‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. EncyclChapitre 48 sur 57 · UB DICTIONNAIFIS · texte numérisé non relu

UB DICTIONNAIFIS

refusait de souscrire contre salDl Athanase, que pnrce qu'il se tléclarail ennemi de Thé-

LtB

résie.Oublianl qu'il élail devant unévéque, il m de grandes menaces au Ponlife, puis il sVn alla è l'église de Sainl-Pi<^rre, où il déposa ses présents comme nne offrande. Mais Libère Tayant aftpris^ blâmo sévèrement le gardien de l'église, qui ne l'avait pas empêché, et 51 fil jeter dehors cette offrande profane. L'eunuque en fut encore plus irriié, et» étant de retour, il dit è Temptreur pour raigrir: c 11 ne faut plus so mettre en peine de ce que Libère ne veut pas souscrire, mais de ce qu'il se déclare contre notre doctrine , jusqu'à aoathémaiiser nommément les Ariens, b II échauffa parce discours les autres eunuques, qui étaient en grand nombre auprès de Coostanca et pouvaient tout sur son esprit.

L'empereur écrivit donc h Léonce, oui élait gouverneur de Rome, de surprendre Libère par artifice pour l'envoyer h la cour, ou de le persécuter à force ouverte. La terreur fut grande par toute la ville ; on employa de grandes promesses pour exciter plusieurs personnes contre Libère. On menaça plusieurs familles ; plusieurs évéques se cachèrent; plusieursfemmesdequalité se retirèrent à la campagne pour éviter les calomnies des hérétiques. On mit en fuite des personnes établies et domiciliées è Rome; on lendit des pièges aux Ascèti*s ; on garda te port et les avenues de la ville, alin qu'aucun Catholique ne (tût entrer pour voir Libère. Rome connut par expérience ce qu'elle ne pouvait croire, le ravage que faisaient les hérétiques dans les autres églises. EnQn Libère fut enlevé de Rome au lAilieu de la nuit et avec grande diOliculté, par la crainte du peu|)le qui le chérissait ardemment (2022).

lU. Quand le Pontifeifut arrivé è Milan, l'empereur lui donna audience, ou plutôt osa se permettre une sorte d'interrogatoire : « Parce que vous êtes Chrétien et évéque de notre ville, lui dit-il , nous avons jugé à

fropos de vous faire venir pour vous exhorter renoncer à celte maudite extravagance, à la communion de l'impie Athanase. Toute la terre l'a jugé ainsi et l'a retranché de la communion de TEglise par la sentence d'un concile. » Libère répondit : « Prince, les jugem-^ots ecclésiastiques doivent se faire avec une grande équité. C'est pourquoi, si votre piété le* trouve à propos, ordonnez que l'on établisse un tribunal ; et si Athanase est trouvé digne de condan>nalion , sa sentence sera prononcée suivant l'ordre de la procédure ecclésiastique ; car nous ne pouvons condamner un homme que nous n'ayons pas jugé. » Constance reprit :

« 'fouie la terre a condamné son impiété»

et il ne cherche qu'à gagner du temps GomiM il a toujours fait. » Libère : c Tous ceux qui ont souscrit n'ont pas vu de leurs yeux ce qui s'est passé ; ils l'ont fait par le Oé^ir de la gloire ou par la crainte de l'in-

(20^2) S. kthan,, Ad monarh.

famie de votre part. » L'empereur : t Qne veut dire la gloire, la crainte et l'infaoïie? » Libère : « Tous ceux qui n'aiment pas in gloire de Dieu , préférant vos bienfaits , o )t condamné, sans le juger, celui qu'ils n oi,> pas vu ; cela ne convient pas à des Chrétiens. 9 L*empercur : « Toutefois il a dé ju^é, étant présent au concile de Tyr ; ?:, dans le concile, tous lesévèques du munio l'ont condamné. » Libère répondit : « Jamais il n'a été jugé en sa présence ; 10,1$ ceux qui le condamnèrent alors le con^iainnèrent sans raison, après qu'il se fui retiré. »

