‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. EncyclChapitre 6 sur 57 · VX · texte numérisé non relu

VX

étant grands prêtres (jb), le Seigneur flt entendre sa parole à Jean, fils de Zacharie, dans le désert, a et lui donna l'ordre de se

Produire dans le monde en qualité de son récurseur.

Il semble, par ces mots, que TEvangélisIe veuille prendre toutes les précautions pour bien établir la vérité de l'htstoire de Jésus- Christ et pour empêcher que les criiiqueâ futurs ne se donnassent la liberté de traiter do faux et de fabuleux ce qu'il en dirait.

Ainsi, il man]ue toutes sortes d'époques, et tous les noms, tant de Tempereur (^ui régnait alors, que de ceux qui gouvernaient, sous son empire, les différentes parties de la Judée, qui n*était plus, comme autrefois, un seul royaume régi par un seul prince, mais qui était séparée en plusieurs provinces particulières, soumises an gouvernement de divers délégués du César romain.

Par toutes ces différentes circonstances, l'Evangéliste fait voir le temps exact de la mission de saint Jean-Baptiste qui devait

S récéder immédiatement la prédication do ésus-Christ, et disposer les Juifs à le recevoir comme le Messie qu'ils attendaient bien à cette époque. Et il y a là un dessein particulier du Saint-Esprit qui conduisait et le cœur et la plume de saint Luc (a). Ce n*est pas, en effet, inutilement qu'il lui fait mar-

li?re à la façon d*an écrivain vulgaire, tanlét comme un narrateur en qui Tartisie altért» au moins légèrement la véracité du témoin ?

il ajoute, — car nous nousen tenons aui généra* lités et nous passons les critiques de détail quM fait subir à la narration de cet évangéliste, critiques que réfute parfaitement M^r Plantier (l'«/nêtruei. paelor. 2* édit.1863, p. 7i-78), — il ajonie, disons-nous, que TEvangile Je saint Luc est Topuvre d*un homme qui clioisit, élague et combine

IVie de Jésust Introd., p. xvi). Sans doute on peut ire cela en un certain sens avec Papprobaiion de Tbisloire.

Saint Luc ouvre loi-même son Evangile par ces paroles : < Parce que plusieurs ont tenté de faire un récit des choses qui se sont accomplies parmi nous, suivant les traditions que nous ont tranémises ceux qui ont vu par eux-mêmes dés le cummenee- Dient et ont été les ministres de la parole, il m*a semblé bon à mol, nui ai tout recueilli dès le prin« cipe avec un soin ailigent, de vous Tertre avec ordre, excellent Théophile, aftn que vous sachiez Texacte vérité de ce dont vous avez été instruit {Lue, I. i-4).iOr, quand, pour éciaircir cette déclaration de saint Luc, on rapproche les souvenirs des premiers temps, on volt que de faux évangé listes, c*esl-à-ilire des écrivains hérétiques, sum:>ient sur les pas des Apôtres et dans les région.^ qu'ails avaient initiées à la foi, des doctrines pcr verses et des ouvrages empoisonnés, prétendant que c*étaient là les enseignements des Apôties eux-mêmes (Ëuscbe, tfisf., lib. m. cap. i4). Saint Paul fut soumis à cette desunée coaime les autres ; et saint Luc, sou disciple bien -aimé, le comiagnon de toutes ses courses, le défenseur dévoué de ses prédications et de sa reuonunée — (Vog. notre article Luc (Saint) — , voulant dissiper toutes les manœuvres de Terreur, calmer les inquiétudes des fidèles, maintenir dans toute son intégrité This* toire du Sauveur et la théologie de son Matue, entreprit, $ou$ Ciuipiraiiom du Saint-Eeprii^ la rédactioB de son Evangile.

Pour en composer le tissu, Il mit eu œuvre soit

DISCOURS SUR LA VIE DE N.-S. JESUS-CHRIST

LU

quer et l'année du règne de Temperenr et les 000)8 de taot de profînces, et de tous les gouverneurs. Bêi^ce que Dieu se mef en peine de ce qui regarde le$ bœufe (b) ? disait autrefois saint Paul, en parlant d*une prescription de la loi ancienne; et nous pouvons bien dire de môme : Est-r.e que Dieu se mettait en peine de tous ces noms de gouverneurs et de princes de ce monde? Non assurément. Mais il était de sa Providence de faire servir ces noms mêmes à établir la certitude de l'établissement (le sa nouvelle religion ; car il fallait que 1*00 sût, et en quel temps, et sous quel emfierenr» et sous auels gouverneurs de la Judée, et sous quels grands firétres Tordre fut donné d*En-Haot au saint Précurseur de Jésus-Christ de sortir de son désert, de rompre ou silence de trente années et de venir annoncer aoi Juifs l'Avènement du Messie, afin qu'on ne pût s'y tromper.

