LUI
UlbtOUHS SUR LA VIS DK N.-S. JESUS-fUlilST.
oudacicusc dcnne en elPet è Jésus des frères et des sœurs selon la nature (0; et elle assure que les frères de Jésus, dont fait mention le livre oes Actes (u) sont ses vraii frères^ commes^ils nepouvaienletnedevaient pas être tenus pour ses Trères dans le même sens que ceux dont il est parlé dans l'Evangile (vjl Mais, quoi! Marie très-pure et Immaculée, après avoir donné naissance à Jésus, aurait eu d'autres enfants selon la chair 1 qui peut seulement s'arrêter à une telle pensée?
Ce corps jusque-là si pur, qui avait été consacré par la présence du Saint des saints au point de devenir, pour ainsi parler, une même cliose avec lui ; qui, pour nous servir des expressions des saints Pères, avait été si longtemps et d'une manière si spéciale le temple vivant de la divinilé, un ciel sur la terre, Marie aurait pu se résoudre è le profnnerl Elle qui avait tant «slimé la irirginité qu'elle en avait fait un obstacle è l'accepiatiôn de la plus haute dignité dont la Toute-Puissance même puisse honorer une pure créature, la dignité de Mère de Dieu, qu'un ambassadeur céleste lui offrait de sa part; qui. s'était ainsi montrée à/'/preuve^ pour parler avec Bossuet, non pa$ gfulement de toutes les promesses det hommes^ mais encore de toutes tes promesses deDieu{x)^ aurait tout h coup dédaigné, jeté un trésor qui auparavant lui était si précieux I Et f|uand se serait opéré dans ses sentiments un changement si incompréhensible? Après que Dieu lui avait témoigné d'une manière éclatante le cas qu'il faisait lui-même de sa pureté virginale en la lui conservant par le plus grenades prodiges, par un prodige qui n'a jamais eu lieu que pour Elle I Encore une fois, qui ne repousserait avec horreur la seule iaée d'une chose si révoltante (y) I
D'ailleurs, comme le remarque Bossuet avec son grand bon sens, « si, ce qui est abominable è penser, Jésus n'eût pas été son
tiv
fils unique, 'lui auraît-il, en la quillant»
douné un lils d'adoption? fit quand il dit k saint Jean : Voilà votre Mère; et i Elle :
Voilà votre fils^ ne montre-t-il pas qu*il suppléait par une espèce d'adoption ce qui allait manquer à la nature (x)? » Sortons dmic au plus vite de ces blasphèmes dont nous demandons pardon h Marie, la Vierge sans tache et toujours très-pure, et poursuivons;
Adoré d'abord par des bergers, loué, exalté au jour de sa naissance par les cantiques des esprits célestes : Gloria in altissimis Deo, et in terra pax hominibus bonœ volontatis (a) ; salué quelque temps après par les Mages qoi, venus des lies et des contrées éh»ignees, lui apportèrent l'or, la myrrhe et l'encens, synil)ole de sa royauté, de son humanité et de sa divinité, l'Enfant Dieu fut obligé de fuir devant les fureurs d'Hérode,
Sui Ot tuer tous les enfants du pays de ethiéem jusqu'à Tâgede deux ans.
Chacun «ait l'histoire du martyre de ces saints Innocents. « Hérode était le roi du monde. Plusieurs traits de sa cruauté et do sà politique égalent celui- Ik. Lorsqu'ils ont peur, les tyrans se vengent; et ceux qui peuvent tout sont sujets à craindre tout.
Bossuet écarte avec un juste dédain les critiques qui voudraient, pour assurer leur foi, que les histoires profanes eussent mentionné cette cruauté d'Hérode, ainsi que les autres (6). Notre foi ne dépend pas de ce que la négligence ou la politique des historiens du monde leur fait dire ou taire.
