‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 20 sur 123 · CKL · texte numérisé non relu

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posilions béréliqaes que Nestorius avait ifaocées. La lettre synodale qui les con« lient, est datée du 90 nOTemhre, maisi 00 croit que c*e.st plutôt Se jour où elle fut apportée à Constiotînople. Elle fut iccompsc^née de deux autres lettres, t*uue au clergé et au peuple de Constantinopie, Tautre aux abbés des monastères de la mêfflo Tille» par lesquelles saint Cyrille marque qu*ii a attendu a la dernière extrémité, pour en Tenir à ce fâcheux remède de rexcofflODunication ; et les exhorte à demeurer fermes dans la foi, et à communiquer librement avec ceux que Nestorius arait excommuniés. Pour porter ces lettres, 00 députa quatre éTèques d'Egypte, Théopempie, Daniel, Potauion et Macaire; ils lurent aussi chargés de la lettre du Pape sa Qt Célestin à Nestorius.

Irnlé de ces fulminantes condamnations, Hiérésiarque» confiant dans le prestige de 5es richesses, la Tîolence de ses partisans et Il protection de l'empereur, exerça toutes M>rtes de mauTais traitements contre un i^raod nombre de fidèles. L*abbé Basile et hlusieors moines maltraités se plaignirent a Tbéodose, et le conjurèrent de conToquer un coDciie œcuménique. De son côté, Nestorius, dans la Tue de préTenir les impressions qu'on aurait pu donner de sa foi au souTerain, lui demanda un concile général, espérant d'influencer la majorité par son crédit à la cour, on tout au moins d'y brouiller les esprits par son talent et ses subtilités. Sollicité de toutes parts, Tbéotlose fit la oon?oratioa(!4), désignala Tille d*£pbèse pour le point de la réunion, et fixa au jour de la Pentecôte de l*an Ul l'ouTerture des trSTaux.

Saint Cyrille, comme titulaire du second sié|$e4e 1 Eglise, chargé d'ailleurs iiar saint Célestin de représenter le chef Tisible de la cliréuenté, présida dans la première session do concile, qui fut tenue aTant l'arriTée des ié^tiis du Saint-Siége.

Od commença |iar lire le symbole de Ni- «"ée, comme I expression de l'unique doctrine. On examina ensuite les écrits de Tarrusé, et on y trouTa tant de blasphèmes, que les Pères s*écrièrent h Tunanimilé : Nous MarA^molîfona rkérétiqtu Ne$toriut^ et qui^ ronque ne rarnUkémaiise pa$t qail soU oiia- ^^me. Enfin on prononça une sentence |»ar ^quelle l*hérésiarqne fut déposé du siéj^e le Constantinople et retranché de toute as- ^eoibtée ecclésiastique. Cet nrfèt, signé par Hus de deux cents évèijues, fut ailicné dans a fille d'Epbèse, oii il causa une grande oie; il fut en même temps communiqué au lergé de Constantinople, aTec injonction leeonserTer les biens de cette Eglise pour 0 bire la remise au futur éTÔque.

Nestorios rendit an compte désaranta- ;eux du concile k l'empereur, et intercepta a rtlaiion fidèle qoe les Pères lui en afaieot

(U) Les Actes d« rondie é*CpliéM lémeignenl ^prfnc«em es pla^ieon eihlruiu qu'il sTait été ^ «t>lé ieiêm Uê eoÊom^ ce q«î «••ilre éTidea»- ^cttt que leP^pc STaii dimné iou censeiAeineui k la

Dicnosm, dm Papes.

enToyée. De concert aTec Jean d'Antioche, il fit tenir un conciliabule, dans lequel saint Cyrille et Memnon furent déposés. Cette assemblée illégale, composée de quarantetrois éTéques, qui s'arrogèrent le droit d'en juger deux cents, enToya ses actes à Théodose, déjà circouTenu par Candidien, protecteur de Nestorius. Privé de la rela* tion capable de l'éclairer, l'empereur érri - Tit au concile qu'il cassait ses travaux. Vainement les Pères écriTirent à l'empereur, Candidien s'em|:)ara encore de leur dépêche, et tint les éTèques enfermés à Eplièse comme dans une prison.

Le Pape Célestin, instruit des entrsTes élevées contre ce concile, s'empressa d*y euToyer les éTèques Arcade et Projectus aTec le prêtre Philippe, munis d'un lettre pontificale, afin d'aplanir les difficultés, et donner plus d'authenticité è la condamnation de Nestorius. (Abrégé des conciles généraux.)

Les légats du Saint-Siège arrivèrent à Epbèse; et aussitêt on tint la seconde session du concile, dans la maison épiscopale de MemnoO; le 10 juillet 431. Saint Cyrille présidait toujours, comme tenant la place du Pape. Juvénal de Jérusalem, Memnon d*Eph6se, Favien de Philippes, vicaire de RuiHS de Thessalonique, Théodoted'Ancyre, Firmes de Cappadoce, et tous les autres éTèques y assistaient, et le diacre de Carthage, Bessula. On fit entrer et asseoir stcc eux les légats du Pape, Arcade et Projectus, et Philippe prêtre. Il parla le premier, et dit : « Nous rendons grâces à 1 adorable Trinité de nous aToir fait Tenir à Totre sainte assemblée. Il y a longtemps que notre Père Célestin a porté son jugement sur cette affaire, par ses lettres au saint évèque Cyrille, qui TOUS ont été montrées; maintenant il tous eu euToie d'autres, que nous tous présentons; faites les lire et insérer aux Actes ecclésiastiques. * Les deux évêques députés. Arcade et Projectus» demandèrent la même chose; et comme tous les trois parlaient eu latin, on expliquait ce qu'ils disaient en grec, qui était la langue du coneile. Saint Cyrille ordonna délire la lettre de saint Célestin; et Sirice, notaire de l'Eglise romaine, la lut en latin, Juvénal, évèque de Jérusalem, demanda qu'elle fût insérée dans les Acfes. Tous les évêques demandèrent qu'elle fût traduite et lue en grec. Le prêtre Philippe dit : « On a satisfait à la coutume, qui est de lire d'abord en latin les lettres du Siège apostolique; mais nous avons eu soin de faire traduire celle-ci en grec. » Les évêques Arcade et Projectus ajoutèrent la raison, parce que plusieurs évêjues n'entendaient pas le latin. Pierre, prêtre d'Alexandrie, lut donc la traduction grecque de la lettre du Pape saint Célestin.

