‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. EncyclChapitre 40 sur 57 · lie redit, in 1i de 18i · texte numérisé non relu

lie redit, in 1i de 18i

^I4ô0) K( y. eiure aalros S. Grégoire» in Pastvr.

11 ne se trompa point en croyant pouvoir s'en rapporter à la ferveur de san pénitent : Landelin en flt plus qu'on n'en aurait exigé. Quand il eut réparé Te scandale de sa vie licencieuse» il reçut la tonsure» flt plusieurs pèlerinages k Rome dans les années 651 et 652, et fut enfin promu au diaconat et à la préirise : ce fut comme la récompense de sa longue pénitence. Landelin suivit ainsi les préceptes des Pères de PEglise (IWO) q'ii nous enseignent qu^l faut pour disposition è une vocation si divine, ou une pureté qui n'ait pas été altérée par les corruptions du siècle ou une pénitence ri lonauet qu'il ne reste pas même de cicatrice è leurs vieilles plaies. «Il faut.» ajoute un éloquent panégyriste de Saint-sulpice» c il faut pour se faire prêtre» être un pénitent fait, et non pas ui pénitent è faire : le sacerdoce de Jésus- Christ doit être la récompense d'une longue piété» et non pas l'essai d'une conTersion faible et mal assurée. H faut porter au pied des autels les fruits des vertus qu'on a pratiquées, ou les dépouilles des passions qu'on a vaincues» et non pas les restes d une réputation décriée ou d'une mauvaise conscience ; parce que, selon la doctrine des conciles, les mauvaises mœurs des prôires sont des rides et des taches sur la face do l'Eglise ; et qu'encore que le ministère ne tire pas son efficace du ministre» il (Ire pQurtant son honneur de sa probité (1451).»

Landelin avait donc apporté au pied des autels les dépouilles des passions qu'il avait vaincues» et il ne fit que marcher dans les voies delà vertu. Dès qull fut élevé aux ordres sacrés, il vint se jeter aux pieds do saint Aubert» et après avoir reçu sa bénédiction» il se retira è Lobbes» où il bât t un monastère en Thonneur de saint Pierre. Il fonda ensuite ceux d'Aune et de Vaslers (1452}» de concert avec son disciple Ursmare» auquel il confia la direction de LobbeSy lorsqu'il eut conçu le projet do se retirer dans une forêt du Hainaut (1453).

Deux de ses disciples, saint Adeiin et saint Domitien, le suivirent dans cette nouvelle solitude; ils y fondèrent le monastère de Crépin» oi^ Landelin mourut dans la pratique de la plus austère pénitence, l'an 696.

Nous voyons dans les Actes de ce saint que son zèle pour le salut des âmes le faisait quelquefois sortir de sà solitude. Il allait prêcher dans les villages» et instruire les pauvres iiaysans des vérités du salut» sans que les fatigues du ministère lui lissetil

(1451) Flécbier, Panégyr. de saint Sulpice, Œuvres conip.^ édil. de 178i, fO vol. ia-S, Mints, loin. V, p. 176. ,

(145^) Folcuin dans aon Histoire des ablcs de Lobbes (£>« geslis abbat^ Laubieus.^ cap. 4 et 5) aiiribiie a salut Ursmare les foudaiioiis des inonaslèi-es d'Aune ei de Vasiers. Mais la versioa que lieus suivons tel tall voir d'où provient celle erreur : c'est tout simpteroeni qve Landelin et Ursmare firent de concert ces rouUations. ,

(1453) Uist. de CÉgt. de France, par M. Tabbé Guettée, liv. v» cliap. i«', lom. Il, p. 4!(^.

LAN

DE L'IirST. UNIV. DE L'EGLISK,

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nhandonner ses pratiques orJtiisii^t'S de mortification. Le nom de saint Laodelin se triHiTe marqué, sous le 15 juin, daus le Martyroiogê remam.

LANDKLIN (Saint), qu*il ne faut poiqt confondre avec le précédent. Celui dont uoas venons de parler est désigné sous (e umn de saiut Landelin du Uiûnaut, tandis que Tautre Test sous le nom de ssint Lanilelio de TOrtenan : ce à quoi, dit Atban- Biiiler flbS^), u*a pas fait attention le P, Soilier (1455).

