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Pape, prirent les mesures les plus violentes pour les obliger à élire an Italien. Ils se saisirent des clefs de la ville: ils Brent entrer des montagnards à qui ils fournirent des armes pour intimider les électeurs; ils mirent des gardes partout. Les cardiuauif en entrant au conclave, furent suivis d'un grand nombre de gens armés qui criaient avec fureur : Romano lo volemo io Papa^ nous vouions un Pape romain, et mena^ient de mort les cardinaux s'ils faisaient autrement. Le jour se passa dans ce trouble et dans cette confusion : la nuit ne fut pas plus tranquille: on n'entendait autre chose que ces cris furieux : Un Pape de Rome^ ou du moifis dltalit^ ou la mort. Le lendemain la fureur augmenta, et comme les cardinaui, pour apaiser la populace qui environnait le coa- / clave, promettaient qu'ils auraient un Pape tel qu ils le demandaient , et qu'ils les priaient de se retirer : « Non, non, » direntils, « nous le voulons lout à Tlieure, ou nous allons vous mettre en pièces. » Les cardi* naux, voyant qu'il fallait ou se résoudre à Atre massacrés, ou contenter le peuple, après avoir prolesté contre la violence, jetèrent enfln les yeux sur Barthélémy de Pregnano, archevêque de Bari, originaire de Naples, et le déclarèrent Pape sur--le-champ. Il était docteur en droit canon, et, en cette qualité, il ne pouvait ignorer qu'une telle élection u'était pas légitime, puisqu'il avait été témoin de la violence avec laquelle elle s'était faite. Ainsi les cardinaux ne doutaient pas qu'il y renonçAt dès que la liberté serait rendue. Quelques jours après, ils furent forcés de le couronner et de le reconnaître pour Pape sous le nom d'Urbain VI; ils lui rendirent même, pendant trois mois, tous les honneurs dus k un Pape légitime, et il y a lieu de croire qu'ils auraient continué de lui obéir si, par sa sévérité, il ne s'était entièrement aliéné les esprits; car, dès le lendemain de son couronnement, il commença k faire des reproches aux évéques, les traitant de parjures, parce qu'ils avaient quitté leurs Eglises )>our rester à la cour. Dans un eons stoire public, il reprit les mœurs des cardinaux d une manière très-dure. Ceux-ci,
Siqués, se retirèrent k Agnaniet résolurent 'élire un autre Pape. Sélant assurés de la protection du comte de Fondi, ils se rendirent en cette ville qui est du royauoie de Naples, et ils v élurent, cinq mois après, Robert, cardinal de Genève, qui prit le nom de Clément VII. Il était habile, éloquent, et propre aux atfaires. Urbain VI, se voyant atMndonné de ses cardinaux, reconnut limprudencede sa conduite; et, pour la réparer en quelque sorte, il en créa 29 de diverses nations. Après l'élection de ces deux Papes, toute la chrétienté se divisa. Urbain VI avait presque toute l'Europe dans son parti ; cependant on ^arda la neutralité dans plusieurs conciles qui &e tinrent alors, en attendant un concile général.
Le schisme qui troubla l'Eglise après la mort de Grégoire XI, et qu'on appelle le sdiisme d'Occident, est une des plus gran-
des plaies qui l'aient déchirée. Le simptb tableau que nous tracerons de ce qai so passa dans l'espace de près de trente et un ans prouvera que ce que nous avançons n'est que trop véritable.
On voit par ce que nous venons de dire que les rapports snr la première élection sont contradictoires. Il semble évident qno le peuple romain y exerça une certaine pression. Mais fut-elle de nature k enlever réellement toute liberté aux cardinaux?
Ceux-ci, en rejetant la première éleclion pour procéder k une seconde, n'onl-ils \m agi par dépit plutOt que par devoir de conscience^ C'est ce qu'on pourrait peut être II bon droit supposer. Quoi qu'il en soit, il est certain qu'Urbain, bon canoniste, homme vertueux et savant, est devenu intraitahlo du moment qu'il a été élevé sur la Chaire pontiQcale. Tous conviennent qu'il ne ressemblait plus alors k ce qu'il avait été auparavant.
