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liirles (1652)» (ie quelques auteurs célèbres arioéniens , et nous ne pousserons pas plus loin cette énumémtîon.
Bn iS^6, les religieux Méchitaristes de Saint-Lazare , légataires fidèles de deux généreux bienfaiteurs (1653) , ont fondé » à Paris, un collège nie de Monsieur* dans riiôtel habité j»dis par la pieuse princesse I^uise de Condé, fondatrice des Bénédictins du Temple (1654). < Ils ont eu le bon esprit» romme ra dit une feuille religieuse (1665)»
d'admettre parmi les élèf es destinés à profiter de la fondation libérale de leurs compaCriotes, plusieurs enfants d'Arméniens nonunis. Cette exécution large du testament est plus catholique et atteint mieux le but lies testateurs, préoccupés de la pensée patriotique d'être utiles h toute la nation.
Outre ravantage d*étre k la source des lamières et de la ciyilisation, de pouToir appliquer h rinstitut les meilleures méthodes et de jouir, sur un sol hospitalier, de la sécurité nécessaire, nous j ? ojons un autre résultat non moins précieux el qui intéresse directement la religion. Les religieux Méchitaristes de Venise ont le tort, en Orient, de se t<*nir trop è Técart du clergé et des missionnaires latins, ce qui a le fâcheux i*tret de prif er la propagande catholique de leur concours et d*Ater h leur action isolée la force qu'elle puiserait dans l'union. Leur contact avec la nation qui éiend ses syropatlii«'S généreuses h toutes les autres indistinctement, corrigera, nous l'esfiérons, ce i)U*a d'exclusif Tamour de leur nationalité ; et, «près avoir reçu de l'Occident le savoir et l'assistance qui les a relevés, il y a un siècle, d'un élat obscur et précaire, ils comprendront encore mieux aujourd'hui que la vie et le salut ne peuvent venir que de ce eâté au reste de la nation arménienne, et que l'influence occidentale peut seule la défendre et la sauver d'une influence orientale hostile k la civilisation et à la foi. »
Gomme on le voit, les religieux Méchitari^tcs, non-seuloment procurent le bien de la religion en travaillant k faire avancer ou h entretenir la nation arménienne dans la doctrine orthodoxe, mais ils ont été les premiers promoteurs d'une renaissance littéraire très-marqnée et contribuent au mouvement scientitique en Europe. On ne snu-
dus à leurs presses, soii par la traduction en langue arménienne des œuvres lilléraires les plus éitiiiienieh des iiUéraiures do TËiirope. On cite noiAminenl leurs édiiions de la Chronique d^EuUbe, en arménien et en latin, avec les parties grecouescorrespondanies, conservées par te Syncelie ; la CAromque arminienne, de Moise de Cliorène, lesûBsvres d$ êûint Sertiêt etc. Malgré la diOéreiice de com* munloD avec les Arméniens Bchisniati<|ues, it reste entre ceux-ci et l'Europe un intermédiaire bienveillant, éclairé et plein de tolérance. > • (i65i) Yoff, les articles : Icvacs db Oacudos ;
LlTeaClB ET HAeiOCtÂPHIE UmÉICIEMNE.
(1655) Deax ricties Arméniens de Londres et de Madras, SamueUBaptUie Moorai et Edouard Raphaël, coaHttt nous Tavous déjà dit (note 1641), ont laissé des somrsies considérables aux KR. PP.
rait trop applaudir aux odèrts tentée par pour ranimer et étendre dans la n.iiion ménirnne le goût de Té'udo et (ies ht Les habiles éditeurs de Saint-Lazare tiré de Toubli les monuments de ranoioi langue, et poussé si loin Tétiide ije forme, qa*ils lui ont restitué en p.iriio richesse et sa pureté classiques. Aijs!:i nous Monnona-nous prditt du<» éîo^es •{ tous les savants ont décernés auitrM de la Congrégation dos MéthitnriMes.
pour ne parler (|uo de rintérieur du ctuv do la société de Saint-Lazare, nous ne vous pas oublier que Lord Byronaériii<] son arrivée k Venise » en 1816, il avai frappé d'uD aentimen't de respect et dan ration» qui doit être eimimun à tous r^
3ui visitent ce couvent. Tous les aT.mt:.
e l'institution monastique lui ont sn réunis dans cet asile de la verluei / science, et il y a acquis, dit-il, laconvi.
que la vie été frhreê de lOrdre est tnen.
que celle de Chomme dumonde, même oh; de vue jmr$meni humain. Ce lémo.
rendu a la vérité ne paraîtra pas $ii> sous la plume qui a laissé échapper ce maniuable aveu.
LÉA (Sainte) fut du nombre de ces s.< femmes que nous pouvons appeler ks ■ cipies de saint Jérôme. — C*élait uno sj veuve qu*il attira, comme tant d'auircs, les charmes des saintes Lettres ei vertus divines. LAi gouvernait un inon.v de vierges, qu'elle instruisait plus pir exemple que par ses parolt^s. Elle p3 les nuits en prières ; son babit el sn d ture étaient des plus pauvres, toute!' is^ ostentation. Elle était si buroblf^ipj'e I' raissait la servante de toutes, el!o ipm eu autrefois un grand nombre d'e^i â Saint Jérùnic apprit sa mort un ir* commo il expliquait à sainte Murtc psaume Lxxii ; ce qui lui donna occa^i .
lui envoyer son éloge (1656).
A la nouvelle de la mortdesainiH Marcelle pAlit , car il est peu d'âmes, ii r est pas du tout, qui ne se conin i' voyant se briser ce vase d'argile ili»)' n*cst pas qu'il lui vint desdouto' destinée de son amie, mais elle regrd vement do n'avoir pu lui rendre le;» d" devoirs. Deux jours après avoir tait'^ de la viduité cnrélienne, d*uaccli3>i^^
de Saint-Lazare, avec recommandai inn >> Taire servir ^ Téducation de leurs eu ri!.
iiaires. Eux-mêmes avaient reçu le bieni^.
rinsiruciion des Méchitaristes de Venise.
(1654) Voy. sur ce collège des Méiliii>ri>t ' Iniéressanto Notice lar te Ceaveiit det -^r" à Veniêe elè Periê^ insérée dans la Revue Of année 1854, p. 71 et suiv. Et encore : Di^ ^ dirigéei par ieê MéckUaristes^ et en pârnib.
collège Moorait P^r rabt>é Prouipsauli, o< rnému Revue, 1852,ip. 116 et suiv. Muisce K article n*isat pas exempt du triste esprit, q»' uaii cet é* rivain.
(1655) LVnîeert, n. du 19 jttillct 1816.
(l656)S.ltier(»n. epist« 20, Ad Maru>i'V
exiîu Lem,
(1657) Id., ibid.
LEO
DE I/IITST. UNIV. DE VEGLTSE.
LEO
n'est pnspermis à un métropolitain de irans* férer son privilège à un autre ;que fi, mnlgré Us édils apostoliques^ il tente de le faire^ le droit d'ordination sera dévolu au plus ancien étéque de la province. Enfin, il déclare irréciilières les ordinations qui n'auront pas été Unes le samedi ou le dimaucbej suivant l'ancienne coutume.
IIL Telle fut, en ce qui regarde les choses générales, la Décrélale du Pape saint Léon, rendue au sujet des affaires dont nous avons parlé dans l'article consacré à saint lltlaire d'Arles. Ajoutons ici qu'en envoyant celle Décrétale dans les Gaules, le Pontife T joignit une constitution de l'empereur Valentinien III, datée du 8 juillet &45, qu'il esl bon de citer en entier, ne serait-ce que pour montrer combien le pouvoir du dehors^ représenté par un homme aussi indigne que Valenlinien, était obligé de reconnaître luimême ta souveraine autorité du Vicaire de Jésus-Christ.
« Il osl certain, dit ValenliDien III (1722), qn*it^ n'y a point pour nous et pour notre empire d'autre appui que la faveur divine^ qtie la foi chrétienne et notre vénérable religion nous aident principaiemenl à mériter. La primauté du Siège apostolique ayant ^lé affermie par le mérite de saint Pierre, Prince de Tépiscopat, par la dignité de la Tille de Rome et aossi par le sacré concile (lie Nicée), que personne n'ose rien attenter contre l'autorité de ce Siège; car alors les E;:lises jouiront enfin d'une paii inaltérable, lorsqu'elles reconnaîtront toutes leur Chef.
