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leur auduce jusqu'à se faire un autre Pontife, furent indignés de Tirrégularité de cette or-* dination , et résolurent aussitôt de refuser leur communion aux députés de Novatien, ne laissant pas toutefois de réfuter les calomnies qu'ils soutenaient avec obstination. Alors Pompée et Etienne, évêques africains» revinrent de Rome, et instruisirent leurs cotlè|Çues de ce qui s*j était passé. C'étaient des personnages si graves, et d'une fidélité si connue , qu'après leur témoignage, on ne jugea uas à propos d'écouter davantage les députés de Novatien. Us n'en persistèrent pas moins à faire grand bruit dans l'assemblée, et à demander, à haute voix, que les évêques et Je peuple examinassent pulîliquement les accusations dont ils se disaient porteurs, et ?|u*i]s oSraient de prouver. Les évêques d'Arique, pesant toutes choses, eurent plus d'égard à la sainteté du sacerdoce , et répondirent qu'il ne convenait pas à leur gravité de souffrir que la réputation de leur confrère fût encore attaquée, aivtès qu'il avait été élu, ordonné et approuvé par tant de suffrages, dt que, dans une si grande assemblée, où les Pontifes de Dieu étaient assis et l'autel dressé, on ne devait ni lire ni entendre un livre diffamatoire. On dit pour toute réponse aux schismatiques, qu'un évêque étant une fois établi et approuvé par le témoignage et le jugement des évêaues et du peuple, il n'y a plus moyen d'en établir un autre. Les schismatiques ainsi rejetés ne se rendirent pas ; ils continuèrent à aller de maison en maisons, ei de ville en ville, cherchant à propager leur erreur. Saint Cyprien et les évêques d'Afrique envoyèrent au Pape saint Corneille Je prêtre Primitif^ pour 1 instruire ample* ment de tout ce qui s était passé en cette oreasion.
« Dans ce même concile de Carthage fut examinée la cause de Félicissime et des cinq prêtres oui l'avaient suivi. Ils furent entendus, condamnés et excommuniés, et le concile en écrivit au Pape saint Corneille une lettre synodale souscrite de la main des évêques. Dans ce coni'ilefutaussi examinée la cause des apostats, qui y avait été réservée. Les saintes JEcritures y furent longtemps alléguées de part et d'autre , et on trouva enfin ce tempérament de ne pas leur ôter tout à fait l'espéranc^ de la communion, de peur que le désespoir ne rendit leur chute encore pire, et que, voyanlTEglise fermée pour eux, ils ne retournassent au siècle pour vivre en païens. l>*un autre côté on ne voulait pas relAcher la discipline , en les admettant sans choix à Ja communion ; mais on résolut de tirer en lon^çueur leur pénitence, de prier peureux avec larmes le Fère des miséricordes, d'exavoioer les causes, les volontés et les besoins de chacun en particulier. Ce décret du con- -cile fut rédigé en plusieurs articles ou canons, que l'on envoya h Rome et aux autres Eglises. Ce sont ces canons que l'on a depuis appelés pénitentiaux, qui réglaient la conduiie des évêques à l'égard des pécheurs pénitents, suivant les diverses degrés des péchés. Avec ces canons et la lettre synodale,
saint Cyprien envoya aussi une lettre qu'il écrivit en particulier au Pape saint Corneille par Mettius, sous-diacre, et Nicéphore, acolyte; et il écrivit en même temps aux confesseurs qui étaient tombés dans le schisme de Novatien. Mais il ordonna à Mettius de lire auparavant au Pape les Tôttres
Îu'il écrivait, et de ne les point rendre si le ape ne le jugeait à propos, de peur qu'on ne lui fit dire autre chose que ce qu'il disait effectivement.
