‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. EncyclChapitre 19 sur 57 · IM · texte numérisé non relu

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DE L'HIST. UNIV. DE L'EGLISE

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t'on qui lui est si cb^re: Riçiim sine /oie cofi" cepiQt ora pro nobis t

On conoalt Thistoire de U Médaille mira- I uleuse et celle de sa prodigieuse propagaiion« On sait encore que presque tout Vépi- 5 copal français (130) a demandé el obtenu du Sainl-Siége apostolique Tauiorisalion d'ajouter aux Litanies de la très- sainte Vierge après le verset : Regina $anciorum omnium^ celui-ci : Regina $ine lobs caneepla^ei de faire ebaiiler la Préface du jour de la Conception loioiaculée, avec cette addition : Et te in conceptione immaculata. Qui n'a aussi entendu parler de V Archiconfririe du tris-Saint et Immaculé Cœur de Marie, de son institution miraculeuse» de ses progrès admirablesi des roerveilies innombrables qui se sont opérées par son canal» etde l'auréole deçloire dont Jesus-Cbrist l'a environnée depuis sa fondation (131)? C'étaient là comme autant de degrés mystérieux qui devaient nous conduire au jour marqué par la Providence ; jour mille fois béni qui devait voir le Vicaire de Jésus- Christ proclamer du haut de la Chaire de Pierre « que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie est entièrement immaculée et absolument exempte de toute souillure».. »

De leur côté, de savants théologiens hAtaient, pour ainsi dire» raccompiissementde ce beau Jour par la publiculion de DissertatioiiSy ou l'on ne sait qu'admirer davantage ou delà piété qu'on y respire, ou de la science profonde à Taide de laquelle on y établit la vérité et la solidité de notre pieuse croyance (132). Enfin» sous l'impression de ces précieux écrits» et guidés surtout par leur foi» par leur amour envers Marie et par les grA* ces inestimables dont la sainte dévotion à son Immaculée Conception est le fruit» plusieurs prélats sollicitèrent le Saini-Siége de vouloir bien définir comme dogme de Foi le glorieux privilège que l'Kternel a accordé è la Mère du Sauveur.

Certes c'était bien là te plus ardent désir de notre saint Pontife actuellement régnant; c'était l'aspiration de la grande Ame de Pie IX. Aussi dès le 3 février 1849» adressa-t-il de Gaête une Encyclique coiomeoçanl par ces

(ISO) Noai devons noter que» parmi les membres de r^iscopai conteiiiporaiii» rarcbevèqua île Paris» Hyacinthe de Quélen, se montra suriout an des premiers dans ce pieui moaveineiu. On sail quM déploya an grand zèle pour propager dan* son dio- •êae fa sainie croyance à rtnunaculée Conception. 11 consacra sous ee titre» le 15 décembre 1835» la nooveHe église de Notre Dauie de Lorette, au faulioorg If onunarire , et publia k celle occasion un Mjuneuieui doiii celle pieuse croyance fait la uialiêre. il en publia encore trois autres sur le i»<ètne aujei en 1839; le premier a prèi avoir reçu le reacril du Pape Grégoire XVI, qui per menait d*a jouter dans le diocèse de Paris le mot immaeulata k la Préfaee de la Messe de la Conception ei pour ordonner de soleoDîser ce mystère de la Mère de Dieu te second dimanche de l'Aveni, indépendamment de sa fête, oui se fait le 8 décembre ; le second pour engager à aj<iuler aux litanies de la sainte Vierge l^iiivacalMKi : /U^faa <lae labe eoncepta; et le truisièuie, donné le 21 novcmbrCt pour rappeler ce qu*il avait ordonné (oucbant la solennité de la Gou-

latits : Vhi primwn li3S} h tous les évéques de la catholicité, ann qu'ils fissent connaître par écrit quelle était, daus leur diocèse respectif, la dévotion des fidèles euTore la Conception Immaculée et surtout quel était leur propre sentiment sur la définition projetée.

Celle Enoycliqae, on peut le dire, remua le monde entier. Alors tous les cœurs, toutes les intelligences s'ébranlèrent. On vit partout paraître des écrits spéciaux sur la nécessité ae la défiuition (i3i); les évéques de l'univers entier publièrent des maudementa, el la plupart de ces lettres pastorales sont des traités complets sur la matière, qui font ressortir la science et Téloquenre de Tépiscopat catholique, en même temps que sa tendre dévotion envers Marie Immaculée.