El c'est lèy remarqnons-le bien, c'est \h le caractère particulier qui distingue l'histoire du christianisme de toutes les histoires (c)« L'obscurité est à toutes les origines de celles-ci, tandis que la plus vive et la plus nette lumière éclaire le berceau de cellelà (d) : et c'est le héros lui-même de cette histoire qui est la lumière dont il illumine tout autour de lui, et dont les pages de son

Lin

Evangile sont éclatantes. Toute histoire

Ï)Alit auprès de ce lumineux caractère, « et es faits de Socrate, dont personne ne doute, sont moins attestés que ceux de Jésus^^ Christ {€). » De sorte que, comme le dit excellemoient Schelling : « Du point de vue même de la philosophie, le christianisme n'est pas une pure conception de l'intelligence, il est autre chose encore : il est un faii et le plue grand de tous, et ce Mi a pour centre la personne du Christ, le Christ tel que l'Evangile nous l'a représenté (/}. »

Jean-Baptiste obéit h la voix de son divin Maître, et sortit du désert pour prêcher In pénitence. A ce moment de Thistoire évangéli(|ue, et avant même que Jésus eût abordé la vie publique, la Loi ancienne de rigueur et de dureté, cette loi tout entière se déclarait destinée à flnir pour être remplacée par une loi nouvelle et plus parfaite. Cette doctrine remplit les livres de l'Ancien Testament.; il n'est pas un prophète qui ne Tait hautement proclamée ; et quand les temps marqués pour TAvénement du Messie furent arrivés, c'était la persuasion générale de tout le peuple juif qui Tavait lui-même reçue de ses aïeux. Tout ceci, d'ailleurs, fut pleinement confirmé par la mission de Jean- Baptiste qui parut précisément au milieu de ces préoccupations publiques {g).

les récits qa*îl tenail de TApélre saint Paul, toit les (léuiit qu'il avaii recueillis de la bouche des autres Apélres ou discipitss de Jésus-Christ, ainsi fluM nous rapprend lut-niéme (Eusèhe, uf supra ; Luc. I. i-4 ; Epiphao., libres. 51, n. 7) • Avec Tlnlentioii qui lui fit exécuter ce travail, on conçoit qull ckawsse les docanients pour éviter les apocryphes ; on comprend qu'il élague tous les eléiiieats parasites que les novateurs peuvent avoir greflës sur les soucbes des vraies traditions évangéliqufs ; on admet qu*il combiae son récit de manière ^ réfuter complètement et par ordre toutes les fausses légendes nue Tiionime de mensonge avait jetées au milieu des Eglises naissantes.

Si notre crifi^ n*était allé que Jusque-là, il aurait pu avoir ralaou. Mais quand il nous représente aaint Lue comme un artiste humain, n'ayant d*autre but que de faire une coniposiiiou rëguiiére, éliminant ce qai peut blesser, ajoutant ce qui peut faire iiupression et grandissant son héros, combinant les éléments de ses discours et de ses narra* tions pour produire des effets plus ou moins dramatiques, bétrissant et seulplant son Ëvangile cumiue on le ferait, non pas pour une histoire, mais pour un simple roman, ce tt*est pas seulement se moquer de la foi, c*est encore se jouer de i*hisioire, de la scleuee et de la critique.

yè) I Cor. IX, 19.

{e) Renaa D*a pu s*empècher d'en être frappé : tnr une singularité rare eu histoire, dit«il, noua voyons tMcn mieui ce qui s*est passé dans le monde chrétien de Tan 5u à Tan 75, que dans les temps moins reculés i^Vts de Jésus f lnirod,,p. vi).» Le iiénétfce de cette observation, dit M. Nicolas, s'attache presque exclusivement aux écrits du Mou* vcae Teatameut et plu» paniculièreuient aux Evangiles {La dimnilé deJéêus-^hrist, etc.. p. 160, loi).

(rf) Le cbriMiauàsme, dit M. IL Vrallon {La vie ae Jésus et son uousel kistorien, f édil. p. 6ë), ne pouvait avuir uue origine de liatard. Une rel^en qui a vaincu le luonUc rtmiain, subjugué lea bar-

bares, transformé la civilisation ; qui a enfanté les peuples modernes et dominé les plus beaux siècles

de leur littérature et de leur histoire, cette

religion n^est pas un accident qui auiaii pu lout aussi bien ne pas être ; et M. Kenan, dans un livre consacré aux origines du christianisme, n*a mi nier cela, et s'il n'y voit plus une cause surnaiurelîe^ il lui cherche du moins un milieu extraordinaire.

le) J.-J. Rousseau, Emile, liv. iv.