Cest aussi ce qui avait été inviolablcment observé jusqu'ici. Mais Hilaire d'Arles , eomme nous l'avons appris par la fidèle relation du vénérable Léon, Pape de Rome, s*élantobstfné dans ses entreprises illicites, un désordre affreux s'est emparé des Eglises transalpines. Car Hilaire, qu'on appelle évoque d'Arles, a envahi, sans le consentement du Pontife de l'Eglise romaine, tant les jugements que les ordinations des évoques, sans autre droit que son - audace. Dépourvu de toute compétence, il a chassé les uns et or- ; donné scandaleusement les autres contre le Krédes peuples. Et comme ils n'étaient pas facilement reçus par ceux qui ne les avaient pas choisis, rassemblant autour de soi une troupe armée, il entourait leurs murs comme on assiège une ville ennemie, s*en ouvrait rentrée par violence, et conduisait k un stége de concorde et de repos, avec l'appareil de la guerre, ceux qui devaient annoncer la paix. Ces attentats contre la majesté ue Tempire et contre la révérenee due au ^iége apostolique ayant été constatés par • ordre du religieux Pape de Rome, une senience irréformaule a été portée contre nilaire, à cause de ceux qu*il a illégilimemeot ordonnés. Cette sentence n*avail [as besoin de notre sanction impériale pour ^tre exécutée dans les Gaules; car que ne peut pas dans les Eglises l'autorité d'un si
^ (|*5î) Episi. 10, ei Observ. Daller., toni. Il,
grand Pontife? Cependant nons avons cru devoir porter cette Constitution pour empêcher que dans la suite Hilaire, à qui la sjule clémence du Pape laisse encore la qualité d'évéque, ou tout autre, n'emplo3rât la violence dans les affaires ecclésiastiques, ou ne se montrAt réfractaire aux ordonnances du Pontife romain; car de pareilles cnU*eprises violent la (idélité et le respect qui nous sont dus. Nous ne prétendons pas seulement arrêter ces excès énormes ; mais afin de prévenir les plus légers troubles dans les églises, et pour que la discipline ecclésiastique ne souffre aucune altération, nous ordonnons, par cet édit irrévocable, que les évêques, soit des Gaules, soit des antres provinces, ne puissent rien innover contre l'ancienne coutume sans l'autorité du Pape de Rome ; mais que tont ce que l'autorité du Siège apostolique a décerne on décernera, soit pour tous une loi inviolable; en sorte que si un évêque, ayant été cité par Tévêque de Rome h son tribunal, refuse d'y comparaître, il y soit contraint par le gouverneur de la province. »
Cette pièce, comme on le voit, ne manque pas d'importance. Il faut surtout remarquer ces paroles de Valentinien III : « Cette sentence (du Pape) n'avait pas besoin do notre sanction impériale pour être exécutée dans les Gaules; car que ne peut pas dans les Eglises l'autorité d un si grand Pontife ?» Les contemporains pensaient à cet égard comme l'empereur. C'est ce que nous apprend le biographe de saint Romain. Après avoir rapporté que saint Hilaire l'avait fait venir près de Besançon pour l'ordonner prêtre, il ajoute : « Car ledit Uilaîre, appuyé de la faveur du patrice et du préfet, et s'arrogeant sur les Gaules une monarchie qui ne lui était pas dop, avait, sans aucune raison, déposé du siège de cette ville le vénérable Célidoine. C'est pourquoi , ayant été convaincu, dans l'audience du saint Pape Léon, d'avoir mal fait, il a été canonique* ment réprimandé par l'autorité apostolique, de sa grande usurpation, et Célidoine rétabli dans son évêché. » Il existe enfin une épttra canonique du même Pape aux évêques de la Gaule, avec les procès-verbaux de l'affaire, par où il réprime les prétentions d'HIlaire et rend aux métropolitains leur ancien privilège (1723). Le biographe même de saint Hilaire, tout en faisant continuellement son éloge, convient, dans le fond, des mômes faits (172i); car, en parlant de l'affaire de Célidoine, il s'efforce de louerdans l'évêque d'Arles précisément les mêmes choses que le Pape lui reprochait.
V. Après avoir renouvelé les anciens canons dont il fut le plus rigide observateur, saint Léon cassa tout ce qui s'était fait dans l'odieux conciliabule tenu à Ephèse en kk9 par les partisans d'Euiychès. On sait comment tout s'y passa de la manière la plus irrégulière et la plus violente. Dioscoro y
(1723) Aela SS., 28 F«{br. YUa S. Rom., câL (17i4) Ibid. o Maii, Yita S. i/t/ar., cap. 3.
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DE L'niST UNIV. DE L'EGLISE.
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.evilrnr <Ics 5(*tvilours de lous, himiblu Jsns son Irionipho pnrre qn'il soil qui lo liin donné, déclare qu'il doit ce miracle h
i(7iS) LV^pril du mal ne ponvaît manquer de Hi.rctior à couvrir d*un voile mensonger un fait Mtc'aunt ei aUcsté par les plus graves auicurs. ISs écrivains prolestaiils, que nous aurons encore ocijsion de combailre plus loin, disent à ce pro- |ms: f Les élémeni s d'une explication pLiusildc Af la rf Irai le des Huns nous sont fournis par la rbroniqne. De plus, on ne comprendrait pus trop |iMir<|Hvi le roéine évèque aurait réussi auprès li'Auils, et échoué, trois ans plus tard, auprès de Gciiséfic. Mais ce qu'il y a peut-être de plus décisif, c*est le silence de Léon lui-même. 11 n'est pas Due ligne de ses sermons ou de ses lettres où il soit (lii neaiion de l'ambassade merveilleuse, et si ce iiWnte ne suffit pas pour démentir le fait même (!e fambassade, il forme une présomption insormontiNe contre la réalité du miracle, i
A'osi, d'nprès ces écrivaihs, i« la Chronique qui Mi^porte le Taitde l'entrevue de saint Léou et d'Attila nljii pour expliquer la retraite des Huns. Le vrai fM qu 00 a beau lire et relire ce que disent les tbronii|ues, on ne peut point o'v pas voir quelque cbose i\*iuexpUqué et d'inexpticahte^ autrement que Ikinin miracle. Nos historiens rationalistes s'éverijfiii vaini^mcnl, pour échapper à la nécessité Itreconnaiire un fait divin dans le succès exiraor* luire obtenu par saint Léon, à rechercher toutes lA causes humaines qui ont dû obliger Attila à rlf^iuer sa retraite : leurs recherches, leur sysûnfs Lénévoles n'expliquent absolument rien et r.( fost que ren<lre la chose plus extraordinaire. f Comment coo^prendre, ajoule-t-on, que le même (Téqne ait réussi auprès d*Atiita, et échoué auprès (icGenséric? M;ii8 demandez donc à Dieu pourquoi il Kcorde en une circonstance ce qu'il refusera fi nue autre. Dieu est-il tenu de faire toujours «les niiraclt» pour sauver les hommes? Si ceux-ci abusent de ses gr&ces, s'ils méconnaissent ses bieu* faiu (ce qui est arrivé de la part des Romains), esiil ëlonnaiit que Dieu retire un jour la faveur qu'il a faite un autre? 11 n'est d'ailleurs nulleiiuntcoruin que saint Léon ait tout à fait é boue «prés de Geuscric ; cnr qui sait ce quM eùl fuit ''Hlomo, si le saint Foutile n'était înieivenu? — ô' On argue du $itence de saint Léou. Mais c'est (à un vêriuble mensonge. Il est positif que le saint h\iattu$lon à la retraite pi ccipitée d'titti ta dans ^1 Hl' homélie. Qu'on la lise avec attention et sans parti pris, et l'on se convaincra, comme le dit le tbefdes Jansénistes lui-mènie, Uuesnel, c que siifii Léon croyait à la délivrance de Rome par nn secours visible de la divine Piotidence et par la ptotectien efficace de» $ainti apôtres, i 11 est vrai i|tic Ouesnel, qui résume en ces termes Topluion lit' saint Léun dans la Dissertation où il eue un ^n^mntt de rette 81' homélie (Oper. S. Léon. ^ l'U|;iiuu. 1700, in Toi.), s'attache ensuite à détruire Il trad.iion qui représente le secours visible de la i'r^tiâcnce par l'apparition visible des saints ap6* tri'S. Mais qu'importent les contradictions de l^i«Sllel ? Sommes-nous obligés de l'accorder avec lii-niéine? tn autre Jansénisle« Baillet, de son cùté, regarde positivement le triomphe de saint Uou comme un prodige, un événement miraculeux (Vi^j des Saints, édit. in-fol, 11 avril, col. 154;, ût puis it ne veut pus entendre parler d'aucune manifesuulon visible du prodige et du miracle. Q*4e laire avec de pareils esprits ? Raillet et Quesnci crmraient-ils plus aisément à l'influence des étoiles? Encore une fuis leurs contradictions ne loot rien à l'affaire; prenons leurs aveux, et crojons à riutcrvcntion visible de la Providence
la protoclîon visible des apôlrcssaiiil Pierro el sninlPaiîI (1728).
