‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 16 sur 123 · IB · texte numérisé non relu

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tins qui reçut au baptême le nom de Prosper» se clianzea, pjblt les soins d'un tel maître» en une ardeur incroyable pour l'élude. « Les livres sont ses jouets,» disait Tabbé Stancari , chargé de veiller sur sa conduite, « et il n'y a point d*enfant qu'on puisse lui comparer, s*il tient parole, comme tout nous l'annonce.)» Il n*avait que treize ans lorsqu'on prit le parti de renvoyer à Rome, au collège Clémenlin, dont les PP. Somasques avaient la direction. Ces clercs réguliers , qui n*existaient qu'en Italie, furent bientôt avertis, par leur nouvel élève, combien il importait de cultiver ses talents. Il n'y eut pas d'exercice où il ne se signala d'une manière frappante. Innocent XII (Pignatelli) , après ravoir entendu ]>rononcer un discours latin de sa composition, lui donna un bénéfice dépendant do Bologne. C'est un petit phénomène dit le Pape avec effusion de cœur, et qui deviendra par ia «fit/e, unprodige^ pourvu qn'on ait soin d'aliumerson esprit au flambeau de la religion. — Je fais tous mes efforts pour acquérir des connaissances, répondit le jeune Lambertini, sachant qu'on doit se comporter en Romain iorsqu'oa vit à Rome. » Les cardinaux le regardèrent comme une plante précoce qui fructifierait un jour pour l'honneur de r£glise et des lettres. Le mérite échappe rarement aux regards du Sacré Collège. Le cardinal Davia, si renommé pour sa science et sa vertu, se déclara son protecteur, à titre de parent et de compatriote.

Le temps des classes étant achevé, la théologie fixa son esprit, et pour la puiser dans sa source, saint Thomas devint son œaitre, les Dominicains ses répétiteurs, et ce fut dans leur bibliothèque gu'il se nourrit assidûment des meilleurs livres. Il commença à être clerc du fameux avocat Justiiiiani , et lorsqu'il eut profondément étudié le droit canonique et civil, il exerga luimême l'emploi d'avocat consislorial. On le ' v.t remplir, avec la pins grande distinction, cette place qu'occupait ordinairement un noble Dolonais. Habile à saisir le vrai dans les questions religieuses, ne s'égarant jamais dans le labyrinthe de la chicane, rendant ses conseils aussi sûrs que la loi, son travail fut aussi prompt que le désir des clients. Alors Lambertini, plein d'amour pour les sciences et pour les savants, formait des liaisons in-

prtt connaissance : on le voyait chaque jour courir k la découverte de quelque médaille ou de quelque manuscrit, étudier la perfection des arts, chercher avec avidité, parmi tant d'étrangers dont Rome abonde, ceux qui pouvaient l'éclairer. Que m'importe ^ disait-il , 9u't7« soient riches ou pauvres , nobleê ou roturiers ; je sais que rtndigence est souvent compagne des talents, et qu'on est toujours assez grand lorsqu'on est pAî- (Qsophe,

La haute estime dont il fut toujours pénétré pour la congrézalion de Saint- n^ur, qu'il nommait un niu de savants, vint de ses

étroites liaisons avec le P. Montfaucon , qui résidait alors à Rome. Celui-ci disait de Lambertini : « Tout jeune qu'il est, il a deus Ames; l'une pour les sciences , l'autre pour la société. » Ils eurent un jour la plus vive contestation sur les droits des Papes, et Lambertini finit par dire, en riant : t Moins de libertés de 1 Eslise gallicane de votre part, moins de prétentions ultramontaines de la nôtre, et nous mettrons les choses au niveau qu'elles doivent avoir. » La cour de Rome jugea qu'elle ne (pouvait mieitx faire que de nommer notre jeune avocat promoteur de la foi , place d'autant plus importante qu'on doit discuter les actions dé ceux dont on propose la béatification, examiner la na ture des témoignages et le caractère des témoins, se défier des illusions que l'esprit trop crédule ou trop ami du merveilleux ne confond que trop souvent avec des inspirations , plaider enfin contre les saints même» pour mieux constater leur sainteté.