if) Schelling, DISCOURS d'ouvbrtdm, Berlin, Rev. iudép. I"mai I84S. — En ceci, il faut le dire, Kenan se sépare de Strauss, qui ne voyait, lui, dans Jésus, qu'un idéal théologique et légendaire : c M. Strauss, dit Renan diAit nous avons déjà vu dans une note précédente (au { IV de ee Oiscoum) le jugement sur ce critique allemand, M. Strauss s*e8t tiompé dans sa tliéorle sur la rédaction des Evangiles, et son livre a, selon moi, le tort de se tenir beaucoup trop sur le terrain théologiquey et trop peu *ur le terrain historique {Vie de Jésus, lutrod., p. VIII}. I II est vrai que, comme nuus Pavons fait remarquer dans la note précitée, Kenan sVfforce ensuite de disculper Strauss d*avoir nié Texistence de Jésus-Christ, etqu*ii appelle < éirauge et absurde calomnie cette opinion qu*on a géiiéialenient de son sysiè.ne. i Mais il a beau dite : sM eat vrai que Strauss reconnaît guM a ciisié un Christ quelconque, il est positif qu'il nie l*eiisteoee du Christ, tel que C Evangile nous ta présenié, es qu*ii en fait un laniéine purement légendaire ou mythioue, ei c*est là ce qui est étrange et absurde. Voy. La vie de Jésus-Christ au point de vue de la science^ ou Réjutation du système de Strauu, par J. Kubo, trad. de rallewand par F. Melteuient, f vol. in-iS, 1843. Mous aurons encore occasion plus loin de montrer que le système de Sirausi u*«st pu moins contraire à rnistu sens.

l'nistutre qu*au bon

{g) Mgr Plaatierf Jja vraie Vie de Jésus^ etc., |Ktil,«tS.

uni DICTIONN. DE L'IIIST

S'appliquani une parole d'Isaïe {h), il so donne pour le Précurseur du Sauveur attendu (ij,et9 en mâme temps, il annonce que Celui dont il est l'ombassadeiir, c'eslè-dire Jésu«, est d*une dignité qui dépasse cent fois celle des prophètes; qu'il effacera les péchés du monde; qu'il fomiera uo nouveau bapième, qu'il fera, dans sa puissiince redoutable, passer tous les hommes parle crible; réservant le bon grain, mais jetant la paille au feu; qu'enfin, sur les bords du Jourdain, après avoir vu Tlilspril- Sainl descendre sur Lui, il a entendu Dieu s'écrier : Cest là mon Fils ticn-aimc , en qui f ai mis toutes mes complaisances^ écoutez-le {]). Dans une autre circonstance, parlant encore de Jésus, il enseigne tout haut que c'est bien là le Fils unique de Diou; que le Père a rois toute sa puissance dans les mains de son Fils ; que croire au Fils, ce serait avoir la vie éternelle; que n*y pas croire, au contraire, ce serait être privé de la vie et appeler sur sa lôte la colère de Dieu [k).

Voilà ce que dit le dernier des firopbètes de l'ancienne loi, celui que les Juifs auraient pris- volontiers pour Elieet pour le Christ lui-même; il publie, avant même que Jésus ait ouvert la bouche au milieu des peuples, que le Fils de Marie sera, pour le monde, un législateur nouveau^ l'instituteur d'une nouvelle alliance, le fondateur du royaume de Dieu qui s'approche, tout autant de titres qui supposent que l'ancienne loi n'est pas loin de tinir, et que rappariiiou du Christ doit en marquer le terme (/). Nous allons voir bien(6t Jésus-Christ, à son tour, parler sur tout ceci et agir en Maître.

Ce divin Sauveur, à l'âge de trente ans, commence lui-même sa carrière évangélique. Venu sûr la terre pour confondre toutes les passions mauvaises, et pour écraser en particulier l'orgueil, ce premier et dernier vice du cœur de l'houiioe, il inaugure son entrée publique dans le monde par rhùmilité (m). Il s'humilie, il est vrai, devant son Précurseur, devant lé plus saint des enfants, des hommes, devant Jean-Baptiste, l'ange de la

(/i) Isa. XL, 3. Cr. MaUh. m, 3 ; Lue. nu 4 ; Joaiu I, i3.

(i) Joan. I, 25.

(j) Math, m loul entier» et Joan. i, 26-34.

(k) Joan. ui, 55, 56.

(/iMgr Plaiitier, La vraie Vie de Jésus, etc., pag. Î22, îio.

(iiO làiit. de la Vie de N.-S. Jésus-ChriH, par le P. de Ligiiy, part. i.

(/i) Matth, XI, il. Voir V HiHoire de Jésus-Ckwisi^ par U. Foissel, 1 vol. h\H, 1857, V éUit. p. 109, et notre article de Jban Baptistk (SaiutJ.

(0) Luc. u, 7, 14, 15, 29, 3i, 34, 38.

(p) Ibid.^ m, 22; et Uatih. ni, 17; xvu, 3; Il Peir. I, 17.

{q) Si les Chrétiens, il faut le dire, niécoiinaia-' sent trop ces Mystères d'atuiissemeiit et dHiumilité, les incrédules, les li(i^ref penseurs, eu^ les dédaignent et les méprisent. Ne venons-nous pas de voir Kenan éviter, noo-^euJeineiitUeililéeui, mais tous les Mystères de rEnlaiice du Sauveur, toutes ces scènes suDlimcs et touchantes de TAunonciation, de la

. UNIV. DE L'EGLISE. wiv

solitude, mais homme après tout, et malgré la sainteté de sa vie et les rigueurs de sa pénitence, bien inférieur au dernier des Anges qui voient Dieu face è face (n). Il vient, cet Agneau sans tache, s'incliner sous la main de son parent selon la chair, et recevoir le baptême et la péniieoce. 11 se met h la suite des pécheurs : \i en avait pris Tombre, il eu assumait les conséquences. Mais son Père se chargeait de le gloiifier.