L'année suivante, la France se déclara
Eour la neutralité, dans un concile tenu à aris sous Charles V; mais, quatre mois après, ce prince se déclara pour Clément Vil. et Urbain VI fut regardé comme intrus dans plusieurs Etats catholiques. Au reste, les deux Papes soutenaient leurs droits arec tant d'art, et chacun donnait des raisons si frappantes de l'intrusion de son concurrent, que cette affaire, qui n'avait point eu d'exemple jusqu'alors, causa un extrême embarras aux personnes même les plus éclairées et les plus judicieuses. Elle parut si douteuse et SI remplie d'obscurité, tant sur le droit que sur le fait, que les peuples et ks royaumes entiers, les princes et les évèqaes embrassèrent différents partis, et chaque parti avait des hommes célèbres par la saurteté de leur vie et même par leurs miracles.
Clément et Urbain employèrent l'un contre l'autre les armes matérielles et spirituelles : ils écrivaient chacun des apologie^ s'excommuniaient et se chargeaient réciproquement de malédictions. Leur défaut de modération ne fit qu'échauffer le schisme et produisit une infinité de maux. Les prélats et les prêtres attachés k Urbain étaient Irai* tés par les clémentins avec fa dernière cruauté. On ruina plusieurs villes et plu* sieurs châteaux et villages dans le royaume de Naples, et dans les terres de l'Etat ecclésiastique on détruisit un grand noa)bi;e d'églises et de monastères; on ne voyait partout que meurtres, pillages et abomuialions. Les clémentins n'étaient pas mieux traités de la part d'Urbain ; il les (lersécata si cruellement dans leurs personnes et dans leurs biens, qu'ils étaient obligés de recourir k Clément et de le supplier de pourvoir à leur subsistance; et, comme il ne pouvait les secourir tous, ils étarent réduits à mourir de misère. Ce n'est encore Ik qirune j^rtie du tableau affligeant que le^ historiens nous ont tracé des maux de ce schisme.
Cependant Clément VU se relira k Avignon, ce qui ruina son parti en Italie. l>
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DES PAPES
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bain VI, qui était à Rome, se rendit maître du château Saiot-Ange, fit faire le procès au comte deFondiy k la reine Jeanne ae Naples, et à tous ceux qui farorisaient le parti de Clémeut : il donna le rovaume à Charles de Duras, le flt venir de Hongrie et le couronna roi de Sicile. La reine Jeanne, pour s'opposer aux entreprises de ce Pape, donna ses Etats k Louis d'Anjou, frère du roi Charles V. Mais Charles de Duras s'étant rendu maître de^Naples et du chAteau où la reine s*était retirée, il la tint en prison, et quelque temps après la flt étrangler. D*ua autre côté, Louis d'Anjou, alors régent du royaume, sous la minorité de Charles VI, passa en Italie avec une grande armée pour conquérir la Sicile; mais, au lieu d'aller en avant pour se rendre , maître d*Url>ain,' il s arrêta dans TAbruzze, où son armée fut )>resque détruite par la mortalité, et il mourut lui-même Tannée suivante. Charles de Duras étant venu en Italie, trouva Urbain à Averse, entre Naples et Capoue, et aussitdt il ût fermer les portes de la ville et se rendit bientôt maître de la personne du Pape. De là, il le fit conduire k Naples où il le tint en prison dans le GhAteau-Neui, jusqu*k ce que, par l'entremise des cardinaux, la paix se fit entre eux^ k condition que le Pape ne se mêlerait plus du gouvernement de Naples et que le roi Charles ferait le neveu d'Urbain prince de Capoue. Cette paix ne fut }^s de longue durée. S*élant brouillés de nouveau, Charles flt éclater le dessein qu*il avait de perdre Url>ain; il fit semer dans le public la question, s'il n*était pas permis de donner un curateur k un Pape trop opiniâtre. Plusieurs docteurs se déclarèrent pour Taflirmaiive. Urljain ayant soupçonné quelques cardinaux d*êtrede ce nombre, en fit arrêter six, que l'on chargea de chaînes, et il leur fit soutfrir la question. En même temps, il lançait des excommunications contre Charles.
