‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 11 sur 123 · AOA · texte numérisé non relu

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}e royaume de Naples. Il avait été élevé dans la piété, et avait passé une grande partie de sa vie dans les monastères , qui étaient comme des écoles où Ton se formait à la vertu ; en sorte que le clergé et le peuple de Rome le choisirent pour succéder à Donus. Agalhon fut donc élu en juin 678, et répondit parfaitement aux espérances qu'on avait conçues de son mérite. Il était d'une douceur et d'une afifabilité merveilleuses envers tout le monde. Saint Wilfrid , évêque dTork, ayant été chassé de son siège, le Pape Agathon assembla à Rome un concile d« plus de cinquante évoques. II se tint au moi» d'octobre 679 dans la basilique du Sauveur. Après que le Pape eut dit sommairement le sujet du concile, André d'Ostie et Jean de Porto tirent leur rapport des actes

au'ils avaient été chargés d examiner avec 'autres évèques, tant contre saint Wilfrid, que de sa part. « Ayant tout considéré, dirent-ils, nous ne le trouvons convaincu canoniquement d'aucun crime qui méritât la déposition; au contraire, nous voyons qu'il a gardé la modération convenable, sans exciter de sédition pour se rétablir. Il 6*est contenté de protester devant les évèques, et d'appeler au Saint-Siège, oii Jésus- Christ a établi la primauté du sacerdoce. »

Le Pape ordonna ensuite que l'on fit entrer saint Wilfrid qui était à la porte de la salle. On lut sa requête, où il prenait le titre d'évèque de Saxe, et marquait qu'il avait déjà instruit le Pape, de vive voix et par écrit. Il se plaignait de ce qu'on l'avait déposé injustement, et ordonne trois évèques h sa place. « Je n'ose » dit-il « accuser Théodore, parce qu'il a été envoyé par la Saint-Siège; mais si vous jugez que je ne sois plus évèque, je me soumets humblement : je vous prie seulement de chasser par votre autorité les usurpateurs de mon diocèse. Si l'archevêque et les évèques mes confrères trouvent A propos d'augmenter le nombre des évèques, qu ils les choisissent dans un concile, et les tirent du clergé de la même Eglise, j'obéirai absolument aux décrets du Saint-Siège, » On voit ici que le principal prétexte de la déposition de saint Vilfrid était que le pays avait besoin d'un plus grand nombre a'évêques.

Après la lecture de sa requête le Pape loua sa conduite et sa soumission, et le concile prononça qu'il serait rétabli dans son évècbé; que ceux qui y avaient été mis irré-

fuliërement seraient chassés ; mais que les vèques qu'il choisirait avec le concile assemblé sur les lieux pour lui aider, seraient ordonnés par Tarchevêque : le tout sous peine de déposition et d'analhème, contre les évèques, les prêtres et les diacres, et dVxcommunication contre les autres, même contre les rois. Saint Wilfrid demeura encore à Rome plus de quatre mois.

En effet il assista au concile que le Pape Agathon tint le troisième jour de P&ques, c'est-à-dire, le mardi 27 mars 680, afin de nommer des députés pour aller à Constantinoole, suivant le désir de .'empereur. Ce

concile se composade cent vingt-einq évèques assemblés de toutes les parties d'Italie: premièrement des provinces immédiatement soumises au Saint-Siège, la Campanie, les Bruliens, laCalabreetles autres pluâ voisines de Rome et de Sicile; ensuite, de la province de Milan, dont l'archevêque Mansuet assistait au concile avec Jean deBergame, Anastase de Pavie, et plusieurs autres.

Il ne nous reste de ce concite que les deux lettres de l'empereur; l'une au nom du Pape en particulier, l'autre au nom du concile : toutes deux adressées, non-seulement à Constantin, mais» à ses frères Héra.' clius et Tibère, qui portaient aussi le titre d'Auguste. La lettre du Pape est très-longue; en voici la substance : Nous avons reçu avec une grande consolation vos lettres adressées au Pape Donus , notre prédécesseur^ par les'^ quelles vous nous exhortez à examiner la vraie foi. Aussitôt fai commencé à chercher des personnes telles ^ue le malheur des temps et Vétat de cette province permettent de lestrou" ver. J'ai pris te conseil de mon clergé, et des évèques voisins de ce siége^ mais il a fallu du temps pour assembler ceux que nous atten^ dions des provinces les plus éloignées, où mes prédécesseurs ont envoyé prêcher la foi; sans parler de mes maladies continuelles.

