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Le Pape Aleiandre et los vingt-deux cardioaiu oui lui élaienl allachés écrivirent de leur côlé à l'empereur Frédéric pour Texhor 1er à réprimer les schismatiques ; mais ce prince ne fit aucune réponse. Il s'arrogea le droit de convoquer un concile général, et d*y citer les deux prétendants pour faire examiner leur cause, et décider la contestation par un juseroent ecclésiastique. II adressa donc une lettre circulaire h tous les évAques noa-seulementde l'Allemagne, mais des autres royaumes, pour les appeler à un con* ci le, avec défense do prendre parti, jusquelà, entre les deux Papes. Il envoya en même temps deux évoques au Pape Alexandre, avec une lettre, pour lui ordonner, de la part de Dieu et de toute TEglise , de se présenter à ce concile avec les cardinaux de son parti. Les deux évéques, admis auprès du Pape, ne rendirent aucun respect à sa dignité, qu'ils ne voulaient point reconnaître, et après avoir remis la lettre de Tempereur, ils demandèrent une réponse. Les cariinaux, prévoyant bien tout ce qu'on avait è craindre des violences de ce prince, n'en résolurent pas moins de hravor tous les périls pour demeurer fermes dans l'obéissance d'Alexandre ; et le Pape, de son côté, répondit qu'il était surpris de la prétention inouïe qu'avait l'empereur de lui donner des ordres et de convoquer un concile sans sa participation ; que l'Eglise romaine avait reçu de Jésus-Christ, par saint Pierre, le privilège de juger toutes les autres Eglises, et de n'être soumi.se au jugement de personne, et qu'il était bien rés4)lu de tout souffrir plutôt que d'autoriser, par sa faiblesse, une telle entreprise contre la liberté de l'Eglise et les droits du Saint-Siège.
Cependant le concile convoqué par l'emperf ur se tint h Pavie au mois de février 1160. On y proclama Octavien, et on écrivit une lettre circulaire aux évèques pour leur notifier cette décision. L'empereur, de son i-ôié, envoja dans le même but des ambassadeurs aux rois de France, d'Angleterre et aux autres princes, et publia un édit dans tous ses Etats pour ordonner à tous les évoques dé reconnaître l'antipape Victor, sous peine de bannissement perpétuel. Le Pape Alexandre avait envoyé aussi partout des légats pour prémunir les princes et les évèques contre les menées des schismatiques, et son autorité fut bientôt reconnue dans la pltJ|>artdes royaumes, chrétiens. Deux cardinaux, Henri et Odon, répondirent à la lettre synodale du concile de Pavie par un écrit adressé à tous les fidèles.-
Malgré l'édit, par lequel Frédéric ordonnait h tous les évèques de reconnaître l'antipape Victor sous peine de bannissement perpétuel, plusieurs choisirent l'exil plutôt que de fiarticiper au schisme, et on mit è leur place, par violence, des partisans de l'antipape; ce qui causa un grand trouble dans i'Eislise. Alexandre, de son côlé, excommunia l'empereur à Agnani , le jeudi saint, et déclara tous les sujets de ce prince déliés du serment de fidélité, il excommunia aussi
DicTioMN. DBS Papes.
Octavien et ses sectateurs. Il envoya des légats en diverses provinces, et il fut reconnu pour vrai Pape en France et en Angleterre. Les plus savants prélats -de ce siècle, tels qu'Arnoul, évèqne de Lisieux, Jean de Salisbury, Philippe, abbé de l'Aumôme et; d'autres, écrivirent des lettres circulairesj en faveur d'Alexandre, et prouvèrent, par des raisons convaincanteSi qu'il avait été élu' légitimement.
Les évèques d'Angleterre s assemblèrent à Londres, et après avoir lu les pièces des deux partis et entendu les témoins, ils ne balancèrent pas à se prononcer pour le Pape Alexandre. Ils envoyèrent leur avis au roi, et Tarchevôque de Canlorbéry ayant reçu celte réponse, adressa un mandement à tous les évèques pour leur ordonner de rendre obéissance au Pape Alexandre reconnu pour légitime par l'Eglise d'Angleterre et parcelle de France. En effet, un concile venait de se réunir à Beauvais, en juillet 1160, et les évèques, les seigneurs de France, avaient reconnu Alexandre et rejeté Octavien. En outre, les rois de France et d'Angleterre, pour reconnaître plussolenncllement encore le nouveau Pape, réunirent en 1161 un concile à Toulouse, où ils assistèrent euxmêmes avec plusieurs seigneurs, et des envoyés de l'empereur Frédéric et du roi d'Espagne. On y entendit les députés des deux partis, et il fut prouvé par toutes los dépositions et par les aveux mêmes des schismatiques, que l'antipaj'e Octavien, après s'être revêtu lui-même de la chape, avait été intronisé par le secours des laïques et sacré par des évèques excommuniés ; qu'au contraire, Alexandre avait été élu canoniquement par la presque totalité des cardinaux , et qu'enfin au concile de Pavie plus de la moitié des évèques s'étaient retirés avant la décision el que les autres n'avaient cédé qu'à l'autorité de l'empereur. En conséquence de ces dispositions, les deux rois et le concile, d'un avis unanime, proclamèrent leur adhésion au Pape Alexandre.
Alexandre avait été aussi reconnu par le roi de Jérusalem et par tous les évèques de la Palestine, où l'on tint, l'an 1160, un concile è Nazareth, tant pour ce sujet que pour délibérer sur la réception d'un légal envoyé depuis longtemps par le Pape Innocent. Le patriarche Amoris lui écrivit en son nom et au nom de ses suffragants une lettre où il dit : « Ayant reconnu que votre élection a été faite par la volonté unanime des évèques et des cardinaux avec le consentement du clergé et du peuple, nous l'avons louée et approuvée; nous avons excommunié les schismatiques, Octavien avec les deux cardinaux Jean el Gui et leurs fauteurs, et nous vous avons élu et reçu unanimement pour seigneur temporel et père spirituel. » Par ce litre de seigneur temporel donné au Pape on voit que le royaume de Jérusalem était soumis à la suzeraineté du 8aini-Sié^f. Ce titre est d'autant plus remarquable que io
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roi de lérusalem et les seigneurs étaient présents à ce concile.
Cependant l'antipape tint, le 19 juin 1161, un concile à Lody, qui conflrma réfection d*Octayien, excommunia Tarcbevéque de Milan et plusieurs autres Catholiques.
Alexandre était venu à Rome, mais les schisinatiques ne Vy laissèrent pas longtemps en repos, car la famille d'Oclavien y était puissante. Comme les Allemands occupaient la S lus grande partie du patrimoine de Saintierre, il résolut de passer en France. S*étant embarqué à Terracine, il arriva è Gènes, oii il fut reçu et traité avec honneur, malgré la défense de l'empereur. De là, il arriva a Maguelonne le 11 avril 1162, et passa à Ilontpellier, ville voisine, et dès lors trèspeuplée, lî y entra sur un cheval blanc, revêtu des ornements nontiGcaux, et tout le peuple s'empressa è lui baiser les pieds. Le seigneur de Montpellier vint au-devant avec les barons du pays, et lui servit d*écuyer pendant mille pas. Le Pape entra dans la ville en procession. Quatre archevêques et six évèques se trouvèrent à Montpellier, et le Pape y tint un concile qui réitéra l'excommunication contre Octavien et ses complices.
Le roi Louis le Jeune ayant appris l'arrivée du Pape en France, lui envoya Thibaut, abbé de Saint-Germain des Prés, pour le complimenter. A la fin de juin il partit de cette ville et vint è Clermont en Auvergne, et de là à l'abbaye de Bourg-Dieu. Il y fut Visité par Henri, roi d'Angleterre, qui, après lui avoir baisé les pieds, lui offrit des présents d'or. Il refusa même le fauteuil qu'on lui avait préparé et s'assit à terre aux pieds du Pape avec ses barons. Il s'en retourna trois jours après. Le Pape étant venu ensuite à Couci-sur-Loire, le même "prince et le roi de France s'y trouvèrent et le reçurent avec de grands honneurs. Ils le conduisirent à sa tente, marchant à pied à côté de lui et tenant à droite et à gauche la bride de son cheval. Dans le Carême de l'année suivante, il vint à Paris. Le roi Louis allaaudcvant de lui avec ses barons et ses chevaliers, et courut lui tenir l'étrier et lui baiser les pieds, après quoi ils s'embrassèrent, ils entrèrent dans la ville, marchant ensemble, et ils allèrent à l'église catbédrale, précédés du clergé qui était venu au-devant. Il célébra à Paris la fête de P&ques, après quoi il retourna à Tours pour y célébrer le concile qu'il avait convoqué pour l'octave de la Pentecôte et qui s'ouvrit en effet ce jour, 19 mai 1163. Il s'y trouva dix-sept cardinaux et cent vingt-quatre évèques, quatre cent quatorze abbés et une grande multitude d*autres personnes. Arnoul, évêque de Li« «ieux fit un sermon pour l'ouverture du concile, où il exhorta les évoques à combattre courageusement pour l'unité de l'E- Î^lise contre tes schismaliques et pour sa iberté œntre les tyrans qui la pillaient et qui ropprimaieut. On s'y proposait d'impoaer au schisme toute l.i flétrissure qu'il mé« citait. On déclara nulles les ordinations
faites [Uir Octavien et les schismaliques entre lesquels deux sont taxés d'hérétiques, le cardinal Gui de Crème et Jean abbé de Slrume. Ils justifièrent par la suite cette sévérité en se faisant l'un et l'autre antipapes. On y fil plusieurs canons contre la simonie et d'autres abus. Enlin le concile tenta d'arrêter les progrès des manichéens qui remplissaient le Languedoc et qui furent nommés depuis Albigeois. Ces hérétiques si nombreux etsi adroits avaient agi lonj^temps en secret et remué tout le midi de la France. Le nombre de leurs prosélytes s'était considérablement augmenté. Les évèques étaient restés dans une inaction presque complète» soit parce qu'ile ne comprenaient pas encore le danger de l'hérésie, soit parce qu'ils n'avaient pas la conscience on le courage de leur devoir.
Déjà le Pape Alexandre leur avait donné l'impulsion. Il s'était appliqué à la fois à éteindre le schisme et à extirper l'hérésie. Pour cela il alla dans le midi de la France^ et tint un nombreux concile à Toulouse et à Montpellier. Nous n'avons plus les Actes de ces conciles; mais nous savons par quelques fragments historiques |}ue le Pape s'occupa spécialement de l'unité de l'Eglise : unité daris son chef, unité dans sa doctrine. Un décret du concile de Montpellier nous montre quelle était la véritable situation du Midi. Les hérétiques y étaient très-nombreux et leur audace ne pouvait plus être réprimée (]ue par l'autorité civile, mais le clergé n'était pas secondé par la puissance séculière. Cetle-ci, au contraire, tolérait et protégeait les hérétiques, malgré les plaintes et les avertissements des évèques. C'est pourquoi le Pape Alexandre déclara excoîumunié, ipso factOf tout prince qui, averti par l'Eglise, n'emploierait pas son pouvoir temporelcontre les hérétiques.
