‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. EncyclChapitre 47 sur 57 · LET · texte numérisé non relu

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Nmiik tous* ol principalcmeni sa iDnllrosse, (;tii éloit du nomltre des martyrs» nous craignions oue cette joune tille nVûl pas tnôine la haraiesse de confesser, h cau^ie de la (aibU'sse de son corps. Cependant elle mit h bout ceux qui, Tun aprôs l'autre, lui Tuent soiitTrir toutes sortes de tourments, dopuis le matin jusqu'au soir. Ils se confossaieut vaincus, ne sachant plus que lui faire ; ils admiraient qu'elle respirM encore, ayant tout ie corps ouvert et disloqué, et témoipiaif'Ht qu'une seule espèce de torture é'ait cniable de lui arrncher IMmp, bien loin quelle en dût souffrir tant et de si fortes.

Pour elle, la confession du nom chrétien la renoiiTelail ; son rafratchissoment et son repos était de dire : Je $ui§ Chrétienne^ et il ne ie fait point de mal parmi noue. Ces paroles semblaient la rendre iiisen»ible.

« Le diacre Sanctu9 souffrit de son côté, avec un courage surhumain, tous les supplices que les bourreaux purent imaginer, «Jans Tespéranco d*en arracher quelques paroles ou déshonneur de la religion. 11 porta la constance si loin , qu'il ne voulut pas môme dire son nom, sa ville, son pays, ni s'il était libre ou esclave. A toutes ces interrogations, il répondait en langue romaine : Je iuii Chrétien! confessant cette qualité comme son nom, sa patrie, sn cou- <iilion,eo un mot comme son tout, sans que les païens pussent jamais en tirer d'auire réponse. Cette fermeté irrita tellement le gouverneur et les bourreaux, qu'après avoir employé tons les autres supplices, ils firent rougir au feu des lames de cuivre et les anpliquèrenl aux endroits les plus sensibles ae son corps.

< Le saint martyr vit rôtir sa chair sans en changer même sa posture, et demeura inébranlable dans la confession de la foi, parce que Jésus-Christ, source de vie, répandait sur lui une rosée nélesle qui le rafraîchissait et le forliQait. Son corps, ainsi brûlé et déchiré, n'était plus qu'une plaie et n'avait plus la figure humaine. Mais Jésus- Clirjsi qoi souffrait en lut, y faisait éclater '8 gloire, y confondait l'ennemi et animait les fnJèles, en leur faisant voir par cet exemple, qu'on ne craint rien quand on a la charité du Père, et qu'on no souffre rien, quand on envisage la gloire du Fils. En oT» t Ie5 bourreaux se hâtèrent, quelques jours après, de l'appliquer à de nouvelles tortures, dans le temps que l'inflammation *'e^/^es plaies les rendait si douloureuses, nu'il ne pouvait souffrir le plus léger atiouciKment. Ils se flattaient qu'il succomberait ^ la douleur, ou que du moins, expirant dans le supplices, il intimiderait les autres. M.iis contre Taltente de tout le monde, son corps, défiguré cl disloqué, refjril dans les nouveaux toormenis sa première forme et l'usage lie tous ses membres, de sorte que celte seconde torture fut, pat la grâce de Jésus- ^brisl, lereraèdeà la première.

« L'ennemi, ainsi confondu, s'attaqua h des personnes plus.aisées à vaincre. Biblit étaitdu nombre de ceux qui avaient renoncé h la foi; et le démon, qui avait éprouvé la faiblesse de cette femme, ta regardait déjfi comme sa proie. Il ne douta pas que la douleur ne l'engageAt h nous accuser des crimes les plus honteux, et il la fit appliquer à la torture; mais au milieu des supplices elle rentra en elle-même, et parut revenir comme d'un profond assoupissement. Le sentiment des douleurs passagèros lui rappelant alors le souvenir des peines éternelles, elle répondit aux prétentions des imf>ios : Et comment mangt'raient-ils leurs propres enfants , ceux-là auxquels il n'est pas môme per4nis de manger le sang des animaux ? Ayant ensuite généreusement confessé qu'elle était chrétienne, elle fut remise au nombre des martyrs.

« iésus-Christ ayant ainsi, pur sa grâce, rendu la constance des confesseurs victorieuse de tous CCS supplices, le démon dressa contre eux de nouvelles machines.

