‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. EncyclChapitre 39 sur 57 · LAL · texte numérisé non relu

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liommes. Les l'&ïens no connaissaient point \a Térilnble piété; la Icnr ne s'occupait que des dehors : offrir dans le temple un lambeau de vîclime, brûler devant Tidole un grain d'encens, fout se bornait là. Les philosophes détruisaient la charité et l'humanité; car ils rangeaient la compassion et la miséricorde parmi les vices dont le sage doit se corriger, et la vengeance parmi les vertus. Les Chrétiens, au contraire, pour obéir è Dieu que seul ils adorent, exercent l'hospitalité, nourrissent les pauvres, rachètent les captifs, protègent la veuve et l'orphelin, soulagent les malades, donnent la sépulture aux morts. Le septième livre, intitulé : De la vie bienheureuse^ est comme la conclusion des six premiers. Lactance y établit l'immortalité de l'âme, la résurrection des corps, le jugement dernier, rélernîlédes récompenses et des punitions dans Paulre vie (1398).

^ IIL Lactance fut, au jugement d'Ëusèbe, Thomme de son siècle le plus docte. Il était aussi Irès-modesle, comme on le voit dans •es écrits, oii il parle de manière à nous persuader qu'il était bien éloigné d'avoir de lui-même l'idée que les autres s'en sont si justement formée (1399). Bien que, étant précefiteur du fils aîné de Constantin, il eût tout à espérer pour son avancement dans le inonde, il vécut toujours dans une extrême pauvreté (1400). Sa vie n'avait d'autre bui qne de pouvoir ramener quelqu'un dans la voie de la vérité (1401). Saint Eucher, évêquede Lyon» le met au nombre de ceux qui ont fait violence au royaume du ciel (1402).

Un très-grand nombre d'auteurs nous parlent du mérite de Lactance comme écrivain (1403). Nous résumerons, en peu do mots, tout ce qui a été dit à ce sujet, de cet apologiste. Sa principale qualité est de metfre une grande méthode dans ses composi- Uons. Son plan est parfaitement régulier; chaque chose y est a sa place : c'est une chaîne d'idées qui s'entretiennent f»ar une Maison naturelle et imperceptible. Les raisonnements sortent pour ainsi dire les uns fies autres, et sont tellement assortis au sujet qu'on ne peut résister è l'évidence qui résuite de leur ensemble. Quant au style, il ^ est pur, égal, naturel, fleuri et tellement semblable h celui de Cicéron, que de bons critiques ont eu de la peine è trouver de la diiférence entre l'un et l'autre. Aussi Lactance est appelé le Cicéron chrétien (1403*).

(1398) Voy, Le Nourry, Apparat., tom.ll.

11599) Lacl. Wh.Ue Opific, cap. 20 et lib. n/fiif., cap. 19.

<U00) Tlllemonl. Mém, ecelés., loin. VI, p. 206. (1*01) Lact., De Opific, tap. 20.

(1402) Eucher., Epitt. ad Vulenan,^ circa iiiediuin.

(1403) Voy. dans la Biblioihèque de TabLc Guillon, loin, m, p. 56'^ euuiv.

(U03') Quelques auteurs ne se bonl pns n^êire eoniciiiés de cel éloge; Tun d'mlnî eux. Pic de U Mirandole, le place au-drssus de Toraleur romain : Lacianiiu$ ttylum Ciceroni» efftgiavU, tel, ut quiiusdùmptaeet, mpergrestus eu (lib. m, episl. 10). Qhtt nmtadvertit LactunliUm œquasse Cieeronem. et hne

Il c(t plus remarquable par la perfection <lu langage, que par l'élévation des pensoe<.

Cependant les grandes idées de la religion animent aussi son talent; il dévelonpe admirablement les principes de la morale, k il parle quelquefois de Dieu d'une manière sublime.

On doit, toutefois, reconnaître que Lactance a mêlé à la théologie trop d'idées philosophiques, et qu'il ne s'est pas toujours exprimé sur certains de nos dogmes avoc chutant d'exactitude et de précision que les antrès Pères. C'est ce qui a fait dire à l'un d'eux, qu'il a plus de facilité pour détruire les erreurs du paganisme, que de scIlhco pour établir les vérités de la foi chrétienne {\kW\. On reproche aussi è Lact;inr« quelques fautes par rapport à l'ancienne Chronologie. Quant è ce qui est du reprorlui plus grave, qui lui est adressé par ceri<-iins écrivains « touchant sa partialité haineuse qui se remarque surtout dans son trailé De mortibus persecutorum^ » nous renverrons è une Note de notre article Dioglétien, où nous y avons répondu (H05).

LADISLAS JAGELLON. Voy. larlicle LiTHUANiB, (l'Eglise catholique en), n. II.

LADISLAS (LocTBc), duc de Cracnvie, roi de Pologne. Voy. l'article isàN XXli, Pape, n. IX.

