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d'avoir intérieurement un sentiment autre que ce que nous evons défini, que ceux-là apprennent et sachent bien qu'ils sont condamnés par leur propre jugement; qu'ils ont fait naufrage dans la foi; qu'ils n'appartiennent plus à l'unité de l'Eglise, et que, de plus, par le même fait, ils se soumettent aux peines portées par le droit, s ils osent maniiester leur sentiment intérieur, par parole, écrit, ou tel ^utre signe extérieur que ce soit. »
El, après celte définition mille fois bénie au ciel et sur la lerie, le j^lorieux Pontifo entonne le cantique d'actions de grâces; il laisse loiiiber de sa lèvre inspirée de magnifiques paroles de confiance entière , d'encouragement céleste. Ecoutons notre bien-airaé Père, et partageons" sa foi ardente :
« Notre bouche est remplie de joie, s'écrie-t-il, et noire l.mgue d'allégresMî; nous rendons et nous rendrons toujours de très* humbles et de très-grandes actions de grâces à Jésus-Christ Notre-Seigneur, de ce que, par un bienfait insigne, sans mérite de notre part, il nous a accordé d'offrir et de décerner cet honneur, cette gloire et cette louange à sa trôs-sainte Mère. Or, nous avons la plus -ferme espérance, la confiance la plus entière , que la Bienheureuse Vierge, — Elle qui, toute belle et immaculée, a écrasé la tête venimeuse du cruel serpent, et apporté le salut an monde; Elle qui est la louange des prophètes et des apôtres, l'honneur des martyrs, lajiiie et la couronne de t »us les saints, le RefugH le plus a>suré et le secours lé plus fidèle de tous ceux qui sont dans le péril, la Médiatrire et l'Avocate la plus puissante de l'univers entier auprès de son Fils unique; Elle qui. honneur et ornement le plus éclatant et rempart le plus solide do l'Eglise, a toujours anéanti toutes les hérésies, a arraché les nations aux calamités les plus grandes et les plus diverses, et nous a délivré nous-môme de icnt de périls menaçants, — voudra bien procurer par son très-puissant patronage, que toutes les difficultés étant aplanies, toutes les erreurs vaincues, le sainte Mère l'Eglise catholique prospère, fleurisse de plus en plus chaque jour chez tous les peuples dans tous les lieux ; qu'elle règne d'un Océan à Tautre jusc|u'aux dernières limites du monde, et jouisse d'une paix entière, d une tranquillité et d'une liberté parfaiteque les coupables obtiennent pardon, les malades guérison, les faibles courage, les aflligés consolation, ceux qui sont en danger, secours; et que tous ceux qui sont dans 1 erreur, dissipant les ténèbres de leur âme, reprennent le sentier de la véilté et de la jusiiie, et qu'il n'y ait plus qu'un seul troupeau et qu'un seul Pasteur. »
Enfin, Pie IX nous exhorte, nous presse de recourir à Marie, noire divine Mère :
«Que les paroles que nous prononçons, ^,J '.?J-^"^ entendues de nos irès-chers uls^de 1 Eglise catholique, et qu'avec ua
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DICTIONNAIRE jamas
cèle de piété, de religion et d'amour lou-
iours plus ardent, ils continuent à honorer, I invoquer, 1^ supplier la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, conçue sans la tache originelle, et que dans tous leurs
{)érils, angoisses, nécessités, dans tontes eurs incertitudes et leurs craintes, ils aient recours avec utie entière confiance à celte très-douce Mère de miséricorde «t de grâce.
Car il n'y a rien à craindre, il n*j a pas à désespérer sous sa conduite, sous ses auî^pices, sous sa protection, sous son patronage; Elle qui ayant pour nous un cœur de mère, et prenant en main l'affaire de notre salut, étend sa sollicitude sur tout le genre humain. Etablie par le Seigneur Reine du ciel et de la terre, élevée audessus de tous les chœurs des anges, de lous les rangs des saints, assise à la droite de Notre*Seigneur Jésus-Christ; Elle, toutepuissante par ses maternelles prières; Elle trouve ce qu'elle cherche, et ne peut demander en vain... »
VI. Telle est l'admirable Bulle Ineffabilis Deus, C'est avec bonheur que l'histoire enregistre de telles pages a la gloire de la Reine du ciel et de la terre. Cet acte mémorable du saint Pontife Pie IX résume meryellleusement Tesprit de Rome. Il n'y a là aucun souffle de dédain calviniste, janséniste, etc., contre la terre et la nature en elles-mêmes. Il y a, au contraire, l'amour, la confiance, la sainte espérance de la réhabilitation de toutes choses en Jésus-Christ et en Marie. Réjouissons-nous des paroles du Pasteur suprême, et bénissons-en Dieu (152).