« Le Pape saint Corneille ayant reçu ces lettres d'Afrique, assembla à Rome un concile de soixante évêques, et d'un plus grand nombre de prêtres et de diacres. Le aécret du concile de Carthage toucbant les apostats y fut reçu et coniirroé, entre autres le canon qui portait, que les évêques tombés dans le crime seraient reçus dans VEglise après avoir fait pénitence ; mais seulement au rang des laïques, sans jamais pouvoir offrir de sorcrifiee^ ni faire aucune fonction sacerdotale. Ce même concile conuamna Novatien, son schisme et sa doctrine cruelle, qui refusait la communion à ceux qui étaient tombés, quelque pénitence qu'ils fissent. Saint Corneille fil part aux autres Eglises de ce qui s'était passé dans ce concile ; il en écrivit entre autres à Fabius, évêque d'Antioche, lui montrant c|ue toutes les Eglises d'Italie et d!Afrique étaient du même sentiment; il en écrivit aussi à Denvs d'Alexandrie. Il se tint des conciles semblables dans les autres provinces , louchant le schisme et l'erreur des novatiens. On dit que ce fut dans ce même temps et à l'occasion de leur condamnation, que les éyêauea ajoutèrent au canon ou catalogue dû clergé de chaque Eglise, un prêtrepénilencier, pour recevoir Tes confessions de ceux qui seraient tombés après le baptême. Novatien se voyant ainsi vaincu à Rome, envoya en Afrique un évêque de son parti nommé Nicostrale, confesseur, et deux autres schismatiques nommés Primus et Denys, pour faire une nouvelle tentative en fa* veur de leur secte, et saint Corneille en donna aussitôt avis à saint Cyprien, par une lettre dont il chargea le confesseur Augendus.
« Novat étant parti de Rome, les confesseurs qu'il avait séduits, revinrent à eux» Ils pouvaient aussi avoir vu la lettre de saint Denys d'Alexandrie à Novatien; ils avaient reçu celles que saint Cyprien leur avait écrites, et peut-être soa traité De Vunité de Tfglise^ qu'il publia dans le même temps et envoya à Rome. On s'apercevait déjà qu'ils étaient adoucis et moins opni&itres. Urbain et Sidoine vinrent trouver les prêtres de l'Eglise romaine, disant que Maxime, prêtre et confesseur, voulait revenir à l'Eglise avec eux : mais, comme ce qu'ils avaient fait donnait sujet de s'en défier, le Pape voulut que les prêires les entendissent condamner de leur propre bouche leur erreur. Ils vinrent, les prêtres leur demandèreni compte de leur conduite, et particulièrement des lettres remplies de calomnies qui venaient d'être envoyées sous leur nom, et qui avaient troublé la plupart des Eglises. Ils assurèreAl
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quMrs avaient été trompés, et qu'ils n*avaient point su ce que contenaient ces lettres, mais qu'en eQe( ils étaient entrés dans le schisme et ]*hérésie, en souffrant que ]*on impo&flt les mains à Novatien pour le faire évèque. Comme on leur en tit des reproches et de tout le reste de leurs actes, ils supplièrent que leur tort fût oublié.
Tout cela étant rapporté au Pape, il assembla ses prêtres, avec cinq évèques qui s*y trouvèrent, ils délibérèrent et résolurent d'un commun avis ce qui devait être observé à regard de ces confesseurs schismatiques, et ladélibéralion fut rédigée par écrit. Cela lait, on fit entrer dans l'assemblée Maiime, Urbain, Sidoine, Macaire, et la plupart des frères c]ui s'étaient joints à eux, qui prièrent très-instamment que le passé fui oublié, et que tout fût remis comme s*il n'était rien arrivé ni rien dit de part et d'autre. Ensuite, le Pape lit part au peuple de ce fait, alln qu'il vît dans l'Eglise ceux dont l'égarement l'affligeait. Le peuple fidèle ayant appris leur bonne volonté accourut en grand nombre. On n'entendait que des actions de grâces rendues à Dieu tout d'une voix ; ils exprimaient par leurs larmes la joie de leur cœur, embrassant les confesseurs comme s'ils n'étaient sortis de prison que ce jour-là. Les confesseurs firent leur déclaration publique en ces termes : Nous savons que Corneille e»t évéque de la très^ iainte Eglise catholique^ par le choix de Dieu Àout'puissant et de Jésus-Christ Notre- Seigneur^ Nous confessons notre erreur ; on nous en a imposé par des discours captieux; encore qu'en apparence nous eussions quelques communications avec un homme schismatxque 4t hérétique^ notre cœur a toujours été sincèrement dans VEglise. Car nous n'ignorons pas qu'il n'y a qu'un DieUy un Seianeur Jésus-Christ^ que nous avons confesse , un Saint-Esprit f et qu'il ne doit y avoir qu'un Souverain Pontife dans l Eglise catholique.
