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crîminalilé de ce qne fit le conciliabule de 963 contre Jean XII.
Charleinagne, dit cet hislorîen (985), et les évoques de France, dans une conjonclure semblable, se conduisirent d'une n)anière différente de Tenipereur Olhon vi de s<'6 prélats germaniques. Un concile aussi ('•tait assemblé pour juger h^s accusations portées eontie le Pape Léon lil. Mais aussitôt que l'affaire eut été proposée, tons les archevêques, évêques et abbés, s'écrièrent d'une voix unanime : « Nous n'osons juger le Siège apostolique, qui est le Chef de toutes les Eglises de Dieu. Ost è ce Siège et uu Pontife qui lu remiilit à nous juger tous, sans qu'il puisse être jugé par personne, suivant Tancienne coutume. Nous obéiroiis canoniquemeut è tout ce qu'il plaira au Souverain Ponlilc d'drdonner (986). »
Lorsqu'on 800 les évéqii(»s de France disaient que telle était l'ancienne règle, ils disaient vrai. Trois siècles auparavant, sous le règne du Gotli Théodoric, cent quinze évéques étaient convoqués h Rome pour juger des accusations semblables contre le Pape Symmaque. Les évéi^ues remontrèrent au roi que c'était à Sjmmaque, encore qu'il fût l'accusé, è convoquer le concile, et que le successeur de saint Pierre ne pouvait être soumis au jugement de ses inférieurs.
Théodoric, qui toutefois était Arien, montra aux évéques que le Pape lui-môme avait demandé ce concile par ses lettres. « C'est une chose inouïe et sons exemple, ajoutaient les évoques, que le Pontife romhin soit mis en jugement pa^Jevant nous. » Enfin , quoique le Pape eût donné à ces évéques le pouvoir de juger son affaire, quoique ces évéques eussent Qui par remettre le tout au jugement de Dieu, toutefois leur entreprise parut une témérité et répandit l'alarme parmi tous les évéques des Gaules, et saint Avit de Vienne leur écrivit, au nom de tous ses collègues, ces paroles entre autres :
< Comme Dieu nous ordonne d'obéir aux puis<*ances de la terre, il n'est |)8s aisé de comprendre comment le supérieur peut être jugé par ses inférieurs et l'rincijialement le Chef de l'Eglise universelle. Dans les autres pontifeSy si quelque chose chancelle, on peut le réformer; mais si le Pape de Borne est révoqué en doute, ce n*est plus un évêque, c'est l'épiscopat môme qui semble vaciller (987). •
C'est ainsi que les évô(|ues, notamment ceux des Gaules, punsaicnt, parlaient, agissaient, et à la tin du v* siècle et au commencement du IX*. Les quarante évoques de l'empereur Otliun auraient dil les prendre pour modèles en 063; ils n'auraient pas violé toutes les règles pour faire uq antipape. E»! etfel, que voit-on dans lenr conciliabule? Des Inférieurs qui s'arrogent do juger leur supérieur; car, sans contestation aucune, tout concile particulier est in-
rappclleroiis Ifîs remarques que nous avons faites dan» le § il du Uiêcours préliminaire placé eu télé du I" vol.
(985) Kohrbaclicr, lom. XllI, p. Ii7 et fuiv.
fërieur au Pape. Quant au concile cecuméniqtie, le viir venait de décréter, dans son 21* canon, Tan 870 : Si quelqu'un, fmt de la puissance du sièclf, cherché à expnUn de son siège, soit le Pmpe, soit un det pa.
iriarchen^ qu*H soit anathème! Que si, dans un concile universel^ il s'élève quelque ambiguïté ou quelque controverse touchant lEglise romaine, il faut respectueusement demander des explications, et les recrvuir dt même, mais non porter audaeieuirment me sentence contre les Souverains Poniifa de rancienne Rome (988). Ainsi les qii«iratiio évéques qui, forts de la puissance séculière de Tempereur Othon, cherchent à eifuilsri de son Siège le PQ]^e Jean XII, se troiiv.<u nt directement sous l'anaihème du vin* coucile générai, et rexcoumiunication qu\^ W. Pape prononce contre eux n'en est qu'une application très-juste. Ce sont quanii)U>.
évéques excommuniés, et par là incapablirs, non-seulement détre juges dans une causo ecclésiastique, mais encore d'jf servir de témoins, qui entreprennent de ju^er oi de déposer leur supérieur, le Chef de l'Eglise universelle.
