‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 18 sur 123 · DON · texte numérisé non relu

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oe chef» mal obéi dans uoe si grande confusioRf ne put empêcher qa*on ne pillAl les roeohles da Pape et son trésor, qui était immense» à ce qu'on publia.

Tant d*indignités ouvrirent les yeux aux citojens d'Anagni. Il eurent horreur de voir ainsi traiter le chef de TEglise» qui d'ailleurs était leur compatriote. S^étant aperçus du petit nombre des Francis» il prirent les armes au bout de trois jours, e( se mirent tout & coup à crier : Vive le Pape^ ei périssent les iraUresl En quelques moments le palais et la ville furent évacués» non pas cependant sans résistance» ni sans qu'il en coûiAt la vie à plusieurs Français; mais le sort de Boniface délivré n'en devint pas meilleur. Il partit pour Rome» sa capitale» navré de douleur» y fut attaqué d'une fièvre dévorante el mourut le 11 d'octobre suivant» après avoir néanmoins satisfait aux devoirs du christianisme» et déclaré que» pour imiier le Sauveur du monde» il oubliait entièrement Jes outrages qu'il avait reçus.

BONIFACE IX, successeur d'Urbain VI»

contemporain de Charles VI» roi de France » de Winceslas et de Robert de Bavière empereurs d'Allemasue.— L'Occident était alors divisé par le déplorable schisme qui l'agita si longtemps. Après la mort d*Urbain vl» les cardinaux de Rome s'assemblèrent en conclave. S'ils avaient eu une véritable envie de terminer le schisme, cette mort en fournissait l'occasion : ils n'avaient qu'A se réunir sous l'obédience de Clément VU, et toutes les difficultés étaient levées; mais ils ne le voulurent pas, et le 9 novembre 1389» ils élurent le cardinal de Naples» qui prit le nom de Boniface IX. La concurrence pour la couronne du royaume de Naples fut perpétuée par cette continuation de schisme. Clément VU venait de couronner roi de Sicile» le jeune Louis d'Anjou ; Boniface se déclara pour Ladislas» Als de Charles do la Paix» et envoya le cardinal de Florence pour le couronner. Cfément VII et lui luttaient l'un contre l'autre» et soufflaient |)artout le feu de la discorde» par des démonstrations apparentes de zèle pour la cessation du schisme.

Cependant les princes chrétiens ne s'occupaient que de l'union de l'Uglise. La cour de France était le centre des négociations» et les deux Papes y avaient également recours pour la défense de leurs droits : on y travaillait k l'extirpation du schisme avec une ardeur et une bonne foi qui causaient une égale inquiétude à Boniface et k Clément. L'université de Paris» touchée des discordes que causait le schisme» employa sa médiation pour réteindre, et fit k ce sujet de vives remontrances au roi. On ordonna des nrières publiques et des processions pour la réunion. Chacun donna des Mémoires sur les moyens les plus capables de la procurer. On peut dire que celte célèbre écolo fut en cette occasion l'Ame de toutes Ses négociations pour la paix de t'EglisC; et que c^est à elle que l'Europe eut la principale obligation de la fin du schisme ; mais avant que d'y parve-

nir» OR eut de grands obstacles k surmon* ter. Elle écrivit h Clément VII, une leUre très-vigoureuse» dans laquelle elle l'exhortait à se démettre du pontificat Cetle leUre fut lue en plein consistoire» Clément en fut choqué; mais les cardinaux» lui ayant re* présenté» que les moyens que l'université proposait» leur paraissait très-raisoonables, celte parole fut pour lui un coup de foudre. Peu ae jours après » il fut attaqué d'ooe apoplexie qui l'emporta à l'Age de S2 ans, le 16 septembre 1391» après avoir (enu le siège près de seize.

