‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. EncyclChapitre 8 sur 57 · UNIV. DS L'EGLISE · texte numérisé non relu

UNIV. DS L'EGLISE

Aosai bien tous lea inîraelea de Jésus- Cbrial avalent-ite poiir fis de relever le monde moraW de guérir l'Ame, môme lorsqu'il paraissait ne soulager que les corps.

« Les miracles de Notre-Seigueur, dit exeellemment un émineot orateur, éiaieui en même tempe des figures. Le monde moral renferme autaRl de misères que le moAde matériel, il en renferme même de plus

{;randes et de {dus nombreuses. Ois en souageant celles du monde maié.^îeU Netre- Seigoeur disait l'assistance qu'il ai^portait k celtes du monde moral ; ses œuvres visir blés révélakni ses <»uvres invisibks, et il ne se montrait si bon« si compatissaat, u .

miséricordieux dans l'ordre de la nature que pour ftire connattre qu'il l'était autapl et encore plus daoe l'ordre de la grii-e Ih). »

Oui , noua le savonSt disait Àrnobe auE incrédules de son tiMops , « oui le Christ a ouvert les oreilles des sourds , guéri la eécité des aveugles, donné laparoleaiox muets, le mouvement des articulations et des membres aux paralytiques, la marche régulière et ferme aux boiteux» guéri enfin toutes les infirmitèa que l'impitojable maladie peut infliger au corps de l'bomoM; ei Bêla fiar le eoniaot de sa maûi • par un soi» de sa voix , ()ar un aommaudemeni de son auioriié :

montrez-moi, ajoutait le grand écrivain, Biontrez-rmoi des prodiges iaita avee autant d'éclat et de facilité par cou de vos duMic qui viennent en aide anx mîeèrea ei aux périls des mortels (i)I » ^ ^ ^ , ,

C'est qu'en effet, d'après les règles les plus rigoureuses eoaime les piua certaines de la vraie critique hisiorique^ il n'y a (>as dans toute l histoire de iaits mieux avérés, plus indubitables que les miractos évangéliques. Qui ne sent comme Arnobe, l'immense portée d'un pareil résultat? Notre-6eigneur a opéré en grand nombre les prodiges les plus éclatants, et il les a opteés en preuve de sa céleste misnon , en preuve de sa divinité. Ses ceuvres démODireiit aa divinité, en même temps qu'ellee appuieai al .confirment sa doctrine ; et nous le voyons luimôme invoquer expressément ceU& preuve et nous en faire sentir la force ei la solidité dans plus d'une occasion {]) : « J*ai, diaait ce divin Hatlre, j*ai un témoignage plus grand que celui de Jean ; car les oeuvres que m'a doti- 4iées mon Père afin que ie lesaccomplisse, les œuvres mêmes que je lais , rendent témoignage que mon Père m'a envoyé^*). » Et encore : « Les œuvres que Je fais au nom de mon Père, rendeut témoignage de moi (/). »

Donc il est l'envoyé de Dieu ; donc il est Dieu lui-môme .- car la toute-puissance divine, seule cause capable de produire des

(/) Renan a élé Mk%é da le cooslaier : i La mo* rate évaiifëlîque, dit-il, es( la phis bama créAiian nui sait Boriie de la couscienee liuMiaîiie, le plus beaa code de la vie parCaUe 4|irattcun Niamlisie M iracé (Vi< deléêue, p. U). > Ct Jésus eeêie pour riiumaniié un c priw^ipe iiiépuUaUa de reuaissan^ «et morales» i. (nt.i p. 45.)

la) M. A. Nicolas, La DivinUé de JéêueChm^ cic;,p.240,24i.

ih) M. ral>lié Deguerry, U fmntc^MtloM de rhomme par Netre^^ei^mur iémê-^hmt^ i vol.

(i) Arnobe, Aéven. Geni., lié. i, eap. 48.

<)) Mgr Darboy, Leii. poêi., m supra, p. «; rabl>é Crelier, outr. eàin P* 481.

;) Jomi. V, 5a.

h) JiMM. Il, 24. —Après .ses paraiea farnelloa, ei-caiWa^uanaas avons rappsvtèei dans uae iia<a

WSOOURS SUR LA V!B DE N.-S. JESDS-CHMST.

LlXTll

t'ffcls si manifestrmeat supérieurs à looles les forces de la aaiurct ne saurait élre mise au service de l'imposture et de l'impiété; donc encore le cbristiaoisme est yrai et di- Tin : telles sont les conséquences auxquelles il esl impossible d'écbapper.

Le célèbre Niebuhr, cfui a fait réfolution dans la science historique par Theureuse hardiesse de ses investigations; lui qoJ« par amour de la vérité, a bouleversé le champ fabuleux de la plupart des origines de Thistoire, et qui a reconnu la solidité ioébran* loble des origines du cbristianisme et du grand fait des miracles, qoi en est le premier fondement, Niebuhr a dit : « Il faut, selon moi, croire au grand principe des miracles, ou arriver h cette conclusion absurde, sinon incroyable, que le Christ était un fripon, et que ses disciples furent ses dupes ou des menteurs (m). » Cet argument est admirable, en ce que rincrédulité y est ramenée de ses mille fuites, qu'elle y est acculée et comme Uoquée (n). Sa effet :

Le monde physique diffère de notre monde moral en ce quo les lois du monde physique sont constantes en elles-mêmes, mais non pas nécessaires, et que, dès lors, le miracle oui y déroge est possible : tandis que les lois du monde moral sont, nonseulement constantes , mais nécessaires et absolues, et ooe toute exception à ces lois est impossible. La résurrection d'un mort n'implique pas eontradictioa avec la puissance oui a créé la vie ; au contraire :

tandis qne le mensonge implique eootradiotioD avec la vérité et avec la conscience.

Plus on s'élève à la puissance que révèlent les lois de la nature physique, plus le miracle apparaît comme possible : plus on s'élève è la justice que révèlent les lois de la nature morale, plus leur eompatibilité avec le mensonge apiwralt o« mme im^iossible. Celui qu'on conçoit le plus comme

Souvent faire a<>ehir les lois physiques, ieu, est celui qu'on conçoit le moins comme pouvant iaire fléchir les lois morales.

Là dOM où noua avons d'un cAté les lois

LYX\'fir

physiques, ^de rentre les Idis morales, et que pour prendre parti il iaut absolument neus prononcer sur rinviblabilité des unes ou des autres de ces lois, le doute ne saurait être possible. L'inviolabilité absolue des lois morales nous pousse, en ce ras, k reconnaître la dérogation aux lois physiques :

le miracle. La croyance au miracle repose alors sur la conscience même; elle l'a pour

tarant. C^est ce qui se présente par rapport Notre-Seigneur Jésus*Ghrist et ft se^ mi»

racles. Ses miracles sont possibles, et ils sont hisloriquement ce qu'il y a de plus |>rouvé. L'immoralité en lui esl impossible, étant lui-même (nous avons essayé de le montrer dans le cnapitrequi précède) Tidéal moral. Ses miracles sont donc vrais comme lui<>mêa>e, comme la conscience humaine en Lui. On ne pourrait échapper k cette oon»

clusion qu'en niant cette identification d»

Jésus avec l'idéal moral et avec la cons* cieace humaine (o).

Bt c'est h cette odieuse et révoltante ettrémité qu*en vient rincrédulité, dans »»

misérables systèmes pour échapper au sarnaturell Ohi qu'une âme qui travestit le divin en une sorte de jonglerie est è piaindre 1 Elle ne voit dans le miracle ({ue ce qui n'y est pas ; une question de chimie et de physique; un prestige de Hume, un tourè la Robert Boudin. Elte n'y volt riea de oe qui y est : un phénomène moral et religieux, un témoignage de l'amour divin h laToi de Thomme, ayant son ibyer dans la rencontra de cet amour et de cette foi (p). Concevezvous un témoignage d'amour donné k llmpiétéetk la haine; et ce souverain Amotir s'avilissent jusqu'à se donner lui-même en spectacle è ses ennemis? Il n'est pas un miracle du Sauveur qui n'ait été déterminé par la foi de ceux qui en ont été l'objet, et

Îui n'ait eu pour considérant cette parole :

otre foi vous a iomé (q) ; et il est à remarquer que le divin Sauveur ne Ht plus de Iniracle quand il fut aux mains des Scribes et des Phariaiens, et quMI comparut devant Pilate et devant Hérode. Devant celui-ci.

Méeédeaie (Tsy. eS^dessas col. Lixut, noie d), oè Roire-MsBeur fe proclame partout pour le Christ aitcada, pour le Fils de Dieu, on conçoit à peine que Reaan ait osé dire : c Jé9Ms n'énonr^ pas un moment ridée sacriléae qu'il soii Die«i. Que Jamais Jésus B^alt songé à se faire passer pour une. incarnation de Dîee lal-aiénie, e*eal ce dont on ne saurait deo- 1er (Km ds JéêUê^ p. 15). i l^epuls dls-4iuit siècles cependant le monde civilisé fait plus qu'en daater;«rar U eroll posiiivemeni le contraire. Il est évideal en autre que les Juifs élaieni dans hi mèaM eoavictiea lovsqu*ils accusaiem tous le 8a»vear de jilaepbèuM, et que, par la veii da tribamI sapiÀne da la nation, ils le déclaraieat coup»Wa 'de eriflM eapiul, préettéineat pour avoir éeoitcé cette tdds préiendae secrif^e, et s'être dit le fUê de Ùêeu {Mëith. %%ru fô et suiv. ; M mu. aiv, 64 et saie,; iM€. isn, 70, 71). U'ailleafs^ mvm€ le fait observer M. Tabbé Preppel, t que Jésus ail énoncé Tlddc qu'il est Dieu, c'est ce qui M lassert pas sealsaieiH de tel au tel tcite isolé, mils de rCvanslle tout cutier. i {Examen critique

(m) fficbubr, Rnuê btiiamtmque^ décembre 48M»

(II) Et nul, jusqu'à ce jour, n'a mieus servi à le montrer, qne Renan !

(o) M. A. Nieohs, La dwinitê de ISiu^-ChrUt , etc., p. «50-tli.

{p) C'est de cette inintelligt^nce du miracle qu^est éclose, dans le cerveau de M. Ren»n, Hilée de sa fameuse remmifiioR de pbvsiologistes, de physiciens, de chimistes et de critiques, choisissant le cadavre, désignant la salle où Teipérience d'un miracle de résurrection aurait lieu, et réglant tout le système de préeauiionsnécesaires pour ne laisser prise à aucun doute. Mais II ne parait même pas encore tout 4 fait Bié sur la manière de comaoser cette fameuse commission. Voir là-desstis ses étranges contraiHctlotts dans M. l'abbé Greiler, Eafrmm, etc., p. 105, iOe ; et aur l'absurdité d'une telle Idée, M. A. Nicolas, U dhinité de JéiUê^CkHiU P- Ma et SHiv.

(«) Nous voyons dans quantités d'endroits da rfivaaglle que ie miracle est présenté comme fé^ compense de la Foi. Y. Okt. dt JéèUg-Chmi^ par U. foîssel, p. 19», ta».

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DICTÏONN^ DB L'HIST. UNÏV. DK LEGLÏSE.

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siirtool, qui espérait lui voir faire qtielqae mirae!e pour en repattre sa curinsité, Jésus, iHix diverses demandes qui lui furent adressées* ne répondit rien. Il n*est personne qui ne sente la dignité de ce divin siience(r).

Mais laissons pour uo moment nos pauvres incrédules, qui ferment les jeui h la lumière, et, après avoir entendu Nîebuhr, écoutons Ewald, en qui nous trouvons ee qu'on appelie le dernitr état de la êciincê en Allemagne, et cela chez les rationalistes («}. Or, voici ce qn*il dit au sujet de la puissance de guérison du Sauveur : « Lorsque le Christ paraît et commence son œuvre* tout par lui, et autour de lui, se transforme en un vivant fojer, d*où sortent des actes et des expériences de divine régénération.

Salut des Ames, vigueur des Ames absolument nouvelle, puissance de guérison 8*étendant de TAme jusqu'au corps» et guérissantTAmeet le corps deieurs plus ténébreuses et de leurs plus incurables plaies... Dans tous ces faits de guérison, il opérais par son esprit; tout était pénétré de ce sublime esfirit, qui le conduisait en toute chose, qui jaillissait de lui comme une can vive, par tous ses actes, toutes ses démarches, toutes ses |>aroles, tous ses enseignements.

« L'esprit du Christ alors entrait en acte tout entier; puis, de sa toute-puissance, il agissait sur l'esprit des hommes qui venaient pour être guéris. Lui-même, toujours p!etnement conscient de sa force vtvificatrice, et en même temps tout rempli de la foi la plus pure et la plus aimante pour le suprême et le céleste Père de tout salut ; lui-même, avant chaque œuvre, levait au Ciel son lumineux regard pour y puiser la force. Puis, lui aussi demandait, avant tout, A ceux qu'il allait secourir, la foi dans la présence réelle du royaume de Dieu, et dans la force et la vertu de Dieu. Il ne voulait et ne pouvait guérir que lorsqu'il trouvait une telle foi.

« Voilà ce qu'il faut admettre pour comprendre les effets si extraordinaires de son action. Et quels effets ne devenaient possibles lorsque m haute et puissanlo foi renrontrait celle des Aaies qui voyaient en lui le Messie T.. . Son action était créatrice, raiticale, prodigieuse d'efflcaciié, comme d'ailïeurs sa vie oe chaque jour, vie qu'avant lui aucuu homme n'avait jamais su vivre...

Nous ne pouvons avoir de toute cette partie

(r) M. A. Nicolas, ut Êupra, p. 2t7.

(«) Le P. Grairy, qui ctie celle p:^e que nous allons donner, ei bien d*autres de II. Ewald , nous

dit ceci : c M. Ewald esl aujourd'hui le preuiier peut-être des hébrsîsaiiU et orienlali^tes de VEurope, et Tun des bonimes qui ont le plus spf r^ fuodi toute rbisloire d'Israël (son Hitloireéu CkrUi consiilae le 5* vol. de son niuaire du peuple d'it^ raël)^ sans tsqneUe, comme il le dit fort bien, A propos de M. Renan , Von ne sauraii comprendre Jésos-Cbrist. Or, re savant consommé n*avaii ici nullement en vue d'écrire des pages de piélé poétique, mais il déclare avec raison qu'il appuie U)alesses assertions sur l'exacte réalité bisli^rtqiie, cl ceu là même préciêémeui^ dit«-U, le propre repliai gcientifique de toutes le* miuuliêUBei fichâfcktê de la science allemaude. Ces pages sout un eonsomufeé

de son œuvre une assez haute idée, et nous devons tenir toute la race humaine comme relevée par lui, depuis qu'il a voulu descendre dans le profond abîmé dé ses souffrances.

« Mais, outre ces guérisons qui, d'après tons les documents, étaient son œuvre de tous les jours, et dont le nombre immense n*est qu'indiqué dans ITvangile, it faut particulièrement distinguer d*autres fbits plus -éclatants encore, comme les résurrections de morts, les milliers d'homibes nodrris de quelques pains et de quelques poissons, ?e changement de l'eau en vin, l'apaisement de la tempête, la marche sur les eaux, et les guérisons A distance et par le simple rayonnement de son esprit. Tous ces faits appartiennent certainement aux primitives données évangéliques... Ce sont là les plus hauts moments de sa pnissance sur )e monde extérieur... En Jésus-Christ, Tœuvre de tous les jours n'était qu'une série d'actes de sublime puissance (l). »

Tel est le langage d'un des plus célèbres représentants de la science allemande.

Nos safmnts et crtlifueifrançais feraient bien de s'inspirer de cerartonu/t^me-lft. Du reste, ces actes qu'Ewatd constate et admire se perpétuent jusqu'au milieu de nous. Le cours des miracles n'est point interrompu.

iésus-Chrîst, nous l'avons marqué, a communiqué è ses disciples la puissance de ftire des miracles, et il en a donné dan^ la suite des Ages, et il en donne encore souvent au-

S'ourd^hui, le consolant et viviflant spectacle I son Eglise* « C'est par l'homme et par sa prière, et par sa Uberté, dit uo penseur que nous aimons è citer (u), que se produisent d'ordinaire ou toujours les actes surnaturels, selon l'axiome théologîque : Actue mu^ Îernaiuraleê libère fieri ei (iumano modo.

lais ces actes sont i^arfois éclatants, prodigieux, e'est ce qu'on appelle des miracles.

