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deux y Tan, ace qu'il avait appris de saint Jean » et Tautre , à la pratique de ses prédécesseurs. Pour s'expliquer le véritable sujet de cette discussion « il faut savoir qu'afin d'imiter Teiemple de Jésus- Christ, les Chrétiens de TAsie Mineure Avaient coutume de manger un .agneau Je soir du lï' iour de la lune de mars, comme font les Juifs, et de nommer comme eux ce repas la Pâque. En conséquence, les uns rompaient le jeftne du Carême, et, si les autres l'observaient encore les deux jours suivants, ce repas y avait mis du moins une interruption. A Rome et dans tout l'Occident, les Chrétiens retardaient le repas de Ta- Sneau pascal jusqu'à la nuit du samedi, afin e le joindre à la joie du mystère de la Résurrection. Conséquemment l'on représentait aux Asiatiques qu'il ne convenait pas aux Chrétiens de manger la PAque avec les Juifs, de rompre lejeAne du Carême avant la rète de la Résurrection, ni de célébrer celle-ci un autre Jour que le dimanche.
Ainsi, quand on dit que lès Asiatiques faisaient la P&que le ik' de la lune de mars, cela ne signifie point que ce jour-là ils célébraient la fête de la Résurrection, mais qu'ils mangeaient l'agneau pascal. Le P. Daniel, Jésuite, a éclairci ce fait en 1724, dans une dissertation sur |la discipline des Quartodécimans, [Recueil de se» ouvrcigeSf t. III.) Mosheim l'a prouvé de nouveau en 1753, {Hist. Christ, icpc. n, § 71.)
Quoique cette diversité d'usages n'intéressAt point le fond de la religion, il en résultait néanmoins des inconvénients. Lorsque deux Eglises de différent rite étaient voisines, il semblait étrange que l'une donnât dans son culte extérieur des signes de joie,* pendant que l'autre était encore dans un deuil religieux de la mort du Sauveur, jeûnait et faisait pénitence; ce pouvait être un sujet de scandale pour les infidèles et la marque d'une espèce de schisme entre les deux l^lises. Saint Anicet jugeait qu'une fête aussi solennelle devait être uniforme, d'autant plus qu'elle sert à régler le cours de toutes les autres fêtes mobiles. De là cette contestation du Pape avec saint Polycarpe, qui se réveilla plus tard sous le Pape saint Victor, et qui paratt durer jusqu au concile de Nicée tenu en 825.
Saint Anicet veilla avec sollicitude à la sainteté du sacerdoce, ordonna que les clercs ot>éiraient aux commandements de i'ApAtre ; qu*un évèque ne pourrait être sacré que par trois autres évêques, ce qui fut confirmé plus tard au concile de Nicée ; que tous les évêques de la province se trouveraient au sacre de leur métropolitain; que l'évêque ne pourrait accuser d'aucun crime son métropolitain que devant le primat ou le Saint-Siège, ainsi que le décrétèrent depuis les conciles et les constitutions papales ; et que les archevêques et métropolitains ne prendraient le titre de
1>rimat ou de patriarche que s'ils en avaient e droit.
Saint Anicet eut, durant son pontificat, A combattre plusieurs sectaires, tels que Ba-
DicTiONX. DES Papes
silide et Carpocras, che6 des gnostiques.
Basilide, entêté du pythagorisme et des prétendues propriétés que Pjtba^ore attribue aux nombres, imagina que l'unité, symbole du soleil, le nombre septénaire relatif aux sept planètes, le nombre 365 qui exprime celui des jours de l'année ou de la révolution autour du soleil , devaient avoir des propriétés merveilleuses, et déterminer l'esprit Euverneur du monde à opérer des prodiges, -dessus il fonda sa confiance dans la thénrgie, la magie, les talismans. Il soutint que le nom abracêas ou abraxaSf dont les lettres forment en grec le nombre 365, imprimé sur une médaille avec la figure du soleil et avec quelques autres figures, était un talisman très-puissant. Les basilidiens remplirent le monde iïabraxas de toute espèce.