Ct5 prince vint l'assiéger dans le chAteau de Nocera; et, pendant ce siège, le Pape, de sa fenêtre , excommuniait 1 armée ennemie, une clochette et un cierge k la main. La ville ayant été prise, on trouva le moyen de le faire sauver de la citadelle et de le conduire dans un port ; mais il traîna k sa suite les six cardinaux qu'il avait traités cruellelueut. Etant arrivé k Gênes, il se refusa aux prières qu'on lui flt pour leur délivrance, et il les fit mourir par divers genres do suppli* tes, k Texceptiou du cardinal de Sainte-Cécile, k qui il fit grâce, k la prière de Richard, roi d*Anglcterre. Cette conduite d*Urbain iniiis)K>sa contre lui ceux qui lui avaient été aiiachés, et la plupart des Eiats se retirèrent ih Son obédience. Après avoir quitté Gênes, t't passé un an k Pérouse, il partit pour Naplos, n'étant occupé que du dessein de sV(U)>arer de son royaume; comme il était pr^^ld'y arriver, le mulet qu'il montait, étant if>uil)é rudement par terre, Urbain fut fort lilessé; il se fit porter k Rome, où il mourut un mois après.
Nuns n'avons pas cru devoir entrer dans, l« dtllail des démarches innombrables qui
furent successivement tentées auprès d'Urbain VI, comme auprès de son compétiteur, pour terminer le schisme. La France, et spécialement l'université de Paris, s'y employa avec une grande ardeur, mais sans succès. Ces détails, d'ailleurs, appartiennent moins k l'histoire du Pape proprement dit, qu'k celle de l'Eglise.
URBAIN VU. — Après la mort deSixte- Quint, après dix*huitiours de vacance du Saint-Siège, on élut, le ik septembre 1500, Jean-Baptiste Castagnac, cardinal de Saint- Marcel. Il prit le nom d*Drbain, qui convenait k son humeur douce et facile. Il fut ensuite porté k l'éslise de Saint-Pierre avec uno contenance modeste, qui marquait que ce. changement de condition n'm avait apporté aucun au sentiment de son âme. Le peuple accourut en foule autour de lui, se mettant k genoux pour recevoir sa bénédiction. Tout le monde dans Rome témoigna être content de son élection. Les nobles aussi bien que les artisans, espéraient qu'après avoir exercé avec.beaucoup de douceur et d'application les emplois que ses prédécesseurs lui avaient confiés dans la ville, il remédierait, par sa prudence, aux maux dont la cbréticinte était affligée. En effet, ayant été proiesseur de droit civil et de droit canon, i^iivait toujours rendu la justice exacte k tout le monde, sans écouter les recommandations de sos meilleurs amis. Il fut nonce en Angleterre et en Espagne, et gagna si bien 4*amitié du roi catholique par ses manières douces et paisibles, que ce prince lui fit tenir la princesse sa fille sur les fonts de baptême: il traila toujours les affaires publiques et particulières avec beaucoup d'a^lresse, ne regardant en toutes choses que la justice. On ne pouvait pas trouver un homme plus propre k maintenir l'union entre les princes chrétiens, ce qui était le plus nécessaire dans la conjoncture présente desaffaires. Il fut toujours modeste dans ses«actions, et principalement dans celles qui regardaient sa famille. Il était sobre dans sou manger, retenu dans ses paroles, et donnait un bon exemple k ses proches. 11 ne dit jamais k personne uneparole d'aigreur : il se montra toujours égal avec ses amis, et toujours fort recueilli dans sa prière : il fut élu du commun consentement de tous les cardinaux. Lorsqu'il fut revête de l'habit blanc qu'ont accoutumé de porter les Papes, il témoigna que, quoiqu'il parût léi^er, il le trouvait pesant et au dessus de ses forces.
