‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. EncyclChapitre 42 sur 57 · LAS · texte numérisé non relu

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lio prudence^ que Ins crAînte^ des colons farcnl hientAt dissîpi^es. Ils déployèrenl dans loates leurs démnrches une connaissance des aflTatros du monde, qu'on acquiert raremenl dans le clotlre,ei, qui plus esl, une modération el une politesse encore plus rares parmi des personnes élevées dans la solitude et dans les austérités de la tIo monastique. Ils écoulèrent tous les avis qu'on leur donna; ils les pesèrent et les comparèrent, et, après avoir examiné le tout, ils roncfurenl qu'il élait impossible, vu l'état de la colonie, d'adopter le plan que Las-Casas avait proposé, el que le cardinal avait recoromaoïié.

Ils virent clairement que les Espagnols éi.iblisenAmériqueéla'entensipetitnombre, qu'ils ne pouvaient ni exploit r les mines pi cultiver les terres,sans le secours des Indiens, et que, si on leur Atait cotte ressource, il fallait nécessairement qu'ils abandonnassent leurs conquêtes et tes avantages qu'ils en retiraient ; que rien ne pouvait vaincre Tayersion des Indiens pour le travail, et qu'il n'y avait que l'aulorilé d'un maîire qui pût les forcer à metiro la main è I œuvre ; que leur indolence et leur paresse étaieni telles, que» è moins de veiller continuellement sur eux, ils n'assisteraient point aux instructions religieuses, et ne pratiqueraient point les exercices de piété qu on leur avait enseignés.

Ils jugèrent donc qu'il fallait tolérer les ^Jpartitions, et laisser les Indiens sous la doiuination des Espagnols. Ils employèrent néanmoins tous leurs soins pour prévenir les mauvais eiïets de cet établissement, et Pour assurer aux Indiens le meilleur trait^inont compatible avec leur état de service. Ponrcet effet, ils firent revivre les anciens règlements '; ils en ajoutèrent de nouveaux, et ne négligèrent rien de ce qui pouvait adoucir la pesanteur du joug; ils sVtrorcèrenI, par leur autorité, par leurs exemples el leurs exhortations, dlnspirer è leurs compatriotes des sentiments de douceur el d'humanité pour les malheureux fiont ils ne pouvaient se passer. Zuazo seconda, de son côté, les efforts des surintendants. Il réforma les tribunaux, de ma- Dière que leurs déitisions furent plus promptes et plusé(|uilabk*s, et fil divers rè- Kiemenls qui perfectionnèrent la police iutérieure de la colonie. Les Espagnols fu« r<nt généralement satisfaits de sa conduite et de celle des surintendants; ils admirèrent et la hardiesse avec la({ueIlo Ximenès s'était écarté de la roule ordinaire, el la sagacité avec laquelle il avait choisi des pers«)nnes dignes, par leur prudence, leur mo- (iéiaiion et leur désintéressement, du posle

(1S0!)Vnv, Le cardinal Ximenèi^ciCf p. 574, 575. (ISOîJGômez, liv. c, p. 1086.

, (1503) Snr tout ceci, voir Héfelé, (oc. cil. p. 587,

(1504) c Tout cela, tlit Rohrbacher, prouve que I «;ueslion n'éiait point aisée, i //iw. univ, de CEgt, «!*• tom. XXII. p. 70. Voir aussi Hoberlson, Ùiiioiude rAïuérique^ liv. ui, et lierréra, Dec. 2, Iv.

au*il leur avait conCé .C'est ce que rapporte errera.

m. Air si qu'on le pense men, Las-Casas fut mécontent. Il repassa en Europe . Mais Ximenès, qui l'avait soutenu (1301), érait mort, le 8 novembre 1517, et le zélé Dominicain fut obligé de s'adresser aux ministres flamands de Charles-Quint : les surinlendnnls Hiéronymites furent rappelés , un nouveau juge fut envoyé dans l'ile, el c'est tout ce quil obtint.

