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de la religion en seize provinces, » pour la perversion de In France entière.
Trois ans après, « les Français fidèles ou catholiques commençèreut une sainte ligue, une sainte union de la France avec elle-même, pour ta conservation de .son antique» foi (2168). M La Picardie fut la première a donuer rexemple.En]576rJacquesd*Humières« gouvernenr de Péronne et zélé catholique, proposa aux catholiques de cette province «lie former une sainle liguo entre eux ; »
les Jésuites en dressèrent le manifeste, un joune gentilhomme se chargea de la faire signer. Par cet acte, les piéiats^ seigneurs, gentilshommes et lions habitants de la Picardie, tous confrères et associ(^*s, déclaraient qu'ils ne s*é(aient unis que pour maintenir les lois et religion antiques de la niouarcbie. Tous ceux qui signaient s'enga gelaient en même temps k Tonéissance et au secret ; ils se trouvaient répartis, dans la seule province dePicardie,en dix ou douze cantons, à chacun desquels des chefs étaient assignés. £n peu de temps la sainte ligue comprit tous les çei^neurs catholiques de la province, la niagislrature des villes, et presque tous les bourgeois (2169).
A Paris « le premier promoteur de la sainte ligue,» fut Pierre Hennequin, président au parlement. Mais pour faire circuler les listes et recueillir des signatures parmi la bourgeoisie, il employa de préférence deux hommes d'une condition inférieure :
Pierre La Bruyère, parfumeur, et son fils llathieu La Bruyère, conseiller au Châtelet.
Ils commençaient par lire au ligueur récipiendaire un manifeste, tel h peu près que celui qui avait circulé eu Picardie. Cet écrit portait que le but de la ligue était de rétal>lir le service de Dieu selon la forme de l'Eglise catholique ; de maintenir au roi son autorité et l'obéissance de ses sujets, mais sous la réserve des engagements qu'il avait pris lui-même k son sacre ; de rendre aux provinc«*s du royaume toutes les libertés dont elles jouissaient au temps de Clovis, premier roi chrétien, ou de meilleures encore si elles se pouvaient inventer (2170). Le roi Henri III si^na lui-même la li^ue aux [états de Blois (2171), en 1577, où les trois ordres demandaient la .suppression du hugueuo-
tisme en France. Il manqua dès la même année i ses engagements, en accordant aux huguenots des conditions qui y étaient con« iraires ; aussi mit-il dans le traité de pacification un article pour abolir Tune et l'autre ligue, celle des catholiques comme celle des huguenots (2172).
La confédération protestante, dit Sis« mondi, et les alliances qu'elle contractait avec les étrangers, étaient sans doute contraires el i la paix du royaume et à l'exer;cice de l'autorité royale (2173). Nf^anmôins elle continua malgré la défende du roi. La défiance des protestants, dit encore le même auteur, résultant du sentiment de l'infériorité de leurs forces et de la haine à laquelle ils se sentaient en butte, les forgait a de* meurer unis; ils avaient des intérêts communs i traiter, des obligations communes k remplir, et le gouvernement ne s'opposa point è des réunions périodiques des députés des Eglises. Leur exemple, cependant, autorisait les catholiques k faire de même, et l'association de« la sainte ligue, » si elle évita que1f)ue temps de se mettre en évidt^nce, ne fut cependant point suspendue (217^). Elle se maintenait en secret par tout le rojaume, sous la direction des Guise et de la maison de Lorraine. Tous ceux qui étaient attachés de cœur è la religion catholique voyaient avec alarme l'indolence et les vices du roi, l'extinction prochaine des Valois, le droit de succession dévolu à un hérétique, et les révolutions inévitables qui menaçaient la France dans un prochain avenir (2175).
