‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. EncyclChapitre 44 sur 57 · LAU · texte numérisé non relu

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è leur demande, el passa la nuit en prières devant les reliques de saint Thomas. Le k*ndemaîn, au moment où il allait luonler à l'autel, un homme perce aussitôt la foule, et, armé d'un énorme bâlon, lui assène sur la tête un coup si terrible, qu'il le renverse par terre. Le meurtrier élait un fou qui, entendant dire h tout le monde que c'était un saint, alla s'imaçiuer que ce serait une œuvre méritoire d^en faire un martyr el un autre sainl Thomas. Les moines el les autres assistants, le croyant blessé h mori, se prosternèrent sur le visage, fondant en larmes.

Le saint évoque, revenu à lui-même, demanda de Teau, la bénit el s'en ût laver la plaie. Le 5ang s'arrôla aussitôt, et le sainl prélat se trouva si bien guéri, qu'il commença et acheva IranquiTlement la Messe.

L'auteur, qui rapporte ce miracle et qui en fut témoin oculaire, assure qu'on remarqua, è la mort du sainl, qu'il avait une fracture au crânç. Le roi voulut faire mettre è mort l'assassin; niais Laurent intercéda pour lui, el obtint sa grAce.

Quelques années après cet événement qui fit éclater davantage .la vertu de l'homme de Dieu, le Pape Aleiandre III, au concile œcuménique deLatran qu'il tenait en 1179, nomma son légal en Irlande, noire sainl archevêque. Nous avons dit ailleurs comment il agit dans celte mission importante. — Voy.

l'article Albxandhb III, Pape. — Mais ce qu'il faut rapporter ici, c'est la conduite que ce bon pasteur tint en Irlande lors d'une grande famine qui affligea celte contrée pendant trois années entières.

Sa charité fut plus grande que la famine.

Tous les jours il nourrissait cinq cents pauvres du dehors, sans compter trois cents de son diocèse, auiquels il procurait la nourriture et le vêtement. Bien des mères qui ne pouvaient plus nourrir leurs enlanls, les eiposaientà la porte de la demeure de l'archevêque, ou dans les lieux où il devait passer. Elles savaient qu'il avait une tendresse maternelle, el qu'il ne leur manquerail pas. En effet, se souvenant de cette parole du Seigneur : Si quelqu'un reçoit un de ces petite en mon nom^i\ les recueillait tous,el leur servit è tous de père nourricier. Il en plaça euviron deux cents chez' les vassaux de l'archevêché, sans compter ceux qu'il nourrissait dans la ville el dans son propre palais.

A la famine vint se joindre un autre fléau, la multitude des brigands. Comme le saint ) archevêque allait de Dublin h Walterford, un chevalier, et puis un écrivain avec sa femme el son petit enfant, se ioignirent à sa compagnie, persuadés qui! y aurait moins à craindre, s'ils venaient à tomber entre les mains des malfaileur^. En effet, comme ils traversaient une forêt, une troupe de brigands vinrent tout à coup les assaillir, en disant è l'archevêque qu'il n'avait rien è craindre pourvu qu'il leur livrât le soldat du roi. Il répondit qu'il aimait mieux mourir que de ne pas le défendre, et il lui fit un rempart de son cor^^s.

DICTIONNAIRE LAU V^d

Le soldat eut la vio sauve, mais l'écrivain fui tué« et tous les ecclésiastiques dc^ponillés. Arrivé dans la ville la plus proche, l'archevêque fit avertir les larrons quMs eussent è cesser leur brigandage et à en faire pénitence, sans quoi il les excomniunierait avec tous les prêtres. Comme ils s'y refusèrent, il les excommunia effectivement.

Eux, ayant appris comment la chose s'éiait faite, se dirent les uns aux autres : Excommunions nous-mêmes l'archevêque! Ils prirent les boyaux d'un bœuf qu'ils avnieot volé el s'en firent des étoles, des tisons enflammés en guise de cierges, hurlèrent dans nn livre pour se moquer des anathèmes de l'Eglise, et puis éteignirent leurs tisons ilnns l'eau. Mais , dès le lendemain, l'un d'em mourut de froid, quoiqu'il eût quatre vèemenls sur le corps et que le froid fût irèssupportable. Le chef de la bande péril le troisième jour, et successivement tons les autres dans l'année. Quant è ta femme el à l'enfant de l'écrivain i]ui avait été tué, Uwrent fournil h la veuve de quoi subsisier el adiipta son fils.