Elle commence ainsi : Rassemblée des ériques témoigne la x^résenee du Saint-Esprit ;

fOnTocalîoo; iMîft qHand on n^auraii pas à en énard MH lemoignage aiiséi p«îiH. oa «er^ii nbli é de coavefiir au inoiuk qii*il ravail approuvée el ratifiée en euvo)aiu ses légats au cuucil«.

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car h concile t$t iaini par la vénération qui lui Cil due, comme représentant la nombreuse assetnblée des apôtres. Jamais leur Maître^ qu'ils avaient ordre de prêcher^ ne lésa aban* donnés. C'était lui-même oui enseignait^ lui qui leur avait dit ce qu'ils devaient enseigner^ et qui avait assuré qu'on Vécoutait dans ses apôtres. Cette charge d'enseigner est venue également à tous les évéques : nous y sommes tous engagés par un droit héréditaire^ nous qui annonçons à leur place le nom du 5etgneur en divei's pays du monde^ suivant ce oui leur a été dit : « Allex^ instruisez toutes les nations.» (Matth. xxYiiiy 18.) Vous devez remarquer^ mes frères^ que nous avons reçu un ordre gMralj et qu il a voulu que nous l'exécutions tous^ en nous chargeant tous éga* lement de ce devoir, Nous devons tous entrer dans les travaux de ceux à qui nous avons tous succédé en dignité.

Le Pape saint (Jélestin reconnaît par ces paroles, que c'est Jésus-Christ même qui a établi les évoques pour docteurs de son Eglise dans la personne des apôtres ; il sa met Iui-m6me dans leurs rangSj et déclare qu'ils doivent concourir tous ensemble k conserver le pieux dépôt de la doctrine apostolique. G est à quoi tend le reste de la lettre et il emploie la considération du lieu ou ils sont assemblés, la ville d*Ephèse, où saint Paul et saint Jean avaient annoncé TEvangile. Saint Jçan^ dit la lettre, dont vous honorez les reliques présentes. Elle porte créance pour les évdaues Arcade et Projectus, et le prêtre Philippe, aut assisteront^ dit-elle, à ce gui se fait^ et exécuteront ce que nous avons déjà ordonné. La date est du 8 du mois de la môme année ^31.

Après cette lecture, tous les évoques s'écrièrent : Ce Jugement est juste. A Célestin nouveau Paul : à Cyrille nouveau Paul : à Célestin conservateur de la foi : à Célestin qui s'accorde avec le concile : tout le concile rend grâces à Célestin, Un Célestin^ un Cy^ rillCf une foi du concile^ une foi de toute la terre. L'évêque Projectus dit : « Considérez la forme de la lettre du Pape : il ne prétend pas vous instruire comme des ignorants; mais vous rappeler ce que vous savez, afin que vous exécutiez ce qu'il a jugé il y a longtemps. » Firmus de Cappadoce dit : « Le Saini-Siege de Célestin a déjà réglé l'affaire et donné sa sentence, par des lettres adressées à Cyrille d'Alexandrie, à Juvénal de Jérusalem, à Rufus de Thessalonique , et aux Eglises de Constant! nople et d'Antioche. En conséquence, et en exécution de cette sentence nous avons prononcé contre Néstorius un jugement canonique ; après que le terme qui lui avait été donné pour se corriger a été passé, et que nous sommes demeurés longtemps h Ephèse au delà du jour prescrit par l'empereur. »

L'évêque Arcade, un des légats, dit :

« La lenteur de la navigation et le temps contraire Rousontempêcnésd'arriveraussitôt que nous l'espérions : c'est pourquoi nous vous prions de nous faire instruire de ce que vous avez ordonné.«.Le prêtre Philippe

fit la même demande. Après avoir rendu grâces au concile des acclamations en rboiineur du Pape, et relevé la primauté de saint Pierre, Théodote d'Ancyre dit: «Dieu a montré combien la sentence du concile est jusks par l'arrivée des lettres du très-pieux évèque Célestin, et par votre présence. Mais puisque vous demandez ce qui s'est passé, vous vous en instruirez pleinement par les actes mêmes de la déposition de Nestorius. Vous y verrez le zèle du concile, et la conformité de sa foi avec celle que Célestin publie à haute voix. « Ainsi se termina la seconde session du concile.

Les légats du Pape avaient un ordre par écrit, daté du même jour que la lettre au concile, c'est-à-dire du 8 mai , et conçu dans ces termes : Mémoire du Pape Célestin aux évéques et aux prêtres qui vont en Orient, Quandf par la grâce de Dieu^ comme nou» Vespérons^ vous serez arrivés au lieu où vous allez^ tournez toutes vos pensées sur notre confrère Cyrille^ et faites tout ce quil jugera à propos. Nous vous recommandons awst de conserver Vautorité du Siège apostolique^ puisque les instructions qui vous ont été données portent que vous devez assister au concile: mais que si on vient à quelque contention , vous devez juger de leur avis sans entrer en dispute. Çfue si vous voyez que le concile soit fini^ et que tous les évéques soient retournés^ il faut vous informer corn* ment les choses se sont terminées. Si c'est en faveur de l'ancienne foi catholique^ et si voui apprenez que mon frire soit allé à ConstantinoplCf il faut que vous y alliez ^ et me vous présentiez nos lettres au prince. S'il est ar* rivé autrement^ et qu'il y ait division^ vous jugerez^ par Vétat des choses^ ce que vous devn faire avec le conseil de notre ait frire* Nous n'avons plus les instructions mentionnées dans cet ordre ; mais nous avons une lettre du Pape à l'empereur Tbéodose eu date du 15 mai, portant créance pour les trois légats; et une pour Cyrille datée du 7, portant qu'il faut toujours recevoir à la pénitence celui oui rétracte ses erreurs.