Pierre a parlé, ou plutôt Jésus-Christ a parlé par la boovîhe de Pie IX : Marie a été conçue 8an$ péché, telle est la foi de l'Eglise 1 Soyons donc, en effet, dans la jubilation, et magniûons le Seigneur 1 C'est ici \e plus grand Acte du Saint-Siège dans nos temps. Au iv' siècle, en 390, la perpétuelle virginité de Marie fut proclamée dans te concile réuni è Rome par le Pape Sirice.
Le V* siècle vit la définition dogmatique de la maternité divine de Marie, prononcée avec l'éclat que chacun sait, au concile d'Ephèse, en *3t. Plus tard, au xvi* siècle, le concile de Trente définit l'exemption de tout péché actuel en la Mère de Jésus : la parfaite intégrité de celte auguste Vierge était unie à une sainteté tellement privilé-
f;iée qu'elle excluait, en effet, jusqu'à ces égcres fautes vénielles dans lesquelles tombent les Âmes les plus pures. Et voici
Îue notre xix* siècle a vu le Vicaire de ésus-Christ proclamer solennellement, que
(152) Mém. eath., lom. XI, p. 40.
(15^ C*esl Tespérance que nous avous déjà manifesté dans notre article : Assomption de ll très-
«▲MTB VlEHGE, H. Y, tORI. H, CoJ. 575.
(154) c L*Eglise, disait réloqueni évéque de Tulle dans son Mandement pour le Carême de 1854, 1*Ëglise a reçu le dépôi de la doctrine , elle n*y ajoute pas, elle n'en reiranche rien ; elle n*est pas une cause agissant par sa force propre : le génie, le rai- •tfiuiemeoi, Tarbltre humain nlnventeat pas les
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très-pure et
râine très-pure et Irès-sainle de ^ Marie n*a été souillée de la tache origi- *nelle.... Qui sait, maintenant, si nous ne verrons pas up jour affirmer que la fui, comme le commencement de la Vietge sans tache, est digne aussi de sa maternité divine, c'est-à-dire que son corps très-par s*esl élevé au ciel au jour de sa glorieuse Assomption, sans passer par la corruption du tombeau (153;?...
Ces quatre magnifiques privilèges de Marie» définis jusqu'ici, sa perpétuelle virginité, sa maternité divine, son exemption de tout péché actuel, sa préservation du péché originel, étaient renfermés dans les articles de foi proprement dits, c'esl-à-dire dans certaines vérités premières révélées de Dieu même, lesquelles comprennent d'autres vérités secondaires qui sont contenues en elles comme le germe ou même la plante tout entière est contenu dans la semence. Or, ainsi que nous l'avons observé au commencement de cet article, lorsque l'Ei^lise, dépositaire Adèle et interprèle infaillible de la révélation divine, définit comme dogme de foi catholique ces vérius secondaires contenues dans le dépôt de la Révélation, elle ne crée pas le dogme, elle le constate suivant Vopporiunité et les besoins des temps (15iii'). Quand donc le successeur de Pierre, après tant de sollicitations et de prières, vient annoncer à l'univers qu'il est bien vrai que Marie, Mère de Jésus, a été conçue Immaculée, c'est que, selon l'expression d'un savant prélat, cela a été dit dès le commencement par Dieu lui-même; c'est que ce dogme suave, tant attendu, ne devait s*épanouir qu'à la condition d'avoir été un des rayons renfermés dans le soleil des révélations saintes, vi qu'il répond, dans les plans divins, à des besoins dont nous ne tarderons pas d'avoir la signification 1...
Tous nos mauxi toutes nos douleurs viennent du péché. Marie est l'enuemie victorieuse du péché : elle a terrassé toutes les hérésies et mis Satan sous ses piels.
