‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. EncyclChapitre 45 sur 57 · LAI · texte numérisé non relu

LAI

augure pour sa mtîob ; car ea arméiiien il

signifie consolateur.

Af>rès avoir étudié k Sébaste, il alla k EdchmindziiivOà il resla longtemps se livrant avec lèle h Tétude de rEcriture sainte et des Pères de TEglise dans le monastère patriar»

cal, el il reçut le tiire do vartabied oa docteur. En 1700, il vint k Consianlinople, où il prêcha pendant quelque temps. Les Armé* niens de cette ville étaient alors divisés en deux partis : les uns tenaient pour leur an* cion patriarche Ephrera, et les autres pour Metchiséilech, qui s'était fait nommer k prix d'argent. Mekhitar tenta vainement de les réunir. Alors il se tourna vers l'Eglise romaine et se mit k prêcher la soumission au Pape» ce qui déchaîna contre lui tout le clergé schismatique de sa nation.

Ephrem, qui était remonté sur le trône patriarcal, obtint un ordre du mufti pour le faire arrêter. Mekhitar se cacha chez les mis* sionnaires de la Propagande et évita toutes les poursuites des émissaires du patriarche. Protégé par l'ambassadeur de France, il demeura encore deux ans k Constantinople; mais, poursuivi avec une nouvelle ardeur par le patriarche Avedik, successeur d'Epbrem et héritier de sa haine, Mekhitar [)rit le parti de fuir : secondé par ses amis, t s'échappa déguisé en marchand et vint k Smyrne en 1709. Un ordre du Grand-Turc l'y poursuivit; il se cacha oncore une fids, et ce fut dans le couvent des Jésuites. Peu de jours après, il monta sur un vaisseau vé* nitfen oui le porta d'abord k Zante, puis dans la Moree, qui appartenait alors k la république de Venise, et où plusieurs de ses disciples étaient venus pour le joindre. Il y arriva au mois de février 1703; le eouver* ncur vénitien lui céda un bourg et plusieurs autres possessions auprès de Modon. Mekhitar j fit bftiir une église et un monastère où il habita jusqu'en 1717, que les Turcs rentrèrent en possession de la Murée» avec Taide même des Grecs.

Alors ce digne religieux, qui éprouvait de continuelles contradictions, son œuvre de* vant passer (mr les épreuves de la croir, fut encore obligé de fuir. Il quitta Modon avec les siens, et se trouva bientêt dans les plus cruels embarras. Il vint k Venise et y éprouva, ainsi que ses compagnons, de dures privations. Le peu d'argent qu'il avait apporté do Modon s'était trouvé vite dépensé, et il avait été obligé de recourir k un em-* prunt. Do plus, ses ennemis de Cônstantinople tâchaient de l'entraver dans toutes ses démarches, en semant sur son compte et sur sa Société les plus injustes calomnies. Cependant, au moment où les affaires semblaient le plus désespérées, la Providence venait k son secours.

Un jour, poussé par une inspiration intérieure, Méchita jeta les jeux sur la petite Ile de Saint-Lazare, dont la position le frappa. Elle est séparée de la ville, et néanmoins,

(t659)C*est aussi le 8 septembre qoe le teur prit possession de son couvent de Morée ; et, cbo$e siii^nl ère, rordonaance deNapolcoo confir--

par s« proximité et par la facilité des communications, elle seœlile y tenir. Son isolement était Tévorable k des religieux ?ivant dans la retraite, et, bien que peu élendti^, elle offrait encore un emplacement su(lis<irit. Il se trouvait qu'elle était alors déserte.

Une vieille église et les pans démantelés ijê uueiques masures, étaient les seuls vesiii^^'s de son ancienne destination. Dans le xn* siècle, Hubert, abbé d'un couvent de Bénédictins, l'avait cédée au charitable Lione Paolini, qui y avait élevé un hospice pour les lépreux, alors en grand nombre dans la ville, et y avait bAti une église. Lorsque la lè|ire eut disparu, cette maison reçut une autre destination: elle fut destinée aux pauvres, et comme elle n'était qu'une succursale de l'hospice établi k Venise même sous Tinvocation de Saint-Lazare, elle reçut ce dernier nom en place de celui de Saint-Lione, qu'eii> portait précédemment*

Mécbitar consulta ses religieux; tous ailmirèrent la convenance de cette position. Il ne s'abaissait plus que d'obtenir la cession de terrain, c*est-k-dire qu'il fallait encore s'adresser au sénat. Mécbitar hasarda la demande ; elle tut accordée. Dn décret parui le 8 septembre 1717, jour qui, par une coiscidenco heureuse* se trouvait être Tanniversaire de celui de la fondation de TOrire.

