III. Personne ne résiste à la volonté absolue de Dieu
IV. Dans Vêlai de la nature tombée, afin qui^ le libre arbitre de Vhomme soit censé pé*
cher ou mériter, il nest pas nécessaire qu*il y ait une égale facilité pour le bien et pour te mal, ou un penchant égal des deux côtés, ni des forces égales dans la volonté.
V. plusieurs théologiens célèbres soutiennent sans aucun danger d'erreur, que les aveugles et tes endurcis sont quelquefois destitués de toutes grâces intérieures, en punition de leurs péchés précédents; mais que qui que ce soit n'ait la hardiesse d'avancer, que ceux qui étant privés de toute grâce, commettent des péchés considérables, ne sont pas coupables devant Dieu.
VI. Le point capital et le plus essentiel de la religion, est le divin commandement de Vamour de Dieu, et ce commandement fst distingué des autres.
Vil. Le rapport de toutes nos actions à Dieu, est de précepte et non pas seulement de conseil, il ne suffit pas que nos actions y tcr^ dent interprétativement.
VIII. Celui qui commet des péchés considérables offense Dieu, quoiqu'il ignore Dieu, ou qu'il ne pense pas actuellement à lui, ou quil ne fasse pas une attention expresse à la ma^ lice du péché.
IX. Ceux-là ne suivent pas la voie sûre du salut, quinedemandentpoint dans lesacremeni de pénitence le même amour de Dieu que le second concile (t Orange et le concile de Trente exigent des adultes pour être justifiés dans te baptême.
X. C'est une conduite conforme aux préceptes de l'Evangile et aux règles de l Eglise, de différer le bienfait de rabsolution aux pénitents qui sont chargés de très 'grands crimes^ ou de crimes publics, ou à ceux qui sont dans l'habitude, ou même dans V occasion prochaine de péché mortel ; à ceux qui refusent de se réconcilier sincèrement avec leurs ennemis^ de restituer les biens qu'ils ont enlevés à leur prochain, son honneur, sa réputation, de réparer les scandales qu^ils ont causés, ou même qui diffèrent à s'acauitter de ces obligations par leur faute; ou a ceux encore qui donnent des signes douteux et équivoques d une sincère conversion,à ceux qui négligent de s'instruire des mystères de la foi, et des préceptes de la vie chrétienne, et en général à, tous ceux quun confesseur prudent ne juge pas suffisamment préparés et disposés.
XI. La lecture de l^ Ecriture sainte est, sans doute, utile,par elle-même ; mais elle n'est pas nécessaire, de nécessité de salut, â tous et chacun des hommes sans exception; et il n'est pas permis à chaque particulier de Vinterprétcr à sa fantaisie, en suivant pour règle son propre esprit; ni de la lire, sans conserver le respect et l'obéissance due aux pasteurs, ou sans une sincère soumission à l'esprit de l £• glise à qui il appartient de juger du vrai sens et de la vraie interprétation de rEcriture.
XII. Si quelque sentence d'excomunication dé fend clairement d'exercer l'acte d'une vraie vertu, ou détourne d'un vrai précepte, elle doit être regardée à la fois comme nulle et injuste^ et cela conformément aux décrets de Vtglise.
Comme on peut le voir, ces articles.sont équivoques, plusieurs faux, quelques-uns
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DES PAPES
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snseepiibles d*un mauvais sens, presque tous conlraires aux sentiments des théologiens et h la liberté des écoles catholiaues. Eussentils été aussi orthodoxes Qu'ils le sont peu, on ne pouvait en demander Tapprobation, comme un préalable nécessaire pour accepter la bulle Vnigenitm sans faire injure à eette bulle et paraîtresupposer qu'elle donnait atteinteaux vérités contenues. Ce n'était d'ailleurs de la part des quesnélistes qu'un voile spécieux pour couvrir le dessein qu'ils avaient de perpétuer le trouble.