L*eunuque Eusèbe intervenant dans ceiio conversation! dit: « Il a été reconnu enneiiii de la foi catholique dansleconcile de Nicée.» Libère, sans s'arrêter è cette absunle iuterruption , continua de répondre è l'empfreur : « Il n'y en a que cinq qui Toril jug^', et ce sont ceux qui ont été envoyés dans la Maréote pour informer contre lui. D»» c^s cinq, deux sont morts, Théognis et Tdéodore; les trois autres, Maris, Valeiis ei Ursace, vivent encore. Le concile de Sardique a prononcé sa sentence contre ces commissaires, et ils ont donné des req'uMes au concile pour demander pardon des informations calomnieuses qu ils avaient faites d'un seul parti (2023) contre Athanase, dans la Maréote: nous avons maintenant leurs requêtes entre les mains. A qui doit-on nous persuader de communiquer ? à ceux qui ont condamné Athanase et en ont ensuite demandé |)ardon, ou h ceux qui viennent de

condamner ces derniers T »

* Sur ces paroles, un évèque présent, E[)ictète» dit À Const8ni:e : « Prince, ce n'est ; a' pour l'intérêt de t» foi ou des jugements ecclésiastiques que Libère vous tient ce discours, mais pour se vanter à Rome, aui sénateurs, qu'il a confondu Temperfur. > Libère ne répondit point h cette iusiiiuAiion courtisanesque. Mais Constance dite Libère:

« Pour combien vous comptez-vous dans I ■ monde, de vous élever seul avec un impie pour troubler la paix de l'univers?» Libère répondit : c Quand je serais seul, la Cdu^e de la foi ne succomberait pas |H)ur cela.

Autrefois, il ne se trouva que trois personnes qui résistèrent à Tordoonaoce. » Il enten lau les compagnons de Daniel; l'eunuque Eusèbe te comprit bien et dit : « Vous faites de l'empereur un Nabuchodi>oosor ? — Non, répliqua Libère; mais vous n'êtes pas }>ius raisonnables de vouloir que nous condamnions un liommeque nous n'avons pas juge.

Je demande aussi, moi, que l'on coniruiiice par apporter une souscription générale qui confirme la foi de Nicée; qu'ensuite on rappelle de leur exil tous nos frères; qu'on les rétablisse sur leurs sièges; et quand on verra ceux qui troublent maintenant les Eglises, se conformer à la foi aposioliqoe, alors que tous s'assemblent à Alesaiidne, où sont l'accusé et les accusateurs, et ceux

(2025) 'JEy. {AovoîJiépia;.

LIB

LÏB

coiiJamnnlion du grand allilèle d'Â^etandrie, el h la première formule de foi dressée h Sirnâum, avec beaucoup d'artifice par les Ariens. Or, rien de loul ceci n'est prouvé; il y a plus, le conlraire est plulôl le vrai, el, h cot égnrd, nous snmn:os pleinement de Tavis de i'^ibbé RohrbaciiHrdont les raisons, on va le voir, sont des plus solides.

Nous savons bien, dit-il (203G), que, dans sa défense rie la Déclaralion gailicane, Bossuet met loul en œuvre pour établir que le Piipe Libère est louibcS eu soiiscrivani à TArianfsine.; mais nous savons aussi, pnr le léiuoignage de son secrétaire, que dais une

dernière ri^vision do cet ouvrage, B(»*^Mini riya tout l'endroit qui regarde le Pape Li^ bêre comme ne prouvant pas bien ce qu'il veut établir en ce lieu (2037). Ce qup B ssuel a cru devoir rayer de son Traité delà Puissance ecclésiastique^ nous croyons devoir le rayer de l'hisloire de rÉ^Iiso; ce que Bossuet après vingl ans de re* herclies et demédiliition'î, n'a pu se dëmonlror h luimême, nous rroyims qu'il ne peu4 se démontrer par rorsoime.

On en peut voir les raisons détaillé«'sdnns plusieurs graves auteurs (2038). Remarquent seulement ici, d'après ce que nous venons

v\ (le tous les aiileuri du temps, qric Constnoce répnndil beaucoup de sang, et que ceux qui résistaient à ses volontés, sur le sujet «le PArianif^me, avaient tout à craindre de sn colèro, tant n émit entéié de celte hérésie. Je ne le d's p:is pour excuser LiWetius; mais afin qtCon sache qtte tout acte (\td est extorqué pnr la force ouverte est nul de tout dreil, et réclame contre lui-même. » (Œnvre$eomp*^ édit. Besançon, ;oin. XH,p. 110;.