II. Ainsi, ce fut à Péronne, en Picardie, l'une des places fortes que l'édit de Blois (2176) avait cédi^es aux Calvinistes, et qui refusa de les recevoir, que commença cette union dont les membres s'engagèrent h proléi^er la foi contre les ennemis du dedans et du dehors, sans en excepter le roi lui-même. Un grand nombre de villes suivirent avec empressement cet exemple; Paris devint le centre commun des ligueurs, Henri de Guise en fut l'âme (2177).
Il n'est pas de notre tftche d'entrer dans le- détail des faits et gestes de ces guerres et batailles et barricades dites religieuses : tout cela ap))artient h Tbistoire politi-
mis à Pinfliience He l'opinion publîqae, éiaît dès lors organisé en iépiibli<iiic presque aussi €omi»iéipnienl que les Provinces-Unies des P»y$-Ba8 (llhL de France, loin. XX, p. 98). » — i Voilà (Jonc bien neUeiiicnl, aiouie un liislorien de TEgli^e, uu Etal dans un blat, un Etat huguenot dans U France calboliqne : le premier a pour chef ilenri de Navarre, qui a une léie; le second a pour chef Henri de Valois, qui n*a point de tôle. Qui donc sauvera la France, la France de Clovis, de Cbarlcoiagrte , de saiui Louis? (Nous aurions ptéléié dire comme to prolestant Giblioii : la France de* évéqiieê ! ) qui? Après Dieu, c'est la France t:tl<--méme, c*esl la popiilulion Trançaise. Après bieu. honneur à elle! > ( KoUr bâcher, loui. XXIV, p.(t).i6.)
il68) Rohrbacher, ibid.
(il69) bisiiiondi, lom. XIX, p. 369'571.
vil 70; Ibid, p. 577.
(2171) Sismondi, tom. XIX, p. 435.
itili) Ibid., p. 456.
('ÎI73) Ibid.
($l7i) Ibid , p. 4C1 et 46«.
(ii75) Rohrbacher, toni. XXIV, p. 647.
(il7Gi Durant les guerres religieuses du zvi* siècle, itlois fut deux fois le siëfie des élais-génë« rau%, vn 1576^1 en 1588. Aux étals de 1576, Jean Bodin , dépulé du tiers , défendit les prérogatives royales contre les prétentions de la ligue n.iissanie; néanmoins Henri III fut forcé de se mettre tiii-nièiiie à la tèie de la ligne, qu*il ne pouvait fombaltre. Convoqués de nouveau après la journée d<s Barricades (15K8), les états firent de VEdit de rUnion une loi d^Eiat, cl appelèrent le duc du Guise au pouvoir suprême ; mais Henri Hl le fit assassiner.
(âi77) M. A. Gabourd, Bitt. de France, tom. H, p. 508.
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tîODS plus vastes et un caractère plus résolu ; et il est tout à fait impossible d*y ToiruDfait Dassager, conséquence de Tétat de trouble nans lequel le pays a été jeté pur Tinsurrection. Non; ce ne sont pas uniquement de cruelles représailles contre la part que quelques ecclésinstiques ont prise au mouvement national» c'est tout un système froidement conçu et mis en œuvre de fngon à être poursuivi avec un impitoyable acharnement jusqu'à ses derniers résultats. On a résolu d'arracher à la Liihuanie son caractère national, et Ton a compris que, pour le succès d'une telle entreprise, il était d'abord nécessaire de lui enlever sa foi.
Dans ce but infernal, le gouvernement du czaradonné au gouverneur général de la Lithuanie, Mourawieff, des instructions que rclui-ci exécute en véritable bourreau. Il travaille avec une incroyable astuce è dérnriner en Lithuanie tout ce qui en tait une patrie : langue, nationalité, religion, et à y Jeter les semences du moscovisme. Nous aurions quantité de faits à rapporter à Tappui de cette assertion, si nous voulions résumer tout ce que nous apprennent les documents les plus authentiques (2281). Bornonsnous à quelques détails qui donneront du moins une idée de ce qu'ont à souffrir nos pauvres frères dans «^eiie contrée (2-282).