Dieu brise son fléau. Attila meurt, et
divine dans la délivrance de Rome et dans la fuite d'Attila, que Dieu brisa quand bon lui sembla.
Du reste, nous ne prétendons pas apporter ici toutes les preuves qu'il y aurait à présenter sur ce point historique. Aussi, pour un examen pins ample 'des raisons données ât la retraite d'AUila par les historiens rationalistes, nous renverrons à l'ouvrage de M. Alex, de Saint-Chéron» Histoire //ii Pontificat de saint Léon le Grand et de son siècle^ tom. Il, p. 85-102. il a compris combien il importait d'éclairer cet événement de toutes les lumières fournies par l'histoire et par la tradition monumentale ; il a rappelé les chefs-d'œuvre de l'art qui l'ont immortalisé, ainsi que les circonstances merveilleuses dont la reconnaissance publique s'est
Îda h l'environner ; car. Il faut bien le dire, comme e remarque an écrivain {Univers de 1846)l, on a osé croire que les saints apôtres Pierre et Paul, qui avaient sauvé, las débris de Rome de la fureur ilea Goths, au temps d'Alaric, en ouvrant leurs églises» comme deux citadelles, à tout ce qui était venu s'y réfugier, purent bien intervenir d'une manière pins directe pour repousser Attila. Cette crovance, généralement adoptée au moyen ftge, a inspiré, dans des temps plus rapprochés de nous, le génie des poètes, des peintres, des sculpteurs. Mais depuis les progrès récents de la civilisation, tous les esprits forts et un certain nombre de bons Chrétiens no veulent plus entendre parler de prodiges. De par r homme, défense à Dieu de (aire miracle en ce lieu. iVoy. encore là-dessus le num. XVllI dupréseit article.)^
Parnifces bons Chrétienté il faut ranger Fleury et Alban- Butler. Fleury dit : c Attila eut tant de joie d'avoir vu saint Léon, qu^il écouta favorablement ses propositions. Il arrêta les actes d'hostilité et se retira au delà du Danube, avec promesse de faire la paix, i (llist, ecclés., liv. xxviii, n. 59.) Ainsi, ce fut la joie que causa à Attila la vue de saint Léon qui opéra le prodige de la fuite du barbare ! C'est joli ! Le P. Lantheaumc, critique de Fleury, parait se contenter de cette belle trouvaille, ou ne fait, à son sujet, qu'une remarque sans portée. Vig. ses Observaùons tliéologiques , historiques, etc., lar rHist. ecclés.^t vol. in 4, 1757, tom. Il, pag. 595.
Quanta Alban-Butler , traduit par Godescard, il va sans dire qu'il glisse tout doucement sur te fait qui vient de nous occuper ; qu'il le présente le plus prudemment possible et qu'il se garde bien de dissertera ce sujet, lui qui, pourtant, ne se fait pas faute de savantes ff o/es dans les pages qu'il consacre à saint Léon. Quand on sait à quel point de vue il a écrit, on peut ne pas s'étonner de ces timidité:!. Mais ou a droit d'être surpris de voir ses récents éditeurs (MM. Tresvaux, chan. et vicaire gén. do Paris, et Le Glay, archiviste de Lille, 1855), user de la même prétendue prudence, et l'on peut regretter quMs n'aient point corrigé leur auteur en un point aussi intéressant. Ils auraient pu imiter M. Arendt» prustestant converti, professeur à l'Université catholique de Louvain. Dans sa Vie de saint Léon (Mayence, 1855, en allemand), cet auteur ne craint pas de prouver que la retraite d'Attda, au niomeni où Rome senitilait devoir tomber entre ses maius^ est un fait udraculeux. Il réfute les objections de Ludeu, et montre que tout favorisait le succès des Muns, le|:»ys ouvert devant eux, la mer eu face, les Alpes derrière, une armée très-lorte, l'Italie hors d'état de se défendre. Enfin, il s'applique à coutbaitre l'autorité d'idacc et d'Isidore de Séville, dont les récits tendent à diminuer l'évidence du
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aTec lui les Huns diiparaissenl. Mais sapé jusque dans ses fomiemenls par la corruption, l'empire louchait è sa fin. L'oubli des grâces reçues, la dépravation, IMngralilude de ce peuple averli en vain, criaient vengeance. Dn autre envoyé de Dieu.Genséric, roi des Vandales, après avoir ravagé l'Afrique et lui avoir fait etpier les vices aue saint Augustin n'avait cessé de lai reprocher avec tant d'énergie, débarqua à Osti© (1729). Encore une fois , comme Moïse au Sinaï, saint Léon implore la miséricorde divine.,.
El Dieu, touché par la voii de son représentnnt sur la terre, ne voulut pas livrer les Romains h la colère sans frein des Barbares.
Il se souvint cependant de Tingralitude avec laquelle ce peuple avait accueilli les prodiges de la miséricorde qui délivra Rome de la présence d'Attila. Un châtiment était devenu inévitable, et saint Léon l'avait prédit (1730). C'est pourquoi Genséfic promit au Pape d'épargner la vie des citoyens et de ne pas incendier la ville; mais il réserva à ses soldats le pouvoir de pilier toutes les richesses publiques et particulières. Le Barbare tint sa parole ; le sang ne fut point versé, Tincendie n'exerça pas ses ravages ; mais pendant quatorze jours et quatorze nuits, du 15 au 29 juin ii^55, les Vandales, les Alains, les Maures dépouillèrent les Eglises, les palais, toutes les habitations romaines de tous les trésors qu'il leur fut possible d'enlever, et les entassèrent sur leurs vaisseaux amarrés aux quais du Tibre.
Quand ils ne trouvèrent plus de richesses à
Piller, ils enchaînèrent les citoyens dans espoir d'obtenir une rançon de leurs parfums ou amis. Soixante mille captifs furent conduits à Carthage.
La Rome des Césars n'est plus; ses palais sont détruits, ses ruines couvrent le sol; quatorze siècles l'ont vue gisante dans la poussière , et cependant I... depuis lors et , toujours, les cœurs se tournent vers elle, tous s'inclinent h son nom ; c'est qu'à Rome, i*il n'y a plus (Vempereurf il y a un Pape^ chef de l* Eglise, e/, en sa personne auguste^ régnent^ au nom de Jésus^Christ^ le génie^ la
mirncle. 11 est juste dé dire que M. de Saint- Chéron, dans tes passages de son tivre auxquels MOUS venons de renvoyer ci 'dessus, s'est servi avec intelligence des discussions historiques et des argumenls critiques de M. Arendt, ce qui ajoute à Tautoriié de sou excellente démonstration.
(1729) M. Alex, de Saint-Chéron, tom. 11, chap. 14, p. 4 «9.
(1730) Hom. 81. Voir aussi le cbap. 13 de ^ouvrage ci-dessus.
(1731) Celle lettre dogmatique, qui est assex étendue et que nous reg'.ettona vivement de ne pouvoir donner ici, est citée en partie et analysée dans Rohrbacher, tom. Vlll, p. 184 et suiv. Dans son Hist, du Pontif, de saint Léon U Grand, etc., M. de Saint-Ciiéron la donne en entier, traduite en français, tom. I, p. 189-iOO. — De nombreux témoignages des siècles suivants nous font connaître l'autorité dont celte lettre sur le Mystère de Tincarnation jouissait dans TEglise. Le Pape saint Gélase, qui occupa le Siège pontifical de 492 à 496, prononce anathème contre quiconque fera un cbangemenj^ âi U lettre de saint Lcou; une
vertu et la gloire ; c'est qu*au'dessu$ de la Borne terrassée s^est élevée la RomenouveHc^ la ville éternelle , c'est qu'elle est devenue la cité de Dieu.
Vil. Pendant que l'empire se divisait contre lui-même et s'anéantissait en Ot^cident, l'Eglise y était unie et ferme; les évoques n'y avaient qu*un cœur et qu'une âme avec le Vicaire de Jésus-Chri«t : la chute do l'empire, les révolutions politiques semblaient ajouter à son calme et à sa force.
Dès le 5 mai tôO, le Pape saint Léon, qui venait d'apprendre l'ordination d'Analulius de Constantinople, envoya èRavenniusd'Ales uneHetIre dogmatique qu'il avait écriie h Flavien, et où il traite avec autant dïlendue que d'exactitude le dogme de rincarnalion, renversant également les deux crreius opposées de Nestorius et d'Euiychès (1731 »
et toute l'Eglise d'Occident adhéra à la doctrine formulée dans eotte lettre.