Le lendemain, il juillet de la même année (dl, le concile s'assembla dans le même lieu, dans la maison épiscopale de Memnoo. Juvénal de Jérusalem demanda aux légats du Pape, s'ils avaient pris communicatiou des acies de la déposition de Nestorius, comme le concile avait ordonné. Le prêtre Philippe dit avoir trouvé par la lecture des actes, que l'on avait en tout procédé canoni' quemeut. Toutefois il demanda qu'ils fussent encore lus en plein concile ; l'évêque Arcade tit la même demande. Memnon d Ephèse ordonna qu'on y satisfit, et Pierre, prêtre d'Alexandrie, lui les actes de la première session, dont on inséra dans cette iroisième le commencement et la sentence de déposition contre Nestorius. Après cette lecture, le prêtre Philippe dit : « Personne ne douic

3ue saint Pierre, chef des apôtres, coloouo e la foi et fondement de rEglise catholique, a reçu de Notre-Seigneur Jésos-Cbrist k*s clefs du royaume, et la puissance de lier et

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délier les péchés, et que jusqu'à présent il vit, et exerce des jugements dans ses suc* cesseurs. Notre saint Pape l'évoque Célestin, qui tient apjourd*hui sa place, nous a envoyés au saint concile, pour suppléer à son absen* ce. Nos très-cb retiens empereurs ont ordonné la tenue de ce concile, pour conserver la foi catholique qu'ils ont reçue de leurs an« célres. »I1 reprend ensuite sommairement la procédure faite contre Nestorius, et ajoute : ■ La sentence prononcée contre lui demeure ferme, suivant le jugement de toutes les E((lises, puisque les évèques d*Orient et d'Occident ont assisté au concile, par eux ou par leurs députés ; c'est pourquoi Nes- (orins doit savoir qu'il est retranché de la communion du sacerdoce de l'Eglise catbo* lique. »

L*évèque Arcade opina ensuite , et conclut ainsi : « Suivant la tradition des apôtres et de rjSglice catholique, suivant aussi le décret du très-saint Pape Célestin, qui ooos a envoyés pour être de sa part les exécuteurs de cette affaire, et suivant les décrets du saint concile : nous déclarons à Nestorius qu'il est dépouillé de la dignité épis* copale, et séparé de toute l'Eglise, et de la communion de tous les évéques. » L'évèque Projectus conclut ainsi son opinion. « Moi aussi, par l'autorité de la légation du Siège apostolique étant avec mes irères exécuteur de la sentence, ^e déclare que Nestorius, ennemi de la yerité et corrupteur de la foi, est privé de la dignité épiscopale, et de la communion de tous les évèques orthodoxes. » Saint Gyriile dit : « Le concile voit re qu'ils ont déclaré au nom du Siège apostolique, et de tout le concile des saints évèques d^Oecident. Puis donc qu'ils ont exécuté la sentence du très-saint évèque Célestin, et approuvé celle que ce saint concile a prononcée contre l'hérétique Nestorius, il faut joindre les actes de ce qui s'est passé bier et aujourd'hui aux actes précédents, atin qu'ils marquent leur consentement par leurs souscriptions. » Les légats offrirent de souscrire; le concile ordonna qu'on leur présentât les Actes, et ils souscrivirent tous trois à la déposition de Nestorius. Ainsi finit la troisième session du concile.

Le Pape Célestin entreprit de rétablir la paii dans TEglise d'Orient et d'éteindre les divisions qui régnaient parmi queluues évèques par suite de la condamnation de Nestorius; mais ce fut avec beaucoup de peine qui! y réussit. C'est vers ce temps que le ri\m écrivit aux évèques de Gaule, pour la défense de saint Augustin, dont quelques prêtres gaulois continuaient d'attaquer la doctrine après sa mort. Prosper et Hilaire, quîenavaient.écrit à saint Augustin, 'allèrent à ftome et se plaignirent au Pape Célestin; ce qui lui donna occasion d'écrire cette lettre. Elle est adressée à Venerius, évèque de Marseille, Léonce de Fréjus, Marin, Auxone, Arcade, Fillanius, et autres évèques des Ciêutes. Le Pape leur reproche fortement

imer le scandale. Les doiveni pas enseigner àvo^

l«ur négligence à réprii frUreSj ditnil, ne doive\

ire préjudice: votre silence dans cette occa^ sion est suspecte de connivence ; nous serions suspect nous^méme si nous nous taisions. Tous ceux qui enseignent mal^ doivent savoir qu'il leur convient plutôt d'apprendre. Que faites-vous dans les églises^ s'ils ont f autorité de prêcher f Si ce n'est que quelques évèques ignorent leurs droits^ parce qu'ils ont été de» puis peu tirés d'entre les laïques. Venant à saint Augustin, il en parle ainsi : Atm^stin^ homme de sainte mémoire^ a toujours été dans notre communion pour son mérite, et n'a jamais été flétri du moindre bruit dCaucun ttiauvais soupçon; sa science était telle ^ je m' en souviens^ que mes prédécesseurs le comptaient entre les principaux docteurs ; il était aimé et honoré de tout le monde ; c'est pourquoi vous devez résister à ceux qui osent attaquer sa mémoire^ et leur imposer silence.

Comme ces prêtres de la Gaule blâmaient la doctrine de saint Augustin sur la grAce, le Pape saint Célestin joint h cette lettre neuf articles touchant la grâce , cités comme en faisant partie, dès le commencement du siècle suivant.

Ces articles sont suivis d'un avertissencent

3ui porte : Que quelques-uns^ qui se glorifient 'être Catholiques^ et qui anathematisent Pelage et CélestiuSf ne laissent pas de parler contre nos mattreSf comme s'ils avaient excédé les bornes nécessaires^ et font profession de n'approuver que ce que le Saint-Siége a défini. C'est pourquoi l'on a cru devoir rechercher ce que les Papes ont déjà défini touchant la gràcCf contre les défenseurs exclusifs du libre arbitre^ et y joindre quelques sentences des eoncles d'Afrique^ que les Papes ont adoptées en les approuvant,

1" Par le péché (CAdam^ tous les hommes ont perdu le pouvoir naturel et l'innocence; personne ne peut sortir de l'abime de cette chute par le libre arbitre , ai la grâce de Dieu ne le relève. 2' Personne n'est bon par lui-même ; il faut que celui qui seul est bon^ se communique à lui, 3* Personne^ même étant renouvelé par la grâce du baptême^ n'est capable de sur-» monter les attaques du démon et les désirs de la chair ^ si ^ par le secours journalier deDieu^ il ne reçoit ta persévérance dans la bonne vie. Ces trois articles sont tirés de la lettre du Pape saint Innocent au concile de Carthago, écrite en 417. Dans le premier, il faut entendre par lepouvoir naturel, celui que l'homme avait dans la justice originelle, k" Personne n'use bien du libre arbitre que par la grâce de Jésus-Chris t. Tiré delà lettre du même Papu au concile de Mi lève. 5* Tous les désirs^ les eeuvres et les mérites des saints, se doivent rapporter à la grâce de Dieu ; parce que personne ne lui est agréable que par tes dons qu'ilareçus de lui. Tiré de la lettre du Pape Zosime à tous les évèques du monde, y joignant la réfleiion des évèques d*Afrique. 6* Dieu opère tellement dans les ceeurs des hommes^ et même dans le libre arbitre^ que la sainte pensée^ le pieux dessein^ tout mouvement de ta bonne volonté vient de Dieu; car si nous pouvons quelque bien, c'est par celui sans lequel nous ne pouvons rien. Tiré de la même lettre

