COSI
<rancieonè(é» iescardinaoi des trois ordres. Beaucoup moins nombreux que ceui de Tordre des prdires, les cardinaux de Tordre des évAques et de Tordre des diacres Toient leur tour arriver plussourent. Une salle du conclave est affectée à ces congrégations qui se tiennent tous les soirs à la dernière houre du jour (vers huit heures en été ). Les trois cardinaux représentants des trois ordres, et le cardinal camerlingue sont assis à côté Tun de Tautre; le secrétaire du conclave* sur un tabouret* au bout de la table du conseil ; ce prélat est chargé de TexécutioD ; toutes les décisions doivent être signées des quatre cardinaux.
Ces congrégations ont la direction du gon- Ternementde TE>;lise et de TBiat ; elles sont chargées de la correspondance diplomatique, des rapports avec les ronctionnaires* etc., etc. Néanmoins, lorsque survient une affaire trop grave pour que les cardinaux cheb d*ordre puissent en prendre la responsabilité» ils la soumettent au Sacré Collège dont tous les membres, prévenus par le secrétaire du conclave, Texaminent et la discutent en congrégation générale ( f/eclton ei couronnemeni au Souverain Pontife ).
CONON, quatre-vingt-troisième Pontife et successeur de Jean Y. — Après la mort de ce dernier, le Saint-Siège vaqua deux mois et demi après lesquels les évoques et le clergé s'assemblèrent dans le palais de La- Iran, et leur choix tomba sur le prêtre Conon. Il fut ordonné le 21 octobre 686, c'était un vieillard vénérablepar son caractère et ses cheveux blancs, vrai dans ses ()droles, simple, paisible, qui jamais ne s'était mêlé dans les affaires séculières. Il était né en Sicile et était originaire de Thrace. Aussitôt qu'il fut élu, tous les magistrats avec les tiiincipaux citoyeiis, vinrent le saluer par leorsacelamatiiDns.
Ce saint Pape, se laissa persuader contre la répugnance du clergé , d établir pour directeur du Patrimoine de Sicile» Constantin, diacre de l'Eglise de Syracuse, homme artificieux. Bienl6l« il s'éleva une sédition contre lui, à cause des procès qu'il susciait à divers {larticuliers ; mais le gouverneur de la province le fit mettre dans una étroite prison. Peu après son élection, Conon envoya saint Kilien et plusieurs autres prêcher les iiifiJèlesen Allemagne, et, cette mission eut les plus heureux succès. Ce Pape fut le contem|iorain de Jusfinien 11, empereur d'Orient, et de Thierri 1*' roi de France. Il ne tint le Saint-Siège aue onze mois et trois jours, pendant lesuuels il fut longtemps malade. Durant sa dernière maladie I archidiacre Pascal voulant s'emparer de Tor qu'il avait légué au clergé et aux monastères, écrivit à Jean» exarque de Ravenne et lui promit de lui donner cet or, afin qu'il le fit élire Pape. L'exarque accepta le marché et envoya aussitôt à Rome des ofliciers lie sa part, |)our gouverner la ville, et élire Pascal sitôt que Cotion serait mort. Ce Pape mourut le 26 septembre 687, il fut enterré
dans l'église Saini-Vierre et eut pour successeur Sergius J".
CONSECRATION DU PAPE. — Le chef de TEglise peut-être choisi dans tous les rangs parmi les enfants de TEsiise, pourvu qu'As ne soient pas dans les liens du mariage. En 1003, nous voyons un simple laïque Jean XIX, monter au Saint-Si^e, cet exemule est unique. Peu de clercs mineurs, peu de sous-diacres, ont été élus ; dans les premiers siècles, r*étaif surtout entre les diacres que Ton choisissait le Souverain Pontife, par suite de la discipline alors en vigueur, Télection était rare, celle d'un évêque plus rare encore.