Donc, pour vous rendre tobéissance que nous vous devons^ nous vous envoyons nos vénérables frères les évèques Abundantius ^ Jean et un autre Jean ; et nos chers fils Théo* dore et Georges , prêtres , Jean , diacre , et Constantin, sous • diacre de notre église; Tliéodoret^ prêtre, légat de Véglise de Bavenne, avec des moines serviteurs de Dieu. Ce n'est pas par la confiance que nous avons en leur savoir, car comment pourrait-on trouver la science parfaite des Ecritures, chez des gens qui vivent au milieu des nations barbares, et qui gagnent à grand peine leur nourriture chaque jour par leur travail corporel ? Seulement nous gardons avec simplicité de cœur la foi que nos pères nous ont laissée, demandant à Dieu comme notre principal avantage, de conserver et le sens et les paroles de leurs décisions, sans rien ajouter ni diminuer. Nous avons donné à ces députés quelques passages des Pères, avec les livres mêmes, pour vous'les présenter quand t^ous l'ordonnerez, et vous expliquer la foi de cette Eglise apostolique, votre Mère spirituelle, non par l'éloquence séculière, dont ils sont dépourvus, mais par la sincérité de la foi que nous avons apprise dès le berceau: et nous voiM supplions de les écouter favorable* ment.

Le Pape explique ensuite la foi de l'Eglise sur la Trinité et l'Incarnation, principalement par rapport à la question des deux volontés, sur laquelle il dit nettement que les trois personnes divines, n'ayant qu'une nature, n'ont aussi qu'une volonté; mais qu'en Jésus-Christ, comme il y a deux natures, il y a deux volontés et deux opérations. Il montre que le Saint-Siège n'a jamais erré, et ne s'est jamais écarté du chemin de la vérité, en veitu de la promesse faite i

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DES PAPES

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^«inl Pierre . et que ses prédécesseurs n'ont

aaiais cessé d'exnorler les hérétiques pour

es ramener. Ensuite il prouve ia distinction

des deux volontés, par les passages de TËcri-

ture expliqués par les Pères. Il y joint la dé*

finition du conciledeChalcédoine, et celle du

cinquième concile; puis, plusieurs passages

des Pères çrecs en oriéinal, et des Pères

latins traduits en grec, de saint Grégoire de

ISaziauze» de saint Grégoire de Nysse^de

saint Chrysostome, de saint Cyrille d'Alexan-

drie» de saint Hilaire, de saint Alhanase, de

saint Denis TAréopagite, de saint Ambroise,

d e saint Léon. Le Pape Agathon fait Tapplica-

lion de tous ces passages, et ajoute : On y

pourrait joindre ceux qui oni combaitu pour

ie concile deChalcédoines savoir : Jean évéque

de ScylhopoliSy Euloge d^ Alexandrie^ Ephrem

et le grand Anastase d^Antioche.

D^ailleurs, il rapporte les pesages des anciens hérétiques, qui ont soutenu qu*il n*y avait ^n Jésus*Christ qu'une opération et nne yolonté : d*Apo1linaire, Sévère chef des acéphales , de Nestorius, de Théodose d'A- )pxandrie; puis des nouveaux hérétiques, c'est-è-dire des monothélites; Cyrus, Théodose de Pharan, Sergius, Pyrrhus, Paul et Pierre de Constanlinople, et relève leurs contradictions. Après avoir ainsi prouvé la vérité de la foi catholique, il exhorte l'eppereur à se servir de sa puissance pour la défendre, et délivrer TEglise de ceux qui la combattent. Puis il ajoute : Si l'évéque de CQDStantinople enseigne avec nous cette doctrine, il n'y aura pins de division; s'il embrasse la nouveauté, il en rendra compte au jugement de Dieu. 11 Gnit en priant l'empereur de donner une entière liberté à quiconque voudra parler pour la foi catholique. Telle est la lettre particulière du Pape Agathon.