LALLIER (Jeanm— C'était an licencié en théologie au xv* siècle; esprit très-confus et dangereux, qui pensait d'une niRniète très-hardie ; ce qui n'eût pas été un mal, s'il eût su conformer ses pensées è rorthodoxio, et ne point s'en rapporter qu'à son propre jugement qui, d'ailleurs, était extrêmement faux. 11 aspirait au degré de docteur, ei, dans le dessein de donner moins de pris(> à la censure, il n'avança rien de mauvais dans les thèses qui furent publiées pour sa snrbonique, qu'il soutint le 10 juillet 148'm mais il sema des réponses de principes irè^condamnables, dont on peut voir Teipo-é dans VHiêtoire de VEgliee gallicane (140(i!, et qui portent principalement contre r<intorilé du Pape, contre le célibat ecciésicistique, etc.

Ou déféra toutes ses propositions à la Faculté de Théologie qui, après mûr eiamen, les condamna sous des qualifications pirnculières, datées des 19 mai et 5 juin l'i^o; qualIQcations très-justes (U07), et qui auraient pu éclairer un esprit plus ami de la

prmcelluiste in eloquendo? (De ttud, divin, et human. phitoi,, cap. 7.) Ce qu'il y a de posilir, <:Vï.i que Lactance esl Incontcsiablemeiil supérieur à Cncrou par Piinporiance de la matière ei la grd^iiéde pensée.

(1404) Ulinam tam nostra affirma*»e(, quam facile aliéna dentruxil, (S. llieron., in Calai.)

(1405) Voy. rarlicle Dioclétib?i, porsé«uicnr «it^ Chréiieas, n. X, note 3ûâ8, tom. lit, col. i^OO-

(1406) Liv. L, loni. XXl, p. 228, 229, de TetliU i.i li, 182U.

(I i07) Voy, d' Argentré, Col.jud. part, ii, p oOS et .s«p|.

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sacré ou Souverain Pontife {1W5). Aujourd'hui la sainte lance est loujnuis è Rom^, comme nous l'apprend un pieux er savant auteur dans un ouvrage récent (H'*6).

Nous ne prendrons point une place qui ne nous est que trop mesurée, pour nous arrêter à réfuter ici les objections due font, contre les faits que nous venons d exposer, des critiques comme EaillettRîchard-Simoni Thiers et autres auteurs de la même école.

Le judicietix P. Honoré de Sninte-Marie, €arme« a d'ailleurs sufiisamment réduit è leur juste vatour leurs raisons complètement dénuées de fondement» et chacun peut en aoquérir la preuve dans l'ouvrage de ce sa- T«nt et vrai critique (ikVI).

LANDELIN (s^aint) était do famille noble et avait été baptisé et instruit dans les saintes LtMtres par saint Aubert qui fut fait évoque de Cambrai et d'Arras, ces deux sièges étant alors unis (ikhS).

Ce pieux évêque, voyant les heureuses dispositions du jeune Landelin« lui proposa d'embrasser l'état ecclésiastique. Mais celui-ci se laissa séduire par quelques-uns de ses proches qui lui firent entendre qu*il était honteux è un jeune homme qui avait de la naissance et des talents pour plaire aa monde» de renoncer ainsi aux plaisirs du siècles vant que de les avoir goûtés. Landelin» trop crédule à ces pernicieuses leçons, s'enluit secrètement d auprès de saint Aubert»

pour les pratiquer en liberté.II tit de si rapides progrès dans le libertinage» et l'on va toujours vite une fois sur celte pente I qu'oubliant en même temps ce qu'il devait à Dieu et ce qu'il devait à sa famille» il se Ot voleur de profession.

Cependant saint Aubert ne cessait d'implorer la divine miséricorde pour son élève, lorsqu'un cou() salutaire de la gt Ace le rappela du milieu de ses égarements. Landelin fut tellement frappé de la mon subite et .funeste d'un de ses compagnons de débauche» que les sentiments de son éducation se réveillant tout à coup» il revint se jeter aux pieds de saint Aubert» et lui confesser ses crimes plus par ses larmes que par ses paroles. Le saint évêque qui I ai* snait comme san fils, le reçut avec les sentiments de tendresse que montra le père du prodigue. Il mêla ses larmes avec les siennes» et ne lui prescrivit aucune |i)énitence, se contentant de le mettre dans un monastère» où il lui conseilla d*expier sas péchés imrdes austérités volontaires (iU9).

(1415) Turearum imperator êanetum (erntm A9mauo ronîifici dono miiit. — \i(i. If nrcux Viguer, in i*rotogoContnven, de,exeeliemia insîrum, Comin. Pastion.

(U46) Les taînu Lieux, etc., par Mgr MisHn» t* é>itK, 2 vol. iii-8. t858, lom. H, p. 9ôe.

(1447) Réflexionê iur U$ règie$ et ncr Ttciafe ife la critique, 3 vol. iii-4, tom. lU. 1720, liv. v» dissertât. 5,^1 S à 6, p. M4.579.

(1448) Vita S. Landd.npMÔ B<Ht. 15 Janaar.

(i449) Hiêt. deCF.^L galL, Ht. »x, tom. V, rag.

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