Ce décret, qui est de 1162, et par conséquent treize ou quatorze ans après la mission de saint Bernard, est fort remarquable. Le Pape voyant que les hérétiques méprisaient Taulorilé ecclésiastique, recourt à l'autorité civile : il veut que celle-ci appuie les décisions du clergé et maintienne l'unité catholique. En cela, il ne demande que l'accomplissement d'un devoir qui était imposé à tous les princes, même aux souverains, et qui les obligeait à maintenir dans leurs btats l'intégrité de la foi catholique. C'est l'obligation que contractaient tous les chevaliers, tous les comtes et tous les souverains, en prenant possession do leur dignité. C'était une des conditions du pacte social que signaient les princes et les souverains; cétait, si je puis m'exprimer ainsi, le premier article de la charte du moven Age. Ensuite le Pape ne demande pas qu^on extermine ces hérétiques, il veutseulementque, suivant les lois, il les éloigne de la société, et qu'on les mette en lieu de sûreté, pour qu'ils ne puissent pas répandre leurs doctrines. C'est ce qui est expliqué par un canon du concile de Tours, qui se tint l'année suivante, 1163, et qui fut présidé par le Pape. Voici ce décret
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porté par lo Pape en présence de dix-sept cardinaux» cent vingt-quatre évèques, quatre cent quatorze abbés» et d'un nombre infini d*eccle$iastiques de tous les paysde l'Occident. Jlff a déjà longtemps^ dit le concile, qu'une hérésie déiestable^ qui a pris son origine dans Toulousef gagnCf comme un cancer^ les villes voisines^ et infecte un grand nombre de fidèles dans la Gascogne et les provinces voisines : tUe se cache comme un serpent qui se replie sur soi-même^ et plus elle a d artifice d se glisser en secret^ plus elle en impose aux simr pies. On voit que le Pontife a bien étudié la marche de cette hérésie. Il indique le lieu de son origine en France, et dépeint ses ruses sous Timage d'un serpent. Le Pape continue : Nous ordonnons donc aux évéques ei aux prêtres qui sont dans ces provinces^ d'y veiller avec soin^ et nous défendons^ sous peine d'excommunicationf de donner retraite et secours à ceux qu'on saura soutenir cette hérésie. Nous recommandons aussi de cesser tout commerce avec eux, soit pour vendre^ soit pour acheter^ afin que la privation de iaute consolation humaine les force à sortir de leur mauvaise voie. Si quelqu'un ose con^ irevenir à ces ordres ^ quon r excommunie:
Îfue les princes chrétiens fassent emprisonner es hérétiques et confisquent leurs biens: ^'on fasse une recherche exacte des lieux oà ils tiefinent leurs assemblées^ et qu'on les empêche de s'y attrouper.
Ce décret est de 1163. On voit que le Pape ne veut pas la mort des hérétiques; il ordonne seulement qu'on les sépare de la société, d*après le principe admis au moyen Age, qui déclarait non citoyen celui qui n'était pas Chrétien. Mais observez la marche prudente et progressive de la papauté : Eu-
S^ène 111» au concile de Paris, en 1U8, déend aux princes, sous peine d'excommunication» de protéger ou de favoriser l'hérésie. Alexandre 111 va plus loin : il leur ordonne, sous la même peine» de prêter à l'Kglise le secours de leur autorité temporelle. Le concile de Tours explique quel est ce secours : c'est de priver les hérétiques de tout commerce, de les emprisonner au besoin, et de confisquer leurs biens; dispositions puisées dans le droit romain. Le Pape parle avec autorité: la législation du moyen âge lui en donnait le droit.
Mais le décret du concile de Tours resta sans effet. Le Pape ne put en poursuivre Inexécution» parce qu'il fut absorbe par d'autres affaires non moins graves et plus pressantes. Le schisme» soutenu par la puissance inapériale , continua et ne s'éteignit pas même à la mort de l'antipape Victor 111. On lui substitua un second puis un troisième, on alla même jusqu'à un quatrième. L'em* pereur» excommunié de nouveau, boainversa toute la haute Italie, et vint mettre le siège devant Rome. Au milieu de ces graves événements» arrive l'afTaire de Thomas Becket, qui» rappelé d'un long exil, est assassiné cruellement dans son église par des serviteurs de son souverain. De là de nombreux conciles et d'inextricables embarras
pour la f)apauté. A la faveur de ces troublesi les manicbéens gagnent plus de treize ans sans qu'on puisse s occuper d'eux.
Quand le concile de Tours fut terminé, lea deux rois de trahce et d'Angleterre firent inviter le Pape Alexandre à établir sa résidence daùs leurs royaumes, lui offrant pour son séjour le lieu qu'il trouverait le plus convenable. Il choisit la ville de Sens, la plus distinguée alors dans l'ordre hiérarchique» comme métropole de la capitale Ue France; il s'établit au commencement d'octobre, et y detneura environ un an et demi, et y expédia les affaires de toute l'Eglise, comme s'il eût été è Rome.
L'antipape Octavien étant tombé malade à Lucques» vers U fête de Pâques, il mourut le 22 avril 1164. Les chanoines de la cathédrale et ceux de Saint-Fridgin refusèrent de l'enterrer chez eux» et il fut inhumé dans un monastère hors de la ville. Il n'y avait de son parti que les deux cardinaux Jean de Samt-Martin et Guy de Crème. Ayant appelé queluuesschismatiques d'Italie et d'Allemagne, ilsélurent pour PapeGuy de Crème» sous le nom de Pascal 111, et envovèrent aussitôt à l'empereur d'Allemagne pour lui faire confirmer l'élection. L'empereur le fit» et Pascal, sacré le 26 avril, porta le nom de Pape trois ans.
A Rome, le cardinal Jolies, vicaire du Pape Alexandre, mourut , et on mit à sa place Jean, prètre-cardinal » du titre de Saint-Jean et Saint-Paul. Il fit tant» par ses exhortations, qu'il ramena à l'obédience d*Alexandre la plupart du peuple romain. Ct^ux-ci promis reut avec serment de reconnaître Alexandre. Us établirent un nouveau sénat qui lui était dévoué: ils remirent entre les mains de son vicaire les lieux jusqu'alors occupés par les schisraatiques. Alors le cardinal-vicaire» Jô concert avec le peuple de Rouie, lui envoya en France une députation pour le prier de revenir en cette ville. Le Pape en ayant délibéré avec les évéques et les cardinaux qui étaient auprès de lui, o Sens, promit de revenir, dans l'espérance que son rétablisse* mentàRome mettrait fin an schisme. Mais il ne put partir que l'année suivante. Pendant son séjour en France, Alexandre ordonna» dans un concile tenu à Reims, une collecte pour venir au secours de la Terre-Sainte, avecoblijjation aux laïques, commeau clergé, d'y contribuer pendant cinq ans. 11 s'embarqua ensuite à Montpellier» au mois d'août 1165» pour retourner en Italie; et» après une navigation dangereuse» il aborda à Messine en Sicile. Le roi Guillaume le fit conduire à Rome» où il le fit accompagner par 1)lusieurs seigneurs. La Pape y entra vers a fin de novembre» et v fut reçu avec une grande solennité ; mais rempereur Frédéric ne Fy laissa pas tranquille. 11 revint en Italie I année suivante, pour rétablir à Rome l'antipape Pascal. Il se rendit mattre de tou-' tes les villes voisines, et attaqua Rome par force. Les Romains voyant qu'ils ne pou^ vaient plus tenir contre Tempereur» réscH lurent de traiter avec lui, et promiFcnl de
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reconnaître Pascal pour Pape légitime. C*est ainsi que ie parti des schismatiques triomphaii) lorsque tout à coup il fût humilié et découcerlé i>ar une mortalité effroyable qui arriva dans rartoée de l'empereur. Cetie maladie emporta on grand nombre d'évëques schismatiques, et obligea Tempereur de retourner en Allemagne. L'antipape Pascal, oui était toujours à Saint-Pierre, mourut 1 an 1168, après avoir norté le nom de Pape trois ans. Son parti élut à la place Jean, abbé de Strum, et lui donna le nom da Calixte m.
L*enipereu'r voyant que son autorité était presque perdue en Italie , songea sérieusement è quitter le schisme. On fit un traité dans lequel turent compris le roi de Sicile et les Lombards. L'empereur promit d'obéir au Pape Alexandre et à ses successeurs légitimes, il renonc'i au schisme d*Octavien, de Gui de Crème et de Jean de Strum , et fut absous de l'excommunication et rénni à l'Ëglise catholique. La réconciliation entré le Pape et l'empereur se fit à Venise. Ce
E rince se prosterna devant le Pape , lui aisa les |>ieds, lui servit d'huissier dans Téglise, et d'écuyer lorsqu'il monta à cheval ; et il conduisit quelque t»^mps le cheval par la bride, jusqu'à ce que le Pape lui per*^ œtt de .>e retirer. Six jours après, la paix fut jurée solennellement. Le Pape Alexandre, sollicité par les Romains de retourner è Rome, le clergé vint au devant do lui avec les bannières et les croix. Les sénateurs et les magistrats marchaient au son des trompettes; les nobtes et la milice étaient revêtus magnifiquement ; un peuple innombrable allait à pied avec des rameaux d'olivier, et tous s'empressaient de baiser les pieds du Pape, et de recevoir sa bénédiction.
Dès Tannée 1162, Manuel Commène, empereurdeConstantinople, avait envoyé une ambassade au pape Alexandre, pour lui déclarer qu'il le reconnaissait comme Pontife légitime. Quelque temps après, comme il ëlait question d'un projet de croisade, il écrivit au Pape qu'il était prêt à favoriser cette entreprise, pourvu qu'on lui donnât des sûretés et qu'il y eût un iégat du Saint- Siège pour maintenir l'ordre [larmi les croisés. En 1166| il envova de nouveau à Rome, Robert, fils de Jourdain, prince de Capoue, qui offrit do grands présents au Pape, et lui assura que Manuel voulait réunir l'Eglise urecçiue h l'Eglise romaine, comme elles l'étaient dès la plus haute antiquité, et de manière qu'elles ne fissent plus qu'un seul peuple chrétien sous un seul chef. Alexandre lui envoya dans ce but deux légats. Le même empereur fit tenir à Constantinople \in grand concile où l'on condamna les écrits d'un certain Démétrius, et oi!t l'on fit à ce sujet ueuf canons de discipline. En 1167, Alexandre déclare, au nom d'un concile, que tous les Chrétiens devaient être exempts de la servitude. « Cette loi seule, » dit Voltaire, c doit rendre sa mémoire chère è tous Ips peuples.»
Plusieurs lettres du Pape Alexandre III
servent il nous faire connaître l'état de la religion parmi les peuples du Nord. Dans les unes, il réclame des secours en faveur de Foulques, évéqne d'Eslhonie, province encore presque tout idolâtre, et il excite ks rois et les seigneurs de Danemarck,de Norwége et de Suède, h réprimer par les armes la férocité des Eslhoniens et des autres païens de ces contrées, leur accordant pour cela une indulgence d'une année, nomme aux pèlerins qui visitaient le Saint-Sépulcre. Dans une autre lettre il recommande de prendre des garanties contre l'inconstance des Finlandais qui, pour se délivrer des armées ennemies, promettaient d'embrasser le christianisme, et après le danger passé retournaient aussitôt à l'idolâtrie. Enfin, par une autre lettre adressée à l'archevêque d*Upsal et à ses suffragants, il s*élève contre
f)lusi&urs désordres, notamment contre 'usage de traduire les clercs devant les tribunaux laïques, et de les obliger aux épreuves du fer chaud et du duel, et il veut qu'un envoie à Rome les i^énitents coupables de certains crimes énormes, tels que Tinfantîcide, fincesto ou les abominations contre nature.