Cet acte concédait k la Société des Méchiiaristes la possession perpétuelle de riledan^N l'état où elle se trouvait (1639).

Nos religieux s'établirent provisoiremeoi dans les chambres délabrées de l'ancien édifice, attendant avec patieoœ le moment où ils pourraient bAttr leur monastère. Méchitar, obligé d'aller k Rome, tant pour eipliquer le but de sa Société, qu'afin de dissiper les préventions semées par ses ennemis, reçut un accueil très-bieuveîliant du Pape Clément XI, qui l'entretint nombre de fois et lui donna l'encouragement le plus lloiteur, en l'antorisant k envoyer des missionnaires dans l'Orient.

De retour k Venise, Mécbitar s'occupa d'abord d'organiser la discipline de son couvent. L'esprit de charité , d'obéissance el d'humilité fut le triple fondement quii donna ksa règle. La maison fut partagée en trois classes : les earfafrjeds ou doclenrs; ceux qui achèvent leurs études de théologie et de philosophie, el les enfants dont ils dirigent l'instruction. Mais la sollicitude du fondateur s'étendait au deik de I île de Saint*Laznre : il pensait continuellement au bien qu'il pourrait faire en Arménie. Voici comment il s'exprimait dana un de ses étrits k ce sujet : « Tant que je vivrai, je travaillerai k l'avancement spirituel de mes coinpatriotes. Le mépris et ta défiance que quelques-uns m'opposent, ne me rebuicroni pas... ■ Ou peut même dire que %ii nation était le but direct et constant de tous »e5 efforts : c^étaii poi»r elle qn'il avait établi son Ordre; pour elle qu'il formait desiuis-

mant rexislence légale des Méekiuristes daas rUe Salnt-Laxaie, esl datée Uu méaie jour.

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DE L'HIST. UNIV. DR LB6LISK

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M'^aairet: poarelle qu*il Tomposait, Irajtt)5ail et impriniaU des eu?rnçes« espérant

ne les fatales dissensions r^ligieuse.s qui| .éiHjîslaolde siècles» aiBigent cette Eglise, viinieot par céder è ces nioyons réunis.

Après avoir réglé Tinlérieiir de son cou* fni, Méehitar pui enfin exécuter la plan oue,depais longicnips, il avait conçu pour a rofisiruclion de la maison. Les libéralités d** plusîears Arméoiens riches et généreux 'ai viiu^eol eo eide» ei lui perniirenl d*étever i monastère dont on admire encore Téié»

Dai« simpliciié. Gomme lactivité et Tapti- (o>ts de son esprit s'appliquaient h tout^ il bi lui-mènoo rarchitecle. Tout fut exécuté |T^* soin ; il présida k tous les travaux.

Mérhitar eut la douce consolation de vivre i^elqoes années dans ce couvent, qu'il l'Msii cbaq«ie jour prospérer et qu*il éditiait fér ses vertus. Mais il avançait en Age : il liait atteint sa sotxante-i|uat«irxièine année, f. uf% disciples voyaient avec douleur qu'ils

• ['crdraient btentô', sa santé* naturelle* ««^i t fatl>|p, ayant été profondément altérée vr Ta^taiion et les fatigues continuelles de «^ttrrièreévangéiiqne. En effet, au corn- M^eement d'avril 1749, il ressentit les prépares aiteintea d'une maladie mortelle. Le ftil fit de rapides progrès» et Méehitar corn* rntque bientôt il allait foni|>araltre dev.int C«ltti dont la gloire avait été le but c^nrsfit de ses travaux.

L« dentier jour, le 97 avril, il fit venir lotis ses reKgieot, et, de son lit de mort, il le>>r adressa losfiaroles le^ plus touchantes; p^iis on renlendii s'écrier : O Dtm / nie pilit et tmn pauvre «rrvilSMr; donn§'hi la fréft de gupporier «et douimrâ l Ait piiié dt îHtt Commmnnmié: eontnvt4a daas lea niaur, ifeime-Zaî la ptUx ;admmitêrt^ tui- M«r ia vthnté tainît : qmt ta droiit êtuith fmUtanit la proîégt dt saa ombrt^ ei ftM ia Uuit mitérieorditute Mirt toit iaujaun ton iffiil/ Peu après, il s'emiormit du sommeil ties justes. Son certes fut enterré d'abord dans la nef, pois dans le chœur de l'église.