Mourawieiï dirige tous ses offorts pour convertir, ou plutôt pour obtenir des conversions à Vortkodoxie, et il n'est pas de violences qu'il n'emploie (2283J. 11 fait fermer les écoles polonni^es établies dans les paroisses et il les remj)l«ce par des espèces îi'écules communales h la léte desquelles on place des séminariste? venus dvi fond de la Russie. L'usage des abécédaires polonais G>t interdit môme dans les familles ; il ne doit plus y avoir, dans toute la province, que des abécédaires russes. 11 est défendu au clergé catholique d'enseigner le catéchisme en polonais. Les hôpitaux, les mai- .^ons de retraite pour les pauvres et les or-
(iiS\) On peut voir, ciitie aiurcs, Tordonnance dfî Mourawieff, adressée au consistoire calliolique romain de Wilna, le 19 novembre ISOô (ii. 10,516), que lous les jouniaux oui ciléo, et dans laquelle le proconsul prescrit (el t'en coniuii la icrrible sanctton qu*il attache à ses ordoiinauces), i*étuile de la langue russe dans les séminaires, eic.
{tiSi) Ni us les piiisouii da:is une currespondance (talée iïtt Wiliia, le 15 juin 1SG4, et insérée dans Le Monde^ n. du 24 juin uiônie année.
(ii85) Veut-on avoir un exempte (nous ne pouvons en citer (prun seul) de la manière dont ces fOffrer«o»«, quand il y en a, sont 0|>ciées? On trouve, dans une plainte adressée au consistoire caUiolique de Wiina par une cunirérie de Sielce, paroisse du district de P;oujeany, le récit d'une de ces conversions upciée par un oilicier russe, le lieutenant AnluujiT, assisté d'un commissaire de poice. La mi sioii coinineiiçji par Parrestalion du vicaire, le K. F. Ba\kowsky, qui tut amené à Proujcany comme prisonnier; puis tous les liabitanis f:iis.int partie de la conrté> ie Turcut réunis en présexce du cî^siiuissaire de police et du lommissaire militaire, qui tirent immédiatement entuurer Tas- 8«nibiêe de holdats et de cosaques armé* de Couets; Ces nouveaux apotreb n^oiitpasd'auliCii ar|;Hmenisl
DlCTIONN. DB l'HiST. UMY. DE L'£sU5E.
phelins étaient partout administrés et diri-
§és par des Sœurs de charité. Ces saintes lies sont expulsées de ces étahlissements et par conséquent de toute la Liihuanie; on les remplace par des élèves des séminaires orthodoxes venues de la Russie. Dans les asiles ouverts pour les orphelins, tous les enfants catholiques doivent être convertis auschi<(me. Aucune it^te catholique ne peut être célébrée, aucune procession no peut avoir lieu sans ta permission des autorités militaires et civiles.
A peu de distance de Wilna se Iroqve un Calvaire sur la route duquel s'élèvent un certain nombre de chapelles rappelant les principales stations de la Voie douloureuse.
Chaque année, ce Calvaire est, aux fêtes de rinvention et de rEialtation de la Sainte- Croix, le but de nombreux pèlerina:j;es, et toutes les 'paroisses de la ville s'y rendent en procession. Cette année, au jour indiqué pour la cérémonie, Toutorité militaire fit ocr.Uf)er le Calvaire par des troupes. La procession de la cathédrale se vit .arrêter aux portes de l'église, et ce ne fut qu'après do longs pourparlers qu'elle put continuer sa marche, sous la surveillance d'une escorte de cosaques (â28&-).