Il les fit jeter dans un cachot très-obscur ot très-incommode. Ou mit leurs pieds dans (les entraves de bois, et on les étendit avec violence jusqu'au cinquième trou. Ils y souffrirent les autres peines que les minis- 'tres enragés du démon peuvent faire endurer h des prisonniers. Plusieurs en moururent dans la prison , Dieu le permettant ainsi pour sa gloire. Car ceux qui avaient été si cruellement tourmentés, qu'on n'eût pas cru qu'ils pussent survivre ii tant do maux, quelque soin qu'on eût pris de panser leurs plaies, vécurent dans cette affreuse demeure. Ils y étaient, à la vérité, destitués de tout secours humain, mais tellement fortifiés par le Seigneur, qu'ils animaient et fortifiaient les autres; taudis que ceux qui avaieot éié emprisonnés récemment, et dont le corps n'était pas endurci h la souffrance, ne purent soutenir les incommodités et l'infection de c^ cachot, et moururent tous en |>eu de temps.

« Cependant on se saisit du bienheureux Potbin, qui gouvernait comme évoque i'Kglise de Lyon. Il avait plus de auatre-vingldix ans, et était actuellement malade. Comme il pouvait h freine se soutenir et respirer h cause de ses infirmités, quoique le désir du martyre lui' inspirât une ardeur nouvelle, on fut obligé do le porter au tribunal. La caducité do l'âge et la violence de la maladie avaient déjà dissous son corps ; mais son âme y demeurait encore attachée pour servir au trioro|)he de Jésus-Chri»t. Pendant que les soldats le portaient, il était suivi desmagisiiratsde la ville ei de tout le peunla uui criait contre lui, comme s'il eût été le Christ même. Mais rien ne put abattre le suint vieillard, ni l'empêcher de confesser hautement la foi. Interrogé par le gouverneur quel était leDieu;des Chrétiens: < Vous le saurez, dit-il, si vous en êtes digne. »

Aussitôt il fut accablé de coups sans aucun

(2t05) Voy. notre article Blardime (Saintt), martyre auji* siècle, ton. UI, col. 31i-^i.

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DE L'HIST. UNIV. DE L'EGLISE

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lions 9 et s*encourager au martyre. Huriéric l'ajanl appris, les lit charger de fers plus pei^anls* el souiïrir des tourments inonïs jusqu'alors. Puis il commaiida d'emplir un Tai^seau de menu boi.< sec, do les y attacher, eu après les avoir menés eu mer, d'y ruetlie le feu.

On les tira de la prison, suivis d'une mulliludede peuple, qu'ils exhortaient au martyre : on ùi des eiforts parliculiers pour »é' duire Maxime qui était encore fort jeune :

mais il protesta hardiment qu'il ne voulait point se séparer de son père Libérât et de ses frères. Etant conduits dans le vaisseau, ils furent attachés sur le bois; mais ouaiul (m y eut mis le feu, il s'éteignit aussitôt, et qudiqu'on essayât plusieurs fois de le rolluoicT, on ne put jamais v réussir. Hunéric, confus et irrité, leur nt casser la tôle à coups d'aviron. On jeta leurs corps dans la (lier, qui les rendit immédiatement conird laniioaire, et le peuple qui était présent les eitsevelit bonorableroeni', conduit par le clergé de l'Eglise de Carthnge, entre autres rArcoidiacre Salularis et le second diacre Muritia, qui avaient déjà confessé la foi en plusieurs circonstances, et qui portèrent ces reliques. Elles furent enterrées avec le cbanl solennel au monastère de Bigna, près la basilique de Célériue (201i^).

LIBERAT, médecin» au v* siècle, qui fut enveloppé dans la persécution aue les Ariens firent subir aux Catholiques qu ils voulaient rebaptiser de force (Voif. tom. Il, col. 1003 el la DOle 190S).

Ces hérétiques fanatiques, qui avaient déjà h\i souffrir Je saint évèque Habel-Deum {Yoy. son article), s'emparèrent des enfants délibérât et les séparèrent : ce que celui-ci regrettait. Alors sa /emme arrêtant ses larojes, lui dit: Quoi I perdrex-^ous votre àmi pour vom enfants? Compte* qu'ils ne loiil pas 11^ .* Jésus-Christ les réclamera^ ne hi entindeX'Vous pas crier : Nous sommes CkréUens? Comme on avait mis Libérât çt sa femme daus des prisons séparées, on dit ii la femme que son mari avait obéi au roi.