Les irues humaines toutes seules eussent suffi è saint Matthieu pour l'empêcher de décrier son Evangile en y inscrivant un fait de ce genre qui n'eAt pas été constant (c). » Ce César jaloux et ambitieux espérait envelopper dans ce massacre le descendant des roid de Juda; car Jésus-Christ, par Marie sa Mère, et par Joseph qu'on regardait
pour signifler consia, cousin germain, etc. On appelia frères lous les proches parents. Pour distinguer IfS frères proprement dits des cousins, on dit : frire de père^ Ajoutons que les frères es Jésus sont nommés dans TËvangile par leurs noms, comme lils de Marie de CMoplias, sœur de Marib, Mère de Jésus, et par conséqueui, comme n'étant littéraleil eni que les coubins germains de Jésus. Il faudrait è.re par trop ignorani (le mot est de Calvin) pour lie pas savoir cela. Renan ne Ta pas su, sans doute, rar il reprend en sous-œuvre la tentative d'Helvidius. Il ne peut se résigner k la virsinité de Marie; et sa critique, insoumise aut&nt qu impuissante, se leplie en machinations insidieuses contre ce talon virginal dont il a été écrit : Ipsa couleret eaput laism, et tu insidiaberis caleaneo ejus {Gen. in, 14, 15). Nous regrettons vivement que ia place ne nous p«*nnette pas de citer Ici la longue et trèsHiulîde léfttlation que M. Nicolas fait des attaques du cri" titfue contre ia virginité de la Très-Sainte Vierge. Nous ne pouvons qu'y renvoyer le lecteur : La divinité de JésuttkrUt^ etc., p. 427 449 ; Voy. aussi : La Vtcrge Marie ou Etudes sur $a perpéiueUe Virai • uUé, par M. Tabbé G. Mcrniillod, 1 vol. in 8, 1850.
(I) Vie de Jésus, par iieaan, p. 25, 25.
(H) Act, 1, 14. Renan fait en outre warî^r ses AiiMra Aa«ari</i,rt il apporte eu ptcuvc J/arc.
Ti, 3, où il ne se trouve pas un moi de ces prétendus mariages.
(v) I3n des commentateurs protestants les plus récents et les plus estimés, répond ceci à Itenan : c Que de fait Jésus n*aii pas eu de frères selon la nature, c'est ce qui résulte d'une recherche plus approfondie de Torigine de ceux qui sont appelés les (rères du Seigneur : ils doivent être considérés comme les ttls d'Alphée, frère de Joseph, et de sa feutme Marie, belle-sœur (et non sceur) de la Mère de Jésus. > (Lange, Theot. — Uomit. Bibelen kvaitg. naeb. Mattfa. iu-li, 1861, !<• édit. ) ' (x) iv« Serm. pour la [été de VAnnonc. de la T. S. Vierge.
(y) M. Tabbé Grcllcr, Examen critique sur la vie de Jésus, eto., 2« édit., p. 149.
(s) Elécut.sur les Mgtt., 16* sem. S* élév.
(a) Luc, II, 14. Voir sur ce le&te, une Noie du comte de Stolberg, dans son Histoire de N, S. Jésus^ Christ, 2 vol. iii-8, 1838, tow. 1, p. 44; ei Les Principei de la foi chréiiennct par i)uguet, iii« pari, cbap. 26, art. 5.
{b\. Voy. notre article Inmocbnts (les saints).
{€) La Vie de J^iotre-Seigueur Jésus- Christ , par Louis Yeuilloi, 2« édit. tii-8, 1864, p. 102, 103. Voy. noire 2« discours pritimkiairet eu télé du IV* ^ol«t ( 7, col. xsxvi ci SI^VII.
i»drioNN. DE L'iiisT. uïfiy; ns l'bblisb.
tri
colBme son père Alors, était de. la iribii dé Juda et de la race du roi DaYîd (d). Mais la seule victime qu'Hérode voulait lui échappa : elle devait grandir, s'offrir trente-troi$ ans plus tard elfe-juAme en holocauste, devant tout un peuple, pour les ci^imes de touie la terre. La sainte Famille partit donc pour l'eiil et se réfugia en Egypte^ Au sortir de cette terre idolâtre,' elio retint non en Judée, mais il Nazareth pour se soustraire aux persécutions d'Ârchélaùs successeur d^Hérode, son père, et animé comme lui (l'intentious hostiles contre la personne du Sauveur.
Homme parfait d^s le premier moment de «a conception miracuieuse^, le divin Bnfant se développai! extérieurement au physique et au moral comme le commun des mortels.
