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WCTIONN. -DE L*HIST. XJNIV. DE L'EOLISK
ceux qui ont faim et êoifde la Juetice i Bienheureux les mieéricordieux! Bienheureux ceux dont le cœur ett pur I Bienheureux tes pacifiques.! Bienheureux ceux qui souf' frent persécution pour la Justice (m)l
Avant Jésus-Cbrisl aucun de ces augustes paradoxes n*^v«iil relenli dans le monde.
Ouel homme se serait hasardé à placer le bouheur dans Tabsence du bonbeur môinet et % demander à la vertu» non pas le désir delà souffrance, noais le cuUeiet la pas* aîon de la douleur! Jésus seul a tenté oelie r^vololion formidable ; la sainte folie de la croix a daté pour lui dujour où il a.pro* noDoé ces grandes paroles, et Tbumanité peut saluer en elles ia plus inouïe de toutes les nouveautés (n).
Oui, dit excellemmenl un rationaliste allemand lui-même» «cette force radicale et fondatrice de rassemblée de la vraie religion éclale en Jésus comme elle D*avait pas fait depuis Moïse. Avec une certitude divine immédiate, sa prophétique puissance annonce les rérités nouvelles» et elle les fait régner. Mais ici plus aucune des violences (]ui se mêlaient à Tanoienne action prophétique. Les dernières traces de la vieille formo ont disparu. Lui seul sait présenter aux tiommes chaque vérité» enveloppée de sa seule lumière» aimable dii seul attrait de son excellence propre. Sa parole n'est plus autre chose que la plus simple {)arole de rhoosme, trantîgurée par la plus divine certitude et le plus calme éclat du vrai. Et c*est ainsi qu'il fonde Téternel royaume de la vraie et parfaite religion qui devait sortir d'Israël» et embrasser bientôt et tous les peuples et tous les hommes. En.
lui se rajeunit aussi l'antique vertu sacerdotale, médiatrice enlre 1 homme et Dieu, ramenant h son Dieu l'homme purifié» mais non plus arrêté dans la vétusté de la loi extérieure et formelle (o) . . . » .
Mi les préceptes de Moïse ne seront donc désormais suffisants ; ni l'on ne devra se coutenler de la justice moitié légale, moitié arbitraire des Scribes et des Pharisiens. Encore une fois, Jésus-Christ a dépassé, a abrogé /j>) la vieille loi qui» au lieu d'être une loi d'amour, n'était qu'une loi de crainte; et aux vertus plus hautes qu'il est ¥enu proclamer st faire régner^ il A donné une discipline élevée.
La prédication de J4su9-Christ ouvrit, du premier mot» devant la conscience humaine des horizons de grandeur et de sacriGce dont, jusqu'à cette heure» elle n'avait pas eu même le soupçon. C'était là manifeste-»
meiU Taurore d'une révélation devant la*
\m)'Slaillu V, 5-10.
\n) Mgr Planlier, on. cit., p. 174, 175.
Jo) Hhtoire du Christ, par £waid, p. 500, .«^'ciié éans ie P. Gratry, Les sophisieSf eic.» p. 30i.
{p) Notre-Seigneur a néanmoias observé en tout, k la leure, la Loi.; et eela jasqu^à ce
8u*il Teut abrogée par TelFusion de soo sang, oin Gttéraiitfer, JFoiss^t. tiisi. Ae Jéêus-Chriêt^ p. 5i«).
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quelle celle du Sinaï ne <!evail pas tarder à s'effacer {q), Oà trouver dans l'ancienne loi quelque chose qui ressemble k la place considérable et jusqu'alors inouïe que Jésus-Christ donne i la charité anus la grande doctrine dont il est le fondateur? Il en fait, comme le dit ftossuet, /'Ame des vertus et l'abrégé de la loi. Jusqu'à Jésus-Christ, ajoute-t-ily on peut dire que la perfection et les effets de cette yerlu n'étaient pas entièrement connus. C'est Jésus-Christ proprement dit q«i nous apprend k nous contenter de Dieu seul (r).