Les légats du Pape étant arrivés à Constantinople, l'empereur assembla un concile dans an salon du palais appelé Trullus^ c'està-dire dOme. Ce prince y présida. Les légats du Pape y parlèrent les premiers; on lut les lettres du Pape Agathon, et on les approuva; le concile prononça son jugement contre les monothélites. Ce concile est le sixième général.

Au reste, le Pape Agathon ne survécut pas longtemps, car on croit qu'il mourut à la fin de I an 681, après avoir tenu le Siège deux ans et demi. Ce Pape se rendit recommandable par toutes sortes de vertus, et principalement par une douceur naturelle, mêlée de gaieté et accompagnée d'un grand fonds d'humilité et de modestie, qui ie fll aimer de tout le monde. Sa charité pour le prochain éclata principalement dans une peste très-violente, dont Dieu affligea la tille de Rome et une grande partie de l'Italie. .11 combla de ses bienfaits le clergé et les églises de Rome, et abolit le tribut que les Papes payaient à l'empereur au sujet de leur élection. Les miracles nombreux qu'il opéra lui méritèrent le surnom de Thaumaturge. On cite surtout qu'il guérit un tépreux en lui donnant un baiser. 11 fut en-

terré à Saint-Pierre, le 10 janvier 682, jour auquel l'Eglise l'honore comme saint, et il eut pour successeur Léon H.

ALBERT, antipape [11001.— Foy. PasoalIL ALEXANDRE I" (Saint) était Romain de naissance, et dès ses premières années il fit paraître une sagesse au-dessus de son â^e. — Il fut le cinquième successeur de saint Pierre, et prit la conduite de l'Eglise en 109, après la mort de saint Evariste, et sous le règne d'Adrien. Cet empereur ayant fait cesser la persécution que l'empereur Trajan avait suscitée contre les Chrétiens, l'Eglise, durant une grande partie de ce pontiGcat» jouit d'une parfaite tranquillité. On4ie connaît que peu de choses sur la vie de ce saint Pape. Il fut le premier qui, en mémoire de la Passion du Rédempteur ées hommes^ ajouta ces paroles au canon de la Messe s Avant qu'il souffrît^ et ce qui suit, jusqu'à la forme de la consécration : Ceci est mon corps. Il ordonna qu'on gardât dans les églises et les maisons l'eau bénite avec du sel et des prières, pour chasser l'esprit du mal. Il voulut aussi que l'on mit de l'eau dans le calice avec le vin, pour la consécration du sang du Christ, afin de nous représenter son union avec l'Eglise. Regardant le pain san$ levain comme plus pur que tout autre, il prescrivit aux prêtres de s en servir, pour dter aux ébionites tout prétexte de calomnie. Il consacra trois diacres, cinq prêtres et cinq évoques. Ayant été arrête durant la persécution de l'empereur Adrien, il fut chargé de chaînes par ordre du juge Aurélien, et, après avoir enduré la prison^ le chevalet, les ongles de fer et le feu, il fut percé par tout le corps de coups de poinçons, et mourut le 3 mai de l'an 119 de Jésus* Christ, après avoir occupé le Siège pontifical

tendant dix ans, deux mois, dix jours 'Eglise honore sa mémoire le 3 mai, et nous voyons même des marques de ce culte dans le canon de la Messe : Alexandre y esl inséré après saint Ignace, évêque d'Antioche. Saint Alexandre 1" eut pour successeur dans son ministère pontifical saint Sixte I".