JL'Ëvans^ile nous le dit : » Il croissait en âge^ /n sagesse et en grâce detant Dieu et devant les hommes (e). » Et ne savons-Uous pas n'étant comme Verbe éternel la pure image e Père, le rayonnement de la lumière saus mélange, la mircr^r sans tache de sa sub* staneé souveraine (/), comme Verbe incarné il est; suivant l'expression de DfkYÏdt'k plus beau deè enfants de» hommes (9)? Il était aimable devant les hommes et en particulier
(d) Ajprès avoir nié la naissance de Jésus-Chris(l Il BQihléem, le blasphémateur moderne de Notre- 'Seigncur ne craint pas d'avancer aussi ceci : c Jésus
iréiaît pas de la famille de David (Vie deJétus, p.
20, note). > Mais ce critique n'z-UW dune pas In les
fénéalogies qui proclament que Jésus était de la imille de David ? Saint MaUbieu n*ouvre«-l-il pas ^on Evangile par ces paroles solennelles : c Voici le livre 4e la généalogie dQ Jésus-Christ • ûls de David, pis d*Abraham (cap. i, 1)? > Ne reprend-il pas, après avoir parcouru quelques anoeaui de la chaîne qui d*Abraham descend à Joseph : c Ohed engendra Jessé, Jessé engendra David, roi (Ibid. 5)?» Et le sang qui passe par les veines d» David ne va- 't*il pas al)outir à celles de Jésus? Sain( Luc qui , plus lard, remonte les siècles au lieu de les descendre, et trace la généalogie de Jésus en suivant une autre ligne que celle de saiiil Matthieu, ne trouvtii-il pas, comme celui-ci, David sur son chemin ? Et comme lui, ne le place- t-il paa parjui les ancêtres de rHomme-Dieu (Luc m, 31)? Gomment donc, . après celfi, ose-t-on soutenir que Jésus n*est poiai ^ celte Ûeur qu'Isaie annonçait comme devant éclore ëur la tige de Jessé qui esi celle de David (Ita* ki.
Mais ce n-est pas tout. Saint Luc, en dehors de la généalogie qu*ii exquisse, dit encoru que la . Vierge vers laquelle Tut envoyé Tarchange Gabriel, ciait liauçéc à uu homme de la maison de David , quoique ié»tdaul à ^asarcth, et que cet homiTie était Joseph (Luc 1, 27). Joseph, à son tour, est lavorisé de Tsippartuon d*uu ange qui vient calmer en lui des soupçons qui Tagiitut, et comment ie messager l'appelletpil? i Joseph, ûis tis David {ètaiik. 1, iO). I Le dire de Joseph, c'élaii, tout ie monde le comprend, le dire de Jésus. Un autre auge rapplique directement à Jésus lui-même ; c*est telui qui vient révéler à Marie les grands mystères qui doivent s^accomplir en Elle : Vous concevrez un Filé, lui dit-il, ei il sera grand; il sera nommé le Fil% du Très-Haut, et ie Seigneur lui donnera te trône de David, ton père(Luc. 1, 51, 52). Ge l'ait, dont les anges et les habitants de Ma«aretb parlent seuls d'abord, devient plus lard de iiutoriété «cnérake.
devant sa famille qui le contemplait avec ri'speet, mais il t'était sous le regard de Dieu, c'est-à-dire de son Père, de manière k ee que son affebilUé fût encore n ne verta qui Misait la grâce du Ciel aussi bien que celle de la terre (A). Mais nous aurons à revenir plus loin sur les divines amabilités de Jésus.'