Ce dernier saint était originaire d*Ecosse ou d'irlautie , et ses parents y tenaient un rang distingué. La dévotion conduisit Lan-* deiiu eu Alsace; il passa ensuite le Rliin, et vint dans cette paitie du diocôso de Stras* bourg qui se nommait encore à l'époque où écrivait Alban-Buller, cVsl-è-dire, au xviii* liècle, Ortenan. Il y fut tué par un chasseur au commencement du vu' siècle. L*inf nocence de sa vie et le genre de sa mort le firent honorer par la suite comme martyr. On en fait la lête dans le diocèse de de Strasbourg le 31 sejUembre*

On voyait encore du temps de l*abbé Grandidier (mort h l'abbaye de Lucelle, au mois d'octobre 1787) le tombeau de saint l^aadelio derrière le grand autel de Té^^lise Mroissiale de Munchwebr, à une • demilieuederahbayed'filtenheiiu-Munster(U5C).

Ce saint est qualitlù martyr au S septembre dans l'ancien Martyrologe d'Dsuard,

LANDON. Pape, était né hMonterotondo, anci4^tmement colonie romaine, et était tils deTrano. Il était chanoine réguti(T lorsqu'on l'élut Pontife, après la mort d'Anasta^e III, le 16 octobre 913. Mats il ne gouverna TEglise que six mois et dix jours, étant mort le 26 avril 9».

Dn auteurdit(U57)que la vie de ce Pontife f'U très-obscure, tant è cause du peu de du* réu de son pontiQcat que de la rareté desécriuiQ5 qui publièrent les Ann3les de ce tenips» Nous voyous cependant, dans les rapports de Guillaume bibliothécaire, etdeGouefro^, que Landon, fidèle aux sentiments de conciliation qui ont toujours animé les Papes, irvterposa assex vivement soj autorité pour que,d*une part, Béranger, roi d'Italie (1«5S), oi, de l'autre, Kodulphe, fils du comte Guido, ne se lissent pas la guerre entre eux.

Du reste» h cette époque, Rome et lltalie étaient dans une situation si dé()lorable, qu'il n'est pas étonnant que nous n'ayons pres^ que rien sur le Pape Landon. Au midi, les Sarrasins, retraitchés sur les bords tin Gari- Lan, infestaient les patrimoines de l'figlise romaine et là réduisaient è une extrême détresse; ItîS pèlerins étaient exposés à être

(tm) Vite deê SmHUt édit, de DcMOçon, 1855, !•«. VI, p. i48, noi« 1.

(t4$5) Aela Swc*., 7 Jun., part, lu pag. 549.

(M5S) WH. de CtgiUi de Slraibourg^ jum, 1, liv. iH, p. 249 e4 seqq.

lUSî) CImcuii, Vtitf Pont, cnm QddiUon, Oldom

vïilés et tués par ces brigands. Dans le nord de ritalie, les princes, et les villes, divisés entre eux, augmentaient le mal, tiiea loin d*y porter remède. On ne pouvait être assis surleSaint-Siégedansde plus tristes circonstances, et Landon, paralt-il, ne fut pas k la hauteur des besoins de l'Eglise (1^59).

Pour le salut de l'Italie et de Rome, dit un historien (U60), il aurait fallu un Pape qui sût réconcilier les villes et les princes, et, à leur aide^ chasser les Sarrasins d'Italie. Ce Pape, qui paraissait introuvable, se trouvii cependant, et fut nommé Jean X. Il était trchevèuue de Ravenne depuis au moins l'année 905, c'cst-è-dire depuis le commencement du poniiflcat de gergius III : c'est un point d'histoire prouvé par des monuments authentiques, comme on peut le voir dans VHiêtoire de Raitenne^ par Rubeus.

Après avoir gouverné l'Eglise de Ravennç pendont neuf ans, il fut transférée! intronisé sur le Siège de Saint-Pierre, vers la fin d'avril 9U, quelques jours après la mort du Pape Laniion. (Yçy. notre article Jban X, Pape, n. 1 ) Platine nous apprend que Luttdon Tut enterré au Vatican.

LANDRY (Saint), placé sur la liste des évèques de Paris le vingi->buitièaia» entre Audebert et Chrodebert, Qorissait, d'après cela, vers l'an 650, sous Clo^is il.