Jl y a des miracles, il y en eut dans tous les temps, il y en a de nos jours. Il m'a été donné d'en vérifier plusieurs, dont je surs tout aussi certain que de tout autre feit bien constaté. Je les ai vériGés à la lumière de la physique, de la physiologie, de la science comparée, et surtout k Ta lumière de l'attention, et à ta lûmièred une logique qui dépasse de beaucoup, en sévérité, ce que peut soupçonoer l'esprit ioatteoiif du

aciemiaqae de philologie, de phHoeophie vraie, de psvcbologie profonde, le fruit d'noe longue ei assidue comparaison de tous les faits et de ton» tes textes de Thistoire profoiie el tacirée {Lee ai^Aûset, ' «ic.,p.3t3). > Sansdoiie, ooinme nons Tavotis 4é^ renar«}né {Voy* § a, col. xlvi, note a), H manjquo encore heaHcoup de ctioaee à eeUe science; il lui manque surtout la claire confession de la ill« vinitë de Jésus-Christ en sa prapre formule iliéologique. Mais' enliu , ses résiillats tels qii*ils se produisent n*en sont pas moins bons à coiisiaier et à opposer à nos prétendus erHiauei fraiiçaîe.

(/) M. ËwakI, Hhtaire du CArùt, eic, f. xiv el

(u\ [je P. Graftry, Lai iu pkk îêê e$ la rrktface, p. 271 et stiiv.

DISCOURS SUR LA VII DE N.*S. JESUS-CHRIST

(>hi9 grand nombre des lettres. Et je n'ai d'aillears anèté ma conviction, du moirii sur Ton de ces faits, que d*acoord avec plusieurs savants spéciaux, et mtaie célèbres, beaucoup plus compétents que moi. »

Mais pourquoi, ajoute le savant écrivain que nous citons iei, s'il j a des miracles au* jourd'bui même» peut-on croire et soutenir tantôt que le miraeJe est impossible, et tantôt que jamais il n*7 en a eu? Comment les miracles réels n'éclatent-ils pas à tous les yeux, comme un éclair d'un bout à l'antre de rborizon? Le voici. C'est que» d'un côté, ils ne causent aux croyants, surtout aa peuple, aucune surprise. On ne |)ousse au* cuu cri| on n'y va même pas voir, on fait comme saint Louis apiielé à la vérification d'un miracle : « Inutile d'y aller, dit-iij'y crois d'avance (e). »

Oui, les miracles ne eaaseptaux croyants aucune êurpriêê; mais il y a loin de U è prétendre qu'ils n'y voient rien d'exiraordi^ m^ire^ comme l'avance le moderne blasphé* mateur de la vie de Jésus. « L'homme, dit*il superliement, Thomme étranger è toute idée de physique, qui croit qu'en priant il change la marche des nuages, arrête la maladie et la mort même, ne trouve dans le miracle rien d'extraordinaire, puisuue le cours entier des choses est pour lui le ré* aoltat des volontés libres de la Divinité (x). » Mais fisisons d'abord observer qu« ceux qui oroient h l'influence de la prière sur la marche de la nature ne sont pas toujours étrangers k toute idée physique. Newton, Keppler et Leil>nit£ y croyaient autrefois, et cependant toute idée de !a physique ne leur était pas inconnue. De nos jours. Ampère fut un des oracles do la physique, et cependant lui aussi ne croyait-il pas è la toute-puissance de la (irière?

Ensuite, on suppose à tort que celui qui croit k la vertu de la urière, ne trouve rien d'extraordinaire dansiemiracle.il ne trouve rieiA d*mpo$$ibUf c'est vrai ; il va même jusqu'à êire convaincu que le miracle n'a rien da difficile pour Dieu; Dieu s'en joue somme il se joue des. opérations immenses et sans repos c|u*il accomplit au sein de la nature. Mais rîen d'exfroardinatre dans le miracle ! C'est joslement l'opinion opposée qu'en a celui qui croit à la prière. Il dk avec saint Augustin, que le mouvement de la nature est, à la vérité, un miracle coniinoel, mais que sa continuité même finit par dépouiller du caiaclère de miracle ; il ajoute avec le même Père, que Dieu s'est réservé le droit de faire des dérogations au cours régulier de la nature, afin que ces phénomènes, non |>as plus grands, mais plus rares

(v) c MaiBtes fois, é\x le P. Grstry, j'ai éprouvé mai-inéme ce ten4iiiient,.et n*ai pas pris la peiiie de vériBer des faits qui semblaient, en effet, mi* racoleai. Je dels même dire qu*!! y a parmi nous, aa sujet des niiraclefi, une iorle Je. discipline du •eerci. «Mifacula quoque lie ImsudeHiis jacieatur,* ùU an CMicile des liaules (p. Ht}, »

(X) fie dé Jé$uê^ par Renan, p. 40.

(y) S. Auaasliii, in iwn.^ iracr. xsiv.

que les merveilles ordinairos de la création, fissent apprécier celles-ci ft leur véritable valeur Qf). Ainsi précisément, ce qui distin* gue le miracle aux yeux du' croyant, c'est qu'il est insolite, non pas au-dessus du pouvoir de Dieu, mais en dehors de Tordre accoutumé de la nature (x).

Ce sont là les vrais sentimonis des croyants à l'égard des miracles. D'un autre c6té, avons-nous dit, jamais ceux qui n'onâ point en eux la vie surn9tiirelle, ne pour* ronlcroireàaucuofaitsurDatiirel.Ies morte res$u$cUeraienl , dit l'Evangile , guile ne croiraient point (a). L'esprit ne peut en aucune sorte admettre ce dont il n'a en lui aucun germe d'expérience interne. Le mi* xacle frappant les ye\}x de ceux qui sout constitués en état d'incrédulité, et qui veu-^ Jent^r rester, ne peut pas plus leur donner la foi« qu'on ne peut donner la parole à l'a* nimal, en lui adressaotJa parole. Soyons sincères: qu'il y ait douze résurrections da morts bien réelles (6), l'année prochaine, en France, ne prévoyez-vous pas que U plupart des esprits constitués en incrédulité n'en seront nullement émust Ou bien ils refuse* ront de constater les faits, ou, s'ils les con« s talent comme réels, ils concluront ceci-:

« Voilà un nouveau mode d'action des forces de la nature ou de la volonté de l'homme. »

Non ; les athées n'iront pas ï Dieu pour cela. Animatis homo non pereipit ea qum eunt Spiritm Dei^ dit saint Paul ; non poieei inleliigere (c). Ni l'homme renfermé tout entier dans la vie physiologique, h peina vernie par la faculté de parler; ni l'homma pensant, rt renfermé dans la faculté ratiooi*natrice isolée, ne peuvent rien admettre de ce qui est de la vie et de l'esprit de Dieu. U faut l'union réelle et personnelle b Dieu^ pour concevoir les choses de Dieu. Or, il y a malheureusement, entre les hommes, ces trois radicales distinctions, établies, main« tenues par la liberté de chacun : On est et l'on veut être, soit ex voluntale earnie^ soit ex voluntate vtrt, soit ex Deo, comme s'exprime saint Jean (dj.

Si les merveilles éclatantes que Jésus opérait et qui, on peut le dire, naissaient en foule sous ses pas, attiraient les multitudes autour de sa personne sacrée, sa bonté, sa commisération pour les hommes, sa douceur, sa miséricorde, lui gagnaient surtout les cœurs. La foule le suivait au désert et goûtait tant de bonheur h le voir et à l'entendre, qu'elle en oubliait le repos et la nourriture. A deux. fois différentes, il nourrit

(s) Mgr Plantier, La vreie Vie dt Jéiu»^ eie., p.' 95, 90.

la) Lue. XVI, iS.

Ceiwiatées uiéine par la fameuse commissioa Kehan.

(c) I Cor. Il, f t.

(</) In EtuHi. i, 1$; le P. <;ratPft ni ioptef p. 273.

arec ifuelquet pajiis ei qudquoii poissons plosieurs milliers d^boinmes , de femmes et d*eDfaDts. Sa bonté était si grande que chacun pouvait Taborder» et>a compassion si immense qu*il se chargeait véritablement»

comme Tavait dit un. de ses Pr<*pbètes, de toutes les douleurs et de toutes les inCrmitéa humaines.

« mon Sauveur! Vécrie Bossuet^par cette m4rae sensibilité qui vous a fiiit compatir k nos autres mani, vous avez au^si compati ï nos maladies; et vous n*avcz jamais ^uér( tes malades ou ressuscité les rnorts, ou considéré nos maux , que cette tendre compas^ sion de votre cœur attendri ne vous ait ému. Ainsi vous pleurAtes avnnt que de ressusciter Lazare (e). Ainsi vous multiplift* tes les |)ains, touché de compassion du peuple épuisé de travail. Dans une occa sion semblable» vous dites encore : TaipUii tunt $i grande multitude d'hommes^ et tje «a veux pa$ les renvoyer $ans manger, de peur que le$ forcée ne leur manguent. Ces aveugles , qui connaissaient combien vous êtes sensible à nos maux, vous disaient h coups redoublés : Ayez pitié de noue, Seigneur^ fiU de David l Vous écoulâtes leur voix; touché' de compassion , vous miles votre main miséricordieuse sur leurs yeux privés de la lumière, et ils reçurent la vue. Lorsque vous vtles ce sourd et ce muet , ▼ous commençâtes par gémir en levant les

Îeux ail ciel. Vous pleurAtes sur les maleori prochains de Jérusalem. Ce sentiment de compassion vous suivit toujours^ quoiqu'il ne soit pas toujours exprimé. C'est ce Cûeur tendre et compatissant, ce cœur ému de pitié qui sollicitait votre bras puissant en faveur de ceux dont vous voyiez les souffrances. Ainsi cette compassion fut la source -de vos miracles. Ce qui a fait dire h votre Evangéliste que , lorsque vous guérissiez itpus les possédés et tous ceux qui se trouvaient malt cela se faisait pour accomplir celle prédiction du Prophàse : // a pris nos infirmités et il a p^rté nos maladies. Vous les porliez véritablement par la compassion , et vous soulagiez votre cœur en les guérissant (/';.» Hais ne nous lassons point de contempler celte bonté ineffable de notre bon Maître.

Combien (es peuples étaient heureux de le suivre, et quel bonheur c'était pour ceuxqut souffraient de pouvoir seulement toucher les franges et les bords de ses vêtements I On montait sur les arbres pour le contem-

DICTIONN, DE L'UIST. UNIV. DE L'EGLISEL

pler et l*entendre. Parfois la multitude devenait si nombreuse et si compacte, quo Cnir ne contrister personne et mettre tout monde à même de recevoir ses instructions, il commandait à ses disciples d*éloi^ gner un peu de terre le bateau sur lequel il était monté, et de le, il leur aanonçait ia parole de vie.

il aimait de préférenee Tenfanee , fl défendait h Mz apôtres de tenir à distance les petits enfants. Laissez^les venir à n^i^ disait-il; le royaume des tieuxfest pour eux ot pour ceux qui leur ressemblent^ nous montrant ainsi que l*innocence, la simplicité, la droiture sont les qualités qu*il préférait à tout, et les vertus qui conduisent sûrement an ciel. Il condamnait le vice, le péché, le crime; mais il était tout charité pour les Ames qui en étaient devenues les tristes vieiimes. Il mangeait avec les pubiicains, avec les pécheurs; ses calomniateurs en prenaient acte pour l'accuser d'aimer la t>onne chère : Il avait une telle réputation de gravité dans ses mcBurs que ses disciples furent étonnés de le voir une fois s^entreteoir seul avec la Samaritaine. Mais il était si indulgent qu'il permettait aux pécheresses de baiser ses pieds divins, de les arroser de leurs larmes , de les e&suver de leurs cheveux, de répandre des parfums sur son corps. Il les renvoyait absoutes au çrand dépit des Pharisiens toujours ingénieux k essayer de le trouver en faute. Il leur disait : Que ce/wî d'entre vous qui est sans péské lui jette la fremière pierre (g).

On ne le vil que deux fois user de quelque rigueur : la première, contre les profanateurs du Temple , et la seconde, contre i'hyfKicrisie des prêtres et des docteurs de la loi. Il est bien digne de remarque, en effet, que Notre-Seigneur n'a jamais |)arlé sévèrement que des Scribes, des Pharisiens et d'Hérode. Or« on sait que les Scribes et les Pharisiens orgueilleux et hypocrites, étaient des dévots, d une dévotion rigide et formaliste, auxquels Jésus reproche inceatamment et leur hypocrisie et leur orgueil. Et si le Seigneur s'écarte d'Hérode, e'est k cause de son esprit de fourberie : c'est un renard^ dit la parole éternelle {h). Jésus chassa les vendeurs, non avec un fouet muni de grosses cordes, mais de simples petites cordelettes ; encore est-il probable qu'il ne les toucha

Cis et ne voulut que les expulser de la aison de Dieu cour laquelle il brûlait d'ua saint zèle (î).

(e) Nous ne nous arrêterons point U relefer les coupables Ins'mualions de Renan Ik Tendroii de la résurrection de Laxare, résurreclion qu\)n lui aurait imposée f ei tout cela, ô douleur! ô blasplième! pour arriver à dire qne Jésus était un imposteur \ t Si quelque chose est saisissant dans la résurreclion de Lazare, dit M. Nicolas, c*est ia calme, luucJianle et divine initiative de b l)onié de Jésus, dans l'inintelligence et rabattement de tout ce qui l'enloure. Ost peut-être le seul miracJe qu'on ne lui iiit pas demandé, loin qja'oa le lui ait imposé , le uiir;4cle le plus personnel, et, si j'ose ainsi dire, l# miracle do } amitié. Oit ! qu'une 4iiie qui Uavesttt

«iiwt le divin est ignoble et malheureuse t i {La Misiniié de Jé$u/i'Chri$t^ etc., P- ^28, note 2.)

(/) Bossuet, MéditalioHS $ur VEtangile^ dernière semaine, ctv.

(g) Le F. de Ligiiy, Hi$t. de ia Vie de N. S. iiius- Chriit, pnri. n ; le lomte de 8tolt>erg , ibid., ei le docteur Sepp.

(h) lu, et diciîe eulpî ilîi. Lue. xni, SS.

(t) Noos savons liien , éerWiousHtous atlletirs tiréfn. r«lA., tem. XI, Vf»l. de.t855, p. 61), que plusieurs ont une tendance à exagérer la |»ortée de ce (ait. Biais qui oserait afflimer qu*tls ne se trompent point ? D*at»ei^, il s'agit de cordefeuu, de ticelles.

DISCOURS SUR LA VIE DE N.-S. JESU&CHRIST

Sévère k Tendroit des PharisienSt le Sau* vear Jésus était plein de condescendance ei de miséricorde pour tous ceux qui avaient le CGBur droit : la Madeleine, la femme surprime en adultère» la Samaritaine» Matthieu»

Zacbée » Nicodème et tant d'autres fireul rheareuse expérience de sa tolérance et môme de son ineffable tendresse. Il était vena non pour les justes» mais pour les pécheurs. Il se comparait è un bon pasteur qui laisse quatre-vingt-dix-neuf brebis au désert pour courir après celle qui $'est égarée et la rapporter sur ses épaules» triomphant d'allégresse. Il se réjouissait avec le ciel,

filusde la conversion d*un coupable. <iue de a persévérance de quatre-vingt-dix-neuf jutftea.