Ce que l'on pouvait soabaiter, c'est que les Eglises d'Orient fussent aussi unies d aussi calmes que celles de l'Occident. D ins la capitale de l'Egypte, dont la popuiaiir n était si turbulente de son' naturel i la dtfosition de Dioscore et l'élection de son su^ cesseur avaient occasionné des troubles.
Après quelmies dilTicullés, on choisit par.e commun sunrnge du concile, Protérius, ({ue Dioscore avait fait archiprètre, et auquel il avait conûé le soin de l'EglisiS. Alors le peuple d'Alexandrie se divisa; plusieurs d^mandaient Dioscore, plusieurs soutennict Protérius, et de là des luttes acharnées. Peur punir ce peuple» on lui 6ta la dislribulion ordinaire de blé, l'usage des bains et les spectacles. Mais Protérius même, à la fuilicitation du peuple , intercéda auprès de l'empereur et ramena le calme pour un temps (1732).
Le nouvel évoque, ses ordinateurs, ninsi que le clergé d'Alexandrie, écrivirent ai Pape son ordination. Protérius avait im dans sa lettre sa profession de foi. Saiil Léon lui répondit ainsi qu'à ceux de son clergé, et il adressa une copie de ses r( puises à Julien de Cos, qu'il avait établi son
légende touchante prouve quelle était , parmi I s peuples, la renommée de sainteté de ce ^r^''^^ Pape. Daus le Pré spirituel de Jean Mochus, miMue et prêtre liu vu* siècle, un abbé raconte avoir (utendu faire le récit suivant au patriarche Enlo^iiis d'Alexandrie : f Grégoire, diacre distingué de iiume, m'apprit que le pieux Pape Léon, après avoir écrit la lettre à Flavien, la posa sur le tombeau du Prince dos apôtres, en le conjurant, par des veilles des jeûnes et des prières, de corriger les fjuieà ou les erreurs qui s*y seraient glissées* par sune de la faiblesse humaine. Quatre jours ccouiei, Tapôtre lui apparut et lui dit quM avait lu la leiire et y avait fait les corrections nécessaires. Le F^|)ô ayant repris la lettre sur le tombeau, y riiuaniua eu effet les corrections exécutées de la main lie saint l^ierre, i Eufln, autrefois à Rome on taisait lecture de celte lettre dans les églises pend uti le temps de TAvent, et cet u&age, assurent quelques écrivains, existait aussi dans les Gaules.
(1752) Evagre, Uistor., lib. il, cap. 5; Tlito phane, p. 75, alias, i)i.
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DE L'HIST. UNIV. DE L'EGLISE
LEO
niléqui les protège. » C'est ainsi que sftiht Léon, tout en defendanl les droits imprescriptibles du Saint-Siège dans Tordre éternel, les affermissAît toujours davantage.
C'est ainsi que la Papauté semblait croître et sMtendre» h mesure que TEglise croissait et 8*étendait , et c'est ce que devraient comprendre nos frères égarés du protestantisroey qui torturent les laits pour expliquer celte merToilie. — Voyons maintenant, en peu de mois» nomment saint Léon glorifia la Papauté daos Tordre purement temporel.
XVm. Nous avons rapporté ce qui se passa lors de Tapparition du Fléau de Dieu devant Rome. 'Qu'il n'y ait point eu là de miracle» comme le veulent certains Catholiques mêmes qui ont peur du surnaturel dans riiistoire, toujours est-il qu'on ne peut refuser d'accorder qu'Attila (fut au moins trouverdans la personne de saint Léon, dans sa parole, dans son regard, quelque chose tFfxtraordinaire qui le fit subitemenl rebrousser chemin (1765), lui» dit Chaleaubriand, qui itmblaiî né pour Vtffroi du monde^ comme un hôte fâcheux poliment éconduit par le mnttre de la maison.
Hais nous voudrions bien encore obtenir une autre concession : à savoir, que, dès ce moment, ou si l'on veut, à partir de la mort de Valentinien III, dernier descendant de Ttiéodosot il n'y eut plus dans Rome d'autre pouvoir réel que le Souverain-Pontife. Pour nous, Topinion contraire est un paralogisme liislorique plus difllicilo h expliquer que vingt miracles 1... Rome non plus ne voulut pas reconnaflre la main de Dieu ; elle oublia du moins fort vile ces terrilîles avertissements. Après quelques jours de prières publiques oraonoées par saint Léon, Rome &e livra avec plus do fureuraux jeux du cirque, aux théâtres, h la débauche. L'empereur Valentinieu donna l'exemple de cette dégradation» en ajoutant i ses déportements aniérieurs des actes d'une brutalité révollanie. Par une singulière coincidence (ces roïnoidenccs ne sont pas, au reste, très-rares dans l'histoire ) , le crime qui devait lui coûter le trône et la vie, et en même temps (teindre sa race, fut un attentat semblable & celui qui lit chasser lesTarquins. La femme d'un sénateur avait été lionleusement ouvragée ; une impératrice se chargea de la veng-r, en appelant les Vandales, plus bar-- ^res peut-être que les Huns. On sailceque
filGeuséric
Hais maintenant qui réparera les ravages des Vandales , qui songera à panser les alîreuses plaies de 1% vilte et de l'empire?
Seront-ce les aolorités pubtiuues, les puisants du siècle? Non» C est encore le
l^ape et les évèques^ seuls. Qu'on lise dans Hiistoire de saint Léon avec quel zèle ce
(t7«5) Oevam saim Léen... AiiHa te«ma bride; soii astre n&lit, parée que sa mission est acceiiipHe; ee nW plus qu'un barbare erdlnaire qui va »«unr de débauebe sur le cbemiii de aes steppes : /f crcM ii trop de 9eng qu^H «votl lu, ■ dit Cb*- SwbrtwMl. {iméee HhleH^fUê.) — Vof . mMê ar-
saint Pontife et ses noblos aides s'appliquent à soulager toutes les misère.*:, h délivrer les captifs, à nourrir les faméliques, k relever les ruines de celle Rome si souvent tnihie par ceux qui devaient la défendre. Où donc se trouve alors la vraie souveraineté, le pouvoir social, sauveur , conservateur, réparateur ? Est-ce dans ces srands corps de l'Etat qui se dispersaient a l'approche dos Barbares, traitaient et semblaient faire cause commune avec eux ? Dans ces empereurs dont les uns, comme autrefois Honorius, prenaient à lâche d'excitrr la colère de leurs féroces ennemis par des bravades suivies d'une indiciblecouardise, dont les autres se contentaient de leur lenir Rome ouverte, à discrétion, dont les veuves et les femmes af»pelai«nt ofliciellement les Barbares pour venger leurs affronts domestiques, dont les généraux vendaient lus provinces et les armées (1766) î Encore une fois, oii est la force, où est le salut , sinon dans TEglise ? Cherchez ailleurs un reste de gouvernement régulier, une organisation, un ordre de succession fixe et surtout un principe d'intelligence et de moralité , vous ne trouverez hors de l'Eglise que barbarie et confu sion.
La pourpre romaine est encore traînée par une dizaine d*ombresd*empereurs et achève de disparaître sur les épnules du fils d'^ju secrétaire d'Attila, à qui la fortune moqueuse jeta le sobriquet de Romulue - Augustule. Les ornements impériaux furent envoyés à la cour de Constantinople ; maïs, en réalité, c'étaient les Papes qui recueillaient la succession vacante. La souveraineté do Rome était déjà dans leurs mains, lis Pavaient conquise parleurs bienfaits, par leurs vertus, et saint Léon, en sauvant deux fois Rome des Barbares, avait donné à ce droit la plus éclatante sanction sociale.
Nous ne parlons pas des prétentions du Bas-Empire a la possession de Rome. On tremble à la seule pensée que les Césars de Constantinople aient eu quelque chance de saisir le sceptre d'Occident ; que Léon l'ir saurien , par exemple, et nous ne choisissons pas le plus mauvais, ait pu être un jour appelé à commander au. monde civilisé, et qu après lui, l'Europe ait couru la chance de trouver à sa tète un Constantin Copronyme, et bien d'autres qu'il est inutile de nommer.
Si Dieu n*a pas permis qu^il en fût ainsi, noua en avons quelque obligalioo aux Poih tifes romains. Kn effet (pour ne citer qoa quelques exemples), ee fut un Pape, Gré'goire II, qui arv«eh« Rome ek l'Italie aux leoiatt ves de Léon l'Isaurien ; ce Ait un Pape, Zacharie, qui sanctionna l'élévation des Csnlovingiens sur le trône de Franco; ce fut un Pape, Léon III, qui posa la couronne
ticle Fl<a0 m Diie.