Le successeur immédiat de saint Pierre, saint Lin, avait reçu le caractère épiscopal du Prince des apôtres lui«même, mais il n'était attaché è aucune Eglise particulière avant son élévation è la chaire de son maître. Après lui, le premier évêque élu Pape, est Formose, évêqne de Porto, en 891. (Selon <]uelques auteurs. Marin I", en 882, aurait été également, avant son élection^ revêtu du caractère éuiscopal.) Mais, depuis la fin du XIII* siècle, le Paj)e est ordinairement pris parmi les évêques ; de 1592 è nos jours, on ne trouve que quelques exceptions; Clément VIII, celte année-là; Clément Xi, en 1700; Clément XIV, en 1769; Pie VI, en 1775, et Grégoire XVI. Dans les premiers siècles, le Pape était toujours pris jiarmi les membres de TEglise romaine. Des Grecs, îles Syriens, des Dalmates, des Espagnols, des Africains étaient choisis, mais ils se trouvaient déjà incorporés à TEglise de Rome. Le Sacré collège remplaçant et représentant le clergé romain, c'est aussi presque toujours dans son sein que le Souverain Pontife est choisi. Depuis longtemps, la coutume s'est introduite de ne choisir le Pape que parmi les cardinaux présents au conclave.
Quel que soit son rang dans la hiérarchie, le nouvel élu possède, immédiatement après son élection, la juridiction suprême, et voit les princes de TEglise lui rendre les honneurs dus au souverain pouvoir. Simple clerc, il peut se faire conférer le même jour tous les ordres sacrés. C*est assis sur son siéj^e, et (lortant la iultre, que, dans la collation du sous-diaconat, il reçoit de Tévêque le calice vide, la patène et les burettes, le livre des Epltres et le manipule; c*est encore assis que, lorsau'on l'ordonne diacro, il reçoit l'imposition des mains; le célébrant seul |>orte la mitre, les autres cardinaux et évêques vont lui imposer les mains, têiu nue et dans l'attitude du respect : Aceedeniës €um reverentia ei deteciis capitibt$i. (Cérémonial.)
Dans l'origine» le diacre élu n'était paa onloiiné prêtre; on le saurait évêque immédiatement, mais cet usage ne se maintint pas ; en 1079, saint Grégoire VU, et en 1118, Gélase II, simples diacres, sont ordonnés prêtres avant d être sacrés. Portant la mitre et sur son sié^e, le Pa|>e reçoit les onctions sacrées, le calice avec le viu et Teau» la pa-
CON
CON
tène avec Thostie ; il reçoit la «oœmuoion à côté du célébrant, qui« ensuite, est admi», ainsi que les autres cardinaux et évèques^ iûl osculum oris. Ils lui baisent la main et les pieds ; la croix papale est là; et lui, sim-
Ele prélre, donne* du milieu de Taulel, la énédiclion apostolique. Le célébrant fléchit le genou pour adresser à Télu les souhaits ud multos annos. Ce rite, ainsi que celui de la l>énédiction, s'observe h la collation des trois ordres. Si le Pape les reçoit k plusieurs jours d'intervalle, ou omet la formule Poëtulat a te EccUiia^ usitée pour Tordination des diacres et des prêtres.
Lorsque le Pape est prélre« la consécration a lieu comme pour le sacre d'un év6- (lue, sauf les différences que nous allons indiquer. Après le chant de Tierce, le Pape revêt sur son trône les habits pontitiçaux. Le cardinal consécrateur, portant le jiaiUitfiii ce jour- là seulement, et ses deux collègues, vont revêtir les ornements sacrés et revien<» neat. La procession se rend à l'autel. Le cardinal-diacre Ole la mitre au Pape, qui, à genoux, fait Tacle solennel de la profession de foi ; puis, il monte sur le marchepied (le l'autel, s*agenoaille sur un prie-Dieu, ayant à sa gauche et derrière lui le cardinal consécrateur et les deux cardinaux*évêqups assistants. Après le chant des litanies, les bénédictions prescrites, l'imposition des mains et du livre des Evangiles, le cardinal entonne l'antienne Unguenium in capUe. Le chodur tout entier chante le psaume Ecc€ quam bonumf et réplique l'antienne.
Le cardinal consécrateur met au doigt du Pape l'anneau pontiGcal, et, avec les cardia naux assistants, lui fait toucher le livre des saints Evangiles, ils s'inclinent profondé* ment devant lui, et vont déposer leurs ha» bits sacrés. Le cardinal doyen revêt la chape, ornée du formai, pour assister, comme évêque, à la Messe solennelle du Souverain Pontife. Le cardinal -diacre d'oflice, s'approchanl du Pape assis, essuie sa tête qui vient de recevoir les onctions; et le Pontife, descendant au pied de l'autel/ assisté du cardinal-diacre d'office, et d'ua auditeur de rule , sous-diacre apostolique qui doit lui mettre le manipule au bras gauche, commence la Messe. Le même au* diteur de Rote présente ensuite au premier cardinal-diacre lepaZ/ium, au*il doit placer sur les épaules du Pape ; et la Messe pontificale se continue, comme nous le dirons en décrivant le cérémonial du couronne*ment.