A Tâgé de douze ans, il laisse échappei^ un ravon de son infinie Sagesse en présence àe% docteurs d'Israël. 11 les écoute, les in-» terroge. C'est dans le temple que sa trèssainte Mère le retrouve trois jours après son pieux départ de la maison maternelle; elle lui fait les plus tendres reproches des inquiétudes et des angoisses où il les a Jetés elle et son époux. Pour lui, il ne connaît que la volonté de son Père céleste^ Cependant ii suit sa jeune et douce Mère^ De retour h Nazarelb, il obéit pendant vingts deux ans è Marie et k Joseph ; il rentre dan^ iin oul)li profond, ne sachant que trois* ehbses : prier, travailler et obéir. Il marche sans cesse dans ces trois voies qui conduisent l'homme au ciel et lui font, dèsici bas, desceiidre d*En-Haut la paix du cœur^ le calme de la vie et la tranquillité de Tordre. L'Evangile nous dit que Jésus vivait à lia-
^ En effet, quand Jésus, partant de Jéricho, passe près de l'aveugle, iils de Timéc» ce)ui-ci sVcrlc : JésuSj pis de David, ayez pitié de moi {Marc, x « 47). On le menace pour le forcer à se taire," et il crie avec phis d*écl»t encore : Fils de David^ ayez fitié de moi (/6îd., 48; Luc. xvni,, 38» 59). On décerne à Jé^us la roénie qualification jusque dans Jérusalem. Il y entre en triomphe, et pendant qu*une partie de la foulejeite sous les pas duâauveur • des branches d^arbres et des vèten^etHs» une autre moitié de la multitude raccompagne, en crianv Ubsanna au Fils de. David \Mattn. \xi, 9, 15). Enfln, saint Paul,' lui qui avait étudié' les Ecritures sous la direction de Ganialiel, lui qui pouvait mieux 4{u*ua autre avoir approfondi leis ancieiuies généalogies, affirme deux fois, dans ses Epitres, que ce Jésus-Glirist dont il est Tapôtre et parfois le prisonnier, descend delà race de Davi(r(R<)m. 1, 3, Il Tiff*. Il, 8).
Ainai, le ciel et la terre, les chœurs angcliques et la reconnaissante admiration des hommes»' Nazareth et Jérusalem , la Judée proprement dite et la Galilée s^onissertt dans un même concert, fruit d*une même conviction» pour proclamer que Jésus est do la race de David. Ainsi, le suffrage |)opulaire a-t-il devancé, pour la confirmer quand elle paraîtrait, la généalogie , pour ainsi dire olllcielle, attribuée à l'Ilomme-Dieu par les évangéli»ies. Mais c ces généalogies sont inexactes, > dit le critique, A cet égard nous renvoyons à ta réponse péreinptoire que lui fait Mgr de Mmes, car nous ira vous pas pour but de réfuter toutes les assertions et les liiipiéics de détail dont le roman iniiiuté : Vie de JéêuSf iourmille. Vvy. Mgr Plantiur, La vraie Vte de Jésus, et ïnslruct» pastor., etc., p. 43, 44 cl suiv.
(e) Luc, II, 52.
(I) Sap. Vil, i6.
(g) PèuL LXiu, 3.
(ti) La vraie Vie de Jésus^ par Mgr Planlicr, p« lOtf ; Gl. Le P. de Li<;ny, Hist. de la Vie de N.-S. Jésus-Christ, part. |, et llist, de N.^H. Jésus-Christ et des apôtres, par Jci'Sé, 2 vol. iu-8, 1844.
DfSCOimS SUR LA VIE DE N.-S. JEStlS- CHRIST.
tin
zarelh sonnris è ceux qu*OD regardait comme ses parents : erai iubdtius illis {%), » Cq Irait ne dit pas grand'chose k riiicredule, mais les âmes chrétiennes j trouvent des profondeurs ineffables, ei cela nous sufDt [fi.
C*est ainsi que Jésus passa son enfance et son adolescence; c*est ainsi qu'il se prépara h son apostolat, è sa mission divine. Il devait révéler la notion et le culte du vraf Dieu au monde. Nui ne connaît le Pêre^ si ce n^eti le Fils (ilr), devait-il dire ; et cette notion de Dieu est inhérente h iésu^, il en est le sujet rélrélateur, irradiateur dans te inondo; de sorte qu'en le lui attribuant, nous ne faisons que le rapuorter non-seulement S son DUtcur, mais I son* fbyer et è son ei^scnee '(O- Jésus alors est tellement Dieu, que cette conception de Dieu est en Jésus, es 1* Jésus même, etMl a pu dire : Lé Pire est en mot, et moi danê le Pire (m) ; et fitus encore : Uoi et le Pire noite ne sommet quun (n);En on mot, la notion de Dieu, sur laquelle nous -mesurons Jésus, nous Tient de lui, lient à loi, est luf-roéme.
Cb n*est point ici de la théologie; ce n*est pas même de la philosrophre» c'est de l'histoire : rhistoire, la genèse de la notiofr de Dieu dans le monde, considérée dans son rapport avec Jésus-Christ. Et celle no^ Cion de Dieu, telle que Jésus-Gbri 4 devait la révéler au monde, et telle (qu'elle se personnifie en Lui, est, par sa saihfeté, et pat^ les conditions de salut qu'elle nous impose^ une véritable déclaration de guerre è la nature corrompue qu*elle vient guérir. La parole de Jésus sera eeglaive anéré à deux tran* chanisQue l'Apôtre des visions vit sortir de sa bouelie (o). Il dit : Ne pensez pae que je $oîM venu èur la terre pour apparier ta paix^ mais le glaive; car je suis venu séparer^ r homme de son pite^ e( la fitlé de sa mère.