(17e6) Le plits illttsire 4t*entfe enx, Siilieoi», ne nous semble imUetiient à l*abri de tout soupçon à cet égard, iMlfré tes efforts du >écenl historien de saint Léon poer le réhabMKer. (Foy. lom. 1**, f. 9>-M, eé roevraie dt IL de SainMIbereo.)
LEO
DICTtO:ÇNAIRB
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çèrent ensemble tes fêtes do Noël h Quercysur-Oiso : ils concerteront les mesures à prendre nour consolider la paix de la péninsule; et le Souverain Pontife reprit le chemin de Rome.
Chorlemagne s'allacha h rétablir l'ordre canonique dans la hiérarchie. Ses prédécesseurs avaient prestjue enlièromenl abrogé l'usage de Pélection des évoques par te clergé et le peuple réunis, pour s'en attribuer eirlusiveinent la nomination. L'empereur lui-même avait d'abord usé de ce droit » tel qu'il l'avait trouvé établi, mais il y renonça bientôt, et voulut que l'ancienne discipline sur ce point fût désormais exactement observée (178^). Il réforma aussi un abus encore plus pernicieux, introduit depuis longtemps dans les Kgiises des Gaules, par l'ignorance ou la paresse de certains prélatSp qui se déchargeaient de la plupart de leurs fonctions sur des chorévèqu^s , quoique ceui-ci n'eussent reçu le plus souvent d'autre ordination que celle do la prêtrise. Charlemagne consulta saint Léon III sur celte question , « pour se conformer, dit-il , au vœu des saints canons, qui réfèrent les causes majeures è la décision du Siège apostolique. » Le Pape répondit qu'il fallait interdire aux chorévêques les fonctions épiscopales, et tenir pour nulles les ordinations qu'ils avaient pu faire. La sentence pontificale fut misée exécution; Tinstitutiou des chorévêques tomba du re^te d'elle-niêuie, au siècle suivant.
IV. Dès le troisième concile de Tolède, les évêques espagnols avaient fait au Sym« br)le de Conslantinople la fameuse addition FiUoquCf qui établit contre les Grecs, que dans la saiitlc Tiiuité le Saint-Esprit [mocèdo du Fils aussi bien que du Père. Ln coutume s'introduisit dans les Gaules de faire la même addition, de la réciter publiquement et même de la chanter .dans les églises, ou du moins dans la chapelle royale. Le même usage s'établit dans une Communauté de moines francs, qui s'était fondée dans lu Terre-Sainte, au mont des Olivfs, et qui avriit conservé le rite latin.
Traités d'hérétiques par les Grecs, ils Greni parvenir leurs plaintes à Charlemagne, qui, voulant justifier avec éclat leur foi calomniée, tit tenir un concile à Aix-la-Chapelle (novembre 809). Pour donner plus de poids h la décision qui fut portée en faveur du Filioque, on députa vers saint Léon III, de la part de ce concile, Vernaire, évoque de Worms; Adalard, abbé de Corbie; Smaragdo , abbé do Saint-Michel (aujourd'hui dans le diocèse de Verdun] ; c'est ce dernier qui, après avoir assisté à la conférence tenue à Rome sur ce sujet , nous eu a irau^- Diis les actes.
Les députés furent admis h Taudienc ; du Pape, dans une sallo de l'église de Saint- Pierie, et commencèrent à établir, par le té-
(1784) Vojf. rariicle Historique i»b l*Klectio.n et
DE L'IwsTituTiœ» DES EfÊQUES, toin. IV. col. Ii55,
(17«i'; L'usage de chanter le Symbolf? ne b'éiait
niofgnage des saints docteur^, que le Sain> . Esprit procède du Père « t du Fils. L'lî;;'i>e de Rome n'en avait jamais douté, pas p. us que les autres Eglises d*Orcident ; mais, t^our des raisons que les démêlés des Grecs avec les Latins iront que trop bien justifiées dans la suite, elle n'avait pas jugé h propos d'insérer dans le Symbole lexpre*;sion formelle de cette vérité. Le prudoiît Pontife, chargé de veiller aux intérêts gén«> rauxde la Catholicité, répondit qu'il croyait comme eux la vérité énoncée dans Icur'aiidition , mais qu'il ne pouvait approuver l'addition elle-même, c Si c*esl une vérité dt* foi, dirent b^s défaites Francs, ne doil-oii pas renseigner?— Je ifose, reprit saint Léon, m'ériger en juge des Pères d'un romile œcuménique, qui ont écrit leur profe$>ioii de foi sous l'inspiration du Saint-Ësprii. Il ne mVsl pas | ermis de supposer qu'ils n'aient pas tu aussi bien que nous l^^s suites de leur réserve, et de la défense abfolue, formulée par eux, de faire dans la suite, a leur Symbole, tant cette addition que toute autre, quelle qu'elle soiL — Si Ion continue de chanter le Symbole dans les églises (17di*), dirent les envoyés, et qu'on supprime le mol en question, tous les (idèies vont penser qu'il e^l contraire à la foi. Quo nous conseillez- vous donc de faire pour éviter cet inconvénient? —Si Ton m tût consulté préalablement, dit le Pape, j'aurais répondu de ne pas faire la Idiii.m du filioque. Maintenant l'expédient qui me vivui h Tesprit, etdont je ne veux cependant pas vous faire une obligation, serait de ce.>ser peu fc peu le chant du Symtiole, dans 1.»
chapelle impériale. Il arriverait ainsi que ce qui s'esi introduit sans autorité s'abrr»g'irait insensibkment : voilà peut-être le meilleur moyeu de parer au dan^^er de voire innovation, sans aucun préjudice pour la f u.» Tt I est le précis de la l'auieuse ronlérenre de saint Léon 111 avfc les dépulés du couciie d'Aix-la-Chapelle (an 810).
Ce que le Pape désapprouvait dnns f'usage des Francs, ce n'èiail pas Tadditiou elle-luême, en tant qu'elle concernait la question dogmatique, mais l'iiiopporluniiù de cette addition faite sans la nécessité «jui ne s'en présenta quo plus tard, et sans l'.nilorilé requise pour un objet do celle iuiporlance. Ou ne voit pas, du resle, que rtllc conférence ait produit aucun elfet. Clim^a retint son usage particulier. Dans les G ults ou continua de chauler le Symbole avec !e mol Filioque: h Rome on ne jugea p^im à propos d'y faire cetie addition, ni ri.ôine de couimeucer à le chanter. Saint Léou 111 lii Ot même graver, sans cette addiiiun, Mjr deux grands écussons d'argent, chacun du poids d'environ cent livras, en laliu sur l'un et eu grec sur l'autre. Puis on Its susj»efi(Jii à droite et h gauche de la Corilession lio Saiul-Pierre, comme des monuments publics
pas encore introduit à Rome; il cmil «^lors P'^''" licutier aux Egti:»es de Gonnanie ei dc^ GauifS.
LEO
DICTIÛNNAIRE
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il justifiait TEglUe romaine avec antnnt Hërudition que de douceur. I) rélablil, dans leur îDlégritéy tous les points de dogme ou de simple disciplina ntlaquéspar les Grecs ; il insista sur la procession du Saint-Esprit» sur la coulnme de consacrer avec du pain sans levain, etc. H chargea (rois iégaU, parmi lesquels on remarquait le saTant cardinal Humt»ort, de porter cette lettre h Constaniinople. Les envoyés de Rome n*eurent point de peine k réduire au néant les vaines arguties de Michel Cérulaire et de ses adhérents; mnis, comme il s'agissait bien moins, dans Tesprit du patriarche, d*éciaircir tel ou tel point de la doctrine, que de ne pas reconnaître la suprématie du Sninl-Siége, il ne prêta qu'une faible attention aux évidentes démonstrations des légats. Pour lui, la question avait cessé d'être théologique ; elle se réduisait à f*e seul point : Le Siège de Tempire ayant été transféré par Constantin sur les rives de .t*Asic, ce n'était plus à Home, mais à Constaniinople, c|ue devait appartenir la suprématie religieuse. Les démonstrations et les arguments théologiques n'avaient donc k ses yeux aucune valeur.
Les lég[ats du Pape Qrent alors la seule chose qui fût utilement possible. Entrés dans l'église de Sainte-Sophie, le 16 juillet 105& , ils déposèrent solennellement sur i'autel, en présence du peuple, un anie d'excommunication contre Micnel Cérulaire et ses adhérents. Ils sortirent ensuite de la basilique, secouèrent l/i poussière de leurs • pieds, et s'écrièrent : Que Dieu voie et qu'il j'ci^e/Puis, les ambassadeurs du Saint-Siège rer>rirent le chemin de Rome.
Phoiius n'avait pas reculé devant les falsiiications pour faire triompher sa cause. Cérulaire gardait ces traditions de déloyauté.