On découvre vraiment dans Notre-Sei* gneur Jésu&»Chrîst tant de beautés ravis* santés et nouvelles, en le considérant comme ToD de nous, en contemplaiu son humanité distincte de sà divinité, ce qui d'ailleurs e«t orthodoxe (/)» qu*oo ne peut s*arrëter dans cette contemplation. Que de marques d'affectueuses tendresses ce divin Sauveur a données pendant son passage au milieu de nous l 11 pleurait à la vue des infirmes qu'oe lui présentait; il pleurait b la vue des veuves désolées, des sœurs, des frères inconsolaliles qui lui annonçaient la mort d*un fils unique, d*un |)arent objet de leur légitime

affection. Il frémissait en son esprit au spectacle des ravages opérés par la mort» chAti-' nrent du péché. Puis il guérissait les uns et appelait les autres du sein de la tombe pour les rendre pleins de sanlé et de vie è leurs mères et à leurs sœurs chéries. Il versa des torrents de larmes sur J<^rusalem et ne la maudit pas. Il la pressait de se réfugier sous les ailes de sa tendresse et de sa miséricorde pour lui épargner les maux que son déicide devait attirer sur elle. Il dit malheur à Ca« pharnaum (A:), è Corozaîrn et è Bethsalda, mais non pour faire tomber sur elles lé courroux de Dieu : c'était un cri d'amour qui eût converti Sodome et Gomorrhe et les autres cités consumées par le feu du ciel, pour essayer de ramener ces villes orgueilleuses è la pénitence, et la leur faire accepter comme Jonas l'avait fait recevoir aux Ninivrtes. Un jour que ses disciples, après avoir secoué la poussière de leurs pieds contre des cit(^s indociles, le pressaient instamment de lancer sur el les ses foudres ven* geresses, il leur dit : Vous ne $avex pa$ de quel e$prU vou$ iles [/], nous apprenant ainsi que l'esprit de la vieille loi était pas^é, et que Tesprit nouveau, l'esprit de Jésus, c'est-à-dire» l'esprit de douceur et de rnisé^ ricorde, est celui que nous devons suivre uniquement, même è l'égard des plus coupables et de tous les égarés (m^.

IN

éfnntî fageilum de funkuHe (Jinm. ti, 15) ; et pois» rW-n sbsoittiiieni ne ptonve «m Motre-fieigDesr ait cff«*etîvenieiii ImiIs las inarcmimis.

Dom GsliMl, ssf eai endreii ée ssini Jean, éii î « Il prii Iss fiTsmiérea cordes 4|u*il irouvs.» et com» mtaçs à s*eD servir comme de fooel» peur chaiter te» iemfe el U$ moutont sue Von vendait daHi le ^mple. > Le docteur d'Allioli (Nouv. eomm, édit, frsDC, tom. Vltf, p. 479), ne dît rien sur ce verset, et se Gontente d*érrire ceci sur ie Terset suiv:iiil •ft J^iiis ordonne à cens qtd wetÊdeient de$ eelemèee dédier Hnu ula d'ici : t II traita avec émiceur les powres qui veodalenl des colomlies pour les psuvfvs. > Et, si, après eots, os voulait arguer d*MB pssssge de saint Aiiatislio (m Joauu tract, s), il ne fstudraU pas oablior ipie le saint doctcurs^attache surtout en cet endroit au sens spirituel et, qu*es- [cliquant la signification de la corde dont parle fsafe 'cap. T» 18), Il y voit, comme daos celle dont Jésus It un fotiei, les péciiés qui sont comme autant de esféas qui nous lient, nous eadiatneul et nous Oamlteut ; mais le teite sacré » pris en ltti*uiéae» m ia Mlleaient que Jésus ait frappé.

Am surplus» il importe de ne pas perdre de vus 4UU Jésus Càrist, sèt41 frappé » cet aae d*eitrèiue ei sscepliouiieiis risoeur B*apulique» nou point k eeus qui l« méeonnaisseiii. Lui » qui rinsulUnt» le calouNiieui, le persécuteni» le flagellful et l^ toriureui» mais uuiqueuMut k cette eiasse qui (ait de la liaison de son Père une uiaisou de trafic» une esverue de voleurs, el il vient Caire la purification du UMuple lertesure» laquelle él^it le type ei le symtiole de la purification spirituelle. Ce soûl ceui* la» les situsu is uues» que les saint Pierre et les ssiut Gféfoiffe VU eut poursuivis dans Tardeur et dans la pureté de leur leie pour la Maison de Uieu, «-Remarquons aussi que la purification *du temple ^Hi il esc parlé ici eiKsile que Notre^Seigneur fil au commenceiiient de as pcsdieatieu ; tes iroU an<* très evangétisies (Malth. sxi, 12; Mare, s* 15 ; te. AiSi 41) Am uieulio» 4*ttM antte pucificattou

qui eut lien qnelqaes jours avant la Passion.

0') Noos reviendrons nn peu plus loin là-dessns.

(k) On sait que c'est à Capliarnaûm que Notre- Selgnenr s*étail fiié pendant le temps de sa pré* dtcation publique» et Ton peut voir là-dessus d*in« l^U^tHisants détails dans la Vie de iV.-5. Jésuêm Chriêl. d'après les visions de Catherine Emmorich (edit. Casterman, tom. I, p. 12. 276; tom. Il, p. 50, 2i7,255). Et c*éUitpoiir éviter les persécutions de ses ennemis que le Sauveur avnit clioisi ceue ville de prédrence à toute autrC' < Rien, <lit à ce sujet un récent historien delà vie de Notre* Seigneur» deiiiU remarque nousliaratt excellenfe, rien n'était plus aisé à la puissance divine que do briser tous les obstacles et de faire triompher en toute occasion sa mission sublime an moyen des miracles ; mais les miracles ne doivenl-ils pas rester une esception ? Les voies de la Providence penvent-elles être interverties sans cesse ? Jésus fera éclater sa divinité aui yeui de la multitude, en opérant qusutlté de prodigea , Il n*a pas voulu eepen* daut que le cours de sa vie sortit^ des cireonsiances communes» s/iu de mimager la liberté fmmaiae et pour nous servir de modèle. La vérité se montre auB bomrocs à travers un voile» et la fol, eomm* la vertu* est une épreuve et une vietotre. Jé«us éclaire notre istell igence de cLiriésassra vives pour qu'elle soit à Tabri de toute incertitude, mais pas aasea éblouissantes ponr qu'elle se soumette pre** que malgré elle. Dieu nous éclaire alMmdainmeiii ; Il nous accorde en outre la grâce, qui tiieliiie Tes* pris à recevoir la lumière ; mais il etige notre coopération ; il prodigue ses dons, et il eiige en même temps de notre part gratitude et soumiu» sion volontaire. » (M. Tabbé Bouraasé, HiêU de léêUê^Ckriêl^ d'aprèi lee Evauifitei et la ^adi^* léoiu in-8» 1862, liv. iv» p. 147, 148.)

ii) Lue. 11. 6S.

vw) IjO docteur d* Ailloli justifie pleinement notre i4iler|»fétatiou de ce te\ie sacré : Neseiêk /u>«s tfirHUi eeèiê. s Vous ue savez, dit^il, ^ueft esprii

DICTIONN. DE THIST- UNIV. DE I/EGLISB.

LtMtTÎI

El (^iiB tminense miséricorde de noire 'divin Maflre pour tous, « cette inexprioial^lo tendresse pour les bommes même coupables, tendresse qui emprunte, pour donner une idée d'elle-même^ les images les plus touchantes; tendresse qui déclare prendre ses délices ditns l'immolation même de sa vie pour ceux qu^elle aime; tendresse qui, pour s'éterniser, invente les institutions les plus inouïes; tendresse qui, à chaque pas, laisse échapper de son sein les cris les plus émouvants ou les paroles les plus onctueuses; cet admirable équilibre qui fait que )*Amede Jésus, au milieu des secousses les plus violentes, demeure malfressa d'ellemême et répond à des outrages ou à des ingratitudes par des pardons ou des s'ourires ; ces traits et mille autres, que nous rencontrons h toutes les pages des EvangiKs , étaient si délicats, qu'on a peine à comprendre, — pourle remarquer de nouveau M'avantage de l'inspiration divine de ces saints livres (ni, — que des esprits incultes, comme étaient les apôtres, en aient saisi les rayons et reproduit les nuances. Que des disciples lettrés eussent ainsi arrêté cette céleste lumière au passage, déjà ce serait une merveille; mais que Matthieu, que Jean, que Marc et Luc en aient retenu si noblement l'empreinte, les uns sur la foi de leurs propres souvenirs, les autres sur le témoignage de Pierre et de Paul, c'est un prodige cent fois plus étoimant encore. On ne l'eiplique pas en disant qu*ils imaginent Jésus lo).De tels bommes n'tmajrmen^ pas de telles choses; iis ne peuvent que les raconter, et encore, pour les raconter comme ils l'ont fait, il faut qu'ils n'aient pas été seuls. L'impiété contemporaine aura beau se moquer : l'Evangile de ces pauvres mariniers n'en reste pas moins le ulus estimé, le plus admiré, le pt^s vénéré, le plus étudié, le plus couw meoté, le plus attaqué, le plus glorifié et surtout le plus vivifiant et le plus salutaire de tous les livres que remue ici«ba$ la maiti de l'homme : preuve décisive, encore une fois, que lui-même il n'est pas l'œuvre de l*homme (p) I » Mais poursuivons.

Bien quMl fût Roi du ciel et de la terrei

veus pousse. Vous oroyei être poussés pat resprri de Dieu, Uiidis ^e vcnis èies poiibsés pxr Tesprit d^iiiipaUence eL de vengeante qui esmauirel à rboronie. Ou bien : Voua ne savez à quel esprK ' von» êtes appelés par moi, vous ignores que vous devex éiri; doui comme votro Mallre. Vous v«»ules imiter le zùle eiiflammé d'EUe ; vous oubliez donc que c'éiaii là IVsprii de raiieienne loi, oè Dieu devait se montrer comme un Maître ven * gcur* tani que je n*avais point paru dans le monde, et que je n'avais pas pris sur moi les fautes des lioniii es une sa jiiMice était dans la néct'SsUé de punir. Le temps de la grâce est venu, et, ayant apparu pour prendre sur moi la colère da Dieu, le« I é heurs qui ont foi à Toeuvre de la Rédemption que je suis venu aocoinptir, ne doivent éprouver que les effets de la grâce, de la douceur, de ia longanimiié et de Taniour. H y a plus, ce n^est que p.ir la d«iueeur et la ebariié qu'il faut irairiûller à gagner ceui qui se montrent n:l»«Hes. > (Le dor- 'l*AMîeJi, iVouv, Coutmiiif., édik fraiMt. ISS^ vui| p. 5G5.) On ne peut pas trouver une

Lxxwni

Pils de Dieu, Dieu lui-même, notre bon Sau* Teur faisait ses délices de vivre au milieu des pauvres , des obscurs, des délaissés de ce monde d*orgueil où habite Satan [q). Il

{)rèchaît peu dans les grandes cités; il prôërait s'adresser aux gens simples des villages, des hameaux et des moindres bourgades. Son Père l'avait envoyé pour évangéjiser les peliis.It disait : Malheur aux riches, aux favoris de ce monde; heureux ceux qui pleurent, heureux ceux qui ont le cœur droit, heureux ceux qui souffrent persécution pour la justice I II prenait la défense des veuves et des orphelins, et reprochait aux pharisiens le peu de soin qu'ils en avaient, ainsi que la manière astucieuse dont ils l^s dépouillaient, eux qui auraient dû, au contraire, s'en déclarer et s'en conisliluer les protecteurs et les gardiens les plus fidèles i

Il ne voulait pas qu'on brisât le roseau h moitié rompu, ni qu'on éteignît la mèche qui fume encore. Il s'opposait à ce qu'on chargeât les hommes de commandements el d'observances que la loi de Moïse n*avait pas imposés aux adoraleurs du vrai Dieu. Il blâmait fortement les pharisiens de mettre sur les épaules de leurs disciples des fardeaux auiquels ils n'auraient pas voulu loucher du bout du doigt. Il remerciait son frère d'avoir caché ses mystères aux grands ei de les avoir révélés aux petits. Il ordonoaii de prêter sans intérêt, sans espérance aucune de réro Dépense ; de faire le bien»

l'aumône en secret; de laiseer le gatt«!be Ignorer les bonnes œnvres de la droite; d'aimer ses ennemis, de traiter comme amis nos persécuteurs; il renvoyait toute gloire à Dieu; exigeait qu'on ne divulguât point les faveurs et les grâces dont il comblait ceux qui avaient recours k lui, ou celles qu il recevait luJHOQèmû de son Père, comme k sa Transfiguration sur le Thabor (r)«

S'il se plaignit de l'ingratitude des neuf lépreux, il le Qt doucement et ne leur relira pas le bienfait de la santé qu'il leur avait accordé. Il avait dit, ce divin Uattre, ne faire qu'une même chose avec Dieu le Père, el cependant il se faisait appeler presque

meilletire conermaiien de tout oe que nées disons Itri, ei en plusieurs autres endroHa de ce Dictionnaire, sur la eèeesalié de femplol^^ des voies de misérlf orée et d'tmeur, en un moi du pur esprit év»ngélîq«ie, à Fl^ard des égarés et des péctieurs. € On me répète à chaque inatani : liafs les sepliistes méritent-ils donc que voua tous doRnies tant de peine à les poursuivre ? Et je réponds que fofff homme qui •'égare^ ménU qu'on u fatigm à le rechercher ; • parole vraiment évangéiique qui fart honneur au P. Gratrv, ouw. ctl., p. 196.

(ff) Voy. pius haut, au § S de ce IMscours, col. xvi, note b,

(o) Voy. dnns le § 3 de ce Discours la note f^ eol. XXIII, sur ceux qui ne eralgaent pas de dire que les Evangélisies imagineni Jénus,

ip) MgrPlantier, Letir. paaor. oonêtc VarHch êe la Rct. éeêdeuv M^dn, inHîuiés tEwitg. el rhut.p. B. Uwet, 2*édi«. pw M ei 35%

{q) S. Bernard.

(t^ Le P. de LigHf , par^ m, otlts autres aeteors ciccs plus haut.

DISCOURS SUR LA VIE DB N.-S. JESUS-CHRIST

hxvtxx

tOQJoors le FUê de tHomme^ supportant h peine le tiare de Maître; se mettant lui , le premier né entre toutes les créatures, audessous de tous, et voulant servir les antres, lui qui, avant tous les autres, méritait d*êlre servi! Il proscrivait le blasphème, la haine, Timpureté, même les mauvais désirs, Tbypoerisie , Torgueil , le tuensonge, le vol, le meurtre, les querelles, et ne souffrait (>as oième qu'on itt le plus léger serment :

Quand tous parlerez, disait--il, employez e€s mois : ouif oui ; non^ non , cur ee qui est de plus Pienl du mal (s). Il promet fe ciel à ceux qui couvriront de vêtements les pauvres , à ceaiqui visiteront les malades, les infirmes, les prisonniers; il le donne même pour le Terre dVau offert en son nom h celui qui a soif, et pour un peu de pain distribué a celui qui a faim. Il tient comme fait à luimême, ce qu'on fait par amour au dernier des hommes. Il maudit ceux qui scandalisent lesenfauts. 11 vaudrait mieux, ajoutet-ily qu'où leurattach&t une meule de moulin au cou et qu'on les précipilAt dans la mer que d'être une occasion et une ca\ise de chute' pour Tun de ces petits qui ont leurs anges dans le ciel...

C'est par de tels exemples, de tels enseignements, et bien d'autres encore qu*il nous est impossible d*énumérer, — il faudrait copier tout l'Evangile,— que Jésus portait les hommes i être parfaits comme leur Père celeste est parfait (t). Et celui qui agissait aiusî, qui |uirlait ainsi, ne pouvait être que la Sagesse et la Perfection mêmes» ne pouvait êtf e que Dieu incarné.

Que la vie de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit celle d'un Dieu, c'est ce qui ressort évidemment de celte grandeur et de cette )>eauté morale qui s y manifestent d'une manière si éclatante et si soutenue. Tout y est raisoo et vertu, et la sagesse et la sainteté ; ces deux choses qui constituent la perfection, y prennent les proportions d'un idéal qu*un pur homme ne peut reproduire» qu'il n aurait pu même imaginer.

Quelle sagesse en Jé.«usl « A -t-on jamais enseigné avec une telle élévaiion de doc^ trine et une letle science de toutes choses 7 Il j a dans skes maximes un cÂracière de vérité si sensible et si choisi qu'on les accepte dès qu'on les entend, et on ne les entend jamais sans en être surpris et charmé. Rien de plus clair, de plus vrai ei de plus beau.

Chaque parole est un trésor inépuisable;

teu Je mois suffisent i ce Maître pour dire eaucoup et donner à tous les esprits la lumière et Taliment qui leur conviennent. Ses apologues sont gracieux, sa narration naïve»

tes allégories justes, ses enseignements so** lides et profonds. Il instruit, eC ne disserte pas pour Pagrémeni des auditeurs; il attaque les vices, et non les ridicules ; il se pro-

se

pose de rendre les hommes meilleurs» et non de les rendre plus habiles ou plus adroits.

