‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. EncyclChapitre 21 sur 57 · INN DE L'HIST. UNIV · texte numérisé non relu

INN DE L'HIST. UNIV

(lesquelles, au reste, ne communiquaient aucune force ft ces vœux) » nous ne voyons pas que l'estime publique entoure ceux ou celles qui, après s*être consacrés à Dieu è la face du ciel et de la terre, trahissent parfois leur serment et abandonnent ou 1o cloître ou le sanctuaire pour embrasser une TÎe mondaine. Il j a, contre certains actes, une instinctive réprobation à laquelle on ne se dérobe point.

II. Des charges dans TEtat étaient héréditaires dans un grand nombre de familles romaines, et dan^i d'autres familles du reste de l'empire. Des prêtres appartenant à ces faniiMes remplissaient quelquefois des fonctions civiles. Il en résultait de graves inconvénients. Les prêtres et les évèquesqni remplissaient, par exemple, des Ibncdons de jug^ pouvaient se trouver dans le cas de prohoQi[;er des sentences incompatibles avec la mansuétude évangélique. Ils pouvaient être eux-mêmes exposés à des réprimandes, è des punitions sévères de la part de leur chef dans la hiérarchie civile, et ces réprimandes, ces punitions pouvaient porter atteinte à la dignité du caractère sacerdotal. Innocent I'' s'éleva avec force contre ces osages très-cnracinés. De même au'il ne reconnaissait pas aux laïques le aroit de s'ingérer dans les affaires purement religieuses, de même il ne permettait pas aux ecclésiastiques , en général , de se mêler des affaires séculières.

Ces abus, contre lesquels tonnait le Pape, se rencontraient en Orient aussi bien qu'en O'cident, et la grande voii de saint Chrysostome les dénonçait à Constantinopie, comme Innocent les dénonçait à Uome.

« Aujourd'hui , disait l'archevêque des bords du Bosj^hore, des évoques sont devenus des intendants et des économes, des receveurs, des dispensateurs, des Irafiqueurs, à cause du soin et de Toccupatiou que leur donnent les biens temporels. Au lieu de veiller sur lour troupeau et sur les âmes que Dieu leur a fonfiées, ils s'apr)]iquenl avec ardeur au ménagement du revenu de la terre, et du [)rorit de l'argent, comme feraient des public.»ins et des financiers. Ils pi»n«ent tout le jour h ces sortes d'affaires, et pour elles seules ils sont actifs et vigilants. Je ne déplore pas ce malheur en vain {16i). » Le Pape Innocent 1" consentit h laisser aux membres du sacerdoce, les fonctions civiles dont ils iHaieni on possession depuis longtemps, mais il défendit d'admettre dans le saint mini.stère ceux qui ne renonceraient pas à toutes sortes de charges dans l'Etat.

On s'est armé, de nos jours, de ces dispositions, de ces règlements, pour coml»attre le pouvoir temporel du Pape, et le déclarer incompatible avec les prescriptions ôvangéliques. Mais qui les ignore, ces prescription»? qui ne sait que dans tous les temps, l'Eglise a voulu sé{iarer les 'choses du ciel

DE L'EOLISE.

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de celles du monde, du monj^je constitui^ «n dehors de l'Ordre divin? Les constants eiibrls des Papes, des Pères de l'Eglise, des évêques, ont tendu vers ce but, et cela par la raison que le pouvoir politique avait toujours voulu absorl)er le pouvoir religieux.

On en a vu le point de départ qui remonta assez haut (162), et l'empereur Constance, l'un de ceux qui n'ont (lue trop travaillée cette absorption, a eu certes de nombreux imitateurs dans les souverains oui lui ont succédé.

Et puis qui ne voit, d'un autre côté, la différence capitale qui existe entre se mêler des choses de la terre, des intérêts oui regardent le temps pour les pénétrer de lesprit de vie, et être mêlé aux affaires du monde, du monde de César et le servir, le fortifier par une alliance adultère. Ce qu'fnnocent !•' et tant d'autres avec lui ont blâmé et se sont efforcés d'empêcher, c'était précisément ce mélange mauvais et dangereux, parce c|u'il compromettait l'Eglise et plaçait ses ministres sous ta dépendance du pouvoir poIitic|ue, ou du moins à la merci de ses séductions. Il n'était pas bon, en effet, que les empi reurs pussent compter des prêtres, des évêques parmi leurs propres fonctionnaires, parce que, d'une part, c'était entretenir des illusions trompeuses, et parce que, d'aulre pari, les empereurs avaient ainsi sur le sacerdoce une sorte d'action directe que l'Eglise rt^prouvait, une action qui, tout en s'appliquant d /'Aomme chargé d'un emploi dajis VEtat, pouvait atteindre du même coup le ministre du Christ chargé de la direction des âmes.