Le Sauveur naît dans une étable ; les anges, les bergers, les rois l'y adorent. Il veut être olfert au temple comme premier-né et paver sa rançon comme un captif et un coupable, et voici que le grand prêtre Siméon le proclame le Sauveur du monde; Anne, la

ttrophélesse, publie à haute voix qu*il sera e Rédempteur dlsraël (o). Il prend place parmi les pécheurs sur les rives du Jonntaio, et le Saint-Esprit descend et s'arrête sur lui sous la figure corporelle d'une colombe.

Le Père dit avec amour : « Vous êtes mon Fils bien-aimé; c'est en vous que j*ai mis toute mon alTection (p). » Ainsi, Jésus pour s*êlre abaissé, humilié, est eialté, glorifié, béni par s.on Pèrel

Mais, hélas 1 tous ces mystères de la vie humble et cachée de Jésus nous échappent, ou plutôt sont méprisés, dédaignés (9). « Il .n*est personne aujourd'hui, dit un écrivain, qui n'admire, qui n'exalte ctnegloritie Jésus-Christ docteur, Jésus-Christ consolateur, Jésus-Christ réformateur. Il n*ést pas même jusqu'au Jésuâ crucitlé, autrefois scandale aux Juifs et folie aux gentils, qui ne soit accepté comme un héros de constance, de grandeur d'&me, de dévouement à la cause du (^enre humain dont il est mort la viciiipe. Tout cela est reçu, parce que, dans tout cela, l'orgueil peut se retrouver, en imputant à un homme et à l'humanité dans cet homme des vertus qui nous flattent et dont on reçoit l'encens. Mais Dieu Enfant, Dieu dans les langes. Dieu dans la crèche, dans le sein, dans les bras de Marie, et Marie même honorée comme si «lie était réel<lement Mère de Dieu» et parce qu'elle est Mire de Dieu : tout cela est dédaigné, et

Nativité, de la Présentation, de la Fuite en Rgjpte et de la Vie eaciiée à Nazareth, toutes choses <»u- Mitties que nous n'avons pu, liélas! qu'indiquer en courant, mais sur lesquelles, du moins, nous tenons il insister quelque peu ? < La raison d*ari c$t un bon guide, » dit Renan ; c'est pourquoi il la f.iule aux pieds, aussi bien que la raison liislorique, pour ne suivre que la raison d'impiété. Quelle autre raison, en effet, a pu lui faire supprimer aussi arbitrairémem, dans une Vie deJétus^ des Taits aussi importants, des récits aussi véridiques, des ta- UJeaux aussi inspirateurs de l'art et qui nous eut valu Unt de eliefs-d'œuvre ? D*où leur est venu le privilège d'éire dissimulés et lacérés, plutôt que les autres parties du même Evangile ? La clu^se est claire, et M. Renan la confesse en la cachaot : c'est que la divinité du Saavenr reçoit, de la terre et du ciel, dans ces Mystères de soli Enfance, les léniûîgnages les plus éclatants de prophétique adoration {La divinité de JéiUs-ChrUt^ etc., par M. A. Nicolas, p. 276). »

L&f Discoutts sua LA vu

l>aaiX|Soi7 parce 4410 ioo4 cela oe Deul Atre ▼rai que « Jé&us-Cbrist e>l réellement Dieu. |>arce que rbomiiie n'a aucune part, Rejoue auiun rôle dans cea mystères; ne sert qu'à buœilier Dieu , et qu*à être un instniDieot passif de la grande leçon d*humi- Irté que ce Dieu humilié nous y donne; l^rce qu*en6n, tout le développement de la vie de Jésus-Ghri<*t et de sou œuvre en rernit on sens absolu, rigoureux, pratique de Divinité (r).

Après son baptême « le divin Sauveur quiila le Jourdain et se rendit an désert l>our jeûner et prier (lendant quarante jours. Jaloux de tant de sainteté, le démon essaye d'égarer son esprit et de corrompre son rœor. Use transforme en ange de lumière, et comme il voit Tinutilité de ce stratagème, il se démasque et lui pomet Tempire du monde et ses joies. Jésus te réfute et le chasse fMir sa parole sacrée. Les Anges de' Dieu accourent auprès de leur Mattre et le servent de leurs mains. Sa carrière publique est commencée, et il a débulé par un trait touchant de sa mansuétude, f)ar le mhracle de Cana; miracle, a dit Bossuet,qui tient encore pins de la bonté que de la puissance ett qui représente ce que Jésus-Christ est venu faire en ce monde : foi des disci- Hea« commeooement de TKglisp; interven* lioQ de Marie, communion des Saints; meilleur via pour la fin du repas, doctrine par-

(r) M. A. Nieelas, ElwAeu tw la Ykrge Marie et le PimnéMm^ lem.l, 1856, î'édii. lolrud., p. xl, xi 1.