Maintenant, leur procédure fût-elle pour le reste |>arfaitement régulière, jamais < .le ne (K)nirait reajédierè ce vice radical. Miis il s'en faut de l)eaucoup qu'ils aient obseivé les formes essentielles de la jurisprudence canonique. Les mêmes personnes, à savoir, l'empereur et plusieurs des évéques, y soia à la fois accusateurs, témoins et juges. Au lieu de faire trois citations, on décide brusquement l'alTaire après la seconde. C\'>t un laïque qui préside un tribunal d'évô (u > , c'e.^t un lai'iue qui prononce la senieure; ou [)lulôt il n'en prononce point : il déc.'aio simplement quil a pour agréable quou chasse le P<ipe accusé et qu*on en meliu un autre à sa place. Et ce laiqae venait de recevoir de ce même Pape la dignité inipcrialo; et ce laïque venait de lui j>romeUie avec serment, que, de sa volonté, de son conseil ou de son consentement, il ne perdrait ni la vie ni la dignité qu'il avait! Ea vérité, dans tout ceci, l'empereur Otii n re^te bien au-dessous, non-seulemeui do Charlemagnc, mais encore de l'Arien Théodoric.
Tout cela est vrai, quoi que l'on pense des accusations portées contre Jean X!I.
Quant h ces accusiilions en eîles-uiômes, comme le tribunal élait încompéltni et qu'il n'a point observé les formes canoniques ce ne sont encore aujourd'hui que des accusations, et non pas des preuves jnridiques et péremploires. Voici ce qncu pensait, au xn' siècle, Othon de Frisinb'"^»
un des auteurs les plus judicieux de l'Aileniagne. « J'ai trouvé, dit-il, dans quel|u s chroniques, mais composées par des i tâtons, que le Pape Jean vécut d'une maiiièie lé^iiéhtiusiMe, et qu'il fut souvent averti à
(986) Ânastasc, tu Levn. 11!.
(1)87) Labbe, Couc, loui. IV, p. i36i.
^i)«8j Ilfid., lom. Vlil, p. 1140.
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v6que de Bénéveul devait venir à Rome recevoir la consécration épiscQ()aIe.
Quelque tcmp» avant . réreclion de Tévâ^ ché de Prague* une jeune princesse, nommée Miada, sœur de Boleslas, duc de Bohème»
faisait un pèlerinage à Rome et déposait ses hommages aui pieds du Souverain Pontife.
Elle apprenait ladidcipliue monastique dans la capitale du monde chrétien. Le Pape lui donnait Ja bénédiction abbatiale avec le nom de Marie, et lui mettait en main le bAtou pastoral et ta Règle de Saint-Benoit. 11 lui remettait aussi pour le duc Boleslas une lettre où il dérendait à ce prince de suivre le rite des Bulgares ou des Russes, et d'user de la langue solavone. Il voulait qu*on choisit pour évèque un clerc bien instruit des lettres latines et bien eapat>le de cultiver le champ contié à se$ soins.
111. Quant aux conciles dont^ous avons parlé» les principaux furent ceux de Rome, de Ravenne, d'Angloltrre» d'incelheim et du Vont-Sainle-Marie, auxquels nous devons ajouter la eonférence de Coaslantinopie.
L'empereur Oihoo assista au concile que le Papu Jean Xlll présida lui-même au mois de janvier d67. Le souverain temporel expé* dia, avec approbation de rassemblée, un diplôme en faveur de Tabbayo deSublac; Mumtori ajoute que Tarchevèque de Grade fut conGnué dans sou litre de métropolitain de toute la Véuétie : un autre écrivain prétend qu'il y tut question d'abolir la loi du serment en matière civile, comme ouvrant la porte au parjure. Le vote lut renvoyé h un autre concile. £n etfet, ce fut dans la diète de 983 que cette loi fut abrogée. Mais le remède fut pire que le mal, puisqu'on obligea ceux qui formerHient une inscrip-* lion eu faux contre un titre de la prouver par le duel.
• L*éroetion de Ms^debourg en métropole fui décrétée dans le concile de Ravenne, que Jean Xlll célébra de concert avec TempereurOthon» dans réglise de Saint-Sévère.