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da Pape Zo^iime» qui esl perdue. 7* La grdce de JéiuS'Ckrist par laqutîle nous sommtê juMiiféSf ne sert pas seulànent pour la remis» sion des péchés commis» mais pour nous aider à n*en poini commettre : non-seulement en nous donnant rinielligence des commande^ ments pour savoir ce que nous devons désirer ou éviter ; mais en nous faisant aimer et pouvoir ce que nous connaissons qu'il faut faire ; et non^seulement pour te faire plus facile" ment , mais absolument pour le faire. Tiré des caoODS 3 , 4 et 5 du concile de Car* Ihage, du 1*' mai 418. 8* Nous apprenons aussi ce ^e nous devons croire, par les prii^ res étabhes dans tout le monde par (es apôtres, ei observées uniformément dans toute t Eglise catholique, qui demandent que la foi soit donnée aux fidèles, aux idolâtres, aux Juifs, aux hérétiques ; la charité aux schismatiaues, la pénitence aux pécheurs, la grâce du baptême aux ceUéchumenes, Ces prières ne sont point de vaines formules , puisque F on en voit les effets dans plusieurs conversions dont on rend grâces à Dieu. 9* Les cérémonies des exorctsmes et du souffle , que toute l'Eglise observe, pour préparer au baptême , tant les enfants que les adultes, montrent bien qu'elle les croit tous sous la puissance du démon.

il faut donc confesser que la grâce de Dieu prévient les mérites de l'homme ; qu'elle note pas le libre arbitre : mais le délivre^ V éclaire, te redresse et le guérit. Dieu veut , tant il est bon, que ses dons soient nos mérites ; et leur accorde la récompense étemelle. H fait en nous, que nous voulons et faisons ce quHl veut ; mais ses dons ne sont pas oisifs en nous ; nous coopérons à sa grâce, et si nous sentons

Îuelque relâchement qui vient de notre fai* Usse, nous recourons promptement â lui.

Quant aux questions plus profondes et plus difficiles, qui ont été traitées amplement par ceux qui ont combattu les héretiaues , nous ne les méprisons pas , mais nous n avons pas besoin de les traiter. Il nous suffit d'avoir déclaré ce que nous croyons être de la foi ca* iholique.

Ayant appris qu*un certain Agricole propageait le péla^ianisme en Angleterre, et qu il troublait par ses erreurs Tes Eglises britanni«]ues,, le Pape Célestin envoya sur les lieux le diacre Pailade, qui fui dans la suite éfAque des Scots ; mais celui-ci ne poudrant remédier eiBcacement au mal, il en écrivit au Pa|)e, et le pria d'avoir pitié de tant d*àmes que le poison de Terreur mettait en danger de périr. Célestin manda, en 429, k saint Germain d'Auxerre, d*aller au secours des Bretons, et lui donna le titre de vicaire apostolique : cette mission , à laquelle s'adjoignit saint Loup de Troves, porta au pélagianisme un coup dont il ne se releva pas. Ayant reçu avis de la mort de saint Pailade qu'il avait envoyé en Ecosse, le Paj^ saint Célestin substitua en sa

t»lace saint Patrice, Tordonna évèqueet 'envoya prêcher la foi en Irlande.

Ayant reçu, le jour de la Noël 431, les lettres d'avis de la condamnation de Nestorius et do l'élection de Maxtmien évéque de

Constantinople , saint Célestin les fit tire dans l'église Saint-Pierre, fiour cooéroirr la foi à l'incarnation qui est le sujet de U fête : cette lecture excita lesapplaudissemenu de tout .e peuple. Ensuite lePapefitrépoose par quatre lettres de même Jate. Li première est adressée au concile d'Ephese, c'est-à-dire aux évègues qui y avaient assisté, car il y avait six mois que le eooale était séparé. Le Pape y félicite les Pères d« leur victoire sur Thérésie, de la déposilioD de Nestorius, et de l'ordination de Maiioiies dont il fait l'éloge. Il dit qu'il le regarde comme le successeur immédiat de Sisiofliot, tenant le siège pour vacant pendant le pootiScat de Nestorius; et qu il a assisté en esprit, comme tous les évêques catboliqoes, à l'ordination de Maximien. Il se plainlc^ue Nestorius soh retourné à Antiocbe doot ili attiré l'évoque à son parti; et exhorte le> Pères k faire en sorte qu'il soit éloi^^né toui h fait, et envoyé dans quelaue solitude. U vient ensuite aux complices de Nestorius, ei dit qu'il faut agir, dans ces occasions, avec grande circonspection. S'ils se coiiverlissent, ils ont la liberté de revenir, que ooiu pas ceux qui ont été condamnés avec la auteurs de l'hérésie. Ceux-ci cependant doivent demeurer excommuniés et chassé»

de leurs sièges, jusqu'à ce qu'ils se déclareoi Catholiques; quand bien même, par surprise, l'empereur les y aurait rétablis. PourCtHque aAntioche, s'il y a espérance de tertHlion, nous désirons que vous lui écritiii,

Îue, s'il ne condamne par écrit la neiirriif érésie, l'Eglise ordonnera de lui «mtmi qu^elle y est obligée par (intérêt de la foi.

La seconde lettre est adressée à I eiD|iereur Théodose : elle loue son xèle pour «i foi, approuve l'ordination de Maxiimefl, que le Pape reconnaît pour membre deTE* glise romaine; mais il insiste princiiialement sur la nécessité d'éloiuner Nestorius, pour couper la racine de rnérésie. A la lu de la lettre, il recommande à l^empereor une affaire |)articulière, savoir : de maintenir la disposition de l'illustre dame Proba|aui arau laissé à quelqu'un des terres quelle arau en Asie, à la charge d'employer la plos

8 rende partie du revenu à la subsistaDce es pauvres clercs et des monastères : et qui était mal exécuté. La troisième lettre t^ à Maximien, pour l'exhorter à réparer le» désordres de I Eglise de Constantinople, et a imiter les prédications de Jean, la vigilaocv d'Atticus contre les hérétiques, la sansplKi^ de Sisinnus. Il l'exhorte en particulier a s'opposer à l'erreur de Cèles tins, c'est-à-din de Pelage, dont les sectateurs taisaient imiours de nouveaux efforts |)Our se reictcr. La quatrième lettre est a^lressée au clergé n au peuple^ de Constantinople. Le Pape } marque toute la suite de raffaire, le per** où ils ont été, l'inquiétude qu'il en a rr»sentie, le zèle de saint i;}'ritle et ses ctf(«ru pour ramener Nestorius, et auquel tottie(u«> il n'avait osé se présenter : le seoi«ur« (|a<» a recherché dans les pélagieos. Ensuite c« Pape exhorte l'Eglise de Uonstantioopla è

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DES PAPES

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écouler Haxiroien* qui ne leur prêchera qae ruot'ienne doctrine qu'il a prise dans V£glise romaine, et demeurera ferme dans la foi. Ces quatre lettres furent envoyées par le prêtre J'*Aii et le diacre Epictet, qui avaient apporté h Rome celles de Constantinop'e; comme ils (étaient arrivés h Rome à la Noël, ils devaient arrivera Constanlinople vers Pâques, qui, cette année, 432, était le 3 avril.