A l'offertoire, pendant le chant du motet ExsuUate Dto^ cinq prélats votants de signik tujre (S3J, précédés u'ua maître des cérémonies et des massiers, portent les offrandes, deux cierges à l'écusson pontifical, deux
pains et deux petits barils de vin, que la cardinal doyen présente successivement au Souverain Pontiie.
Lorsque le Pape élu est évêque, il n*y a point dTiutre consécration que le couronnement X £piscopu9 qui in Papam electus est^ non comecratur dernio, êed benedicilur ali" fuo dit Dominico ei coronaiur^ dit TOnlo romain du cardinal Stepbaneschi, $i tlectus Pontifex jam tpiscopus esf, lantum btnedicenduê et coronandus^ répète le cérémonial de Patrizzi. C'est cette bénédiction particulière que certains auteurs ont improprement appelée caiM^cm^ton. La papauté n'est 1)as un ordre nouveau, et l'épiscopat donne a plénitude du sacerdoce ; la papauté est le souverain pouvoir, la royauté de la société spirituelle ; on est sacré évêque, on est couronné Pape.
La consécration et le couronnement se font d'ordinaire le même jour; cependant les deux cérémonies peuvent être séi»arée$, comme cela eut lieu {)our Clément XIV.
Autrefois, la consécration se faisait toujours le dimanche; dans ces derniers temps, elle a été célébrée aux autres jours de la semaine indifféremment.
Nous avons dit que le droit de consacrer le Pape appartient au cardinal -évê(|ue d'Ostie, qui toujours, ou presque toujours, est je cardinal doyen. Il est assisté par lesdeui cardinaux-évêques les plus anciens après lui, dont le premier est le cardinal sou^»doyen, toujours, ou presque toujours (2V) évêque de Porto. Le second cardinal assistant est donc le plus ancien des quatre cardinaux-évêaues ou suburbicaires d'Albano, «de Sabine, de Palestrine, de Frascati. On lit dans Anastase que Léon H, en 682, fut ordonné par les trois évêques André d'Ostie, Jean de Porto et Placentinus de Veiletri (Velletri n*étail pas encore alors réuni à révêché d'Ostie), parce que, en ce moment, le siège d'Albano se trouvait vacant, d'où il résulte que, avant Léon II, le droit de consacrer le Pape, avec l'évêque de Porto et ré\êque d^Osiie, appartenait exclusivement à l'évêque d'Albano.
CONSTANTIN, quatre- vin^t- huitième Pontife et successeur de Licinius. —Après la mort de ce dernier, le Saint-Siège vaqin un mois et dix-neuf jours, et le k mars 708 on élut Constantin, né en Syrie, homme d*une extrême douceur. C*est le septième Pape de suite venu de Syrie, ou de Grèce. Peut-être que la persécution des Arabes et les fréquentes révolutions de Tempire obligeaient plusieurs Grecs et Orientaux à se réfugier à Rome. Le Pape ayant ordonné Félix, archevêaue de Eavenae, celui-ci refusa de faire à lEglise les promesses que ses
(â5) Les volants «te sigiiauire sooi les membres oes iribunaux dit deila ugnatura , ipii' y ont vuix cli^libéraUve. Les prtlaU rappoileurs, ponenti, sont appelés référendaires. Le tribunal de la signaiure est, à Roiue, ce qu^e^t chez nous la Cour de k»^ satiofi.
(34) Par ces mois, preiqnt îoujwtrê, laiit à TégarJ du décanat que du «iu8-dé«'anai, notis voulons u^alement rap|>tlt:r les quelques exceptions qui ont eu lieu jadis, nuis qui depuis luiigteinps ue se renou* velleni jantais.
DES PAPES
COR
prtdécessears araient coutume de faire. L*«mpereur Juslinien» qui favorisait le Pape, en ayant été informé, envoya à Rafenne Théodore, général de l'armée de Sicile, qui prit la ville et emmena l'arche- Téque et les rebelles chargés de chaînes à Constanlinople ; mais il eut la cruauté de faire crever les yeux à Tarchevéque et le conJaiDDa à Texil dans le Pont.