Il traduisit eu grec l'acte d'excommunation, en le dénaturant dans ses parties principales, et ce fut ainsi dénaturé qu*il le lut au peuple. Le patriarche faussaire se donna, en outre, le plaisir d'eicoramunier, à son tour, le Souverain Pontife, et d'elTacer son nom des sacrés diptyques. Il écrivit aux trois patriarches d'Orient tout ce que la haine et rorgueil purent lui dicter , pour les détacher de la communion de TEglise romaine.
On ignore l'effet de ces lettres sur les patriarches d'Alexandrie et de Jérusalem.
Celui d'Antioche répondit en justiQantles Latins sur une partie des griefs qu'on leur imputait, au les blâmant sur les autres, jnais pas au point d'y voir une raison de •rompre l'unité. Michel Cérulaire, sans s'arrêter h ces considérât isns, ne cessa d'agir i>our étendre et oiTermir son schisme, sous les règnes assez courts de Théodora et de •Michel Siratonique, qui se succédèrent sur ie trône, après la mort de Constantin Monomaque (ann. 105^-1057). Il devint plus eii- Ireprenantencorfî sous Isaac Comnène, dont il avait favorisé l'usurpation, et causa ainsi M propre ruine, Comnène, en elTet, ne pou-
vant plus supporter son exigence, le relégua dans laProconèse (an 1059], où il mo irut la même année.
Le schisme ne mourut point avec Mi(hi>i Cérulaire, et ne fut ipas toutefois irrévof.v blement consommé. Il n'y eut rien de formule contre la Primauté romaine; mais si l'Eglise grecque ne fut pas alors entièrrra^nt séparée, elle n'en était pas moins pleine de schismntiques et descendue è iia état désespéré. Dépourvue de sa sévc di* vine, et réduite à une existence toute poltticjue, elle n'eut dès lors, et seulement par intervalle, qu'un simulacre d'unité et de vie.
VIII. Poursuivant toujours son système de réforme, saint Léon IV, après le conciie de V.erceil, avait repris de nouveau la rouie d'Allemagne. Il réconcilia l'empereur Henri 111 avec André, roi de Hongrie, et en obtint des secours contre les Normands d'Italie. Après cela, Léon IX. décida que la primatie de l'Afrique devait demeurer à Tévèque de Canhage. De toute la malheureuse Eglise d'Afrique, si florissante autrefois, il ne restait que cinq évêques ; ^t encore ils éiaient divisés entre eux pour une quesliou de préséance 1
Léon IX songeant h d'autres œuvres, quitta l'Allemagne en 1053; mais la mort vint l'arrêter au milieu de ses projets 61 de ses immenses travaux de restauration ei de •*éforme. Il avait rencontré dans cette œuvre de nombreux obstacles dans le clergé de Lombardie et d'Allemagne, n Ces obstacles, la simonie et Tiucontinence, dit un hislorien, grandiront encore par l'appui que leur prêtera ta puissance politique. Les successeurs do Léon IX, dans leur rapide passa^'o au pouvoir, n'auront pas le temps d'assurer cette restauration ai nécessaire et sididicile. Cependant elle s'accomplira, parce que la Providence tenait en réserve, dans les (résors de sa miséricorde, le génie d'Hiidebrand, destiné à relever la société penciiée sur le bord du précipice (1827). »
Notre saint Pontife, venons-nous de dire, ne put donner suite à ses désirs pour lebiitn de l'Ëgiise. Eu effet, au commencemenl de l'année 105&, il se sentit attaqué d'une maladie qui lui causa d'abord plus de faiblesse que de douleur, et qui, lui ayant ô(é le goût de toute nourriture, le réduisit à n'user plus d'autre aliment que d'eau. Il ne laissa pas de célébrer encore rannivers.iire de son ordination le 12 février, auquel il dil la Messe pour la dernière fois. La mainiJie se. déclara ensuite, et, assuré qu'il n*en devait pas relever, il se Ut transporter de Hénéventà Rome.
Les Normands , dont les chroniqueurs d'Allemagne supposent que le Pape éiaij prisonnier, tandis que ceux d'Italie, ainsi que son biographe Wibert, rapportent sitnplement qu il se rendit de Jui-méme nu milieu d'eux ; les Normands, que l'on avait regardés comme ses ennemiSi ne marquèrent
<IW7) M. I'jibt)é Daras, Ui$t, gdiu de l'EgL, l* Ldit., l8o9, tom. IV, p. 7i.
883 LEO
6\n\i , quelque visible
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qu'il fûl (188^0. »
Qu'esl-co h dire? sinon que Léon X no vil pas /en effet, les maux de la Renaissance dont il éiail épris, et qu'il ne pul en calou* 1er les conséquences. Son suc('.e$seur« plus cUirvoyaoi que lui, l'a compris, et nous ne devons pas Ôlre surpris, dès lors, de son humble, mais énorj^iquo cri d'alaroie. C'en est si bien un, à l'endroit môme de la Renaissance,que plusieurs des Papes, successeurs de Léon X, comme lui-même, nu reste, se sont efforcés do faire tourner loul ce mouvement è In gloire de Jc^sus-Clirislct de ta M/idonr*. Mais, hélas! le mal était si graniJ, qu'il a tout emjiorlé, el Ton s'esl trouvé comme entraîné è laisser peu h pou Jupiter et Vénus reprendre les vases d'or au profit de rOlymj^e et des princes de la terre I
Nous no terminerons pas cet article sans dire un mol des lettres de Léon X (1885). 11 en est de toutes sortes, adr^^ssécs à des rois, tels que François 1" el Henri VIII; à des humanistes, tels qu'Erasme et Lascaris; h des poètes, tels que l'Ariosteel Vida; h des artistes, tels que Raphaël. On les a violem* ment allaquée's (1886); mais elles ne l'ont été que par la passion et l'esprit de secte.
C'est dans cos lettres surtout, écrites sous le nom de Bembo et de Sadolel, œuvre incontestable du Pape, parce qu'on y reconnaît h chaque ligne les qualités de son esprit, de son cœur et de son style, qu'il faut étudier Léon X. « il est seul dans son cabinet <l'étiide, dirons-nous avec son historien (1887), seul avec son correspondant, auquel il dit tout ce qui lui vitMit sur les lèvres ; el, en vérité, si dans ses confidences intimes, il est des pages pour le poliiique, l'humaniste, l'artiste et le lettré, il en est un bien plus grand nombre pour le Chrétien qui yeut , avant tout, entendre la Vicaire de Jésus-Christ. Ne cherchez pas ailleurs riiistoire du Pontife, c'esl-è-dire son Ame : elle est \h tout entière. Pour nous, c'est plus d'une fois que nous avons ouvert ce recueil précieux; nous le laissions pour y revenir; il nous semblait, en lisant ces lignes écrites par Léon X» qu'il vivait encore... ■
LEON XI , Pape , successeur de Clément VIll, fut le quatrième Pape de la famille des Médicîs, et ne gouverna I Eglise que très-peu de temps.
(1884) Le Pape en tons les temps^ etc., p. 130.
(1885) Elles sont, pour la plnparl, ainsi que ses Conslilulions , dans \ei Conciles y lom. XIY. et plusieurs autres dans les Aiutalistes ei le Bullaire.
(1886) Paul Jove, Sponde, et même Diipiu , avouent que ces lettres se fout lire avrc beaucoup de plaisir; mais ils disent qu'on y trouve la partialité, rauibilion, Taniour des plaisirs, h vengeance. Dans une intéres<anle et s.-ivanle DitsertHlion, lue en juillet 1841, à VAcid&.nie de la retiflion CQlholique de Rome, M. le ctiauoiuc Borini s'est spëcialenieut aliaclié à vengcK Léon X des c.tloumies de Paul Sarpi.
(1887) Audin, Uist, deLéonX^ toni. I, Préf. p. iv et xvti.
(1888) Quelques cardinaux indisposés étant sortis du cooriave, il ne fallati plus quti quarante
Né en 15'>5 ou 1536, nounué au l)a;.ioii;ft Alexandre Oclavien , il montra de bnntuj heure beaucoup d'inclination pour l'éi il»», pour la vertu el pour rôlal occlésiasii im*.' Euipêché par sa mère de suivre sa vocaiioi, il sVngagea dans la milice séculièro. Si mère étant morte, il revint è son ireii ir penchant, reçut la («rêtrise el vécut i\i\n< !;) retraite, occupé d*éludes et de prières. CjS!,. do Médicis, grand-duc de Toscane, renx-, son ambassadeur aufirès de Pie V. (ii .
goire XIII le nomma évêque de Pistoin p:i 1573, puis archevêque de Florence en lo7i.
enfin <'n 1783, rardlnal du titre deSaiii-Oirïcfet Giulitla, tilrequ'il quitta pourpre :\' celui de San Pietro in Vincoli^ et ipril i Imhgea encore contre ceui de Saifile-Praxù(lt\ ■ [ de Saint-Jean el Paul. Il était fort lonnii t estimé de saint Philippe de Néri et de saiit- Madeleine de Pazzi, (jui prédiienl \\v\ ^:, Taulre qu'il serait Pape, mais pour f^rl pi de temps.