Nous touchionsainsi à la solennelle épo(]ue tant désirée et appelée par tons les saints dans tous les siècles.... Il était réservé au nôtre, à ce siècle oii les suites de la faute de nos premiers parents se font plus que jamais sentir, où la matière semble vouloir dominer et écarter l'esprit, où la lutte de TKnfer et du Ciel parait un duel à mort, il lui était donné de voir proclamer comme de foi riromaculée Conception de la divine Vierge 1

Le Souverain Pontife, récapitulant tout ce qui s'était fait dans ce siècle même eu fa« veur du plus beau des privilèges de Marie, annonçait également ce qu'il avait réalisé jusqu'ici pour arriver au but tant désiré :

a Vous savez parfaitement, dit-il aux évéques, combien la piété et le culte envers Tlmmaculée Couception de la Mère de Dieu se sont manifestés de plus en plus chaque jour dans l'univers catholique ; avec quel zèle l'Eglise et nos prédécesseurs se sont glorifiés de défendre, de uourrir, de développer cette pié« té, cette doctrine, et par combien de prières instantes et répétées non-senleœent les Pontifes catholique^ mais encore les princes souverains» ont demandé que fimmacnlée Conception de la Mère de Dieu fût définie dogme de foi par le Siège a|)<!»to-

ceptîon.

(i5i) Voy. rarifcle Cobvr (Saint} de Marie, n. V et VI, lom. m, col. 1367, 1368.

(132) Mous ne menttminerons, parmi ces doctes écrits, que la Diiêsrtalion polémique êurCImmacutée Conception de Marier par le cardinal Lauilira»cliiMi, in-8, 1843 ; et la Diuenation iur Clmmacdée Concspiion^ parle R. P. Perroiie, de U Compagnie de Jésus, iii-tS, 1847; toutes deux analysées dans le Mém, cath. tout. III, p. 248-258, tom. VIL p. 173-

(135) Outre l'édition à part de cette Encyclique, que nous avons publiée, nous Pavons Inséré dans le Menu eath,, lom. VUI, p. 68 etsuiv.

(134) Mous citeroas, entre autres, la Démonstro' thn de Clmmaeulée Conception, par Mgr transis, in-8, 1849 ; le Mémoirt sur la quesiiou de Clmmu' culee Conception, p^r éom Guéranger, &ih8, 1850, une Elude ëur IjmmacnUe Conception de la Bien" heureute Vierge Marie, par Uii membre de TOi atoirOt tu-8, 1853, etc., etc.

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DfCTIOXNA.RE

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' liqtte, Cci« demaiwles ay«il été prfsenlées h Grégoire XVI d*heureuse mémoire et à Doas*inèiDe dès le commencement de notre pontificat» nous avons appliqué avec le plus grand zèle h eet objet nos soins ti nos pensées .... Nous avons choisi dans le clergé laiU séculier que régulier des hommes parfaitcraint instruits dans les sciences tliôologiques; nous leur avons donné mission d'examiner aveo le plua grand soin, sous tous les rapports, ce grave sujet selon leur prudence et leur doctrine, et de nous soumettre ensuite leur avis avec touto la maturilé possible. En ce4 état de cliôse^, nous avons cru devoir suivre les traces illustres de nos prédécesseurs, et imiter leurs exemples (135)...-»

Les réponses des évècfues à rEncyclique du 2 février 18<^9 arrivèrent de toutes les parties du moilde. Elles s'élevèrent au nombre de cinq cent soixante-seize. Sur ce nombre, cinq ceni irente-sii contenaient une adhésion complète et demandaient rormellement la définition dogmatioue ; tren< te-six émettaient des doutes sur 1 opportunité d*une décision dogmatique, et quatre seulement formulaient des objections sur le fond même. Mais, il faut remarquer que la plupart de ceux qui craignaient que la décision ne fût inbpporiune en 1840, n'eurent plus les mêmes appréhensions, en 185V, et il est certain que parmi les opposants, plusieurs, sinon tous, s'étaient rangés, depuis quelques mois, à la croyance universelle. On publia cet Lettres k Rome avecceU les des Chapitres, des Congrégations et des Dniversitésy et ce monument impérrssable de la gloire de Marie ferme 10 forts volumes iu-8 (136).