Le même jour, ayant été porté au Vatican, il Ut paver toutes les dettes des monlsde-piété, et leur remit tout ce qui leur était dû k cause des sommes çu'il leur avait prêtées étant cardinal. Il fit distribuer de grandes sommes aux pauvres des faubourgs, ordonna qu'on flt une liste de tous ceux qui étaient dans la nécessité k chaque par.oisse, afin qu'il pourvût k leurs besoins. Il ordonna aussi k Mgr Centurione de faire donner le pain k meilleur marché, et se chargea de dédommajer les boulangers de Gô qu'ils en iH>urraieut souffrir; il voulut
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fSfliire cesser le luie; eU afin que ses officiers doapasseiil exeinple aux autres, il défendit à ses catnériers de porter des habilsdesoie : i\ fit oontiouer le bAtiment de la chapelle de Saint-Pierre et du palais du Vatican et du QuirinaUqui avaient été commencés par Sixle*Quint : il voulut qu*oa y mil les armes de ce ^pe, pour montrei* qu'il était exempt d'ambition. H réforma la daterie, et éloigna •es parents, qui s'étaient rendus à Rome sur Je bruit de soneialtation, quoimi'il y en eût plusieurs capables de servir 1 Eglise, pour donner cet exeurplede modération h ses suc*cesseurs. Il disait qu il titveyiaiipmi donner Us charges tacimtef à sts jwnents^ afin d'à" voir plus de liberté depuntr ceux gui en »eraient pourvus^ s ils manquaient a leur dt^ voir: paroles dignes d'un bon (irince, qui préfère le bien public à Tavantage de sa maison. Mais il n'eut pas le temps de faire tout le bien qu'il méditait, car ilfut atlaquéd^une fièvre maligne, le 15 septembre, troisième jour de son pontificat, et mourut le 2G du même mois.
URBAIN VIII. — Les cardinaux, au nombre de 54>, entrèrent au conclave le 19 iuil- Jet 1623. Il fut plus long et plus rempli de difficultés que les précédents, pour trois raisons. La première, parce que la bulle de Grégoire XV, ayant réduit l'élection au scrutin secret, pour assurer la liberté des suffrages, chaque cardinal ne se trouvait plus guidé que par son propre sentiment, ce qui reniait la réunionnes esprits plus difficile. La seconde , était le peu de sympathie qui se trouvait entre Borgbèse et Ludovisio, ehefs des deux principales factions; et la troisième, le grand nombre de r^ndidatav qui, par leur Age, par leur mérita el leurs protections, avaient droit dtfi prétendre au pontificat. Cependant, après bien des contestations, le plus grand nombre de voix fut pour le cardinal Maffée Barberini, qui, aussitôt qu^il fut élu, prit le nom d'Urbain VIK. Le nouveau Pape était né en 1568 d'une fa* mille noble et ancienne de Florence, où elle avait eu des emplois considérables dons le
Soovernemenf de cette république. Dès l'âge e 19 ans, il fut fait prélat. Siite-Quint lui donna la charge de référendaire. Clément Vlll le pourvut du gouvernement de Fano, à l'âge de 2ii^ ans, et le Ut ensuite protonotatre apostolique. Ce fut lui qui dressa Taete de prise de possession de Ferrare, et celui du mariage de Philippe III, roi d*£spaisne, avec la reine Marguerite. Clément vlll l'envoya nonce en France, du temps dé Henri IV, pour complimenter ce prince, sur la naissance du dauphin, son fils, Louis XIII. 11 fut depuis archevêque de Nazareth, et nommé nonce ordinaire en France. Paul V le fit cardinal en 1606. Enfin il fut élevé sur le Saint- Siège le 6 août 1621, étant âgé de 55 ans.Pendanl la tenoedu conclave, il y eut è Rome une violente sédition, dans laquelle il se commit les plus grands désordres. Le nouveau Pape en fut d'autant plus affecté, qu'il était naturellement doux et bon.
Urbain VIII est l'un des Papes qui a le plus
fait parler de lui, et dont le pontificat fournit à fhisloire les plus curieux événements. On loue d'abord. Tioiégrité de ses mœurs, son érudition, et l'assiduité avec laquelle il s'é« tait acquitté, dès sa jeunesse, des emplois qu'on lui avait conuis. Avant d'être revêtu de ses habits pontificaux, il se prosterna devant l'autel, et pria Dieu avec larmesde lui ôter la vie avant qu'il sortit de la chapelle, s'il jugeait qae son exaltation ne fAt pas avantageuse a l'Eglise.