Le Pape saint Célestin ne survécut que trois semaines è la date de ces lettres, et mourut le 27 février 483, après avoir tenu le Saint-Siège 9 ans et 10 mois. On dit qu'il institua le chant des psaumes avant lesacn-fire de la Messe, au lieu qu'auparavant on sa contentait de lire les Eptlres de saint Pau) et l'Evangile; ce qui signifie apparemment qu'il institua le psaume de rlntroït, comme saint Augustin témoigne que, de son temps, on avait commencé à Carthage de chanter des psaumes à l'Offertoire et à la Communion. Saint Célestin didia la basilique de Julie, et y offrit plusieurs vases d*arl^eot, et plusieurs Autres à Saint-Pierre. Il fut enterré dans le cimetière de Priscille, où il avait fait peindre le concile d'Epbdse, afin (le témoigner par là le respect qu'il avait pour cette angusle assemblée. Plus tard, ses reliques furent transférées dans l'église de Sainle-Praxède. Son épitaphe, qui est authenli(|ue, porte qu'if fut excellent Pontife, chéri et bonoré de tout le monde, et qu'en récompense de la sainteté de sa vie, il jouit de la Tue de Jésus-Christ dans l'éternelle félicité. t> saint Pontife dont la mémoire esthonolée le 6 avril eut pour successeur saint Simplice.

CÉLESTIN II, cent soixante-troisième Pape.— Après la mort d'Innocent II, le Saint- Sié^ene vaqua qu'un jour, et le 26 septembre 11^, on élut Pape Gui de Caste!, Toscan de nation, prêtre-cardinal du titre de Saint-Marc, qui prit le nom de Célestin II. Sous son pontificat comme sous le précédent, le Pape eut a souffrir de l'esprit remuant et séditieux des Romains. Célestin, sachant que Pierre, Mié de Cluny, était en peine de l'état de l'Eglise romaine , en ce temps de trouble et lie sédition, lui écrivit comment il avait été à\\ï par les cardinaux, les évèques et les spus-diacres aux acclamations du clergé et uu peuple romain. La lettre est du 6 novem- ^^re, et Vabbé Pierre, l'ayaot reçue le 29 du même mois, la fit lire en plein chapitre. Cesi ce ûu'il atteste dans sa réponse, où il l<^licile le Pape de ce que sa promotion à été plus pacifique que celle de tous ses prédécesseurs depuis Alexandre 11. Il témoigne un grand désir d aller le trouver et de renouveler leur ancienne amitié. Mais il n'eu ^ut pas le temps, car Célestin il mourut I année suivante, le 9 mars IIU» après avoir ^no le Saint-Siège 5 mois et 13 joues.

CELESTIN III, cent soizante-treiiièroe Pape, se nommait Hyacinthe Bobo, et était de la puissante et nombreuse famille des Orsini. -* Célestin II l'avait fait cardinal en IIU. Au moment où il fut élu, il était sur le loiat de se rendre en Espagne eu qualité

de légat. Il avait alors quatre-vingt-cinq ans; et fut choisi à cause de la noblesse et de l'amabilité de son caractère, de son habileté et de sa longue expérience. Il était cardinal du titre de Sainte-Marie; il fut élu deux jours après la mort de Clément 111, et nommé Célestin III. H ne fut sacré que quinze jours après son élection, le 15 avril 1191. On observa sans doute, en cette occasioni les cérémonies décrites par le camérier Cenciodans l'Ordre romain qu'il écrivait alors. Cencio dit que le Pape étant élu, le premier des canlinaux-diar.res le revêt aussitôt de la chape rouge, et lui donne le nom. Le Pape élu se prosterne devant Tautel pendant qu'on chante le Te Deum. Puis les cardinaux-évèques le conduisent à son siège derrière l'autel ; là ils viennent à ses pieds, et lui donnent le baiser de paix. On le mène ensuite è une chaire de pierre, posée devant le. portique de la basilique du Sauveur de Latran. Celte chaire était nommée dès lors s^erco^ rario. Le Pape y commençait ses largesses en jetant quelques poignées de monnaie; pnis on le conduisait aans la basilique de Saint-Sylvestre, où l'on le faisait asseoir dans un siège de porphyre, et on lui mettait en main la férule pour maraue du gouvernement, et les clefs de la basilique et du palais de Latran. Ensuite il s'asseyait sur un autre siège semblable, et on lui mettait une ceinture de soie rouge, d'où pendait une bourse de pourpre, contenant douze cachets de pierres précieuses et du musc. Ce que Censio explique ainsi : « La ceinture signifie la continence , la bourse marque l'aumônct les pierres précieuses les douze ap6tres, le musc la bonne odeur de Jésus-Christ. »

Henri, roi d'Allemagne, était venu è Rome avec des troupes, se tenant assuré de la couronne impériale ; Célestin crut devoir le sacrer lui-même. Il le couronna empereur, et Constance, sa femme, impératrice. Dans le serment qae le Pape fit prononcer à ce prince avant que de le couronner, il lui fit promettre de lui rendre Tusculum. Ensuite, étant assis dans sa chaire pontificale* il poussa du pied la couronne impériale qu*il tenait entre ses pieds, et la fit tombera terre, pour montrer qu'il avait le pouvoir de dé** poser l'empereur, s'il le méritait. Hais aussitôt les cardinaux prirent la couronne et la mirent sur la tète de l'empereur. Le lende« main, ce prince donna au Pape la ville de Tuscttium, comme il l'avait promis, et deux jours après le Pape la livra aux Romains, suivant le traité que Clément III avait fait avec eux. Les Romains la détruisirent entièrement, et elle n'a jamais été rétablie.