La mort de Clément VII aurait pu procurer la paix» si les intéressés avaient eu on véritable amour pour l'Eglise. Charles VI se pressa d'écrire aux cardinaux d'AvigooD, afin de suspendre l'élection qu'ils élaieol sur le point de faire. Sa lettre leur fut rendue dans le conclave ; mais ils ne voulurent l'ouvrir qu'après l'élection faite: ils élarent donc, tout d'une voix» Pierre de Lune» qui prit le nom de Benoit XIIL— Fby.ce nom.— Ainsi cette élection ne fit que prolonger le partage de la papauté. Ce prétendu Pane fà d'abord entendre» qu'il était prêt à céder te pontificat; mais il usait de miHe subterfuges pour éviter d'exécuter cette cession. Les princes qui s'étaient soumis à son obédience prirent le parti de l'jr contraindre. Les roii ae France et de Castille défendirent à leurs sujets de lui obéir. Le maréchal de Boaci* caut se rendit à Avig^non» et assiégea Benoit dans son palais ; mats ayant renouvelé ses

f promesses de céder, il obtint une sorte de iberté. D'un autre cOté Boniface IX» qui était è Rome» ne i>ersistait pàs moins aue Benoit» à ne vouloir point entendre parler de cession ; il se rendait ainsi odieux oe jour en jour.

Cependant» Benoit XIII s'ennuyant de sa captivité, concerta les moyens de s'en délivrer» et s'étant assuré d'une escorte de SM hommes» il s'échappa sous un dé^piisemant. Dès qu'il se vit en liberté» il écrivit au roi de France et aux autres souverains» uoe lettre où il faisait de grandes protestations de zèle pour la paix de l'Eglise; il enma k ce prince des cardinaux qui firent de &« part les plus belles promesses. Ceui-ri gagnèrent le duc d'Orléans et plusieurs évoques» et engagèrent le roi è faire ren^ire l'obédience à Benoit. Ce prince Qt en effet expédier un arrêt» par lequel il ordonnait i tous ses sujets d'obéir à Benoit XUL Ce Pape députa è Boniface IX plusieurs év«* ques» pour lui faire croire cju'il renonçait au pontificat» et qu'ainsi Bonil^ce devait en faire de même? Boniface» offensé de ces

Sropos, répondit qu'il était le vrai Pape» et enolt un antipape. Mais peu de tem|is après» la fièvre le prit et il mourut le 1- octobre liOb» âgé de 65 ans ; il avait tenu Is siège quinze ans.

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CADALOnS (Abicb)» anlipape [1061J.— /W Alexandre II.

CA10S(SAiNT)y y ingt-huitième successeur de saint Pierre.— -Saint Caïus était originaire de Dalmati<s et proche parent de l'empereur Dioclétieo. Successeur de saint Eutychien, mort le 7 décembre 283, après dix jours de vacance» il fut élevé sur le Siése de saint Pierre, le 17 décembre de la même année. I/Eglise jouissait alors» d'une assez grande tranquillité. Néanmoins Ton vit quelques martyrs durant son pontificat. Un des plus célèbres fut Tillustre saint Sébastien» qui eu suscita beaucoup d'autres par son exemple. Les actes da ce martyr disent que le Pape Gains eut beaucoup départ à ses travaux et è SOS combats. Ce Pape s'appliqua à réparer les maux que les dernières persécutions venaient de faire souffrir h 1 Eglise; mais le calme ne fut pas de longue durée. Bientôt <'/)mmença la première persécution de Dioctôtien , qui dura deux ans. Dans cette persécution, la plus violente de toutes» le rang qu'occupait Caïus dans l'Eglise le tenait trop exposé aux yeux des persécuteurs» pour qu ils fussent longtemps sans le remarquer et sans le faire mourir. Mais la prudrnce» qui obligeait ie pasteur è se conserver pour le bien du troupeau»ile fit se retirer de la ville, pour servir les fidèles avec plus de sûreté. On ignore ce que fit Caïus dans sa retraite» et après qu'il en fut s6rti. On sait seulement qu'il répondit dignement à tout ce que TEglise pouvait attendrp d*un vicaire de Jésus-Christ» et d'un succes<^eur des apôtres. Le saint Pape ne cessait d'encourager les confesseurs et les martyrs» et» $*il prit quelques précautions contre l'orage» ce ne fut pas par la crainte de la mort» mais afin de prêter assistance aux Chrétiens persécutés. Il eut à essuyer lui-même» pour la fui, plusieurs tourments qui lui ont mérité le titre de martyr. Après avoir gouverné TEglise pendant 12 ans et k mois, avec une sagesse et une habileté remarquables, saint Caïus mourut le 21 avril 296. Sa mémoire eM honorée !e 22avril» jour oit il fut inhumé. » SaintCaîus signala son pontificat par une loi qui depuis fut toujours observée» et qui prescrit que les clercs ne pourront être ordonnés évéques avant d'avoir reçu les quatre ordres mineurs et les trois ordres sacrés. Ces sept ordres qu'il distinsue sont : le portier, le lecteur, Texorciste» racolyte» le sous-diaf re, le diacre, le prêtre et l'évêque. A l'exemple de Fabien» il établit aussi des diacres 'lans les quartiers de la ville» pour Acevoir h$ actes des martyrs. Il fit en outre une constitution qui défend aux laïques de citer un prêtre en jugement» aux païens et aux hérétiques d*accuser un Chr(!tien.