Mais que les Pa|ics, que l'Eglise so préoccupent des intérêts terrestres, qu'ils aient une (iirection sur les choses du temps, c'e^t là une vérit(5 certaine i'i un devoir iuiprescriptible, pnis(juo la mission de l'Eglise eM dé tout transformer et d'établir le iè,^ne do Dieu sur la terre comnîc au ciel; et c'est ici, encore une fuis, une question bien dlHcrenle, un point essentiel qu'il ne faut pas confondre avec l'autre. La première a été et devait être ré|»rouvéo; celle-ci, au coniraire, ne pouvait l'être, et, loin de l'avoir été jamais, elle n'a fait que recevoir, par rétablissement j)rovidentiel du i)ou voir temporel des Papes, une éclatante confirmation.

C'est qu'en définitive, le ciel et la terre étant le domaine de Dieu, et toute puissance ayant été donnée, au ciol et sur la terre, h Jésus-Christ pour y régner en un règne qui ne doit point avoir de fin (tG3), son Eglise et son Vicaire, chef unique de celle Eglise, ne sauraient être exclus de quoi que ce soit de ce souverain domaine qui ne peut ^tre divisé.

Il y a plus : non-seulement le Vicaire de Jésus-Christ, représentant de Dieu sur la terre, ne saurait, sans crime et sans violence de la part de ceux qui attentenl h son pouvoir, ne saurait être exclu du gouvernement

(I6t) S. JeanClirysostotnc, llom I. 85, inMatih, (t6i) Voi^. le Discoun préliminaire en léle du

IV* v<il. «îe t'f\ mivn g«^.

(163) Malth. xxvnr, 18. /omi. xvn, 2. Lu*:, i, 35.

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DICTIONNMRE

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d<*s choses de Tordre temporel, mais, d'après luème la mission essentielle de rE^lise, comme il vient d'âtre dit ci-dessus, il est véritablement la pierre angulaire, la clef de voûte du monde terrestre aussi bien que du monde moral, et tout devant être restauré en Jésu8-Christ [i6h^), et non dans et par nul autre, il est clair c|u'il n'appartient qu*à son Vicaire, à son Eglise d'opérer cette grande œuvre. Aussi est-il certain, et l'histoire est là pour le démontrer, que les sociétés humaines possèdent la vie et sont prospères, ou sont atteintes du principe de mort, et déclinent, selon qu'elles s'appuient sur la Papauté et qu'elles s'inspirent de l'esprit de l'Eglise, ou qu*elless'en séparent et qu'elles veulent marcher seules, c'est-àdire, selon qu'elles respectent ou méconnaissent le souverain domaine de Dieu, se- Jon qu'elles acceptent ou abjurent la souveraineté visible du Christ sur la terre I

III. L'Afrique, toujours désolée par les violences des donatistes, invoquait le secours du Pontife roiTiain. Trois conciles s'étaient tenus à Carlhage (années 402, &.03, 404^), pour aviser aux moyens de paciflcatiou. Des conférences publiques avaient été, dans chaque ville, proposées par les prélats calholiques'aux évoques donatistes. — Voy.

l'article Conférbncb des donatistes et des

CATHOLIQUES A CaRTHAGE, t. III, COl. 1408 et

suiv. — Ceux-ci les avaient refusées. Le troisième concile avait alors résolu d'envoyer des évêques à Honorius, en qualité de députés, pour le prier d'appliquer aux donatistes les lois formulées par Théodose 5e Grand, contre les hérétiques. Dne lettre fut adressée au Pape pour lui recommander cette ambassade. La demande fut accordée par l'empereur. Mais, dans sa réponse aux Pères du concile. Innocent leur rappelle les règles canoniques sur l'obligation de la résidence épiscopale, et leur recommande de veiller à ce que les évoques ne s'absentent do leurs diocèses que pour les plus graves motifs.