Du fond du Nord, le Pape Alexandre re-
fiorta ses vues sur les puissances du Levant l'S plus animées contre le nom chrétien. Il entretint même des relations habituelles avec le sultan d'iconie, et s'effroça de proctirer sa conversion ; mais on ignore quelles furent les suites de cette entreprise. C^
E rince musulman lui avait envoyé une am* assade avec des lettres oii il témoignait beaucoup de penchant pour la religion chrétienne. Les livres de Moïse, les prophéties dlsaïe et de Jérémie lui étant tombés entre les mains avec quelques écrits évangéliques, il n*avait pu les lire sans apercevoir des traits frappants de la divinité du christianisme : il demanda au Pape des personnes qui pussent Tinstruire plus amplement. Alexandre saisit avec empressement une occasion si précieuse. Il écrivit sans délai au prince musulman combien sa demande lui était agréable, promit de lui envoyer des missionnaires dont les mœurs autant que la doctrine pussent l'édifier, et lui fit parvenir des instructions par écrit*
Alexandre fut informé des miracles qui se faisaient au tombeau de saint Thomas, archevêque de Cantorbéry, d'abord par te voit publique, puis par des témoignages de plu** sieurs personnes dignes de fui, et enfin par celui de ses deux légats. Sur ces témoignages et sur la connaissance que le Pape avait des vertus du saint prélat, aprte avoir pris l'avis des cardinaux, il le canonisa solennellement le 21 janvier 1173, en présence d'une grande multitude de clercs et de laïques; Il ordonna qu'il serait mis au nombre des martyrs, et que sa fêle serait célébrée tous les ans, le jour de sa mort, 29 décembre, n donna, à gq sujet, deux bulles datées de Legnjr, le 12 mars, et adressées, Tune aux moines de TEglise métropolitaine de Cantorbéry, l'autre au clergé et au peuple de toute
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l'Angleterre. Du reste, les meurtriers de l*il(usitre arclievôque, pressés par les remords de leur conscience, allèrent troaver le Pape qui leur Imposa pour pénitence le Yoyage de Jérusalem. Mais tous quatre moururent bientôt d'une horrible maladie.
Il y avait déjà plus de dix ans que l'on poursuivaitaussi la canonisation de saint Beruardydontia sainteté avait tellement éclaté par ses ^'ertus et ses miracles. Le Pape étant à Paris en 1163, avait déjà commencé è pour- , suivre cette canonisation» mais diverses cir- ' constances ne lui permirent de la proclamer solennellement que dix ans après, par quatre bulles datées d'Agnagni, le ik janvier 1174. La première est adressée à tous lesévéques, les abbés et autres prélats de France ; la seconde au roi Louis, à qui le Pape recommande la direction du monastère de Clair- ¥aux; la troisièmeà tous les abbés de Clteaux et la quatrième à Gérard, abbé de Clairvaux et à sa communauté.
Le pape Alexandre n'était pas encore flié à Rome, juand il approuva, Tannée suivanie, un nouvel ordre militaire, institué en Espagne, sous le nom de Saint-Jacques. La bulle siiuicrite par treize cardinaux est datée de Ferentina, le 11 avril 1175.
Au delà de la Perse, vers la imrtie septentrionale des Indes, il y avait un roi tièsconnu sous le nom de Prétre-Jean. Ce prince indirn ou tartare, fameux par de grandes victoires remportées sur les Perses, lit témoigner au Pape, par un voyai^eur eu* ropéen, nommé Philippe, le désir de se réunir à TK^lise catholique, et d'embrasser la foi du Saint-Siége. Le Pape qui était alors è Venise* lui écrivit, en 1177, une lettre où il dit en substance : Nous avons appris^ il y a longtemps^ par le rapport de plusieurs per* sonnes^ que vous faites profession de la reli'gion chrétienne^ que vous vous appliquez aux bt^nnes œuvres et cherchez à plaire à Dieu. Biais le médecin Philippe^ notreami^ dit avoir appris sur les lieuxt vos dispositions par les grands de votre royaume; et que vous voulez être instruit de la doctrine catholique f et navoir point d^autre foi que relie du Saint-Siège. Il ajoute^ que vous désirez ardemment avoir une église à Rome^ un autel à Saint-Pierre ^ et un dans l'église du Saint-Sépulcre ^ où des hommes sages de votre royaume puissent detneurer pour se mieux instruire de la doctrine catholique et vous en instruire ensuite^ vous et les vôtres. Cest pourquoi nous vous envoyons te fnéme médecin Philippe, hamme habile et prudent^ que nous vous prions de recevoir fucorablementf d'écouter ce quil vous dira de notre part^ et d'envoyer avec lui, vers nous^ des personnes considérables chargées de vos httres qui nous expliquent vos intentions. C*?tte Irttre est datée du :28 septembre 1177. L*aulipape Calixte vint trouver le Pape Alexandre III, confessa publiquement ses erreurs, et renonça au scuisme. Alexandre De lui fit aucun reproche, le traita mémo depuis avec honneur. Atin de remédier aux abus qui s'étaient introduits et fortîQés pendant un si long schisme, il indiqua un cou*
elle à Rome pour Tannée suivante. Néanmoins, quelques schismatiques élurent encore pour antipape, un nommé Lando, de h famille des Frangipanes.
Le concile setintdans l'église de Latran, et ce fut le troisième général de ce nom. Le Pape était sur un siège élevé, avec les cardinaux, les préfets, les sénateurs et les consuls de Rome. Il s'y trouva trois cent deux évoques. On y fit 27 canons; le premier et le plus remarquable porte en substance : Pour prévenir les schismes, si dans V élection du Pape tes cardinaux ne s'accordent pas assez pour la faire unanimement, celui-là serareconnu pour Pape qui aura les deux tiers des voix ; et celui qui n ayant que le tiers, ou moins des deux tiers , en prendra le nom, sera privé de tout ordre sacré, et excommunié; en sorte qii'onne lui accorde que le viatique àVeX" trémité de la vie, La même peine s'étendra à tous ceux qui l'auront reçu pour Pape, Le dix-huitième est ainsi conçu : Afin de pourvoir àTinstruction des pauvres, il y aura dans chaque église cathédrale un maître à qui on assignera un bénéfice compétent pour ses (esoins et dont lécole sera ouverte à ceux qui voudront s'instruire gratuitement. On fera de même dans les autres églises et dans les monastères où f7 y a eu autrefois des fonds destinés à cet effet. On n exigera rien pour la permission d^ enseigner même sous prétexte de quelque coutume et on ne ta refusera pas à celui qui en sera capable : ce serait empêcher l'utilité de VEqlise. Le vinj^tième canon prive de la sépulture ecclésiastique ceux qur mourront dans les tournois ; et le dernier condamne les manichéens, vaudois, catharins, patharins et albigeois.
Ces hérétiques avaient fait d'immenses progrès surtout dans le midi de la France où ils tenaient des assemblées générales et se signalaient par toutes sortes de meurtres et de brigandages. Plus de quatre-vingts ans avant la croisade prêchée contre les albigeois, la guerre avait été sollicitée par le comte de Toulouse et avait été résolue par deux souverains, ceux de France et d'Angleterre. L'Eglise n'est pour rien dans cette résolution. Le Pape Alexandre, son digne représentant, a détourné au contraire les souverains de la (guerre et l'a changée en mission. C'est ce qui semble résulter de la relation d*un des missionnaires, qui ditqu'ils sont partis ad tmpertmn domini Papœ, en vertu d un onire du Paiie. La mission ne produisit aucun fruit. L'tiérésie avait t'ait trop de progrès dans les villes du Midi, ses partisans étaient trop fiers et trop opiniâtres pour céder à la douceur et à la persuasion. La force des armes pouvait seule remédier à cet état de choses ; c*étail l'avis du comte de Toulouse et celui des deux rois. Tel était l'état des choses eu
Le Pape en substituant la mission h la
f;uerro n avait écouté que les sentiments que ui inspirait sa charité. Il ne connaissait pas toute l'étendue du mal, tonte la profondeur de la plaie dont les provinces méridionales étaient affligées. Il n'avait pas pesé toutes les
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paroles de la dépêche da comte de Toulouse au chapitre de Ctteaux ; peut-être cette pièce ne lui était*elle pas parvenue. D*ai4 leurs , devons-nous être surpris que le Pape ait ignoré le triste état du Midi» puisque les missionnaires eux-mêmes , qui étaient en France, Tignoraient en ffrande partie ; car ils disent dans leur relation oue tout ce qu'ils avaient entendu dire n'était pas le itiers de ce qu'ils voyaient. Quoi qu*il en soit, >]e Pape Alexandre voulut étonner par une .'mission une hérésie qui avait pris un immense développement et qui ne pouvait plus être comprimée que par la force des armes. Le comte de Toulouse qui était sur les lieux en jugeait aiusi. Le glaive spirituel, avait-il dit, est insuOisant, il faut le glaive matériel^ L*bérésie ne peut plus être extirpée sans une force supérieure, celle du roi de France. Mais il était persuadé que la présence du roi suffirait pour réduire les rebelles. Eu etfet, si la présence des commissaires, si mal reçus à Toulouse, put intimider pour un moment les rebelles jusqu'à les obliger à se cacher, que u*auratt pas fait le roi lui-même s'il était venu à la tète de ses (roupes ? £n punissant quelques chefs hérétiques, en réduisant les autres par la force des armes, et en obligeant les seigneurs k s'opposer aux hérétiques et à maintenir Tordre dans leurs provinces, il aurait mis fin à Tbérésie sans
S rende effusion de sang. Enfin , en 1178, il tait encore facile de remédier au mal ; le comte de Toulouse en élait persuadé, et la suite de l'histoire a montré qu'il ne s'était pas trompé, A cette époque on aurait terminé en qucl(|ues jours ou en quelques mois ce que plus tara on aura de la peine h terminer après trente ans de guerre. Mais les occasions passent et souvent ne reviennent plus. Il laut les saisir au front, par les cheveux, disait le célèbre Pholius: quand on Jes laisse passer, on ne les retrouve plus. C'est ce qui va arriver dans l'histoire des albigeois.
Le Pape Alexandre eut lieu de se convaincre que les missions ne suRisaient plus pour arrêter les proerès de l'hérésie. Il fut sans doute informé de l'état des choses par le rapport des missionnaires, et peut-être aussi par celui du roi de France. A celte époque 1 £-
Slise avait un peu Je rei os. Le Pape Àlexanre était sorti victorieux des longues et terribles luttes qu^il avait eu à soutenir. Il avait mis fin au schisme des antipapes, qui avait duré dix-sept ans; l'empereur s'était réconcilié avec lui. Henri 11 , roi d'Angleterre, accusé par l'opinion publique d'avoir été complice du meurtre de Thomas Becket, archevêque de Canlorbéry, s'était justifié et avait regu Tabsolution et la pénitence de rËKlise. Cette pénitence confirme l'usage ou Ton était au xii* siècle d'appliquer la pénitence publique pouri^vTtainsgrandscrimes.
Le roi d Angleterre avait juré au concile d'A- Tranches en 1171, sur les saints Evangiles qu'il n'avait point participé au meurtre de 1 archevêque (leCaniorb6ry.Né/>nmolns, com-
loe il avait contribué inaireciement h celte
mort par sa haine et ses persécutions contre l'archevêque, il s'imposa lui-même une pénitence. Revêtu d'une simple tunique, nu* pieds et les épaules découvertes il se fit frapper de verges par tous les évêques et les quatre-vingts moines de la communauté de Cantorbéry, après avoir passé un jour et une nuit en prières, sans avoir pris aucune nourriture.