U) BtfssiieU réaunié par 11. Veuillot, qai ajouie : c On peut ^ucer par tVxpoté de ce qu'ont dii Its Pères du miracle «le Gaiia, c combien Jésus demeure Cdcbé dans rEvangîle à nul le vout trouver iins demander les lumières de TEglise; el l*on petii juger du respect qu*oi)i pour leurs tuteurs et pMr eoi-mètiies les hiHorienê qui se conieutent de dire, à propos de Cana, que Jésus se plaisait ao HOflveBCiii des Tètes privées, et qu'un de ses miradesM taii pour égayer uiia accède petite ville. 1 iU Yk 4e li0lr£'Sei§neHf JéHt$*CkriU, i« éJil. Pwtid.

(j) Dans récrit intitulé : rEiangHe el Vllhime. par Emesl Havet, inséré dans la fUtiue du deux Moudee^ août iStiS. et que Mgr Plautier a si soUdeaieiil «i si viclorieuseinoiit réfuté*

(>) Trmet. VIII, in /mm. ; id.. De Sffmb. ad Gatach., liU 11» cap. 5.

<v) Jean, ii, 4. La iradaction 4}u*on vient de lira de ce iezie : Qiûd mihi et libi est^ mulier ? est cette que donne Mgr Planlier dans le passage qu'il ciie de saini Augustiu (ln$l. Pa$t, eoutre Farticle ««*t>iM»i Havet, etc., p. 56, V édil.). Toutes les tradocûOBS ordinaires du Nouveau Testament, il tu vrai, reodeni ainsi ce texte, et Ton iMiirrai^, a !a rigueur, n'en rien dire si certains esprits ne voalaieui pas se servir de ce texte, ainsi rendu, posr lAfiriuer le culte envers uotre divine Mère, C9 poar atf aer, coaime le fait aujottrdMmi Krnest lUveiv Tapliloffiste de Renan, d*iuipréteiidu manqua, de rcspeel ëe)(olre*âeigneHr à Tégardde sa ués- SMAle Mèreh

Am iMd, la vérité est qae ce ne sent pas ici lea ieraaes exacu, absolus de TEvangile, et que par. cv-tse iraduclion, le sens en esi uoubleiuent Modi»hé» Lea icnBca vrais» selen les ialerpi^tes las moins ft«*pecu, comme Calvin, Grotius et Lamennais d^ p^ï% «a cbule, sout ceux-ci : Que fait cela à moi et

DiCnOIUf. DB L*BlâT. UNIV. DE l'EgUSE.

DE NrS. JESUS-CflRIST. ixvi

faite pour le dernier Age» qui doit dorer

jusqua la consommation des stècles;eaa changée en vin , Loi changée en TEvangile, figure en vériêé^ lettre en esprit^ terreur en amour {tj 1 v

L'impiété, pouroulragcr le Fils de Dieu et rabaisser sa très-sainte Mère, a vouln tirer parti de la réponse de Jésus à Marie en cette circonstance (i). Mais combien courte est.sa vue 1 combien misérables sont ses attaq^ies!

Celte parole de Jésus à sa Mère, que rim* pjélé prétend peu respectueuse, n'a point paru telle aux grands docteurs de TEglise :

« Eh quoi I s'écriait saint Augustin (ti), Jésus est il vena par hasard aux noces de Cana pour nous appi*endre (à mépriser nos mères? Non. 11 y avait poiir ainsi dire deux êtres eu Jésus, le DJea et Thomme. Comnae^ Dieu» il n'avait pas de mère; mais conaiiii»' homme» il en avait une. Dans le miracle qn'il s'apprêtait à faire, lequel des deux devdit agir ? Ce n*était pas précisément l'homme , c'était le Dieu ; ce n était pas cette portion de liii-môme qui avait été engendrée nr Marie, c'était le Verbe incarné qui avait fait Marie, mais n'avait point été lait par elle, cl de là vient qu'au moment où Marie deniande un prodige à Jésus, celui-ci , comme si rhumanité disparaissait en lui pour ne laisser place qu'à la divinité, dit à sa Hère : Femme^ qu*y a -l-t7 de commun entre vouê ti moi {v) ? Il ne voit plus la Mère, il ne voit

àvoui f (Calvin, Comment, nur S. Jean; Grotins, Annot. m quai. Evang. ; Lauiennais, JV«««. Tut. trad. nouv« iSol, tom. I, p« 293, note). D*ii«i a4itre côté, le docteur Sepp, dans sa Km d# Jétui'Chriitf rend ainsi ce textb : Est-ee gne eeim nom regarde^ veut et moi ? Ett-ce votre affaire et la mienve ? M. Folsset, Uni. de JévifthriH. dit : Vemme^ qu'eit-ee pour vcm et pour woi? Et M.

Tabbé Glstire, dans sa nouvelle traduction du Nouveau Testament, approuvée ffar le Saint-Siège (I vol. in-t8, 1861), traduit ainsi: FfmiH«, ^u'importeà moi et à vom? (Joan, 11, 4.) Véilà la traduction eiacte du teite, et l'on voit, par Ib, que les paroles de Notre-Seîffneur ont un tout aoirs sens que celui que voudraient leur donner les ad « versaires du culte de Marié. Sur le mot Femme, M. l'abbé Glaire dii en note : c €e mol ne renfermait jamais eliez les llébreui, une idée de mépris Gonune en Trançais. Jésus attaelté à la croix 8*en sert, lorsqu'il recommande, de U manière la plus tendre, sa Mère à son disciple bien ainië. Liï» lioinains et les Grecs donnaient le titre de femme h des princesses ei à des reines, en leur adressant la parole. > Ajoutons que Jésus put bien se servir de cette expression |>oiir exprimer que Marie est bien la Femmes la femme par eveelleuce, le typo de la fenima, Mulier, el pour rappeler la promesse faite à celie dont le Fils devait écraser la tète du serpent (Gen. m, 15.)