Doué de toutes les vertus épiscopales, Lan« dry était remarquable surtout par sa charité envers les |>auvres. On lui attribue divers miracles et l'un rap^iorte que, dans une année de disette, après s'être défait de tout ce qu'il possédait, il veudit encore les iiâses sa** çrés pour venir au secours des indigents.

C'est une traditioii généraleoieot reçue, dans te aiocèse d(% Paris, que ce fut lui qui fonda et dota THôtel-Dieu de cette ville, et (]u'il la plaça prèàr de l'église et du palais épiscopal, pour être plua à portée de veiller sur les soins qu'oa donnait aui malades. Ce local est celui oik était auparavant le palais et les jardins du maire Erchinoald. Ou croit aussi, dit un biographe (iMii) que c*est à l'invitation de saint Ltindry que Marcuife recueillit ses Formules, qu'il lui dédia.

On dit encore qu*U souscrivit, avec vingt* trois litres évèques^ la charte d'émancipation que Clovis ii acsoorUa à l'Abbaye de âatnt-Deuys, en $53,

Ce Marcuife était uri n^ine de Paris» el Ton est d'autant plus autorisé è croire (m*ii publia le recueil de ses fownHkIes par l'ordre de notre saint, qu'il le dit lui-même (U62). il avait alors plus de soixante et dix ans. Son recueil qui n'est qu'une compilation se compose des actes les plus ordinaires, suivant la coutume du lieu où il demeurait. 11 le divisa en deux livres, dont le

(i45g) Voy. aer ee iéranger, netre article Ana- 8TASK lit, lom. I, col. 1045.

(1459) Ariaud, iliti. de% Pap$$, toan. Il, p. 70.

(1450) L*àbbé Kotirbaeher, um. XU , p. 5i0.

(1461) Biogra§fhi£ «nkera., de Micliaud, Suppi. toiii. L.XX.

(146i) Ptœf. Mare.

Lr\N

DR L'niST. UNMV. DE L'EGLISR.

LAN

.\i>^M<?rrc : Ty souffre tom h$ jours en fntii-mémt tant de peines, drnnuiit et de itéchet du bien de mon â'^e ; j'y vois ^ /rniendSf Je sens conlinuellement Sans if s a Uns, tant de troubles, d'à fflictions^ de pert'f^ d'endurcissement, de passion, dUmpire^ té: une telle décadence de V Eglise, que la rie tnett à charge, et je gémis d'être venu jus- (juà et temps ; car ce que Von voit à présent tst mauvais^ mais on prévoit des suites bien itus mauvaises pour Favenir. Je vous con^ jure donc au nom de Dieu, que, comme vous matez imposé ce fardeau par votre autorité, à laquelle il ne m'a pas été permis de résister, TOUS m'en déchargiez par la même autorité, et me permettiez de retourner à la vie monas* tif^te, que j'aime sur toutes choses. Vous ne drrei pas refuser une demande si justtf et si nécessaire. IJ conclut en suppliant ie Pape de prier pour la longue vie du roi d'Aiiglelerre; far» ajoute-l-îl , df #on vivant nous atons quelque sorte de paix ; mais, après sa mort, nous n'espérons nipaix ni aucun bien.

;tV78). L^nfraoc n'obtint pas la liberté qtiM ilésiraitielildeaieuraarchevôquetoutesn vio.

Dans sa seconde lettre à Alexandre H»- Unrranc consulte le Pontife au sujet do deux évéqubs d'Angleterre. Hermari de Wincbester nvait déjà quitté l*épiscopat pour eailirasser la vie monastique, et voulait te quitter encore, parce qu'étant accablé lie vieillesse et de maladie, il ne cherchait qu'à se préparer à la mort : ce que Lanfranc jugeait raisonnable. L'autre était un évoque qui, étant accusé devant les légats du Pape 4e graves excès, ne se présenta point au concile où il était appelé, et fut excommunié. Eusuite il vint trouver le roi, lenaut sa eoorè la fêla (le Pâques, et, dans l'assemblée des évè(|ues et des seigneurs, lui remit révèché, et se retira dans un monastère où il avait été élevé dès l'enfance. Lanfranc déclare qu'étant encore peu instruit des affaires u'Angtelerre, il n'ose sacrer un évoque i ta place de celui-ci, jusqu'à ce qu'il ait reçu Tordre ,du Pape (l(79). Ëndn le saint archevêque obtint du Pape Alexandre, ainsi que nous l'avons rapporté, une Constitution pour la conservation des moines dans le*/ câlliédrales d'Angleterre. '— Voy. l'article ALEXANoas II, Pape, n. VIII.