Le Pape Alexandre,inrorméde la situation des provinces du midi de la France, en fit le sujet principal de ses occupations et du troisième concile de Latran, composé de plus de trois cents évoques venus de tontes les l^arties de l'Europe et même de l'Asie. La plupart de ces évêques étaient seigneurs temporels, et pouvaient par conséauent faire des règlements concernant la police des Etats. D'ailleurs, les princes chrétiens y avaient envo^'édes ambassadeurs iH)ur sanctionner les peines temporelles dont les hérétiques ne faisaient plus aucun cas. Mais l'Eglise a bien soin dans ce concile de distinguer les peines spiriluelies qu'elle décerne par sa propre autorité, d'avec les peines temporelles appliquées par les princes. En effet, voilà comment s'exprime son canon contre l'hérésie. Quand FEglise^comme dit Maint Léon^ se contente de prononcer des peines spirituelles par la bouche de ses ministres^ quoiau*elle ne fasse point d*exécution sanglante^ elle est pourtant aidée par les lois des princes chrétiens afin que la crainte des châtiments temporels engage les coupables à recourir aux remides spirituels. Le concile distingue ensuite deux sortes d'hérétiques. Les premiers qui se contentent de prêcher l'erreur : il n'empluio contre eux que les peines spirituelles. ï^s seconds qui dévastent les provinces et met-» tenl l'hérésie en pratique par le fer et le feu; il invoque contre eux le droit de légitime défense : Quant aux Brabançons^ dit-il, aux AragonaiSj Navarrais , Basques^ Cottereaux et Triaverdins qui ne respectent ni les égli^ ses ni les monastères et n épargnent ni veuves^ ni orphelins, ni âge, ni sexe, mais pillent ei désolent tout comme des païens...,. Pourceuxlà encore le concile fait une distinction. Ceux qui soudoient, reçoivent ou protègent ces hommes : le concile veut qu'on les dTénonceet qu'on les excommunie. Pour ceux
S |ui commettent ouvertement les violences le er à la main, le concile dit : Nous enjoi^ gnons à tous les fidèles pour la rémission de leurs péchés de s'opposer courageusement â ces ravages et de défendre par les armes te peuple chrétien contre ces malheureux. Nous ordonnons aussi que leurs biens soient con-fisaués, et quil soit permis aux princes de ha réauire en servitude. Le Pape Alexandre ra-r mena en 1180 l'antipape Lando qui se faisait nommer Innocejnt III. Ainsi le schismo fut complètement éteint.
Alexandre 111 ayant appris quelle était la triste situation des croisés en Palestine,écrivit la même année deux lettres, l'une à tous les princes et à tous les fidèles , l'autre à tous les prélats, toutes datées de Tusculum, 16 janvier, et par lesquelles il représoiDle
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reitrèroe danger où se trouve le royaume de lérusatem. Il exhorte vivement tous les fidèles à marcher à son secours, disant que ce n*est pas éire Chrétien que de ne pas être touché des malheurs de la Terre^ Sainte. Il promet à ceux qui feront le voyage l'indulgence accordée par Eugène IV et Urbain II, et met sous la protection de TEgltse leurs femmes, leurs entants et leurs biens. Les lettres aax. prélats leur en* jnÎL^nent de prêcher la croisade et de faire publier partout la lettre précédente. Les por« teurs de ces lettres étaient les Templiers et les Hospitaliers qui seprésemèrentauxdeux rois Philippe de France et Henri d'Angleterre, lesquels promirent d'envoyer un prompt secours en Terre-Sainte.
Le trente août 1181, le Pape Alexandre termina sa vie dans un âge fort avancé après avoir tenu le Saint- Sié^^e près de 22 ans. Il fiassait pour un des plus savants Papes qui eussent été depuis cent ans, tant dans TËcriture sainte, que dans les décrets, les canons et les lois romaines. Il a laissé plusieurs épltres. Ce fut lui qui réserva au seul Souverain Pontife le droit de canoniser les saints : car les métropolitains en jouissaient aupara- ▼ant.
ALEXANDRE IV. — Après la mort d'Innocent IV, les cardinaux assemblés à Naples, élurent pour son successeur le carilinal Rainald, évèquo d'Ostie, qui, élu le 1^ décembre 125^, prit le nom d'Alexnndre IV. Il était neveu du Pape Grégoire IX, uni le fit cardinal-diacre et puis évoque d'Oslie. Il avait beaucoup de piété et des qualités estimables. Ses premiers soins furent d'arrêter les progrès di* A\Iainfroy ; et pour cet etl'et, il donna la légation du royaume de Sicile à CkUavien Ubaldin, cardinal-diacre.
Alexandre fut très-favorable aux religieux oieodiants, et dès les premiers jours de son pontificat, il révoqua la bulle par laquelle Innocent IV avait restreint leurs privilèges. Trois mois après il publia une grande bulle pour terminer les dllféreuds entre les docteurs de Paris et les Frères prêcheurs, et pour servir de réglementé l'université. Elle commence ainsi : LieoU de Paris eut comme i arbre de vie dam le paradis terrestre^ ou comme la lampe allumée dans la maison du Seigneur. El après s'être étendu sur les louantes de celte école, il raconte l^origine Ues différends, et finit par rétablir les docteurs de Tordre des Frères prêcheurs, que l'université avait retranchés de son corps.
Pour bien comprendre la grande lutte entre l'université d'une part et les Frères mineurs et prêcheurs d'autre part, il faut remonter un peu plus haut et donner un résumé des grandes questions qui s'affilaient alors.
Reprenant, dans toute leur puret.1,les traditions de l'Eglise primitive de Jérusalem, saint François d'Assise se dépouille de tout cequ*il possède, jusqu'aux vêlements qui le couvrent, qu'il remet à son père en présence de l'évêque. 11 embrasse dans toute sa riguf'or la pauvreté volontaire. Pour mieui
devenir la providence des pauvres, il se fait lui-même le plus pauvre de tous, vivant du travail de ses mains et d'aumênes. Ses disciples l'imitentetil leur donne pour règle de ne posséder quoi que ce soit. Alors surgit dans le monde, avec un éclat sans pareil, cet ordre prodigieux qui dès le début se recrute ()ar milliers, et qui répondait si bien, par sa sainteté et par sa pauvreté absolue, aux objections que jetaient à la face de l'Eglise les hérétiques de ce temps. Cette histoire de la pauvreté et de la désappropriation absolue rentre de trop près, par son principe fondamental et par ses conséquences sociales, dans le sujet qui nous occupe, pour que nous n'en résumions pas ici au moins l'historique sommaire.
D'après saint Thomas d'Aquin, Albert le Grand et saint Bonavenlure, dans leurs Apologies de^ ordres mendiants, et d'autres Pères et docteurs, Jésus-Christ et ses apôtres enseignèrent et pratiquèrent eux mêmes cette renonciation à toute propriété, non seulement individuelle, mais collective. Dans son traité Contre ceux qui at laquent la reli^ gion^ saint Thomas d'Aquin rappelle que les moines les plus parfaits de l'antiquité renonçaientaux biens mêmes possédés en conimun; et l'histoire en fournit en effet d'innombrables exemples. Hais saint François d'Assise peut être rosardé comme le premier aui en expliqua formellement le principe ans sa règle, où il proscrit de la manière la plus absolue toute propriété, non seulement personnelle mais commune. Les Dominicains adoptèrent à cet égard la même règle que les Frères mineurs. De là les Carmes, les Jacobins, les Cordeliers et les Augustina turent appelés par excellence les quatre ordres mendiants. Ce principe de la renoncia*. lion volontaire h toute propriété même coN lective, fut vivement attaqué, surtout par lea docteurs de Tuniversilé de Paris. Mais pendant trois siècles consécutifs que dura cette disculion et depuis, la papauté vint consa:^ crer ce principe de son irréfragable autorité et parmi si grand nombre de buJIes qu'il est impossible de les éauuiérer, en même temps que tous les Krands saints, tous les grands génies de TE^Tisese firent les défenseurs nrdenls et infutigables de ce principe. En 1210, Innocent III «approuva de vive \o\x la règle de Saint-François d*Assise. Comme il hésilait d'abord, le cardinal Jean de Saint- Paul lui dit : « Si vous rejetez cette règle^ prenez garde que vous ne rejetiez l'Evangile, puisque la forme de vie dont on vous de« mande la confirmation, n'est autre chose. • Alors le Pape approuva la règle, ainsi qu'il le déclara publiquement au concile de La- Iran.
Vint ensuite l'approbation du concile de Lalran. Honorius 111 confirma authenliquement le principe posé par les ordres mendiants, en publiant en leur faveur ses bulles du 21 juin 1219 et du 21 novembre 1223. Grégoire IX expliquant la règle de Saint- François dans sa bulle du 29 septembre 1230, en reconnail et on proclame de nouveau le
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principe guî est^ dit-il, de n'avoir aucune pro-' priétini en commun ni en particulier; et le eonsacre encore par d*autres bulles« uotam* ment par celles des 21 et 23 août 1231. Innocent IV Tapprouva en 12iih5. De même Alexandre IV dans plus de quarante bulles eonsécutives destinées à défendre les ordres mendiants et les communautés monastiques contre Tuniversité de Paris, et dont la première est du 31 décembre 1254, cinq jours seulement après son couronnement. Parmi les autres on remarque surtout celle du ik avril 1255, Quasi lignum vitœ ; celles du 3 mars 1256, Le ^uibuidam magislris: celles du k avril, du 17 juin suivant, Cunca'^procembus, celle du 15 novembre suivant, ParûitM peri/tcp et celle de 1259.
Déjà la question se posait nettement entre /université d'une part, et de Tautre la papauté et ks ordres mendiants. En 1256, Guillaume de Saint- Amour, docteur de Tuniversité de Paris, publia un livre intitulé: Des périls des derniers tempsy où, s'élevant avec la plus grande violence contre les ordres mendiants, il combattait le principe de ta renonciation à toute propriété tant collée* tive qu'individuelle proclamé par la papauté et les ordres mendiants. Saint Louis envoya le livre au Pape pour le faire examiner, 'et i'université députa de son côté plusieurs docteurs, entre autres, Guillaume de Saint- Amour, pour soutenir sa cause. Sur le rai»port des Quatre cardinaux chargés de cet examen » le Pape donna sa sentence en forme de bulle, le 5 octobre 1256, par laquelle il condamne ce livre comme inique, criminel et exécrable, ordonnant à quiconque Taurait, de le brûlerdans huit jours, sous peine d'excommunication, avec défense de rapprouver ou le soutenir de quelque manière que ce soit. Cette condamnation fut prononcée solennellement dans Téglise cathédrale d'Anagni, et le livre brûlé en présence du Pape. Guillaume de Saint-Amour fut interdit de ses fonctions de docteur, privé de toutes dignités et bénéfices, frappé de plusieurs bulles, et le Pape défendit à runiversité Uàkii commerce avec lui et refusa son rappel. Albert le Grand, évèque de Ratisbonne, saint Thomas d'Aquin, l'ange de fécole, et saint Bonaventure * le docteur séraphique avaient défendu è Rome contre Guillaume de Saint-Amour, le principe posé par les ordres mendiants. Saint Thomas d'Aquin en avait prononcé l'Apologie devant le Pape à Anagni, et la publia Tannée suivante, sous ce titre : Contre ceux qui atta^ quent la religion. 11 y prouve que la renonciation è toute propriété tant collective qu'individuelle n'est autre chose que la
f»ratique niAme*de TËvangile, et que dès 'antiquité les moines les plus parfaits l'ont pratiquée. Saint Bonaventure publia sur le môme sujet, plusieurs écrits otl se trouvent les mêmes arguments que dans saint Thomas. Un docteur de Paris, Gérard d'Abt)eville, ayant pris le parti de Guillaume de Saint-Amour, et publié un ouvrage dans le môme sens, saiai Bonaventure y répondit)
en 1269 par son Apologie des pauvres. Il montre par l'exemple de Jésus-Christ qui doit servir de modèle è tous, par celui de ses apôtres et par r£criture sainte» que la perfection évangélique consiste dans le renoncement à toute propriété des biens temporel, tant en commun qu'en particulier, se contentant du simple usage atisolument nécessaire à la vie. Il établit que, tandis que dans la première Eglise de Jérusalem, tous les fidèles possédaient leurs biens en commun, les apôtres renonçaient à toute propriété môme collective. Il montre qu'il est plus sûr et plus parfait de ne rien posséder du tout, comme eux, môme en commun, et relève les immenses avantages de cette renonciation absolue , l'enseignement des vérités divines puisant toute sa force dans ce mépris complet des biens de la terre. Il explique par des exemples et des principes tirés du droit civil, comment le renoncement à toute espèce de propriété peut se concilier avec le simple usasse. Nous sommes, dit-il, à l'égard de la communauté universelle, ce
Sue sont, suivant le droit romain, lesen&ints e famille qui ne peuvent rien recevoir dont la propriété ne passe aussitôt à leur pèie. Quelle que soit l'intention de celui qui donne à l'un de nous, la propriété et la disposition de la chose donnée passe à la communauté. D'ailleurs, suivant les règles du droit, personne ne peut rien acquérir sans en avoir l'intention. Or, loin d avoir l'intention d'acquérir quoi que ce soit , les Frères mineurs ont la volonté toute contraire de renoncer h toute propriété môme en commun. Ainsi , lors môme qu'ils touchent corporellement ce qu'ils reçoivent, ils n'eu acquièrent ni la propriété ni la possession. Ce qui est confirmé par l'autorité du Pape supérieure à toutes les lois humaines. Enfin, quant à ce qui sert à la sub* sistance et à Tentretien de la vie des Frères, c'est toujours la communauté qui seule le possède et en dispose, les Frères devant toujours lui rendre par le travail, plus môme qu'ils n'ont consommé, ce qui est le dernier caractère de cette renonciation véritable et complète à toute propriété. On voit que le Pape Alexandre est Tun de ceux qui jouent le principal rôle dans cette grande question. C'est pourquoi nous avons dû Téctaircirici. Une autre question non moins importante occupa le pontificat d'Alexandre. Elle remonte jusqu'à Joachim, abbé de Flore, mort en odeur de sainteté, et qui écrivait sous la direction et la protection des Papes. Ce saint abbé annonçait dans ses écrits l'avènement du règne de l'Esprit-Saint, tradition qui s'était conservée depuis les temp< apostoliques jusqu'à lui, et s'est perpétuée sans interruption jusqu'à nos jours. Cette croyance se propagea avec la rapidité de l'éclair, envahit bientôt presque toute la chrétienté, et eut pour principaux fauteurs, les ordres religieux et particulièrement les tranciscains. Jean de Parme, leur septième générol futsurtoutunardentap6tredecett(s<;rovance.