IV. Bientôt devait luire Tun des plus beaux jours qui ee soient levés sur le monde catholique. L'immortel Pie IX invita les évéques de la catholicité h se rendtie k Home pour la fête de Tlmmaculée Conceptioa de l'année 1854. Ce n*éiait pas une convocation formelle, mais une simple invitation, la manifestation d'un désir.

Plus de deox qente évéqoes, de toutes les contrées et de toutes les nations, répondirent è l'appel du Pontife suprême, aavoir : ciuquante-i)ualre cardinaux, le patriarche d*Alexandrie, qiierante-trois archevêques et quatre- vingt dix-sept évéques. Et, eu ajoutant k ces évéques, le nombre plus grand de protonotaires apostoliques, de caroériers et (le prélats romains, on a un chiffre de plus de quatre cents prélats, formant la

rlus auguste réunion ecclésiastique que on ait vue depuis le saint concile de Trente (137). Ouaire assemblées consistoriales se tin-

(135) Efirycl qne Vbf primum, ftu 8 février 1849.

|l36) L.e cardiiiailGouMel, arcliev^qiie de Reims, «I a «lonné un exirjiit en françtls, %<*m% ce titre : iAt croyante §iniraU et conttante de CEgli$e touchant CImmacutée Conception de la Bienheureuse Vierge Jf art4, pmiivée prludpsilemaiit parlesCoiislUuiioiis et les Actes des Papes, par les leures et les actes des évéques, par reiiscignenieiit des Pères et des

renl an Vatican les S», 21, 28 et 2fc novenibre 1854. Les RI\. PP. Perrooe, P/issaalra et Schnedef professeurs de théologie do matiqne au collé^je romain y assisïère t avec douze aulres liiéologiens séculiers cm réguliers. Ces séances lurent présiîécs par les cardinaux Brunellî, Santuccî et Caterini désignés ad hoc |ar le Saint-Pèro.

Tout s'y passa selon les canons à la plus grande satisfaction de tous les assistants.

Mais celle du 24 offrit surtout un caractère de grandetir et de piété filiale envers le Vicaiiede Jésus-Christ. A midi, après avoir récité è genoux VAngetus^ et après avoir repris chacun sa place ei échangé queli^ues mots, on entend un cri d'allc^^resse, c•e^t une acclamation unanime h Pie IX, nno

grotestation d'adhéMon éternelle auSain:iége, au Siège de Pierre, Ce cri s'élève, se propage, éclate et sort de tous les cœurs : Petre, aoceno$; confirma fraires tuo$. Il faut avoir été témoin de ce spectacle piiur s'en faire une idée ; ni la plume ni la parole ne sont capables de le rapporter fidèlement.

Au milieu de ce mouvement et de cel^e pieuse émulation pour honorer et Marie et le saint Pontife, une neuvaine préparatoire eut lieu dans la plupart des églises de Rome avec une grande solennité et des marques particulières de la dévotion la plus tendre.

Pie IX termina cette neuvaine dans l'église des Saints-Apôtres par le chant du TeDeum,

Enfin, te 8 décembre 1854, jour à jamais mémorable dans les fastes sacrés de la sainte Eglise, après la cérémonie de l'obédience et léchant de Tierce, dans l'église Saint- Pierre, a commencé la Messe pontificale. A l'Epitre et è TEvangile, chantc^s en latin et en grec, a succédé un majestueux silence, et c'est alors qu'au nom de l'Eglise entière, ledoyen du Sacré-Collége, assisté de deux évoques des rites grec et arménien, s*esi agenouillé au pied do trône, et a demandé au Pontife suprême le Décret sur l'Immaculée Conception. Elle fut proclamée, et Pie IX appela « naufragés dans la foi ceux qui ne croiraient point celte vérité ; il soumit à toute la rigueur des malédictions de l'Eglise cetix qui iattaqueraient por leurs écrits on leurs paroles. »