c Après celle déclaration des confesseurs, le Pape ordonna au prêtre Maxime de reprendre sa place, et reçut tous les autres avec de grands applaudissements du peuple»
remettant tout è Dieu, qui a tout en sa puissance. Au même moment il envoya J'acolyte Nicéphore pour porter celte nou- Tetle à saint Cyprien par l'ordre de qui il était venu è Rome, et le fit partir du lieu même où i'£glise était assemblée, pour s'embarquer. Il pria saint Cyprien denvoyer sa lettre aux autres Eglises, afin que tout le monde sût que le parti schismalique s'évanouissait de jour en jour. Avec cette lettre, saint Corneille envoyait à saint Cyprien l'acte de la délibération qu'il avait prise avec les prêtres de l'Eglise romaine et les cina évêques qui s'étaient trouvés présents. IL chargea aussi l'acolyte Nicéphore d'une lettre à saint Cyprien, où il l'avertit pour la seconde fois du passage de Novat et des autres quatre scbismatiques en Afrique, et l'instruisit des crimes d'Évariste et de Nicostrale, qui seuls de tous les confesseurs étaient demeurés dans le nthisme
• « Saint Cyprien ayant appris la réconciliation des confesseurs de Kome,*écrivit au Pape saint Corneille pour l'en féliciter et pour lui dépeindre la personne et les crimes de Novat : car comme il était prêtre de l'Ë^ glise de Carlhage, il y était mieux connu qu'à Rome.
« Dans sa lettre à Antonien, saint Cyprien explique le mérite du Pape Corneille et la régularité de son*élection, et le disculpe des calomnies des scbismatiques. Sachez^ dit-il, que nos collègues ont reconnu très-<iertaine ment^ qu'il n'est coupable ni d'avoir pris un billet de sûreté^ ni d'avoir eu une communia cation sacrilège avec les évéques qui ont sa^ crifié aux idoles A l'égard de Trophime, une grande partie du peuple qui s'était séparée avec luif ne serait point Revenue sans /ut, et il les ramenait avec une humilité et une salis'" faction entière. Corneille en ayant délibéré avec plusieurs de nos collègues^ Trophime a été reçUf mais seulement à la communion laïque, et non comme les malicieux vous l'ont écrit f pour avoir le rang d^évéaue.
Ce que l'ona dit que Corneille communique indifféremment avec ceux qui ont sacrifié^ est encore un faux bruit inventé par les apos* tats. Si quelqu un est surpris de maladie^ on le secourt dans le périls comme il a été résolu: mais après que nous leur avons ainsi donné la paiXy nous ne pouvons pas les étouffer de nos propres mains^ ni les obliger à mourir effectivement^ parce quils n'ont reçu la paix que comme mourants,
« Le Pape saint Corneille écrivit à Fabien d'Anlioche depuis la réconciliation des confesseurs, outre deux lettres qu'il lui avait adressé auparavant, touchant la co!idamnation de Novatien, et le consentemenl desdeux autres Eglises. Dans cette dernière, iljex pi iq liait au long les crimes de Novatien et rirregulàritédeson ordination, le retour des confesseurs qu'il avait séduits, et! comment tout'ie monde l'abandonnait. A la fin de celle lettre élaient les noms des évêijues assemblés à Rome, qui avaient condamné l'erreur de Novatien, et les noms de leurs Eglises. On y lisait aussi les noms et les Eglises de ceux qui, étant absents, avaient envoyé à Rome leur avis et leur adhésion par lettres ; et c'est peut-être ce que saint Jérôme appelle le concile d'Italie. •
« Saint Corneille écrivit, aussi à saint Denys d'Alexandrie contre Novatien : et saint Denys dans sa réponse lui marquait qu*il avait été invité de se trouver è un concilo qui devait se tenir à Antioche, où quelquesuns s efforçaient d'établir l'hérésie de Novatien. Ceux qui avaient invité saint Denys à ce concile, étaient Hélénus, évèque de Tarse en Cilicie, Firmilien de Césarée en Cappai^oce, Théocliste de Césarée en Palestine, tous trois évêques de métropoles voisines d'Antioche. Mais, avant la célébration du concile, Fabien mourut après avoir tenu le siège environ deux ans depuis le martyre de saint Babylas. A Fabien succéda Démétrien, quatorzième évèque d'Anlioche. il tint le concile cù Novatien fut condamné et
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disposé comme favorisant le péché en rendant la pénitence impossible.