ALEXANDRE II, cent cinquante - quatrième Pape et successeur de Nicolas II, fut le contemporain de Constantin IX et de Romain Diogenèle, empereurs d'Orient, et de Philippe!", roi de France. — La mort prématurée de Nicolas II, en 1061, vint mettre en question l'application de la constitution de ce Pape, décrétée par le concile de Rome, et qui établissait l'indépendance de l'élection pontificale. Tous les prélats incontinents , simoniaques , excommuniés , qu'avait frappés Nicolas II, et qui voulaient un Pape « qui eût de la condescendance pour leurs faiblesses, » envoyèrent à l'empereur d'\llema^ne un message pour lui demander de nommer lui-même un Souverain Pontife. La cour convoqua aussitôt à B&le, dans ce but, une réunion de tous les ennemis du Pape précédent. .

Les cardinaux, voyant ce qui se passait» se réunirent de leur côté, et envoyèrent un député en Allemagne pour conjurer l'orage.

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Mais le député, Etienne » cardinal-prêtre du Mont-Cassin , ne fut pas même reçu à la Gour. En vain attendit-il une audience pendant sept jours : il ne put l'obtenir, et fut obligé de revenir avec ses lettres cachetées. Alors nildebrand, indigné de tant de mauvaise foi, convoqua les cardinaux, les évoques et les seigneurs fidèles à TEglise. Parmi ces derniers, en première ligne, se trouvaient Godefroi , duc de Toscane , et Robert Guiscard, chef des Normands. Ces hauts et pieux personnages ne furent pas longtemps à se décider. Anselme, Milanais, évêque de Lucques, fut élu Pape sous le nom d*Alexandre II. Cétait un homme distingué par sa douceur» son savoir et ses mœurs austères. Dans cette nomination, on s*était plu à carder encore dos ménagements pour la cour impériale : car Anselme y avait été employé, et possédait toutes les bonnes

f;rAces de Tirapératrice. Cette élection eut ieu dans les premiers jours d'octobre 1061, après trois mois de vacance du Siège. Mais Anselme ne convenait pas le moins du monde aux mauvais évèques, aux prêtres scandaleux; il déplaisait encore plus aux seigneurs de l'Italie, qui firent tous leurs efforts et réussirent à persuader l'impératrice et les grands du royaume qu'on venait de leur faire l'injure la plus grave, en nommant un Pape sans leur avis et leur consentement. L'impératrice Agnès regarda donc celte élection comme nulle, liuibert de Parme, qui gouvernait le royaume d'Italie

Eour l'empereur, excita les évêques de Lomardie, la plupart simoniaques et concubinaires, k ne point recevoir ce Pape. Ils voulaient un homme qui eût, disaient-ils, de la condescendance pour leurs faiblesses. Ils firent donc élire Abace Cadaloûs, évêque de Parme, sous le nom d*Honorius II. il était lui-même infesté des mêmes vices. Etant arrivé è Rome avec ceux de son parti, on en Tint aux mains, il eut quelque avantage au

{iremier combat, où quantité de Romains urent tués; mais Godefroi, duc de Toscane, étant survenu quelque temps après, Cadaioiis se trouva tellement pressé, qu'il ne put sauver même sa personne qu'à lorce de prières et de présents, il retourna donc k palerme, sans toutefois abandonner son entreprise. Annon, archevêque de Cologne, célèbre par sa vertu et sa doctrine, et qui avait pris le gouvernement du jeune Henri , roi d'Allemagne, du consentement des seigneurs, fit tenir un concile è Osbot en Saxe, où Cadaloûs fut déposé. Pierre Damien composa, k cette occasion, un écrit en forme de dialogue , pour la défense du Pape Alexandre II, entre l'avocat du roi Henri et le défenseur de l'Eglise romaine. Cadaloiis fut condamné, en 1062, par tons les évêqjies d'Allemagne et d'Italie.

Cependant il se soutenait toujours, il avait même attiré k son parti Godefroy, duc de Lorraine. Pierre Damien l'ayant appris, lui écrivit sur ce sujet une lettre très-forte, le pressant de revenir k l'obiJissance du Pape

Alexandre. Il écrivit aussi au jeune roi Henri, se plaignant de ses ministres qui semblaient tantôt reconnaître le vrai Pape, et tantôt prendre le parti de l'antipape.