CALIXTE 1'' (Saint}, Romain de naissance (*t seixième Pontife. — Saint Caliixte succf*la à saint Zéphirin , le 2 août 217. A

son avènement au trdne pontifical, il trouva rEgtise dans le calme dont elle jouissait depuis la mort de Sévère. Héliogabale régnait e| n'était occupé que de ses débauches. Caliixte n'oublia rien pour profiter des avantages de ce temps de paix» et encore plus de celle dont les Chrétiens jouissaient sous Alexandre Sévère» qui laissa aux Chrétiens une liberté plus grande qu'ils n'avaient encore eue depuis la naissance de TEglise ; ce qui donne lieu de croire que ce fut sous son règne qu'il commença à y avoir des églises puoliques» par la tolérance des magistrats. Alexandre Sévère honorait ce saint Pape» et admirait la prudence avec laquelle il savait choisir ceux des Chrétiens qu'il élevait au sacerdoce. Les pontificaux et d'autres monuments authentiques attribuent à saint Caliixte un décret qui ordonne le jeûne des Quatre-Temps. Saint Calixte opposait le ieûne et les larmes aux désordres et aux folles joies des païens» et mettait tout en œuvre four étendre le royaume de Jésus-Christ. Ce ape est surtout célèbre pour avoir fait agrandir le cimetière qui porte son nom» c est-à-dire un de ces souterrains ou catacombes où l'on enterrait les morts» etuù les fidèles se cachèrent souvent durant les persécutions qui suivirent. Ce cimetière situé sous la voie Appi^nne» qui conduisait à Brindes et à Capoue» porte aujourd'hui le nom de Catacombes de saint Sébastien. Il est le plus grand de ceux qui sont autour de Rome» et cent soixante-quatorze mille martyrs et quarante-six Papes y furent enterrés.

Il défendit qu'on reçût en jugement les accusations contre les clercs» portées par des

fersounes infimes» suspectes ou ennemies, l déclara hérétiques ceux qui pensent que les prêtres, après un crime qu'ils ont effacé par la pénitence» ne peuvent plus être reçus au'x honneurs et aux charges qu'ils possédaient auparavant. Ce fut lui, dit-on, qui bâtit en l'honneur de la sainte Vierge une église au delà du Tibre.

Le zèle apostolique de ce saint Pape fut couronné par le martyre, le 12 octobre 222. Il fut enterré dans le cimetière de Saint-Calepode» à côté de ce saint martyr» à oui il avait lui-même donné la sépulture quelques mois auparavant. Les reliques de ces deux saints furent transférées, au viii* siècle» dans l'église Sainte-Marie» au delà du Tibre. Le Martyrologe romain nous apprend au'il fut mis en prison» où on lui fil souffrir la faim, et où on l'accablait de coups de bâtons, par ordre d'Alexandre, et qu'il fut précipité d'une fenêtre de sa prison dans un puits. Cependant ce prince no persécuta pasles Chrétiens» et» s'il y eut des martyrs sous son règne, ce fut par un effet de la haine que les principaux fonctionnaires de l'empire portaient au christianisme. Au reste» il parait» par les

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Actes de sffint Calixte, qn*tl fut rois à mort ''ians une émeute populaire. Vers le milieu iu IX* siècle, le comte Ererard obtint du Pape Léon IV le corps de saint Caliite et le mit flans Tabbaye de Cisoin ou Chisoing, qu'il avait fondée è quatre lieues deTournay; ]*église abbatiale lui fut dédiée et porta son nom. Il fut ensuite transporté à Reims, lors de Tinvasion des Normands.