Il confond ses ennemis et ses envieux»

sans s'irriter et sans qu'on puisse jamais rien reprendre en ses réponses, oii brillent une présence d'esprit, un sang-troid, une promptitude et une douceur admirables. Il y a dnns tout ce qu*il dit et dans la manière dont il le dit une pU^nitude de raison, une splendeur de bon sens qui saisit et subjugue, une tranquillité d'aflirmalion, un accent de pénétrante et douce autorité qui commande le respect, une singulière et sublime éloquence qui entraîne et s'attache les volontés et les cœurs. Sa parole est si sainte et si naturelle, si familière et si vraie» qu'elle est sans peine acceptée des enfants : personne qui n'ait assez d esprit pour l'entendre. Elle est si grande et si belle, si sage et si profonde, qu'elle étonne et ravit les hommes de génie; et même ils sont d'autant plus capables de l'admirer que leur œil est plus perçant et que leur regard porte plus loin. Sa parole, pleine de lumière, de science et de furce, est pour toutes les intelligences la voie, la vérité, la vie (u). »

Et puis quelle sainteté dans Jésus 1 quelle beauté de caractère et quelle magnanimité I quelle tranquille et solide uniîé de conduite! Il fait constamment paraître une grandeur morale, une perfection qui défie toute critique. Rien de forcé ni d excessif ; tout est héroïque, et pourtant dans la mesure : il s'élève et reste naturellement et sans efforts au sublime de la vertu, plus haut qu'aucun homme ne peut atteindre, s^ous des formes que tous peuvent imiter. Sa modestie est sans affectation, sa bienveillance sans faiblesse, sa gravité sans hauteur; il est humble avec dit^nité, simple et populaire avec noblesse. Jamais la majesté fut-elle aussi douce» et la bonté aussi inaltérable 7 No.u.<) l'avons vu à Tégard des enfants et des petits. Ou est touché egaleipent de son indulgence b l'égard de ses disciples : rien ne le fati-

Spe, ni la lente^ur de leur esprit, ni la déaillance de leur foi, ni la grossièreté des interprétations qu'ils donnent à $es discours. Nous avons remarqué sa tendre compassion pour les |)écheurs, et nous Tavons vu les rechercher comme des malades qui ont besoin de médecin, et tes ramener à Dieu par la douceur de sa charité. Ce qui l'inspire et l'anime en tout, c'est l'amour de Dieu, son principe, sa règle et son but. Il n'agit que sous Tim pulsion de celte flamme vive et féconde; il y puise sa soumission aux volontés d'En-Haut manifestées par les événements, et son zèle pour la gloire de son Père et pour le salut des hommes» qu'il veut bien nommer ses frères (v).

Dans Socrate, dans Platon, dans tous les philosophes» l'inârmilé de l'homme ne se révèle pas seulement dans la vie privée »

elle éclate aussi dans la vie publique; il

is) Mattk. V, 37.

it) Ibié. 48.

(m) llgr DAtboy, Lstir, pa$t. sur ta dimiiti de

JéiUi'ChrîUt ut supr?, p. 13»

(0) hid. p. 14 et 15.

DICTIONN. DE rnisT.

ifest pas on de ces soleils quî n ail eu ses

taches, et plus d'une fois leurs misères sont descendues jusqu'à rignominie. Jésus, lui, ne connaît pas ces éclipses. LMnlégrilé de SB vie et la dignilé de son caractère se maintiennent constamment dans une sérénité sans mélange. Jamais ni sa beauté ne s'altère, ni sa grandeur ne fléchit sous le pinceau des Evangélisles. Preuve évidente , remarquerons-nous de nouveau, qu'on^ ta raconte et qu'on ne Vimagine pas. Ce n*esl pas ainsi que des écrivains comme Matthieu et Jean imagineraient: cette perfection sans alliage et sans oubli dépassait de PinQni la hauteur naturelle de leur intelligence, et f>our qu'ils aient tracé celte figure sublime, aux traits si corrects et d'une expression si complètement irréprochable, il faut que le modèle ait posé devant eux et se soit reflété dans leur pensée comme dans un miroir.

Mais, dit l'incrédule, tant de choses sont restées dans l'ombre t « Or, l'ombre et le mystère, c'est précisément ce qui est di* vin Ix). » Pour qui a la foi, celte part de la vie au Christ qui est demeurée dans l'ombre est sana doute divine comme ce qui s'est accompli au grand soleil. Mais ce n'est pas là précisément ce qui nous prouve à nousmêmes et nous sert à démontrer aux autres que Jésus-Christ est Dieu. Le grand témoignage de sa divinité, c'est l'affirmation (^u'il en fait en l'appuyant d^une doctrine qui ne peut être humaine, de vertus qui surpassent la taille et l'éuergie do notre nature, de prodiges qui ne peuvent émaner que du Hatire souverain de la création, d'institutions enfin qu'un génie mortel n'aurait (mi suffire ni à concevoir ni à fonder pour des siècles. C'est à ces grands signes que nous reconitaissons et que nous faisons reconnaître dans le Fils de Marie le Verbe incarné, le Fils du Très-Haut égal à son Père, Dieu de Dieu , lumière de lumière , vrai Dieu d«i vrai Dieu (y). Et certes, on ne peut dire qui! y ail là de Tombre et du mystère.

Tout est visible, pal^iable, éclatant; c'est l'histoire avec sa plus radieuse évidence (jt).

Et tous ces traits caratéristiques de la personne adorable de Notre-Seigneur Jésus- Christ lui sont si exclusivement propres et ie séparent si profondément du reste des hommes, que la raison la plus froide ne sait

UWV. DB r BGLISB. «ii

commentvoir en Loi un pur homrae, •! que l'incrédulité a vraiment sujet de s'étoimer d'elle-même, et de chercher sa source autre part que dans l'irréflexion (a). Au reste, la perfertion surhumaine de Jésus est si échitante, si réelle que tout le monde s'accorde à la sentir, et qu'il n'est pas besoin de ta justifier. Oui, Texagération n'est pas postible dans son panégyrique, et c'est encore uu trait de plus de cette haute perfection.

«Quel est l'homme, dirons-nous avec uti moderne apologiste (6), quel est l'homme dont on pourrait parler comme nous venons de parler de Jésus-Christ T La vérité autanl que l'amour-propres'en offenseraient justement, et il n'est pas de sujet appartenant à cette terre, dont la louange puisse ainsi passer sans quelque juste restriction. Lui seul épuise tous les discours; Lui seul autorise la loiiang|e jusqu'à l'adoration. Le mot de dtVtn, qui est du style figuré et hyperbolique pour tout autre emploi, devient, es s'appliquant à Lui, du style propre; et nul, même parmi les incrédules, n'en esiinstinrtivement choqué : l'humanité le sonS^e sans orgueil comme sans envie, parce qu'elle sent que le sujet ne lui en appartient pas.

Nous croyons^ exprimer ici justement le sentiment universel, et il en sort cependaBI une bien éclatante conArmation de la vérité de notre foi...»

C'est donc la conscience universellequi pro« clame en Jésus-Christ et dans son œuvre l'ofr* $olu de ia perfection. Un protestant de nos jours en convient Itii-même de la manière la plus formelle : « Le christianisme, itit-il (e), avec la révolution qu'il a consommée, avec la civilisation qu'il a produite, doit son origine à l'impression qu'une personnalité ineomparable a laissée dans la conscience de Vkumanité. .. Jésu5 s'est offert au monde difns la pureté de son caractère moral; voilé son œuvre...

il a montré en sa [lersonne tout ce qui peut paraître de la Divinité sur la terre... L hu* manité a vii se lever en lui un idéal nouveau^ commencer pour elle une m'a meilleure et divine... Telle est la profondeur et la pureté du sentiment qui s'exprime de ses paroles, qu'elles deviennent pour VHomme oue grande révolution; les cœurs s'élancent audevant de lui, il estaccueilli de toutes parts comme le Sauveur de t humanité... Et qu*oa

(x) E. Havet, TEvangile et rhistoirCf dans la Bévue des deux Mondes.

{y) Deiim de Deo. Iirmen de liiintne, Denin vernm de ^eo vera. Symb. des Apàires; voir aussi le Sjymb. de S. AUianase.

{z) Aussi, quand l'auteur de l'article de la Revm ées deux Mondes , louant Renan et reacbérissant sur ses blasphèiiies, s*cn vient prétendre que la divtiiiié de Notre*Seigneur Jéius-Clirist ressort pluiôl du silence des Evangiles, que de leurs récits, lie roQilHre que de la lumière, du mystère que des fatif« il lait preuve de rignorauce la plus t*oniplète dos noitoas même les plus rudimcotaires de la tbéo* lo^ie. — You. Mgr Planiier, Leur, pasior. conire Vartkle de E. Havet, V éJit, p.i9, ^1.

(a) < A la réOexion qui s'ini|uiéte, on doit imposer silence tant qu'elle n'est pas eu état de démon-

trer dans la vérité une personne qui, à rendrait de la Religion, ait le courage et le droit de ae placer h côté de Jésus. — Le Christ ne saurait être suivi de personne qui le dépasse, ni même qui puisse atteindre api es lui et par lui le même ae^ gré abs^ de la vie religieuse. Jamais, en aucvn temps, il ne sera possible de s'élever au-dessus de loi, ui de concevoir uo législateur qui lai aeit même égal., i Qui dli cela ? ud apologiste? Nos. c'est l'auteur du livre le plus har«li qui ait été fait conire la divniué de Nolre-Scigneur ; c'est Strsoss lui-même, Vie de Jétui, traduction de H. Litiré. tom. Il, p. 769, 770, 775.

[b) M. Auguste Nicolas, Etudes phHoê(^hiques sur le ChristiauisiHe, i(i« àlil. 18(53, lom. IV, pag. 42, 45.

(t) M. Seliérer, journal le Temps^ 7 juillet 1805.

ïcm DISCOURS SUR LA VIE

n^ai«pfMi poittt quf^ Teffct iet soit plus grand que la cause, c'est le conlraire qui têterot... (rf).»

Mais quels que soient les panégyriques qne les bomfnes paissent tenter, quelle que soit la magnificence et la grandeur de leurs éloges , toujours est-il que nous ne faisons que bégayer lorsqnll s'agit de Notre- Seigneur. clamais, dit avec raison le P.

Gratry, jamais on ne pourra, par aucun art, ni sur la toile, ni sur le marbre, ni même par la parole exprimer la beauté de la face, la sublimité de la yie de Jésus. Il n*a toute sa beauté possible que dans le cœur do ceux qui Faiment, et \h même il ne Taora jamais entière : car, è mesureque In lumière

Kandira dans nos cœurs, il paraîtra plus au. La fraie science, s'ajoutent h ramour,

(il) Et le blasphémnteor moderne de h Tie de Jë«ns a été pris loUméme dsns le fllei de la eon-* Mcienee unheneUe; car c*esi à elle qu*l4 s'est tu forcé de rendre bommaae dent les quelques pages qa*il a consacrées à la bratilë morale dn Sauveur, à sa perfcciton surbomaine. Sans doute, il y a dans cas pa»ages, comme le remarque M. Nicolas ( La dimnité de Jésuê-^Chria^ etc., p. 273), on faui éclat qnî e^t à la clarté céleste de TEvAnjiiîle ce que In lomléreëlecnrlque est aux rayons do Jour. Ce nVst pas cet éclat dont Platoo dit si bien : c La blan* cheur h plus vraie et la plus belle n*est pas celle qui renf^nne êe wlut d§ blane souvent m^ngé, mais celle qui estja blandieor la plus pure, e*esi«àdire qui renferme le moins d*élëments étrangers; » mais enfin, on peut le dire, mentita est iniquitas sibi (PêaL xxvt, {2), et le lîbre-penseur, en présence éé h dfvlne figure du Christ, n*a pu s^empéclier, femme Strauss, de lui rendre liemmage ; et, ainsi €fee nous Tavons déjh observé plus baui (col. iv, fin ée bmefe), quelque bien est sorti du mal lui*niéine..

Cett ce que remarque également le P. (ireiry, c La VU de Jéem, dîi-ll, ce tissu de coniradietions H d*erreurs, ce livre plein d*outrages pour Jésus- CMst, renferme dix eu douze pages d*admiralion, d*bouimages et de respect pour sa beauté. Ikinr ces lignes ou voit briller, quoique bien réduits et aétrijiy quelqutfu-uns des traHs de iésus. Eh bieul vefci que je rencontre plusieurt amas qui, dans (oui ce livre, n*onl compris et vu que cela. L*éda4 dhrin des traits de Jésus^ChrisI a, pour eUes, eflaeé inoi le reste. Le reste à leurs yeux n'y ea pas. Es de fait, si ces quelques iraUs sont les vrais irails du Christ, le reste ne subalste pas. L*esprti n'accepte pas, et ne porte pas en même temps les eoniraires. La disjonction de;» caractères s'opère dam fesprlt des lecteurs plus nettemeat qu'elle n'eoi opérée dans le IKre. Les uns voieni et auproui^ni les outrages, les autres l'adasiratlou ei m vénéraflou. Nul lie con^t les deux easeoible... » (Les sapkiêieê et là ehtique, p. 884, iS.1).

Un peu plus loin le P. Gratry dll encore : c Je savais que ce livre de la Vie de Jétne avait ramené des èmes par répulsion, par dégoat des outrages prodigués au Christ, dans les pages ténébreuses du livre. Mais voici u» retour directenieni produit par ie etatr-obtetgr des bonnes pages, eè lésus-Chrtsi esc sahic. Cela suffit, s*écrie>t-on, Je crois à sa dîviiilté 1 De bonne foi, s'il est réellement vrai, comme on le dit, avec l'Evangile, que wl homme n'a fÊtii tomme cet kemmei que lee vroiei patoieê de JéiUê se décèlent pour oinH dire d'e^lM-mémet, ^"Isit lee uni vibrer dè$ qu'on /es leueèe, ef ^'una esfràce d'éclat à la foie doux et terrible^ une forée dkfine Ue i<m%ne, les détache du contexte (p. nxvn^ ; a*il est vrai que Jé:»us a crié Fobjet et le |K^if de

M N.-& JBSUS-ÊimiST. xeiy

so fF*ra de lui di^s visions de etaa en plue spleniiides. On Tadroirait d^aoord comme les homtnes, sans la science, regardent le ciel étoile. On le contemplera comme le génie, éclairé par la science, nénèire de plus en plus les profondeurs de rimmensité. La science, la science accumulée et comparée dans lous les sens, science de Tbistoire, sciencede Tème et du corps, de la nature et de Tesprit humain, et de la yie des sociétés humaines, et des lois idéales de la beauté, tout cela nous le montre aujourd'hui plus beau qu*on ne Ta jamais vu (e).

Oui, il faut le reconnaître, il y a impossibilité radicale b peindre pariaiteroent Jésus. Ofl ne peut, noua l'avons dit, que ramasser quelques traits de cette beauté éblouissante, sans jamais arriver à rien dire qui satisfasse

départ de la foi juture de l'humanité (p. 2); s'il est vrai que lorsque Jésus allait paraître^ la Judée et la monde entier attendaient; s'il est vrai qu'il a mérité le rang dwin qu*on lui a décerné (p. 90); s'il est vrai

?ii't/ est sans égal (p. 93), parce qu'il est, poHr éternité^ le vrai créateur de la paix de l'ame et le grand consolateur de la vie (p. 176): s'H a fondé le culte pur que pratiqueront^ janqu'à la fin dev tentps^ toutes les âmes élevées: s'il est le créateur de la religion éternelle ; s'il a réellement apporté au monde la reli^n abtobte,^ qui ne peut étrediférente dans les outres mondes, partout eu rivent des êtres doués de raison et de moralité j[p. 23^) ; s'il a fende le vrai royaume de Dieu; sm a posé la morale étemelle qui a sauvé Chumanité et créé un état nouveau du genre humain ; si chacun de nous M doit ce qu'H a de meilleur ; s'il est le modèle oceam* pli que toutes lee âmes souffrantes méditeront powr se fortifier et se consoler (p. 579) ; si , pleinement vainqueur de la mort , il est en possession de som roffUMme, ou Pont suivi, par la voie royale au^'il a tracée^ des siècles d'adorateurs,.*, s'il est réellement aujourd'hui mille fois plus vivant , mille fois plus Moé mte durant les jours de son passage ici^as (p» 4Sto); si loni cela est vrai, je vous le demande, qui doue peut croire que Notre- Seigneur /ésns* Christ n'est qu'un homme comme les autres? Si tons ces faiu réels subsistent Immuables à travers les derniers dissolvants de toute erilique possible» Je le demande encore, t^i donc ne devra s'écrier camaiie l'apôtre d'abord incrédule : Mon Seigneur Bf MON Diau I » {Lee sophistes et la critique^ p. 515- 517.)