D'un autre côté, les Romains, mécontents de ce que le roi avait voulu faire Cadaloiis Pape, sans les consulter, semblaient disposés k se révolter; c'est pourquoi la cour jugea k propos d'envoyer k Rome Annon ; le Pape le reçut bien, et l'archevêque lui dit avec douceur et modestie : « Mon frère, comment avez-vous reçu le pontificat sans l'ordre et le consentement du roi mon maître 7 car les rois sont depuis longtemps en possession de ce droit, et en même temps il nomma les empereurs, par le consentement desquels plusieurs Papes étaient montés sur le Saint-Siège ? » Mais l'archidiacre Hilde " brand et les évêques-cardinaux prouvèrent

3 ne l'élection pontificale devait être libre, et irent k Annon : Sachez que ielon les canons^ les rois n'ont aucun droit à télectiên des Papes; et ils rapportèrent plusieurs, décrets des Pères , entre autres celui de Nicolas II, souscrit do 113 évêques. Enfin, après quelques contestations, l'archevêque de Cologne demeura bien convaincu qu'il n'avait rien de raisonnable k opposer, mais il prie le Pape d'assembler un concile en Lombardic, pour y montrer la justice de son élection ; ce qui fut exécuté. Le Pape se rendit à Mantoue, et il se purgea par serment, de* vant le concile, de Taccusation de simonio élevée contre lui , el prouva, par de solides raisons, la validité de son élection Cïidaloûs fut cond/imné comme simoniaque. Il ne se rendit pas néanmoins. Il vint à Rome une seconde fois en cachette, et ayan*. gagné les capitaines et les soldats par argent, il s'empara de TEglise de Saint-Pierre. Mais le peuple étant accouru, les soldats prirent la fuite, et il fut obligé de sortir secrètement de Rome, dépouillé de ,tout. Durant le peu de temps qu'il survécut, il continua de se porter pour Pape légitime, sous le nom d'Honorius II, comme nous l'avons déjà dit.

Les moines de Vallombrcnse étant Tenus k Rome accuser Pierre, évêque de Florence, le Pape Alexandre II tint, en 1063, un concile de plus de cent évêques. Les moines y dénoncèrent publiquement l'évêque comme simoniaque et hérétique, déclarant qu'ils étaient prêts k entrer dans un feu pour te

Prouver; mais le Pape ne voulut ni déposer évêque ni accorder aux moines l'épreuve du feu. Ce fut sans doute k cette occasioQ que le Pape Alexandre fit une constitution adressée au clergé et au peuple de Florence, où il dit : Suivant le concile de Chalcédoine^ nous ordonnons aux moines^ quelque vertueux quHls soient^ de demeurer dans leur cloître^ conformément à la règle de saint Benoit ; nous leur défendons d'aller par les villages^ les châteaux et les villes; et si quelquun veut prendre leur habit 'pour le salut de son àme^ il pourra les consulter^ mais dans leurs cloîtres. Ce concile de Rome fit douzii

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DES papes;

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canons que le Pape adressa à tons les éyè* qucs, le clergé et le peuple, leur en ordon- Manl Texécution. Ils regardent principalement la sirnonie, et sont les mêmes presque mot pour mot du concile tenue Rome en 1059 par le Pape Nicolas II. Le plus remarquable est te quatrième, qui jétablit Tinstitution des chanoines réguliers'. Il est ainsi conçu iNoui ordonnons que les prêtres et les diacres^ qui obéissent à nos prédécesseurs ^ gardent la con^ tinence^ mangent et 'dorment ensemble pris des églises^ pour lesquelles ils sont ordonnés^ comme doivent faire des clercs religieux^ et quils aient en commun tout ce [qui leur vient de CEglise^ et nous les exhortons à faire tout leur possible pour parvenir à la vie commune apostolique.