CALIKTË H, cent soixantième Pape, contemporain de Louis le Gros, roi de France, et de Henri V, empereur d'Allemagne. — 6ui, archevêque de Vienne, étant arrrivé à Cluni après la mort du Pape Gélase, fut élu Pape le I" février 1119, et nommé Calixtell par les cardinaux et les évèques qui étaient présents; mais il résista fortement, surtout par la crainte que. son élection ne fût pas approuvée à Rome. Gui était Gis de Guil- )aume Tête-Hardie, comte de Bourgogne, parent des empereurs, des rois de France et d^An^leterre. Les Romains ayantappris son élection, l'approuvèrent d'une voix unanime, et Calixte lut couronné solennellement à Vienne, par Lambert, évéque d'Oslie, et son élection fut publiée partout.

Digne successeur de saint Grégoire VU et de son œuvre, Calixie II était ce même archevêque de Vienne qui avait prononcé une sentence d'excommunication contre l'empereur Henri, et avait déclaré que l'investitKre était une hérésie. Il eut la gloire de terminer cette grande querelle et de rétablir la }>aix dans l'Eglise, mais ce ne fut pas sans tfifficultés. Pape Français, Calixte prit, dès Je commencement de son pontificat, un as- Cendupt auquel il était difficile de résister, et que lui donnaient sa haute naissance et ses éminentes vertus. Sa force de caractère fut semblable à celle de Grégoire VIL II était déterminé à trancher la question des investitures, d'une manière ou d'une autre. Il s'en occupa immédiatement avant d'aller à Home : il vint à Toulouse, où il tint un concito avec des«évêques et des abbés du Languedoc et de l'Espagne, désirant établir la paix entre l'Eglise et l'Empire. Il indiqua un concile h Reims, où il fit venir des évoques de toutes les provinces d'Occident : il s'y en trouva plus de deux cents. Lie concile fut interrompu par la conférence de Mouson, où l'on espérait que l'empereur se réconcilierait avec le Pape; mais celte conférence fut sans effet.

Le Pape étant revenu à Reims, fit exposer au concile le sujet de son voyage par Jean de Crème, prêtre-cardinal, un des dépuiés, qui parla en ces termes: Vous savez que nous avons été à Mouson , mais c'a été sans aucun fruit; car ï empereur y est venucommepourcom" battre^ avec une armée de' près de trente mille hommes. Ce qu'ayant vu , nous avons tenu le Po,pe enfermé dans cette place qui appartient à f archevêque de Reims. Nous avons demandé plusieurs fois à parler à l'empereur en par* tieuUer; mais sitôt que nous le tirons à part nous nous trouvons environnés d un nombre tn/ini de gens de sa suite , qui nous intimi* daient en branlant leurs lances et leurs épées.

L'empereur nous parlait arlificieusement ^ usant de divers détours , et attendait que U Pape vint en sa présence pour le prendre; mais nous eûmes grand soin de le lui cacher; nous souvenant comment il avait pris à Rome le Pape Pascal. La nuit nous sépara; et craignant que ce prince ne nous suivit arec ses troupes^ nous sommesrevenus au plus vile.