Cependaot l'empereur Justinien envoya onJreau Pape GoustanliR de venir à Cons* uuliaople. Le Pape s embarqua è Porto, et, après avoir passé l'hiver à Otrante, il arriva i Coosiantifiople, et de là à Nicomédie, où Tempereur le vint trouver de Nicée. Le diuiaoche suivant, le Pape célébra la Messe devant Terapereur. Ce prince communia de sa niaio, le pria d'intercéder pour ses péchés et renouvela tous tes privilèges de l'Eglise. Oo ignore quel était le sujet de ce voyage; mais, quoi qu'il en soit, le Pape reçut partout de très-grands honneurs; il rentra à Rome l'an 711» ayant été un an absent.
Cependant, Justinien ayant été tué, Philippique fut mis à sa place. Ce nouvel empereur était hérétique ei favorisait le monothélisme. Il fit tenir un concile, où le siiième concile général fut condamné, et en ayant trouvé les Actes dans le palais, il les fil brûler publiquement ; il persécuta même ceux qui ne voulurent pas souscrire â son conciliabule. Il envoya au Pape Constantin une lettre où son erreur était exprimée; mais te Pape ta rejeta. Le zèle du peuple en fut excité, et on éleva dans l'église (le Saint-Pierre une image qui contenait les MX conciles généraux. Cependant les officiers des troupes de la maison dePhilippique, Avant conspiré contre lui, lui firent crever lus yeux, et Anastase fut élu empereur. Ce prince écrivit aussitôt une lettre au Pape t^onstaniin, par laquelle il faisait profession ^e la foi catnolique et recevait le sixième inncile général. Quelque temps après, Beûott, archevêque de Hilan, vint à Rome, et il y discuta devant le Pape pour le droit de consacrer l'évèque de Pavie ; mais il perdit ^a cause, parce que de tout temps ce droit avait appartenu au Papje. Constantin mourut après sept ans de pontificat, le 7 février 708, '1 fut enterré dans la basilique de Saint* l^ierre. Il eut pour successeur Grégoire II.
CORNEILLE (Saint), vingtième succès* '«urde saint Pierre, et Romain de naissance. — Saint Corneille fut admis dans le clergé •|e Rome. Il avait déjà gouverné l'Eglise des ^lèies pendant seixe mois que le Saint*Siége vaqua après la mort de saint Fabien. La cruelle persécution de l'empereur Dèce avait causé cette longue vacance. Ainsi , lorsqu'il ^ul élu, il avait déjà donné des preuves de '^ vertu et de son zèle pour le bien de 'l^olise. On avait toujours remarqué en lui J^oe modestie, une retenue et une tranquillité d'esprit que doivent avoir les personnes ^oe Dieu appelle au gouvernement de son peuple, une pudeur semblable à celle des Marges, qui ont toujours la conscience pure» ^t une humilité de cœur qui est le guide de
DicTio^?{. DES Papbs.
la cha:$telé. Il fallut lui faire violence pour le contraindre è accepter le pontificat, et son élection fut te résultat du témoignage de presque tout le clergé et des suffrages de la plus grande partie du peuple qui était présent. Mais, quelque léguime et quelque sainte que fOt cette élection, elle ne laissa pas d'être traversée par (]ue'ques esprits in*
auiets et ambitieux, qui causèrent un schisme e longue durée. Voici ce que saint Cvprien dit au sujet de cette élection qui eut lieu le k juin 251 :ff Ce qui recommande surtout notre très-cher (Corneille à Dieu, Jésus-Christ et son Eglise, ainsi qu'aux évéques ses collè^crues, c'est qu'il n'a pas été élevé tout à coup à la dignité épiscopale, mais qu'il a passé par tous les grades inférieurs des fonctions ecclésiastiques, et qu*il s'en est rendu digne par le mérite de son administration. D'ailleurs, il n'a point désiré ni voulu l'é^ piscopat; il ne Ta point arraché, comme d'autres, qui sont remplis d'orgueil et d'esprit d'usurpation. Tranquille et modeste, comme le sont ceux qui sont choisis d*en haut pour cette place, dans la délicatesse de sa conscience pure et virginale, et avec l'humilité et ta défén nce qui lui étaient naturelles, il n'eut pas besoin, ainsi que d'autres, d'user de violence pour devenir évéque, mais il fallut au contraire qu'on le violentât
pour lui faire accepter celte dignité Et
quand il eut enfin pris Tépiscopat, que do vertus ne déploya-t-il pas dans l'exercice de ses fonctions I quelle lorne d'esprit! quelle fermeté dans la foi I II faut bien que nous rappelions à sa louange l'intrépidité avec laquelle il occupa le siège de Rome, pendant que le tyran menaçait de toute sa colère les prêtres de Dieu, et prétendait que Tévêgue que l'on avait nommé à Rome était un rival qui voulait lui disputer l'empire v (Ctprun.» epist. 52, Ad Anionian.^ edit. Maur.)