Et qui ne prend pas ta croix et fie me suit pas, n'est pa« digne de moi. Qui recherche sa vie ta perdra^ et qui perdra sa vie à cause da «ot, la trouvera (p).
Ce langage; qui s'harmonise ai divinement avec celui où Jésus parlerai de la doueenr et de la sùa^té de son jdug (g), n*a pas été compris par le moderne blasphéma* teur de Jésus. II n'a vu dans le' Sauveur que « le géant sombre , qu*unQ sorte da pressentiment grandiose jetait hors de l'hurmaoité» dévorant la vie h sa racine et réduisant tout è un affreui désert (r). » Cette impression est précisément celte de ia nature humaine déchue, de la nature huiiiainé telle qu'elle s'est offerte à Jésus.
Se faire reconoatire et accepter par cette nature, la faire revenir des mystères d'Ado^ me k ceux du crucifié; se faire aimer et
(i) Lue. Il, 50.
(;) Mgr Ptanlier, Lettre pattor. contre un ariieie de ta Resue des deux Mondes^ etc.» 2' édii. p. 27;
ik) MùUh. n, «7.
(f) Meusdîftou» le foyer, comme on dh Je soleil dans sou rayon.
(m) Joan. i, 58.
(H) Ibid., 5(».
« \o) Apoe. f, itf.
LVlIt
adorer par elle. Dieu en croix; no révéler la Divinité qu'en la produisant sous l'aspect le plus salutaire, mais le plus borribie au monde, scandale au Juif^ folie au gentil ; c'est lè ce que Jésus va opérer: el, il faut en conrcnir, outre la gigantesque entreprise de se faire adorer comme le Dieu unic)ue k l'exclusion de tous les dieux, c^élait un dessein surhumain par la sainteté autaut que par la puissance, iVxécution étant venne le justifier. Par la sainteté dont la Croix était comme le dard, ce dessein 'devait soulever toutes les révoltes de la natirre hu« maine, que la puissance devait surmouter, mais surmonter 'tfnôore, chose admirable 1 sans violenter cette nature noblejusque dans sa corruption, en respectant et en éprourant sa liberté [s).
Où donc ce saint EnfanI, ee jeune homme si admirable, qui, enfermé dans Tbomble demeure de Nazareth, obéissait en tout è Marie et à Joseph , oii avait-il apprjs ces
fraudes et sublimes^ cfcroses? L'enfance de ésus et la préparation de son apostolat sont fort simples (0. Ei|tondez Origèire : «Voulez- vous creuser un étonnant mystère! C'est de vons demander comment un homme élevé non-seulement dans la modestie, mais dans la pauvreté, étranger à' toute espèce de culture libérale, n*ayant reçu aucune no^ tipn, même élémentaire, des /icles dont, le charme aide ^ fléchir, à désariuer, à concis lier l'esprit des peu |)les, a osé, tel quel, proclamer des dogmes nouveaux, et jeter au milieu du genre humain une doctrine destinée à détruire les rites du judaïsme en laissant subsister ses prophéties, et k renverser toutes les institutions fondées en llionneur des dieux par la religion des Grecs? Comment se/fail-il qu'un Juif aussi inculte et 11 qui l'homme n'a rien appris»
comme ses détracteurs eux^^èmes sont forcés d^'enconveuir, ait pu dire, sur le jugement de Dieu, sur les cbAtiments futurs du crime, sur les récompenses futures de la vertu, tant de choses qtl'il est impossible de mépriser^ et que par ses enseignements Hait eu le secret d'attirer è lui non-seulement des hommes rustiques et illettrés, mais des hommes même d'un génie pénétrant et cafMbles de découvrir de hautes pensées quand elles étaient cachées sous une enve^ loppe vulgaire (i*)? »
' Ces questions, (ju'Origène adressait autre*^ fois à Cetse, nous indiquent l'école à laquelle Jésus avait été formé; cette école, c'était lui-même. II puisa ses révélation^ dans sa propre sagesse, comme te. soleil puise ses rayons dans son propre foyer. Sa grande Auie n'avait qu'à s'ouvrir |HHir épancher
M Matth. X, 34-59 {tf) Matth. XI, 50.