On lui attribuait un livre intitulé : 1 £vai^
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çile éiemelf qu'on commcnçail è eipliqiier j»ubli«|ue!neiU à Paris vers lâM. Céiail l'E- ▼angile du Saint-Esprit. Jean de Parinp, s'étant démis de ses fonctimis de général des Frères mineurs fut accusé à Rome : niais après un sérieui examen, on ne trouva rien dans ses écrits qui pôt f>lesser la Toi, Plus lard le cardinal Oitobon, neveu d*ln* noccnl IV, et depuis Pape lui-raèrne écrivit au cardinal Cajetan et è saint Bonaventure, qu*il se rendait caution de ta foi de Jean de Parme, et déclarait quMl considérait comme fait à lui-même ce qu'on ferait è ce religieux. Pressé è outrance par les députés de 1*unirersité» le Pape Alexandre se crut oMif^é de condamner, quoiqu*en secret, VEvamgiUéttr'nelf non parce qu'il annonçait le règne du Saini-Esnrit, mais parce qu'il semblait dire (|ue ce règne mettrait tin è celui de Jésus* LhrisI; mm parce qu'il montrait que le règne de l'Esprit-Saint devait être purement spirituel , mais parce qu'il semblait que ce règne dAt exclure toute pratique extérieure. C/est dans ce sens seulement que le concile d'Arles, en 1160, condamna la doctrine des Joachimites, sans cependant (X>ndnmner leur auteur.
Le Pape accorda au roi saint Louis quelques grâces que ce prince avait demandées, comme il parait par deux lettres dans lesquelles il fait son éloge. Quoique, dit-il, le royaume de France soit au- dessus des autres par sa noblesse , Louis le relève encore rfatantage par ticlal de ses vertus.
Cependant les armes de Mainfroy prospéraient de jour en jour: il se rendit maître de presque toute la Pouille et de la Sicile ; il prit à Palerme, le frère Rufro, de l'ordre des Mineurs, vicaire général du légat Octavien, et considéré en Sicile comme le légat même; en sorte que sa prise fit venir plusieurs villes à l'obéissance de Matnfroy. Le Pape Gt prêcher la croisade contre lui, et Ht demander des sommes aux Anglais pour soutenir cette guerre.
Vers le même temps , Guillaume de Hollande, roi des Romains, péril malheureuselueril en. faisaiii la guerre aux Frisons. Le Pape Alexandre en fut fort affligé ; car il avait beaucoup lutté pour cette guerre. Les électeurs furent longtemps partagés. A la fin ils élurent Richard, comte de CornouAilles, frère du roi d'Angleterre. Il fut couronné roi des Romains à Aix-la-Chapelle, l'an \2o7; et Alexandre IV, le reconnut pour ti'L Ce Pape n'en était pas moins accablé de ^oins et d affaires. Au mois de mai 1257, il fut obligé de quitter Rome pour se garantir de la violence du peuple. Les séditieux menaraient de le poursuivre avec ses cardinaux, jusqu'à leur entière ruine. Alexandre 5e retira à Vilcrbe,et il y demeura jusqu'en septembre 1258. L*année suivante il donna une buile contre les clercs concubinaires. Il avait di'jà écrit une lettre circulaire aux arcbevêi|ues et à leurs sutfragants, aux ab' tiés et aux supérieurs ecclésiastiques, dans l«it|uclle il leur parhiit fortement ^u compte t9i rible qu'ils rendront ù .')ieu, des Âaics do!it
ils ont la conduite. Ensuite il représentait vivement la grandeur du scandale que don* nent les clercs qui entretiennent publiquement des concubines, au mépris des canons, et n'ont pas lK)nte d'exercer, avec des mains impures, les fonctions sacrées de leur ministère. H marque les reproches qu'ils s'attirent de la part des hérétiques, Toppressiou de l'Eglise par les seigneurs et le mépris des peuples. Il exhorte les prélats à faire cesser ce oésordre par leur vie exem|»laire, en procédant contre les coupables, et il déoiare 3ue leurs poursuites ne seront point retarées par 1 appel, et que les lettres apostoH- 3 ues qu'ils pourraient obtenir, au préjudice e ces poursuites seront nulles. Cette lettre est belle; mais de tels maux demandaient des remèdes plus efficaces encore que les exhortations. Alexandre n'était plusa Rome depuis quatre ans. Après avoir passé quelques temps à Anagni, il retourna à Viterbe en lâ60, et il y mourut le 25 mai de l'année suivante, après six ans et cinq mois de pontificat.
ALEXANDRE V, contemporain de Charles VI roi de France et de Robert de Bavière, empereur d'Allemagne. — Le concile de Pise, voulant mettre fin au schisme qui déchirait depuis si longtemps l*Egiise, déposa les deux conteudants Grégoire XII et Benoit XIII, les déclara déchus de leurs dignités et retranchés du corps de l'Eglise. Ces précautions étant prises , on procéda à rétection d'un nouveau Pape. Après une procession solennelle, le conclave s*ouvrit le 15 juin 1M9, et le 26 du même mois les vingt-trois cardinaux élurent d'un consentement unanime le cardinal de Milan, Pierre Philar^e, religieux de l'ordre de Saint- François, qui prit le nom d'Alexandre V.
Il était né dans l'Ile de Candie, de parents très-pauvre<i. Un religieux Franciscain, le voyant mendier son pain, et lui ayant reconnu de l'esprit et delà mémoire, se chargea de lui apprendre le latin et la philosophie ; il le Gt entrer dans son ordre où il se distingua par ses talents. Philarge, après avoir fini ses études dans les universités d'Oxford et de Paris, fut envoyé dans le Milanais , où sa réputation lui procura accès auprès de Jean Caleas Visconti : ce prince lui donna sa contiance, et le fit élire successivement évêque de Vicence et de Novare, et archevêque de Milan; il devint cardinal et enfin Pape. On voit rarement le mérite seul se frayer ainsi une si brillanto route à la fortune. Alexandre V, parvenu au comble des honneurs, n'oublia jamais l'état d'indisence dans lequel il était né. Ce souvenir lui inspirait un grand empressement k soulager les malheureux ; il donnait à pleines mains, et sa charité devint prodigue au Coint de le faire manquer du nécessaire; on lama ses libéralités excessives, mats la censure qui se borne là est un éloge. Il n abandonna jamais la pauvreté dont il avait fait vœu pendant qu'il était Franciscain. Il était savant, modeste , plein de piété, de douceur et d'affabilité; c'était, eu un mol, un des plus
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dignes pasteurs qui pût iionorer l'Eglise. Celle éleclion fut proclaniée parloul avec les plus Yifesacclamalions de joie.
Louis d*Anjou, élanl arrivé à Pise après le couronnemenl d'Alexandre, ce nouveau Pape donna à ce prince, en «plein concile, rinvestiture du royaume de Naples. C'était un ennemi qu'il voulait opposer à Ladislas, qui, ouvertement déclaré pourGrégoire Xil, ravageait les terres de l'Eglise. Mais les Siennois et les Florentins, ayant joint leurs troupes à celles du duc d'Aniou, reprirent en peu de temps toutes les places du patrimoine de Saint-Pierre. Cette armée parut devant Rome, et la soumit à l'obéissance d'Alexandre, par le secours du cardinal de Bologne, Balthasar Cossa et de Paul des Ursins. Le premier usage qu'Alexandre Rt de son autorité ponliQcale, Tut de régulariser la nomination des cardinaux et de les réunir en un seul collège; de lever toutes les censures portées par les deux anciens prétendants. Il conGrroa néanmoins les provisions de bénéfices et les ordinations faites pendant le schisme. Il son{;eait aussi à la réformation
générale de l'Eglise, tant dans son chef que ans se$ membres, mais le concile de Pise étant déjà dissout de fait, il déclara qu'on tiendrait au bout de trente ans un autre concile général.
Alexandre V, obligé de remettre la réforme de l'Eglise à un autre concile, s'occupa d'un objet qui pressait encore davantage, l'hérésie de Jean Hus et de Jérôme de Prague. Ce Pape aimait la France et les docteurs français de l'université de Paris. Cependant, il ne négligea rien pour soutenir les ordres religieux dans leur lutte contre cette université, fiJèle en cela aux précédents d'Alexandre IV. Ce sont là, à peuprès, tous les actes remarquables de son régne, car il mourut le 3 mai 1410, après avoir occupé le Saint-Siège dix mois et nuit jours, protestant sur son lit de mort de la validité du concile de Pisedont il avait précédemment approuvé les actes. 11 eut pour successeur Jean XXIU.
ALEXANDRE VI, contemporain de Charles VIII, Louis X.11 roi de France, et de Maiiiiiilien empereur d'Allemagne. — Après la mort d'Innocent VIII, la ville de Rome fut comme abandonnée à la fureur du peuple qui pillait les maisons, et commettait toutes sortes de désordres ; la populace maudissait le Pape défunt, et lui reprochait de n'avoir eu aucune compassion des pauvres. Les rues étaient remplies de voleurs et d'assassins, et les cardinaux furent obligés de mettre des troupes dans leurs palais, pour empocher les pillages. Quelques jours après, Léonelli, évèque de Coucarde, til l'oraison funèbre d'Innocent VIII, en présence des cardinaux et de toute la cour romaine, et après avoir exposé le triste état où se trouvait alors TEglise, il exhorta les cardinaux à élire un Pape qui fût irréprochable dans ses mœurs ; qui eût toujours vécu dans la pratique des vertus ; qui se fût rendu recom- Oiandable par son zè!e et ses uavaux pour
l'Eglise; qui fût sans ambition, savant f saint, et tel, en un mol, que devait être uu vicaire de Jésus-Christ.
Le 10 août U92, les cardinaux entrèrent en conclave, au nombre de ^ingt-treis. L'élection ne fut pas retardée par des cabales ; car, dès le second jour, le cardinal Borgia eut pour lui toutes les voix, et fut élu Pape» Roderic de Borgia, de la |>remière noblesse de Valence, fut élevé au cardinalat par Calixte 111 et envoyé en Espagne par Sixte IV, en qualité de légat, pour engager le roi de Castille et les autres princes dens la guerre contre les Turcs. 11 avait des qualités peu communes pour le gouvernement: beaucoup d'esprit, une grande habitude des affaires, de l'adresse, de l'éloquence : son air était grand et miyeslueux.