Le prêtre Novatien se déclara hautement contre cette élection, et voioi ce que Fleury rapporte à ce sujet :
« Novatien, » dit-il, « avait été philosojphe stoïcien, et en réputation pour son éloquence. Ayant été délivré du démon par le secours des exorcistes, il était demeuré catéchumène jusqu'à ce Qu'étant tombé dangereusement malade, il tut baptisé dans son lit par infusion. Etant guéri, il ne reçut point le sceau du Seigneur de la main de I évèquOf c'est-è-dire la confirmation ni le reste de ce que l'on faisait après le baptême, selon la règle de l'Eglise. Il fut toutefois ensuite ordonné prêtre , nonobstant l'opposition de tout le clergé et de plusieurs laïques» fondée sur ce qu'il n'était pas permis d'ordonmv ceux qui avaient été baptisés dans le lit; mais l'évèque qui l'aimait, pria instamment qu'on lui permit *d'i m poser les mains seule* ment à celui-ci. La persécution étant venue, Novatien se tint enfermé dans sa maison, et comme les diacres le priaient de sortir pour venir assister les frères qui avaient besoin de secours, il se sépara d'eux plein de colère et disant qu'lJ ne voulait plus être prêtre, parce qu'il était sectateur d'une autre
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DlCT-iOiNxNAIRE
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philosophie. Ensuite, il affeola delasévérilé et se plaignit qu'à Rome on recevait les apostats il la pénitence avec trop de facilité. Plusieurs (tu clergé de Rome encore prison* niers pour la foi, se laissèrent séduire à cette apparence de zèle pour la discipline» entre autres Maxime, Nicostrate, Urbain, Sidoine, Macaire, Céterin. Il n'y eut que le prêtre Moïse qui demeura ferme.
« Novatien et le schismatique Novat, venu d'Afriuue , publiaient diverses calomnies contrelePape Corneille, disant qu'il avait pris un billet du magistrat pour éviter la persécution, et qu'il avait communiqué avec lies évéques coupables d'avoir sacrifié aus idoles, entre autres, avec un nommé Trophime. Sous ces prétextes, Novatien sépara plusieurs confesseurs et plusieurs autres fiklèles de la communion de Corneille, et se fit lui-même ordonner évêque de Rome, quoiqu'il eût protesté avec serment qu'il ne désirait point l'épiscoçat. Il choisit ceux de ses plus chauds partisans et le^ envoya en un coin de l'Italie, où ils s'adressèrent k trois évêques, gens fort simples , et leur persuadèrent de venir à Rome en diligence, assurant que leur présence y était nécessaire, pour apaiser la division. Ces évéques s'étant ainsi laissé séduire, et étant arrivés à Rome, Novatien, accompagné de plusieurs autres, les tint enfermés, et les lorçH de lui imposer les mains, et de l'ordonner évêque de Rome, comme si le Siège eût été vacant, comptant pour rien l'ordination de Corneille, et le consentement de tout le clergé et de tout le peuple,. qui était fort nombreux. Car il y avait alors À Rome quarante-six prêtres, sept diacres, sept sous- (îiacres, quarante-deux acolvtes, cinquantedeux tant exorcistes que lecteurs et portiers, quinze cents veuves et autres affligés, que l'Église nourrissait. Le reste du peuple chrétien était innombrable. Un des évêques qui avait eu part k la fausse ordination de Novatien, revint peu de temps après à l'Eglise, pleurant et confessant son péché, et saint Corneille lui accorda la communion, à la prière de tout le peuple , mais seulement la communion laïque ; car il demeura dé-
Ssé aussi bien que les deux autres, et saint rneille envoya d'autres évêques remplir leurs places. Telle fut l'ordination de Novatien, le premier antipape, et le chef du premier schisme dans l'Eglise romaine.
