‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 25 sur 123 · COU · texte numérisé non relu

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fourriep-raajeup, l'écuyer-majeur, le doyen des sediarii (25) en simarre rouge, portant la sedia^h droite et à gauche , les camériers secrets à cape d*hermine, portant lesflabelles, les huit référendaires de signature en rochet et tnantelletia violette, soutenant les huit bAtons du dais en moire d'argent, sous lequel est le Pontife c|ui bénii la foule, les

grotonotalres apostoliques et auditeurs de ote qui portent la /o/oa, les deux premiers maîtres des cérémonies pontificales en ro^^a (26) et rochet , soutanes et ceintures violettes, les deux cardinaux-diacres assistants et le cardinal-diacre d'office, ensemble devant la tedia que précèdent et entourent les capitaines et officiers de la garde suisse en grand uniforme, les commandants et exempts de la garde-noble, le général en chef des troupes pontificales et son adjudant-major, les curseurs pontificaux et les massiers à la bœmia (27) de drap violet garni de velours noir. Derrière la sedia^ le bunoiante sous-fourrier pontifical qui veille à ce qu'elle soit toujours portée horizontalement, le doyen de la Rote tenant la mitre usuelle du Pape entre deux camériers secrets , l'archiAtre (médecin) pontifical en cape rouge bordée d'hermine, le premier adjudant de rliamhre suivi d'un scoptUore^ l'auditeur de la chambre, le trésorier, le majordome avec les protonotaires participants ou honoraires et le régent de la chancellerie, tous à la cape bordée d'hermine, les généraux d'ordres religieux portant rbabitde leur institut, des suisses. Tel est l'ordre de la procession qui traverse Ja salle royale, descend l'escalier royal et s'arrête sous le portique de la basilique dont les chantres entonnent l'antienne: 7m m Petrus.

Sur un trône élevé en face de la Porte sainte 9 le Saint-Père reçoit l'obédience du eardioal-archiprétre de la basilique qui le harangue au nom du chapitre et du clergé de Samt-Pierre dont , sur sa demande, les membres, depuis les chanoines jusqu'aux séminaristes du Vatican (28), sont tous admis au baisement des pieds . Le Pape remonte sur la sedia et entre dans le temple par la

(grande porte, surmontée de ses armes entre es images de saint Pierre et de saint Paul. Au moment où il franchit le seuil, placés dans les galeries des portes intérieures, les trompettes des gardes-nobles jettent tout à coup leurs fanfares éclatantes. Le cortège se développe dans la nef immense.

Pevant la chapelle du Saint-Sacrement le Pape s'arrête, descend de la eedia , quitte la mitre , s'agenouille au prie*Dieu et adore le corps du Sauveur exposé sur l'autel ; il est

(25) Les udiarii, ou porteurs de la sedia^ soni atucbés au palais apostolique et ne cessent point de lui appartenir par la mort Uu Pape ; c'est ce qui les distingue des autres dômes iques à livrée, appelés parajremeri. Autrefois les Papes alla ent à cheval et non en voiture ; leurs domestiques étaient à la léte du cheval, tenant le frein; de là ce nom qui e«t resté à tous l< s domebtiques. Outre les pa* rafnnieri et les sedtarit, il y a encore ks icopatori^ balayeurs, les icopa(ori cr«f , chargés du aervice

porté ensuite à la chapelle de Saint-Grégoire, dite Clémentine^ du nom de Clément Vlll qui la décora, laquelle était jadis le seereta' rium (ou sacristie) célèbre où les Papes avaient coutume de revêtir leurs habits sacrés. Le Pape descend de la sedia, s'agenouille et prie, monte sur le trône qui lui est préparé et ayant à sa droite , debout, le prince assistant, sur les marches inférieures du même côté, le sénateur romain, les conservateurs et le prieur deé chefs du quartier , il reçoit à l'obédience les cardinaux qui, en manteau traînant, viennent tour à tour baiser sa main droite sous la frange de la chape. Puis la croix s'avance du trône, le Pape se lève, Ole sa mitre, et bénit en disant le SU nomen Domini benedictum.

