DEL'HIST. UN IV
{.irMifSinonnvoirëiéfiiilparGerbeilIui-méma i|009, au moins inspiré par lui, il est cer- 1.1111 i)u*on trouve dans ses paroles des pro- }')>ilions,non-seuiemenlsclnsma(îq()es,mai^ l.ér/>iiques. Ainsi» il (iit en parlant du Pape: « Nouscrojons qu'il faut toujours honorer TE^Iise romaine, en mémoire de saint Pierre, hI lions ne prétendons point nous opposer •iiji tircruls des Pape^, sai^f loulefois l'aulorité du concile de Nicée et des autres canns, qui doivent être éternellement en r.g:icur. » Il y a là évidemment un faux rnisonneinent, car aucun Catholique éclairé ne r'»n(pMe à TEglise universelle et au Pape de inoiliGer, de changer les canons qui ne re* canlmt pas la foi. Il ajoute: « QneRomeest Ji)lain(ire:eilequiavaitproduittant de gran* 'is lumières de l'Eglise, vient de répandre es ténèbres monstrueuses dont on parlera dans les siècles h venir.» Et là-dessus il énumère tous les grands Pontifes qui ont illusiré Rome et la société chréUenne dont ils baient les chefs ; puis il fait le tableau sai- Mssjint de Jean \, do Jean XII, de Francon o'i Boniface, et il s'écrie: « Est-il donc or- <innné que tant d*évâques distingués par ■''Of science et par leur vertu qui se trouant dans tout l'univers, seront soumis h Mels monstres, pleins d'infamie devant '5 hommes et vides de la science dts rtiofes divines et humaines I » L'évèque l'Orléans était \h dans une erreur qu'assurémcMit on ne pardonnerait pas aujourd'hui '^u dernier des bacheliers en Théologie.
L'autorité ou l'infaillibilité des successeurs de saint Pierre ne vient pas de leur science, "tais de leur élection canonique. Les Papes l'splus ignorants, comme les moins dignes, n'ont pas été moins consultés par les saints, lar les évA^ques, par les Gdèles que les plus distingués et les pins pieux Pontifes qui se sont assis sur la Chaire de saint Pierre : que reso;t saint Léon ou Jean XII qui parle, ce ^era toujours Rome qui a parlé par la bouche (i'* saint Pierre et par l'inspiration du Saint- Esprit dans les choses qui concernent la discipline et la foi.
Gerbert, qui prit aussi une très-grande r^art è ce concile, fut élu à la place d'ArnouIf fl^ HeimSy et il tint bientôt après dans sa ntle métropolitaine une assemblée contre l'S usurpateurs des biens ecclésiastiques, ctcoQlre ceux qui maltraitent les clercs. Le âjuio 995» au concile de Mouzon, il présenta une défense plus éloquente que solide de sa <*' nduiie envers son prédécesseur qu'il avait ronlribuéà faire déposer. D'abord il refusa 4*obéirau léj^atdu Pape et à quatre évoques '|oi le suspendaient a sacris jusqu'au 1" juillet , elcWa f^nsnite aux remontrances de l-inlolft», archevô.jue do Trêves, dont il connji^sail la probité et la modestie. Quoique le Pape n'eût pas approuvé son ordination, ^l n'en continua pas moins tout le temps (ue vécut son protecteur, le roi Hugues Capet,
(t009) Fteury le elle tout an long comme d*Âr- D'Nil d^Orléans; maits Tubbé Robrbachcr, qat 8*é« t<;;»it beaucoup sur celle affaire (tom. XIII, p. 257- *''^). ptétend que le discours est de Gerberi. On
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h se regarder comme nrch'vé pio (b* I\rim«.
Prndanl tout ce remtis.Ji^ son rival Arnoulf demeura prisonnier d'Etal ît Orlénns,
IL Lo Pape Jetin XV ou Jean XVI mourut en 996, le 30 avril, et fut enlorr)5 au Vatican, dans l'oratoire de Sainic-Mnrie. On dit qu'il concéda la ville de Ferrnre à Tédold , bisaïeul de la comtesse MathiMe. Jean, dit un historien flOlO). « fut illustre djns la culture des lettres, malgré la grossièreté du temps.»
Nous avons de ce Pontife unelettre remarquable, où Ton voit rinduencQ salutaire qu'il exerçait sur les princes. On a \h une preuve nouvelle ^e la constante sollicitude dei'Eglis»», qui s'est toujours efforcée de pacifier et de modérer, sinon museler, les puissants de ce monde.
La lettre du Pape est ainsi conçue: «Jean, quinzième du nom. Pape de la saint" Eglise romaine, h tous les fidèles, salut. Tous les fidèles de la sainte Mère rE:^Iise, de l'un et l'autre ordre, répandus dans les divers climats du monde, doivent savoir que nous avons été informé, par plusieurs personnes, d'une inimitié entre Etheired. roi des Saxons occidentaux, et le marquis Richard (lOU).