Or, rE;^lise, déclarant, par la voix de son Pontife suprême, que l'antique serpent n a eu sur Marie aucune revendication possible, n'est- il pas certain que rBglise obtiendra par Marie un grand afi'aiblissement dans l'empire du péché et de la mort? Que les jours d'épreuves seront abrégés et que le rétablissement de toutes choses sera plu^ prochain? Oui, n'en douions pas, les espérances de tant d'âmes d'élite en qui Di« u mil, avec la plus tendre piété filiale envers l'auguste Vierge, le sentiment le plus é'evé
choses divines ; PEglise est un instrument importurbal)le : ce caracière est assez beau. Dieu » «in tout ce qui est nécessaire, les trésors surtiainrclâ laissés au monde furent composés de sa main, i^^-
g lise fidèle en lire la vénié, au fur et à mesure du esoin des âmes. > — Yoy. sur cette doctr'iie le lrè8-remarqu;ible ouvrage de Mgr Giuouilbac, rvc* que de Grenoble, iniilulé : Hiitoire du dogme eaiho' tique pendant les traie premiers êiècles de CEglue^ et jusqu'au concile de Nicée, 2 vol. in-8*, 1852.
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d«s choses divines, cesespi^rances ne seront point trompées. Marie, celle Mère si généreuse, ne laissera pas sans récompense un des plus glorieux témoignages qui aienl été rendue, dans le cours des siècles, à son incomparable sainteté, h sa beauté sans tache. Elle voudra hâter ponr ses enfants la réalisation du règne de Dieu : Adveniai regnum Mariœ^ ui adveniat regnum Dei.
Qu'elle soit donc à jamais bénie, cette date du 8 décembre 185^, où le comble a été mis à la gloire de notre MèrelQu*il soit è jamais béni ce jour où Marie, cette créature si resplendissante de la première innocence^ a reçu un honneur qui rejaillit sur la nature humaine, puisque, avant que Jésus nous la donnât pour Mère, elle était, comme fliie d*Eve, notre sœur! Qu'il soit h jamais béni ce jour d'allégresse et de triomphe où sur la foi immuable de l'Ëglise il nous est donné de saluer dans ce privilège de rimmaculée-Conception de Marie, el l'aurore de notre affranchissement, et l'heure ineffable où commença l'accomplissèment des promesses, ei l'époque où ces promesses vont se réaliser! Heureux sommes-nous de vivre en ce temps, et d'assister è l'oaverlure de cette ère nouvelle de paix et de prospérité I Heureux le Pontife qui était prédestiné à faire éclater cette précieuse lumière dans notre monde troublé et affaissé sous le poids de tant de misères (155) I...
INCARNATION DU VERBE. Voy, le Dis^ cours sur ta Vie de Nôtre-Seigneur Jésuê- Christ^ placé en tête du présent volume.
INDE (Eglise catholiqub dans'l'). Sur llniroduction du christianisme dans l'Inde et sur la situation de la religion dans cette contrée, voir les articles : Ethiopie (Eglise d') (156), — PANTHàNB (saint) , et : Réscué
historique de la situation du CATHOLIGÎSIIB
DANS l'Inde , le Thibet, l'Indoustan, etc.
(NDDS, martyr. Voy. Tariicle Dioglétien, n-V.
INGEBURCiE, fllle de Sigride, célèbre par sa piété et plus encore parce qu'elle donna le jour è sainte Brigitte, avec des marques d*ane protection visible de la part de Dieu.
— Voy. l'article Bei6itte (sainte), n* 1.
Cette pieuse femme avait épousé le prince Birger et elle eut de lui, outre sainte Brigitte, six enfants : trois garçons et trois filles, dont nous avons parlé à l'article Birger (prince de Suède). A peine sa fllle Bri^ gitte commençait-elle à grandir sous le souffle de l'Esprit-Saint qui l'assistait d'une manière éclatante, qu'elle fut retirée de ce monde. Remplie de bonnes œuvres et d'aumônes, comme une autre Tabithe,elie tomba grièvement malade, et elle se résigna bientôt parce qu'elle était pleine d'espérance.
EUe connut et prédit sa mort plusieurs jours d'avance. Voyant l'affliction de son éooux et des autres personnes qui l'envi-
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ronnaient, elle leur dit avec beaucoup do courage et de douceur : Pourquoi vousaffli^ ger f Cest assez vécu comme cela ; au con^ traire^ il faut se réjouir de ce que je suis ap" pelée à un Seigneur plus puissant. Ayant donc fait ses adieux à tous, #tie s'endormit dans la paix de Dieu, vers la fln du xiv* siècle.
1N6ELBERGE, femme de l'empereur Louis.— Foy. l'article Adrien I",Pape,n. VII.