L'.miié« 1596, il fut onvnyï^, jinr C.ment VIII , légal en France, auprès de 11 ..ri.lV, pour recevoir de la bouche de ce (lï! <• laralificalion de toutes les protnpssesijuis > amb issatleurs avaient faites à Rome lors o sou absolution. Il fut reçu en FrtncL» ()\ • les plus çrands honneurs. Le roi lni-dièii alla au di^vant de lui jusqu'à huit \\y\]<!\ accompagné d'une foule de princes, en nn ticulier du duc de Mayenne, pour moiit;e avec quelle conliance il en usait avec Tmcien chef de la Ligue. A l'approche do Pri\ il fut reçu par le jeune prince de G mie c:
les autres seigneurs do France; au Lnib.nr; Sainl-Jac(|ues, par le parlement cl les ai- Ires corps de l'Etat ; toutes ses Bulles fureiit enregistrées sans aucune clause ni réstrv^-.
Il reçut rabjurali )n do la mère dupriin»' !" Cnndé. Kn 1598, il concilia la paix de Vervins entre la France et l'Espagne.
' Au conclave qui suivit la mort d»' C • ment Vllï, les voix se perlaient sur 1er rdinal Baronius, lorsque ^ambassadôtl^dE^• pagne lui donna l'exclusion, à cause qie.
dans ses Annales, il attaquait les prélenii'^in du roi de Naples sur le gouverueiiitMit ecclésiastique de la Sicile (1888). Barontus répondit par ces paroles du Sauveur : /><>»heureux ceux qui souffrent persécution à cause de /a justice. A sa place on élut Is cardinal de Florence, qui pril le iv) n dj
voix pour que réiection fût canoa1«{ue. ihmm en avait obtenu vingt, puis ircnte-sepi; il »') 3*" plus à désirer que trois voix pour que ses .m' pussent hauiemnnt le féliciter, i Mais Biirom >. c<'l Itisiorien de bonne foi, cet annaliste sans !>'>sion, ne disant que ce qu'il croyait la véme, exempt de toute ailulalion, sans disposili'^n auctnie pour proférer des paroles à double sens, "C s'aidait pas mêuie d'un sourire ou d*urie polii''^'^: qui n'éiaicnl pas de la circonstance. Il iraver^jn gravement les rangs de ses confrères, simere, m voyant rien, ne disant rien, seul avec lui-"" >'« dans celle foule, comme il était la pl""*^ ^ '' main dans son caliinet de travail. C'est am>' 'I'"; tiut historien doit agir, i et c'est aiibi «l'ie ^^ conduisit Darouius, ne demandant rieii} ei euiit tout eulior à ses étulnenls tra* aux.
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donnée dans ses écrits aux idées hostiles an Sainl-Sié^e, s*élevait è la tribune parlemciil.iire contre la propagation des dtxîlrines ullianiontaines. De La Luzerne, cardinal évoque de Langres, dans d«^s écrits répandu-î à profusion, sonienail ces vieilles idées d^gcd- Jcanismequj résistnicnl à lani de révolut'ons, survivaient à Inntde ruines, et demeuraient imprégnées dans le cœur du cUrgé français comine Tliuilo qui a imbibé le va^e (1899).
Ce fut alors qu'un prêtre, inconnu jusque-là, entra èson tour dans la lire, et jeta son non), distiné plus lard h une célébrité si diiïérenle, à tous les applaudissements du monde c<iil)nlique. le j>reniier volume de \ lissai sur rin différence en matière de reli gion venait de paraîire (an 1818) ; il éb'ût sii^né \mv Vi\hhé de LannnntMis. Un an après, ce nom était célèbre, comme ceu\de Cbâlcau-
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éicndait sa sollicitude sur
DICTIORNAIUE
Ulreclil cl
Irlandais elles Belges catholiques. SoriKiMu fut pénétré de d4»uleur, en voyant le roi <j s Pays-fias, sourd à l'eipérience du pjisv, recommencer dans ses Etats les déplor.ih > S' ènes de Josef)h IL Tous les évô.|uts de ;a Belgique et de la Hollande restèrent ('(ci- • gers à la suppression des séminnios q;.
s'opéra par jt s ordri'S de l'autorité royj. , devant laipielle le pouvoir épiscopal deni* ,i passif, suivant Tinvitaliou du Saint-Su .'.
Léon XU n'oublia pas que son ihio:
prédécesseur était mort avec l'inh niioii , rappeler la Société de Jésus dauN le C .1 1.
romain, dont la fondation est due a iz^-e .
briand, de lion.iid el de M.iistre. La logique et Téluquence, la vibuenrut la grâce duslyle, la ^Iardil^s^e des | ensées, le sublime des imageîJ, In manière neuve, le tour saisissnnl, le choii du siiji t. tonl était beau dans ce il* vre. L'eQVl en tut inin»eni>e ;on appelait déjà son auteur le noiiviau Tertullieii; hélas I il ne devait que trop re.^-senUder, par ses erreurs, à cette grande ûgure des premiers siècles de l'E;j^lise; mais alors rien ne faisait prévoir les défections de l'avenir. Un cortég^ d'intelligences, jeunes, brillantes, dévorées (lu zèle de ta vérité et de la soif de la science, se réunit autour du nouveau docleur, el rKglise applaudissait au triomphe d'un de ses enlVmts. Le second volume de VEssni sur V indifférence parutquelque temps après; Tabbé de Lamennais n'était déjà plus qu'un orateur téméraire. SéduitparTilIusion généreuse, sans doute, de remplacer tous les anciens systèmes do la philosophie, etdeforcer les inciédules è la foi, il [irélendiC trouver dans le sens commun le critérium infaillible de vérité. On sait les discussions que souleva, dans le monde religieux, cette thèse fameuse. On sait qu'elles se lerniinèrenl par une épouvantable apostasie. Dieu voulait, sans doute, donner un nouvel exemple de l'impuissance du génie, dès qu'il s'écarte du eheuiin de l'obéissance.
V. Dans l'intervalle de ces événements, Léon Xll avait publié, le 26 mars 182i, une Bulle commençant par ces mots : Impensa Komanorum Ponlificum sollicitudo , pour régler, par un concordai, les ailaires de TE^lise du Hanovre. Par son décret pontifical, il érigea deux évéchés dans ce royaume, l'un à midesheim, l'autre à Osnabruck. Kn môme temps, Léon XII veillait à ce que i(;s décrets du concile de Trente fussent exécutés ; travaillait à la réunion des membres dissidents de la pelile Eglise en l'rance; proscrivait le schisme des Jansénistes è
(4899) M. Tabbé Darr.is, Uni. de VEgt., Loin. IV, p. 5U.
(tiiUU) Nous voulons parler de son livre : Les vraie ptitutpes de nnjtue gallicane, cit., junp.ei répondu, en 1818, le veneiablc aiciicvètpjc ilc Uur-
ie saint Ignace de Loyola eu nième !eiii| s i;-. la munilicence de Grégoire XllL Un B, il ,. . assigner à perpétuité ce Collège à Ui lotn ligule, avec l'église de Saint-Ignace, le iuuh , mallieureusement dépouillé d'une put. u i ses ancieuî» lré>ors, la biblioi!»èipn', i'«i..s • vatoireel li»ul ce qui en déj^endail. Ljxi, ses se trouvaient ainsi réiab'it'S sur le nu i j)ied où elles étaient en 1773; le PcIjm' vu;lait qu'on y ajoutât seuieuieiii une cii^iru : . • loquence sacrée, et une chaire de pliy*^i|; el de chimie. Il avait encoro résolu ueiunn Collège pour la noblesse^ el d'eu coiiht:i i direction aux Jésuites, et donna, à cetdli , une niaison de campagne h Tivoli, ipjiav. i été bâtie pour l'ancien Collège des nobles.
D'un autre côté, le vigilant Poniile|)it|>)rail les voies à un concordat entre le Sjin -
Siège el les grands duchés de B.nle ei ;j Nas:>au et approuvait, par la bulle EhihiU'^ Dei, la Congrégation des Oblalsde la Sa.d.e- Vierge, fondée par deux prêtres piéuionioi, pour prêcher l'Évangile au peuple el doim:
des missions. 11 parvint aussi à r.j .nlr les diilicultés qui s'opposaient auioblissement des sièges épiscopaux, dais j province du Haut-Rhin.