« L*ljërétique Privaty qui avait étéévéque deLambèse en Numidie; mais déposé pour sescrimas par un concile de quatre-vingtdix évoques» vint se présenter è ce concile de Cartbage, accompagnédu Tauxévèque Félix, qu'il avait ordonné depuis sa séparation, et accompagné aussi de Jovin et de Maxime, condamné par neuf évêques, pour des sacrifices impies et pour d'autres crimes, et de nouveau excommuniés par le concile de Cartbage de l'année précédente. Privât se présenta donc à ce concile, disant qu*il voulait se justifier; mais il n'y fut pas reçu. De dépit il ordonna un faux évèque de Cartbage, savoir Fortunat, Tundes cinq prêtres 3 ai, Tannée précédente, avaient été chassés e l'Eglise. Il fut ordonné par Privât, Jovin, Maxime et Reposte de Tubuosique, oui, non-seulement était tombé dans la persécution, mais en avait entraîné plusieurs autres. Ces cinq ftvéques, 'acconipai^nés de quelques-uns de ceux quiavaient sacriGé, reconnurent Fortunat pour évéque.
« Il envoya aussitôt à Home pour demander la comoDunion du Saint-Siéçe, comme évèque de Carthage. Le chef de ïa l(^galion fut Félicissi me, ancien ennemi de Cvprien et auteur du schisme, il se chargea de lettres qui portaient que Fortunat avait été élu par vingi-cinq évoques, et qui contenaient ptusieucs autres mensonges et plusieurs calomoien contre saint Cyprien. Il s'embarqua
Eour l'Italie avec une troupe de gens de ;sa iction. Saint Cyprien ne s'empressa pas de donnera saint Corneille la nouvelle de cet attentat.
« Toutefois ayant trouvé l'occasion de Tacoly te Félicien , homme de confiance, que le Pape saint Corneille lui avaitenvoyé avec révèque Persée, entre autres avis, il lui donna encore celui-ci, de Tentreprise de de Fortunat Mais Félicien fut retardé, soit par le veut, soit par d*autres lettres de saint Cyprien qu'il attendait; et le schismatique Félicissime ayant usé de diligence» le prévint.
c Quand il fut arrivé à Rome, il se présenta k réglise acconipa^^né dune troupe de schismaliques désespérés, prétendant faire reconnaître Fortunat pour évéque de Cartbage : mais le Pape saint Corneille ne voulut i>as seulement Técouter, et le rejeta de réglise avec une vigueur sacerdotale, comme ayant été légitimement condamné pour de grands crimes. En effet ce Félicissime avait détourné de l'argent qu'il avait en dépAt» corrompu des vierges et commis des adultères. SaintCorneille en donna avis à saint Cyprien, par une lettre pleine de charité et de force* dont il chargea Satur, acolyte. Les schismatiques se voyant rejetés, revinrent, à la cfaarse avec des menaces et des emporteoaeats furieux, disant que, s'il ne recevait
G s les lettres dont ils étaient porteurs, ils les aient publiquement et diraient quantité de €iM>ses honteuses ; ils faisaient sonner haut .4 nombre de vingt* cinq évéques, qu'ils di-
saient avoir assistée Tordination de Fortunat. Saint Corneille lut ébranlé par ces menaces, et écrivit une seconde lettre è saint Cyprien où il se plaignait de n'avoir point reçu de réponse, touchant la prétendue ordination de Fortunat : car l'acolyte Félibien n'était pas encore arrivé à Rome.