Les mugissements des cloches, le can^n duchftteau Saint-Ange qui tonnait, les mille bruits deJ'enthousia2»me extérieur, n'étaient rien k côté des voix mystérieuses qui se répondaient dans toutes les Ames. Que devait-il alors se (lasser dans les cieux (139)? Après le Jf Deum, le Saint-Père, précédé de toui» les cardinaux et évèque», s'est rendu, processionellementel la tiareen tôte, à la chapelle du chapitre de Saint*Pierre. Lit,

Docieurs de tous les temps. I vol* iii-4. Paria,

(137) Voy. dans le Uéau caih.^ riiistoriaue daè faits r<ilaiifs à la dcliidiioii tloginatique de t'Itnmsiculée Couceptioii, aunéc 1854, loni. X , p. 445 al suiv.

(158) Ibid,, p. 447^49.

H39; Ibid., p. 451.

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rronlântnir une estrade, et pour perpétuer lesouv^irito la déclaration dogmatique, il a solennellement coaronné la Vierge a*un maipiiû'iu® diadème d*or, ima^^e bien faible encore de cet autre diadèmo qu'une parole iiiraiiiibie venait d'attacher à sa gioire Im^ a);Nulée(i40). Celle cérémonie, durant la« quelle les loiinnges du Regina cctli furent clianlées per la cbap>elle papale» a mis fin & one matinée belle et grande parmi toutes celles que Koroe cbrélienne peut offrir à iadiDiralion du monde.

Les étrangers n*ont pas été les seufs ra« lis de la solennité. Les Romains eux-mêmes ne tarissaient fias d'exclamations; les plus anciens d'entre eux n'araient Jamais vu chose fiareille, disatenl*ilSt et, au rapport de plusieurs prélats, ni la célèbre canoni.<talioo de 1839, ni mdme le retour de Pie Vil, B'araient amené tant de monde dans ta liraode Rasilique (141). Tous les quartiers de Il rjlie étemelle furent illuminés âvec une sf^eodeor» arec un empressement qu'expli* (|iieseoleia piété, el qui rappelle renthou- )«i5ine et la joie du peuple d'Bphèse au v* «ikle. Rome fut Téritableraent transformée n un firmament parsemé des plus riches coastellations. Une neuvaine itolennelle d'àriions de grâces fut célébrée dans presque toutes les églises, arec le zèle le plus pieux, par le clergé et par les fidèles (142). L*Eu« rope entière» Tu ni vers s'associa a ces démonslraiions de Joie toute divine. Par toute /ilerreja définition de rimmuculée Contti lion fut célébrée par de magnifiques réjouissances . . , .

NoQs avons eu le bonheur nous-mème de jouir par nos yeux du triomphe de notre Mère •irine, de Celle qui astinotre espérance et Mre amour, après la Trinité adorable et iraol tous te» anges du ciel et. les beautés les h'ss pures de la terre... Nous «vous salué à cette occasion Tère nouvelle du christianisme à*(\$ laquelle aous sommes entrés. £q Ma-* ne» eu ellet, ou Marie Immaculée, la nature ^t renouvelée absolument, étant faite /•Ole pure et toute nouvelle, toute préservée 'lacau méiaoge de la chair corrompue, il ^ de conséquence évidente qu'en Marie bmaculée, toutes choses doivent être ra- •iicâlemeot renouvelées, absolument nouvel-* ^: £€ca nova facio omnia (143).

Aieua'opère que par son Epouse, sa Fille, M Mère. « Si, dit un saint (144), si mon aima* teiésus vîe^i une aecoode lois (coflams il

m Mim. caiil., 1. c.

lUI) }M.

niS) Da»s rifnpessibilllé où nous sommes de n99«ticr leoacs les solennités, les létes ei les }olc« %• «ivireeiy k Roine ai dans lOHte riialie. ta détl-* ^<«M4ofiDatH|«tet nous reuvovons à.riitstoriqiie que Ms fil aTees fftii doas le mm. càih. loto. XI, p. S « wif .

•145) A^c* XXI, 5, et Mim. cath.^ année 1850, *.XV, p. «77.