Tonte sa morale, résumant la loi et les prophètes, et les dépassant désormais fs] est contenue tout entière dans ces mots : Atmex Dieu et vos semblables. CesK ce précepte qui a changé la face du monde. Le paganisme n'a jamais demandé qu'on aimêt ses dieux; une telle prescription» du reste, n'eût été qu'une ironie, car les dieux étaient abominables ; et quant aux hommes, qui ont pu leur enseigner la charité fraternelle? Pour se réputer frères ici-bas» il faut avoir ailleurs un Père commun et l'aimer d'abord, a&n d'aimer ensuite ceux jiui participent de sa vie avec nous. Aussi bien, les plus belles maximes ont besoin d'être appuyées par l'exemple ; or, qui songeait à tmourir pour les hommes» quand leur vie méprisée n'était qu'un vil olajet de divertisseroeni entre les mains de tous, grands et petits?
C'est Jésus-Christ seul qui est venu effacer des distinctions oriminelles et rassembler tous les peuples de la terre dans la ebarité.
En proclamant l'unité de Dieu et du génio humain plus haut que ne l'avait fait le Mosaîsme ; en présentant toutes les raees et tous les siècles comme rachetés par le même sang d'un Dieu; en plaçant sur les lèvres de tout homme» libre ou esclave, vainqueur ou vaincu» cette parole d'espérance, de gloire et de vraie fraternité : Noire Pire qui êtes aux cieuœ^ Jésus-Christ a transporté les esprits et les cœurs au-dessus des jalousies internationales, il a créé un royaume unique dont -tout 'homme de bonne volonté peut devenir citoyen, où la vérité est le roi» ia charité la loi, et qui a pour mesure de sa durée l'éternité </)••• Voilà véritablement la création de Jésus-Christ : l'amour de Dieu et du proehain pour obtenir l'entrée dans son royaume.
Ce royaume, Notre-Seigneur en parle dès sa première parole; il présente le Ciel comme le v^ai royaume de Dieu» royaume que ses disciples doivent considérer comme le terme .de leurs destinées ; royaume au*
{q) La vrate vie de Jétus, p. 234.
(r)lkMsuet, Dise, sur /Viiii. tui/v*» n« paft.» ebap. 19, Jésus-^ihrist et sa doctrine.
(s) Voy. Ram. vni, S; vi, 4; xiu, 10; Hehr. n»» 18, 19; Galat. vi» 15; JSp*<«. n» 15; ii Cêr. v» II, etc.
il) Hgr Darboy, arcliev. de Paris, Lett. poster^ surtadisimié d» Jésms-Cfuikh édSi. in- 18» 1864» p. 19.
DISCWHRS sm LA VTË DE N.-S. nSSUS-CHRlST.
quel^far imtureHs n'uuralent aitctin droit, niats dôivl le Christ même va lèafronvrir les portes par son Sang« royaume dans leqner sont admis les élus poiir toute Téternhé*; royaume, dit Jésns-Chrîst^ qui est di$ mainimant au' milieu de vau$ (u), et qui se déreioppe oooime un germe, le phns petit des germes, mais qui sera le plus grand des arbres («)• Et de ce royaume, il en eet
K^usleurs fois question dans le Sermon sur ITonlagne (âr). Jésus j revient un peu plus tard, dans les premiers conseils cpi'il donne à ses apôtres (y). H traite peu de sujets, h quelque moment que ce s^it, sans for- • eer ceux qui récoutent è jeter un regnrd sur ees grandes perspeetires de son règne.
Peut-être (et nous ie verrons) en parle-Ml avec un peu plus d*étendue lorsque sa Passion s'approche, afin qu*on sache bien que a*it doit mourir, c'est parce qu'ii ('aura voulu ; mais s^ii en parle plos courtement avant celte éfioque, il n'en parie pas avec moins de eiarfé. G*est évidemment dans sa penaée un point fondamental de doctrine ; e*esl la oranda raison des devoirs quil impose ; c est la sanction su|>rAme de ses enaetgoeroenis et de ses menaces; c'est le principal devoir sur lequel il compte pour soulever le monde vers les hautes vertus aof quelles il le convie (x). Du reste, nous reirouveronc cet important sujet, et nous dirons un mot s»r les conditions -de la résKsatif>ii du règne' de IMen qui est tout dans Tamour que nous nous devons les uns aux autres (a).