Célestin Ui ayant appris les ii^ures feiites à Guillaume, évèque d'Eli , son légat en Angleterre, écrivit à tous les évèaues de ce royaume : Le roi Richard élmni abeetU pour le service de DieUf nous sommée obligé ^ ditil, da prendre la protection de son royaume. Ayant donc appris que Jean^ comte de Mor* . lain, et quelques autres^ ont attenté contre ce royaume et contre notre vénérable frire Guil* laiime-f évéque d'Elie^ légat du Saint-Siège;

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nout vous ordonnong^ »*i7 est atn Ji\ de voui arssembter et de dénoncer excommuniés le

comte et tous ceux qui se trouveront ses cornpliceSf pour avoir mis la main sur cet évéque^ l'avoir pris et détenu en prison^ ou changé le gouvernement du royaume établi par le roi.

Vous interdirez aussi tout Office divin dans les terres des coupables , jusqu*à ce qu'ils viennent s'en faire absoudre par nouSj avec les lettres du légat el les vôtres^ qui témoi-^ gnent qu'il est en liberté^ et le royaume en son premier état. Celle lellrct dalée du 3 décembre 1191* n*eut aucun effet. Le Pafm enroya ensuite un légat qui tint un concile A Monipeliier, dans lequel on acccorda foutes les indulgences et les privilèges des croi* ses à ceux qui marcheraient en Espagne routre les Sarrasins. On y conGrma la trêve de Dieu et Teicommunication contre les handes de pillards aragonais. En Orient, Saiadin était mort au mois de mars 1193, et les divisions survenues pour le partage de ses Etats semblaient offrir une occasion favorable de reprendre Jérusalem et le reste de la Terre-Sainte. Le Pape envoya donc, Ters la fin de 1195, des légats en France et en Allemagne pour y faire prêcher la croisade, et écrivit pour le même objet à farchevêque de Cantorbéry,son légat en Angleterre.

Ce fut vers cette époque que Philippe- Auguste épousa Ingelburge, princesse danoise ) mais, dès le lendemain de son mariage, il la prit tellement en aversion, qu'il résolut de ren sé|iarer. Il tint à cet effet une issembléeàCompiègne, oà quelques témoins affirmèrent, par serment, qu*il y avait parenté entre ingelburge et Isabelle de Qain«|ult, première femme de FhiUppe-Au<»

gustc. Quelques évêquea, presque tous ses }la^ents, déclarèrent la parenté sufQsante pour constituer un empêchement dirimant, e( Guillaume, archevêque de Reims, pror nonça une sentence de nullité. Le Pape Célestin, 9urle8 plaintes du roi de Danemark, en vo^a deux l^ats en France pour exi^miner l'affaire, et adressa de vifs reproches aux évAques pour avoir jugé une cause de cette nature sans consulter le Saint-Siéjje, écrivit plusieurs lettres au roi pour le faire rentre^ dans l{i loi dp devoir, et le menaça d'employer les peines ecclésiastiques; puis^ ayant reçu des évêoues danois un acte authentique de la généalogie de la princesse, il cassa, en 1196, la sentence de diyorce, avec défense au roi Philippe -Auguste de contracter un autre mariage. Mais le roi n*ayant pas tenu compte de cette défense, le Pontife éleva de nouveau la voix, et or^ donna une séparation immédiate.

Le Pape Céleslin publia ensuite plusieurs décrétales, dont Tune mérite d'être rçmar-» quée comme ayant changé la discipline établie concernant les enfants offerts à pieu dans les monastères. Elle statue qu'a.rrivés h l'âge de majorité, ils seront libres de retourner dans le monde. Il fit bêtir deux palais : Tun au Vatican, Tautre à Latran. Mais déjà chargé d'années et d'infirmités, ce saint Puntiii tomba malade vers Itoël l}97ji il

voulut faire élire, avant sa Tmort, Jean de Saint-Paul, dont il connaissait le mérite, et qu'il avait établi son vicaire général ; mais les cardinaux dirent gne l'élection devait être libre. Leur opposition venait de ce que la plupart prétendaient au pontificat. Ce Pape mourut le 8 janvier 1198, après avoir tenu le Saint-Siège 6 ans et 9 mois, tut enterré dans l'église Saint-Pierre, et son successeur fut Innocent IIL

CÉLESTIN IV. •- Grégoire IX étant mort en août 12&1 , les cardinaux se réunirent pour procéder à l'élection d'un nouveau Pontife : mais leurs voix étaient partagéea. Cinc] élurent Geoffroy , Milanais , évêquede Sabine; et trois choisirent Romain, cardinal de Saint- Ange, et auparavent évêque de Porto. Ces deux élections se trouvèrent nulles, parce qu'aucun des deux n*avait le tiers des voix, comme l'exigeait la constitution d'Alexandre IIL Enfin, après de Ion- Sues luttes , les voix s'arrêtèrent sur le carinal Geoffroy, qui fut élu vers la fin du mois d'octobre , et prit le nom de Céleslin IV. Il était de bonnes mœurs et savant, mais vieux el infirme; en sorte qu*il mourut au mois de novembre suivant [1241] h Saiot- Pierre de Rome, après avoir régné 16 jours seulement. 11 fut enterré h Saint-Pierre; et, après lui, le Saint-Siège vaqua pendant un an.

CÉLESTIN V (Saint). — Nous touchons presque au xiv* siècle , et c'est encore un saint qui va monter sur la Chaire de saint Pierre. Nous allons le voir entrer, prendre

f)ossession de son pontificat , monté comme e Christ sur un fine pour montrer combien il a en horreur le faste et la pompe. Mais bientôt, ne pouvant continuer dans toute sa perfection sa vie d'anachorète » il va se démettre de la tiare pour aller finir ses jours dans une prison, tfeureux, disait-il, de cette cellule, qui lui a été donnée, et ne souhaitant rien de plus. 11 mourut répétant ces paroles du Psalmiste : Qtie tout ce qui res' pire loue le S^ig^net^r. [Psal. cl, 6.)