Lambertini répandit un si beau jour sur toutes ces productions, qu'il en fit, par la suite, le sujet d'un excellent ouvrage, et qu'elles parurent des démonstrations aux yeux n!ême des protestants. Deux Anglais s'étantxi de la manière dont Rome canonise les saints, Lambertini leur porta toutes les pièces d'un procès relatif a cet objet. Ils trouvèrent, après un mûr examen, les preuves si complètes, qu'ils se rendirent à l'évidence, et qu'ils furent les premiers à publier que les canonisations étaient à l'abri de toute surprise. Hais ils ne purent revenir de leur étonnement, quand Lambertini leur assura que la Congrégation rejetait ce qui leur semblait si décisif. Cette anecdote, souvent répétée dans Rome, la venge des outrages qu'on lui fait en croyant qu'elle ne canonise que par intérêt et par prévention.

Après avoir passé quelques mois è Bologne, moins pour y voir sa famille que pour connaître les hommes qui illustraient alors son pays, il revint à Rome , et Clément XI (Albani) le nomma chanoine de l'église de Saine-Pierre, ensuite prélat, dignité qui ne donne aucune juridiction, et qu'on ne doit pas confondre avec celle d*évêque» d'autant plus qu'on peut entrer en prélature sans être «dans les ordres sacrés. Rome, jalouse de faire valoir ses talents, ne cessait de lui donner des emplois. Il devint presqu'ea même temps, consulteur du Saint-Ofiice, associé à la congrégation des Rites, à celle des Immunités ecclésiastiques, secrétaire de la congrégation du Concile; et le Pape Innocent lull (Conli} crut devoir y.ajouter la place de canoniste de la péuitencerie. Il en fut pourvu en 1722, comme un sujet capable de tous les offices : chacun s*étonnait de son amour pour le travail et de sa grande facilité. On me suppose un homme a trois tétes^ écrivait-il à dom Quirini, religieux du Mout- Cassin, d raison des charges dont on m'accable. Il me faudrait une âme pour chaque place, et la mienne peut à peine me gouverner.

Tout autre que lui n'eût pu résister à tant de travaux; et ce mémo Lambertinii qui

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éclaircissâit les maliens les plus embrouillées, qui compilait les auteurs les plus abstraits, qui réduisait ses remarques à des analyses dout les ju^es formaient leurs dérisions, remplissait Home de ses bons mots, donnait k son ima£;ination le plus brillant essor, passait du sujet le plus grave au plus léger, sûr de plaire aux personnes enjouées comme aux hommes sérieux. Benoit Xlll, qui l'eslimait singulièrement, ne consulta que soi-même pour l'ayancer, il lui donna I évéché d*Ancone en 1727 ; mais il ne lui permit d'aller dans son diocèse, situé sur la mer Adriatique, qu*après avoir fait usage de ses lumières dans le concile romain dont la discipline ecclésiastique fut Tunique objet.

Après ce concile, Lambertini partit pour Ancône, et ce fut pour sy livrer sans réserve aux travaux de IMpiscopat. Visites, synodes, prières, instructions , tout fut employé à l'édification de son peuple et de son clergé ; regardant ses curés comme ses coopérateurs, il eût cru man(|uer à l'Eglise, s'il ne les eût pas pris pour son conseil. On voyait avec admiration Tévèque ne point dominer sur les pasteurs du second ordre, et les prêtres obéir plus par amour que par devoir. Les bons vicaires étaient presque toujours sûrs de succéder aux curés. Il ne quittait les ouvrages solides et religieux qu'aux moments de la récréation. Alors Virgile, Horace, Cicéron, Pline, Sénèque se présentaient comme d'anciens amis qu'on est charmé de revoir. 11$ me 4^lat8ent de mes fatigues^ disait-il, et ils me rappellent rheu^ reux temps oà, n'ayant que mot-même à dtrtger :f existais sans soucis et sans embarras.

Ainsi vivait notre illustre prélat, donnant k la prière, comme k l'étude, tous les moments dont il pouvait disposer, lorsque le Pape le créa cardinal du titre de Sainte-Croix de Jérusalem. Il y avait longtemps qu'il lui disait : Nous vous avons dans notre eœur^ in peno, (juand Lambertini lui répondit par un root qui n'a de sel que dans la langue italienne, et qui bêta sa promotion. Benoit XIII, qui, tout pieux qu'il était, aimait singulièrement les saillies, le déclara sur-le-champ cardinal ; c'était le 30 avril 1728. Voilà comme il annonçait lui-même cette nouvelle k un de ses amis : H faut croire bien fortement à rinfaillibUité du Pape^ pour se persuader quHl ne s*ut point trompe dans ma promo' tion ; Ton veut à toute force que je sois une Eminenee , mot qui suis le plus petit homme du monde à mes propres yeux : ce quil y a de f4r, e*est fue, oaitf cette nouvelle métamor^ phose^jene changerai que de couleur ^ et que ie serai toujours Lambertini pour mon caractire^ pour ma gaieté et pourVamitii que je vous ai vouée jusqu'au tombeau.