Nous sommes loin de vouloir justifier toute la conduite d'Alexandre VI.; n^ais plus on étudie attentivement et profondément l'histoire et les documents originaux de cette époque, plus on reste convaincu que sa mémoire a été horriblement calomniée. Pour lé juger impartialement il faut se rendre compte d'abord de tous les éléments sociaux qui l'entouraient : c'est ce qu on a complètement oublié. Il y a déjà longtemps que la véritable critique historique absout le nom d'Alexandre VI, des empoisonnements et des autres horreurs que lui imputèrent sans preuves de haineux mémoires d'antichambre et d'horribles satires. L'hostilité ardente de la réforme contre Rome, et le ressentiment de la France contre l'attitude politique d'Alexandre VI, n'ont pas peu contribué non plus à faire noircir gratuitement sa mémoire. Sans prétendre excuser toutes les irrégularités de sa vie, on peut voir par le chapitre que lui consacre M. Audin [Histoire de Léon J, 1. 1, ch. 11), que ce Pape fut horriblement diffamé; qu'il avait beaucoup d'instruction et d'esprit, était charitable, acCif, éauitahle, sobre, et que, s'il s'est attiré tant de haines, c'est pour avoir abattu l'aristocratie féodale dans Rome. On ne saurait nier au moins que sous son règne la subsistance du peuple n ait été assurée, les finances restaurées, l'ordre rétabli et la sûreté rendue aux Etats romains, et qu'Alexandre VI fut l'un des Souverains Pontifes qui appelèrent avec le plus d'ardeur la chrétienté aux armes contre l'invasion mu* sulmane.
Dès que la nouvelle de son élection eut été annoncée, on fit à Rome de grandes réjouissances, et on rendit au nouveau Pape des honneurs extraordinaires. Quand il alla prendre possession de Saint-Jean de Latran, toutes les rues par où il passa étaient tapissées, et il y avait des arcs de triomphe en plusieurs endroits : ce qui ne s'était point encore fait à l'égard d'aucun Pape. Tous les princes chrétiens entrèrent dans le sentiment du peuple de Rome, et lui témoignèrent, par des ambassadeurs, la joie aue leur causait son élection. Les sages règlements qu'il fitau commencement de son pontificat, pour l'administralion de la justice, et pour le soula-
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es VIII, ayant fait de Naples, vint à r une soeonde enlais Alexandre qui ligue formée contre ter tous éclaircisselira à Pérottse. Devenu juçais» il animait consances. Charles VIII séà Rome ; il parcourut lie, dont il s*était rendu aille de Fornoue» et se rsie Pape envoya un de ette ville, pour demander oine d'excommunication»
10, de rappeler de Naples 1 cas de désobéissance, de idre compte de sa conduite, pondit à l'envoyé qu'il s'é- .'ape qui n'avait pas voolu le I ier passage k Rome, lui ordonont de l'aller trouver; qu'au •^ lut obéir, il s'y rendrait une . à condition que le Pape aurait l'y attendre. Alexandre avait es galères à la fioUe vénitienne, loslilement contre Charles VIII.
' tous ses efforts avec les princes rengager le roi de Portugal à en* la ligue contre la France ; mais ee refusa ouvertement, et déclara que ^al étant depuis longtemps allié k la . il ne croyait pas pouvoir avec jusavec honneur, rompre une alliance fine. Les instaucesdu Pape auprès de VIII, roi d'Angleterre, eurent un Il plus de succès : ce roi promit d'en-» r du secours au Pape et à ses b\^ ; mais ce secours était pi^u de chose, et '^ue n'en pouvait pas tirer de grands .liages.
Meiandre VI reprit bientôt son projet d'atiuer les Colonnes et les Ursins qui étaient t'sque toujours en guérie les uns contre les litres, et qui avaient suscité tant d'embarras m Pape précédent. Deux ou trois grandes ramilles tenaient alors la papauté captive» et c'était lut rendre l'essor de son pouvoir que de comprimer cette aristocratie féodale qui causait tant de mal k Rome et dans tout<i l'Italie.
Charles YIII était mort le 7 avril 1^98, et Louis XII était monté sur le trdne : ce prince voulut aussitôt faire dissoudre ^'^ •— «nnf,, avec Jeanne de France» filU^ v
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DICTIONNAIRR
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pour épouser Anne de Bretagne, veuve de son prédécesseur. La conjoncture parut favorable à Alexandre; il en proflla pour obtenir de Louis ce qu'il désirait. Louis Xli s'engagea à donner à César Borgia» le duché de Valentinois, 7ingt mille livres de
[tension» une compagnie de cent lances pour *aider à se mettre en possession de la Koinagne» et à lui procurer une alliance considérable. La bulle de divorce fut Acncrdée, et Alexandre s'engagea à appuyer de tout son pouvoir les droits de Louis XII sur le ducUé de Milan. Cependant Alexandre VI montra un grand zèle pour l'honneur du nom chrétien. 11 fit solliciter les princes souverains, par ses nonces, de se réunir contre les Turcs, qui faisaient alors la guerre aux Vénitiens. Ce zèle ne fut pas stérile. Alors florissait le célèbre Savonarole. Il était né à Ferrare, de parents nobles, en 1452 ; il entra dans l'ordre de Saint-Dominique, à 23 ans; il s'y distingua par ses talents et par sa régularité. On l'appliqua à la prédication, et il y eut les plus grands succès; il se fixa à Florence, et s'y acquit l'estime et l'affection de cette république, au point qu'on ne prenait aucune résolution sans le consulter. Elle était alors divisée en deux partis. Les uns étaient pour la France, et contre les Médicis qui voulaient opprimer la liberté publique; les autres étaient attachés aux Médicis, et ne voulaient point d'alliance avec la France. Savonarole prit le premier parti, et, en expliquant VApoca" lypse, il prédit que l'Eglise serait renouvelée ; mais Qu'elle serait exposée auparavant à d(* terribles épreuves. Ses ennemis l'accuser* nt devant le Pape, comme un séditieux, qui annonçait au peuple une fausse doctrine. Le Pape prévenu contre lui le cita k Rome, pour répondre aux chefs d'accusation dont on le chargeait. Savonarole ne jugea pas à propos d'y aller, il se contenta d'écrire au Pape pour se justifier. Alexandre lui interdit la prédication ; et voyant ensuite qu'il ne se rendait point h sa citation, il l'excommunia comme hérétique. Les Florentins qui avaient intérêt de ménager le Pape, abandonnèrent Savonarole; les magistrats de Florence lui firent son procès; il fut appliqué à une question des plus cruelles, et persista à soutenir qu'il n*avait rien avancé dans ses sermons, qui ne fût tièscertain. On envoya deux juges à Florence, qui recommencèrent h le tourmenter, pour lui faire avouer quelque crime qui pût le faire condamner à mort; mais n'ayant pu y réussir, ils ne laissèrent pas do le juger digne du dernier supplice. La sentence fut prononcée le 22 mai 1498. On le pendit, et avec lui deux de ses compagnons; il était à sa quarante-siiième année. On dit quo Dieu honora la mémoire de Savonarole par plusieurs miracles. Alexandre VI mourut à l'âge de 72 ans, après 11 ans de pontificat, le 18 août 1503.
ALKXANDRE VII, contemporain de Louis XV, roi de Fratire, de Frédéric III et do Léopold emi>ereur d'Allemagne. — Le con-
clave qui se tint après la mort d'Innocent X» présenta un aspect inacoutumé et dura quatre-vingts jours. Les nouveaux cardinaux y entrèrent avec une liberté absolue de vote, c'étaient pour la plupart des hommes distingués, d'un caractère indépendant et tous bien d'accord entre eux; on les désignait sous le nom de Vescadron volant. Ils étaient déterminés à ne plus obéir aux volontés d'un neveu, mais à leur propre convictions et à leur conscience.
Un deux, le cardinal Ottobuono, s'écria au Ht de mortd'InnocentX: «Il nous faut chercher un homme de bien U — « Si vous cherchez un homme de bien », lui répondit Azzoiino, un autre d'entre eux, «c là bas, b dit-il en montrant Chigi, « il y en a un. » En effet, Chigi s'était acquis, non-seulement la réputation d'un homme habile et plein de bonnes intentions, mais il s'ét.iit particulièrement montré l'adversaire des abus de la forme du gouvernement pratiquée jusqu'à ce jour, abus qui n'avaient jamais été plus criants.
Les cardinaux, séduits par la piété de Chigi, vinrent à bout de réunir le plus grand nombre de voix en sa faveur. Il fut élu le 8 avril 1655, et prit le nom d'Alexandre VII. Chigi était né à Sienne, d'une famille noble, considérée depuis longtemps dans cette ville. Il fut envoyé de bonne heure à Rome, il y obtint du Pape Urbain VIII, un emploi honorable : il servait la maison des Barberius avec respect et Mucérité. Sa vertu le Gt élever à la charge d'inquisiteur de Malte, il se fit estimer et aimer des chevaliers. Vicelégat à Ferrare, nonce à Cologne, il s'acquit une grande réputation dans ces emplois, par sa prudence et son adresse. Innocent X, pour le récompenser de tous les services qu'il avait rendus à l'Eglise, le fit caidiuaU et de là, il fut élevé sur le Saint-Siège, li affecta aussitôt do marcher sur les traces de ses prédécesseurs les plus saints ; il continua de jeûner deux fois la semaine, comme il avait fait étant cardinal; il fit faire son propre cercueil, le tit mettre sous son lit, atin d'avoir plus occasion de penser à la mort : il défendit à ses parents do venir à Home sans sa peruiissiôn, et aux cardinaux de porter le deuil, même de leur père et mère.
L'estime (|u'on conçut pour ce nouveau Pape était générale. On venait de tous côtés pour recevoir sa.bénédiction. Chacun vanlaitsa modestie et sa vie austère; ce qui faisait une grande impression sur le peuple.
Dans la première année de son pontificat, il reçut avec joie la lettre que l'assemblée des évéques lui avait écrite au sujet des cinq propositions attribuées à Jansenius, et fit expédier une bulle le 16 octobre de la même année, dans laquelle il confirma la constitution do son prédécesseur. Il s'élève avec force contre ceux qui disent que les cinq propositions ne sont pas dans Jansenius, il y décbre, en supposant que l'affaire avait été examinée à fond sous son prédécesseur, quelles y sont en efiet, et qu'elles sont cou-
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DES PAPES
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(laDiDécs Jansie sens de cet auteur, m sensu ab auciore iMento. Il avait été solltoilé par la cour (Je France d^auloriser le formulaire (le rasseinbli^e des évèques ; mais ne vou- IaiU \)ds donner force de loi k un formulaire i|iril n*avait pas dressé lui-même, il aima mieux en donner un nouveau, quMI inséra i\8(\s la bulle du 15 février de la même an* née. Pour rendre la signature de sou formulaire plus authenlique , il y ajouta un .HMuienl, par lequel ceux qui signaient, prenaient Dieu è témoin de la sincérité de lenr .soumission ; il est conçu eu ces termes : Je me soumets à la constitution Apostolique dinnocent X, et à celte d'Alexandre VJl^ du 16 octobre ISoù^je rejette et condamne sincê' rment les cinq propositions extraites du lirre de Càrnehus Jansenius, intitulé Augu- Minus, et dans le sens du même auteur^ corn» wt It Saint^iege Apostolique les a condamiiêex par les susdites constitutions : c'est ce (pte j'assure : ainsi Dieu me soit en aide, et ses saints Evangiles,
La bulle d'Alexandre Vil fut publiée en France dans tous les diocèses, dès le 15 avril suivant, le roi donna une déclaralioii, par Idiiuelle il ordonnait à tous les archevêques pt évoques du royaume, de signer et défaire signer ce nouveau formulaire par tous les H'ctésiastiques séculiers et réguliers, par les religieuses et les maîtres d*école, sans aucune dissimulation, ni explication, ni resiriclion.