Vers le môme temps, l'intervention d'Innocent 1" élouiïa , dans sa naissance, un schisme prêt à éclater dans l'Eglise d*£spagne. Le concile de Tolède avait admis à la communion Symphonius, Dictinus et quelques autres évêques de la Galice, gui avaient abjuré l'hérésie des priscillianisles. Les prélats avaient été maintenus dans leur juridiction et leurs dignités. Les évoques de la Béiique et de Carlhagène trouvèrent ce jugement d'utie indulgence excessive, et refusèrent de communiquer avec ceux qui le suivaient. L'affaire fut déférée au Pape, qui confirma la décision du concile de Tolède, et ordonna aux évêques d'Espagne de communiquer avec tous ceux que ce concile avait réhabilités (165).

Mais ce qui préoccupait surtout, le saint Pape était la situation religieuse de l'Eglise d'Orient. Le plus éloquent et le plus zélé de

(164) Ephe$.î,iO,

(105) Hi$t. gén, de CEgl. depuit le commencement de rère chrétienne jusqu'à nos jours, pwr Tabbé

ses pontifes, saint Jean Clirysostome , se voyait accusé, condamné, persécuté, exilé par ses col'ègues dans Tépiscopat, et ne trouvait de soutien que dans le successeur de saint Pierre. L'ardeur avec laquelle le patriarche de Consiantinople poursuivait, dans sa province, la réforme du clergé et la répression de tous les abus, lui avait fait un grand nombre d'ennemis. Dans un concile qu'il rassembla è Ephèse, il fil déposer six évé(|ues simoniaques, convaincus d'avoir acheté l'ordination, à prix d'argent, de leur métropolitain (an kOS). Il déposa aussi l'évêque de Nicomédie, Géronce, quî s'était fait ordonner par Hellade de Césarée, en Cappadoce, en récompense d'un emploi considérable à la cour, qu'il avait obtenu pour un parent de ce métropolitain.

Une affaire plus gra ve encore, dans laqueMe saint Jean Clirysostome intervint avec sa droiture habituelle, lui suscita 'de nouveaux embarras.

Théophile, patriarche d'Alexandrie, irrité contre les moines de Scété, qui avaient donné asile à un prêtre qu'il avait chassé de son Eglise, réunit un concile, où, sans les avoir appelés, il les fit condamner, sous prétexte d'origénisme. Par une inconcevable fureur, il se mit lui-même à la tête d'une troupe de soldats qui envahissaient les monastères, livrant aux flammes le texte des Ecritures et les saints mystères, passant au fil de l'épée de pieux et in- . offensifs solitaires (an 401). Chassés de leurs saintes retraites, les moines se rendirent d'abord à Jérusalem, d'où le crédit de Théophile parvint encore à les faire bannir. Le patriarche d'Alexandrie leur cherchait partout des ennemis, etsaint Epiphane, archevêque de Salamine , trompé par ses faux rapports, avait convoqué, dans sa ville niétro|>oiitaine, un concile de toute la Chypre, où Ton avait renouvelé la condamna-* tion de Torigénisme.

Saint Epiphane ne doutait pas que les moines d'Egypte ne fussent des sectateurs ardents de celle hérésie. Comme ils venaient de se rendre à Consiantinople pour s'y placer sous la protection de saint Jean Chrysostome, il les y suivit, et refusa de communiquer avec le patriarche, qu'il croyait fauieur des hérétiques. 8aint Jean Chrysostome lui envoya offrir l'hospitalité dans son palais; Epif)hane refusa, et ordonna même, do sa propre autorité, un diacre, sans demander Tautorisation du métropolitain. Cependant, les religieux égyptiens avaient trouvé dans suint Jean Chrysostome un appui. Ils se présentèrent devant saint Epiphane, et lui dirent : « Nous sommes ces moines d'Egypte que vous poursuivez, nous voudrions savoir si vous avez jamais vu nos disciples et nos écrits. » Saint Epinhane répondii qu'il n'en avait jamais eu 1 occasion. «Comment donc, reprirent-ils, pouve?,vous nous condamner sans nous connaître 7 n

J.-E. Darras, 4 vol. in 8, 4- édit.,'I8o9, loin, I, p. 500,501.