Mais Léon XU fut moins heureux en France, où Frayssinous, connu par un iiv ^ reiiifili des plus malheureuses dolnuo (1900J, présidait au ministère de rinsrulion publique. Le Pape voyait avec iinji: itude ce prélat essayerde créer une uuuw Soi bonne, pour être la gardienne de^ mue vies françaises. Ce fut alors que le im»' «rehevôipie de Paris, Hyacinthe deQiii* .
donna les premières preuves de la vii^n i épiscopa!e,qu*il devait déployer un j(ur.l> déclara lormellemenl au inuiistre, qu il lo iserait tous les pouvoirs sacerdotaux aux p>^' très chargés de renseignement di>i^ J future horbonue.Les instances les|ilusrit^ saules ne purent faire lléchir cette déliT.Mnation; le projet de Frayssinous avorta, if e était la situation des atfaires religieuses i ■ Fiance au moment de lamortde Louis XUl( (IG se|Membre 1826j. Le trône pas!»a au < on i' d'Ariois, comme lui fi ère de Louis XVI, qji
iteaux, d*Aviau du Bois de Sjiizay (Voy. sonarlicie, n. Ml. col. 78 du loi», il). — Voir a'i>î^i ''^'; licUr Libertéi de l'Eiiliie gatiicaue, !;•• 1» Y t*l iJ " ^^' ^iuUi, toi. ï^6\) dkî ciî volume.
m LEO
i.iiilti nom (ie Charles X.
DK LlllST. UNIV.
11 iuaugura sim règoa par l'iiboliUou de la censura des jour- DauXy et en remplaçant Frayssinous, au mi« iijstère de l*inslriiction publique, par Feu* Irier, évoque de Beauvais, qtii donna h i'£g:i>e, coûune nous le verrons, plus d*un i[i\i'[ de douleur.
il. Avant, parli»ns do Tacleleplus reniarqiable du pontilicat de Léon XII, nous voulons dire Touverlure du Jubilé, la veilla deNocM825, à Rome.
On le sait, Tusage de célébrer le grand Jubilé universel lous les vingt-cinq ans date du XV* siè'ite, et a été religieusement suivi jii5quen 1775, où le Jubilé, annoncé par Cément XIV, fut ouvert par Pie VL Le concours de pèlerins que cette cérémonie ailira filors dans la rapiiale du monde chrétien (ut extraordinaire. L'hôpital de la Triuité- <ius-Pè!erius en reçut, durant toute Tannée, plus de cent onze mille. En 1800, Pie Vil avait jugé que les circonstances ne lui permettaient pas d'ouvrir le Jubilé. En 1824, quoique les temps fussent bien différents, la siiualion de l'Europe n'était pas encore telle que la célébration du Jubilé pût èlre facilemont résolue à Rome. Les pieuses intentions lie Léou XII rencontrèrent de graves obsia- (los; la politiijue signala des dangers; mais Tâiuedu Pontife su montra aussi courageuse que sa sagesse fut pru<ienle et sa volonté iiiQexible.
Le Jubilé eut lieu, parce que le Pape le Tuulat avant tout et malgré tout. Ce grand acte (Je force de caractère est un des traits qui honorent la vie de Léon XIL La Bulle, qui proclancia l\)Uverlure du Jubilé, fruit li'uQ patient labeur, demeurera comme un luo lèle de prévovance, de paternelle sollicitude, comme i un des plus précieux monuments émanés de Tautorilé du Saint-Siège , enûn, comme une richesse documentale ajoutée à tant de richesses semblables. Rome poifune n*a rien écrit, dans la langue léguée à l'Eglise uuiverselie par les conquérants du Qionde, qui soit plus éioquemmeni frappé au coin de Turbanité cicéroniunne, que lu Bulle qui appelle les fi lèles à celle auguste
DE L EGLISE
LEO
(Î901) Voy. Artaud, lom. I, cbap.jV, 25.27.
(\'Ml) L*abbé Dassauce, Ami de ta relief,, loin, CXVil. p. 6.
(1905) Nous posséilons un exemplaire romain de C(Ue Bulle, qui est pour nous un précieux ei cher Muvenir. — L*sincien Mémorial catholique a donné. <lu)s son lom. V, p. 66 et suiv., une iraduction de ceae Bulle. Qui le croirait? Sous la Keslauralion , il Ului aussi qne ceue Bulle de Léon XII lui soul'iise, avant de pouvoir être publiée eu Fiance, à Wifquatur civil, cet usage gallican inconnu à Tanliquiiê. A ce propos, \ii. Mémorial écrivit les lignes kuuaiiies qui nousjteinbeul sous les yeux, au niomeut même (mai 1864) où Ton vient d'interdire, ^e |Mr les Article» organiquei^ la publicaiiun Uu bref de Sa dainteié Pie )X, en date du 17 mars IMii, sur la Liturgie romaine, adressé ik Son Etii, Mi^r le cardinal archevêque de Lyon. Voici les paroles de Tancieu Méuorial : t L'unnéj de grâce \i s'ouvrir pour le monde cbiétien et pour la Iraiice, avec la permission du conseil d*btat, ac^ ioidée d*uu consentement unanime , comme les
DitTIOïlN. DE l'HisT. UNIV. DE l'IiGLISE.
cérémonie, et qui est datée du 87 moi 182V,
jour de l'Ascension (19(11).
Que la terre écoute le$ paroles de notre bouche! que Funivers entende dans CaHi(jres$e les accents de la trompette sacerdotale qtti annonce le saint Jubilé au peuple de Dieu I Elle approche^ cette année d'expiation et de pardon^ de rédemption et de grâce^ de rémission et d'indulgence ; cette année où, dans un but beaucoup plus sainl^ et pour nous com^»
bler des biens spirituels^ nous allons voir se renouveler, par le Dieu de vérité^ ce guune lui ancienne, image de V avenir, avait ordonné de faire tous les cinquante ans chez le peu* pie juif.
Fermeté, tendresse, dignité do sent ment, clitente heureuse et hardie des périodes, tinesse du trait, excellence de Texprossion, tout, dit un écrivain (1902) se trouve au plus haut degré dans ced'>cuinent remarquable, oft le Père commun avertit le monde, appelle les enfants séparés par de longues distances, supplie les frères égarés de revenir b lui, et prévient les Romains que les ci* toyens de la Ville-Eternelle doivent les premiers exemples de charité, dt- bienfaisance, de vertus hospitolières, de généreuse assistance.
Pendant l'année du Jubilé, toutes les églises de la ville pontificale furent restaurées:
d'abondantes aumônes furent distribuées et de magninques exemples furent offerts; jamais plus solennel spectacle de haute piété ne fut donné au monde parla cour romaine.
On" vit le Pape aller pieds nus h Téglise de Sania-Maria in Vallicelia, entre deux haies de pèlerins, qui admiraient tant de vertus dans un Pontife d'une com/hxion faible et détruite par les maladies cl par de longs jeûnes. On peut dire que Léon XII mérita bien du Ciel par cet acte éminemment reli»
gieux. Mais il voulut encore étendre la grAce du Jubilé, célébré à Rome eu 1825, à tout Tunivors catholique. En conséquence, il publia une nouvelle Bulle datée Tan de riii-» carnation du Sei|;;neur 1825, le 8 des calendes de janvier (25 décembre), la troisième année de son pontificat (1903).
f^otre esprit tressaillait de joie en Dieu
journaux nous Tont annoncé. Ainsi, nous poufoos légalement écouler la voix du premier Pasteur, Un YiCiiire de Jcsus-Chri:»t en terre, el recueillir les dons spirituels que te l'ère de la grande faoïilie chicticnne offre, aw nom du Sauveur des hommes, à tous ses enfants. Leê évoques peuvent légalement décacheter et lire la LiSttre Kiicycli(|ue que leur adresse leur Glief souverain, pour les rendre les distributeurs de ses grâce:» : radminislration le leur pt:rniot. Elle les autorise, pour cette fois, a exhorter les peuples à la pénitence, k la soumission, au pardon des injures, à la réparation des torts, à la foi el à )la vertu. L'épiseopai est en ré* gle ; des laïques lui oui dit : Docete. KéjouissouS" nous donc, cl remercions le conseil d'Kiai qui nous laisse libres de prier, de nous purifterdenos fauttss dans le tribunal sacré de b réconciliation, el d'approcher de la table sainte. Il n*a rien vu là ne dangereux, et notre conscience doit èire tranquill««. Tout Français peut, sans cesser de l'être et sans blesser les Ubertéé uaiionales, gagner le Jubile, sous la protection de Tejre^aialiir civil. Encore une