Il proposa d'envoyer des laboureurs h Saint-Domingue ; son projet ne fut point adopté. Il proposa de fonder sur le continent même une colonie de laboureurs, do jour-^ naliers et>d'ecclésiasliques : il voulait traiter les Indiens de la môme manière que les Jésuites firent depuis dans le Paraguay. Son plan fut approuvé, mais il échoua dans l'exécution. Des historiens rapportent (1502) que ne voyant plus d'autre moyen de secourir les indigènes d'Amérique, Las-Casas proposa de leur substituer les nègres d'Afrique, quatre fois plus robustes pour le travail ; ce que Ximenès avait refusé de faire (1503), trouvant inconséquent et injuste de réduire en esclavage une race d'hommes, pendant qu'on travaille k rendre la liberté è une autre (1504).

Aussi bien, est-ce là le reproche qu*on pourrait réellement faire à Las-Casas qui a été si diversement jugé (1505). Il est è craindre, en effet, que sa charité n'ait pas toujours été suinsamment conséquente, et

3ue tout en voulant travailler, avec uneareur qui tenait de l'enthousiasme, à i'éman* cipalion des Indiens, il se soit laissé aller è servir la cause de l'asservissement des nègres. Quoi qu'il en $oit,on no saurait, sans injustice, ne pas tenir grand compte à cet homme célèbre de ses intentions généreuses, toutes puisées, en définitive, au foyer de l'Evangile. Las-Casas était devenu évéque de Chiapa, dans le Mexic|ue, et eut, tout le restant de sa vie, de vives polémiques h soutenir au sujet do ses idées, comme on le voit dans ses ouvrages (1506), et notamment dans celui intitulé: La destruction des Indes^ si sévèrement jugé par le P. Charlevoix (1507), qui, en cela, se rapproche assez du protestant Roberlson (1508). Las-Casas mourut h Madrid en 1566, è l'âge de 92 ans. Il s'était démis de son évôché entre les mains du Pape, peu de temps auparavant.

LA SIERRA ABAD (Augustin), évèque de Bart>astro , passait en Espagne pour Janséniste el fui gravement soupçonné d'avoir favorisé les erreurs de l'EgUse coustilutionnelle, dite la petite église.

De Boulogne, qui devint évéque de Troyes, avait sans doute, lorsqu'il rédigeait

(1505) foy. récrit intîlulé : Liberté et travail, eic, par M. Tabbé Hardy, in-8% 1838, p. 24 el suiv.

(1506) Oïl peiuvoir ilaiiH toutes les Biographies Ténu nierai ion de ces oumges.

{\^1) Histoire de Saint-Domingue, Hv. v, aiin. 1515; liv. VI, ann. 1547.

(1508) Dans son Histoire de fAm^rîgNf, Uv. ni.

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H<*ra de quoi vivre jusqu'à ce qu'il lui assigne un revenu ecclésiaslique, à moius que fe clerc ne puisse subsister do son patrimoine.

111* 11 s'est introduit en Quelques quartiers une coutume bien répréhensible: c'est que des évèqueSt et m^me des archidiacres, pronoDcent sentence de suspense ou d*ex« coiomunication» sans nionitions précédenles» contre ceux qu'ils pensent qui appelleront dans leurs causes. D'aulres, craignant la sentence du supérieur et la discipline canonique, opposent l'appel sans aucun grief et usurpent, pour la défense de l'iniquité, ce que 1 on sait avoir été établi pour le re-" fuge des innocents. C'est pourquoi, afinque lt$ prélais ne puissent grever leurs sujets sans caustp ni les sujets éluder à leur gré la eorreciion des prélats sous prétexte d'appellations^ nous ordonnons, par le présent décret, que les prélats ne prononceront point de sentence de suspense ou d'excommunication sansmoniiion préalable^ à moins que la faute ne soit telle quelle emporte la peine de sa nature: d'un autre côté, les inférieurs neporteront point Rappel contre la discipline ecdésiastique avant rentrée de la ca%ue (152b). Si quelqu'un se croit obligé d'appeler, ou lui (liera un ternie convenable pour poursuivre son appel. Si, dans ce tenue, il en néglige la poursuite, l'évéque usera librement alors ae son autorité. Si l'appelant ne vient point poursuivre sou oppel, il sera coDdaroné aux dépens envers Tintimé qui se sera présenté, adn que cette crainte, du uioins , empêche d'appeler facilement au préjudice daulrui. Le concile défend en particulier aux reliijieui d*appelcr des concessions de discipline imposées par leurs supérieurs ou leurs chapitres.