Quant à rinierprétaiion des paroles de Notre- Seigneur h sa divine Mère, il en eai qui y voiem une épreuve pour rbumiliié de Marie. Mais il y a plusieurs auiras appliealiaiis de ces paroles dénuées par les saints Uociears, ainsi 4)tte nousie ftil« sons voir en cet endroit; explicauons profondes fi>pl<*4iies de lemièras, qiie résunie écalameni M. Âug. Nicolas, dans son ouvraeç : La Vierge Mark d'aorè* t'Evangile^ 2* part. 1857, p. 593r el auIv. Eiiiln, H ne sera piia inutile de iHter ce que rapporte, à propos de loul ceci, GatlieriHe Emmerich

nvii TMCTIONN. VOL LHIST.

goe la eréaiare. Il était bien mattre de le ffîre. »

Fils de Marie» peuC-on dire encore arec saint Augustin et saint Chrjrsostome, Jésus est sans doute plein de lions sentiments pour sa Hère; mais Fils de Dieu , il doit à son Père un tribut encore plus impérit^ux de respect et de soumission. Ses ordres, telle est la loi souveraine ou plutôt unique qui le gouverne; les moments du Père sont aussi les moments du Fils, et c*est ce que Jésus veut faire entendre quand il répliaue:

Mon heure n*e$t pas tncore arrivée (x). C estk*dire -z « Femme, le Verbe incame ferait ce que votre charité lui deoMnde; mais avant vous, je dois obéir à mon^Père qui est lè-baut. J'attends son heure pour agir; elle n*a pas encore sonné (y). » Quoi de plus raisoDoablel quoi de plus filial 1 Dieu a toa^ jours le droit de passer avant utie créaturoi cette créature fût-elle une mère»

Au reste, il paratt bien que Marie accueillit celte réponse sans tristesse {x\ puisqu*è l'instant même elle dit aux serviteurs, -«- et en leurs personnes, à nous tous Chrétiens,— de* faire tout ce que Jésus leur commanderait : Ouodeumque dixerit vobi$^ faeiie (o). Jésus lui-même, après cette apparente rudesse, accorde à sa Hère ce qu'elle a réclamé. Le changement de Teau en vin s'aocomplit. La chaîne des miracles de Jésus commence; ses disciples se prennent è croire sérieusement en lui, et la gloire de ces merveilles remonte pour ainsi dire tout entière à Marie , dont la prière en a donné le signal (6). Hais c*est assez pour le moment; nous aurons à faire voir dans la suite que, bien loin qne Jésus et ses disciples aient cherché à déprécier Marie i comme ne craint pas de le prétendre l'impiété contemporaine, Jésus et les Evaagé^ listes ont au contraire, dans toutes lea cir«

dans son admirable et si préciense Vk é$ iVorre- S^^eur : t ...Gependaiii Jésus instruisait les convives* La Vierge, qui avait à sur?eitler spécialement celle f^ariie du repas, fit qu'il n*y avait plus de vlii : aiissitél, s'approcliantde son Fils, Elle l4ii rappette la promesse qu'il avait faite. Le divla Sativettr,tuilveêaét de parler de son Père céleste, lui dit : Femme^ »e 90U$ ittquiétez pos, ceci ne doH mu ftaus a^ur ; mon hemre n'en patsMore arrtsds. U H> avait dans cette parole rieu qui dût ehoquer ; si Notre-Seigaeur se servit du nom de femme au lieu de celui de mère, c*est uniquement parce qu'il tlevait en ce moment accomplir sous les jeux de ses dtscirles et de tous ses parents une action mvsiériettse, action dans laquelle II devait apparalire en qualité de Messie, de Fils de Dieu et avec toute la puissance de la Divinité...! (Vie de Iii.'S.Jéi^u»'thrUlt d'aprei k$ viêiem d^Aime CalAerme EmmerUk^ tf voL in-ii, t860, lo». I, p. 301, édU .. GasttiriuJMi. Mém. Catk. tom. IIX, p. 307, vol. de )8U3j. Pour ce qui est de la disiussion philologique du texte qui vient de nous occuper, itotts reavovons à VlCcUdreiëêemmU A, dans VHi^ lotr# de Je9mê''Ckria d^aprèê Uê iexUi coaiemroratns, par M. Foisact, 1- «dit. 1857, p. 4i<^ot Sttiv.

(x) Joan, Il l.

(y) S. Joan. Clirysosi., hom. M it^Joan,; Id.^ Uom. il ; S. August., UA inpra.