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DE L'HIST. UKIV. DE L'EGLISE

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Le saint fut touché de cette considération, et les accueillit arec bienveillance. Cette entrevue détermina son départ précipité; il quitta Constantinople sans cependant se réconcilier avec saint Jean Gbrysostome. Il mourut dans la traversée, l'an 403, et Tile de Chypre, qui le vénérait comme un père, reçut ses restes mortels comme de pieuses reliques. Le débat élevé entre lui et Je patriarche de Constantinople, soutenu avec bonne foi de part et d'autre, n'a pas empoché lesPapes démettre Epiphane au rang des ssfints. L'Eglise grecque le compte parmi ses docteurs. Il mérita ce double titre par la pureté de sa vie, Tardeur de sou zèle, et les savants ouvrages qu'il composa pour la défense de la vérité.

Cependant Théophile d'Alexandrie était Yenu lui-môme à Constantinople poursuivre contre les moines son système de destruction, et pour continuer, contre saint Jean Chrysustome, son odieuse persécution.

11 le poursuivit de sa haine jusqu'à ce qu'enfin, succombant sous le poids de ses Diaux et de la rage de ses ennemis, Chrysostome mourut en exil, à Comane, en 40^.

(Voy, l'article Vie et siècle de saint Jean Chrtsostome.) Après la mort de ce grand homme» le Pape saint Innocent 1" prit soin de su glorieuse mémoire, et refusa de communiquer avec les évoques d'Orient, jusqu'à ce qu'ils l'eussent solennelîemet réhabilitée, en rappelant tous ceux qui avaient été exilés pour sa cause. Le persécuteur survécut |)eu à sa victime. De son côté, Arcade, ce faible empereur qui fut un si docile instrument dans la persécution contre Ican, mourut en &.08, et rin)[)ératrice Eudoxie étnit morte inopinément deux ans auparavant. Le Pape avait porté une sentence d'excommunication ôontra les persécuteurs du saint exilé, et il est probable qu'il leva cette sentence en 410, époque à laquelle les reliques de Chrysosloine furent solennellement transportées dans la capitale de l'empire d'Orient.

IV. Au moment de la plus grande gloire romaine, Cicéron rejetait à plus de mille ans la sombre pensée que la cité reine du monde

tiûl être envahie par quelque peuple barbare (166). Or, au mois d octobre de l'année 406 de Jésus-Christ, c'est-à-dire quatre cent cinquante ans après la mort de Cicéron (167), qui ne fut prophète qu'à demi, cent mille hommes couverts do peaux de bêtes féroces, portant une longue chevelure, armés de massues et de Qèches , étaient campés sous les murs de Rome.

Déjà, dès Tan 405, une branche détachée de la grande nation des Goths, au nombre de deux cent mille hommes, avait passé les

(t06) c Et ego doleam, »i ad decem millia annorum gtniem aliquam urbe notlrà poUturam putem? Quia lanta chariiaê patriœ e$t^ ui eam non semu Nofiro» ied salute iptius meljamur : c El moi, pourquoi liic di9gni)erait»-je, si j^avais lieu de croire que, d;iu$ mille ans, quelquti psJiple étranger dùl »'eiuparer de noire ville f Parce que l'amour de la pa!itesc uicsuro, non à la pari que uous aurons à

Alpes, ayant à sa tête Radagaise. Stilicon, ministre d'Honorius, aidé d une armée de Huns, écrasa cette formidable invasion dan^ les montagnes de la Haute-Italie ; et, cette fois, Rome dut son salut aux Barbares euxmêmes. Le danger n'était un instant passé que pour renaître pfus terrible. En W7, une nuée de Vandales, de Suèves , d*Alaius , d'Allemands et de Bourguignons se répandit dans les Gaules. Majencefut prise et saccagée; plusieurs milliers de Chrétiens furent égorgés, avec Auréus, leurévêque. Worms, S[)ire, Strasbourg furent livrés aux flammes; Tournai, Térouane,Arras, Saint-Quentin ne purent arrêter ce torrent. Les Barbares, moitié ariens 9 moite idolâtres, firent, dans toute la Gaule, un grand nombre.de martyrs. Saint Nicaise, évoque de Reims; Saint Didier, évêque de Langres, eurent la tête tranchée; Besançon vit massacrer son évêque Anlidius. Marseille fut détruite; Toulouse, inutilement assiégée par les Barbares, ne dut son salut qu'aux prières de son saint évêque, Exupère. Ces horribles ravages durèrent trois ans entiers. Stilicon entretenait alors des relations suivies avec Alaric, roi des Visigoths, et ét^it accusé de songera dépouiller son gendre, dans h) dessein d'exalter Eucher, son propre fils.