Alors les cardinaux ôtent la cape, mettent l'amict , sont revêtus par leurs maîtres de chambre et leurs camériers des habits sacrés de leur ordre; les diacres de la dalmalique blanche, brodée d or et ornée de glands d'or, les prêtres de la chasuble blanche brodée d'or, les évêques de la chape d'argent à torsades et è franges d'or, avec le formai précieux. Les évêques orientaux prennent les ornements propres à leur rite , ainsi que le diacre et le sous-diacre grecs ; les évêques assistants et non assistants et les abbés mitres, mettent la chape et la mitre; en un mot , tous ceux qui ont un rôle à remplir dans les cérémonies, l'ornement le plus riche et le plus éclatant de leurs fonctions,

COURONNEMENT DU PAPE. — Vne

foule innombrable remplit la place immense; sur les galeries et terrasses de ta colonnade sont les sièges occupés par les

Î rinces et des personnages de toute nation. •e cortège entre et se rnnge dans la loggia; la croix papale apparatt entre les sept chandeliers; voici la sedia avec les flabelles; voilà le Pape sous le ^rand dais ilotlant. Les chantres font retentir dans les airs les accents de Palestrina : Corona aurea super caput ejus.

Le chant cesse, le cardinal doyen récite le Pater; il chante, et le chœur réfiond ;

y Cantemus Domino. — i^ Gloriose enim magnificatus est,

t Buccinaie in neomenia tubœ. — i^ In insigni de die solemnitatis vestrœ.

t Jubilate Deo omnis terra. — i) ServUe Domino in lœtitia.

t Domine exaudi orationem meam, — 1^ Et clamor meus ad te venial,

f Dominus vobiscum. — i^ Et cum spiritu tuo.

iniérîeur de la chambre duPapf», et les adjudants de chambre, qui sont proprement ce que nous appelons en France les valets de chambre.

(i6} La eoUa est, à proprement parler, le surplis & larges maufhes ; le surolis romain se Dorte sur le rochet.

(i7) La bsBmiQ est une espèce de aianletol qHe portaient jadis les Bohémiens.

(28) Le séminaire du Vatican est a peu près ce que Ton appelle chez nous une maîtrise.

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DES PAPES

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Le eardinal do von s*a proche du Pontife» et récite sur lui roraison latine dont Toici la traduction :

Dieu éternel ti lout-puissanlt inetiiuieurde h dignité du eacerdoce et auteur de la royauté^ faitti lagrdeeàvotre serviteur Pie^ notrePon" tife, de régir avec fruit votre Eglise^ afin que^ constitué et cauronnéfpar votre miséricorde^ Pire des rois et guide de tous les fidèles, toutes choteSf par votre secourable providence, soient gouvernées comme il convient. Par JésuS' Christ Notre-Seigneur^ qui vit et règne avec fauf, ZH'fu, en Vunité du Saint -Esprit^ dans tous les siècles des siècles. Amen,

A ce moment, le second cardinal-diacre Ote la mitre au Pape, et Je premier cardinal* diacre, auquel est réservé le privilège de le couronner, lui met la tiare sur la tète» en disant :

Reçois la tiare aux trois couronnes ^ et souviens-toi que tu es le père des princes et le guide des rois sur la terre, te vicaire de notre Sauveur Jisus-Christ, à qui est Vhon^ neur et la gloire dans les siècles des siècles, Att^eu,

Âccipe tiaram, tribus coronis ornatam, et scias te essepatrem principum et regum rectorsm orbis m terra^vicarium Salvatoris nostri Jesu Christs cui est honor^ et gloria, in sœcula sœculorum. Amen,

La sedia avance, portant v(*rs lo peuple, qui d'en bas le contemple, lo Pontife cou- T'oné; deux évéques è genoux tiennent, Tun le livre» Tautre le cierge allumé, et le Pape prie :

Que les, saints apôtres Pierre et Paul^ dans lu puissance et V autorité desquels nous mettons notre confiance, intercèdent eux-mêmes pour nous auprès du Seigneur,

Que par les prières et les mérites de la fticnheureuse Marte toujours Vierge^ du bienheureux Michel archange^ du bienheureux Jean- Bjptiste, et des saints apôtres Pierre et Paiii^ et de tous les saints^ le Dieu tout -puissant ait pitié de vous^ et que tous vos péchés étant rems^ Jésus-Christ vous conduise à la vie éter^ utile. Amen.