. (e) Le P. Gratry, Les soohisUs, etc.» p. 325, Si6. Apres celle déclaratioa, rauleur essaye selon aes forées ( ce sont ses expressions ) de tracer le portrait de Jésus. Nous voulons du moins faire connaître les grandes lignes de ce Ubleau , puisque nous ne pouvons, faute de place, avoir la consolalien de le eUer. Voici l'idée du P. Gratry : Il y a trois rayons de beauté, ou troia éléments néeeiaairetf, sans lesquels nul ne peut être beau. Oiei de la figure humaine l'expression du courage, celle ée Tuitelliicence ou celle de la boulé, vou« biiro* dnirea la latdeur. Or, combien était adnùrabte la beauté de Celui dont la vie ne fut que la plus haute espresaion |de *cee divines splendeurs I L'auteur conteinpledoiicauceesaivement ces rayons de beauié comme auand la science, analysant >a beauté du jonr, y dtsUngoe trois rayons : rayons de forée» éo lumière et de feu* 41001 , il envisage d'abord la beamé de rimeNigenee de iéaua-Chaési; puis son eouaace et sa feiee, et enftn la grané ray^NS de sa bcuuie suprême, aoo amour I Mous invitons le laeteur à Nre ces belles pages. Ce sont eelles des chapitres 4, 6,11 el7.

oofl^IéleDieit I^caiir. Poiivons-uous oéanraoios, après atoip eon$id6i*é la doctrine de Jésus-Christ (/*)« sts œuvres merveilleuses, SA puissance, les qualités suréminentes de son Ame, celle bonté, cette douceur, cette miséricorde infinies; après avoir tracé, autant qu'il est donné à un faible mortel, toutes ees excelienoe^:, toutes ces beautés féunies en noire divin Mallre, pouvoqs* neus, dis-je, oser méditer maintenant lésus- Clirist dans son corps, dans cette vie corporelle que le Verb«{ a voulu revêtir pour la transfigurer et riraraorlaliser?.*

Nous pouvons du moins ressayer; car, ainsi que nous Tavons observé déjà Cg), loin qu'on ait à craindre de blesser rortnodoxie en s'atischant à contempler Thumanilé de Jésa^-Chrisl, distincte de la divinité, on est, par le, au contraire, dans la vérité pleine, entière, absolue, puisque c'est « l'union de Dieu et de l'homme, nous dit le Symbole catholique, qui constitue Jéstis-ChrisU » Et n'est-ce pas dans sa chair adorable que les Apôtres Toni surtout contemplé, n'cKSl-ce pas è travers ce voile qu'ils ont vu sa gloire, sa gloire comme elle convenait au Fils unique de Dieu? C'est ce que saint Jean nous fait asses entendre, lorsqu'il nous dit: El Verbum earo factum têt^ el h<Miavit in nobis : et vipimus globiam bjcs, ghriam

MCf iOi^N. D& LHIST. UNIV. DE UKGLISE.

scvi

quoêi unigeniii a Pair^^ p/entun graliteei ver Italie (A).

Cette méditation deNolre-Seigneur Jésus- Christ, considéré comme l'un de nous, celte contemplation de son humanité sainte, a été, il fqut le dire, trop négligée par un grand nombre de chrétiens, habitués à ne voir dans le Christ que Dieu seul (i). Aussi en C5t-i1 résulté les conséquences les plus déplorables, entre autres, le mépris de la nature bonne en son essence et relevée par la Gr&ce (j); la désespérance de la restauration cffeitiye, et dès cette vie, de toutes choses en Jésus-Christ (&J, c'est-à-dire de la réalisation du r.ègne de Dieu sur la terre comme au ciei ; rabandon d'une partie de ' l'empire du Christ au prince de ce Monde, abandon par lequel on en est venu & laisser la terre à César el à reléguer Dieu dans le ciel, à mettre, d'un côté, la terre, et, de Taulre, le ciel (/}, scindant ainsi en deux parts Tuniversel domaine de Dieu. Jésus- Christ, en effet, ne doit pas être diviêé; son souverain domaine embrasse toutes choses, le Ciel et la terre ; il s'étend sur l'homice tout entier; il est absolu : Data e$t miM omnispQtestai incœlo et in terra [m) ; dedieti et poleilalem omnis carniê (n) ; et cette puissance, ce règne ne doit point avoir de fin, selon la parole de l'Ange Gabriel à Marie Immaculée : Regnabit in domo..., et regni ejus non erit finie (ej...

(/) Nons avons déjà consacré, dans eat ouvrage, plusieurs piges à Noire-Seigneur Jésiis-Gtirist ; nous noo!( permeuont d*y renvoyer. Voy» le Di$courê prUiminaire en tête du f*' vol., les SI ^> ^* ^« ^ • col. XVI à xxn.

{g) Voy, d'dessiis, le | 11, eol. lxxxv.

(fij /oan. I, U.

(f) Cest ce q«e constate le P. Grâtrv, Le$ eophêe* tet, etc., p. 2râ, en mèine temps qv*!! fait ramar* qeer {id. p. tt3/^4), auMi en est beaucovp aa- Joiirtrhai, en dehors de la foi cattioltoiie, qoî agis* «rnt tlans nn sens contraire, c*e8t-a*»dire oui ne votent qne Ffiomme dans le Gtirtst, ee ^ui porniam, loin de rûi(|t]iéter» tari donne de l'espéranee :

c Peut-être, dit-fl , temnies-nous destinés, en ee stèrie, à une éinde plus approTonilie, à noe intui-tion plus intînie et pins vraie du cœur liuiiiain. Je rame hamliîne, de Tesprit bumain du Sauveur.

L*Eglîse, on peut le reconnaître à plusiears signes,' y conduit peu à peu les siens. Et eeui qui sont hors lie TEglise, beaucoup* dv meiNS , surtout en Ail«magne, depuis un quart de siècle, semtileiit parfoit. n*oitblier et nier la divinité du Beignenr, que pour louer avec plus d'entliousiasme son admirable bumanité. Je les plains de aeinder teChriu; mais je dis que, s*il8 persévèrent à contempler sa* face bnmaine avec tntelligeiHse et avec aaionr, il leur sera donné peut-être, à travers i*Honiaie unique et Incomparable, de voir et de retrouver Meu. lis sertiront, comme saint Thomas, de riocréduljté, en regardant ses mains, sa figure, sa poitrine, el la place où étaient les cIobs : et /«eiim elavofum. Et,comme le dit saint Augustin de I*ap4tre d'aJbord invréiiule : « tl vit l'homme, et confessa le Dieu. aeminem pidH^ ùeum eonfetêue est. % De même ce siècte, a*tl arrive à bien veîr ta à bien comprendre œi Homme, toujoura vivant et toujours- régnant, qnelqfie toujours ceuveri 4e plaies et 'coureutté u'épinea, ea aiéde pourra unir par s'écrier aussi : < Mou Seigneur et mon Dteu 1 Dominus meus^ #i

Deus meui {Jean* xi, 98). >

Et ne semhle^uii pas que déjà quelqne chose de ceci se résHse sous nos veux T Voyes : Renan deus aon livre si impie et si rempli d'outrages pour Jésus-Christ a du moins fait un nas de plus que le doeteur Strauss : tandis que celui-ci n a vu qu*un mffike dans le Sauveur, celui-là nous Ta montré, malgré toutes ses réticences et S4^8 blaspbômest comme une réalHé vivante, palpable (Voir ce que nous avons dit à ce sujet dans le If ^m. catA., n* de juin 4863, toni. XIX , p. 941K at il a tracé, bien 9u*imparfaiiemeiit et comme malgré lui , quelques traita de la beauté snrbumaioa du caraeiére de Jésus. Or, c*eat précisémeoi par ee côté que cer* tttiaes âmes ont été prises <:t se sont senties attirées vers le €bri»t»Oieu ; de telle sorte que son maiheu* roux blasphémateur a été amené, contre son attente» à produire sur une certaine classe de lecteurs, un tout autre effet que celui qu*ii voulait. Ce résultat qwï nous avions prévu iMém, calh* Uc «îl.},sachaut que Dieu tiie toujours le bien du mat, a été con* aialé par le P. Gratry, coroane on l'a remarqué daiia uue précédente note du § 12, col. xcui, note d,

(;') Voy* rexeeUent ouvrage de Tabbé Rohrbar cher : De la grâce et de la nature, in-8, 1838.

(^ Uêlaware omnia in Christo , quœ in cœliê ri ttt terra tunt, in i)iao {Ephee, i, 10).

(0 Nous avons traité les questions que nous in* diquons ici, dans le Utim. eath,^ notamment dans les tomes XI à XX. — Sur cette divieion do souverain domaine de Jésus-Cbrist, voir notre Deuxéme Diêceure préliminaire^ placé en tête du IT* vol. dé ce JJictionnaire^ particulièrement le § If, et la col. Lxvi, note c»; et nos réflexions au J 35, de Taiticle Lutte des invasTiTORfs, coL lioo , ainsi que la note tl05 du présent volume«

(m) Muttk. xxvtM, 18.

in) Joan, xvii, 2.

in!) Luc. I, 53, et le Mém. cath., vol. de 186S, tom. XIX, p. 5 et saiv*

DISCOURS SUR LA VIE DB N.-S. JESUS-CHRIST

icni

Mais nous ne pouvons noiijs arrêter ici sur ces hautes qiie!$lions y qui nous prendraient trop db place. Nous ne faisons que lesindi* quertet, nous bornant au point qui nous occu|itf , nous rappellerons avec quelle énergie sainte Thérèse déplore Terreur et Tillusion t\eê f <ux invsliqttes,qui croient s*éleverdans la contemplation, lorsqu'ils perdent de vue rhuœanitéde Jésus-Christ. «Jamais, dil-elle, jamais la contemplation la plus hautene doit s'abstraire de Tadorable humanité du Crucilié. C'est la plus dangereuse illusion. »

En cela, sainte Thérèse a été appuyée par iDus les docteurs, particulièrement par Bossuet (p) ; et un savant évoque de nos jours vient de dire que c'est là diviser Jésus : «Quiconque, s*écr]e*t-il, prétend que le Verbe éternel n*est pas venu dans la chair (ou méconnaît et oublie son humante);

auiconque brise dans Jésus le faisceau des eux natures oue la main de Dieu même y a réunies, celui-là, comme le dit saint Jean, est un Antéchrist (9), c'est-à-dire que non-seulement il est ennemi du Christ, mais qu'il en a perdu même Tidée; il croit en posséder la réalité, il n'en étreint pas même le simulacre. Il appartient encore au Christ, malgré les blasphèmes par lesquels il Toatrage; mais le Christ ne lui appartient

lCVIt|

plus, il n'a plus le droit de le nommer ni sa propriété, ni son frère (r].»

Adorons donc Thuninnité de Jésus aussi bien que sa divinité; car ici même, nous ne séparons point la divinité de l'humanité.

Jésus a dit : Mon Père et moi nous sommes un {s), «Que Tarien, s'écriait aulrpfois le grand évèque d'Hippone, ne supprime pas l'unum, et que Sabeilius ne retranche pas la sumus. • Il y a ici rex()rcssion de l'unité, ' mais celle de la distinction n'est pas moins éclatante. Par un côté, le Père et le Fils se confondent; mais par un autre côté leur personnalité propre se détache. On indique lé mot du Fils, ego: on indique le moi du Père, et Pater. On ditnou4 sommes^ sumus^ ce qui les suppose plusieurs et non pas un seul : unum sumus. Ainsi, comme n'a pas craint de le dire l'incrédule, «l'idéalisme transcendant de Jésus (t) » n'efface point ici les différenccs,et losenliment de sa personnalité n'y est point englouti (u) ; ainsi également, en nous attachant, comme nous allons le faire, à considérer la beauté du corps de Jésus, ce sera encore et toujours sa divinité que nous contemplerons.

Lui-môme, dans l'Evangile, semble vouloir décrire l'état et la vie de son corps, par ces paroles que personne ne com«

{p) Lisn snrtaot VJnstruetion sur Us états d'oraiionjiv. Il, où Bossiiet dit entre autres cbuses en par» lani des nouveaux iny8ti<|ii«8 : i Je suis obligé a*avertir que ces docteurs sont bien plus outrés que eetfx doai parte sainleTbérèse, et dont elle ne peut approuver le sentiment, lurscju'ils disent trop généraiemeni que l'humanité de Jésus-Christ est un obstacle à 1.1 contemplation... Comme la bous tombe^ diieni-Us, quand les yeux ds l'aveugle sont ouverts^ ainsi rhumanUé s'évauouit pour atteindre la divhiité. Donc, selon ces docteurs» continue Bossuet, t'buluanité de Jésns-Cbrlst sera ta boue dont il faudra nous laver, pour avoir tes yeux ouverts à la conteniptation! Peut-on chercher des explications à ces paroles insensées, et qui jamais a oui parler «t'ttn tel prodige? i

(9) i Joan. IV, 5.

(r) Mgr Plantier, /n«l. pasior. contre la Vie de Jésus par Ernest Renan; la dédicace^ Us principes^ tes sources^ in-8. i' édit. p. Ii5.

(s) Joan» x« 30.

(I; 4 L'idéalisme transcendant de Jésus ne lui permit jamais d'avoir une notion bien claire de sa jfcrsonnatué {Vie de Jésus, par Uenan, n. 244). » Ksi-it possible de délinir te moi d*une façon plus uancbée, que ne Ta fait INotre-Seigoeur dans la pi* rôle qu'on vient de lire et dans plusieurs autres testes que nous avons cités?

Au fond, le but des sophistes, ou pluiét leur instinct, est d'enseigner qu'il n'y a rien, ni Dieu, ni itne, ni bien, ni mal, ni vrai, ni faux. Pour tendre à émblîr qu'il Ji'y a pas d'àme, l'écrivain, au milieu iiesonécriittre, trouve saillant d'aOlruier que Jésus* Clirist n'a pas connu cette distinction, et il écrit : Jésus n'a pas la moindre notion d'une âme séparée dm corps. Biais il n'a pas achevé d*écrirc, que l'a»- •ertion se brise comme verre contre le texte. Que lui inporte? U dira autre chose ailleurs. Il dira par exenipte eeci : Le corps faH la distinction des per* Miwef, proposition, dit le P. Gratry {outr. dr., u. 155) qui, à elle seule, annoncerait Tinvasion de la Inibane dans le monde intelleciuet.

DiCTiONN. DE l'Uist i;niv. de l*Eqi isb.

Et elle a éié avancée pourtant! iL'idée pourjul (pour Jésus) est tout ; le corps qui fait la distinctton des personnes^ n'est rien ( Vie ae Jéiut, par Renan, p. 244).i Vidée sans doute est beaucoup aux yeut de Jésus ; mais ici ceue expression n*est pas à sa place ; il fallait dire l'dme, et alors on eût été dam le vrai de l'Evangile. (Voir, entre autres endroits Maith, zvi, S8; Marc, viii , 35.) Il est également certain que Jésus met le corps au-dessous de l*àm6 (i/all/i. X, 28 ; Joan, vi, 63). Mais pourtant il veut qu'on ait pour son corps une sa^e prévoyance et une intelligente tendresse (Matth. v, 29, 30, et alibi). Oui, Notre-Seigneur tient compte du corps, tout en le reléguant au rang subalterne qui lui revient , et il veut que nous en tenions compte pour lut épargner les plus terribles souffrances, celles de Péter* nité.

Mais, ajoute Mgr Plantier {La vraie Vie de Jésus.