Enfin, il en est iini disent (\\\e^ d»^ quetipie m.'ïnière qu'on luge Taffairede Lll)cr«\ ta question rie riur.iillibililé «lu P:«pe est tout à fait eu dehors dn celle polémi.'iu»*. Nous citerons leur senlinient, afin de cmnpiéier le court exposé que nous f.tisons ici des dtvfrs syslèiuos au sujet de la chute prétendue du P;ip»' l/ihèro. Ainsi, le célèbre collecteur des conciics, M.msi, fait le raisonnement suivant : c Supposons que IJhère ( At formelleuicut souscrit à PArianisinc (ce qu'il n'accorde poiul), parla-t-il dans cette occasioti comme Pape ex cathedra?

quels conciles assembla-t-il préalablement pour examiner la qiu^stiou? S'il n'en convoqua poiul, quels docteurs :»ppela-t- 1 à lui? quelles coDpréjîfl- ItOfis îustiini-i-tl pour délinir le dojïine? quelle» supplications pul:liques et solennelles indiqua-t il pour invoquer Tassi^iance do rf^prii-Sainl? S'il rt'a piis rempli ces prélin»inalres, H n'a pas enscif^né comme maître et docteur de tous les fidèles.

Nous cessons de reconnaître, et que Bossuet le sache bien, nous cessons, dis-je, de reconnaître le PontiTe romain comme infaillible. » (Mansi, Conc. :»d ann. 558, note.) Et un auteur plus réc<Mii d t, de sou cOté : c Quand Libère aurait joui de la libii-té nécessaire, il ne serait pas lonil>é ilans riiéré<ie, puisqu'il est certain, par le témoignage de saint Hilair«% ei par le coiiienu des formules, qu'elleft offrent un sens entièrement orthodoxe; et quaiMl mèiuc on les supposerait hérétiques et librement boiiscriles par le Pape, on n'en pourrait neti conclure contre rinfalltibité de l'Eglise universelle, cela est évident. Bien plus, cet acte de Libère ne réunissant pas toutes les conditions exi* gées par les auteurs, pour que le Souverain Poniife ait parlé ex cathedra, il ne contredirait pas même ro/;iuion qui admet son infailltbiliié personnelle... [Cours d'nitt. ecctén, à t^usage des séminaires, par un directeur de séminaire, 5 vol. in-S, 1864, tom. I, p. !273). I — Telles sont les opinions diverse* qui (Hil éié émiser : nous les avons exposées, alin de mettre chacun à D»éiue ^d'étudier la question, et pour qu'on ae nous accuse point de partiabië. Nais, à tous ces accommodements, à ces adoucissements, k ces supposiltoiis, nou4 préférons l:i thèse qui soutient rundeinent que le Pape Lihè"^ n est p<iint tombé. On en apporte d'assez foi loa preuves pour convaincre, ce nous semble, i<>ui esprit exempt de préjugés, et c'est cette thè^e même que nous adoptons dans le présent arii«ie.

(20'^G; Hisl. tc/iir. de l'EaL ca/A.â*édiLlom. XI,

(Î057) IHst de Bossuet. Irv. vi, Pièces juniftcs. lives, p. 59G. é lit. Le Bel.

(2058) Entre antres P» j?ans la Dissertation .l'im do'teur publiée peu d'années après la niori'leni<f.suet. Dissertation sur le Pape Libère^ dam lanveilt mifaii voir qu'il n'est pas tombée Paris HiO, in-li (C'est la ^ûs^r//ilîon dont nous avons cité'f«ul lucs pagf*sMaus la note '205^ eî-dessus. L'abhéU'ilitiuclier indique ré lit. île 17^tî, mais celte édiiionjaiiea l'iiisu de l'iiuteur, est défectueuse; il faut consulier la 2* édit., celle de 173!>, bien oieiileure, auçimnlée et à la suite de la'iiiflle ^e trouYC un autre ouvrage non moins solide, intitulé : Oisurtaiion Imtoriqne et lhéoloqi,ae sur le concile de Himini, par le même estimable a'.iieur); 2* dans une Diiserlmm du savant Zacharia, /*>. .4»/. Zocliariœ diiser. de commeiititio Liberii lapsu, înThes. tlieoU^ Von^Wrl, in-4* tom. Il, p. 580 et seqq ; 3* dans ledo<ie(;âlland de Venise, au tom. V' de sa Bibtioihèqne de, anciens Pères; 4* s «ir tout dans l'hisioire (iiii(|*)' «lu Pape saint Libère, in<:éiée au 25 septembre ac> Acta Sanetorwn, lom. IV.