Clément xll voulut que le cardinal Lamher* fini devint archevêque de Bologne, et qu'il, aceeptât cette place le 30 avril 1731. Ce fut une joie bien vive, mais bien lé^time, quand la

E strie de notre illostre cardinal apprit celte eureuse nouvelle i il s'y rendit avec une modestie qui confond les prélats fastueux ; on le vit arriver sans autre cortège que des

vertus, le seul qui doit annoncer on évè-^ue. Bologne se souviendra longtemun de sa n.|. nière de gouverner ; la modération ré;(i toujours son zèle, et jamais la préventiun ne troubla son épiscopat. Voyant tout \^r lui-même , n'écoutant, ni la ilatlerie, m tj délation, il n'ouvrit son cœur qu'k ta Térué. Je n'attends pas qu'elle vienne ^ disaUil,j# vais la chercher ^ d'autant mieux qutlU t$i d'un rang à ne devoir jamais fairt anth chambre.

Visitant ses diocésains, se coromuniqui!)! aux simples comme aux personnes éctairK accueillant les pauvres comme les riches, ia

f présence ne fut jamais infructueuse; il avait 'art d*instruire en riant ; et sa conversation, qui semblait souvent n'avoir été qu^agn^a* ble, devenait très-utile. Simple dans sa meubles, frugal dans ses repas, il n'étai; archevèijue que pour assister les malbeareat. 11 allait chaque semaine au tombeau de sain: Dominique, dont les cendres reposent è B<»* logne, ranimer sa piété, discourir ensuiie avec les disciples de ce célèbre instituteur, sur les questions les plus importantes de U théologie. Ses synodes ressemblaient aui sessions des conciles, ses conversations • des séances académiques. Entouré de *fy hommes célèbres que Bologne [)Ossc.:j<; alors dans son sein : tels que les HanfreiJi, les Becari, les Galeazzi, les Zanotti, il traitait les questions les plus intéressantes, tt jamais la vérité n'échappait k ses recbercb*^. On trouvait jusque dans ses saillies la {lo saine raison, et son enjouement doonaiiaui discussions mômes, un agrément dootf!.d ne sont pas susceptibles. Le comte de Salr% père du cardinal ae Lances, homme le pu* aimable et le plus instruit, après avoir e« le favori du roi de Sardaiene , Victor-Aocdée, prit son domicile k Bologne, et ûi^ délices de fréquenter Lambertini. C'est dm cette ville que notre archevêque retomti presque tous ses ouvrages ; la fécondité quVa y trouve y fait briller Térudition et la nchesse des pensées donne de la sutîstance aui expressions. Ma plume est ma meilleure emû, disait-il, et je ne redoute ni les peines^ ai h chagrins^ quand je la promine au milieu a mes idées ;Jantôt elle fait éclore un partent i mes yeux'f et lanlôl elle produit un nv»^ intellectuei que j'aime à contempler.

I La science ecclésiastique, quoique le pn& cipai objet dos études du cardinal Lani^-r* tini, ne le rendit point indifférent aux connaissances physiques et politiques. Il bobori la célèbre Académie de Ilnstitut, dont il éuu membre, d'une attention scrupuleuse i suvre ses découvertes, et sa curiosité lui i^rocurait des lumières que son génie sarai! multiplier. Ayaut reçu des plaintes deli^ ment XII, sur la conduite d'un grand uesirt dont il était extrêmement satisfait, il fit ctiu réponse k Sa Sain teté : Commaye #iiû freonrai^ plus à portée que vous, Très-Saini^Pire, dtmvoir la manière dont se comporte Fabbe Jf • « je m'en tiendrai^ s'il vous p«afl, à la bcnaeef'' nion que f ai de sa personne. Le rang tuff*me que vous occupex vous expose à lapmf*-

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