Nous en avons été extrêmement attriste, attendu qu'ils sont nos fils spirituels. Enfin, ayant pris un salutaire conseil, nous avons fuit venir Léon, undo nos apocrisiaires, évèquesulfraKanl de la sainte Eglise do Trêves, et nous l'avons envoyé, avec nos lettres d'exhortation, P'^ur qu'ils eussent h se désister do celle superstition. Traversant donc les terres et la mer, il arriva, le jour de la Nativité du Seigneur, en la présence du dit roi, et l'ayant salué de notre pari, il lui remît nos lettres. Le roi ayant convoqué tous les fidèles les plus sages de son royaume, tant de l'un que de l'autre ordre, pour l'amour et la crainte de Dieu tout-puissant, ainsi que desaintPierre, Prince des apôtres, et h cause de notre admonition paternelle, accorda une paix très solide avec tous ses fils et tilles, présents et à venir, avec tousses fidèles, sans aucun dol. C'est pourquoi il envoya Edelsin, évoque de la sainte Eglisp de Scbirburn; Leofslan, fils d'Alfwold et Edeinoth, (ilsde Wulslan, qui passèrpntlamerelarrivèrent auprès dudit marquisRichard. Lui, de son côté, ayant reçu pacifiquement nos remontrancvs et entendu le décret dudit roi, confirma do grand cœur la même paix avec ses fils et ses filles, présents et h venir, et avec tous ses fidèles ; h telle condition que, si l'un d'eux ou eux-mêmes faisaient quelque chose d'injuste contre l'autre, il le réparerait paruno digne satisfaction, en sorte que la paix subsiste^ jamais Inébranlable, confirmée nar b-'S serments de part et d'autre (1012).» L'arliclorn fut dressé à Rouen, le f'mars d«> Tan 991 depuis rincarnation de Nolre-Seigm?ur.
C'est assurément une belle chose de voir un Pape du x* siècle annoncer è toul l'uui-
y sent, du moins, sou inspiration el ses pensées» (lOtO) Arlaud, u, p. 106.
(lOlt) G'ciaii llicliarJ, duc de Normandie^.
(1012) Labbe, tom. IK, p. 750.
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ij.ats do Viterbe, le bâliincnl s'écroula tout à coup, el il fui tellement blessé par la rdifie du bois et des pierres, qu*ii en mourul nu bout de six Jours, aï)rès avoir reçu ie^ s.Mcretnents. Il mourut le 16 mai , jour de la Pi;nlecôtc 1277, el fut enlerré h Sainl- Laurenl de Vilerbe. Il avait lenu le Sainlbiége seutemenl huit mois.
Fleury, parlant de ce P<i| e, écril : « On le liUmede peu de dis^rélion et deprccipila- (1011 dans ses paroles (10^0). » M lis cet bislorienne nousaj'prend pas qui dilcnla. Platine parle do Jean XXI en termes peu convenables; il r&ppellu homo siotidus , parce qu'il sa promellail une longue vie, et qu'il la perdit par un accidenl. Quelques écri- Tains religieux l'ont aussi dépeint sous des couleurs défavorables, et Ton a donné pour raison qu*il aimait peu les moines, el que &*il avail eu un règne plus long, il aurait publié^ contre eui un décret de réforme.
)ïMi loul cela a peu de fondement , et ce qui demeure le plus certain , c*est que ]eau XXI se montrait affable envers les intérieurs 9 qu*îl aimait les pauvres et qu'il manifestai i beaucoup d*alIeclion pour TOr- ^re de Saint-François. Ou regarde môme twunc assuré, dit un hislorieQ(i041), qu'il lu.i sur ic point de donner le chapeau de cardinal à Juan de Parme» général de cet Ordir.
ilîAN XXII, Pape, sur lequel on a antoncelc mille calomnies el dont les scMviles igmpiices des historiens du xiv* siècle , MMmmdi el autres, se sont plu à ternir la u;éiuo.re; calomnies et travail de déuigreluentque nous avons vu se reproduire Jusqu'en ces derniers temps el que nous aurons a repousser dans cei article.