Outre ce$ ouvmges, nous indiquerons encore :

le card oal Orsi, ifist. ecclés.^Viv, xiv, p. 7i;B.ti.' rioi. De primntn SS. Pontif.^c. »5; Marché Ui il:iu< sa Critique de t^ Histoire ecclésiastique de Fleunj^ Um. If, p. 110 ctsuiv. édii. in-li, 1829; l'ablé P S B^nne, bien qu'il ap:»orte une modification à \'n\n ni'»n qui est la nôtre, et qui ^(M que 1 iltT: irait racheté sa liberté par aticune faiblesse ni con cession. Cours d^Hisl. ecctés, W part.. Précis fm(. 1850, (OU). II, p. H9-120; l'abbé €onsiaiii lim S0!i oirvrage Histoire de VinfaiUibitité des Pupes, tom. I, chap. 7, où l'auteur traite la quesitomlt^ la ehuie de Lil ère sous toutes ses faces, cl où i' instille complètement ce Poutile ;Al7.og et l'inlé Receveur qiii, dans leurs Hts(. deVEglise, déclarent qu'il parait résulter clairement du téiuoi^nt^e de Socrate, de Théodorel el de Sulpicc - î^évcre, que l'empereur Constance se vit forcé de renvovir le Pape à Rome, afin d'a}>aiser les soulèvements continuels du peuple. fCe dernier seniinient, dii l'auteur du Cours d'hist. ecctés. par on direcieor de séminaire, 5 vol. iu-S*" i854, tom. ï. p. ^'-> ce dernier sentiment s'accorderait mieux avec TalTection du clergé et du peuple romain pour Libère, et avec l'allégresse remarquable que causa son rtr tour. I

Enfin, nous lerons remarquer que les Ceninmteurs de Magdebourg eux-mêmes n'ont pis os?

condamner Libère, et que même, dit J. deMaisie. ils l'ont absous. Voici à ce soîet ce que ces aul'Mirs metlent dans la bouche de saint Albanase; et es paroles que nous ne croyons pas sùrcrne/u du â.iiiii docteur à cause des interpolations dont n^ms parlons phis haut, prouvent du moins que les On- (Mria/ciir« croyaient à l'orthodoxie du Pape sa. ni Libère : f Libère, dit saint Atlianase (cité p»r ces eiiinMiiis ai'harisés de l'Eglise et des Poiii:!^^ romains), Libère, vaincu par les souffrances d^i"

LIB

d'un rang inférieur. On vil alors briller ovec plus d*éc)al encorn tout en que Ton avait pu nttendre de sa sainteté, de son zèle et de sa science. Les jours de son épiscopat furent des jours de bénédiction pour l*Eg'ise du Mans ; le nombre des fidèles augmenta prodigieusement par la conversion d«'s idolâtres, et )*erreur recula de plus en plus dans les ténèbres.

On dit que, comprenant la grande puissance des solennités ecclésiastiques sur Tesprit des peuples, et rempli d*nn sentiment profond de religion, Liboire s'appliqua h donner au culte divin un développement qu'ils n'avait encore pu acquérir jusqu'alors. Avec ce zèle, et par la prédication continuelle qu'il exerça dans tout son diocèse, pendant la durée entière de son épiscopat, il parvint h fonder dix-sept Eglises en divers lieux. 11 parait même que Liboire parvint à convertir, dans le pays occupé par les Saxons, une population assez nombreuse pour y fonder une communauté chrétienne, et v consacrer une église au vrai Dieu (2154). Les premiers historiens de ce snint évêque concluent son éloge, en disant qu'il fut toujours uni d'une étroite amitié avec saint Martin.

Leur amitié parut surtout au moment où Liboire fut appelé ii jouir de la récompense de ses travaux. Etant tombé, après un long ministère, dans une maladie très-violente, il comprit aussitôt que l'heure de sa mort ne tarderait pas. En même temps, saint Martin, qui se trouvait alors dans sa cité épiscopale, eut une vision céleste, et reçut ordre, par la bouche d'un ange, de se rendre dans la ville du Mans, pour visiter le serviteur de Dieu. Il se bâta d'obéir au Ciel, et partit accompagné de quelques-uns de ses «lisciples. En arrivant, il trouva Liboire ré* duit à l'extrémité, et cependant tout occupé des louanges de Dieu et du bonheur du Ciel.