Pierre, surnommé du Mourron, naquit l'an 121$ , dans un bourg près de la TerrederLabour, de parents obscurs, mais vertueu|(. Il témoigna dès l'enfance uq grand attrait pour la piété et la solitude. A l'âge de 20 ans, il alla sur upe montagne où il trouva une roche ; il s'y creusa une loge audessous , et y passa trois ans dans les plus grandes austérités, (.a réputation de sa sainteté lui attiifa les visites de divers personnages qui le pressèrent d'entrer dans l'état ecclésiastique. N'ayant pu se refuser à leur avis, il alla là Rome, y reçut les ordres sacrés, et étant retourné dans la Fouille ^^ il vQulut re-

F rendre le genre de \ie qu'il avait choisi. .1 se [Retira sur la montagne de Mourron ou Morono, d'oiji lui est yepu le surnom qu'on lui a donné; et il prit pour s^ demeure une caverne. BieçtOt après, quelques- uns de ceux qui venaient le consulter au sujet de leur salut, ayant renoncé au monde, vinrent se renfermer avec lui sur la montagno de Magelle, où il s'était retiré; etiasepsi-

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DES PAPES

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Uementil se forma sous lui une cororou* naulé de personnes dévouées au service de. Dieu, sans avoir d'autres règles que ce

Su'eiles lui vojraient faire. Cependant Téclat e sa vertu attira près de lui une si grande Bullitude de personnes pour servir Dieu soQS sa conduite, que Termitage qu'il avait 14(1 sur la montagne n*étant pas capahie de les recevoir, ils se logèrent en divers lieux voisins; ils lui rendaient une obéissance parfaite, et ils vivaient tous dans les mêmes austérités. Son ordre prit de tels accroissements par la bénédiction que Dieu y répandit, qu*en peu de temps on le vit composé de six cents religieux en trenle-six monastères qui donnèrent une grande édification k rBgiîse. Tels furent les commencements de l'ordre des Célestins. Ils embrassèrent la règle de Saint-Benoit; mais Pierre, leur instituteur, ajoutait à l'observation de la règle bien d'autres austérités. Son zèle n'avait pas seulement ses religieux pourohJet, il s'étendait encore sur toutes sortes de personnes : il retira une infinité d'Ames du péobé, fSil en fit revenir de i'er)*eur à la vérité* Ses actions et ses discours faisaient tant d'imjpressiou sur l'esprit des habitants des lieux voisins de sa montagne, qu'à regarder leur conduite, on les aurait pris i)our de véritables religieux. Il avait pour les pauvres une chanté sans bornes ; et comme , dans les premières ferveurs qu'on avait pour son ordre, on lui donnait beaucoup pour lentretien de ses frères et la multiplication de sa maison , au lieu de se l'approprier, il n'en étMt que le dispensateur. Les aumônes spirituelles étalent encore plus abondantes, car il venait k lui de tous côtés des personnes de toutes conditions ; il les entretenait des méritée les plus pures , et quoiqu'il ne fût pas Irèa- instruit dans les sciences humaines, il était tellement rempli de la sa- ^e^se qui vient d'en haut, qu'il donnait toujoursdesavis très-salutaires à chacun selon son ékit. Cependant son amour pour la retraite lui rendit cette affluence de monde si Eénible, qu'il retourna sur la montagne de [oorrou, et se remit dans son ancienne cellule, où il vivait plus austèrement que jamais malgré son grand flge et ses infirmités. , Il jr avait déjà quatorze mois qu'il était dans cette cellule, lorsque le Saint-Siège vint à vaquer par la mort du Pape Nicolas IV, et vaqua encore treize mois depuis , ^os que les cardinaux prissent s'accorder sur l'élection de son successeur. Las des brigues et des cootesiattons, ils convinrent enfin de ne plus s'arrêter à des intérêts humains et de chercher le meilleur sujet qui se pourrait trouver Pour remplir dignement la place de saint ierre. Oa na connaissait point alors de plus ^int personnage que Pierre de Mourron : de sorte que , s étant assemblés , ils le nommèrent tous d'une voix, le 5 juillet de l'an *A** A'i^^sitôt ils lui envoyèrent cinq députés , qui, étant montés h la montagne |)ar un rnemiQ irès^rude, arrivèrent enfin à la cellule du saint ecmite qui ne pariait que par tJae fenèlrc grillée. Les députés se proster-

nèrent devant Pierre qui se prosterna de son côté. L'archevêque de Lyon, l'un des députés, lui apprit son élection et le conjura d'accepter et défaire ainsi cesser les troubles de l'Eglise. Pierre répondit : « Unesiéton-i nante nouvelle me met dans un grand embarras : ie vais prier Dieu pour connaître sa volonté, priez-le aussi de votre côté. »

A lors il prit par la fenêtre le décret de l'éleotion, s'élant encore prosterné, il pria quelque temps et dit ensuite : « J'accepte le pontificat et je consens à l'élection : je me soumets, craignant de résister à la volonté de Dieu. » Etant sorti de sa i^ellule, les députés lui baisèrent les pieds et rendirent grâce à Dieu. La nouvelle de cet événement s'étaut répandue, on accourut de tous, côtés voir le nouveau Pape. Il écrivit en înême temps aux cardinaux de venir. jusau'à la ville d'Aquila, où il se rendit aussitôt. Il y entra monté sur un âne dont la bride était tenue à droite et à gauche par deux rois, Charles de Sicile, le père et ie fils. Il fut sacré .et couronné dans celle ville, le 29 août 12%, et prit le nom de Céleslin Y, nom que se dcrnnèrent depuis les religieux de son ordre. Après son sacre, il demeura quelque temps à Naples.II y créa divers officiers pour remplir les charges du temporel de I Etat ecclésiaslique. 11 pourvut de bons sujets les Eglises qui manquaient de pasteurs. Il fit aussi une promotion de douze cardinaux bien choisis, sept de France, et cinq d'Italie. Cette promotion déplut à la plupart des cardinaux ; ils étalent choqués qu on leur donn&t des confrères inconnus» comme étaient la plupart des Français.

Mais bientôt Céleslin, pf^essé du désir de retourner dans sa solitude, prit La résolution dese défaire du pontificat, et, ayantassemblé les cardinaux, il leur représenta que son flge, ses habitudes, son peu de capacité, lui faisaient craindre le danger auquel il ilait exposé sur Iç Saint-Siége« Les cardinaux lui conseillèrent d'ordonner des prières publiques, pour demander à Dieu qu'il fît connaître ce qui serait le plus utile à son Eglise; eu conséquence, on fit une grande procession. Quelques jours après, il tiut un consi)itoire , où» étant assis avec les cardinaux, il lut tout haut une abdication en forme et volontaire, qu'il faisaitdu pontifical, ajoutant que c'était pour retrouver le repos de sa vie passée. Les cardinaux parurentïort touchés de son humilité : ensuite, étant sorti, il quilta toutes les marques de sa dignité et reprit l'habit de simple moine. Il avait tenu le Saint-Siège huit mois depuis son élection. Le^cardinal uaâian^, qui fut ensuite élu Pape, sous le nom de Boniface VIII, craignant qu'on abusflt de Pierre de.Uourron pour lui persuader de reprendre la dignité qu'il avait quittée, ou qu'on ne le reconnôtPape malgré lui, te fit observer avec grand soin, et lui refusa même la. permission .qu'il lui avait demandéo» à genoux , de retourner dans sa cellule. Ce refus lui ayant fait prendre la dessein d^ s'enfuir, Aoniface le fil chercher avec tant de soin qu'on le trouva. Aus-