« Saint Cyprien aj^ant reçu cette seconde lettre de Saint Corneille, lui répondit en ces termes : S^il est ainsi, mon très-cher frire^ que Vaudace des méchants se fasse craindre^ et quils emportent par leur insolence ce qu'ils ne peuvent obtenir par la iustice^ c'e>» est fait de la vigueur épiscopale^ et de la puissance sublime et divine du gouvernement de l'Eglise, Car les gentils et les Juifs nous mencLcent, les hérétiques et tous ceux que le démon obsède^ témoignent leur rage par des discours furieux : il ne faut pas toutefois céder pour cela^ ni croire que lennemi soit plus grand que Jésus Christ parce qu'il a tant de puissance dans le siècle, Ifous ne délions pas seulement considérer les menaces des gentils et des Juifs, Il n'importe qui nous^ trahisse : et ce ne nous est pas une honte de souffrir de nos frères comme Jésus-Christ en a souffert^ ni a eux une gloire de faire ce
«m'a fait Judas. Et ensuite : Les hérésies et es schismes ne sont venus que faute d'obéir an Pontife de Dieu , et de songer qu'il y a dans l'Eglise un seul évéque et un seul juge pour un temps^ qui tient la place de Jésus-Christ. Autrement il ne se trouverait personne quif après le jugement de Dieu , te suffrage du peuple^ le consentement des autres évéques^ ne sefîtjuge^nondel'évéque^mais de Dieu même; si ce n'est qu'il y ait quelqu'un assez impie et assez insensé^ pour croire qu'un évéque se fait sans le jugement de Dieu^ tandis qu'il nous dit qu'un passereau ne tombe pas à terre sans sa volonté; il y a des évéques qui ne se font pas à la volonté de Dieuy mais ce sont ceux qui se font hors de l Eglise. Le Seigneur lui-même a souffert que plusieurs le quittassentt se contentant de dire à ses apôtres : a- Voulez-vous aussi vous en aller, » {Joan. vi, 68.) Mais Pierrcj sur qui il avait bâti VEglise répondit pour tous : « Seigneur à qui irions^ nous (Ibid.)^ » montrant que ceux qui quittent- Jésus-Christ^ périssent par leur faute ; que VEglise qui croit en lui ne le quitte jamais^ et que ceux-là sont l'Eglise qui demeurent dans, la maison de Dieu.
9 Ensuite parlant des calomnies des schismatiques : /a ne dots pa«, dit-il, les imiter^ enrapportant le détail de leurs crimes :'nous. devons considérer ce que doivent dire et écrire les Pontifes de Dieu : la douleur doit moins me faire parler quelamodestis; et je ne dois pas donner lieu de croire quêtant atta^ que, je me défende par des médisances. Je ne
Îarle donc point des fraudes qu'ils ont faites l'Eglise : Je passe les conjurations^ les adultères et aivers gmres de crimes ; il y in a un seul sur lequel je ne crois pas pouvoir me faire, parca qu'il ne s'agit m de mon intérêt^ ni de celui des hommes, mais de Dieu, C'est ae, dis le premier jour de la persécution, orsqne les péchés étaient récent s f. et que h
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fumée des sacrifices abominables se voyait eneore^ non'-seultmeni sur les autelsy mais dans les mains et la bouche des apostats^ ils n*ont point cessé de communiquer avec euar, et de les détourner de la pénitence. En effet» les deux schismes qui divisaieivt alors 1*Eglise, étaient fondés sur des eicès opposés. Novatien ne voulait point que Ton aonnAt Tabsolution ni la paix à ceux qui étaient une fois tombés dans l'idolâtrie,, quelque pénitence qu'ils fissent; Félicissime voulait qu'on les reçût d'abord, sans leur imposer la pénitence.