Benoit XIII ayant faitde nouvelles démarches auprès du cardinal de Noailles, établU une congrégation particulière composée«de cinq cardinaux, qui décida que leurs collègues devaient accepter purement et simplement la bulle Unigenilus. Nous verrons que malgré les décisions de cette congrégation» malgré cellesduGoncitequeconvoqualePape, malgré tout ce que fit ce dernier depuis, ces troubles se prolongèrent longtemps encore.
Au commencement de l^nnée 1725, la cour dfi Y^^i^^o consentit à restituer Gommachio au Saint-Siège. Cette affaire était en négociation depuis longtemps. La restitution se fit purement et simplement comme patrimoine de saint Pierre. Le Pape, de son c6lé, consentit à la levée de certaines dîmes sur le clergé des Etats héréditaires, à condition que le provenu fût employé à la réparation des places de Hongrie, qui étaient exposées aux insultes des Turcs.
Benoit XIII avait fort à cœur l'instruction des peuples qui vivent dans une profonde ignorance des mystères de la religion. Pour remédier à ce mal , il voulait que les pasteurs recommandassent la lecture de la sainte Ecriture, sartout du Nouveau Testament; il fit expédier une permission d'imprimer à un particulier qui avait traduit les psaumes en langue vulgaire. Il rendit aussi justice eu célèbre P.Alexandre, Dominicain de Paris, dont les ouTrages avaient été mis h Hiridex, il les en fit rayer.
Mais rien n'occupait plus le Saint-Père, que la tenue d'un concile où l'on devait traiter de la doctrine et de la réforme du clergé. Il cherchait véritablement la paix ; il voulait étouffer l'esprit de parti qui conduit au schisme; il publia donc une bulle pour I mdiction du concile, et en fixa l'ouverture à la Pentecôte. Les matières les plus importantes qu'on 7 devait traiter, étaient les faoicuses bulles Ex illa die contre les cultes <^inois, et Unigenitus contre les réflexions morales du P. Quesnel. Il y eut è cette occasion beaucoup de débats.
Au temps, marqué, le Pape fit l'ouverture du concile; trente-deux cardinaux et cinquante-sept archevêques et évoques se trouvèrent h la première session. On v agita dix articles sur diverses matières de la foi et de la discipline. Ce fut dans la cinquième session que l'on traita de la constitution Unigenitus; on en fit la lecture, elle fut insérée dans les actes du concile. On forma un décret sur ce ^^ujet. Le dimanche de la Trinité on tint la ornière session ; c'est ainsi que finit ce con-
cile dont on attendait de grandes choses, et qui remplit cette 'attente.
Quelque temps après, le Pape tint un consistoire où il fit un ciiscours au Sacré Collège, touchant la paix conclue entre l'empereur et le roi d'Espagne ; il insista sur le préjudice que ces deux princes faisaient au Samt-Siége, en déclarant les Klats de Parme et de Plaisance, fiefs deTempereur. 11 protesta contre cette inféodation , et déclara qu'il prendrait des mesures pour soutenir les droits du Saint- Siège. Cette affaire causa un différend entre le Saint-Siège et la cour impériale; c^r le Pape persistait dans la défense qu'il avait faite aux évèques de Sicile, de reconnaître les tribunaux de la monarchie de Sicile; il voulait même étendre cette défense dans le royaume de Nanles.
Deux ans après. Sa Sainteté fil défendre au ducjÂntoinede Parme,de recevoir l'investiture de ses£lats,d'aucun autre que du Saint-Siège. Mais, d'un autre côté, comme l'empereur fit insinuer à ce duc de ne prendre l'investiture que de lui, on crut que ce prince, pour ne désobliger personne, ne la prendrait ni de l'un ni de Tautre, jusqu'à ce que leur différend fût terminé. Cependant le Pape fit déclarer à l'empereur qu'il protesterait contre tout ce qui serait fait à cet égard, au préjudice des droits du Saint-Siège. Sa Majesté Impériale fit répondre qu'on ne pouvait empêcher Sa Sainteté de protester tant qu'elle voudrait; mais aussi qu*on pourrait n'avoir aucun égard à ces protestations : Que Parme et Plaisance étaient fiefs de l'Empire, et que toutes les puissances de r£urope reconnaissaient à présent que c'était effectivement un fief de l'Empire qui ne perd jamais ses droits. Cette réponse jeta la cour de Rome dans de grands embarras.