Le Pape étant retourné à Reims, continua le concile dans lequel on publia cinq décrets, et il fit un sermon sur la charité. Ensuite il parcourut diverses provinces de laFrance, el continuant ses voyages, il vint à Maguelonne, près Montpellier ; de là, ayant traversé la Provence, il passa les Alpes et entra en Italie, où le peuple accourut de toutes parts. La nouvelle de son arrivée étant venue à Rome , y causa une joie incroyable. La milice de la ville vint jusqu'à trois journées au devant de lui. Les enfants portaient des branches d*arbros , et tes rues étaient tapissées; les processions furent si nombrei^ses, qu'elles durèrent depuis le matin jusqu'à quatre heures après midi. Comme le Pape avait besoin de troupes pour forcer Tantipape à se soumettre , il alla en Pouille demander du secours aux Normands. Il passa à Bénévent, où il demeura quelque temps sans pouvoir revenir à Rome, parce qu'il n'y avait pas de sûreté de la part des schismatiques ; li trouva quelque' temps après le moyen d*y retourner; il y leva une grande armée, elalla attaquer l'antipape Bourdin, qui s'était retiré à Sutri. Les habitants voyant abattre leurs murailles, prirent Bourdin, et le livrèrent aux soldats de Calixte. Ceux-ci, après l'avoir chargé d'injures, le firent monter sur un chameau à rebours , lui faisant tenir la queue au lieu de la bride , et lui mirent sur le dos une peau de mouton toute sanglante, voulant, par cette dérision, représenter le Pape, vêtu d'une chape écarlate, et monté sur un cheval. Ils firent ainsi entrer Bourdin dans Rome, pour intimider, par cet exemple, ceux qui oseraient à l'avenir usurper le Saint-Siége. Le peuple l'aurait mis à mort, si le Pape Calixte ne l'eût délivré de leurs mains^et envoyé dans un monastère pour faire pénitence. Telle fut la fin de l'antipape Bourdin, qui porta trois ans le nom de Pape, et qui d'ailleurs avait plusieurs bonnes qualités.

Le Pape Calixte rétablit à Rome la paix et la stkreté publique; il fit abattre les leurs des Frangipanes et des autres petits tyrans qui pillaient les biens de l'Eglise, et devant^qui les Pa^es précédents n osaient ouvrir la bouche.

Cependant on faisait dans toutes les ailles, des jeûnes, des processions et des prières pour la paix de l'Eglise. Après la lecture des canons î^ concile de Reims, contre l'incontinence et la simonie, le Pape avait solennellement prononcé, à la lueur de quatre cents cierges, Texcommunication majeure et solennelle contre Tempereur Henri, et délié ses sujets du serment de fidélité. Ayant imité son père el frappé comme lai, il résolut ^e réduire en cendres la ville de Reims d*oil^

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éiaî^parlie sa condamnation. Il chassa de leurs siétfes les évâques qui ne le reconnaissaient pas ;(nais bientôt menacé d'une insurrection générale,e( craignantpour sa couronne, ilconsentit h tenir une assemblée h Virsbour^, sur le démêlé touchant les investitures ; mais elle se tint à Worms le 8 septembre. L'évèque de Spire , Tabhé de Fulde qui avaient été dépotés à Rome pour la paix s'^ rendirent, emmenant avec eut trois cardinaux, légats du Pape; et après plus d'une semaine dé conférences «on s'expliqua enfin. L'empereur laissa au Pape la liberté entière des éleclions, et le Pape assura à ce prince les droits qu'il avait sur le temporel des Eglises, et la paix fut solennellement conclue.

L'anuéesuivante,1123,IePapetintunconciIe kRome, que l'on regarde comme le neuvième concile cocuménique, et le premier de Latran; ils s'jr trouva plus de trois cents évènues, et sii cents abbés. Ce concile approuva te traité conclu entre Henri et Galixte sur les bords do Rhin, et qui se résumait dans les deux déclarations suivantes. Voici celle de l'empereur : « Moi, Henri, par la gjrice de Dieu , au- §as(e empereur des Romains, pour l'amour e Dieu, de la sainte Eglise romaine, du seigneur Pape Galixte, et pour le salut de de mon Ame, je remets à Dieu et aux saints apôtres Pierre et Paul, toute investiture par la crosse et l'anneau, et j'accorde à toutes les Eglises de mon Empire la liberté d'élire et de consacrer leurs prélats, n Les légats du Pape signèrent aussi un écrit conçu en ces termes : Moi^ Calixte^ serviteur des serviteurs de Dieu^ f accorde à vous , Henri , empereur des Romains , ei mon cher fils , que les élections des étêques et des abbés du royaume teutonique se fassent en votre présence, mais sans contrainte f sans simonie , et afin fue, sHl y a division, vous protégiez le parti le plus juste selon le jugement des métropolitains et des comprovinciaux, Lélu recevra de vous , par le sceptre, les droits réguliers, excepté néan* moins ce qui appartient à VEglise romaine, ei il vous en rendra les devoirs de droit. L'année suivante Galixte fut attaqué d'une fièvre qui l'emporta en peu de jours; il mourut le 12 décemtire de l'an im, après avoir tenu le Saint-Siège cinq ans et dix mois. Pendant ce peu de temps, il rétablit la paix dans l'Eglise et dans Ronae en particulier.