« Saint Cyprien continue : Non content d'avoir été aux pécheurs V espérance de la tatisfaction^ leur piisant perdre tout le sentiment et le fruit de la pénitence^ ils ont encore établi hors de r Eglise et contre r Eglise une assem^ blée de leur faction^ composée d'une troupe de gens qui ne veulent jpoint satisfaire à Dieu pour les crimes dont ils se sentent coupables.
a Après cela ils osent encore passer ta mer^ et porter des lettres de la part des schismatiques à la Chaire de Pierre et à l'Eglise prin-» l'ipale^ qui est la source de l unité sacerdotale sans penser que ceux à qui ils s'adressent sont tes Romains dont V Apôtre a loué si hautement la foif et auprès de qui l'infidélité ne peut trouver dCaccès. Mais quelles raisons ont-ils d'y alleTf et d'y porter la nouvelle d'un faux éveque établi contre les éviques véritables ? Car^ ou ils sont contents de ce qu^ils ont fait, ou s ils s'en renentent^ ils savent où ils doivent rêve» nir. Il est établi entre nous tous et avec justice^ auÊ chaque coupable soit examiné au lieu où te crime a été commis; une portion du trou* peau est attribuée à chaque pasteur pour le gouverner et enrendre compte au Seigneur. Il ne faut donc pas que ceux qui nous sont soumis courent ça et là^ et mettent la désunion entre les éviques i mais qu'ils plaident leur cause au lieu où ils peuvent avoir des accusateurs et des témoins de leur crime^ Si ce n'est que ce petit nombre de désespérés ne trouve pas suffisante Vautorité des évéques dT Afrique qui les ont déjàjuaés et condamnés. Leur cause a été examinée^ leur sentence prononcée^ et il serait indigne de la gravité des évéques qu'on leur fût reprocher d'être légers et inconstants, puisque le Seigneur nous apprend que nous ne devons dire que : ttOui, ouil y on, non. » Si l'an compte ceux qui les jugèrent l'année dernière avec les prêtres et les diacres, on en trouvera plus qu'il n'en parait maintenant avec Fortunat.
«Il ajoute que la plupart des schismatiques revenaient à l'Eglise ; mais qu'il ne les recevait pas sans choix. Car, dit-il» il y en a à qui plusieurs crimes ou F opposition de nos frères font un tel obstacle, qu'il nest pas possible de les recevoir,^ au scandale du plus grand nombre : pour recueillir de misérables fragments, Une faut pas blesser ce qui est sam et entier. Et ensuite : Je souhaite ^ue tous retournent à l'Eglise: je remets tout, je dissimule, je n^examine pas en toute rigueur les fautes commises contre Dteu; je pèche presque moi-même par trop de facilité: l embrasse, avec joie et avec amour ceux qui
reviennent avec repentir, et qui confenent humblement leur péché. Mais si quelques-uns croient pouvoir Couvrir la porte de TEglist par les menaces et par la terreur, nlutôt que par tes prières et la soumission, qn ils sachent que le ministre invincible de Jésus-Christ ne cède point à des menaces. Un évéque tenant t Evangile et gardant les préceptes de Jésus- Christ peut être tué, mais tl ne peut être vaincu. Faut il abandonner la dignité de VEglise catholique, afin que celui qui y préside soit jugé par ceux qui en sont dehors? Que reste-t-il, sinon que l Eglise cède au Capitole, que les prêtres se rttirent, en portant f autel du Seigneur, et qùé les idoles avec leurs autels profanes passent au milieu de notre sanctuaire? Ce sanctuaire était un demi-cercle, où les prêtres étaient assis, ayant révoque au milieu d'eux, et environnant la table sacrée, où l'on offrait le saint sacrifice. Saint Cyprien continue : Ne serait-ce pas donner à Novatien une ample matière de déclamer contre nous, si ceux qui ont renié publiquement Jésus-Christ, non-seulement sont reçus sans pénitence, mais encore se rendent terribles? S'ils demandent la paix, qu'ils quittent les armes ; s'ils veulent satisfaire^ pourquoi menacent-ils? Qu'its sachent que les prêtres de Dieu ne les craignent point. Quand r Antéchrist viendra, on ne lui cédera fas, parce qu'il menacera de mort ceux qui iui résisteront. Il ne nous importe par qui et quand nous soyons tués, puisque nous recevrons toujours de Jésus-Christ la récompense de notre mort. Et quoique je sache que Faffec^ tion que nous nous devons, vous obtige de lire toujours mes lettres à votre clergé et à votre peuple, je vous prie néanmoins de faire cette fois à ma prière, ce que vous faites de vousmême, afin que si les discours empoisonnés que l'on a répandus contre moi ont laissé quelque mauvaise impression, elle soit entière^ ment effacée. Enfin il avertit les fidèles de Rome de n'avoir aucun commerce avec les scbismatiques,non pas même dans les repas ou les conversations. » {Fulvky, Hi§t. eccl., t. II, p. 228 et suiv.)