Nouveau par lesperfeetfonnementsqullepporleh la morale, nouveau par Pâme quMI lui donoe, et qui, encore une fois, est l'amour, lacbarité, renseignement de Jésus-Christ «eresl pas nioîna par la sanction sous la^ quelle fi place la morale. « La loi de Moïse, comme ie foit observer Boasoet (b)^ donnait sans doute une première notion de la nature de rame et de sa félicité. Mais les merveilles de la vie ftHurene furent pas alors universellement dévelopfiées. Dieu en avait réitandu quelques éti ocelles dans les anciennes Ecritures» Mais enoore que tes Juilseussent dans les BariltKee quelques promesses dns félicités éterDeliea,etqttevers les temps du Messie oA ellea devaient être déclarées, ils en parlassent beaucoup davantage, comme il parait parles livres delaSagesse et des Maehahées; toute-
9) Mmiik. sMi, M. ».
(s) MûUk. w, 3, 10, \%, iK^ 39. W^ VI, SO, SI ; vil. 13, U, 49.
. (yl Mûttk. x« 28, 39, 41, 42 ; xii, 39, 40, 41.
(m) Mgr Plumier, La vraie VU dg Uius. cic«, p. 3647265.
(fl) Kay. le 1 15 de ea Diicour$,
{k) Diieamrê wr l'kUi. «ihvh ut aopra ; et Mgr Flaalkr, La wrak Via éa Jituê, p. 17a, 47».
{c) Nous faisons rcoïarquer plai loin, dsns oea noie da | te (col. m , tiele 1), que Saliaéor kiiméine eonalate aaile décvépitiide ei celle cerMiplion éoê docirines parani les JaîDi.
id) Joam. X, 24, 25, 31, 32, 33; xjv, g, 9, iO; irftf. 11, 49 ; ^afiA. ni, 17 ; iv, 3. — t Davaiii aiss I, devanik peupK devani lcsaic|tai|aiat diine
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fois cette vérité faisait si peu un dogme fûr« mel et universel de Tancien peuple, que les Sffddncéens, sans le reconnattre, non-seulement étaient admis dans la S^nagosue, mais encore élevés au sacerdoce (cJ.Cest un des caractères du peuple nouveau de poser pour fondement de la religion la foi de la vie future, et ce devait être le fruit de la venue du Messie. C'est pourquoi, noa coulent de nous avoir dit qu^^one vie éternellement heureuse était réiservée aux enfants de Dieu, il nous a dît eu quoi elTe consistait. »
Mais Jésus-Christ n*a pas seulement proclamé fe dogme de la vie future, des récompenses et des peines éternelles, il a encore proclamé le dogme de l'unité divine; iVa proclamé le dogme de la Profîdence; il a proclamé le dogme de la Trinité , et par tt même celui de la divinité personnelle, indépendamment qu*îl n^est presque pas un de ses discours où il ne se donne pour te Christ attendu (d) ; il a fToctamé ie dogme de rincarnation et de la Rédemption ; il a proclamé le dogme de la rémission des péchés; m a proclamé le dogme de la grâce; iLi proclamé le dogme de sa Présence invisible, mars réelle , dans- l'Eglise, pour i^ diriger dans sa conduite et l'assister dans son enseignement; il a proclamé enfln le dogide.de Ta résurrection aes corps, et tout cela avec une autorité qui impose à Tâme et avec une clarté qui la pénètre, Témeut et la persuade (e).
Et ces vérités sublimes, ces dogmes et les' vertus qui en découlent, elles brillent et reffphpndissent à toutes les pages de l*E?angife. Doctrine céleste en effet, simple et belle, élevée et pratique, et par tous ces côtés è la fois, supérieure aux laborienx et stériles systèmes des philosophes !' Jésus- Christ rend vaines et méprisables leurs recherches pleines de curiosité et leurs puérilités pleines d'orsueil , en expliquant au monde avec netteté la nature et hes attributs 4e Dieu , Torigine et la fin de Tbomme, lu sens et Ir portée de la vie. Il renverse par ta base les erreurs accréditées en substituant la vérité au mensonge, tin culte vivant ii une religion d'apparence , l'esprit I la matière et Dieu aux passions divinisées.