Vers ce temps, le Pape Alexandre réunit les deux Eglises de Dioclée et d*Antibari en Gpire. La bulle donnée à ce sujet est datée du 18 mars 1063. Il avait envoyé en France Pierre DaoQien dont la légation s'étendait à tout ce pays comme on le voit par la lettre, du Pape adressée aux cinq archevêques de Reims, de Sens» de Tours, de Bourges et de Bordeaux. Alexandre leur ordonne de recevoir Pierre comme lui-même et d*obéir è ses jugements sous peine d'encourir la disgrâce du &aint-Siége. Par une autre lettre à Tarchevêque de Reims en particulier, il parait que Adéric, évêque d'Orléans, avait été accusé de simonie au concile de Cbfilous, eu

S9ur couvrir son crime* avait trompé Pierre amien par un faux serment. 11 refusa ensuite d'obéir aux lettres par lesquelles le Pape l'appelait pour en rendre com^ite. C'est pourquoi le Pape ordonna à l'archevêque de sens de rexcommunier, exhortant Tarche* vaque de Reims à l'aider dans celte affaire. Il le remercie en même temps d'avoir concouru à chasser du siège de Chartres un usurpateur intrus par simonie et d*avoir conseillé au roi Philippe de mettre à sa place un sujet digne. Dans une autre lettre iJ lui recommande d'anathématiser Reynaud qui avait envahi par simonie l'abbaye de Sant-Médard et avait été condamné en concile par Pierre Damien et par lui.

En 1065 Alexandre tint à Rome, au palais de Latran, un concile auquel il appela, outre les évêques et les clercs, des légistes de diverses provinces. Ce concile régla les degrés de parenté formant empêchement au mariage.

Depuis longtemps l'Eglise de Milan était plongée dans la plus affreuse anarchie à l'occasion des luttes soulevées parles prêtres simoniaques et incontinents. Pour faire cesser ces troubles, Alexandre j envoya deux légats qui publièrent des constitutions datées du i*'août 1067, et dont voici la substance: Sous défendons suivant les anciennes règles^ que dans tout ce diocèse^ aucun abbé reçoive un moine pour un prix dont il soit convenu ft qu'aucun chanoine soit reçu autrement que gratuitement ; que^ dans aucune ordination des personnes ecclésiastiques f dans les consécrations'des églises^ ou la distribution du wini chrême , iT intertienne aucune récom-

pense convenue. Ce décret frappe ensuite les clercs incontinents ou concubinaires , et règle tout ce qui les concerne. Il poursuit : Défense aussi à tout laïque de rien exiger d*un clerc , pour le faire promouvoir à quel" que ordre que ce soit. Larchtvêque ira une fois ou deux , s'il le peut , par toutes les pa^ roisses , pour confirmer et faire sa visite selon les canonSf sans qu aucun laïque ou clerc lui résiste ; au xontraire , t7s lui obéiront et le serviront en ce qui regarde la religion. Il aura aussi une entière puissance de juger et punir^ selon les canons^ tout son clergé^ tant dans la ville que dehors.

Quant aux clercs et aux laïques qui ont juré contre les simoniaques et tes clercs tncontinents , de s'employer de bonne foi a ré^ primer ces désordi^es^ al, sous ce prétexte^ ont brûlé ^ pillé ^ répandu du sang et commis plusieurs violences , nous leur défendons d une manière absolue d^ en user ainsi à Vavenir: mais qu'ils se contentent de bien vivre et de dénoncer les coupables à V archevêque^ aux chanoines de cette église et aux évêques suffra^ aants. Qu'il n'y 'ait aucune poursuite pour les dommages et les injures reçues à cette occasion^ et qu'on nen garde aucun ressentiment ^ mais que la paix de Jésus-Christ règne dans vos cœurs. Le Pape ajoute ensuite aux peines spirituelles des amendes prélevées au proût de réglise métropolitaine. Déjà précédemment Ariald, le grand défenseur de la sainteté de r£glise A Milan , s'était rendu à Rome avec Uerlemhald son compagnon, qui ne voulait recevoir sa mission que des mains du Souverain Pontife. « Alexandre, »dit saint André, « se jeta plein de > aie aux bras de co chevalier; il montra à Ariald les anciens sentiments que les amis parvenus au faite du

f>ouvoir oublient si souvent, il remit à Herembald un drapeau à l'elBgie de saint Pierre, l'exhortant à rester en union avec Ariald contre les ennemis de Jésus-Christ, au prix de tout leur sang, et d'élever courageusement ce drapeau pour. repousser leurs efforts, toutes les fois que la fureur des hérétiques viendrait à s'élever contre eux. »