Peu après, l'empereur Gallus suscita une violente persécution; car la peste faisant alors de grands ravages, on allribuaii aux Chrétiens les maux publics. Le Pape saint Corneille fut le premier à Rome qui confessa le nom de Jésus-Christ dans cette persécution. Son exemple encouragea tel* Jement les fidèles, que tous ceux qui surent qu'il était interrogé, accoururent pour confesser avec lui : et plusieurs de ceux qui étaient tombés, se relevèrent en cette occasion. Saint Corneille ayant donc refusé de sacrifier aux faut dieux, fut envoyé en exil, par ordre de l'empereur Gallus, à Centumcelles, aujourd'hui Civita-Vecchia. Là, il reçut une lettre de saint Cyprien, qui le fé* licitait, et toute l'Eglise romaine, de sa glorieuse confession. Il marque la différence de Novatien, que les persécuteurs 1/iissaient cependant en repo.s, puis il conclut • « Puis-
3ue nous sommes avertis par la Providence ivine^ que le jour de notre combat appro-
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che» appliqpons-noos sans cesse» avec tout le people» aux jeAnes» aus veilles et aux prières. SouTenons-nous les uns des autres, et qui que ce soit de nous qui sorte d*ici le premier» par la miséricorde de Dieu, que notre charité continue auprès de lui , et que DOS prières ne cessent point pour nos frères. » Ainsi parlait le confesseur Cyprien au confesseur Corneille. Ce dernier souffrit le ro«rt/re le U septembre 252. Saint Jérôme dit qu'il fut ramené à Rome et qu*U y souffrit le martyre 9 et le Martyrologe romain marque la même chose. D*un aulre côlé, on lit dans le calendrier de Libère-, qu'il s'endormit à Centumcelles le ih^ septembre. Quoi qu'il en soit de cette opinion, noui dirons, après saint Cyprien : Ne doiton pas compter parmi les confesseurs- e^ les martyrs les plus itlustpes celuv qui se vit exposé si longtemps à la fureur des ministres d'un tyran barbare^ celui qui courait cootinuellement les risques de perdre la tèfe. d'être 'brûlé , d'être cruciHé? Il fut enterré dans la voie Appienne, dans leerand cimetière construit par le Pape saint Cafixte ; mais, au yiu* siècle, le Pape Adrien T^ mit ses reliques dans l'église qu'il Qt bâtir sous son invocation; et dans le ix% elles furent transportées à Coropiègne, dans Tabbaye des Bénédictins, dite de Saint-Cor^neille. Une partie fut depuis transfér^eà Reimsel à la eollégialede nosnay- en Flandre. Le nom de saint Corneille se lit dans le canon do la Messe, et sa mémoire est honorée le 16 septi^mbre, jour où il fut inhumé.
CORTÉG'E DU PAPE. — Nous donnerons plus loin les détails complets sur le couronnement des Papes, indiqunnt ici partjculiàtement le cortège qui l'accompagne^
Le couronnement a lieu (l'ordinaire un dimanche (le dimanche qui suit Télection), ou un jour de fête; cependant cette règle ne fut pas toujours observée :.Léon X fut couronné le samedi, Clément VIII. le jeudi, Paul Il le mardi, etc. C'est à Saint-Pierre, et depuis Marcel IL (en 1555),;dans la erande loge (balcon) de la basilique, que Te Pape est couronné ;.il l'était, dès les premiers temps, i Saint-Jean de Latran ; et c*est là que Nicolas l" prit la couronne pontificale en 858. La plupart des historiens ne font remonter qu'a ce Pontiie l'usage de cette grande et imposante cérémonie. On eu trouve cependant des traces dans les temps antérieuES; en 795, saint Léon III fut couronné sur les degrés inférieurs de la, basilique Yaticaue. On renouyelait jadis les cérémonies du couronnement, Don-seulement comme aujourd'hui, chaque année, au jour anniversaire, mais encore plusieurs fois l'année, aux principales fêtes et^solennités.