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DICTIONNAIRK

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sitôt i) eut rinhumanité de le faire enfermer dans le chftteaii de Fumone* en Campanie » ou ilélalt gardé par sii chevaliers et trente soldats. On lui fournissait les choses nécessaires, dont il usait sobrement, gardant son ancienne abstinence, et souffrant les incommodités de la prison sans aucun murmure. Après y avoir jmsé dii mois, il alla se reposer dans le Seigneur, le premier dimanche après la Pentecôte, Tan 1313. Boniface fit faire ses funérailles avec beaucoup de solennité ; à quoi il ajouta un éloge du saint, et il ordonna la célébration de sa fête tous les ans au 30 mai.

CELIBAT ECCLÉSIASTIQDE. — Nous ne voulons pas redire ici tout ce que les Souverains Pontifes ont fait pour le maintien de de Ia<liscipline relative au célibat ecclésiastique, ce serait une trop longue tflche; et d'ailleurs on peut le voir, en parcourant Thisloire successive des différents Papes. Nous ne prétendons pas non plus montrer les immenses et bienfaisants résultats du célibat des prêtres, tant pour la société tout entière, que pour TédiOcation de Toauvre spirituelle poursuivie par TEglise. Qu*on nous permette seulement de rappeler ici ces belles parole de de Maistre.

4« Le christianisme , en imposant aui prêtres la loi du célibat, n*a fait que s emparer d'une idée naturelle ; il Ta dégagée de toute erreur; il lui a donné une sanction divine, et Ta convertie en loi de haute discipline. Mais, contre cette loi divine, la nature humaine était trop forte, et ne pouvait être vaincue que par la toute-puissance inflexible des Souverains Pontifes. Dans les siècles barbares surtout, il ne fallait pas moins que le bras invincible de Grégoire vil I our sauver le sacerdoce. Souvenons-nous cu'il existe, dans le corps du droit canon, un chapitre intitulé : D^fUitspnsliytêrorum. Sans cet homme extraordinaire, tout était perdu humainement. On se plaint de Timmense pouvoir qu*il exerça dans son temps ; autant vaudrait se plaindre de Dieu, qui lui donna la force sans laquelle il ne pouvait agir. Le puissant Demiurgs obtint tout ce qu il était possible d*une matière rebelle; etsessuc; cesseurs ont tenu la main au grand œuvre avec une telle persévérance» quils ont enfin assis le sacerdoce sur des bases inébranlables.

« Je suis fort éloigné de rien exagérer „ et de vouloir présenter la loi du célibat comme un dogme proprement dit; mais ^e dis qu'elle appartient a la plus haute discipline; qu'elle est d'une importance sans ë^ale, et que nous ne saurions trop remercier les Souverains Pontifes à qui nous \9k devons.

«Le célibat ecclésiastique étant doublement utile è la| population,! et comme r««treinu morale sans corruption, et comme principe fécondateur sans interruption ni limites, il s'ensuit qu'il est impossible d'imaginer une institution plus avantageuse politiquement, et que tous tes souverains de t univers devraient adopter, indé-

pendamment de toute considération, comme simple mesure de gouvernement.

Salut -et honneur éternel à Grégoire VII età ses successeurs, qui ont maintenu l'intégrité du sacerdoce contre tous les sophismes de la nature, de l'exemple et de l'hérésiel »

CHAMBRE APOSTOLIQUE --Ce tribunal se compose de douze prélats, dits clercs de la chambre^ ainsi qu'il est établi par la constitution 24, lÀcetf de Léon X. Le gouverneur de Rome, comme vice-camerlingue , l'auditeur de la chambre, le trésorie, le président de la chambre, te commissaire général, Tavocat du fisc, l'avocat des pauvres et l'avocat fiscal en font en outre partie, au nom et comme représentant', en une certaine mesure, le cardinal camerlingue.

Les matières dont connaît ce tribunal sont toutes celles relatives aux impôts et aux droits fiscaux. Un des clercs de là chambre, dit président de l'annone, est chargé de veiller a l'approvisionnement de Rome, de faire observer tous les règlements pour l'entrée , la sortie et la vente des grains, de punir tous les délinquants que juge le tribunal de l'annone, présidé par lui.

Ce que le président de l'annone fait pour les grains, un autre clerc de la chambre, dit président de//e y racte, le fait pour les viandes et les autres comestibles. Un troisième, commissaire des armes, a, conjointement avec le comité établi k cet effet, la surintendance de tout ce qui est relatif k l'étal militaire du pays; un autre, président deUa xeceUf est chargé de la monnaie ; un autre des \)onis et chaussées, etc., etc. Le président de la chambre préside è la révision des comptes, l'avocat du fisc plaide les causes de la chambre, l'avocat des pauvres plaide gratuitement pour les indi)^ents. Il y a, en outre, la prélature amadort , instituée spécialement pour la défense des pauvres injustement opprimés.

Ces indications sur la chambre apoetoUque nous ont paru nécessaires pour donner une idée claire de la nature et de l'étendue des pouvoirs de son chef, le cardinal camerlingue.

CHRISTOPHE, cent dix-neuvième Pape et successeur de Lâon V, était Romain de nais- A^nce et fils d'un autre Léon. — Il fut élu au mois de décembre 903, et ne tint le Saint- Siège qu*eaviron six mois. L'histoire nous apprend peu de chose sur ce Pape, qui fut le contemporain de Léon le Philosophe, empereur d'Orient, et de Charles le Simple, roi de France. Il eut pour successeur Sergius m. Il s'éleva, à ce qu'il paraît, par le moyen d'une faction populaire. Il fit chasser el enfermer Léon V, choisi sous la protection de l'empereur Lambert. Il fut chassé lui-même par la faction du marquis de Tescane, et mis en prison^

CLEMENT !•' (Saint). — Troisième successeur de saint Pierre, il fut élu Pape l'an 91, et son pontificat, qui commence sons l'empereur Domitien« ne finit que sous l'empereur Trajan. L*hi$toire nous appreni

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