UNIV. DE L*BGLTSB. ixvni

constances, eialté, glorifié cette divfm Heine du ciel et de la terre. Nous nous atlacberons avec d'autant plus de bonheur à déveiop^er ce qui tient h Marie Inomaculée, qu*il a est rien qui ne blesse au cœur comme les opprobres prodigués k une Mère qu*on chérit.

Désigné par saint Jean-Baptiste comme l'Agneau que Dieu a destiné pour. effacer les péchés du monde : Eece Agnue Deù eete qui iollit peccùium mundi (c), Jésus mit de suite la main à son ^rand œuvre. Seul il

{»eut, par le prix infini de %c% actes, racheter es hommes de l'iniquité à laquelle ils ont été vendus, mais il ne veut pas travailler seul à notre rédemption. Il lui faut fonder une société nouvelle, son Eglise, royaume céleste et terrestre tout è la fois. Jésus peut k lui seul convertir le monde ; mais, après s*Mre uni è la nature humaine, il ne saurait lui faire un honneur plus grand que de l'as* socier h cette œuvre de salut. Jésus veut donc des coopérateurs, et ces ministres qui doivent être purs comme des esprits angeliques, il les tire d'entre leys hommes et parmi de pauvres pécheurs ignorants et sans culture.

Il choisit douze Apdtres et instKua ainsi le collège apostolique qui existait en germe depuis la première vocation de Pierre. Outre ces Apôtres, il prit soixante-douze disciples pour prêcher et travailler avec lui. Ils commenceront sous ses veut, sous sa direction, sous son impulsions former TEglise; ils la développeront après son Ascension , et comme ils ne seront pas immortels ici-bas , ils la légueront avec leurs pouvoirs sacerdotaux à leurs siicesseurs et ceui«cî è d'autn'squi la perpétueront dans tous lessiècles. André et Simon son frère furent appelés les premiers auprès de la peraonnede rHomme-

(s) c Moi, dit M. Folsaet avec grande valsmi. Je croîs voir un sourire plein de bonté sur les lèvres de Jésus, et, dans notre l:tngue nodeiue et profane, j*ose paraphraser ainsi sa réponse : c Ils ii*oiit plus de vin 1 Convenez, ma mère, que la pnvntioii n'esl pas grande pour vous et pour moi. D*allleur8, que me detnandes«vous T LMicure oè je dois manifester ma puissaiife par des prmtiges n'est pas arrivée encore, i Jésus, évidemment tient à marquer aiiiai que, s'il anticipe (ce.iiHie il va Xt Taire) sur Theure où devaient commencer ses miracles, c*estsuriout par eoiidesceiidauce pour «a Mère. Au sourire de sou Fils, Marie voit bien qu*£lle est exaucée. Aussi dit- elle à ceux qui servaient : t Faites ce quM vous dira, i £i le miracle 8*ac«oiuplit. • (Hui^ de Jésuê-Chmi^ ete., p. Si).

(a) Joan. if, 5.

(é) ibid. 9, 10. 11.

(c) Joan. I, iO, se. Les prophètes avalent anaencé le Messie aussi eu cette qualité. I^oy. iêm* lui, a, l;Jerem. xi, 19. Jésus e^ieel Agneau de Dieu qui par ses souffrances, fondées sur le principe de ta révorsibiltté, efface les pidiés des Immasea, CMUue Tantitype de TAgneau pascal, par le saiic duquel les Israéiiles reçurent pardon «t eràoa {lixod. sM). Yof. U Goomia de Tteute, sess. v^ eau. f .

DISCOURS SUR LA YIE DI N.-S. JESUS-OIRIST

um

Di«o et devinrent ainsi les premiers menibresdu saeM eollége* Ce dernier qai derait être en Dieu le fondement inébranlable de (a nouvelle société, et comme la continuation directe de Jésus sur la terre* regut de la bottcbe de son Mettre le nom de Pterreou de Céphoi qui a fait oublier celai de Simon qu'il portait avant son entrée dans Taposto* at. Après eux YiorentbienldtPhilippe» lac* ques el Jean. A la voix du Sauveur filaiihiea le publicain quitta ses fonctions ponr s'attacher irrévocatfiement à Celui qui choisit qui il veut et comme il le veut parmi les hoiBaM?8 poor en faire Tinstrument de ses jostioes ou de ses miséricordes ; il choisit encore Bartbélemvi Thomas» Jacques fils d'Alpbée, Judas Tnadée» Simon le Cananéen et Judas Isearîote qui devait le trahir un jour.

Mais avant de se les attacher d'une ma* mère définitive, Nôtre-Seigneur alla sur la montagne et passa tonte la nait en prières »

non qu'il eût besoin de ces préparatifs, mais ponr en donner l'exemple a son Eglise qui s'est ftit une loi de l'imiter en ce peint »

comnie nous le voyons ^r les jeûnes et par les retraites dont aile fait toaiours précéder le choix de ses ministres. 11 sépara les douze que nous venons de nommer du miliea de ses autres disciples qui étaient très-nombreux et les appela apéires ou envoyét (d)« « Aiosi relise assistatt par les apôtres k sa propre création, et c'est à ce titre qu'elle est irrécusable quand elle atteste, l'Évangile à la maint qu'elle a réellement reçu du Christ l'investiture des droits et privilèges dont ce Livré sacré fait l'énumératton (a). »

Jésus-Christ, avoes-nous dit il y a un instant, ne tarda pas k faire comprendre qu'il apportait au monde une notweUe alliance , qu'il venait faire toutes choses nouvelles :

ommm nova (f). Nous le voyons effective* ment, dès las premiers voyages au'il fait k Jérusalem, mémeavant l'an Si, parler et agir en ce sens. Recueillons«>en des preuves, sans nous astreindre k l'ordre des faits ou des é|>oqoes.