Quelques Chrétiens peu instruits se laissèrent séduire et commençaient à frapper des abraxas en l'honneur de Jésus-Christ, lorsque saint Anicet s'éleva contre cette superstition.
Basilide enseignait aussi la métempsycose comme les Indous, et niait la résurrection de la chair. Il avait composé un faux évangile, ou plutôt un long commentaire, puisqu'Eusèbe nous apprend qull avait écrit vingt-quatre livres sur les Evangiles, et
Su'il avait forgé des prophéties sous le nom e Barcabas et de Barcoph.
Quant à Carpocrate, pour expliquer la célèbre question de l'origine du mal, il supposa, comme Platon, que le monde n'avait pas été créé par un Dieu suprême infiniment puissant et bon, mais par dQS génies inférieurs très-peu soumis à Dieu. Pour rendre raison des imperfections, des misères, des faiblesses de l'homme, Carpocrate supposa la préexistence des Ames, prétendit qu'elles avaient péché dans une vie antérieure, qu'en punition de leurs crimes elles avaient été condamnées à être renfermées dans les corps et soumises à l'empire des génies créateurs du monde ; que pour plaire a ces génies, il fallait satisfaire tous les désirs de la chair et tous les mouvements des passions. Il concluait qu'aucune passion n'est bonne ou mauvaise, vertueuse ou -criminelle en soi, mais seulement selon l'opinion des hommes. L'hérésie des carpocratiens n'était autre qu'une branche de la erande hérésie des gnosti(}ues qui, se divisèrent en mille sectes, prirent mille noms divers et reparaissent plus tard sous le nom de mantchéiême.
Après avoir combattu ces sectateurs avec une grande énergie, et lAché de réparer les ravages faits par eux parmi les Chrétiens, saint Anicet mourut le 17 avril 168, et fut enterré dans le cimetière de Saint-Calixte, sur la voie Appienne. Il a le titre de martyr dans plusieurs martyrologes, notamment dans le raartyrolose romain, et sa mémoire est honorée par i Eglise le 17 avril. Saint Anicet eut pour successeur saint Soter.
Selon toutes les apparences, ce fut saint Anicet qui, vers le milieu du u' siècle, eu-
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DiCTlONNÂlRE
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voya une Iroitpe illustre d'ouvriers évangéliqnes de l'Asie dans les Gaules. Saint Pothm en était le chef. Il s'arrêta à Lyon» et y forma une florissante Eglise dont il fut le premier évêque. D'autres prêchèrent à Vienne et dans les villes voisines. Jusqu'alors le petit nombre des fidèles avait fait leur sécurité; mais quand on les vit se multiplier de jour en jour» la haine des païens s'irrita peu h peu, et éclata enfin par une violente persécution» l'an 177.
ANTÊRE (Saint). — Dix-neuvième Pape, Saint Anlère était Grec de naissance, fils de Romulus, et fut élu, pour succédera saint Pontien, le 21 novembre 235. On ne connaît rien sur la vie de ce Pape, et son pontificat ne fut que de quelaues semaines. Les martyrologes lui donnèrent le titre de martyr. Il $outfrit la mort le 3 janvier de l'année 236, sous l'empereur Maximin r% et fut
inhumé sur le bord de la voie Appienne» dans un lieu nommé Paraphagène. On le regarde comme le premier auteur du martyrologe; il est du moins constant qu'il donna tous ses soins à recueillir les actes des martyrs pour les conserver dans les Eglises.)
ARABE (Etude de 1'). — C'est un Papp, Honorius IV, qui, le premier, introduisit l'enseignement de l'arabe dans l'Université de Pans ; cette idée fut adoptée par le con- (ûle de Vienne, réuni en 1311 par le Pape Clément Y. Une constitution fut publiée par ce Pontife, avec approbation des conciles, ordonnant que, dans le lieu de la résidence du Pape et dans chacune des universités de Paris, d'Oxford, de Bologne et de Salamanque, deux professeurs seraient établis pour les langues grecque, arabe et chaldaïque.