Enfin, la persécution est telle qu'un grand nombre d'ecclésiastiques, dans le seul diocèse de Wilna, ont été exécutés, déportés en Sibérie, ou gémissont dans les prisons russes. Les correspondances, publiées par les journaux les mieux informés, nous représentent cette province, sous rasfiect to plus sombre : les moissons incendiées, les chAlcaux dévastés et en ruine, les nobles on fuite ou en prison, les paysans décimés pnr la guerre ou les arrestations, la population entière persécutée par les agents moscoviiis qui inondent le pays. Les églises, veuves de leurs pasteurs, restent désertes et fi*rniées pendant que les prêtres sont incareérés dans les forteresses ou envoyés aux confins de la Russie. A Wilna, des femmes ont été souf-
Quand tontes les issues furent bien gardées^ le iieuienant ÂnlonofT tira de sa poche nue déclaration dont les signataires se séparaient de PFI^çIisr cailtnliipie pour passer aux orthodoxes^ et il de» manda aux assistants de la signer. Tous retusèrenl. Alors chaque fière, saisi par un cosaque, fut amené devant le lieutenant, et là, abreuvé d*iigtires, maltraité, battu et mis en sang jus<prâ ce qu'il signât. Quelques-uns nnirent par ce 1er;. à ceux qui ne savaient pas ou qui préleudaiiMit no pas savoir écrire, on demandait de Taire si|;ncrun autre à leur place; puis, tous furent menés à coups de bâton et a coups de fouets dans une église schisnutique pour y faire acte d'adhésion au culte. Et cVst ainsi que s'opèrent les converêions dont le gowernemcni russe se montre lier t
(âi8A) Il faut ajouter avec la correspondance q!iî nous fournit ces détails, que ces faitii se renoiive U Uni chaque jour, et que ces mesures, qui déjà seleiulent à \à plus grande partie de la province < t (loiit l'application rigtmreu>e est prescrite sur tmis les points, ne sont encore qu'un ava:)t-goût des plans que Mourawieff a fait approuver à Saintrétersbourg et qu*il a éié ctiargè de mettre k ciécution.
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iùutenue dam la Déclaration de Vassembli^ dé 1682» je fie croirais pas satisfaire à mes obligations par un simple refUi, en réclamant la liberté de me tenir neutre^ maisjeregar* derais comme un devoir pour moi d'avouer franchement que fai les motifs les plus forts qtii m'obligent à ce refus. Et comme vous me demandez mon opinion, je me crois de même obligé de vous écrire ce, que je pense . Je i>ous dirai donc que je n'approuve pas cette Décla* ration^ et que je ne pourrait lui donner mon adhésion.
IlL Le cardinal complète sa correspondance arec ce môme calme et cette même urbanité. Sur le deuxième article : Le Pape est tenu d^ obéir aux conciles généraux^ il cita dans sa lettre XIV* certaines autorités qui^n modiQent singulièrement le sens, et que des gallicans ne sauraient récuser. Bossuet dit, par exemple : (^an/ auo; concî/ef /enut à Vexclusion duPontife romain^ les Parisiens confessent deux^mémes que^ daprês les plus anciennes règles^ les conciles sans le Pontife romain sont nuls et de nul e^et. Et encore :
Nous avoubns que^dans le droit ecclésiastique, il n*y a rien que le Pape ne puisse lorsque la nécessité le demande. Le cuncilerde B&lo lui-mAtne dit: Les décrets d'un concile ne iUr agent en rien à la puissance du Pape^ que suivant les temps, les lieux, les causes et les personnes, quand Futilité ou la nécessité le conseille, il ne puisse modérer et dispenser, et user du pouvoir discrétionnaire de Souve^ rnin-Ponlife, qui ne peut lui être enlevé. Dans sa XV' lettre, le cardinal Litta cite fort è propos, aux évdques français de 1810, i es paroles de leurs prédécesseurs en 800, nnssi sous un empereur, Charlemagne: Nous n osons pas juger le Siège apostolique ; car c'est par ce Siège et son Vicaire que tous nous sommes jugés. Mais lui-même n'est jugé par personne^ et cela d'après l'usage même de t antiquité : en conséquence , comme le Sou' rerain Pontife aura décidé, nous obéirons canoniquement.