« Au schisme il joignit l'hérésie , soutenant que l'Eglise ne pouvait accorder la paix k ceux qui étaient une fois tombés dans la persécution, quelque pénitence qu'ils fissent, et qu'il n'était jamais permis de communiquer avec eux. Il concfamnait aussi les secondes noces; ses disciples se nommèrent en grec caihares , c'est-k-dire purs , et affectèrent de porter des habits blancs, et cette secte dura plus d'un siècle. Pour retenir ses partisans dans le schisme , Novatien les disait jurer sur la sainte Eucharistie ; car après l'oblation, distribuant k chacun sa part, il lui prenait les deux mains, et ne le quittait point, qu'il ne lui eût fait faire au lieu
de bénédiction iHï serment en rei prA|irti fermes : Jtire^moi^ par le corps ti U sang jf Notre-Seigneur- Jésus 'Christ^ dt ne jojihu me Quitter pour retourner à ComeiUtl et .t malheureux qui faisait ce sersieiil, ae hua*
Seait point qu'il n'eût prononcé celto lualiiclioi^, et qu'il n'eût diliJtneretountrtu plus à Corneille f au lieu de dire oitoi, comme on avait accoutumé de le dire,eo recevant le pain sacré.
« Novatien, incontinent après smi ordiiution, envoya des députés k diverses Eglises, avec des lettres par lesauellesildoDDaiUm de son élection suivant la coutumêi leigmot d*avoir été ordonné malgré lui. Il ethorliu tous les évêques k ne point admettre les apostats k la participation des mystères, nuis seulement de les exciter k la pénitence, k .en laisser le jugement k Dieu; et il ooubliu pas les calomnies dont il chargeait tePa.f saint Corneille. Ce qui leur donnait autoriif. était le témoignage des confesseurs qu ilarsa séduits, et qui écrivaient en mêmeteiuiii. Ces lettres troublèrent presque toutes in Eglises ; car on ne croyait |>as pouvoir «• tromper, en suivant ceux qui avaient roa fessé Jésus-Christ si ^lorijeusemeol, el souffert une année de prison. Mais saint Dec:», évêque d'Alexandrie, répondit en ces teriDM k Novatien : Si on vous a oriomtU wsl^t vouf, comme vous dites ^ vous lemontrerfin cédant volontairement; car il fallait toutituffrirpour ne pas diviser r Eglise de IH^u^ a i* martyre que vous auriez enduré pour ntp^* faire de schisme ^ n'eût pas été moînsglontàj que pour ne pas faire acte iidolàtm, a même plus grand selon moi ; car ici ck'u souffre le martyre pour sa seule âme , t( iu pour toute VEalise. Maintenant^ si ceu» ptfsuadez aux frères de se réunir , Faction «m plus belle que la faute n*a été grande ; m w' vous Fimputera pluSf et vous recettes l'.^ louanges. Si vous n'êtes plus le maîire ét> autres f sauvez au moins votre étme à qntlf^ prix que ce soit.
<( Saint Cyi^^rien étant sorti de sa retraite. tint un concile avec un plus grand nona^rt d'évèques , qui, après avoir célébré lesfè:''' de Pflques, chacun chez eux, s'étaient i>* semblés k Carthage, pour régler les allure* de l'Eslise. D'abord ayant reçu les nooT«; '^ de l'élection de Corneille et du pui^Mr» parti qui s'était élevé contre lui, ils sus/rdirent leur jugement, et avant de le re«^:^* naître pour évêque et de communiquer i*' • lui , ils voulurent s'instruire plus k food <* la régularité de son ordination. Pour cet eff?'. ils envoyèrent k Rome deux évêques, CÀ'^f^ donius et Fortunat ; et aussi pour trafti- <: k réunir les membres de l'EIglise, et i ;^* tablir la charité. Cependant saint Cjpnf^i exhortait tous ceux qui allaient k Rome, c: s'informer quel était le parti de l'Eglise la* tholique, et de 8*y attacher.
«Mais quand les lettres de Novatien viartt* k Carthage, portées par Maxime prêti«» ^** gendus, diacre, et deux autres nommés Umchée et Longin, les évêques d'Afrique af^i^ connu eue les scbismatiques avaient piM»<*^