‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. EncyclChapitre 27 sur 57 · ISI · texte numérisé non relu

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rent appelés Muzarabes ou Mouxarabfs^ du nom de Muza ou Mouza, leur vainqurur, et de celui d'Arabe qu'on donnait alors aux Mahoniétans africains, pour marquer leur origine. C'est de le que Tancimne liturgie d'Êspaî4;ne, conservée par les Chrétiens de la domination maure, a reçu (e nom de Ho* zarabe.

La Vie de saint Isidore de Séville a élé éciîie par Luc, évôquo de Tuy. (Voy. cet article.)

JSIDORE MERCATOR, ou PECCATOR, dont les copistes ont fait 3frrc(i/or, ne peut éire un autre que saint Isidore de Séville, mais Isidore de Séville tronqué, faussé. En ett'et, l'existence de Mercator est contestée par les meilleurs critiques, et cela d'autant plus qu'on no connaît ni sa patrie, ni sa naissance, ni sa qualité, ni aucune de ses actions, ni sa mort.

Fleury et ceux de son école, qui croient h cet Isidore, le font vivre au tiii* siècle. Mais que ne nous en font-ils point connaître riiistoireî Fleury surtout Va en quelque sorte rendu célèbre par ses doléances et les plaintes au'il fait à tout instant, dans son ffÎ5/otre, deses fausses Z>Vcr^/a/f5, lesquelles, suivant cet historien, ont renversé la discipline ecclésiastique et horriblement bouleversé tout dans l'Eglise de Jésus-Christ.

Or, un savant critique a fait voir ce qu'il fallait penser de ce prétendu renversement (732), et, comme on le pense bien, nous ne r(!»i)éterons pas ses preuves solides et péremptoires. Un autre auteur, homme des plus savants et des plus judicieux de nos jours, le docteur Moehier, s'est attaché à bien étudier cette fameuse collection des Décrélates du faux Isidore ; et ai)rès l'avoir considérée dans ses détails et dans son ensemble, voici quelle a été la conclusion du son Jugement.

Dans la pensée de l'auteur, cette collection n*est ni plus ni moins qu*un manuel de théologie è l'usage des ecclésiastiques, où sont exposés et inculqués les principaux points du dogme, de la morale, des sacrements, de la liturgie, de la constitution de l'Ejaflise, du devoir pastoral, avant leur application aux besoins de l'époque. Pour rendre celte théo- . logie plus attrayante et plus respectable, elle est en forme de lettres, sous le nom de divers Papes (les trois premiers siècles.

Dans ces lettres, l'auteur ne dit rien ou presque rien de lui-même ; il ne fait que

(732) Voy. le docteur Marchctti, Critique de Chisloire ecc'éiiuêtique^ 2 vol. iii-i2, édit. de 1819, toui. 1, art. i, |§ i à 6. — On trouvera à lu liii du lom. III, pas. 59i et suiv. iïaVHinoire de rEgiite, par BérauU-Dercastel, édii. Heiinoii, I8i5, uue Diuerlalion d'aprèi Mnreheui êur /a CoUeciion iVhidore Mercator* — Voir au^ni les notes.

(753) Mélangée et fragments du dociciir Moehier, recueillis et puliliés par Dœllinger, loui. l, p. "iUZ, Ralislionne, 1839.

^734) Ilincttiar, lui-même, comme nous Ta von s d<^jà remarqué ailleurs (arlicli» Ekgelram, évoque de Metz), n'en avait pas uue grande ebtime. Il assure que ce recueil fut apporté d'Espagne en Germanie, et que Riculfc, de MayeiicCi successeur

choisir et lier ensemble ce que les Papes et d*aulre$ Pères postérieurs au m* siècle ont réellement écrit dans leurs oufta^es authentiques. Ces choix sont i^énéraleinent très-bien faits. Rien n'indique que raulenr ait eu dessein de tromper personne ; au contraire, il insiste beaucoup sur Tobligation, pour les ecclésiastiques, de s'appliquer è l'étude. Enfin, à en juger par les abus ei les désordres contre lesquels l'auteur inconnu s'élève, le docteur iMoehIer regarde comme le plus probable, quec<itiecolleciioii a été composée dans le royaume de Lorraine, au temps de Charles le Chauve, ou peu après

On avouera que Fleûry s'est donné bien de la peine pour rien. Si, comm^il est certain, des pièces apocryphes se sont glissées dans cette collection, il aurait dû savoir en faire le discernement, comme l'avaient fait Baronius , Bellarmin et d'autres auteurs (73^*), sans vouloir confondre ce qu'il y a de bon et de vrai avec le faux. On doit cep< ndant reconnaître que Fleury n'est pas le seul qui se ^oit mépris sur la compibii'n du faux Isidore. Bien avant lui, et quand le temps de la critique n'était point emoie venu, il est positif que celle collection fui citée sans discernement par plusieurs s}nodes, et que divers compilateurs les reproduisirent ou en firent de^ extraits {Voy. l'article ËKGBLR4M,évèque de Met2},prélendaiil qu'elle avait été commandée par un Pa]ieou par un évoque, mais sans énoncer posiiivement le nom de ce Pape ou de cet évoque.

Il est facile de comprendre comment tout ceci ne fit qu'au^m<inter les confusio^^; ei ce qui pourrait excuser Fleury, c'est qu'il réagit contre elle. Mais, comme dans (oute réaction, il déliasse le but, et son tort, encore une fois, est de n'avoir pas sé^iaré le vrai du faux. Kn suivant cette règle de critique, il ne se fût point exposé à prendre en suspicion des monuments respectables et à les mettre dans la même ligne que d'auires moins dignes d'attention.

Un historien (735) dit qu*à Toccasion de l'exposition du monument d'Isidore [tiui sortit on ne sait d'où), le Pape Nicol.i^ r déclara que les Décrets du Pontife rotuaiu faisaient la loi générale de l'Eglise. CViail, par conséquent, indiquer les vraies sounvs du droit et de la vérité historique, et iibandonner le recueil du faux Isidore à la discussion des critiques. Au Pape apparlicnt,

de saint Luc, fut le premier qui le répandit dans les Gaules : quelques-uns méiiie Peii foni anieiir. Mais on n'a rien de ccriaiii à cet égard. — Vut/. l*article HiNCMÀtt, archevêque Ueiius, ii. IX.

(755) U Cébar CauUi, HUt. uiirv., cdil. Di ioi. i854, toui. X,p. 2U5, 29C.— Saus approuver loui ce que dit cei liisloi ieu du recueil du taux lsi«iort', il nuuS' a paru L>on de ciler Tliouiiua^e qu'il rend i<'t à la Papauté. S'il n'est pas bien iutormé, cnivoitsnuus, eu ce qui touche les Uusses décrélaUs, m ne saurait mieux dire que ce qu'il écrit, non-scu- Uîaieiit en cet endroit, mais en beaucoup d'auucs, sur l'heureuse iuflueucc qu'cxei'çait Tautoriie ptternelie des Papes.

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