H frafipe de ses anathënies ce que les hommes ont adoré, le plaisir, la richesse- et tout
sa vie, dans sa mort, partout, Jésus-Cbriftt se proriame le Fils ée Dfeit, Fils untqne, FTIs égal à son Père, élMt en son Père et son Père en lui. €*e8t là le léatoIgMge i|«*it rend de lai-ntéRie. (fjaeordaîre, 37«Cefiféraiice, fiêkÊtimadeJ4$Hê^hrùt*)^ Rk comme, suivant la rciaarqna de sawi Atliasase (Epitt. 2, ad Serap.)^ < Tout flis esl de la iiiéine essence que son père, autrement 11 est iiDpossiblc unni sait an vrai IHs, » par là mémo ((tie JéBUS se déclaie eenttommeat Fils* de Bicih H te déclare Dieu comHM son Père. — Valr aussi là-ilessiia« Mer Ptamier, La vrah Vie de Htm, p. f 18, 420, i«6, 135 7 et Mgr Darl>ov, Èsemefait. nr la iM* wkriêédeJémê'CkrtÊi^ p, 16, i7«
M Mgr Plautier, aav, ek. p. lit, et Mgr Daa-^ boy, Hik, p. iM.
Lxxv DICriONN. m LHIST.
ce qui est du moiute; il relève de st parole
Cuissante tout 'ce qu*il5 ont abaissé': la fai« lesse, la pauvreté, les larmes, l'obscuriié, I les souffrances. Il va droit h la source du ^ mal : parce que TAme est corrompue par Torgueil, la cupidité et les convoitises do toutes sortes, il loue et prescrit TtiumiLilé» le détachement des choses sensibles, la pureté* l'abandon à la Providence ; il rappelle et ramène Tespril b ^on naturel et primitif empire sur les sens qu'il doit diriger eu maître, et noa piss suivre en esclave.
En un mot, « notre idéal moral nous vient Téritablemeût et uniuuea^eni de Jésus-Christ lui-même. Il a élevé la conscience humaine l une hauteur au*elle n*avait jamais connue avant lui (/). Jésus-Christ est devenu notre conscience, laquelle n'est plus seulement humaine » mais chrétienne. Et il a, par li, magnifiquem.^nl jpstifiécequiaétédit de lut, qu*i/ était la 'lumière qui éclaire tout homme venant dans ce monde; et ce qu'il a dit de lui-m6me : Je euU le principe; je suie la vérité (a).. ^
Non - seulement Notre*Seigneur Jésu»- Christ inculquait sa doctrine sublime à ses disciples, à tous ceux qui le suivaient et qui venaii'nt en foule pour l'entendre, mais encore il l'appuyait et la confirmait par ses cenvres; non-seulement il Instruisait sùb apôtrps, mais il leur accordait aussi le pouvoir de guérir les maladies et de chasser les démons.
Sans parler des griees intérieures dont il s'était servi pour les attirer & lui, il avait fait en leur présence plusieurs prodiges éclatants. Il avait, nous 1 avons vu» aux noces de Cana, sous les veux et à la demande de sa sainte Mère , cnangé Teau en vin, at plus tard guéri le fils d^ua centenier et la Mile-mère de saint Pierre» une hémorrholsse et un paralytique, délivré un possédé du démon qui le L'a^)tivait, apaisé la mer en fiireur, rendu la vue à plusieurs aveugles et la vie à des morts. Bien que le but princi})al de sa mission fût de sauver les âmes et de les sanctifier^ il ne négligeait pas les corps : il les délivrait des infirmités auxquelles le péché les a assujettis* Aussi les populaiiooa accouraient-elles de toutes parts; les sourdsmuets^ les lunatiques, les lépreux, les poi^ sédés lui étaient présentés avec empresee^ ment; parfois même on descendait les pauvres malados par de larges brèches faites aux toits des maisons où Jésus était veau prendre son repos ou un peu do sommeil.
Jamais persouue ne se retira d'auprès de lui sans avoir obtenu une faveur temporelle ou spirituelle ei souvent les deux h la fois.
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