'144) Le Vénérable Grignon de Monirurt, Traité «l« nêkééHUiom à la iuim Vierge, i* édit. 1852,

ll^ U Téa. Grignon de Mouifort, toc. cU.

est certain) dans sa gtofre, pour régner sur la terre, il ne choisira pas d'autre vciie «le son voyage que la dîvîneMarie, par laquelle il est si sûrement et [)arfaitement venu la première. » Dieu ne viendra tout restaurer que dans son jarrfm fermé, fermé h toutes les essences du dehors, que dans une terre transformée pour le recevoir, que dans le Paradis du nouvel Adaro, oii l'Esprit divin, retrouvant sa rréalure originelle, puisse dire encore : Bonum est^ où il puisse se corn*

1>laire et faire sa demeure. Donc, pour que a Cité que nous devons tous édifler mérite de recevoir et d'enfanter l'ordre de la justice, il faut que, dans toute sa substance, dans sa structure, dans toutes ses formes, dans tous ses membres, elle soit immaculée; immaculée comme la Mère de Dieu:

immaculée dans sa conception, immaculée éènn son action. «C'est Ik, dit le même saint (U5), un mjrStère qu'on ne comprend pas:

Hic taceat otnnis llngua. » Et pourtant nous n'avancerons point, tant que nous ne pénétrerons pas ce rojstère, tant que nous ne voudrons pas ne lutter contre le mal tiu'avee les armes de la nature immaculée (KG).

Il n'est pas défendu, certes, de recourir aux voies de la perfection, de les préférer, de s'en tenir même h ces voies bien^aimées.

Si l'Eglise, au moyen &ge, et surtout aux jours troublés de la renaissance, a quelque^ fois usé de la force du dehors, pour taire avancer un monde barbare, du moins n'avaitelle jamais dit que ce recours lui fût agréable et doux, et que cette voie fût la meilleure. Elle a si peu cru h l'exeetlenee de ee procédé, qu'elle n'a pas cessé de ca« Boniser les Saints qui suivaient et ensei* gnaient Tautre voie, la voiaévangélique, la voie immaculée. L'Eglise ë'ailleurs n'a ja-* mais cru, n'a jamais dit qu'il fûl bon de s'appn^'er sur um bra$ sans foi ; or les bras de chair en sont venus là, puisque foi implique fidélité : c'est le mèiLe mot; et que Ikoù il n'y a ftas fidélité au Vicaire, il ne saurait y avoir foi au Maître. Mais il est une voie de salut encore plus excellente que l'u* nité du corps, c'est l'esprit qui fait vivre cet ensemble unitaire: c'est la chariié, la cha« rite qui, dans sa bénignité et sa f^tienee, souffre tout, espère tout. Elle n'a qu'une force, non point r^lle du bras grossier, mais eelle du cœur, l'amour sans limites, la aotâséricorde k outrance. El c'est lè le grand secret aocîai. de rimasMiriée Conception (147).

(UG) n faut que le Clardtien sacUe s'élever pAr Taniour, par U Toi, par fespérance, c à comprendre ou à croire ce que Di«u inspire au «ledans ci ce que proclaine au dehors TEglise de Oiea : qu*il y a on inomle nouveau , qti*ii y a une humanité tionveHe, que le cœur de inhumanité nouvelle est divin et iaunaculé, et qae touie toa par sa liberté, sues l*aiiraii lumineux et amoureux de ce cœur vivifiant, peut vaincre le mal ei tendre à rimmâculée pureté, et même à la divinilé du cœur nouveau.» (Le R. P. Gralry, Le Mois de Marie dé Clmmaculéê Concept lion, i vol. iu-iS. 1859, p. 129.

tU7) Mém. Mh., année 1855, tom. Il, p. 160.

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C'est è nous, qai aimons Marie et qui voulons U servir, de travailler è celte œuvre de salut. Entrons résolument dans les voies parfailes, et unissons-nous pour les pratiquer. En un mot, attachons-nous à comprendre les voies fécondes et nouvelles de Jésus, par lesquelles seules il nous adviendra; inspirons-nous uniquement de i*espril de Jésus et de Marie, ne suivons et n'écoutons que lui seul : Ipsum audite (1&4), et nous parviendrons ainsi à préparer, è hâter les jours bénis de la bienheureuse délivrance (IW}... Mais achevons le récit des faits concernant la définition dogmatique de i'Imm acu I ée Conception.

V. Le monde catholique qui s*était réjoui à Tannonce de ce grand événement, attendait maintenant TActe solennel par lequel le Vicaire de Jésus-Christ devait le promulguer dans toutes les parties de la terre.