En 1071, le célèbre Lanfranq, archevêque de Cantorbéry , qui avait été abbé de l'abbaye du Bec, vint à Rome pour demander le pallium. Le Pape Alexandre le reçut avec grand honneur, jusqu'à se lever devant lui, et dit : Je ne Fat pas fait parce qu'il est ar^ chevêque de Cantorbéry , mais parce que j'ai été son disciple au Bec. Ce qui montre combien cette école était. célèbre. Le Pa^e chargea Lanfranc d*une lettre pour le roi d'Angleterre, où, après avoir loué sonzèle pour la religion, il t'exhorte à suivre les conseils de Lanlranc po^ir Texéçution de ses bons des* seins, déoiarant qu*il l'a établi légat pour tout le royaume d'Angleterre.

La même année 1071 , Alexandre II fit la dédicace de la nouvelle église du mont Cassin. Il lira de ce monastère plusieurs moines remplis de science et de vertu, soit pour les appeler auprès de lui au service de l'Eglise romaine, soit pour en faire des évêques et des abbés.

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Alexandre envoya è Constantinople, pour légat» Pierre, évèque d'Anagnia, célèbre par sa yertu et parjsa doctrine. Pierre y demeura un an , c'est-à-dire, tout le reste d6 la durée du pontificat d*Aleiandre. Depuis longtemps déjà Henri IV, empereur d'Allemagne, avait exercé de telles violences, de tels attentats contre l'Eglise, que le Pape s'était trouvé dans la nécessité de recourir aux derniers moyens. Henri avait vendu à Godefroi l'archevêché de Milan, et il trafiquait publiquement de toutes les dignités ecclésiastiques. De leur côté, les clercs dissolus ou irrégulièrement promus, s'abritaient incessamment sous le sceptre impérial. Tous les efforts faits jusque-là, pour mettre un terme à ces affreux désordres, ne pouvaient produire quelques fruits qu'en enlevant aux coupables ce refuge, et dès lors il devenait inévitable que l'Eglise entrAten lutte avec l'Empire. Reconnaissant cette nécessité absolue, Alexandre avait excommunié les conseillers .de Henri IV, et le cita lui-même à Rome, pour qu'il y donnftt satisfaction de toutes ses entreprises simoniaques, et se soumit aux prescriptions de TEglise. Mais la Providence avait déjà fait choix d*un autce champion pour soutenir cette grande lutte. Après un pontificat de onze ans et six mois, Alexandre II mourut le 21 avril 107!^, et fut enterré à Saint-Pierre. On raconte deux miracles qu'il fit vers la fin de sa vie ; Tun d'un démoniaque délivré au n^ont Cassin, l'autre d'une femme boiteuse à Aquin , à qui il fit donner de l'eau dont il avait lavé ses mains aprèsja Messe, et qui fut

Suérie aussitôt après I avoir bue. Il nous reste e ce Pape quarante-cinq lettres qui témoignent de son zèle pour le rétablissement de la discipline. Nous citerons en particulier une déorétale adressée aux évêques de Dalroatie , pour leur notifier les peines canoniques prononcées récemment contre les mariages des clercs, ce qui montre que cette Province était soumise à la discipline- de AsVise latine, et une lettre où il loue la conduite des évêques de France, qui avaient protégé les Juifs et empêché qu*ils ne fussent tués par les Chrétiens qui allaient en E<(pagne combattre le Sarrasins. On voit aussi dans ces lettres plusieurs exemples de pénitences canoniques. Alexandre 11 eut pour successeur saint Grégoire VU.