Le sainl archevêque ditnna encore d'antres preuves de sa charité. Il s'était élevé un grand différend entre Henri II, roi d'An.îl^'lerre, el Déronog, le plus puissant roi d Irlande. Saint Laurentfit unyoyage en An^ie* terre, dans l'espérance de parvenir à les réconcilier. Mais Henri ne voulut passe prêter aux saintes intentions du prélat; il défendit même qu'on laissât Laurent retourner en Irlande* et s'embarqua pour la Normandie. Le saint se relira dans te nioiiaslère d'Abingdon, où il passa trois semaine^.

Ensuite, pressé par le désir de nrocurcr la paix, il partit ftour la France, afin de faire de nouvelles tentatives auprès du roi d'Aïgleterre. Henri persista toujours dans suri refus. Il se lassa cependant, et le sainl archevêque obtint tout ce qu'il demandait :

le roi s'en rapporta même à lui sur les conditions.

Au milieu de ces négociations cbariinbis pour la paix publique, notre sainl toinbi malade, el la tlèvre l'obligea de sarrt^t^r en route. Il se retira dans le monastère ds chanoines réguliers de la ville d'Eu, qi'i^si à l'entrée de la Normandie. Le bon archevêque dit en y entrant : CeU ici le lieu dt mon repos pour toujours, f y demeurerai parce que je l'ai choisi. Il se confessa à l'abbé qu'il pria même de le recevoir au nomlne de ses religieux, qui lui administra l'eitrême-onction et le sainl Viatique. Qnequ'un lui ayant proposé de faire soi) (estament, il répondit : De quoi me parlex-voui^ ! je remercie Dieu de n avoir pas un sou lio'S te monde dont je ftuisse disposer, 11 monrui le ik novembre 1181, et fui enterré dâi.s l'église de l'abbaye.

Tbibaud, archevêque de Rouen, el trois autres commissaires firent, par ordre du P()|)e Honorius 111, une information juridique sur plusieurs miracles opérés pT l'intercession du saint arcb6vêi]ue de D i; blin, et envoyèrent leur procès verbal à

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corps avec das peignes de fiT, qa*on lui mit sur les épaùlës^une cuiresse de fer embrasée, qu'on le coueba sur un gril rougi au feu, pour y 6tre rôti ; qu'on lira sur lui plusieurs nèchos, qui, néanmoins, oe purent jamais le percer, e( qu'enfin on lui trancha la tôle.

Bosquett dil le P. Giry (16(A), qui a exa* miné si exactement les anciennes traditions des Eglises de FrancOt déclare que celle de saînl Lazare, évëquedeMarseilIp, est appuyée de quelque autorité, et qu'il n'a garde de prcmire des senliinenls contraires :

AdvfrMus guam^ abêit ut sentiam, 11 est donc à propos de nous y arrêter aussi ^ d'aulant plus que le Martyrologe romain dit en termes exprès!: A Marseille^ iaint Laxare^ érêqne^ que nous liions dans l Evangile avoir été ressuscité parNotre-Seigneur (1605).

Il est peu de traditions qui aient été plus combattues que celles des saint Lazare, sainte Marie et sainte Marthe par certains critiques comme Baillet, et surtout par Lau* no^. Orrne doit donc pas être surpris de Toir le P. Girv se contenter du sentiment do Bosquet (1606), et s'y arrêter, bien que cet nuleur ne paraisse accorder que quelque autorité h la tradition concernant saint tniare et l'Eglise de Marseille (1607). Hais, aujourd'hui, le lémoigage de Tévêque de Lodève, quoiqu'il conserve toujours sa valeur, est bien dépassé par les travaux de la critique moderne, nous voulons dire, principalement, par Les Monuments inédits du docte abbé Farlton. Aussi est-ce là désor* mais 9U*il faut puiser les témoignages et les autorités copcernant les traditions saintes de la Provence^^Noiis n^ saurions, ne fût-ce que par simple voie d'iinalyse, faire connattre les savantes recherches et toute Targumentation de M» Paillon. Il ne nous serait même pas possible, vu notre cadre si resserré» de donner des citations. Nous devons donc nous borner h renfo^er au travail de cet auieur les lecteurs désireui d'étudier h fond cette question hagiograf^hique si intéres* saA*e et si digne d'alteniioa.

(IMI) Vie$ dm Smmtê, éàïu hi-4, tom. I?, eel.65e.

(1^5) MMi^r, llo«.,l7aécerobre.^Ko9. notre anîcl« Basimb (h Sainie), n. I, tn:ii. II, roi. 1281.

4i0Oft> Dana aon Hiêieria EeeUàiœGaUieanœ, a i. C. Ersn§êlio in QûHiis utqve êd daiam a Couêtaviino imp. Ecclesiœ pacem , i»-4, 1636.