En 1659, le Pape reçut un sujet de mécontenlement de la part de !a France, à Toocasiun de la paix des Pyrénées, entre ce royaume et I Espagne : il s*aiteQdait à l'honneur de la médiation, il fut fort surpris d'apprendre la conclusion de ce traité, sans antre mention de lui que par ces paroles: Qu'on ne doutait point que les prières du Pape n'eussent beaucoup contribué k un si heureux succès. Il refusa de se prêter aux vues du cardinal Mazarin, qui s'intéressait pour faire restituer au duc de Parme, )a pnnci* )>auié de Castro, dont Innocent X s'était emparé. Alexandre VII assembla aussitôt son consistoire, et en ayant pris l'avis, il réunit Castro à la chambre apostolique, le déclarant sujet aux bulles qui défendent d'aliéner hs Klais réunis è relise.
Dans la même année, il donna une preuve signalée de son attachement aux Jésuites. Ces Pères étaient toujours bannis de l'Etat de Venise. Alexandre VII chargea son oonce d'intercéder auprès du sénat pour les réialilir. Les voix furent partagées, et sans les runjonctures où se trouvaient alors les Vénitiens, les Jésuites n'auraient jamai.s obicDu leur retour. Mais, comme la république avait alors à soutenir la guerre de Can« die, et qu'elle avait besoin du Pape pour en tirer quelques secours pécuniaires» et des permissions de lever quelques taxes sur le clergé; dans ces circonstances, les Jésuites firent offrir au Pape une somme considérable (l'argent, dont Sa Sainteté userait comme elle voudrait. Ils exposèrent aue la Compagnie ne lui demandait autre chose que d'em-
ployer ses soins à faire en sorte que Tédit de leur l)annissemoni de l'Ëtat de > enise fût élevé. Le pape eut égard à leur requête, et lit de si fortes instances auprès des Vénitiens, que ceux-ci consentirent à la demande des Jésuites. Alexandre VII, après avoir donné à la Société une marque si éclatante de sa protection, ne les favorisa pas moins en France par le fameux formulaire dont ils avaient été les instigateurs, et dont ils firent un si çrand usage par le crédit énorme dont ils jouissaient.
Trois ans après, les Corses qui faisaient partie de la garde du Pape, ayant outragé deux ou trois Français de la suite du duc de Créqui , ambassadeur de France » ceux-ci se défendirent et se retirèrent après avoir reçu queiquesbiessnres. Les Corsesn'en demeurèrent pas là. Ayant assemblé leurs compagnies au nombre de quatre cents, ils marchèrent en armes sur le palais de l'ambassadeur, et se saisirentde toutes les rues quiyaboutissaient. L'ambassadeur ayant paru sur un balcon pour savoir les causes de cet attroupement, on tira plusieurs coups de mousquet du cAté où il éuiit. Ensuite ces furieux ayant vu le carrosse de l'ambassadrice qui allait par la ville, firent feu dessus ot tuèrent un page de la suite. L'ambassadeur se retira promptement sur les terres de Toscane. Louis XIV fut bientôt instruit de l'insulte faite è son amiiassadear. Jeune alors, et le plus puissant prince de l'Europe, il exigia une satisfaction prompte et éclatante. Dans le pre* mier mouvement de sa colère, il ordonna au nonce Piccolomini, de sortir de France, fit saisir Avignon et le Comtat Venaisin.
Alexandre VII, tout alarmé, écrivit sans succès, plusieurs lettres d'excuses et de protestations d'innocence. Louis exigea qu'on satisferait les ducs de Parme et de Modène ; que le cardinal Chigi viendrait en Fnnce , en qualité de légat, assurer Sa Maiesté du chagrin que le Pape ressentait de 1 accident qui était arrivé; que la garde corse serait déclarée incapable de servir dans Rome et dans l'Etat ecclésiastique; qu'on dresserait une pyramide vis-à-vis de l'ancien corps-degarde*des Corses, avec une inscription qui crmtiendrait le décret de celte incapacité. Tous ces articles furent exécutés de point en poinL
Vers le même temps, la Faculté d^ théologie de Paris ayant censuré deux livres, l'un de Jacques Vernant, Carme, l'autre du P. Moïa, Jésuite d'Espagne, sous le nom d*Amedœus Guimanœus, le Pape Alexandre VU adressa au roi un bref à ce sujet, où il se plaignait de celte censure. Le parlement s'éleva contre ce bref, et prit la défense de la censure. Le Pape voulut soutenir son bref. Il donna une bulle, par laquelle irl condamnait cette censure comme présomptueuse et téméraire. Le parlement rendit un arrêt le 28 juillet, par lec^uel il maintenait c£tte faculté dans le droit de censurer lous las livres qui contiendraient quelques oiaximes contraires èla morale chrétienne, aux droits de la couronne et aux libertés de f Eglise
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gallicane. Le ih septembre de la même tin- II Se, le Pape condamna 28 propositions des casuisles relAchés.
Cependant les troubles, à Toccasion de la signature du formulaire, continuaient toujours. Quatre évoques de France publif'rcnt ôes mandements, dans lesquels, en ordonnant la signature; ils expliquaient la distinction du fait et du droit , et déclaraient que ce nVtait que touchant le droit qu'ils exigeaient une soumission de foi ; que, touchant le fait, ils ne demandaient qu'une soumission de respect et de silence. Les quatre éfèques étaient MM. Pavillon, évdquo d'Alet, de Caulet, évoque de Pamiers, de Buzanval, évéque de Beauvais, d'Arnauld, évéque d'Angers. Mais au commencement de février 1666, le Pape envoya à la cour de France, un bref qui ordonnait aux quatre évéques de révoquer leur mandement, sous peine d'interdit de rentrée de TEglise, et nommait des commissaires pour procéder contre eux.
Dans ces circonstances, et au milieu des troubles qu*excilait cette affaire, le Pape Alexandre VU mourut après avoir tenu le Saint-Siège douze ans. Il fut souvent en hostilité avec plusieurs des princes de TEurope , qui déjà meuaçaientde toutesparts les droits et la liberté de TËglise.
On commençait déjà à cette époque à TOttloir que le Pape se vouAt aussi excinsivement que possible aux affaires spirituelles, et laissât à ses conseillers la maniement des affaires temporelles.
Avec Alexandre VII, la papauté commenta à se débarrasser ainsi des préoccupations séculières et politiques que la nécessité des circonstances lui avaient trop exclusivement imposées. Ce Pape |)rit en effet une part peu active h l'administration de l'Etat, se vouant spécialement au ministère des choses religieuses. Il avait de l'inclination pour les lettres, et les manuscrits qu'il avait composés montrent son application à Tétude.ll laissa des poésies qui furent imprimées au Louvre, in-folio ^ en 1656, sous ce titre : Phiiomathi musœ juvéniles , parce qu'il les regardait comme un amusement de sa jeunesse. Il mourut, le 22 mai 1667, après un pontificat de onze ans » et eut pour successeur Clément IX.
ALEXANDRE VUL (Louis XIV, roi de France, et Léopold, empereur d'Allemagne.) — Innocent XI étant mon le 16 août 1689 , le conclave s'ouvrit pour l'élection de son successeur.
La guerre était alors allumée entre la maison d'Autriche et la France. Les cardinaux neutre^; craignirent avec raison de com** promettre la religion catholique, si l'on créait un Pape qui tût né sujet du roi d'Espagne, comme était le dernier, dont la propension contre la France avait excité bien des querelles. Ils jetèrent donc les yeux sur Ottoboni, qu'ils rrconnnreut plus propre aux conjonctures du temps, parce qu'il était Vénitien. Il fut élu le 6 octobre 1680.
Pierre Ottoboni était né, en 1610, d*une fiimille ancienne : les uns la font venir de
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Padoue, d'autres de la Dalmatie, (quelquesuns de nie de Négrepont. Quoi qu'il en soit» plusieurs personnages de cette famille s'étaient signalés par des emplois importants. Après avoir fait ses (:>tiides a Venise et à Padoue, Ottoboni vint à Rome, è l'âge de vingt ans; il s'y acquit bientôt des patrons puissants par son mérite et sa douceur.
Urbain VIII, reconnaissant en lui des latents, lui donna des emplois considérables* Innocent X le créa cardinal en 1652« Alexandre VII le Qt dataire. Il eut beaucoup de part aux alFaires sous les Papes suivants. Par sa prudence et sa modération , il s'attira la confiance de tout le monde. Un agréable extérieur décorait ces bonnes qualités : il était de belle taille, avait de l'embonpoint, un air riant et des manières affables. 14 était actif, vigilant, bon politique, et plaisant infiniment dans la conversation. Quoiqu^il n'eût été élevé sur le Sainl-Siégé que dans un Age très-avancé, chacun se réjouit de son élection; la France s'en promit de grands avantages. Mais le seul qu'elle en tira, fut qu'Alexandre VIII anima si puissamment les Vénitiens à la guerre contre les Turcs, qu'il fit évanouir la paix que l'empereur avait souhaité conclure avec la Porte, pour employer toutes ses forces contre les Français.
Louis XIV, voulant gagner l'affection du nouveau Pape par ses bienfaits, lui rendit Avignon, et cessa de poursuivre l'affaire
a ut regardait les franchises. Alexandre VIII, e son côté, ne cherchait qu'à décider le roi, à défendre les droits de TEglise. Malgré sa vieillesse, il paraissait extrêmement actif et vigoureux ; il voulait tout savoir, tout voir, tout taire ; ce qui donnait de bonnes espérances. Il écrivit à Jacques II , roi d'Angleterre, un bref, par lequel il l'exhortail à souffrir patiemment tous les malheurs auxquels il était exposé, lui promettant de ne rien épargner pour le rétablir sur le trône. Il s'occupa aussi de l'agrandissement de sa famille; il donna à un petit- neveu,
au'il aimait beaucoup , le chapeau de carinal , avec le tiire de cardinal-patron, le fit lé^at d'Avignon , et grand chancelier de l'E* glise romaine.
L'année suivante, il proscrivit, par un décret du H août, l'erreur du pe'ehé pMloeo-' phique. On appelait de ce nom une action qui offense la raison, sans offenser Dieu, parce que celui qui la fait, ou ignore Dieu absolument, ou ne pense point a Dieu au moment qu'il la fait. Cette erreur fut soutenue et enseignée dans plusieurs écrits. Elle fut dénoncée par Ariiault le docteur. Le Pape condamna aussi comme hérétique une autre proposition soutenue à Pont-à-Mousson, qui portait que Vhomme nesl point oblijé aaimer sa fin dernière ^ ni au com^ mencemenl , ni dans le cours de sa vie morale, cestàdire depuis qu'il a f usage de la raison.
Malgré tout ce qu'on dit en France pour gagner Alexandre VIII, il refusa constamment des bulles Mous ceux que le roi arait nommés évéques, et qui avaient été de la
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DES PAPES
ANA
célèiire assemblée de 1682. Persistant sur celle question dans les principes d*InDOcenty« il til dresser une bulle contre les quatre articles, déclara que les ordonnances de 1683 élaieiil nulles» non avenues et non obligatoires, même quand on les aurait acceptées par serment, llj pensait jour et nuit, le cœur plein d*amertumey ne cessait d'élever les 3'eux au ciel en versant des larmes et en soupirant. Il ne voulut rien relâcher au sujet de la Régale. Louis XIV avait fait dire au nonce» que si les bulles pour les évoques notaient pas accordées avant les fêtes de Pâques» il rétablirait la pragmatique sanction ; mais soit que le Pape jugeAt que cette menace ne serait point exécutée» soit qu*il ▼ouiât signaler sa fermeté» il se contenta de suspendre, pendant six mois» la bulle contre rassemblée qui avait dressé ces mêmes articles.