Bientôt, en effet, parut la Bulle iRe//abt7ia Deui^ qui fut accueillie avec la plus vive allégresse dans tout l'univers. Si nous ne suivions que les impulsions de notre cœur, nous copirions in exttn$o ces admirab'es Lettres apostoliques de Sa Sainteté Pie IX sur la définition dogmatique de l'Immaculée Con»

€cp/ton; mais, obligé de nous restreindre, nous en offrirons seulement une analyse sotor maire, nous en citerons les passages les plus indispensables, c'est-i-dire ceux qui re« latent des faits que l'histoire de l'Eglise burinera désormais dans ses pages, et ceux relatifs à la déûnition dogmatique (150).

L'immortel Pontife 8*attache d'abord à BOUS montrer les desseins admirables et miséricordieux de Dieu dans le mystère de l'Incarnation du Verbe, destinée réparer la cbule d'Adam, et il déclare qu'il était de m toute convenance, » que la Mère, choisie de toute éternité pour donner le jour au Verbe divin fait homme, « brillât de l'éclat de la plus parfaite sainteté, et que tout è fait exempte de la tache mAme du péché originel, elle remportât sur l'antique serpent le plus complet triomphe. » Cette innoeence originelle cie Marie, dit Pie IX, «intimement unie à son admirable saintetéet è sa dignité éminente de Mère de Dieu, h l'Eglise catholique n'a jamais cessé de l'expliquer, de la développer, de la féconder chaque jour davantage. Le Saint-Père le proui^ ; il démoD^ tre, en même lemfis, comment l'Eftlise romaine n'a cessé d*6tre remplie de sollicitude pour la doctrine de l'Immaculée ConceptioUy et il cite les paroles du Pape Alexandre VU à ce sujet (151), lequel s'en réfère lui-même aui Constitutions et Décrets portés par tes Papes, ses prédécesseurs, et particulièrement par Siite IV, Paul V, Grégoire XV, « en faveur de la doctrine qui soutient que l'Ame de la Bienheureuse Vierge

Marie, dans sa création et dans son union au corps de cette Vierge, a reçu la grâce du Saint-Esprit, et a été |»réservée du péché originel. »

Ensuite notre Saint-Père le Pape Pie IX rappelle le zèle avec lequel cette doctrine a été transmise, affirmée et défendue par les plus illustres familles religieuses, les plus célèbres Académies théomgiques et les docteurs les plus considérables dans laacience des choses divines. Il rappelle aussi le Décret du concile de Trente, ce décret qui, eu égard aux circonstances des temps et des lieux, réserve si admirablement et, si nous osions dire, si délicatement, le glorieux privilège de la Mère de Dieu. Puis, S. S. Pie iX, passant en revue toute la tradition des Pères et des écrivains ecclésiastiques, fait voir, par les expressions et les images que ces Pères emploient è Tégard de la trèssainte Vierge, que la doctrine de son Immaculée Conception, cdéveloppée chaque jour avec plus de puissance et a éttlat par le sentiment le plus profond de J'Egli&e, par l'enseignement, par l'étude, par la science et la sagesse, déclarée* confirmée et merveilleusement propagée chez tous les peuples et nations de 1 univers catholique, » a conséquemment toujours subsisté « dans cette même Eglise comme reçue des ancêtres et revêtue du caractère de doctrine révélée. »

C'est pourquoi, dit Pie IX, que nous laisserons maintenant parler, c'est pourquoi depuis des siècles, les princes de TEglise, les membres du clergé, les ordres séculiers, les rois eux-mêmes ont pressé avec instance le Siège apostoll(]ue de définir comme dogme de foi catholique la Conception Immaculée de la très-sainte Mère de Dieu. « Ces demandes, de notre temps aussi, ont été renouvelées, auprès de Grégoire XVI, notre prédécesseur d'heureuse mémoire ; elles nous ont été présentées à nous-même par les Evêques, le Clergé séculier, les Oidres religieux, de grands princes et des peuples fidèles. Connaissant donc, ajoute Pie IX, connaissant dans la joie toute singulière de notre âme, considérant tous ces témoignages et les méditant sérieusement, à peine, par un dessein caché de la divine Providence, fûmes-nous, bien qu'indigne, élevé sur le Siège insigne de Pierre, et eûmes-nous pris eu main les rênes de toute l'Bglise, qu'obéissant è la vénération, à la piété, à l'amour que nous avons toujours eus npur la Vierge Marie, Mère de Dieu, nous n avQps rien eu plus à cœur que tout ce qui pouvait augmenter l'honneur de la très-heureuse Vierge Marie, et faire briller ses prérogatives d'un plus vif éclat. Mais voulant apporter en cela une pleine maturité, nous avons institué une Congrégation spéciale formée de Cardinaux de la sainte Eglise romaine, nos vé-