Alaric était un de ces ravageurs de nations, appelés par la Providence à se partager les ruines du monde romain. Des bords du Danube, où il était né, une force inconnue le poussait à porter partout la dûslruclion.

« Une voix intérieure, disait-il, me crie sans cesse : Marche et va saccager Rome ! » Deux victoires remportées par Stilicon sur les Visijjoths d'Alaric [W2-4.03] avaient retardé celui-ci dans sa marche. En W8, Alaric se retrouvait aux frontières d'Italie. Eiait-ce pour le salut de Rome, ou pour des motifs d'ambition personnelle que Stilicon entama avec lui des négociations? L'histoire ne le sait pas. Honorius inclina vers le dernier parti. Un ordre impérial déclara ce général ennemi de la patrie, et Stilicon eut la tête tranchée.

Alaric, que rien ne retenait plus, vint mettre le siège devant Rome (168) : il avait détourné le Tibre, fermé toutes les communications avec le dehors. La famine Qt la peste désolèrent bientôt la cité. Le roi des visigoths consentit à s'éloigner moyennant une somme énorme. Honorius, renfermé dans Ravenno, n'ayant pu remplir les conditions du traité, se vit opposer par Alaric un rival à l'empire, Attale, préfet de Rome (M)9). L'année suivante, MO, était marquée par la prise de la ville éternelle.

Le 24 août, Alaric, avec ses Visigoths, entrait dans la cité des Césars. Il permit le pillage

son son, mais à rinlérèi que nous prenons à sou ftulni.i (Cicéron, TuscuL, lib. i, S 37).

(167) Cicéron était né en l'année i06 avant Jé^iis-Clirist; il mourut assassiné à Tàge d« soixanie-(|uair3 ans.

(1G8) L'abbé J.-E. Darras, HUt. de CEgL, toui. U p. 507.

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è ses troupes; mais la majesté de la religion chrétienne dominait déjh les roœiirs barbares : Tégli'^e de Saint-Pierre et celle de Saîni-Paul furent marquées parle vainqueur comme des lieux de refuge. — Voy. nos articles : Inondation des Barbares, ii. 111, et Tbise de Rome par Alarig l".

Dans cette nuit de pillage de la cité en deuil, Alaric avait dit h ses hommes : « Pillez, volez, mais ne tuez pas les gens désarmés, ei respectez les liglif^es. Je ne suis j)as venu pour faire la guerre aux saints apôtres, mais aux Romains. » Initiés au christianisme vers le milieu du m* siècle par les captifs qu'ils avaient emmenés audelà du Danube , après h ur api arition dans la Gièce et dans l'Asie -Mineure, les Goths étaient devenus ariens, en 370, par les menées de Temporeur Valens. Il y avait donc chez eux quel«:iae chose de chrétien. On les vit porter des vases remplis de trésors dans la Basilique de Saint-Pi»/rre, pour faire hommage au prince des apôtres, et conduire eux-mêmes des vierges aux asiles désignés, pour les soustraire à tous les outrages : triomphe mémorable du Chrisl que saint Augustin a célébré dans sa Cité de Dieu!

Mais ce ne tut là qu'un incident plein de grandeur. Les Huns, les Germains qui ne connaissaiint pas le Christ, et les Goths eux-mêmes s*abandonnèrent à toutes les horreurs dans la grande et orgueilleuse cité. Quarante roilie esclaves, au service de la noblesse romaine, se joignirent aux dévas'ateurs. L'incendie dévora les palais, h'S inonunients des arts; et l'assassinat marchait de front avec le vol et l'uutr^ige des femmes en larmes. Plusieurs vierges et des femmes mariées se donnèrent la mort pour échapper à l'infamie. Saint Augustin blâma ces acies de désespoir; il disait avec sa liante raison : « Qumd l'Ame ne se souille point par un consentement impur, elle sauve Ih corps de toute atteinte criminelle. La chasteté du cœur est d'un si g'and prix, que si elle demeure entière, le corps garde une pureté parfaite, malgré le triomphe de la brutalité (169). i