INGELBURGE, femme de Philippe Auguste, roi de France. — Foy. l'article Innocent lïl. Pape, n. VIII.
INGENESou INGENUS (Saint), martyr en l'an 250 de Notre-Seigneur. — Voy. Tarlicle : Martyrs d'Alexandrie.
INGENUS , évoque d'Embrun, au V siècle. — Voy. Tarticle IIilaire (Saint) Pape'.
INGONDE, femme de Herménigilde,' souffrit comme son mari dans la persécution des Visigoths ariens d'Espagne contre les catholiques. — Voy. l'article Leovigilde, roi desVisigolhs d'Espagne.
INNOCENT I" (Saint), pape. L'époque de la décadence de l'empire romain (TOccident était arrivée quand ce pontife monta sur la Chaire de saint Pierre. Par un dessein merveilleux de la divine Providence qui veille sur les destinées de son Eglise, tout était préparé pour que, dans celte ruine du vieux monde, la seule puissance des Papes et des évoques reslAl debout. Les Barbares* qui vont frapper de tous côtés aux portes de l'empire, rencontreront partout la religion de Jésus-Christ comme une force morale plus haute, plus forte, plus souveraine assurément que celle des armes, si môme il est permis d'établir aucune comparaison; et l'autorité du Pontife de Rome s'établira au moment de la déchéance des Césars; vainqueurs et vaincus s'agenouillent devant la croix dominatrice, et sous la main du Vicaire de Dieu sur la terre.
I. Innocent, successeur d'Anastase en ({•02, était né è Albano. Le choix unanime du clergé et du peuple le porta à la lèia de l'Eglise : c'était un prôtre de grande vertu et de grande science. En arrivant au souverain pontifir*at. Innocent trouva Tempire romain au pouvoir de deux princes également incapables de régner, et qui se laissaient dominer par leurs ministres : Honortus, en Occident, avait remis toute son autorité entre les mains d'un Vandale, son favori, nommé Stiiicon, dont il avait épousé la fille; Arcade, en Orient, se laissait gouverner par ses eunuques et par les caprices d*Eudoxie, sa femme, aussi vaine que lui, et surtout rusée et pleine d'hypocrisie. La situation politique de Tempire était donc des plus misérables, et TEglise, au contraire, gagnait en force, en union, en concorde, ce que l'empire vermoulu perdait el devait nécessairement perdre, comme il
(155) Mém. eath., lom. X, p 235. i54, vol. de 1851
(156) Seolenieot Us ooics du § i*' Ue cet article.
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est dans tordre que les ténèbres disparaissent h mesure que monte le soleil.
A réponue où nous sommes, l'Eglise, tout en combattant les hérésies, et unissant toujours par les VHJncre, s'organisait dans la discipline, eU chaque Pape nouveau y travaillait avec une remarquable persévérance.
Innocent I" ne faillit pas h cette mission.
On a dit de lui jju'il gouverna avec une
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sainte vigueur TEglise de Rome, et qu'il donna des lois à toutes les Eglises de la terre. Il apporta à son gouvernement une prudence singulière et les lumières d'un esprit dont saint Augustin exaltait la justese et la profondeur. Il ne changea rien au f»ersonnel <ie l'administration précédente. « Les nouveaux venus, disait-il, ne font que gâter les atTaires avant de les entendre. » Ses lettres décrétâtes allaient, aux extrémités du monde, confirmer la snine discipline.
Dans l'une, adressée à Félix, évoque de Nocéra, ville de TOmbric, Innocent se souv<»nant peut-être d'Origène, défendit d'adniellre dans le sacerdoce des hommes mutilés; et, renouvelant l'ordonnance de son prédécesseur, il interdit également l'entrée, dans les saints ordres, à tous conx nui auraient des difformités corporelles. Il était nécessaire, en effet, qu'un prêtre à l'autel n'attirât pas les regards, et n'excitât pas les sourires par des défectuosités trop marquées dans sa personne. Dôjh saint Amliroise avait refusé l'ordination à un homme irréprochable dans ses mœurs, mais contrefait.