(148) Uutîk, XTU, 5.

(U9) Mém. eatk,, année 1859, tom. XV, p. 278.

(150) Nous avoiib donné nue iradueiion de la BitHe

IneffakilU Deu$f datée le six des Ides de décembre

1851, dans notre Mém, cath. n. de février 1855, tom. X, p. 41 49.

(151) Alexandre VU , Const. SoUicitudo omuium Eccleiiarum, 8 DécciuUri» 165K

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nérables frères, illustres par leur piélé, leur sagesse et leur science dans los choses sa^ crées, et nous avons choisi drtrjs le clergf5, tant séculier que régulier,Jes hommes les plus versés daos la science de la théologie, aQn qu'ils approfondissent avec grand soin tout ce qui regarde Tlmmaculée Conception de la Vierge Marie, et qu'ils nous fissent part de leur propre jugement. » Ici, le saint Pontife rappelle son lùicvclique du 2 février 1849, ce qu'il a fait à cette occasion, les demandes plus instantes qu'il a reçfies pour obtenir la définition désirée, le Coikmstoire convoqué et tenu par lui, et dans lequel il a entretenu ses frères le^ cardinaux de toutes ces choses; pnis il ajoute : « Ju^ géant donc, plein d'une ferme confiance dans le Seigneur, que le moment opportun était venu pour la di^finition de l'Immaculée Co^cyplion de la Virge Marie, Mère de Dieu, définition que mettent nierveilleuseuïent vu lumière et proolament la parole divi le, une Yénép.ibîe tradition, le sentiment constant de^ rKglise, l'accord unanime des évôtpies et" des fidèles du monde catholique, ainsi que les Aclesinsignes et les Constitutions de nos prédécesseurs; après avoir soigneusement exanrné toutes choses, et avoir répandu devant Dieu d.'^s prières ferventes et assidues, nous avons cru que nous ne devions plus hésiter à sanctionner et définir, par notre suprême jugement, rimmaculée Conception de la Vierge, pour satisfaire ains»! la pieuse impatience du monde catholique et notre propre piété envers la très-sainte Vierge, et en même temps pour honorer en elle de plus en plus son Fils unique, Notre-Seigneur Jésus-Christ, puisque c'est sur le Fils que retombe la gloire et l'honneur accordé h la Mère.

« Ainsi, n'ayant jamais cessé d'offrir dans rhumîlité et le jeûne nos prières particulières et les prières publiques de l'Eglise, à Dieu le Père, par l'intermédiaire de son Fils, pour qu'il daigne diriger et confirmer notre esprit par la vertu de l'Esprit-Sai a, après avoir imploré la protection de toute la cour céleste, invoqué avec gémissements l'asâiistance de l'Esprit consolateur, et sentant qu'il itous inspirait dans ce sens, pour l'honneur de la sainte et indivisible Trinité, |iOur la gloire et la dignité de la Vierge, Mère de Dieu, pour i'exnltation de la foi catholique et le triomphe de la religion chrétienne, parl'autoriiéde Nolre-Seigneurié»us-Christ, des sainis apôtres Pierre et Paul et la nôtre: Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine qui enseigne que la Bienheureuse Vierge Marie fuif dans le premier moment de sa conception , par une grâce et un privilège singulier de Dieu Tout-Puissant, et en vue des mérites de Jésus^Christ 9 Sauveur du genre humain^ préservée intacte de toute tache du péché originel t est révélée de Dieu, et que, par conséquent t elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles.

« C'e»t pourquoi si quelques-un^, ce qu'è Dieu ne plaise 1 ont la présomption

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