Là se trouvaient plusieurs évoques de Ger* monte, d'Italie et des Gaules. On y traita dilférentes questions dans l'intérêt de TEglise. L'empereur rendit au Pape le terril loire et le Tille de Havenne dont il avait été spolié. Là fui déposé Hérokle, archevèaue (Je Sallxbourg, accusé d'avoir dépouillé les églises, d'avoir donné leurs trésors aux infidèles, et d*avoir aveo eux conspiré contre la sûreté des Chrétiens et conire l'empereur. Le coupable avait été aveuglé et dé-* posé; mais» uravant l'interdit, il célébrait la Messe el portait le PaUiwm. Son siège avait été donné à un autre évèque nommé Frédéric. LePsiie eonârmeee qu avaient Atil ses prédécesseurs. Cet acte fut souscrit par cinquanie-sfx évèques, sans compter le Souverain Pontilé.
La Qn de l'année 997, et (es commence»
ments de l'année suivante, lurent marqués par la tenue d'un concile à Rome. Les empereurs». Ottfton 1** et Othon te ieune y aasistèrenl. On y confirma l'érection de ré« vèchéde Meisaen,cap(talede la Misnie. Dans
le courant de l'année %8, plusieurs év(^qiies d'Italie el de Germanie souscrivirent un échange entre les Eglises d*HalberslaiU et de Magdebourg. La même année le Pape, h la tète de son clergé réuni à Rome» approuTa et ratifia l'érection de l'évèché de MiDJers qui datait de Tan 935.
Le concile d'Angleterre, présidé par saint Dunstan, était une réunion de tout l'épis* copat du royaume. Il avait été convoqué avec l'autorisation du Souverain Pontife. Le roi Edgard y eut la parole, et prononça un discours sur les déréglementa du clergé. Il reprochait aux ecclésiastiques rexigoïié de leur tonsure, la dissolution de leurs babils, rindécencede leurs gestes, l'iotempéraDce de leur langage, ei la corruption de leur cœur. Il les accusait de négliger les oBxcn divins, surtout ceui de la nuit, et flétrissait la légèreté avec laouelle ils assistaient aui saints mystères ; leur passion pour le jeu et pour les plaisirs de la table. Il conjurait les évèques de couper eourt àees abus avec ie glaive de Constantin et celui de Pierro, comme si ces deux glaives pouvaient être mis sur la mène ligne, et oomme si, au contraire, ils ne s'excluaient pas, l'on éiact de Dieu et sa parole, et l'autre venant de la chute, et étant oelui dont se servit Caînl Lo roi Edgard, qui ne comprenait pas cela, suppliait aussi lé président du concile de faire une sainte alliance, et priait EtlielVolde, évèque de Winchester, et Oswald, évèque de Worchester, de chasser, au nom de l'autorite épisco|)ale et du pouvoir royal , It s ecclésiastiques qui déshonoraient l'E^li^e f>ar leur vie honteuse, et pour mettre à leur place dos clercs de bonne vie et OKBurs. 11 fut donc décrété solennellemeni que tous hs ehanoiues, les prêtres, les diacres, les snii>diacres garderaient la continence on serait ni obligés de quitter leurs églises. Les trois mandataires du concile exécutèrent fidèlement ces ordres.
Le 36 mai 980, le Pape présida le concile où l'ut arrêtée l'érection de Bénévent on archevêché, comme nuus l'avons dit plus hani.
Deux ans après, le 23 avril 971» lieu rassembla un autre dans sa ville capitale, h l'effet de confirmer l'établissement des moines K la place d^s chaùoines qui occupaient Tsbbsye do Mouzon. Dans le concile de ComposteUe, tenu le 29 novembre 971, Césaire, abbé de Montferrat, furt élu et sacré. évèque de Tarragone. Il y eut opposition de le part de l'archevêque de Narbonne et iUts évèques eapagnols j^oumis à sa juridiction; car cette dernière métropole avait des suffragants nun-seulement en France, mais encore au deiè des monts. Adalbéron , archevêque de Reims, convoaua les évô- (lues de sa province dans Téglise de Monibainte-Marie en Xardenois» diocèse de Suissons. Dans celle a^ieemulée du mois de mai 972 » ou lut la Buiie du Pape pour Tinstallation ées moines dans l'abbaye du Mouzon. Au mois de dt^c^mbre de Tant ée suivante, la même église reçut dans son sein les membres d'un autre concile dont
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