ALEXANDRE 111, successeur d'Adrien IV et cent soixante-huitième Pape, fut contem-

\>orain de l'empereur Frédéric et de Louis ^11, roi do France. — Les cardinaux s'étant assemblés après la mort d'Adrien , et ayant délibéré trois jours, s'accordèrent tous, à l'ex; ception de trois , à choisir Roland, cardinal et chancelier de l'Eglise romaine, qu'ils élurent le 7 septembre 1159. Il était de Sienne, et futd'abord chanoine de Pise, d'otilePape Eusène, sur sa réputation, le fit venir à Rome, Pordonna prêtre du titre de Saint-Marc, et le fit enfin chancelier. Il avait beaucoup d'éloquenceet d'érudition. Son élection fut approuvée par le clergé et le peuple de Rome, et on le noqgitui Alexandre Hl. Ceux qui l'avaient élu, le revêtirent aussitôt de la chape d'écarlate.

Cette cérémonie était l'investiture du pontificat. Alexandre résistait et s'enfuyait, protestant de son indignité, mais enfin il fut revêtu de la chape par le premier des diacres. En même temps Octavien, un des trois cardinaux qui n*avaient point consenti à l'élection d Alexandre, et que les deux autres avaient nommé Pape , arracha la chape des épaules d'Alexandre, et la voulut emporter; mais un sénateur qui était présent, indigné de celte violence, la lui ôta des mains. Ôctavien tourna les yeux avec furie vers son chapelain, lui faisant signe de lui donner la chape rouge qu'il avait apportée. Puis ayant ôté son bonnet, il s'en revêtit avec tant de précipitation, que, ne pouvant trouver le capuce, il mit le devant derrière, ce qui fit rire tous les assistants, et fit dire à ses adversaires qu'il était élu à rebours. Aussitôt ou ouvrit les portes de l'Eglise, que les sénateurs avaient fermées, et.des troupes de gens armés entrèrent avec grand bruit, l'épée à la main, pour prêter naain forte à Ogtavien, que son parti nommait Victor 111.

Le Pape Alexandre et les cardinaux qui l'avaient élu, craignant la violence , se retirèrent dans la forteresse de Saint-Pierre, où ils demeurèrent neuf jours renfermés et gardés jour et nuit par des gens armés, et du consentement de quelaues sénateurs gagnés par Octavien ; mais le peuple, par ses cris, obligea les sénateurs de les mettre en liberté. Alexandre et les cardinaux qui lui étaient attachés traversèrent la ville au milieu des acclamatious de joie et au son de toutes les cloches; et ils allèrent à quatre lieues de Rome , en un lieu nommé lés Nymp^hes, Alexandre y fut sacré par l'évêqun d*Ostie, assisté de cinq évêques, de plusieurs cardinaux et abbés. Octavien fut de même sacré par l'évêque de Tusculum, accompagné de deux autres évêques.

Il suffit d'avoir mis sous les yeux ces deux élections pour faire toucher du doigt le crime de celle d'Oetavlen. Comment une manœuvra aussi dépourvue de couleurs plausibles pouvait-elle faire la moindre illusion à l'empereur d'Allemagne? Aussi ne concevrait-on pas qu'elle eût eu pour protecteur Frédéric, si Ton n'était habitué h voir depuis longtemps les rois de Germanie rem-

f>i]r ce rôle scandaleux et se jouer de la reigioa. Mais Frédéric haïssait le Pape Adrien, et conservait un ressentiment personnel contre Alexandre. C'est pourquoi il se déclara d'abord pour l'antipape, reçut fort mal les nonces que lui envoya le Pape légitime, et ne fit point de réponse à ses lettres. Elles lui apprenaient cependant tout ce qui s'était passé, avec un détail facile à véritier, si près du lieu de la scène. On n'avait pas manqué de marquer que l'antipape avait été frappé des anathèmes de l'Eglise. Les oardinaux avaient écrit de leur côté, et s'étaient prononés au nombre de vingt -deux pour Alexandre, c'est-à dire tout ce qu'il y en avait alors, à l'exception de deux qui avaient élu Oclavien, et de deux qui l'avaient reconnu depuis.

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