En un mot, tout, dans Touvrage du cardinal Litta s'explique avec une admirnblo clarté et solidité: la doctrine de Tinraillibilité du Pape 'est présentée avec une simplicité de raison qui la fait entendre aux esprits les plus ordinaires. « On voit ici, ajoute un bon juge (2287), à quoi doivent se réduire les déclamations des impies ou les argumenlatioiis des gallicans, sur ces nutres questions, de la souveraineté temporelle des P<ipe5, de l'indépendance des rois , et de la suprématie des conciles, autour desquelles on élève d*ordinaire le ptus de difllcultés. • En 181&, le cardinal LittA, qui était préfet de la Cnnv;régation de l'Index, fut placé à la lèie de celle de la Propagatide, et sVcqiiitta de ces nouvelles fonctions avec fe zèle dont
(2i87) Le Uém. e^ih. de 18i6, toro. V, p. iO\.
\iié^ liolice sur te cardinal Lilta^ placée en lè.e d(! t'étiil, Uc t8il6, t vol. in-ii, do sos Lettres fitr lei quatre ariicleê. Ctsl U nuMllcure étUiitin et h ftoiilt; i|ue rauieur ail revtiecl pcrlVctionnéo, le^ aulrrs avanl éié iiiipiiiiices à sou insu.
(ti89/S. Biibil., DeSpiritu saucie, lib. u, cap. i7;
il avait déjà donné tant de nmuves. Dans le courant de la même année, le Pape«en lefai« sant entrer dans Tordre des évoques , le nomma évôqne de Sabine, et en 1818 le promut à la dignité de cardinal-vicaire. Lo maladie qui le conduisit au (ombeau le surprit en 1820, au milieu d*une visite pastorale de son diocèse de Sabine. Il mourut le l*'mai de la môme année, à Tâgê de 64 ans.
Son corps transporté ii Rome, a été déposé dans Tégliso des saints Jean et Paul in Monte Cœlio. Ce vénérable prélat, qne sa piétés son zèle et ses lumières avaient rendu si cher h toute l'Eglise, dit ua écrivain (2288), doit l'dtre particulièrement ft celle de la France. Ses/e//re5 sur les quatre articles sont comme le testament de son affection pour elle. — Voy. les articles Gallicanisme , — Libertés DE l*Eguse gallicane. '
LITCRGIES ATTRIBUÉES AUX APO- TRES. — Nous avons promis cet article (I. Il, col. 327 ) qui intéresse les origines de TEglise, etqui n^est pas étranger a son histoire, comme on va le voir.
I. On no saurait douter que les ApAtres n'aient établi dans les églises qu'ils ont fondées (Foy. Tarticle Eglises apostoliques), la manière dont on y devait célébrer les saints Mystères. Saint Basile et le Pape saint Célestin le disent positivement (228^9) ; et Tuniformité que Ton y observait dans près-
3ue tomes les églises du monde dès lu temps b saint Augustin, en est une preuve incon** testable (2290) .
Il est également certain que les Apôtres et les autres grands hommes qui ont les premiers réglé ce qu'il faut observer dans nos Mystères, leur ont, selon l'expression saint Basile (2291), conservé le respect qui leur était dû , tes gardant dans le secret et sans les communiquer. Qui des saints Pères, ajoute ce saint docteur (2292), nous a laissé par écrit les prières que Ton dità la con<* sécration de TEuchanstie T Car nous ne nous contentons pas de celles qui sont marquées dans TEvangiie, ou dans les Epttras de saint Paul ; nous en répitons encore d'autres avant et après la consécration, qui nous viennent des anciens, non par écrit, mais par Ja tradition seule. Et certes, si nos liturgies eussent élé écrites dès les premiers siècles de TEglise, les païens, qui étaient si curieux de savoir ce qui se passait dans ies asseiubiées des chrétiens , et qui employaient la violence et les tourments pour tes obliger à livrer ies saintes Ecritures* n'eussent pas manqué de se faire donner aussi les livres qui auraient enseigné la manière de célébrer nos saints Mystères.