(r) Vie de Jéêus^ par Itenan, p; 342.
(s)M. A. Nicolas, La diviniré ée létut-Christf etc., p. 94, 97.
(t) Mgr Plantier, La vrnîe Vie de J^iv9,etc.,'pag.
(k) Orfgéne, Contra Celsum, lib. i, cap. S9.
ux
sur le monde des flots de lumière, et ce serait assez de ce fait pour prouver qu'il est Dieu.
Quelle preuve, en effet, d'une puissance vraiment divine en Jésus» que de balancer toute la nature humaine soulevée par l'horreur de sa Croix » comme il balançait tout l'idéal de la nature divine I Comment a-t-il pu tenir lAte à cette guerre qu'il est venu déclarer au monde pour le sauver? Et sa divinité serait en Question 1 Mais c'en est là le caractère, c'est là ce qui en fait Tévidence : la révolte de la nature humaine contre lui étant incessante, sans jamais prévaloir contre sa Croix, qui en domine tous les soulèvements. Elle est en question, oui, comme le roc par les vagues!
Cet état de |Jésus-Christ prouve doublement sa divinité : comme témoignage de sa sainteté c;ui soulève, et comme témoignage de sa puissance qui domine toutes les révoltes du mal (r).
« Or donc, dit saint Luc (or), Tan quinzième de l'empire de Tibère César, Ponce-Pilate étant gouverneur de la Judée (y), Hérode téirarque de la Galilée, Philippe son frère de rilurée et de la nrovince de Trachonito, et Lysaiiiaà de l'Abilène; Anne et Caî|)he
h) La diwniié de Jétut-Chriit, etc., par M. Nicolas, 2« edit. p. 97.
ix) in Evang, cap. 3, t-2. —On irouvem, dans VHisioire de ^ otre^Seigneur JéiuS'Christ , Expoii^ iion des tainU Evangitêi , par M. rabl)é Darras, S vol. in-8, toni, !•', de solides observations en preuve de rauihenticilé du récit de saini Luc (cb. I à m); observations d'autant plus fortes que Tauleur s'appuie sur des Taits et sur rétroite et indissoluble conncxité qui se rencontre entre TAncicu et le Nouveau Tesument. Voir, ci-après, la Note A sur saint Luc.
(y) Vide Mailh. ixvn, î.
(x)Aiine fut grand prêtre depois Ta» 6 Jusqu'à Tan 19 après la naissance de Jésus-Cbrist. Caipbe ayant éie mis en possession de celte place, Anne fut apparemment conservé comme son vicaire (V»y. Maiih. xxvt, 3). Suivant d*aulre», qui s'appuient particulièrement sur saint Jean(xi, 49, 51), Us exerçaient alternativemenl, chacun durant une année, les fonctions de grand prêtre. Voir sur ce point la grande Bible atee commemaires tirés des Pères, pjir Sacy, 32 vol. in H ; le vol. de SaM Lm, p. 181, 18S.
(a) Le critique^ libre penseur qui attaque nos Evangiles, veut bien rendre quelque hommage à celui de saint Luc. c C'est uu biographe du premier siècle^ dit-il, un artiste divin qui, iiidc|>en dam ment des renseignements quM a puisés aux sources les plus anciennes, nous montre le caractère du Fondaieur avec bonheur de trait, inspiraiwn d^enêemble» 8on Evangile est celui dont la lecture a le plus d« cbarme ; car i Vineomparakle beauté du fond eommnii, il ajoute une part d'artiUce et de composition qui angmenie singulièrement Teffeldu portrait, sans nuire gravement i la vérité ( Vie de Jé$u$, par Kenan, iutroditct. xui). • Nous prenons Taveu contenu dans ce passage, puisque ce n'est que jusque-là que peut s'élever l'équité de M. Renan i regard de saint L4ic. Mais peut-on ne pas trouver étrang*;», pour ne pas dire autre chose, les traiu lAcheux qu*il mêle à ses louanges, en moiiUant saint Luc, tantôt comme un autour rédigeant soa
WCTIONN. DE L'HIST. UNIV. DE L'EGLISE