La présence de saint Martin causa une grande joie è son ami expirant ; mais il n'est donné à personne, dit le narrateur ancien, de rapporter leurs entretiens tout spirituels, tout (é estes, tout divins, et de dire avec c]uels transports mutuels ils se virent; avec (juello douleur ils supportèrent une séparation momentanée. L'un allait recevoir la ronronne éternelle; pour l'autre, elle était ditréréo pour quelque temps encore, et I^Iarlin devait continuer è combaitre pour le camp du Seigneur (2155). Enfin, Liboire rendit son âmo à Dieu, le 23 juillet de ran 300.

Au bpuit de sa mort, on ac( ourut de toutes parts pour honorer sa sépulture, et aussi pour voir le grand Mariin, la merveille de son siècle. Les évoques de la province vinrent, suivant l'usage et la discipline de ces temps. La sainteté de Liboire avait été

DICTIONNAIRE LIC 10 iS

signalée pendant sa vie par plusieurs niiracles, mais elle le fut après sa mort par un bien plu« grand nombre encore (2156); cependant les historiens ne les ont meiUionn>'s que d'une manière générale. On ne connaît, avec leurs circonstances, que ceux qui s'o* pérèrent lors de la Translation de ses reliques, par saint Aldric, à Paderborn en Westphalie, au ix* siècle , comme nous l'avons rapporté (Voy, iota, 1, col. 591, el lom. II, col. 830j.

LICINIUS, empereur. Nous n'avons pas ï reîracer h vie de ce César, qui agit conire les Chrétiens, selon que sa fortune poliliquu baissait ou s'élevait. En 312, Conslanliri ayant entrepris la conqtiète de l'Italie, dont Maxence s'était emparé, Licinius y donna les mains et voulut bien, pour complaire à Constantin, faire cesser la persécution contre les Chrétiens. Constantin, pour affermir leur amitié, lui donna, l'an 313, sa «oeurConsfantîa en mariage; el peu après, Licinins, conservant ses bonnes dispositions pour les Chrétiens, gagna nne bataille qui lui acquit tout l'Orient en moins de quatre mois. Alors, déployant un grand zèle en faveur des disciples*^ de Jésus-Christ, il se mit à punir inhumainement ceux qui les avaient persécutés sous les ordres de Maximien. Mais en 319, croyant voir dans les Chrétiens de ses Etats plus d'inclination pour Constantin que pour lui, il prit en aversion ceux qu il avait voulu protéger, ei l'envie de leur nuire lui suggéra mille moyens. Il chassa d'abord de sa maison tous ceux qui faisaient profession de l'Evanaile, et en fit mourir la plupart. Ensuite, ildéfendil aux évéques de conférer avec les gentils et d'enseigner aux femmes les Lettres saintes. Non content de ces ordonnances dont on se monuait, il b'avisa d'un autre moyen pour détruire les églises : il voulut que les assemblées se fissent hors df^s villes, en pleine campagne, attendu que l'air y était meilleurl

Jusque-là, ce n'étaient guère que des vexations* Bientôt le [César en vint à une persécution ouverte ; persécution qui, bien qu ei e n'ait pas duré longtemps, ne Iais5a pas d'éirc très-cruelle. Il commanda qu'en chaque ville les officiers des gouverneurs fussent casfïés, s'ils ne sacrifiaient aux idoles; plusieurs perdirent ainsi leurs charges. La persécution setJt principalement contre les évoques, qu'il regardait comme ses plus grands ennemis, «à cause, dit un historien, de l'alFectionque Constantin leur témoignait (2157;.»

On compte surtout parmi ces évoques persécutés, saint Basile, évoque d'Apulée dans le Pont ( Voy. son article, tora. Il, col. 1207). Ce fut (lans cette ville, et les autres de la même province, que l'on exerça les p us

de le faire (Voy. Nouv. Traité de diplomatique^ tnm. T, p. 4^3) ; de même les fonclinns A^\ défeii- R^iir, qui donnaient tonl de pouvoir à celui qui en i'ail revô u, furent îles lors dévolues à Tcvêque, el cefureniles vœuxdd peuple qui lui conlicreni telle nouvelle dignité. (M. Aug. Tbicriy, lUciu

dit tempt Mér<nfingiên%t tom. I, p. I9i») (2154) Dom Paul Piolin, Uitt. de fEglhe du

Mans, lom. I, p. 68.

(2t55) Ibid.

(2156) Vita lerlia, n. 17.

(2157) Rolirbaclier, loin. Vî, p. m.

ion

Page 1