BAISEMENT DES PIEDS. — Dès le iir
siècle, nous voyons par les actes de sainte Susanne, martyrisée a Rome, que c'était un usage populaire de se prosterner, en signe de respect, devant les Souverains Pontifes. Lorsqu*en 525 et en 710 les Pa^es Jean 1" et Constantin se rendirent à Conslantinople, les empereurs Justin le Vieux et Jttstinien le Jeune se conformèrent à cette coutume; «( ce qui, v dit Thistorien, « causa une grandejoie parmi le peuple, v qui voyait le diadème de3 Césars s abaisser devant les successeurs du pêcheur. Impuissants à laire cesser cet hommage, les Papes trouvèrent dans leur humilité un moyen ingénieux de reporter au Christ seul et au signe sacré des Chrétiens, l'honneur qu'on leur rendait ; ce fut défaire tracer ou broder une croix sur le haut de leur chaussure, de sorte qu'en se prosternant devant eux on ne se prosternait que devant le Christ, et qu'en embrassant leurs pieds on n'embrassait en réalité que la croix. De nombreux monuments attestent qu'il en fut ainsi dès le commencement du vu* siècle, et cet usage s'est perpétué jusqu'à nos jours.
Ce prosternemeiit a été souvent désigné sous le nom d'adoration, parce qu'en latin le mot adorare signifie se prosterner en signe de vénération,. Ce mot n'a donc pas la même signification que lorsqu'il exprime l'ordre de sentiments exclusivement réservés à Dieu seul.
« Il est des esprits infirmes que les mots offusquent et desquels on ne peut jamais^ obtenir d'en chercher le vrai sens. Dites-leur que le chef de l'Eglise est digne de vénération, ou, du moins, que des Catholiaues ne peuvent moins faire que de le vénérer, ils en conviendront sans. peine; ajoutez qu'en honorant le vicaire do Jésus-Christ, le re-
f)résentant du Fils de Dieu, nous honorons e Seigneur même dans son vicaire, dans son représentant, ils l'avoueront sans le
moindre scrupule ; mais pariez-leuriTaiforer le Pape, de Vadoration que lui rendent ses sujets, et les étrangers admis en sa présence et les ambassadeurs des puissances européennes, et les évêques et les cardinaux; ils se boucheront les oreilles et crieront, aux idolâtres 1 Si vous ajoutez surtout que les plus grands rois et les plus grands empereurs ont ainsi adoré le Père des Chrétiens, rien ne pourra contenir leur indignation, ils vous accuseront d'ultramon* tanisme, crime bien autrement grand que l'idolâtrie.
« Et pourtant, ne leur déplaise, il en est ainsi, il en a toujours été ainsi, et dans l'Eglise de Dieu, et partout où les hommes ont cru à un sacerdoce, à une représentation visible de la Divinité, à un lien réel entre le ciel et la terre, c'est-à-dire partout où les hommes ont cru h une religion.
« Les exemples abondent dans l'histoire profane : mais quoique les païens ne regardassent pas, assurément, comme des dieux tous les hommes qu'ils adoraient^ on ne s'indignerait aue plus fort si je prétendais m'appuyer de leur autorité et de leurs exemples. Permettra-t-on pourtant à la Bible d'en ciler quelques-uns? J'y trouve certain roi de Babylone, de sa nature, je pense; médiocre amateur des humiliations qui, dit l'histoire sacrée : Accedit in faciem Èanielis etpedes oseulavit. Ce que le Pape soufi're, Daniel le souffrait. Ailleurs, je vois Alexandre le Grand baiser les pieds du grand prêtre des Juifs; il est vrai qu'Alexandre se disait fils de Jupiter Ammon.
«Peut-être ces conquérants faisaient-ils violence au grand prêtre et à Daniel? Peutêtre aussi les Egyptiens obligeaient-ils Joseph à se laisser adorer? Le mot est-il dans la Bible? l'en ôtez-vous? Mais quelle excuse trouver à Abraham qui se prosterna pour adorer des anges? C'étaient des«anges, à la bonne heure 1 Puis tout cela est dans l'Ait-