131, ioâ), f ce que Jésus n'a pas admis, et ce que

bon sens n'admet pas davantage. c'es< que le corps fuit la distinction des personnes. On diihlingne bien sans doute, dans une certaine mesure, les personnes par Us corps; mais les &mes établissent entre elles une distinction encore pins profonde. €e sont surtout les âmes qui disiinguent les persoimes , et font que l'une n'est pas l'autre. Kutre les Ames elles-mêmes, il existe bien des alBnités. Elles ont toutes une parfaite similitude de substance ; mais elUîs n*ont point identité de vie. Chacune d'elles a son foyer propre d'intelligence, de sentiment et de Hberté; chacune d^etles a conscience d'être soi et non pas lUie autre. Ainsi It philosophie de M. Ilenan n'est pas plus acceptable que sa tliéoéogie, et quand il analyse la vie intime de Jésos- Christ, on ne sait pas ce qu'il outrage le plus, de rEvangite ou du bon sens. Quoi qu'en dise le nouvel Arius, Jésus*Ghrist s'est allirmé Dieu ; et il l'a fait avec le sen liment précis, plein , profond , soutenu, de sa persomiatité. >

(h) Mgr Plantier, La vrak VU de Jésus^ etc., 04

DiCTIONN. DÉ L'HIST. tlWV. DE L'EGLISE.

prend, dîl le P. Gralry (f), et qtii renfornaeril la pronies^o idéale et flniale doi*él«t possible des corps : Si votre rrgard est simple^ tout votre corps sera lamineux. S'il est tout entier lumineux^ sHl n'est plus ténébreux sut aucun point, votre corps sera pour TOUS comme «ri réfticteur dt lumière (x); paroles îmmonses de vérilé, où l'on voit le regard de Tâme ou l'intention do l'homme, f)ar sa simple droilnre, tratisGgurant pea â l>en le corjis; puis Ib corps h son tour devenant pour l'ftme comme ûû réHecteur de Itimière.

« La prière continue du Christ, ajoute le P, Gralry, que nous allons laisser n^rler, 1» prière continue dûChrisl, son entière vigilance, son amonr toujours éveillé, révèlent* incessnmment fous les |K>int5 de son corps et toutes les forces de son corps viers Tesprit, rame et Diru. En Lui, jamais cfetle rupture de la vie, qui, par excès ei par éclat, sépare les fbrces physiologiques de la présetice de l'Sme, de la présence de la vie raisonnable et de Dieu, pour les ensevelir dans un instant de joie violente. Jamais ces ruptures et r.es chutes dont l'habitude, peu à peu, établit la plupart des hommes dans l'état animal séparé. Jamais cette division des forces de Ia vie en deut foyers d'orgueil et de sensualité, qui brisent l'union et la circulation des forces.

« Tout son corps, comme tout son esprit, opère sans cesse lâ sublime parole qu'il a dite à la fin ife monte vers mon Pire et votre Père^ vers mon Dieu et votre Dieu (y). Ce que ses

feux voient développer dans la suite de histoire des créations, dans le cours immense de ia vie d'une planèlt?^ c*est là ce qui s'opère en Lui toujours. Le corps de Jésùs-Cbrist, le plus parfait deè corps, tou* jours niaintenu dans l'harmonie , sans divisions, séparations, ni guerres dans ce royaume, laisse la vie ^circuler partout, et remonter et redescendre, comme les anges de léchelle de Jaeob» depuis la chair jusqu'à Tesprit, et depuis Dieu et le centre de l'&me jusqu'à la chair, et les os et la moelle, dit quelque part Bossuet (x).

« Que l'on se représente la plus parfaite harmonie vitale qui fut jamais, au service de la plus grande âme, du plus vigoureux cœur et du plusgénéreux courage; que l'on se représente cette vie héroïque et sacrée, toujours émue d'Insuiration toujours prête à

la mort, toujours i*ecHe{l1ie dens lu pa'n , affermie dans la certitude, dans la sérénité royale, dans celte joie pleine que donne Funion de Dieu, et atout l'univers» et à tons tes esprits en Dieu. En Jésus-Christ la rie ot Ifouehé lé but, le but suprême vers lequel on le voit partout monter et tendre; elle «^st retenue à sa source : le cercle universel est accompli; maîtresse du ciel et de la tbrre, elle remonte et elle redescend. Depuis lé moindre atome elle remonta jusqu'au Père des choses, et puis, du sein du l'ère, elle redescend jusqu'au dernier des ôtres.

« Vous représenter- vous tontes ces forcer ^tendides , rassemblées, ordonnées; cet abrégé de l'univers , cette vie universelle constamment gouvernée en Jésus par l'a*mour et par la bonté? Vous représentezvous Jésus, en face des paevres hommes abatttis de douleur, des pauvres corps sou^ frants, des pauvres cœurs navrés, et des pauvret esprits esclaves, possédés, enchatrtés; le voyez-vous, Lui, le pitfs compatissant des cœurs; et le plus fort et le plus iloble des bienfaiteurs, le voyez-vous po« sant avec amour s^es mains sacrées sur le lit dti malade qui Tappellb avee.fei; levant ïeê ^nx au ciel, invoquant Dieu d'une irrésistible prière, et à travers son es|>rit et son âme, a travers sa poitrine et ses mains, faisant ruisseler la vie, vie créatrice et régéaé* ratrice, à travers les ftme!( et les corps de ces cbers bien-aimés ? Que dire alors do )a splendide beauté, de la pleine vérité d'ex-

f)ression de tout son corps et de toute âra orce, de ses lèvres, et du ton de sa voixT et que devait donc être son regard T

« Quand cette immense beauté morale^ toujours actuellement présente et inspirée de Dieu : humilité, douceur, paix et sécu-* riié dans le courage le plus entier, et dans la plus haute force qui fut jamais; clairvoyance prophétique et vue intuitive pénétrant les âmes, et les choses» et les temps ; miséricorde et bonté pleines, amour profond tressaillant d'enthousiame, jusqu'à la mort et jusqu'au don complet de soi ; ah 1 oui,

auand tous ces rayons de lumières et de ivine bonté resplendissaient par sa face et ses yeux, que devait dire ce regard ?

« Un seul de ces regards conquérait un apôtre et transformait un homme, e> ravissait des âmes pour toujours. Cela devait être, ot r£vangile le dit (a)l Et nefait-il pas tout cela^

(v) Les sophistes^ etG.,p«35&, eilaCoMaaûiâfi£< d£ Vàme, liv. iv, cliap. 4b

{X) Luc. u, 34-36 : c Si oculiis iiiiis fuerii simplet, loium corpus tuiim luciduin eriu Si ergo corpas luiiiki loiuiii luciJiMii fuerii , non iiabens aiiqinm parlem teiiebrarua, siculûiciiiiia fulgoris illuiniileitiil le. >

(y) Joûn. XX, 17 : Astendo ad Pmrein memn et Patrem vestrum^ Deum msum et Ueum MfiruMU

(s) Discours sur rueie a'abandon,

\a) Nuas lisons dans saini Luc, iv, 22 : Tous aérnirment tes pàroiês ëe grâce qui sorioient de sa bouche. Puis au chap, ixtv, 19 : Jésus de Nazareth qui fut un prophète puissant en œuvres et en paroles aesani Dieu et devant tout le peuple, fit dans saliil

Jean, vu, 46 : Jamais homme n^a parlé comme cet homme. Le cardinal Beilarniin nous dii ensuite : I Sainl l^ierre, saini Audié, saint Jacques, saint Jean, salni Philippe, et surioui saint Maiilileu, oui éprouvé la Torce de l'éloquence de Jétus et la puissance cacUée de ses discours, euiralués <fu*il8 furent aussitôt à son appel , et résolus k quitter loul pour le suivre. Mais u'était-ce pas plus aduiinil»le encore de voir obéir à sa voix les veois^ la iner, la

ûévre et même ia mort ? Toutefois, on deit i de s'étonner, si te Vorbe lui-même, dans sa siiUsunce divine, faisait entèiulre par les organes de diair quM avait pris des paroles puissances ei remplies de grâce i (Le card. Bellarmin , Sxplic. éês Piuumes, sur le P^aunie xliv^ 2, 5).

DISCOURS SUR LA VIE DE Ni.-8. JBSGS-CHaiST.

précisémentaujounJ^hni mAme, etdepuis des siècles, par le simple récit de son histoire, et

[)ar la seule lecture de rBvanj^ile {b)1 Cette leauté, cette splendeur s'est gradée sur ces pages, et Pimparfaite image gardée sur le papier ratit encore les âmes, et les ravira jusqu'au bout. Et pourquoi, sinon parce qu'il est l'idéal incarne, idéal que les firoes por* tent naturellement en elles, et qu'elles chercbent toujours? On sent, ou Toit que ce doit être lui, lui qu'on attend.

c Puis il prend les âmes attirées, et comme un pAcbeur d'hommes (c), comme un cheri heur de perles (d), comme u^ rendan-

Sfturde raisins (0), et comme un moissonneur *épis, il les emporte et les met dans son sein, et il leur dit : Soy^z en moi, et moi en vous : Venez, venez en moi, et entrez dnns la vie. Vous tous qui étiez fatigués et chargés, qui étiez accablés, blessés, paralysés, couverts de lèpre, venez vers la vie pleim*, et vers la toute beauté (/)• Soyez parfaits en toute action, en toute parole, et en (oui mouvement intérieur. Soyez par faits comme votre Père céleste est parfait [g). Et vous aussi, vous brillerez dans le royaume de votre Père (h). »

Ces considérations , très-belles et irès^ justes sur la beauté de Notre-Seigaeur, sont en complète conformité avec ce que nous révèle l'Evangile, tput plein de la beauté morale et physique de Jésus, pour gui sait lire et ouvrir son cœur à cette divine lec* lure. Elles sont aussi conformes avec cette pfteole du Prophète, qui, dans ses canldques^, célébrait d'avance avec un saint enthousiasme les excellences et la beauté du Messie en ces termes : O Roi I tous êtes te plus bean des enfants des hommes; la grâce est répandue sur vos livres^ c'est pourquoi Dieu vous a béni pour Véttrnité (i). Eotin ces considérations soot encore eu harmonie avec ce que

disent les Pères; éeoatoiM qurflquee-omi d'entre eut.

Saint Jérème s'attachent fortement \ la pai^ole du Psaimiste, et en faisant la base de sa doctrine physiologique sur le Sauveur, nous dit : « L'éclat qui brillait sur le visagd du Christ, et la majesté de sa divinité qui rejaillissait sur son humanité, étaient capa« blés d'attirer sur cet Homme-Dieu, dès la

f>remière vue, les cœurs de ceux qui avaient e bonheur de le regarder (j). » Il nous dit ailleurs : « On remarquait dans ses ^eux uU certain éclat tout céleste, et la majesté di« vine se faisait sentir sur sa face (i). Btenef^ fet, continue-t-il, comment Jésus-Christ aurait-il pu attirer si promplenientà Lui, s'il n'avait eu rien d'extraordinaire dans sâ personne(QT »

Lo grand lésîslateur monastique, saint Basile, adopte l'interprétation de saint Jérôme, et écrit : « La divinité de l'Enfant Jésus, dans la crèche ou dans le berceau, se Bt sentir aux Uagcs ; elle éclatait comme au travers d'un verre transparent, et était sensible à ceux qui avaient les yeux du cœur purifiés (m). » Mais saint Jean Chrvsostome va plus loin encore, et enseigne formeMement « que les peuples étaient comme cloués au Sauveur d'une manière très-tendre, ne pouvant §e lasser de le voir et de Tadcmrer (n). »

Puis, un peu après, expliquant cette parole d'IsAïe : // est sans beauié et sans éetat^ nous Vavons vu, et il n'avait rien qui attirât nos regards^ et nous l'avons 911, et nous Tawms méconnu. Il nous a paru un obje^ de mépris, le dernier des hommeSf un homme êe douleurs, qui sait ce que c*€st que souffrir. Son visage était comme caché, tt paraissait mé^ prisable, et no^s ne Vatons pas reconnu lo) ; saint Jean Cbrysostome s'écrie : « Gardezvous bien d'entendre c^^ci de la laideur du

(S) Aussi* quand M. H. Wallon, dans son livre : La Fi« de /ésus et ton hittorien, In-li, V édit. p. 20t, dit ceci, en parlant (tu portrait de Jé^us tracé par H. Reiia^n : c 11 Irii donne une ravistante figure; au premlrr abonf, on ne voit pss trop pourquoi ; tes ésangélhtes n'en dhent rien, et saint Justin pa* rafi dire le contraire [Dial. eum Tryph. c. 85, 88, IM) ;» ce ne pentéire assurément là une remarque eiacte et oui doive être prise dans un sens absolu; car il est bien certain eue, bien que les évangélisles De disent rien de formel et de direct touchant fai beauté phytiqne de Notre-Seigneur, néanmoins fis hi font assi^z entendre et la supposent par les paroles qne ii^us venons de lire dans la noie précédente, et par tout ce qu'ils nous rapportent d$ la splendeur de sa beauté morale. Du reste, H. Walkni ajoute : c Mais dans le silmce des évangéliftes, je suis pour M. Renan contre s:iint Justin : vne belle àme doit se refléter au dehors, et transfigurer les traits les moins parfaiti. 1 On peut encore resretier ces derniers mots, ei nous aurions votfitt voir ll« Wallon moins craindre d*aUirmer la beniilé eempléie du divin Sauveur.

(e) iiûiêk. IV, 19: Fuciamvoê fieri piuaioree ho* mànum.

(d) Maiîk. THt, 45 : Simile at regnum cœlormn kommi negodatori qawremi Ponae margaritai.

{€) MaUk. xii, 35, 34 : Ht^mo eraî peterfamitiMi

qui plantavU vineam...Cum smtem tempuijruetuum appTopinqua$$et, misit sertos stlos ad ogrtcetas, tU accipereni frucius ejus.

(f) Joan. XV, 27; xvn, 24; x, ID; Maith. xi, U.

(g) êlalih. V, 48.

(A) Le P. Gratry, Leu $ophista et ta critique, etc., p. 359-506.

(f) P$aL Liv, S. Toir sor ce texte, outre Befiarmin, la note que donne M. Ambroise Rendu dans sa Nouvelle traduellon 4es Naumes eur le texte hébreu, 2 vol. in-8 1858, tom. 1, p. 345.

(/) S. Hieron., %n Hutth., cap. ix , édit. Hsrti»^ nay.

(HO Ibîd., In Matth. xxi.

it) Epistoia ad Principium, m) S. Basile, De humana Chriitt generaêêenSf ad caleem.

In) Pfat. itiv.Op,

(0) ha. LUI, 2, 5, —Ce texte d*Isa1e a denné lieu pour plusieurs de prétendre que Noire-Seigneur fut sans beauté. Mais ils n*out pu somenir ce sentiment, tout à fait contraire à la parfaite haruionte qui dut exister et qui exista en effet entre rame et le corps de Jéses^ qa*en luterpréMM trop à la lettre, ou plutôt, comme nous le faisons voir, en appliquant inopportanémeni les paroles dlsale.

cm DICTIONN. DE L'HIST,

eorpê; à Diea nd plaide qM nous le pre* nions en ce sens, mais du mépris qu'il a fnit de tout ce que le monde estime et de la bassc&sedans lai|uelle il a voulu naître (p)l » Voilà bien la véritable interprétation du passage d'lsôïe;et Ton ne saurait l'entendre autreuieni; h moins de faire se contredire le Saint-Esprit, ce qui, assurément, ne peut ftire; et h moins de prélendie, ce iqui set ait lout aussi ^absurde, que la parole de David, citée plus haut, et celle d'Isaïe, que nous venons de voir, se combattent et s'cucluent.

Or, ces paroles, loin d être contradictoires, n'ont besoin que d'élre mises à leur place l>our s'acrorder parfaitement entre elles.