1. Avant d'être Pape, Jean XXII s'appelait Jacques Duèse (ou d'Euze) (1042). Oi\ convient qu'il était de Cahors; mais tout le monde n'admet pas qu'il fût d'aussi vultSaire coudition que le font , ou saint Antonio, archevêque de Florence, qui veut qu'il fut fils d'un savetier, ou Jean Villani, qui le Un ijls d'un cabaretier. On démontre qu'il ue put être poussé par charité aux études, Comme quelques-uns le prétendent , par Pieire de Ferrières , archevêque d'Arles, ptu riche alors et de même âge à peu (n 6s que lui. De plus, on cite Ues témoignages clairs et désintéressés qui semblent prouver qu'j] avail été honnétemeni élevé par ^es parents, et conduit dans le cours {\qs études Rr UQ précepteur domestique, qu'il lit dans
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la suite cardinal. Lui-même fut le maflre de saint Louis, évê({ue de Toulouse , qu'il canonisa. Enfin, Albert de Strasbourg, son contemj)orain, le prétend originaire de famille noble (10'«3).
Nous ne comprenons pas , à vrai dire, toutes tes peines qu'on s'est donn(^es pour découvrir l'origine de ce Pontife. Lors même qu'il eût éiéde la plus basse extraction, quel crime en cela? Jésus-Christ n'at-il pas choisi ses apôtres parmi de pauvres et simples et incultes bateliers ? Et que fut saint Pierre lui-mémo , sinon un obscur pêcheur, un homme qtie l'on méprisait ?
Aussi toutes ces questions d'Origine nous paraissent puéiiles^ surtout depuis le Christianisme, qui nous annonce, comme l'on sait, que Dieu élève les petits, et qu'il tire sa gloire des plus humbles el des plus bas selon le mondo, el qui nous enseigne que nous sommes tous , sans distinction de rang, les enfants de Dieu... Qui fuit Adam^ Qui fuit Deil,.. N'est-ce f»as là le meilleur litre de la meilleure et de la plus grande et de la plus aitci<*nno des noblesses? Qu'avous-tious à nous occuper d'autre chose?...
Quelle que fût donc la naissance de Jean XXII. une chose est certaine, c'tst qu'il fit d'eiceiienles éludes, comme il parutdans la suite; qu'il devint évêijue de Fréjus, quelques années avant que Pierre de Ferrières, qu'on (lit avoir été son prolecteur, fût luimême promu h l'archevêché d'Arles; que Clémenl V le transféra de Fréjus au siège d'Avignuo , et qu'ensuite il le ût cardinalévèque de Porto en 1312. Du reste, tous les auteurs (iu temps le peignent ainsi. Il avait peu d'extérieur, le leini pâle, la taille petite el la voix grêle ; mais il était plein de feu, d'âme, d'esprit, du science, d'adresse et de courage (lOH). Tel était, selon ses censeurs mêmes, Jean XXII, second Pape d'Avignon ; car, à l'exemple de sou prédécesseur, il fixa le Saiut-Siée^e dans cette ville alors dépeudanle du roi de Naples , comte de Provence (10V5).
Après la mort de Clément V, arrivée le 20avril 13H, viiigt-trt/is cardinaux, six Italiens et dix-5ept Friuiçais, se rentermèrenl en conclave dans le paiais de Tévêque de Carpentras. Il trélaient pas, pour la plupart, décidés à nommer un cardinal de la Gascogne, comme It3 voulaient quelques cardinaux de celle province. Alors les parents de Clémenl V, ainsi qu'on l'a dit, ennuyés de l'insullisance des scrutins et des ardeurs
(tUlO) Hist. ecclét,, liv. l&ixvu, u. 8.
|tUif j M. Aruud de Munlor, ÙUt, dcà Souv, Pvni., luiii. 111, 1». Ad,
iiUiij L^auieurde Vllisloiredei Papa (T Avignon^ { vul. ui-4, 1774, p. 55, TiippLil;' Jacques u*Ossa.
ttOiS) Duiid un réLeiii Mémoire iur le Pape Jeun ÏXllf 1H54, M. berlraihiy discute la qucslioti si loiigienips déualiue «le ruiigiiic de ce Punlifu. Il Ueirutl luiices» les opinions éniibc» jusqu'à ce jour, 4r|>oU YiUaiif, qui le lail tilbd*un&aveiier, jusqu*a bjtuie, qui le croit issu d'ancienne noblesse. 11 cnlre eu^QiU: dans les déiails de sa vie ])rivée avanl sou »eiieui«ut à U Pa|.auié, cl nous le nioutrc « sans
cesse pos>édé de l*aniour de s'instruire dans les sciences supéiieu tes, i soumettant ceux qui PeulourenL à l'ascendant de sa Ijauie inieliigeuce, et s'éievani rapideuieitt par sou propre mérite à Vépisco pat de Fréjus, et de là à la Cbaire de Saim- Pierre.
(lOU) A ce portrait, Pauleur de VHut, da Papti d'Avignon ajoute que Jean XXU, c était éloquehi, qu'il parlait avec lacilitc, que ses mœurs étaieut austères, aimant la justice, etc.i (P. 55.)
(1045) /iisi. de CEgiiie galL^ liv. ixxvi; Baluze, tout. I, p. (>89.
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