11 défend, comme des abus horri])les, de rien exiger pour l'intronisation des évoques ou des abbés, pour l'inslallatiou des autres ecclésiastiques ou la prise de possession des curés; pour les sépultures, les mariages et les autres sacrements; en sorte qu'on les reruse à ceux qui n'ont pas de quoi donner.

£til De faut point, dit le concile, alléguer la longue coutume qui ne rend l'abus que plus criminel. Il défend aussi aux évoques et aux abbés d'imposer aux églises de nouveau! cens, ou de s'approprier une partie de leurs revenus. Il leur défend d'établir h certain prix des doyens pour exercer leur juridiction. Défense de conférer ou de promettre les bénéQces ayant qu'ils vaquent, pour ne pas donner lieu de souhaiter la uiorl du titulaire. Les bénéfices vacants seront conférés dans six mois; autrement le chapitre suppléera à la négligence de l'évoque, l'évéque à celle du chapitre, et le métropolitain h celle de l'un et de l'autre (1525).

11 y avait de grandes plaintes des évoques coulre les nouveaux ordres militaires des Templiers et des Hospitaliers. Ils recevaient

(tSii) Cason 6.

(l5iô)Can. 7, 8,15.

(15ie) Can. 9.

DtCTIOm. PS I«'fil3T. UI^IV* DB L*EgUSB. Y.

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des églises de la main des iai\|ues, et dans les leurs ils instituaient et destituaient des prôtres à l'insu des évoques; ils 4*ecevaient aux sacrements les excommuniés, les interdits, et leur donnaient la sépulture. Us abusaient de la permission donnée h leurs frères quêteurs, de faire ouvrir une fois l'an les églises interdites et d'y faire célébrer rOfQce divin; car, sous ce prétexte, plusieurs de ces quêteurs venaient exprès aux lieux interdits. Us s'associaient des confrères en plusieurs lieux, auxquels ils communiquaient leurs privilèges. Ces abus venaient moins de l'brdre des supérieurs que de l'indiscrétion des pai*ticuliers; et le concile les condamna tous, non-seulement à l'égard des ordres militaires, mais de tous les autres religieux (1526).

Les religieux, de quelque institut qu^ils soient, ne seront point reçus pour de l'ar-

§ent, sous peine au supérieur de privation e sa charge, et au particulier de n'être jamais élevé auxordres'Sâcrés. On ne permettra point à un religieux d'avoir de pécule, si co n'est pour l'exercice de son obédience. Celui qui Sera trouve avoir un pécule sera excommunié et privé de la sépulture cou)mune, et on ne fera point d'obiation pour lui. L'abbé, trouvé négligent sur ce point, sera déposé. On ne donnera point, pour de l'argimt, des prieurés ou les obédiences, et on ne changera point les prieurs conventuels, sinon pour des causes graves, ou pour les élèvera un plus haut rang (1527).

IV. On renouvelle les règlements pour la continence des clercs, et l<^s défenses à ceux qui sont dans les ordres sacrés de se charger d'affaires temporelles, comme d'intendance des terres, de juridictions séculières ou de la fonction d'avocats devant les juges laïques. On défend la pluralité des bénéfices, qui, dès lors, était venue à tel excès, que quelques-uns en avaient jusqu'à six et possédaient plusieurs cures; d'où il arrivait

Îju'ils ne pouvaient ni résider ni faire leurs onctions, et que plusieurs dignes miniitres de l'Eglise manquaient de subsistance.

On défend aux laïques, sous peine d'anathème, d'instituer ou de destituer des clercs dans les églises sans l'autorité de l'évéque, ou d'obliger les ecclésiastiques à comparaître en jugement devant eux. On règle le droit des patrons, en sorte que, s'ils sont plusieurs, ils s'accordent à nommer un seul prêtre pour desservir l'église, ou que celuilà soit préféré, qui aura la pluralité des suffrages. Autreiuent l'évéque y pourvoira; comme aussi en cas de question pour le droit de patronage, qui ne serait pas terminé dans trois mois. Défense aux laï|Ues de transférer à d'autres laïques les dluies qu'ils (possèdent au péril de leurs âmes. C'est sur ce fondement que l'on conserve aux laïques les dimes dont on juge qu'ils étaient en possession dès le temps de ce concile, et que l'on nomme dîmes inféodées (1528).