Le Sauveur déclare k Nicodème qfue bieoiAt, pour entrer dans le royaume des cieux. il nuUra renaître de l'eau et de l'Gsprit. Indiquant ainsi que son baptême sllait remplacer les moyens de régénération consacrés par l'ancienne loi [ci. Il annonce k la Samaritaine que, dans quelque temps, au n*adorera plus seulement k Jéru.«alem, ou k Garixim, mais partout où il y aura des adorateurs en t$pTii tt en viriU (A)« Qu'est-ce k dire? Jésus-Christ, par ces mots, repousse de la religion qu'il fonde ces hommages purement matériels, ces obser-

frf> Sur les A^tret« Isme bohm* leur voeadon, voir le P. de Li^, UiêK dêiawiêdê N.-S. Jéêuê^ Cftffsif pHrt. 1 ; «air aatii aoire arlide : Précis ■HkTeaKKiB DBS ACVBS ass ÂPoimst.

itf) Mgr Plaotier, La vraie Vie de JéiUê^ ci€« m. «t.

ii C«r. V, 17. Vm» dans la Màm. eaêk. lom.

XV. p. ieO« ndre ariicte iniKulé : Que JéiUi^Ckfui a fmU iouttê choue noutilité^ et que mm devom

txt

vances vides de foi, de piété et de cœur, dont. l'ignorance des Samaritains se contentait, et dont l'hypocrisie des Pharisiens faisait paraiie. D/eu, dit-il, eil ee^rit et virité. Il faut qu'on l'adore en eeprii et en térité [i). En esprit, et non pas seulement paries sens ;

Kr le cœur, et non pas seulemeot par les rres; en vérité, et non point par comédie; avec on respect sincère, el non point par une TSine et mensongère ostentation de

C'été. Tel est le sens de Jésus; il ramène culte religieux k son véritable foyer, il veut qu'il parte du centre de l'ftme et ne soit que la manifestation et l'explosion des sentiments de l'ftme elle-même ; il annonça que toutes les adorations émanées de cette source seront plus que Jamais les seules que son Père pourra souffrir (/)•

Et, pour qu on sache bien qu'il a quelque droit à prononcer des oracles sur la destinée du Temple, Jésus le traite comme son propre domaine et le purifie, au grand étonnemeiii des Juifs, d'une foule de marchands qui l'encombrent et transforment la Maison de la prière en une carême de voleurs. G*est la demeure de son Père, il n'entend pas qu'on la profane'. Ainsi donne-tril h comprendre que quand il annonce que le sacrifice désertera ce sanctuaire, il est digne de foi. En même temps qae les lieux d'adoration deviendront plus nombreux, les adorateurs seront plus multipliés eux-mêmes. Jésus n'attend uuo d'être élevé de terre pour attirer tout k Lui ; ju:»- (fue-lk le vrai culte pourra se concentrer dans le peuple Juif; mais alors il n'y aura plus de distinction, ni de barrières ; le Fils unique de Dieu donné au monde confondra tontes les nations en une sente qui adorera Dieu en esprit et en vérité (k).

L'abolition des rites mosaïques est prophétisée, la dilatation sans bornes du i>eu- Kle de Dieu est prédita. La Bn, ou plutôt ï transfiguration de la loi morale va être également annoncée. Dès son Sermon sur la Montagne, Jésus-Christ accomplit cettegrande transformation qui, pour la loi mosaïque, est le signal d'une prochaine déchéance (/).

Le Sermon sur la Montagne I Creusez et fouillez tant qu'il vous plaira dans le vieux Testament et même dans les Talmuds ; interrogez Moïse, Saiomon, Isaîe et:

môme Hillel et Schammaï, prenez le Deutironome, l'Bcclésiaste, el le PtVA^ u&o/A, vous lie trouverez pas une maxime qui de près ou de loin ressemble aux huit Béatitudes énumérées au comniencemeut de ce sublime discours : BtenAeureux les pauvra en esprit! Bienheureux lee doux! Bien'' heureux ceux qui pleurent î^ Bienheureux

umquemeni iuhfe tei eoiee.

{g) Joàn. Ht, 5, 5.

{k\ loan. IV, il, 2i. La etoie vie de Jénrs, ete.| par Mgr Piantier, p. i23.

(i)iaaii. IV, «5, «4.

\)) Msr Piantier, ep. di., p. Sit.

(S) éoan. m. 14, 15. 46.

(/) La vraie We de êétut^ etc., p. tli, 1R4«

Page 1