On lit sur sa tombe une épitaplie eo langue a-ménteone formant un panégyrique coml'Vt de ses vertus (16M).

Voit^, bien succinctement, la vie de cet lionme, qui, durant plus de cinquante ans, iravailla, avec une énergie iln volonté infair^b^o. è réaliser la sainte idée qu'il afait ciM*çue de ramener sa nation h l'unité de hi foi |iar les lumières de la science. Il édifia Kvec peine son édifice, mais enfin il parvint » l'achevrr, et il se survit aujourd'hui dans i<in <euvre.

IL Doué d*un esprit observateur, Méchit.ir aval étudié l'état de la société dans la«t|Uf*Ue il vivait, cberdiant h découvrir la raison première de son malaise et de sa ruine.

Guidé par la droiture aaturdle de son juge* ment, éclairé aurloul par quelque inspira^ tion supérieure, il reconnut que le mal avait une cause tonte religieuse, et provenait de risolemeiftt de l'Eglise arménienne vis-à-vis de la grande Eglise chrétienne.

Mais la réunion ne pouvait s'opérer qu'en détruisant une foule de préjugés enseignés à la crédulité par Tignorance, c'esl-Mire en réfiandant les lumières dans te clergé, afin qu'elles descendissent de là dans le peuple.

Celte tentative n'était pas un mince travail, puisqu'il ne s'agissait de rien moins que d'une réforme de l'enseignement et de la discipline ecclésiastique. Il fallait agir sans heurter de front la susceptibilité nationale, et amener les esprits è comprendre qu*en se fondant avec TEglise d'Occident, loin de changer leur symbole, ils le compléteraient.

Ce résultat ne pouvait être obtenu que par une société religieuse compacte, laborieuse, active, dévouée simullanéiuent au miniatère et è la science. Voilà ce qui détermina Méehitar à fonder son Ordre.

il prit d'abord pour base la règle deaaiol Antoine, généralement adoptée dans les monastères d'Arménie; mais, dans la suite, U la modifia sur celle des Bénédictins. Bn effet, outre d*burobles et simples religieux adonnés à tous les exercices Je la vie asoétiijue, il fallait encore des hommes de science, embrassant chacun sa spécialité, el pouvant, au besoin, concentrer leurs recherches el leurs travaux sur une méraa matière. Cea hommes devaient se proposer deux choses dans leurs études : l'acquisition de certaines connaissances, puis remploi de ces mêmes connaissances |iour renseignement oral ou littéraire des autres; car chaque Méohitariste doit être varloMsd, c'est-à-dire docteur spirituel |trèchant et évangélisani comme miasionnaire, lorsqu'il lu faut; ou eor/afrjed, c'est-à-dire docteur ès*letires, enseignant et initiant les enfants à la science, et enfin écrivain tenant un raug dans le monde scientifique, et, bien que la chose soit diflicile» plusieurs membres réunissent véritablement ces trois eon* ditions.

Tout en faisant participer ses disciples aux lumières de l'Occident, Méehitar mettait néanmoins en première ligne de leurs étiuies la connaissance approfondie de leur langue, de leur histoire et de leurs Pères.

Il voulait qu'en s'unissant à la communion catholique, ils restassent toujours Armét niens. C'était là le seul moyen d'atteindre le but qu'il se proposait, cVst-h-dire d'exereer une action directe sur sa nation, ou*une dispute de mots mal compris sépare ue Tunité chrétienne, etqui, extrêmement jalouse de la glqire répandue sur l'Eglise armé*

(ISlO)Les ahliésqni ontsnccéilé te bienliearenx M/cmUr lom le docteur Etienne Nelchior de Contlsn* iiiM>pie.s<»ii» lequil plu sieur s membres de la Société alléreni fonder, U*i«bor(ià Trie^teetensoiieà Vienne^ une autre maison, oà ifs prient également te nom de Mêcbiuristcs, mais «u foruiant une brancbe di-

stincte. A sa non, arrivée en ISOO, on éhit le docteur Etîenne Acontius Kdver, notile Annéaiea, de la Transylvanie, qui hit sacié à itome ea Ia64 archevêque ia }P«rftàNt. Déi^ëdé eu îtH,'\\ a éuS remplace par le révérend dociriir Siikias Sumal de Gonsuatinople, égaienieai archavétpie

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