Cependant le Pape souhaitait ardemment de terminer les disputes a» sujet de la Constitution. Pour cet effet, il donna deux bulles; l'une dite Pretiosus^ pour autoriser la doctrine des Dominicains sur la prédestination gratuite et sur la grâce efficace , l'autre pour pacifier les troubles que cette affaire avait excités. Dans la première, parmi beaucoup de privilèges et d'avantages accordés aux Dominicains, il renouvelle dans les mêmes termes, les témoignages qu'il avait rendus dans le bref à la grAce efficace et à la prédestination gratuite; mais en même temps il sy déclare encore plus ouvertement pouria Constitution. Il rappelle les lettres Pastoralis officii de Clément XI, et s'élève contre les erreurs de Jansénius.
La bonne volonté du Saint-Père pour la paix de l'Eglise était sensible, il tAcbait d'établir cette paix partout. On en peut juger par les effets de la bulle Pretiosus. Les démarches du Pape dans cette affaire entraînaient ceux qui ne pouvaient résister à l'impression que faisait sur eux le témoignage des trois Papes consécutifs déclarés t>our la bulle. Bien plus, le suffrage de ce 'ontife pour la constitution, autorisa de plus en plus les constitutionnaires à la faire regarder comme un jugement irréfragable, et
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engagea la cour de France d^en venir aux dernières extrémités contre ceux qui ne voulaient pas la recevoir. On redoubla les efforts pour tftcher d'anéantir i*appel. Nous croyons devoir passer sous silence tout ce qui se passa en France en celte occasion, parce que ces faits ne regardent pas personnellement le Pape Benoît Xllf . Mais nous dirons seulement que ce Pape» par une suite de son zèle pour la constitution^ se déclara contre l'évèque de Senez, par un bref qu'il écrivit à l'archevèaue d'Embrun» le 25 octobre 1727. Il s'éleva de même contre la consultation des cinquante avocats, en faveur de ce prélat» il donna un bref contre cet écrit » comme contenant des dispositions scandaleuses Y séditieuses et injurieuses à l'autorité du Saint-Siège» et favorisant l'hérésie. D'un côté» il approuve dans son bref aux Dominicains, la doctrine de saint Thomas et de saint Augustin; il publie les douze articles qui la représentent en abrégé ; et de l'autre côté» il excommunie ceux qui refusaient de se soumettre à cette bulle.
Trois Papes consécutifs qui avaient été unanimes sur la bulle» tant d'assemblées du clergé de France qui avaient demandé qu'on tînt la main à son exécution ; trois conciles particuliers, celui de Latran, celui d'Avignon «t celui d'Embrun, qui l'avaient comblée lies plus grands éloges ; presque tous les prélats du royaume qui l'avaient acceptée i nul évôaue dans tous les pays étrangers qui eût réclamé contre une si solennelle et si sainte décision ; l'horreiir qu'ils témoignaient des appels schismatiques qu'on en avait si scandaleusement interjetés; tout enfin devait conduire à son terme cette malheureuse affaire. En effet, le cardinal de Noailles, voyant approcher l'éternité, et convaincu qu'il devait enfin -se soumettre d'une manière absolue au Saint-Siège, fit cette soumission le 11 octobre 1729, de la manière la plus complète et la plus solennelle. Vers le même temps, les évoques de Saint- Malo, d'Agen, de Coudom', d'Acques, de Blois, d'Angoulême» de Rhodez et un trèsgrand nombre d'autres firent cesser tout scandale et se rendirent à leurs collectes et à l'Eglise.