Que je le vote, dit-elle^ el je ferai ce qu'il plaira à Dieu, On ta tira de prison ; elle vit sou Qiari devant le tribunal enchaîné avec une grande multitude, et le prenant h la (;i>ri$e, elle lui dit : Misérable l indigne de ta gtéce de DieUf pourquoi veux-tu périr éterfuiUment pour une gloire passagère ? A quoi U tervironi l*or et l'argent ? te délivreront^ Ht du feu de l'enfer? Son mari lui ri^poniii : Qu'avex-vous, ma femme^ que vous a-l-on dit di mot ? je suis toujours Calkoltque par la créée de Jésus-Christ, et ne perdrai jamais la {oi (â015). Plusieurs, tant hommes que feiames, craignant la violeuee de celte persécution, s'enfuirent dans des déserts et y l^éfirent de faim ou de iroid.

(i0l4) Pau. menack., eli*.., 7.

(SOio) Fleury, iitsi. eeclés,. liv. xx\, o. 13.

(iOi6)/M.,liv. xxxn, n. 55, 39.

(iOl7) L'bisiorien Nuvaes et beaucoup d*aiilres, <loimeDi au l*ape Libère le titre de saint. Artaud (loin, 1, p. ifiC) déclare qiril c s*écarte absolumciii

LIBERAT, diacre du vi* siècle, qui fut emiiloyé dans l'alTaire dus moines AceiDètes qui soutenaient de monstrueuses erreurs, entre autres, qu'on ne doit pas dire que la très-sainte Vierge Marie soit vraiment el proprement Mère de Dieu, et qu'un de la Trinité se soit incarné. Ces moines ayant persisté dans leurs erreurs, malgré tous les efforts de ceux qu'on leur envoya pour les éclairer, turent condamnés i ar Ii* Pape Jean JI» qui las déclara exclus de sa communion et de toute l'Eglise catholique, comme ils l'étaient déjà de celle de leur évéque, patriarche de Constantinople (2016).

LIBÈRE, Pape (2017), était, h ce que l'cm croit, de la famille Savelli; romain drnaissance, il entra dans le clergé de Romo et fut ordonné par saint Sylvestre. Etant diacre, il se fit remarquer par ses vertus et son humilité dans les fonctions do son ordre. Après la mort de saint Jules 1*', on l'élut Pape, le ^ mai 352 ; ce fut malgré lui, et il déclina cet honneur. Avait-il le pressentiment des tempêtes qui allaient birntôt assaillir la barque de Pierre, ou ne faisait-il. qu'obéir è un sentiment intérieur de modestie, naturel à son Ame? Nous ne savons.

Mais ce qu'il y a de certain, c'est que Thisloire a soigneusement con&ervé le souvenir de la noble résistance de Libère, h une époq/ue oi^ un auteur pnien, Ammien-Marcellin, écrivait du souverain PontiGcat :

« Quand je considère la splendeur du Siège de Rome, je comprends tout ce qu'il devrait y avoir de brigues pour y parvenir. Les évoques de cette ville reçoivent les présents les plus considérables dos matrones romaines; on les v(»it paraître en public, assis sur des chars brillants, vêtus d'bat>its somptueui, et leur table surpasse en maguificence celle des rois eut-mèmcs (2018). » A part ce qu'un pareil témoignage contient d'eiagéré,dan8 la bouche malveillanted'un ) aïen, il prouve d'ailleurs l'attention du iV siècle k entourer d'honneurs les Souverains Pontifes, et il sert à relever le inéiile de l'humble diacre qui refusait une telle dignité.

I. Libère monta donc atir le Saint-Siège l'an 3S2. C'était le temps de la grande lutte de i'Arianisme et de la persécution que souffrait saint Alhanase. Les évèques ariens et semi-ariens n'eurent pas |dus t6l appris Téiection de Libère, qu'ils lui écrivirent contre cet immortel défenseur de la vérité, et l'empereur Constance lui-même se joignit à eux pour demander la coinlaoïnation du saint patriarche d*Alexandrie.

Le Pontife assembla un oonciie k Rome, pour y soumettre les lettres de l'eaipar^ur et celles que les évèqiies d'Bgypte avaient écrites de leur cftté, et dans lesquelles ils j>rote8taittnt unanimement de rinoooeuee

ici de Movaes. » Ou reste, Particle qu'il eonsacro. à Libère esi Tiui des plus faibles de tome son Ui$' loire deê Papr», généralement si superficielle ; nous verrons ce f)u*il faut penser du titre de «aînf appliqué il Libère, dans la suite de cet article.

(2018) Amniiau. Marcel!., iili. xxvu, n. 3«

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