Eu iffet, elles nous ptijjnent l'une et l'autre, ê\ nous pouvons dire, deux manières d'être de notre Sauveur : Tune permanente, norn^ale, celle de sa beauté j)arfaito : Vous Hts le plus beau des enfants des howmes ; la grâce est répandue sur vos lèvres, ces t pour--

Îmoi Dieu vous a béni pour V éternité; raiilt^e, igurée elaccîdentelle, c'est-à-dire celle de son mépris des choses que le monde estime, et de ses abaissements comme de ses souffran* ers lors de sa Passion. En pesant chacune des expressions d'Isaïe, on t voit clairement qu'it s'agit de Phuraililé du Sauveur dans le mystère de son Incarnation, et de l'état oâ fut réduit son corps adorable parles souffrances et les horribles outrages du prétoire

{gi\ S itiau Ctu'3[tt. (oc. cil.

m) ^^esi ce qui etpKquc encore «pril n*y a pas plus (le contrudiction entre les divers pass;iges dei v,M\\\% Pères, quil n*j en a entre les paroles de David et celles tl'ts^ie ; ear il est évident, ponr qui vent y regarder de pràs, que tes Pères, ne diffèrent sur le poim qtn nous occopé, que selon quHs s'aua- «lient atiiexie du psaunie xliv, ou à celui d'IsiûM, T(MiH ceux qui 8*appliquenl à expliquer la parole de David nous parlent avec éloquence de la beauté lie Jésus ; et ceux qui s'arrêtent à la parole tPhaie limitent ce q\ie dit ce Propliètc : \idmu$ eum, et non erai tt$peetn$, au temps de la Passion; oà il p;irul couvert d'ignoniuiie, de coups, de craclials* Û*autres Texpliqueul aussi de la bassesse de sa vie ei de riiumiliié qu'd conserva en toutes choses. Notis ne parlons pas de Tertullicn et de Clément d^AUsandrie» qui» de Tavcu même de la Bible de Vence/ t%oi)i allés trop loin, iors<iu'îU parlent ci^iitre la beauté de Jésus-Clirist. >

Nous disons de raveu, parce que les auteurs de ecUe BilUe — et il est de nuire devoir de le noter —, 4ie bontpas lout à fait pour le scniiau'nt que nous souleuons. Dans leur Uisserlation $ur la beauté de Jéêûs'ChrUtt insérée au tom.XllI, p.296, de Pcdit. jde iSSI,â5 vol. in-8, ils rapportent ie^ passages des Pèrcâ pour Pun et pour Pautre sentiment ; mais, au lieu de l'aire la disiinciiou qui nous parait la seule propre à lever les tiiflicuUcs, ils concluent à dire, t qu'il faut gnrder uu milieu, et dire que iésus-Clirisl n*eut rien qui le fil remarquer, ni dans la btfauté, ni dans les qualités coniraires. i .rious ne pourrions, quant à nous, et l'on vient de voir pourquoi, accq)ter celte condusion. Ces auteurs disent encore ailleurs, v. 5 du PtaL xl\s : c Cette beauté en Jésus-Christ consistait beaucoup plus dans les perfeciious iuiérieuies que dans ks charmes eiténeurs de sa personne (toui. X, p. 50Uj. i Comuieat donc admettre, dans rilomme-Diou, un ^(aut d*luirmouic coiuplèie entre le moral et le physiifue ? Cela noui paraît InipossDile. Commeut ne pas croire, comme liii Louis de Léun {Des Noim

USiy. DE UEGUSE. «v

et du Calvaire. En un mot. David nous peint d'un trait la beauté du Verbe incnrné, et isaïe, par un autre trait non moins éloquent, nous peint l'Homme de douleur, nous disant : voilà Télat où ils l'ont réduit; ils uous l'ont rendu méconnaissable (q).

Du reste, saint Bt;rnard, développant lo pensée de saint Jean Chrysostome, s'explique ainsi : «Les troupes de peuples qui suivirent le divin Sauveur, pendant qu'il prêchait dans les villes et dans les bourra les, élaionl attachées h sa personne par 'attrait de seî» grAces et par la douceur de ses discours ; sa voix était pleine de douceur et sft face rayonnante de beauté (r). »

Mais avant saint Bernard, c'est-à-dire dès le vu* siècle, au plus fort de l'hérésie iconoclaste , saint Jean Damascène et le Pape A<lrien 1'^ avaient dépeint Jésus comme un nouvel Adam, modèle des formes les plus accomplies (s). Saint Tliomas, qui a résumé toute la science du moyen A(^e, montre fort bien que Jésus-Christ avait pris, dans son Incarnation, les défauts communs de la nature humaine; qu'il s'était assujetti èsoufffir la faim, la soif, la fatipe, le besoin do dormir ; mais qu'il n'avait pas pris tous les défauts particuliers qui se rencontrent parmi les hommes, comme la difformité (0*

Entin, car il faut nous borner (u), saint Laurent Juslinien, premier patriarche de Ve-

de Jêsus'Chriit, cbap. 4), « que tout ce qui peni paraître de Dieu dans un corps, tout ce qu*un Corps peut retracer de la Diviuiié en s'unissant à elle, > que loat cela n'ait point i resplendi dans rb»manité de JésusCbrist avec inauiinenl plus d*éclai quejdans tous les aulnes corps, > el que cette humanité n*aii éié, i corome unlidété et vivaiu portrait de h Divinité ?i

(r) S. Bernanl. Serm, in Caiit. eant.

(i) Voir Teicellent diteours d*Ëmeric David sur tei anciem monuments, p. 67*

(t) S. Thomas, iStimma, part, ii,quaest. Il, art. 4.

(m) Nons pourrions en effet citer bien d'autrt^s Pères de I^ICglise, et écrivains ecclésiastiques, priii* cipalenieut, parmi les derniers, Louis de Léon, qui, dans son œuvre capitale. Des Nomi de Jésus-Chrui^ a toui un chapitre sur la beauté de la Face adorable du Sauveur, beauté, étonnantes perfections qu*il trouve toutes marquées, et avec grande rai < son, dans le Cantique des cantiques. Yoy, son livre Des noms de JétuS'Chnsi, par Louis de Léon, tiad. de M. Tabbé Poslel, in-8, 1856, p. 97 et ^iiï\.

ïii iion-seulemeut nous soiuincs obligé de nous restreindre duis nos citaiiuiis, mais encore nous négligeons le côé aidiéologique de la question qui nous occupe, et nu*is passons sous silence la descriptiou détaillée de la personne adorable de Jésus- Christ» que nous donne Nicéphore CalliUe, au 40" chapitre du 1" Livre de son Histoire eiclésiastiqne. Pour le céié ardié dogiquesi riche et si intéressa iii« nous renverrons aux Recherches historiques sur la personne de Jésus-Chrisi, par M. i^eignut, in-8 ; à riutércssiiit éerii de Chaviu, intitulé : Txjpe^ chrétiens^ ponruits de N.-S. Jésus^Chrikt, de lu Sainte \fit:rge et des Apàlres ; et à ÏUistoire a^ Jésus Christ d'après C Evangile et la tradition, par ^i, ralibé Bourrasse, grand in 8,18Ci, Tours; Tauieiir louche la question archéologique dans sou introduction, § 8, en môme temps qu'il cite, aui pa^c^ 14 et io, le portrait de Notre-SKïigneur donné par Nicéphurc Caiiixte, d'après < ce que nous eu ont appris les uiicicns. i

DISCOURS SUR LA VIE DE N.-8. JESUS-CHRIST

nisc, a fait (la Christ le portrait suivant, dans son atimirable traité du Chaste mariage 4e Tém% el du Verbe : « Qui jamais a été plus lieao que Jésus-Christ T qui a été plus modeste et plus sage? Il était admirable dans ses mœurs, grava dans sa démarche, éloquent dans ses discours, circonspect dass ses paroles, sévère dans ses corrections et persuasif dans ses exhortations, agréable dans sa conversation^ vénérable dans toute sa conduite. Son regard était plein de bonté et de pudeur; l'humilité, la douceur le rendaient aimable à tout le monde. Ses lèvres étaient comme des lis, d'où découlaient le lait. et le miel, et qui répandaient les paroles de la vie éternelle. Sa bouche proférait ce qui était au fond 'de son cœur. Il consolait les affligés, il embrasait les tièdes, il ressuscilait Tes morts, il instruisait les infidèles, il gagnait les cœurs de tous ceux qui Tapprol'haient. Qui ne serait pénétré d'amour s'il avait le bonheur de voir le Verbe fait chair, la Sagesse incarnée , le Fils unique du Père, converser avec les pécheurs (o). »

Voilà tout ce que de faibles mortels peuvent dire snr l'adorable personne de Notre- Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, Fils de Dieu, et Dieu même. Parole de la Toute* Puissance, qui a fait le monde dans son Amour, et qui, en témoignage de la môme puissance et du môme nraour, a refait le monde [x] ; « qui, après l'avoir formé, comme dit Platon sur la foi iïanciennei iradUions^ l'abandonna h sa liberté, et se retira comme dans un lieu d'observation; mais qui, ce monde s'élant de plus en plus dévoyé jusqu'à courir, sur la fin, le risque d'une entière destruction, le voyant dans cette extrémité, et ne voulant point qu'assailli et dissous par le désordre, il s'animAt dans lespace innni de la dissemblance (y), est revenu s'asseoir au gouvernail, a réparé ce qui était altéré ou détruit, a réformé, ordonné le monde, et l'a affranchi de la mort.» Ce sont les propres paroles de Platon (je) où, d*après nos prophéties incontestablement, il traç;iit ainsi par anticipation Thiçtoire du christianisme, et, dans les ténèbres du paganisme, montrait ce que nos philosopnes ne voient pas dans la lumière de la Rédemption.

Mais tandis que Jésus-Christ réjouissait la terre par sa douce et virifiante présence; tandisque, par les merveilles de sou amour, par la sublimité de sa doctrine, il attirait à

(v) 8 Laurent Jiist. De Casto eonnubio.

Ix) M. A* Nicolas. La divinité de Jésui-Christ, démonitration nouvelle tirée de» dernière* ailaauei de nncTéduliié, 2- ddit. p. 247, 248,

(9) Expression admirable, i'humaiiiié ayaiil été faite à rimage de Dieu et k sa resseaiblance!(xV(i<€ d^ M. mcoHu. )

(s) Dana la Po/iiî^icc, traduciion Causia, tow. XI, p. 537.

(a) liéaus distingue consiamnienl les siens, le^ ant$ de Diem^ des fils du Mauwe^ dont se cornpoee ce 4|u*il appelle le. Uondt^ car ce serait prier pour le mai même ; il pr»e pour tous ceint ipii, se ftépajam du mal, cuucouixout daus la suiic des

Lui les âmes droites et sriïiples, les cœurs de bonne volonté; tandis qu'il apportait aux hommes la pure lumière et les Béatitudes du bien, voici que le Monde, — le Monde désigné spécialement par Jésus comme étant en opposition radicale avec ceui qui sont à Lui (a),— voici que « la haine de ce Monde entier l'accable, et semble .vouloir éprouver s'il est bien le héros et le saint assez grand, assez fort pour souffrir ce que nufn'eûl jamais souffert (6). » En d'autres termes et selon le langaze de saint Jean : In mundo eratf et munaus per ipsum faclus est^ et munduê eum non çognovit. In proprîa venit^ et 8ui eum non receperunt (c).

Toutefois, avant de souffrir, Jésus-Christ avait encore de grandes œuvres h réaliser, entre autres, et la plus merveilleuse de toutes, le don de soi-même aux hommes par l'adorable institution de l'Eucharistie; et il avait i prémunir ses disciples contre les persécutions à venir. Disons d'abord un mot de ce dernier point.

Quand Jésus présagea ses disciples l'avenir qui les attend, « il leurannoncequ'après avoir été flagellés dans les Synagogues, ife seront traînes devant les tribunaux et les rois pour y rendre un sanglant témoignage k Celui qui les aura envoyés, et que là ils devront être comme des brebis au milieu de»

loups qui les dévorent sans qu'elfes songent môme è se défendre. Ils nourront avoir la prudence du serpent, mais ils aurontaussi la simplicité de la colombe qui se laisse sans résistance et sans bruit étouffer par les serres du vautour (d). » Lui-nifrme allait bien* tôt leur donner le plus sublime eiemple & cet égard; Lui qui allait se présenter à la mort comme une brebis qu'on va égorger^ et demeurer dans le silence, ajoute Isaïe, sans ouvrir la bouche comme un agneau eSl uiuot devant celui qui le tond{e) 1...

Ici lincréduie ne peut s'empêcher d«» rendre hommage à la vérité. * Jésus, dit-il (/), prédit à ses disciples des persécutions et des supplices; mais pas une seule fois ]a pensée d'une résistance armée ne se laisse entrevoir. L'idée qu'on est tout puissant par la souffrance et la résignation, qu'on triomphe de la force par la pureté du cœur est bien une idée propre de Jésus. » Oui, c*est bien le une idée propre du Sauveur, Lui qui, d'ailleurs, d'éclare formellement: Et moi je vous dis de rie point résister au mal [g) ; et, cette idée, les disciples de Ji^sus la rediront aux Chrétiens, lorsque saint Paul s'écrieraf:

Ages à encombaure Tempiro. 1 ( U, robst^r, lifeloire de Jésus-Christ diaprés les textes contemporains, ^ édit. in-8, p. 340.

lb\ M. Ewald, UistQtre dn Christ, p. 500.

(c) Joan. I, 10, ti.

(d) Matth. 1. 46, 17,18, et Mgr PlanUer, La vraie Vie de Jésus^ eic, p. 217.

(e) Isa, LUI, 7 : Ohlalus est fula ipse voiuit. et aperuil os suum : sicut ovis ad èccisionem ducetur, et quasi agnus coram tondente se obmmeseetf et non aperiet os suum.

if) Vie de Jésus, par Renan, p. 127, ii8.

(g) Mattk. V, 59.

cvii IHCnONN. DB LHIST.

TravailUx à vuLinere le mal par . le bien {h)'* îiàis ce gOjî n'est pas une idée de Jésus, ce qui ne fût jamaissurses lèvres pas plus gne dans son esprit, c'est crue tout magiitraê ^oit tin ennemi naturel ae$ hommes de Dieu (t) ; ce qu'il ne voulut et ne conseilla jamais, c'est à*aniantir le pviuvoir (iwei bien que h richetee (/)•

A l'égard des rtc&eir»e«, Jésus ne condamne que l'attacbementdésordonné, l'atlachement qui conduit ^ la perdition. 11 déilare, il e^t irrait qu il est irèa-diflicile, ayant des richesses, de faire son ^alut, parce qu'alors on est exposé à toutes le3 tentations; il exalte la pauvreté au-dessus des richesses, parce qu ilest plus facile et plus sûr d'arriver par la porte des privations et des souffrances au royaume céleste ; enfin il aime de préférence les pauvres, les petits, les humbles, mais c'est tout. A regard du pouvoir dea princes de ce Monde, Jésus n'a pas davantage pré* rhé son anéantiisemcni^ il n'a pas agi è son égnrd avec cette hostilité qu'on voudrait lut prêter. Non; mais il s'esl conduit envers lui ^e manière à faire comi^rendre qu'il y at.au- Oessus de ce pouvoir, rÔrdre divin, l'Ordre de s^n Eglise, qnidoit tout purger des effets de la chute, et les hommes et les institutions; t 11 a proclamé qu'il n'a 1e droit de toucher ni à la foi, ni è la conscience du Chrétien, et que dans toutes les tentatives quMI fera, le fer ou le fouet à la main, pour ))énétrer dans ce domaine qui lui est interdit* ses disciples devrontavec une inflexible fidélité rendre témoignage k leur Maître, ne

Cs le renier devant les hommes afin que i-méme ne les renie pas un jour devant ion Père, et subordonner enGu la crainte de ceux qui ne peuvent perdre que le corps k la crainte de Celui qui peut jeter le corps toi l'Ame dans des supplices éternels [k).

Il faut ajouter à tout cela d'autres vérités que le divin Sauveur nous a fait entenllre encore a ce sujet. Ainsi, il a dit qu'un jour viendrait, oUte prince de ce monde eerait jeté dehore (/); Qu'un jour viendrait où il ny aurait plus qtiun eeul troupeau et finfeiii Pasteur (m), ce qui est bien nous annoncer qu'il y aura un temps où» Hoi immortel des siècles, Jésus doit régner seul et prendre possession de son domaine pour un règne oui n^aura pas de fin (n). Mais en tottendaal, il ne prêche pas Vanéantissement de ce qui est : il défend d'arracher l'ivraie de peur qoelon n'arrache en même temps le bon krain(o), etjusqu'à ce qu'il fasse triompher ïa justice^ il ne brise point le roseau cassé, ei n'achève point d'éteindre la miche qui

Ik) Rom. xn. 91.

(t) Vk de Jésus, tnr Renan, p. 128.

0) nid.

{h) Êittîth. X, 46-55 et Mgr Planiicr, la Vraie Vie de Jésus, p. 218 ^{) JOAN. xit, SI.

cm) Jailli. X. 16.

(If) Luc. f, 5f , 55.

o) Mauh. sni, 24, 50.

y) Isa. lui. S; et JtfaiM. xn,!