Bientôt après son couronnement, Urbain fit la l>éatiûcation d'André Avellin , et celle de Gaétan de Thienne, tous deux Théatins; de Félix de Cantalice, Capucin ; de François Borgia, général des Jésuites; de Madeleine de Pazzi. Il canonisa sainte Elisabeth de Portugal, et saint Roch. 11 bâtit de nouvelles églises, et en répara d'autres. Il fit construire, sur les frontières du pays de Bologne, Castelfranoo, aue l'on a appelé le fort Urtiano, quoique la destination militaire de cette forteresse fût si peu frappante , que les Bolonais soupQOnnaient qu elle était érigée plutôt contre eux que pour eux. Il commença, dès l'année 1625, à fortifier, à Rome, le château Saint-Ange par de nouveaux remparts ; il le pourvut aussitôt de munitions de guerre et de provisions de bouche; il fit bâtir, sur le Monte-Cavallo, le mur élevé qui entoure le jardin du Pape. Attentif au bien temporel etspiriiuel (le l'Eglise, il réunit au Saint- Siège le duché d'Urbain, par la donation que lui en fit le duc François-Marie de la Rovère, dernier de cette maison. Il réunit en même temps au domaine du Safnt^Siége le comté de Montfeltro, celui de Gobio, la seigneurie de Pesaro et le vicariat de Sinigaglia.
Dans le cours de son ponlitical, H eut part k toutes les grandes affaires qui agitèrent la France, l'Espagne et l'Empire. Pendant la guerre de la Valteline, et sous le ministère du cardinal de Richelieu , il imposa un tribut, sur tout le clergé d'Italie, qui était sous la domination des Espagnols; il fit fortifier le château Saint-Ange et plusieurs autres endroits de Rome. Il avait beaucoup de zèle contre les hérétiques, il exhortait souvent les princes catholiques à les réprimer |»ar tous les moyens qu'ils avaient en maiu. Il s'appliqua à réunir à l'Eglise romaine les schismatiques d'Orient, il y réussit à l'égard de plusieurs. Pendant que l'Allemagne était désolée par les armes victorieuses des Suédois, et par celles de quelques-uns de ses princes unis aux Français, Urbain fournit de l'arffent à l'empereur. Il renouvela plu*sieurs foia la fameuse bulle/n Cesna ifoifiini,
Urbain VIII publia la bulle de canonii^itio» de saint Ignace de Loyola, donnée par Grégoire XV ; mais il abolit, par une autre bulle, en 1630, l'ordre des iésuitesses , qui s'était multiplié en Italie et dans les Pays- Bas, comme étant opposé à la saine doctrine et aux bonnes mœurs. 11 exhorta les évèq«ies è procéder contre les femmes qui osaient paraître à l'église d'une manière indécente et contraire À la modestie, li s'attacha les cardinaux, en leur donnant le litre d*éuii'-
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nentissiiQe à ceux qui composaient alors le Sacré Collège.
Ce fut S0U6 son pontiQcat qae parut lé fa* meux ouvrage de Jansénius \ni\i\x\é Augusii' nci#. Gomme le système de l*auteur combaltaii ouveHemeat celui de Molina« les Jésuites sa plaigoirent; ils obtinrent un décret de Tinciuisiiion, le premier aoAt 16^1, qui en inlenlisait la lecmre. Ce livre renpuvttlait les propositions enseignées par Baïu^ > qui sivaient été condamnées {^r les bulle$ de Pie V. En conséquencei le Pape donna Tannée suivante une bulle qui renouvelle celles le Pie V, et les autres qui défendaient de traiter les matières de la grAce. Celte bulle J*Urbain déclare que VAuguêlin de Jansénius renferme plusieurs pri^iosiiioHs dé^à con« Jamnées, Mais les députés de I université ie Louvaia étant venus à Ikome pour se [ilaindre de la bulle» il leur dit qu*ll était iien éloigné de porter préjudice A la doc« :rine de saint Augustin ; que ceux qui oseraient dire le contraire, mériteraient d*ètre ;>unis. Il y eut des diÛicultéc pour faire recevoir la nulle d*Urbain Vlll dans les Pajs-^ Bas. Les docteurs de Louvaia firent des déiiarches auprès du gouvernement des f^ays- Bas, et soutinrent que la publication du livre le Jansénius n'avait caus^ aucun scandale. Les évè^jues de la province appuyèrent cette léclaration par des cerliucats. Ces pièces [urent envoyées au roi d*Espagne qui écrivit au Pape » pour le prier de faire ixaiuiner le livre de Jansénius t et dé ne |>as trouver mauvais que la publicaion de sa bulle fût suspendue jusau*k ce
qu'il eût rendu un nouveau jugement sur ce livre.
