantce concile.
Quoique le décret du concile de BAIe n'eût point force de loi, parce que ce concile n'était point alors légitime, cependant il fut reçu par l'Cniversité de Paris et par un concile d'Avignon, en 1457. Après tout, ce décret montre au moins quelle était la croyance du temps au sujet de l'Immaculée Conception (125), et c'est tout ce que nous avons prétendu tirer de cet Acte de Bflle lorsque nous en avons parlé, sans vouloir lui donner plus de valeur qu'il n'en a réellement (126).
Toujours dans le xt* siècle, Sixte IV donna deux Constitutions au sujet de cette croyance, l'une en 1476 et l'autre en 1483.
Ce sont les deux premiers décrets de l'Ei^lise romaine sur cette f6te. Par le second, le Pape accorda à ceux qui assistent aux Offices de l'immaculée Conception, les mêmes induU
S;ences qu'Urbain IV avait accordées pour a fête du très-saint Sacrement. Le concile de Trente renouvela la Constitution de ce /Pontife, et déclara «qu'il ne comprenait point la sainte Vierge dans le décret qu'il avait fait sur le péché originel.» Dans ce décret il lui donna même le titre d'/mmaeu/^e, et il défendit, sous peine d'excommunication, de parler eo public contre i'Iuimacuiée
(Ii4) Godescard, lom. IX» pag. 232. .
(125) Voir ce que ilii le canliiial Pallavicim du décret du concile de Bâle , en réfiiuiiii les iroptéiÀ de Sarpi contre la pieuse croyance qui noua occupe. UhL du concile de Trénu^ H? . vu , chap. 7 el 8, iniu. 11, col. 162, 174. et luiv. de l*éJiU Migne,
(126) Voff. notre ariiele Bale (xvii* concile générât tenu à) n. 29, et la noie 1092 dans ce nièuie
. article, tow. III, col. 903, 906.
Conception de la divine Mère du Sauveui; (127j.
Ce grand Acte du saint concile de Trente est le plus glorieux témoignage du xvi* siècle en faveur de notre pieuse croyance.
Le Pape Paul V, en 1616, Qi également défense de parler en public contre Tlmmaculée Conception. En 162S, Grégoire XV étendit cette défense même aux discours particuliers. Ces décrets furent renouvelés en 1661, par Alexandre VII. On le voit, nous marchons rapidement vers l'accomplissement des temps.
Que de faits nous aurions encore è citer»
si, quittant les actes solennels de l'Eglise, nous venions aux diverses marques de dévotion h notre sainte croyance, données par les particuliers et par les nations entières I Le célèbre cardinal Ximenès fut le premier
3uien Espagne éleva un autel en l'honneur e Marie Immaculée (128). Il le fit bâtir dans son palais de Tolède, et il honorait là d*une manière particulière Celle que TEglisedans ses chants appelle la rose Myiiique^ la tour (Thoire^ la Rettie d€$ Angei^ plus pure et plus sainte une les Chérubins et les Séraphins eux-mêmes. Dn fait digne de remarque, c'est que plusieurs royaumes, un grand nombre de provinces, un nombre bien plus considérable de villes se sont consacrés h Dieu sous le patronage de Marie conçue #atif péché. Ainsi nous voyons Jean I*^ roi d'Aragon et de Valence, le faire en 139^.
L'empereur Ferdrnand III le fit pour tout l'empire en 1667. La province de la Franche- Comté, assemblée en corps en 1643, se mit de la manière la plus solennelle sous la protection de Marie conçue sans péché.
Tels sont quulques-uns des témoignages des siècles en faveur de notre pieuse et sainte croyance. Mais c'est surtout dans les commencements de notre siècle et dans ces dernières années que celte dévotion prit un développement remarquable et consolant.
Elle semble s'être accrue è mesure que se multipliaient nos troubles sociaux et nos calamités publiaues. C'estce que nous avons fait observer ailleurs (129), et ce qu'il importe de constater ici.
Oui, il semble cjue les peuples aient senti que leur frêle vaisseau était plus .vivement battu par les flots des tempêtes; ils ont vu leurs misères monter toujours et ils se sont pressés autour de Marie ; ils ont élevé leurs yeux et leurs cœurs vers cette douce Etoile des mers, et Marie conçue sans péché, Marie protectrice des hommes et leur Providence par délégation de son divin Fils, est venue k nous : elle nous a dit que nous obtiendrions tout de son Cœur maternel par cette invoca-
(127) Conc. Trid, aess. V. Décret touchant le péclié origiiiet. Voir le oardinat Paltavicini, UiU, du concile de Trente, édit. ubi supra^ tom. 11, col. 163, 185, 194, 1187. On peut voir aussi le CatéchUme du concile de Trente^ 5« arlicle du Syintjole.
{\U) Yoy. la Vie du cardinal liménèi^ par Fié-
{iiè) Préambule placé en lèie de Pédition de TEncy^ liqiie (Jbi primum, de S. S, Pie IX, que nom
avon» publiée eu 1819, in-8«