[9) Êtwre. VIII, 15.

fume encore (p). Jésus recocumande aussi, il est vrai, k ses disciples, li tous ceux qui veulent être à lui seul^ de bien se garder du Utain des Pharisiens, eï du levain d'Hérode la), c'est*k-dire de se pricautionner contra tes défaillances en César» contre les voies de la chute et de tout ce qui est de l'esprit du Monde de péché pour lequel il n'a pas prié (r) ; mais il ne se soumet pas moins è l'impôt, il paye des taxes don.t il n'était pas redevable (#}, et, ï celte occasion, il dit cette grande parole, trop peu comjirise, ce semble, et qui renferme toute la théorie politique de l'Evanjiile : fiendez à César ce oui est de César et à Dieu ce qui est de Dieu (/)• Jésus, dit Origène (u), ne portait pas Tima^e de César ; le prince de ce monde n'avait rien en lui : c^est pourquoi il prit du sein de la mer, non de ce qu'il possédait, la pièce de monnaie dont il paya le tribut. Ce tribut qu'il ne voulut point refuser, il ne l'acquitta pas non plusd'une manière ordinaire. Après d voir fait remarquer qu'il n'y est pas souniîs, alors seuleùient il le paye. Il paye aRn q,ue les collecteurs ne soient point scandalisés; il se montre libre, afin de ne poin| scandaliser ses disciples,

Mais c'est assez sur ce point (v). Passons à d'autres faits. Après avoir prémuni ses disciples contre les persécutions qu1ls auraient à subir de la part des princes et des puissants de ce monde, Jésus fait çntendre encore d'autres enseignements. A mesure que le moment de son supplice s'approche, il exhale des prophéties plus sévères et des accents plus douloureux sur l'ingratitude et la malice deceux qui vont le paj'er de ses bienfaits par une mort cruelle. Ce fut alors qu'il pleura sur Jérusalem et qu'il prononga sa terrible prophétie, touchant la destruction du Temple sans qu'il dût en rester pterra sur pierre. Celte prophétie a forl embarrassé l'incrédulité moderne. Elle a prononcé le nom d'Aramien Marcellin (a:), et s'est écriée avec etfroi ; Si ce prodige était prouvé, il ouvrirait les portes au surnaturel dans l'histoire I Eh I oui, cela est ainsi; le prodige est bien prouvé. On sait en effet, comment, aa rapport d'Ammien Marcellin. l'empereur Julien, voulant faire mentir la prophétie de Jésus sur le Temple, mit en irais toute sa puissance impériale ei tout le fanatisme des Juifs, pour remettre pierre sur pierre :

et par quel prodige cette tentative sacrilège fut confondue à la grande conOriDation de la prophétie (j^). « Dés contemporains, dont te témoignage est imposant, dit (Tibbon luimême, altesteni que des tourbillons de vent

(r) Jean, xvn, 9 ; Non pro mundo rogo, sed pro his quoi dedini mihi, qwa lui sunu

(f) Matth. xviu, 24, 25, 26.

(I) Ma(th. xzii, 21 ; Uarc. xn, il ; Luc, tx, 25.

(tt) Ciié par M. Louis Veuilloi, la Vie de Noire- MgnenrJésus-Chrisî, 2* édiUon in^, p. 247, Î48..

(V) Voir sur ces questions noire 2* Discours pré* liminaire en léte du IV* volume, §S i à 7.

(r) Vie de Jésus, par Renan, p. 215.

<y) Voy. notre aniele: Temple de jÉEu^àLEU (teatativc pour la reconstruction du).

DISCOURS SUR hk VIB DE N.-S. J£SUS-CBRIST.

•l de feu reoversàrent et dispersèrent les nouveaut fondements dn temple (2). »

iRoyr èsquiv^BF la dîlïîculie, l*incrèduîilô de ^os jours s'y prend autrement que Julien et I moins de frais. Elle ne s'aitfîr|ue pas i l>pcomplissement de la propliéti'e. Qiais a la proj)héiie même, è sa date : erle a été ècrUe, bien certainement, dit-elle, après le siège de Jérusalem. La légende l'a prêtée h Jésus. Et quoique tout démontre qiiè saint Luc, qui la rapportel^a), ait écrilson Évangile bien avant; cependant, de cefa seul que ce ferait un fait surnaturel et 8an$ en demander davantage^ saint Luc a nt^cessairemeiit écrit après le siège de Jéiusalem. VoilJ le rai- Sf^nnement de Tincrédulité (6). Mais si, indépendamment de SMÎnt Luc, et par des do- « uments dont nos critiquer ne conte$.tent pas !>ntérioriti^, on établit la prophétie, nous aaroits enfin, de leur propre aVeu, ^n prodige, un témniiçnage surnaturel bien avéré.

Or, saint Matthieu et saint Marc^ dont les critiques reconnaissent Tantériorité, rapportent précisément la même prophétie au fsauYeur. foyeZ'Vous tout cela, du Jésus h ceux qui lui faisaient remarquer la structure du Temple? En vérité, je tous le dis, il n'y sera pas laissé pierre $nr pierre {c).

Ainsi, fiàs de doate possible sur cetAe prophétie, et voiiè bleu le surnaturel entre dans rhistaire (dj I Et pu4S» di&Ons-le aussi: Que Jésus fasse enteodr e ces terribles pré* dictious, ou qu'il parle an père désolé des égareineois de ses enfants, iJ le fait néanmoins toujours avec cal^e, avec doueeur, et non avec ces aoceots sinistres d'un prétende déeouragemsm que l'impiété vottdrail lut prêter (s). Oa trouve partout, il est vrai, dans ses parotes , le ton d'une autorité soieanelle» vigoureuse, et qui seseot sûre d'ellefuéme ; 00 y admire avec une sorte de stu^ peor ia pénéiraiion , la netteté et la cer^ lilade do ses vues sur l'avenir; mais eo inéme temps la tendresse y déborde k flots }»lus larges et plus profonds que dans ses premiers discours.

Plosia situation du divin Sauveur devient critique, ajoute Mgr Tévèque de Ntmes (/), c piaslescomplotsdesesenuemis deviennent

(s) llistaire de la décadence de t empire romain^ tAoï. IV, p. 399 à ài)\. Gibbon raconte avec détail toutes les circofii^tances de cet événement.

(c) Lue. m, 5.

{b) M. Hensn affirme cela par quatre fois, et son éoiote, M. Uavet, pour plus de sûreté, y sjovte «ou sceau.

(c) Maiih. XXIV, 1, %; Mare, xiii, t2.

(d) Do resie, M. Renan en convient, f Oeî, dit 11. A. Nicolas , il convient, de i^antérierité de la prédictîoti, et il en convient, non-^euleineni sur le lénolgaaae de saint Mauliieu et de saint Marc, mais sur celui de saint Luc luî-méroe après ravoir rrjeié par quatre fois (Vie de JéêUê, p. ^^9). Il est cloae pria par lui-même, direz-vous? Oui..., et vous tic dévifieriei jauiats coniment, après avok nié la propliétie de Jésus sur le Temple contre toute preuve ; après l'avoir avouée contre sa propre nésaiion , il rcxpllque contre le caractère surnaturel «le prodige qu^il lui a reconnu d*une manière i\ édaunle : • Plus elairvoijant que les iacrédulca et les lanatiquesi dit- il, Jésu4 4#i^iaair que ces supei-

noirs et m.e[iaçflnU, plu$ Ji^ cîej du loijdefîiain paraît $0 M ibre, elplns ajiissi s^n front ft sa parole $*illumJnent d>mour et de man- ;5uélU(Je. N'est-ce pas i la veille de nioqrîr jDt daqs Tine^aUe enirjetjcn do la dernière cène, qji'iJ signale elrecniqnjiandH a»»x sien^ la charité mutuelle copine un prôrepi^ /lonveau^ corarrie $on précepte propre e> spéjcia), coiume le précej)te qui • a ,ce lltro^ ;doit leur être le plnscner(^)ÎN*eî'l-co paa dans fa même circonstance quMI laissp échapper ce cri d'inexnrimable tendresse:

Non, je ne vous appellerai pas serviteurs^ parce qu'un serviteur ignore ce que fait sotfL maître: mais je voue ai déjà nommés mes fimis^ parce qu^je vous qi communiaué toui ce qu£ j^avais apprin de mon Père (A) ? CesX ainsi que plus celle Ame adorable est brojép par]*aneoisse,plu$ l'heure où le corps qu*ellp anime doit être mis en pièces se précipite, plus on sents'exhaler d^elIe Les parfums ae\quise sensibilité donlelle coAtien.t le trésor; moins les hommes montrent de cœur pour lui» plus il en fait éclater pour eux ; et s'il est vrai que celle humble et muette victime qu'on mène à l'autel peut être nommée uç géant, au lieu d^être le géant de l'auslérilé, ce sera le géant de la douceur et de l'amour. »

Nous parlons de la dernière Cène I C'esl Ik, ô Jésus I que vous avez mis le comble a votre ineffable tendresse pour les yôlres ; c'est 1& que vous vous donnâtes tout entier i vos enianis pour les consoler» les soutenir, les transngurer jusqu'à la consommation des siècles!... Et jusque dans ce mystère, dans cette merveille inouïe de votre amour, l'impiété, hélas 1 a osé venir poser ses désespérants sophismeset ses outrages 1

Elle a essayé d'abord d'insinuer que notre divin Mallre, en se présentant comme la vie du vrai fidèle, ne voit et ne suppose dans son être que corps, sang et âme. Mais qui ne sait que Jésus y place autre chose, c'est-àdire sa divini/^? « Oui, sa (livlnilé, quand il dil à plusieurs reprises qu'il sera le Pain descendu du ciel. Oui, sa divinité, c|uand il affirme qu'il est le principe nécessaire de la vie, et que quiconque ne mangera pa^

bes constructions étaient appelées à une courte «fnrée > (/bid.t p* )H)* Noos ne gâterons pas ce dcanier u-ait en le eonineatant. Il se suffit à iut^mêne; et il achève, en ce qui touche les prophéties, la dé^ oionatration de la vérité de noire loi, i>ar la déraison de Pimpie. » (M. À. Nicolas» la Ùiviniti é$ fléiuS'ChrUt, etc. , p. 1 52, \ 53,)

(s) Renan cherche, en eflet, à établir un* odieux contraste entre Jésus et Jésus, entre le moratiite du premiers jours et le moraliste des derniers temps. et veut que Notre-Seigneur ait été porté, par un « sentiment àpve ei triste do dégeik pour le nioiule et d*abnégaUufi outrée, » & tancer les anaUiènies contre le Teniple, eic Mgr PUinlicr détruii les at« légations du libre penseur el montre irès-bien i{\\b ce n*est là (iu*uii rêve aussi gratuit qull est sacrilège. Yojf. La vraie Vie de Jétus, p. 190 ^ suiv.

(0 Ibid., p. in. 193.

(a) Joan. xui, 34, 35 ; xv, iè, il.

{n) ioan. iv, 15.

Ctl

nCTIONN. DE niIST. UNIV. DE L'EGLISE.

sa chair et ne boira pas son sang, n*aura pas !a vie en soi. Oui, sa divinité, quand il assure qne son corps et son sang peuvent donner et donneront la vie éternelle: c'est une prérogative qui évidemment ne peut appartenir qu'à un Dieu. Oui, sa divinité»

parce qu'il prédit qu'il ressuscitera lui* mémo au dernier jour tous ceux qui se seront nourris de sa rhair et de son sang.

Un Dieu seul peut faire sortir Thomme du néant; un Dieu seul peut le faire renaître de la mort et de la tombe (t). »

L'impiété veut ensuite prétendre que toutes les paroles de Jésus dans Tlnstitution de l'Eucharistie ne signifient que ceci : « Je suis votre nourriture (/)• » Sans doute ers divine.^ paroles reviennent à dire : «Je suis votre nourriture, n Mais quand, à la dernière Cène, Notre-Seigneur montrant le pain, dit : Ceci est mon corps; quand, tenant le calice et le vin» il ajoute : Ceci est mon sang ; parlait-il au naturel, ou [larlaiti\ an figuré? Voilà oi^ est la vraie question. Or, nous disons, avec les Evangélistes et les dix-huit siècles chrétiens, que Jésus s'est exprimé sans métaphore, et qu1l faut prendre au pied de la lettre ses adorables paroles.

Et Jésus, lui-même, afin do bien nous convaincre qu'il ne s*agit pas d'éluder le texte, s*étndie en quelque sorte à nous emprisonner dans le sens littéral. « Lorsqu'après avoir béni et rompu le pain, il le présente aux siens : Cest là mon corps qui va être donné pour vous Ik)^ le corps qu'il offre sous les apparences du pain est le même que celui qui doit être livré pour le salut du monde; et, selon l'expression rappelée par saint Paul, qui doit éire rompu {ï}: Hoc est corffus meum quod pro tobis datur.

Il y a identité, non pas dans le dehors, maïs dans la substance. Eh bieni le corps qui devait être livré et rompu était bien un corps réel : c'était le véritable corps de Jésus; celui par lequel il frappait les yeux de ses apôtres au moment même oïl il leur parlait dans ce t)anquet pascal. Et puisque ce corps dont l'œil tes considère et dont la voix leur parle, ne fait qu'un avec, celui (]u*il dit conteon sous les espèces du pain qu'il leur tend et dont il les invite à se nourrir, il est manifeste qu'ici son langage signifie exactement ce qu'il exprime (m). «

Il en est de même pour le calice et le vin qu*il renferme (n). Ceci est mon corps^ dit llossuet, c'est donc son corps; ceci est mon sang^ c'est donc .son sang (o). Pourquoi ne |)as interpréter avec simplicité ce qui est si simple? Pourquoi expliquer av.ec tant de détours un texte si précis et si net? Pourquoi opposer tant de subtilités misérables à des paroles dont la signification naturelle se

(i) Mgr Plantîer, La vraie Yle deJésm, etc., p.

j) Vie de Jésus, p.ir Renan, p. 30 i.

(A)Lm, XIII, 19.

<i) / Cor. XI, îi.

(m) Mgr PUntîpr, ul tupra, p. 355.

(il) Lm. xiii, 20.

cm

présente avec une force si victorieuse? < S*il avait voulu donner un si^ne, une ressemblance toute pure, il saurait bien su le dire. Quand il a proposé des similitudes, il a bien su tourner son langage d'une manière i le faire entendre : en sorte que personne n'en doulAt jamais. Je suis la porte: celui gui entre par moi sera sauvé {p). Je suis la vigne, et vous les branches : et comme la branche ne porte de fruit qu'attachée aucep^ ainsi vous n'en pouvez porter^ si vous ne demeurez en moi {q). Quand il fait des companiisons, les Evangélistes ont bien su dire : Jésus dit cette parabole; il fit cette comparaison. Ici, sans rien préparer, sans rien tempérer, sans rien expliquer ni devant ni après , on nous dit tout court :

Jésus dit : Ceci est mon corps ; ceci est mon sang ; mon corps donné, mon sang répandu (r). » Ainsi parle encore Bossuet avec un bon sens souverain, et la conclusion, c'est qu' au lieu de se jeter pour déterminer la vraie signification des paroles eucharistiques dans un chemin détourné, il faut mardipr sans fflçon dans la grande voie du sens naturel et littéral.

C'est cequefait saint Paul. Après aroirrap* porté les paroles de l'Institution, il ajoute des commentaires et des conseils où la doctrine de la Présence réelle éclate en traits de feu (f). Et remarquons que s'il s'exprime ainsi, c'est après avoir déclaré qu'il tient du Seigneur lui-même tout ce qu'il va dire du corps et du sang de Jésus-Cbrist : « Dès le commencement, les disciples qui avaient touché de plus près que saint Paul au grand fait de la dernière Cène et de Tinauffuration de l'Eucharistie, ont eu la même foi. Même sans appartenir au collège des douze, ils croyaient à la réalité du Pain miraculeux, et quand après la résurrection du Sauveur ils le rencontrent et conversent avec lui sans le reconnattre d*abord, il suffit qu'il l>énisse le pain devant eux, le rompe et le leur présente, pour que leurs yeux se dessillent et qu'ils retrouvent h l'instant même en Lui le Mattreque la mort leur avait un moment arraché. C'est là pour eux le .signe des signes, le prodige des prodiges. 0(1 le voit avec une évidence décisive d'ans lasiène touchante des disciples d'Emmaûs [t). »

Telle est l'histoire vraie de l'Eucharistie du côté de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

« Quant aux Apôtres, gui furent appelés à en perpétuer les bieiiiaits dans le monde, ils ne s'attribuèrent arbitrairement ni cette mission ni cet honneur. Après avoir le premier consacré le pain dans la dernière Cène, Jésus avait dit à ceux qui Tentouraient :

Faites ceci en mémoire de moi. C'est co que

(o) BoRsnel, Midilathnt tur C Evangile, xxnf jour, ver$ ta fin, (p) Joan, X, 9.

Iq) Joan, xv, 5.

m Bossuet, «l mpra»

(i) I Cor. XI, 23-28.

{i)Lue, XXIV, 3e, 31.

eiiii

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