Aussi, saint Justin, dans sa relation des cérémonies qui aacompagnaienf la consécration de TEucharidlie , marque assez clai-
S. Cœlcslinii», Papa, EpisL ad Galliarum epiteopos, cap. Il, ;«piui Dutii C<:iIlior. //iw. dei aul. »ac. et §cclé$.^ toiii. I, p. 507 ci siiiv.
(it\)0) S. Aug., episl. 149, ad Pautin.^ei Coale- §liiiiis, ubi supra.
^^2)^• S. U;isil.« ubi $npra.
(ii'ji) Id.f l)c Sfuritu sanclo^ Ilb. n, cap. 27.
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remenl qu(i \es^ prières d'avant et d'après tîctte cons(!^cr6lion n*él<'uenl point écrites, mais que révoque les récitait de mémoire, selon qu*il le pouvait , et probablement comme il les avait apprises de ceux qui IV vaient précédé dans le sacré ministère.
« Le dimanche, dit ce saint martyr, tous les fidèles qui habitent les bourgs voisins ou la campagne s'assemblent en un même lieu; ]h on fait d'abord lecture des écrits des Apôtres ou des Prophètes pendant le temps dont on peut disposer ; puis Tévêque adresse au peuple un discours ))0ur l'exhorter à imiter €0 qu'on vient de lire, après qtjoi nous nous levons tous pour réciter les prières, el engiiiie on offre , comme je l'ai dit, du pain, du vin et de l'eau. Le prélat fait la prière et l'action de grâces iélon quillepeut{iî93)i et le peuple répond Amen. »
IL Mais, tout en accordant que les prescriptions liturgiques primitives n'étaient point écrites, on ne saurait nier que les Apôtres Tie durent établir et [)romnlçuer un ensemble de rites, ensemble supérieur sur tous \^s ])oints à la liturgie mosDi(|ue, et c^est sur quoi il importe d insister (229^).
Le saint concile de Trente, traitant, dans saXXIl' session, des cérémonies augustes du saint sacrifice de la Messe, déclare, avec toute Tautorité de la science et de l'enseignement religieux, qu'il faut rapporter à l'inst.tution apostoliqu^j les bénédictions mystiques, les cierges allumés, les encensements, les babils sacrés, et généralement ious les détails ()ropres è relever la majesté do cette grande action, et h porter TAme des Cdôles à Ta coîitemplalion des choses sublimes cachées dans ce profond mystère, au inoven de ce§ signes do religion et de pi.'ié (2293).
Or, ce saint concile n'était point amené i produire celte assertion par quelque conjecture incertaine, déduite de prémisses vaj^ues; il parlait comme parlaient les premiers siècles. 11 invoquait la tradition primitive, c'est-à-dire apostolique^ comme ravail si éloquemraent invoquée Tertullien, dès le m' siècle, pour rendre raison de tant de rites qui no paraissaient poirrt fon léssurla lettre dL^s saints Evangiles, tels que le renoncement au démon avant le bnplôme, la triple immersion, la confession du baptisé dont elle était précédée; la nourriture du lait et du miel qu'on lui donnait, l'obligation de s'abstenir du bain durant la jsemaine qui suivait le baptême, la communion eucharistique fixée au matin, avant tonte autre nourriture ; les oblations pour les défunts; la défense déjeuner on de prier à
(2293) "Oci^ dvra^iq abzC^, Juslin. Apolog, 2. « Si le prêirc eûl lu alors les prières ci les aclioiis do gr5c(>s dans un Missel, comme nous faisons aujonrit'liiii, sainl J^islin aurail-il dilque K* prélat les f:ii!<ail de sr*n temps selon qu*il le pouvait? » (Doiu Ceillicr, lom. I, p. 508.)
(iiOi) fSous le faisons avec dom Guérangcr dont 1I0U9 cmprunlon» lesi savantes pages sur ce point. Yoy. IintitutiuM lilurgiiiuet, lom. 1, 18&0, p. iici