(1607) Nous SfonoBS que ce n*e8l pas 8:ims élonnemêfii «Ile nous avons lu les lignes seifatiies flâna II. Tahié AHMilet, lignes qui ae dépassent giièrft ea ^*a<Mt Bosquet* el qui ont 4roil de surpr»iiërB Mfità% les Iravatix de M. Paillofi, que M. Arbelloi roniinitatiU, puisqu'il cHese» Monnumentg: i Nous ne pariereiis pas, dit M. I*abbé Arl^ellel, ém •raëHions des alises de h^ Provence sitr rafestolal de saiiMe MadeMiie et de sainl Lazare, Itadiiions respeei^atiles par leur ancieenatë, par la fei tt la colle iiiHuéMierlal de$ neaples, iradiiions dem IWlfliie sa penl dana te crépascule du moye» Ige (vrsièek), maisqvi, mallieureusenient iguoréei d«» Pèrm de rCglIaa (queiqee leur inipercanea dùl li«e sauver de cet oaMt), seasbleni e«iilfedltes par d^snewas lémoigaagae et des ira* ditioiis de PEglisê dH>riefit. i {Di$sêft(Hi9n êUf rapostolat de saint Martial, et $ur faniiquiié des

III. Le très-érudît Sul^'icion , cilant Roban, nous dit (1608) que oM auteur raconte, d*aprës les anciens Actes de sainl Lazare, au cliap. 30 de ia Vieds saimie Madeleine et de sainte Marthe t <|u*apràs « la descente du Saint-Esprit, les aiiAtres réso lurent de changerenmaison de prières (1G09) la maison des amis de Jésus-Christ, Lazare, Marthe et Marie (1610)... Et le nombre dps fidèles augmentant, ils ordonnèreui saint Lazare évêc^ue de sa propre ville» dans celte même liasilique. Ensuite la persécution des Juifs s'éltfvant, saint Lazare alla en Chypre, prêchant la parole de Dieu, et il y siénen comme premier évoque. Sa mémoire et celle de ses sœurs est honorée , eoi*ore aujourd'hui, à Béthaoie, le 16 des calendes de janvier. »

Tel est le récit de Raban. « Les circonstances exprimées dans ce récit, dit M. l'abbé Paillon, ne nous paraissent pas bien fondées, » et il le prouve longuement a? ec une richesse d'éruaition,une puissance de logique et une critique judicieuse qui ne lais sent rien à désirer (1611), Il prouve Tépis copat de Lazare k Bétnanie, et fait voit comment la persécution l'obligea do quittei la Judée. Nous voyons ensuite comment saint Lazare fut établi évêque dans Tiie de Chypre, et l'auteur nous montre que de là il Tint à Marseille, mais seulement après ses sœurs. « Le séjour de saint Lazare dans rtle de Chypre, dit H. FailloD, jusqu'à I&

Jiuatorzième année depuis l'Ascension, qui ut celle oi!i ses sœurs quittèrent la Palestine, ce séjour s*explique très-naturelh'ment. Ce saint étant détenu odieux aux Juifs, on ne peut guère supposer qu'après sa fuitu dans rtle de Chypre, il soit repassé en Judée

Kour reprendre la conduite de l'Eglise de élhauie. Les Juifs n'auraient pas souffiTt qu'il prêchât Jésus -Christ et auraient infailliblement attenté h ses jours. On doit donc penser, comme dit Raban, qu'il était encore évéqae en Chypre, lorsque ses sœurs passèrent ea Provence, et que, par conséquent^

BaUêee de France^ par VêiM krbtUùU m*8» 1855, p. 176.)

<iee8) ¥simmênH inédHêf etc., tom. Il, col.

(1669) On ehan^en églHe ta mmsam de Lazare.

La pi<^té des premiers Ctu-éi terni iinnoni de reue aerte la plMf art clas Henx aanctiflés par la pi^* aence <la Sanvewr. Saint Jérôme en niMBine pl«sieurs ainsi transformés aii égitses. La maison dfs disciples d*Emitiaâs, le €éna<:le, la niaÎMHi île ssini Pierre à Cupbarnaûm, et an« tiuiltiiiida d*sutres furent honorés d*aH semblable privilège.

(teiO) c Celte maison od iia se n^ipelaient avoir va si «ouvdnt la Fit» de Diea loat^paissani et de la Vierge-Mète marctifr ou sa re|»oser, prendre ses repaa on aeii aommeil ; c«ue maison oà il se retirait si Muveiit pour la nait, oà il avait prié tant de fais ai fait nn graml iHNiilire de miracles, i|oe ce Sanvcor avait Int-méme liéiiiie et cmnaerée par la demeura et le fréquent aé/oitr <|u*il y avait fail. » (kiouuwent* itiédiiê, el€.« low. ili cet Î78 A.

(teti) Voy. MenuméMs tuéUtSt ctCt MB. H, col. tee-lil et pa$iim.

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