(1527) Cm. tO.

(l5:;î»jCau. ti, 12, 13, li, 17.

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indiquer. Il fera venir le» accusés en sa pré $fnee ; et, s'ils ne se justifient, ou s'ils retombent ^ ils srront punis cant.niquement. Que i*i7 s'en trouve qui refusent opiniâtrement de prêter serment, ils seront dès lors réputés hérétiques. Les éréques qui négligeront de purger d*hérétiques leurs diocèses, seront déposés et remplacés par des pasteurs plus tigilants.

H est certain qu'il y a, dans toul ceci, de quoi étonner notre siècte. Mais un historien traYaille-t-ii bien à l'éclairer el h le ramener, quand, pour lui expliquer ces sévérités, il se borne comme Ta fait Tabbé Rohrbacher, h dire que le concile n'a fait \h que ce qui est dans la nature des choses, et quand il raisonne d*aprè« l'analogie d'un père de famille qui doit veiller avant lotil à la sûreté de sa maMOM (1540) 7 Oui, sans doute, la nature opère ainsi dans la famille et dans l'Etat, nous ne le nions point, et nous le voyons assez. Mais comment cet historien, lui q«n a si bien traité ailleurs de la nature et de la grAce (1541), n'a-t-il pas ajouté ici que si tout cela est le fait de la nature, la grAce \ d'autres voies meilleures, plus sûres et plus fécondes en Marie Immaculée? Une rhose remarquable, c'est qu'on ne voit rii>n de ces rigueurs, môme dans Grégoire Vil,

(l.'UO) Wst. univ. de T Eglise cath., tom. X?lll, p. 422, 3* édilioii.

(1541) Voir son ouTrage intitulé : De ta Nature «f ée la Grâce, lo-S, 1858.

(1542) Voir h doctrine de s^iinl Ttiomas, dans son oposctile xiix% chap. 4, ei dans son supplément, quesU ?lll, art. 5.

(1543) Las théologiens ont discouru sarla question de savoir quel est le proprius sacerdos dont il est pirlé dans le canon Omnit uîriusque sexus du If* concile de Latran. Nous avons sur ce point une très-intéressante et savante Dissertation, publiée en 1846 dans t^Auxil» cath.^ tom. V, p.40i et suiv., et dont on nous saura sans doute quelque gré de donner en cet endroit fanalyse avec des citations.

Après avoir savamment établi, par les antorliés les plus iinportanles, la valeur que Tanliquilé ecclésiastique attachait au mot sacerdos, et après avoir exauiiué le sens que l'Eglise y a de tout ti*mps atiaclié, l*auleur s'applique à considérer, en particulier, le canon 21 du concile de Latran. Il fait observer d*abord que ce concile, au canon 1*' appelle saeerdotes tous ceux qui disent la Messe ; qu au canon 2, il décrète qu*il y aura dans les niéiropoles un théologien qui instruise saeerdotes; qu*au canon 51 et ailleurs, il appelle le curé paraekiaiis sacerdos, et qu*enûn. Innocent 111, dans les Ueui discours quM a adressés au concile, appelle les évéques saeerdotes. Le proprius sacerdos, selon rauteur, est donc Pévèque, et c\'st ce que toute Tanliquilé reconnaît: Tévèque, dans PoriKine» administrait tons les sacreuicnls, et quand il a tiû, par la suite, se faire aider par des prêtres, nul homme sensé ne pourra dire que le prêtre soit duvrnu pnr \k le proprius sacerdos.

11 ft*en est pourtant rencontré qui le soutinrent. Goiliaumede SainuAniour (Voy. son arlicle, loui. IV, col. 1150 et suiv.), cet ennemi du Sjint-Siége «l des réguliers, fut un des premiers, peu aprèi le c:inoo Omnis, qui dit que le curé seul, à Texclusion ftièute du Pape et de Tévêque, est le proprius salerdos, et Alexandre 1? condamna cette erreur en

1255 (Voy. Tarticlc decePape, u. X et XI, toai. ],

pourtant si militant. Or, ce Pontife a été cnnonisé , tandis qu'Innocent III , Pontife d'ailleurs si admirable, n*a point éié placé sur nos autels. — Voy. IfiivocBifT 111, Pape, n.XXII.

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