Depuis saint Sylvestre, à qui Constantin la donna, les Papes ont toujours porté la couronne, syml)Ole de la royauté et du
Pouvoir conféré à saint Pierre sur toute Eglise par Jésus-Christ. Une seconde couronne fut ajoutée à la première, siuon par Nicolas II en 1058, du moius par Boniface vm en 129^ et au plus tard par Clément V
en 1305; Benoit XII en 1334, Urbain V on 1362, ou, selon d'autres, Boniface IX en 1389, prirent la troisième.
La veille du couronnement, Taumônerie apostolique donne à chaque pauvre qui se présente au Vatican un paul (55. centimes); chaque année, à l'anniversaire,, on donne un demi-pauL Paul IV,. saint Pie V,.Gréçoire XIII et Sixte-Quint abolirentl'usage de jeter de l'argenl au peuple, et supprimèrent le banquet donné aux cardinaux et aux ambassadeurs, consacrant les sommes ainsi dépensées è des aumônes, ou à la fondation d'établissements de bienfaisance.
On plaçait autrefois devant le nouveau Pape une colonne surmontée d'un coq de bronze, pour lui rappeler, avec la faute de saint Pierre, la fragilité humaine; mais ou n'a jamais chanté devant le Souverain Pontife : Non videbiê annos Pétri. C'est sans doute parce que, en fait, aucun pontificat n'a
{'usqu'à présent duré auXant quie celui du Vince des apôtres ,^ parce que aucun. Pape n'a eu vingt-^iuq ans de règne, qu'on.a supposé cette particularité dans la cérémonie.
Si le P^pe habite leQuirinal, JKsarend.à^ Saint-Pieire en^ cortège semi-public, ayant dans sa voiture les deux cardinaux étrangers qu'il désigne [)armi ceux qui ont assisté au conclave. Le Saint-Père se rend à la salle des parements {de paramenti)^ où il va directement de ses appartements, lorsque le Vatican est sa résidence. Les cardinaux y sont, réunis : le Pontife revêt les ornemeuts sacrés ;unprélat|.auditeuit de Rote, prend lacroix pontificale, et fait une génuflexion de«> Yant Sa Sainteté qui monte sur la sedia»
Le cortège se forme : mettre des cérémo«nies, suisses, procureurs des collèges , procureurs généraux des ordres religieux, bus^ solantif chapelains, curseurs, adjudants des chambres, avocats consistoriaux». chantres, votants de signature , élèves de la chambre , auditeurs de Rote, camériers secrets; l'auditeur de Rote, sousrdiacre apostolique, portant la croix,, l'image du Christ toujours tournée du côté du Pape ; acoljrtes portant les sept chandeliers dorés, aux cierges ornés d'arabesques, d'étoiles et dedorures, maîtres-», portiers de la verge rouge , gardiens de la croix pa^iale; auditeur de Rote, qui remplit les fonctions de sous-diacre latin, diacre et sou8<diacre grecs» pris parmi les élèves du collège grec ou de la Propagande , péniteaciers de Saint-Pierre, abbés.mitrés et com-^ mandeur du Saint-Esprit, archevêques et évoques non assistants, archevêques et évêques orientaux, archevêques et evêques assistant au trône, patrie relies-, cardinauxdiacres , cardinaux-prêtres , cardinaux-évêques, suivis de leurs. caudataires, curseurs
Sontificau^x» suisses^ les conservateurs da orne , le prieur des chefs de quartier, \%éi sénateurs romains, revêtus de leur robe d*OF,. le gouverneur de Rome en cape fourrée d'hermine blanche , et le prince assistant en habit de ville, manteau de soie noire garni de dentelles de la même couleur; les camé'riecs secrets, séculiers , de ca^e el d'.épée, te •
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