Cepen Jant il était tombé dangereusement niatdde ; le grand pénitencier Tavertit de son éiat. Il reçut son avis avec action de grâces» ei exhorta les cardinaux à élire un Pape qui pût être utile à TËglise. 11 se plaignit d'avoir lait inutilement ses efforts pour porter les puissances à la paix. Le 31 janvier 1G91, il reçut les sacrements^ s*entrelint longtemps avec son confesseur» et mourut le lendemain Âgé de 81 ans, dans le seizième mois de son |H>n(ificat.
AI^ACLETou CLET. — Ces deux noms sous lesquels ce Pape est désigné ont donné è penser quedeux personnages distincts les avaient portés. Cette opinion est aujourd'hui généralement abandonnée. En etfet» lenonideClet ne figure pas dans les catalogues des Papes qui ont admis celui d'Anaclet» et réciproquement le nom d*Anaclet n'entre pas dans les séries où celui de Clet est couipris. Anaclet était originaire d*Athènes. Les Latins par abréviation rappelèrent Clet : de là sans doute est venue la confusion. Néanmoins Platine distingue Tun de l'autre. « Saint Clet» » dit-il, « était Romain de nation» du quartier déjà rue Patricienne» et fils d'Èmilian. Quoiqu'il fût recommandable par sa vie et (>ar sa dignité» il n'accepta qu'à regret et sur les sollicitations de saint Clément la cbarge de chef de l'Eglise universelle. 11 régla Pétat de l'Eglise selon ces temps et ordonna vingt-cinq prêtres suivant les instructions de saint Pierre. Saint^ Anaclet était Grec de naissance» do la ville d'Athènes et son père se nommait Annocbus. Il tint le le Saint Siège neuf ans» deux mois» six
jours, a
Cependant Clet o.i Anaclet* que nous persistons à croire un seul et même Pape» vint à Kome du temps des apôtres» et il lut cou« Yerti lar eux à la foi. Après qu'ils l'eurent parîaitement instruit des vérités de la religion» et reconnu son zèle et sa capacité» ils le tirèrent du nombre des disciples pour rassocier au saint ministère. L'opinion la filos probable» le place entre saint Lin et saint Clément. Elu Pape vers Tan 76» il gouverna l'Eglise pendant l'espace de douze ans» ub mois» onze jours» vers la Un
du règne de Vespasjen» et sous celui de ses fils» Tite et Domitien. Il souffrit le martyre, l'an 83 de Jésus-Christ» pendant Ir persécution de Domitien» et fut enterré près de saint Lin» son prédécesseur» dans l'église du Vatican où 1 on conserve ses reliques. Son nom a été inséré dans le canon de la Messe, et sa mémoire e^^t honorée le 26 avril.
ANACLET» antipape [1130J. — Voy. Innocent 11.
ANASTASE 1*' (Saint) trente neuvième Pontife. — Saint Anastase était Romain de naissance ; il mérita par ses travaux et par SCS combats poqr Ja fQi» de succéder au Pape saint Sirice, le 4 décembre 398. A son avènement» l'Eglise était troublée à l'occasion des erreurs d'Origène» et de la traduction qu'avait faite Rufln» prêtre d'Aquilée» de Touvrage de cet homme célèbre, intitulé: i^enarcAon» c'est-à-dire» des Principes. Rufin ayant répandu celte version à Rome» une dame romaine» nommée Marcelle» le déféra au Pape Anastase» comme ayant semé dans Rome les erreurs d'Origène. On produisit contre lui des témoins» qui» ayant été infectéa d'origénisme» en étaient revenus. L'accusé, qui s était retiré à Aquilée» averti de ce qui se tramait contre lui« ne jugea pas à propos de venir à Rome ; il se contenta d'écrire à Anastase et de lui exposer que sa foi avait été assez éprouvée par la persécution qu'il avait soufferte à Alexandrie du temps de Valens; qu'il avait fait sa profession de foi louchant la Trinité» l'Incarnation» la résurrection de la chair» l'éternité des peines» en termes conformes à la doctrine catholique. Touchant l'origine des Ames» il rapportait trois opinions» entre lesquelles il disait qu'il n'avait point pris de parti» et qu'il s'en tenait à ce que l'Eglise enseigne manifestement : que Dieu est l'auteur des Ames et des corps. Sur la traduction d'Origène» il disait qu'il n'était ni son défenseur» ni son approbateur, mais seulement son interprète» et protestait qu'il n'avait et au'il n'aurait jamais d'autre foi que celle de 1 Eglise romaine.
Sur cet exposé» il semble que Rufin méritait quelque indulgence de la part du clergé de Rome. Cependant» malgré ses protestations et l'orthodoxie de sa confession de loi» il fut condamné. Mais Jean de Jérusalem écrivit au Pape Anastase en sa faveur. Ce Pape lui répondit» entre autres choses» q^ue Rufin ayant exposé dans sa traduction les erreurs d'Origène» devait être traité de la même manière que celui qui les avait avancées» et qu'il se tenait séparé de sa communion. On doit ajoutera cela que saint Jérôme fut un des plus grands adversaires de Rufio» et qu'il le traita fort durement daas ses écrits.
On peut conclure de la conduite d'Anastase, qu'il était animé d'un grand zèle contre les ennemis de la vraie foi»qu*il les poursuivait partout où ils se cachaietil» et qu'il mettait hors d'état de pouvoir imposer ou nuire à personne. On doit dire aussi que ce saint Pape remplit avec zèle les devoirs do l'épiscopat. Il est fort loué |K)ur sa^sollici^
ISS
ANA
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tude pastorale et pour ses travaux (onchairt la conservation du précieux dépAt de la fol. Saint Jérôme le reconnaît pour un homme de sainte et heureuse mémoire et te loue d*avoir vécu dans une pauvreté très* riche. Il dit aussi qu'il n*étaU pas moins pourvu des qualités nécessaires pour bien gouverner lé troupeau qui lui était confié, et que Dieu le retira de ce moude, le ik décembre 401, avant que Rome fût affligée des maux qui raccablérent bientôt après. On attribue à ce saint Pape plusieurs règlements: ce fut sous son pontificat que Flavien fut reconcilié avec l'Église d*Occident. Au reste, Anastase fut plus favorable h Flavien d'Antioche, que ne l'avait été son prédécesseur à Paulin, évoque do Noie. Ses reliques furent déposées dans Téglise de Sainte-Praxède.
ANASTASE II (Saim). — Comme son prédécesseur saint Gelase, le Pape Anastase II était Romain de naissance. Il fut élu d'une voix unanime le 24 novembre 496. A peine assis sur le trône de saint Pierre, il s'occupa de réunir TEi^lise d'Orient avec celle d'Occident. Il écrivit, pour ce sujet, h Tempereur Anastase, relevant la piété que ce prince avait montrée dans sa vie priyée , et le priant de procurer la paix ae l'Eglise en supprimant le nom d'Accace, mort dans Tanatfaeme. « Toutefois, » dit Henrion, « il n'approuva point ceux qui prétendaient que cet évoque n'avait plus eu le pouvoir de faire aucune fonction depuis qu il avait été condamné par le Pape Félix II. Il déclara expressément que Tindigniié du ministre n'empêche pas la vertu des sacrements, il ' tenait pour valides les baptêmes et les ordinations conférés par Accace. Cette lettre fut portée par deux évêques, qui accompagnèrent le patrire Festus de Rome à Constantinople. » Dioscore, prêtre de l'Eglise d'Alexandrie, et Thérémond, lecteur, chargèrent les légats du Pape, qui avaient porte sa lettre à l'empereur, d'un mémoire pour demander d*étre reçus à la communion d'Anaslase ; mais comme dans leur confession de foi ils ne faisaient aucune mention du concile de Cbalcédoine, leur demande fut rejetée.
Un événement qui arriva sous le pontifical de ce Pape, 6ta toute son attention et celle de l'Eglise d'Occident. Clovis, roi de France, avait embrassé le christianisme, et s'était fait baptiser le même jour qu* Anastase avait été élevé sur le Siinl-Siége. La nouvelle de cette conversion engagea le nouveau Pontife à écrire h ce prince pour le féliciter de la gr&ce que Dieu lui avait faite en l'éclairant des lumières de la foi; « mais, » continue l'auteur que nous venons de citer, « osant de Téloge comme d'un lait accommodé à son état d*enfance en Jésus-Christ, il lui dit qu*il se réjouissait, avec l'Epouse de ce Dieu fait homme, de ce qu'elle venait de lui enfanter un fils sa^e et valeureux, capable de la défendre lui seul contre tous ses innombrables et furieux ennemis. » Il lui donnait ensuite de sages conseils, que Clovis suivit av.ec respect et qui produisirent
sur ce prince et la nation qu'il gouvernait les plus heureux résultats.
Après un pontificat de 2 ans h peine, le Pape saint Anastase 11 mourut le 17 novembre 498, et eut pour successeur Symmaque. Son nom ne se trouve pas dans te. Martvrologe romain, mais il est nommé dans plusieurs calendriers le 8 septembre.
ANASTASE, antipape [855]. — Voy. Beivoir IH.
ANASTASE III, cent vingt et unième Pape, et successeur de Sergius 11, fut élu au mois d*août911. — Il était Romain de naissance, SU de Lucien et contemporain d'Alexandre et de Constantin, empereurs d'Orient, et de Charles le Chauve, roi de France. Ce Pape èsl loué pour sa douceur et la pureté de ses mœurs; mais ce qu'il peut avoir tait nous est inconnu. Au reste, son pontificat ne fut que de 2 ans et environ 2 mois. Il mourut en octobre 913, eut pour successeur Landon, et fut enterré dans l'église de Saint-Pierre. Il se fit remarquer par sa modération et sa vertu.
ANASTASE IV, cent soixante sixième Pape, contemporain de Frédéric I*% empereur d'Allemagne, et de Louis VU, roi de France.— Son père se nommait Benoît, comme le saint patriarche dont il porta l'habit en qualité de moine et d'abbé de Saint- Roux, diocèse de Belitre, d'o£i il fut tiré pour être cardin»! , puis Pontife de l'Eglise romaine. Dès que le Pape Eugène 111 fut inhumé, les cardinaux s'étant assemblés, l'élurent, le 9 juillet 1153. Il était alors évêque de Sabine, chanoine régulier, et était né à Uome. Il fut nommé Anastase IV. C*était un vieillard d'une grande vertu et de grande expérience dans les usages de la cour de Rome. Au commencement de son pontificat, i! fit présent d'un calice de très-grand prie h l'église de Latran, et fit faire un bAliinent supi'rbe à l'église de la Rotonde. Dans une famine qui fut presque générale par toute l'Europe, il exerça d'immenses libéralités. Il avait de nuignifiques projets, et donnait l'espoir d'un illustre ponliticat: mais il ne tint le Saint-Siège que 16 mois et 24 jours, mourut Se 2 décembre 1154, et fat inhumé à Saint-lean de Latran.
ANICET (Saint).— Successeur de saint Pie I'% saint Aniuet fut élu Pape en 157, et gouverna TEglise 11 ans. 11 était Syrien de naissance. Dès la première année de stni pontificat, il fut visité par saint Polycan>e, disciple de saint Jean l'Évangéliste et évêque de Smyrne. Ils agitèrent ensemble plusieurs difficultés sur des points dont ils demeurèrent bientôt d'accord, si l'on en excepte celui qui regardait le jour de la eélébratioit de la Pdque. Saint Polycarpe suivait l'usage des Asiatiques, qui, d'après l'exemple de saint Jean , observaient celte fête le 14 de la première lune de Mars, commn les Juifs. Mais Anicet, attaché à la tradition de sou Eglise, ne la célébrait que le dimanche après le 14. Cependant il n'eut pas de peine à s'accorder avec saint Polycarpe à ce sujet, en consentant de demeurer attachés tous