Sur ces entrefaites le iPape Urbain VIU mourut au mois dé juillet I6i/^,dans la soixaote-dix7buitième année 4^. son flge , après «voir tenu le Saint-Siéi^ vingt et un ans. On loue sa facilité à iiardonner les ito-* iures ; on cite, par exemple, sa conduiie k l'égard du cardinal béti : il en avait été tori maltraité avant son pontificat ; mais il n'en témoigna aucun ressentiment et Je mit en possession du dècanat, contre Tavïs de plu« sieurs cardinaux.
Ce Pape aimait les t>elles-jettres et se dé^ clara le prolecteur des savants; il voulut connattre les plus célèbres et les attira à sa cour. La poésie latine surtout avait pour lui de grands attraits, il était lui-même ùii des plus célèbres poites de son temps • et ses poëmes ont été imprimés magnifiquement a Paris» sous ce titre : Mafti Barberini Poemata; ils sont en latin et en italien. Qubiqu'il eût pu réussir dans tous les genres, il préféra le {[enre lyrique. Les plus considérables de ses pièces sont des paraphrases sur quel- (jues psaumes et sur quelques cadtiqueS de 1 Ancien et dn Nouveau Testament. Au sentiment des connaisseurs, il n'a été rien fait approchant de ses Ode$. Vittorio Rossi dit quelles l'ont fait parvenir à la gloire des anciens ; qu'elles sont très-pures, très-élégautes, très-làtihes et remplies de toutes \ùû grAces poétiques. Urbain composa une tort belle élégie, que l'on voit à la tète de seé poèmes, pour exhorter les cârdinaui & faire des vers chaste^ et édifiants
VALENTIN, centième Pape et soccesseur 'fiogèna 11, fnt le contemporain de Michel e Bègue, empereur d'Orieni, et de Louis te débonnaire, empereur d'Occident. — Ce ape, Romain de naissance et fils de Pierre, Il élevé dans le séminaire du palais pootical de Latran. Il fut ordonne séuS-dtacre ar lo Pape Pascal l*% qui le prit h son sec^ \ce ; ensuite il l'ordonna diacre. Le Pape u^dne 11 raima comme son fila et l'avait tujours auprès de lui. Valeatin élAil architacre lorsque ce dernier Pape mourut : il it élu le 1*' septembre 827; mais il mourut
10 octobre suivant, au boux de six semai- » de pontifieat. II eut pour successeur Gré» nre IV.
VATICAN {l* Pape kv). — Lorsque l'é- Diion avait lieu au Vatican» lé nouveau Miiife se rendait à la chapelle Sixtine pour recevoir la seconde adoration, dès que les lf tes du conclave étaient ouvertes. Depuis ie l'élection se fait au Quirinal , le Pape kst ordinairement conduit au («lais do int-Pierre que le lendemain. Du moins il
a été ainsi pour Pie VlII et Grégoire XVI.
Le cortège est celui qu'on appelle noble. ou semi -public : treno nobiU, o semi publicà (112). Les cardinaux, sauf deux que le Papo désigne et prend dans sa voiture, le précèdent è là chapelle Sixtine, en équipages do gala; eu cette occasion, ils portent toujours, avec le rochet, ta soutane et la cappa rouge, même en Carême ou en Avent.
Arrivés dans la petite salle des parlements, deparlamenii^ le Pape prend la mitre d*or et la ciiape d'argent, entre dans la chapelle, prie, s'asseoit sur le coussin préparé au milieu de l'autel, où il reçoit la deuxième adoration des cardinaux, qui baisent s^ pieds, sa main sous la frange de là chape, et reçoiTent de lui le double baiser.
Le gouverneur de Rome présenteson bAton de commandement à Sa Sainteté, qui le lui rend d'ordinaire; le gouverneur et le maréchal du conclave, les autres olQciers et les ooBclaviates sont admis au baisement des pieds.
Sa Sainteté, élevée sur la. ««dia, précédée de la croix et des chantres de la chapelle pa^ pale, qui chantent VEcce sacerdos $nagnuêf
;l 19) Ce cortège lient le miTiea entre \e tnno di ciiià, traie de ville, eu Im^repremenl trJte d^ciiA^a- 1^ et le corfége éolettad.
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