CALIXTB m. — Le cardinal Aluhonso Borgia,qui succéda à Nicolas V le 8 avril 1455, était contemporain de Charles VU, roi de France et de Frédéric 111, empereur d^Âllemagne. il était né à Valence en Espagne, et sa maison était illustre : il avait été chanoine de Lerida, et docteur en droit; Mrfk*tin V le fit évéque de Valence. Etant venu en Italie, il se nt connaître au Pape Eugène, dans le différend qu'il eut entre ce Pape et le roi Alphonse, touchant le royaume de Naples, et ce Pape le créa cardinal -prêtre, du titre des quatre saints couronnés, ou de Sanii Quattro. Platine dit qu'il était sr grave et si sincère en opinant dans les assemblées, qu'il ne lui échappa jamais aucune parolede Ôatterie; et Ciacouius ajoute qu'étant évé-

que, il ne voulut jamais accepter aucun bénéfice en commende, disant qu'il était content de son épouse qui était vierge : il appelait ainsi l'Eglise de Valence. Il était idéjà d'un Age fort avancé lorsqu'il fut élu Pape, et prit aussitôt le nom de Galixte III. Après son élection, il fut porté en chaire à Saint- Pierre, et s'étant assis sur l'autel des saints apôtres, les cardinaux vinrent lui baiser les pieds.

Dès le commencement de son pontificat, il fit vœu de déclarer la guerre aux Turcs, et il envoya des prédicateurs par toute l'Europe, pour engager les fidèles à contribuer de leurs biens pour cette guerre. Gepeudant la division se mit bientôt entre Galixte et le roi Alphonse. La cause fut que Galixte avait retiré beaucoup de places,, et retranché

Siusieurs droits des royaumes de Naples et e Sicile, qu'Alphonse s'attribuait, et qui appartenaient au Saint-Siège. Il y avait rétabli la juridiction de l'Eglise^ voulant avoir la disposition des bénéfices -,. car le roi les donnait à des sujets, souvent incapables de les posséder, se souciant peu de ceux qu'on lui proposait, pourvu qu'on loi donnât de l'argent. Le Pape Galixte ne se contenta pas de solliciter toute la chrétienté à se liguer contre Mahomet; il indiqua des prières et des processions. Dieu parut écouter les vœux des fidèles; Huniade, vaivode de Transylvanie, fit lever le siège de Belgralo à Mahomet, et défit entièrement Tarmée de ce prince.

il y eut à la fin de l'année 1&56 de furieux tremblements de terre dans presque toute l'Italie : un grand nombre d*églises et de maisons en furent renversées. Saint-Antoine assure qu'il mourut en cette occasion plus de soixante mille personnes, parmi lesquelles il y eut près de trente mille dans la seule ville de Naples. La terre s'ouvrit auprès de Roians, et il sortit un lac de ce gouffre. On dit qu'il parut dans la mer Egée une petite tie qu'on n'avait jamais vue, qu'elle était élevée' de quatre coudées au*dessus de l'eau, et qu'elle parut tout en feu durant quelaues jours. Alphonse', roi d'Aragon, oui était brouillé, comme on l'a dit, avec le Pape, fut tellement étonné de ce phénomène, qu'à chaque instant il renouvelait son vœu de faire la guerre aux Turcs, et promit de l'accomplir au plus tôt. Hais dès que le danger fut passé, il ne se ressouvint plus de ses promesses. On vit entre Florence et Sienne des nuées élevées à la hauteur de vingt coudées, agitées par des vents furieux, qui emportaient les couvertures des maisons, renversaient les murailles^ déracinaient les arbres, et transportaient assez loin les hon^mes et les animaux. En même temps, l'Italie était déchirée par des guerres civiles, mais ces guerres n'em|)èchaient pas Galixte de s'occuper de la croisade contre les Turcs.

Alphonse, roi d'Aragon et de Naples, étant

tomLié malade de la maladie dont il mourut

le 7 juin 1458, avait disposé du royaume de

Naples en faveur de Ferdinand, son fils na-

^ turel. Dès qu'il fut mort, le Pape Galixte

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