Une autre lettre, adressée à saint Victrice, évéque de Rouen, rappelait les canons relatifs à l'ordination dûs évéques et des prêtres, à la juridiction ecclésiastique à qui seule appartient la connaissance des causes spirituelles. Ce saint évéque avait demandé è Innocent des règlements de discipline. Lo Pape les lui envoya; en voici la substance :
1* On ne pourra être élevé h l'épiscopat que ))ar cinq évoques au moins, et jamais a l'insu du métro[)olilain; 2** les ecclésiastiques ne peuvent être jugés que par les évêques de leur province, et les décisions, à cet égard, doivent être soumises à la sanction du Saint- Siège, conformément au concile de Sardaigne ; 5* défense de recevoir un clerc étranger sans le consentement exprès«(Je l'évêque au diocèse duquel il appartient ; 4"* impossibilité d'admettre de nouveau dans les fonctions saintes un ecclésiastique disposé ; 5** célibat imposé aux diacres, aux prêtres ; car, dit le Pontife, il n'y a pas de jour où ils niaient à offrir le saint Sacrifice ou à administrer les sacrements; 6** le mariage permis à ceux qui n'avaient que des fonctions inférieures dans r£glise, à la condition tôutefo s qu'avant de se marier, ils prouveraient leurs bonnes mœurs pnr des témoignages respectables; 7** le baptême des donatistes et des novatiens 'il y eu avait encore au commen-
cement du V siècle) étaii valable : on devait se borner à imposer les mains aux schismatiques ou aux hérétiques qui rentraient dans le giron de l'Eglise.
Nous avons encore d'autres témoignages du zèle de saint Innocent I" pour la discipline ecclésiastique. Le concile de Carthage, en 401, confirmant des décisions prises en Afrique, en 390, avait défendu l'usage du mariage aux évoques, aux prêtres, aux diacres, sous peine de déposition (157). Dans sa lettre réglementaire h saint Exupère, évêqùe de Toulouse, Innocent renouvela les prescriptions de l'Eglise è ce sujet. Il invoqua le témoignage du Pape Syrice ou Syricius {Voy, son article) sur *cette matière. C'est que la lettre de ce Pontfe, la première des décrélales que les érudits tiennent aujourd'hui pour véritables, fisure en têie des plus anciennes collections des lois ou canons de l'Eglise latine. Elle fut envoyée à tous les évêques de l'Occident (158). Innocent 1" consentit è laisser dans les lien<i du mariage les ecclésiastiques qui, au moment de leur union, avaient ignoré les défenses pontificales; m<MS il bannissait du sanctuaire ceux qui, les ayant connues, n'm avaient tenu aucun compte. Il recommandait, toutefois, de ne refuser les sacrements, au lit de mort, h aucun prêtre déposé, ni à aucun Chrétien quel qu'il fût, et quelles qu'eussent été ses fautes durant sa vie, pourvu qu'il fût revenu à résipiscence.
On a prétendu que la communion qu'Innocent 1*' accorde à tous les mourants n'est que la simple absolution; mais oi)i trouvet-on que' l'Eglise ait jamais refusé l'Eucharistie à ceux à qui elle accordait l'absolution, dont l'Ëucharisiie est la consommation et le sceau? Le terme de communion, c'està-dire la réception du fidèle dans le giron de l'Eglise, ne signifia jamais autre chose (159). D'ailleurs, le treizième canon du concile de Nicée« qu'Innocent !•' avait sous les yeux, prescrit en termes formels de donner "^l'Eucbaristie à tous les mourants.
Le Pape frappait de réprobation ceux ou celles qui, ayant embrassé la vie monastique, violaient leur serment de chasteté après être sortis de leurs couvents, mais il ne les excommuniait [)as. « Dieu, disait Innocent, juge des consciences et des faiblesses de la pauvre et chancelante humanité, prononcera sur leur sort; mais la tolérance de l'Eglise ne peut pas être demandée. Qu'on écoute longtemps avant d'entrer [dans la vie religieuse, qui est l'ensevelissement des plaisirs de la terre ; mais qu'une fois entré dans celle vie-là , on y reste pour son propre honneur, pour la gloire de Dieul » C'est vainement, dit un écrivain (160), qu'on s'élèverait ici contre des décisions qui avaient leur raison d'être en ces âges lointains. Aujourd'hui raôu'e où les vœux nnonastiques ne sont [dus reconnus par les lois civiles
(157) Tillemoiit, Mém. $ur ChUl. eeclés., tom, XllI, p. 553, d*après les textes des conciles.
(158) ibid,, lom. X, p. 359 et suiv.
(459) Ibid., loin. X, p. 643.
(160) Histoin des Pepes, etc., par M. B. Peujouial, t vol. iu-8, 1862, tom. 1, p. 2^.