Le Pape saint Innocent P' ne quiîta point Home au milieu de tant Je désastres ; sa pi é»en<e ne fut point éiran^^ère aux témoignages de respect qu'Alario rendit au christianisme. Déjà le Pape lui avait été député en 408, pour lui porter les propi;silions il'Honorius, et en avait été honorablement accueilli. Les peuples s'habituait^nt à voir la majesté du Souverain Pontilicat dominer le tumulte des armes, et i'Kgliso sortait triomphante de eetteptemière luva- ' sioo , qui devait se continuer jusqu'à Odoacre. ( Voy, Tarticle Inondation des barbares.)

Mais chose curieuse! Rome, cette orgueilleuse leine du monde qui avait toujours ci u

rtOO) Saint Augustin, lettre 111, tom. Il, trad

Potijoiilal.

' M. Bapiibtiu Poujoulai, Histoire dd Vapt^,

h la force brutale, se trouvait, en 410, n'avoir plus de contiance que dans tes niagt<*ipns I C'étaient des saltimbanques venus de la Toscane; pendant qu'Alaric et ses compagnons élaieiit orcupés à compter l'or que les Romains leur apportaient, la tioupe de criiiif^diens ambulants se livrait à des opérations ma.v;iqu('S (lar lesquelles ils prétendairnt extraire la foudre que reiélàient les nuages et la Iniicer ensuite sur les barljaies. lis disaient aussi qu'un autre bon moyen prmr conjurer le danger dont la cité était menacée, c'était des sacrifices à offrir aux dieux antiques de la république (170).

[JQ historien, enneDji des Chrétiens (171), a accusé le Pape Irmocent !" d'avoir, c dans un intérêt coniroun, » autorisé les saltimbanques è se livrer à leurs pratiquesimpies.

De tous les écrivains de ce temps, Zozime est le &eul qui se soit fait l'écho de cette niaiserie. Une seule chose est vraie et appuyée sur toutes les autorités les plus graves , c'est que le Pontife que Dieu, selon l'expression d'Orose, semblait avoir tiré de Rome, conime il avait autrefois tiré Lolh de Sodome , afin qu'il ne fût pas témoin du malhrur de son peuple, rentra tristement dans la cité désoléf^ apiès qu'AUric y eat ref)aru de nouveau : Innocent ^ria avec les Chrétiens et les consola dans Uur douloureuse épreuve^.

y. Cependant, l'empire romain ne pou va l s'écrouler .«ans que le retentissenieot de sa chute a^il/ll le monde. Les païens allribiiaicnt ces revers inouïs à la colère des ditux, et renslaieiit la religion de Jésus- Christ r* sponsabie «lu Capilcde. Les docteurs chrétiens se charj^èient de repeindre è ces plaintes amères. Pendant que salut Jérôme, nouveau Jérémie pleurant sur les rui îes de Home, |)r4>uvait dans ses écrits, que la décadence de l'ein? ire élail due à la corruptioji dos mœurs phïennes-, et à l abaissement des caractèn'S et ôvb courages, proouils par d»s sièrles d'une jouissan.- e et d'un luxe effrénés, Paul Orose, prêtre espj^gnol de Tarra^one , è la prière de saint Augustin, écrivait son Abrerjé d* Histoire univ€r$ellfy<^^ il établissait f)ar les laits, le uiéme raison» nement. Saiot Augustin lui-même (omiosail son iumioilel ouvrage ^ie la CittdeDif», où, dans un f)arallèle qui embrasse toute la suite de Thisloire, il montre le royaume de la vérité s'établssai.t sur la ruine des empires , et expose le jjlan |»rovidenticl de riiistilution de l'Eglise el son développement à travers le temps. Cette œuvre iflQmeiise qui aurait suffi seule à occuper toute une vie, n'était qu'un incident «ians celle de saint Augustin. Il aviii», c»Mume nous l'avons dii, lutté avec avantage et un tt\e infatigable contre les donalistes, et ce i^chih"»© à peine éteint par ses efforts el ceux d'im^ocent I", voici qu'une nouvelle hérésie M implantée sur le sol de l'Afritiue, |>ar dcui

etc., ton». T, p. 306, (171) Z>»ziii.e.

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