Ce fut eu 1072 que Lanfranc obtint cette Cunsutution. Cette môme anuée, Jean, archeiëi|ue de Rouen, tint un concile avec les é^ëques et les abbés de la province, où Ton tu ving-quatre canons pour retrancher certains aiius, et I établir la discipline. Nous avons plusieurs lettres de Lanfranc à cet archevêque. Ou jr voit la grande union qui régnait entre eux, et le soin que prenait UufraDC de la conserver, malgré les artifices de quelques mauvais esprits qui s'effurçaieut de les diviser par de mauvais rapports.

V. Le bienheureux Lanfranc se montrait un Père de l'Eglise» non-seulement par son lilot mais encore par sa doctrine. On le ^oiien particulier dans son Jrat7^ de VEur (haristie, qu'il écrivit eu forme dé dialogue

(1478) Lanfranc, epîèt.

contre les orr^iirs de Béreng^or, et quM adressa h B<»renî^cr tui-niôme. Nous avons promis (lo ne 111, col. 199, article Béu'Eit- GBR, n. VI) do donneur l'analyse de ce Iriiité. C'est ce que nous allons faire maintenant.

Après avoir relevé qneiriues faits particuliers et certaines assertions de Bérengcr(pii faussent les décrets du concile de Rome (Jui l'a condamné, Lanfranc reprochée cet hérétique de n'avoir employé, dans son écrit, les termes et les raisonnements de la dialectique, que pour se prévaloir, devant les ignorants, de son habileté dans les disf)ut('s; puis il ré|)ond aux passages qu'il alléguait pour montrer que te pain et le; vin demeurent dans ce Sacrement. Le premier est tiré de saint Ambroise, à qui il fait dire : Par la consécration, le pain et le vin deviennent le sacrement de la religion, non pour cesser d'être ce qu'ils étaient, mais pour être ce qu'ils étaient et être changés enune autre Chose.

A ce pnssiïgo, Lanfranc en Of)p(Lse deux aiiires du môme Père, l'un pris du livre Des Mystères, oh il dit: Nous trouvons une infi^ n'té d'exemples pour prouver que ce qu'on reçoit à l'autel nest point ce que fa nature a formé, mais ce aue la bénédiction a consacré, et que la bénédiction a plus de force que la nature^ puisqu'elle change la nature même.

Il met parmi ces exemples, celui de la verg«i de Moïse changée en serpent, des «aux changées en sang, et le miracle d'une Vierge devenue mère, et ajoute; Cest le Corps même qui est né d'une Tierge que nous consacrons ; pourquoi chercher l'ordre de la noture dans la production du corps de Jésus^ Christ en ce sacrement, puisque c'est anssi contre l'ordre de la nature que le Seigneur Jésus est né d'une Vierge? Le second passage, tiré du sixième livre Des Sacrements, esi conçu en ces termes : Comme Notre-Seigneur JésuS'Christ est vrai Fils de Dieu, et quil ne l'est pas par grâce, comme les hommes, mais par nature, de même c'est sa vraie chair aue nous recevons et son vrai sang que nous buvons,

Lanfranc reprend eiisuite le passage ailegué par Bérenger, et montre, en le rapportant tout entier, qu'il l'avait tronqué et pris }\ contre-sens. En effet, saint Ambroise y compare le miracle de l'Eucharistie avec ta création, et dit : Que si la parole du Seigneur Jésus est assez puissante pour faire que ce quin était point ait commencé d* être, combien plus peut-etle faire que ce qui était subsiste et soit changé en autre chose Y qu'il subsiste selon l'apparence visible, mais que, selon son essence intime, il soit changé en une autre nature de ce qu'il n était pas auparavant ?

Lanfranc dit ensuite que Bérenger, en avançant que le sacriHiO de T Eglise est composé de deux parties. Tune visible, l'autre invisible, prenait le parti de la doctrine catholique sur TEucharislie au lieu de la combaiire, puisque les Catholiques soutiennent également qu'il y a deux parties vu ce Sacrement: l'apparence visible des ékmenls du pain et du vin, et la chair et le san^ de Jésus-Christ,qui y sont d*une manière iti-

(t479) l«l..cpisl. 2.

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