Benoit XIII donna des preuves de son amour pour le peuple. Le trésorier générai avait proposé une imposition sur la viande, pour subvenir aux besoins de la chambre apostolique : Sa Sainteté refusa d'y consentir, et dit qu'elle aimait mieux congédier ses gardes et ses chevau-légers» puisqu'elle ne s'en servait pas» et qu'elle ne les croyait pas nécessaires.
Jl eut de grands démêlés avec la ceur de Turin; mais les bornes de cet ouvrage ne nous permettent pas d'entrer dans ce détail.
En 1729, Sa Sainteté donna un bref qui autorisait toute l'Eglise à réciter l'Office du Piipe Grégoire VU. Ce bref se trouve dans le BuUarium Romanumj édition de Luxem-
ÏQure, tom. X, pag. 408, en ces termes : ^CHidictus Papa XIII ^ ad perpeiuam rei
memoriam. Ce bref casse et annule le Mandement de Hgr l'évèque d'Auxerre» qui défendait ledit Office» imprimé sur une feuille volante» qui commençait par ces mots : Die XXY Mail infesto sancti Gregorii VJI, Papœ et confessoriSf donné à Regennes le 24 juillet
1729. Ce bref attira de grandes difficultés au Pape» car toutes les puissances se soulevèrent contre l'Office de Grégoire VU. Mais Benoît ne survécut pas longtemps. Il mourut d'une fièvre et d un rhume» le 21 février
1730, è l'Age de 81 ans» après un pontificat de 5 ans 8 mois.
On ne peut que célébrer sa piété, sa vertu» son zèle, la droiture de ses intentions pour la paix, et sa libéralité envers les pauvres. Ce fut l'un des plus saints Papes q^ui aient gouverné l'Eglise. Il honora la chaire pontificale par son amour pour la prière, sa ferveur pour la réforme des abus et son exactitude à observer sur le trône la règle qu'il avait observéedans le cloître. Labonlédeson cœur allait» pour ainsi dire» jusqu'à l'excès.
Jamais Pape ne fut plus humble ; entreautres traits qu'on pourrait en rapporter» l'exposé suivant en serasuffisamment la preuve. Quand le Pape officie solennellement à Saint-Pierre de Rome» il descend de son trône à l'offertoire pour commencer le sacrifice; il reste à l'autel jusqu'à YAgnus DeU alors il remonte sur son trône» où étant assis, il fait les prières qui précèdent la communion, et on lui apporte les espèces eucharistiques à consumer: il prend l'hostie gu'il partage en deux ; il en consume une moitié, etdistribue l'autre aux diacre et sous-diacre qui sont cardinaux : ensuite, avec un chalumeau d'or, il prend une partie du précieux sang et remet le calice au diacre qui le reporte sur l*autel , où il consume ie reste avec le sous-diacre. Les Papes les plus éclairés et les plus saints ont observé cet usage, parce qu'ils l'ont trouvé établi. Mais Benoit XIU y dérogea, et jamais il ne quitta l'autel pour remonter sur le trône et y communier, ce (\u\ fait voir que ce Pape» quoique d'une maison illustre, était vraiment pénétré des sentiments de l'humilité la plus profonde. Benoit XIII comprit parfaitement fa nécessité d'assurer au peuple une instruction gratuite. C'est ce que l'on peut ^oirdanssa bulle d'institution des Frères des Ecoles chrétiennes publiée dans le commencement de son pontificat en 1725 où il dit que cette institution a pour but de prévenir les désordres et les inconvénients sans non^re que produit Fignorance^ source de tous maux^ surtout parmi ceux ai«t, accàbtés par la pathvretéf se trouvent^ faute d^argént^ privés de toutes connaissances humaines.
BENOIT XIV naquit à Bologne, ville de l'Etat ecclésiastique, le 31 mars 1675. — Son pèrcj Marcel Lambertini, Lucrèce Bulgarini, sa mère, illustres par leur noblesse» lui firent le plus riche présent en lui donnant Paul Pasi pour précepteur. C'était un homme rare, qui tenait aux mœurs antiques par ses vertus» aux temps modernes par sa manière d'enseigner.
La trop grande vivacité du jeune Lamber-