Indulgence, absolution et rémission de tous vos péchés^ au temps de véritable et abondante pénitence^ un cœur toujours pénitent et la correction de la vie, la ardce et la consolation de r Esprit-Saint, et la persévérance dans Ifs bonnes ceuvres^ vous soient accordés par le Seigneur tout-pluissant et miséricordieux, Amen^

Puis le Pontife se lève ; il est debout sur la sedia^ entre la terre et le ciel, les yeux en haut, les bras entr*ouverts; trois fois sa main trace dans Kair le signe de la croix & droite et è gauche, devant lui ; il bénit : Benedîctio Dei omnipotentis. Patrie^ et Filii et Spiritus Sancti, descendat super vos, et maneat semper. Amen, Et VAmen^ trois fois répété, remonte comme un seul cri du sein de la multitude, et les cloches de la basilique et Tartilleiie du chflteau Saint-Ange l'accompagnent, le portent au loin.

Avant de quitter la loggia^ le Souverain Pontife donne une dernière bénédiction, et la sedia rentre, pendant que le peuple se précipite aux avenues du jiortique pour prendre des Uiains des deux cardinauxdiacres assistants les formules imprimées (les unes en latin, les autres en italien] de l'indulgence plénière accordée à tous ceux quiontTeçu, avec les dispositions requises, la bénédiction papale.

Les cardinaux quittent les habits sacrés, et, couverts du manteau rouge, ils accompagnent le Pape, porté sur la sedia, h la salle des parlements; là, quand il a repris son costume habituel, le Saint-Père écoute le cardinal doven, qui le complimente au nom de tout le Sacré Collège, et lui exprime les vœux universels de bonheur et de prospérité ad multos annos. Le Saint-Père remercie, demande à ses bienheureux frères le secours de leurs prières et de leurs conseils, et, précédé de la croix, accompagné de son cortège privé, il rentre dans le palais.

La joie de Rome est grande en ce jour ; durant les deux nuits qui suivent, ce ne sont de toutes parts que signes d'allégresse, feux de joie, pétards, boites qui éclatent, salves d'artillerie, illuminations; les palais des cardinaux, des prélats, des ambassadeurs, des fonctionnaires de tous les ordre» resplendissent de luminaires; la façade de Saint-Pierre inonde de ses feux tous les alentours, et la ville entière contemple au château Saint-Ange le gigantesque feu d'orfice, la girandola. Chaque année, toute la cérémonie et les mûmes fêtes se renouvellent au jour anniversaire du couronnement; è moins toutefois que Tanniversaire ne tombe en Carême, car alors on remet à PAques la solennité. (Election et couronnement du Souverain Pontife,)

DAHASE I (Saint), trente-septième Pape, naquit à Rome Tan 306, d'un père Espagnol, nommé Antoine, qui embrassa l'état eeclésiastiqae, suit du consentement de sa fem« Oie, soit après qu'il fut devenu veuf, et qui devint prMre de l'Eglise paroissiale de Saint- Laurent. — Après avoir été élevé avec grand soin dans les lettres et dans la piété chrétienne, aaint Damase fut admis dans le cler«

gé. Tome ^a conduite y fut d'une trèsgrande édification ; et, selon le témoigne de saint Jérôme, il fit profession d une continence parfaite qu'il garda jusque la mort. Il était diacre de rEglise romaine, lorsqu'en 355 le Pape Libère fut chasse de son siège par l'empereur Constance, pour la défense de la foi orthodoxe et de l'innocence de saint Athanase contre les ariens.

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Le jour même qu*on ealera ce Pape pour le conduire au Jieu de sou baonissemenU I>8inase s'engagea, par un* serment solennel devant le peuple avec tout fe clergé» de ne jamais recevoir d'autre évdque tant qu'rJ vivrait; il voulut même raccompagner dana son exily et il demeura quelque temps avec lui à Bérée eaTbrace; il revint ensuite à Rome, où l'on ne doit point douter qu'il ne demeurât toujours tidelement attaché à la communion de Libère.

Après la raori de ce Pape ^ Damase , âgé alors de plus de soixante ans, fut élu le 1" octobre 366, pour lui succéder, par la plus

fraude partie du clecgéet du peuple Romain. I fut sacré dans la basilique de Saint-Laurenl, qui était son titre avant son pontiticat. Quoiau'ii eût été ocdonné selon la dispositixiB. oes saints canons, un diacre de TEglise romaine, nommé Ursin, ou Ursicin, ne pouvant souffrir qu'on lui eût préféré Damase, assembla une troupe de séditieux dans u0e autre bnsilique, dite Libérienne et aujourd'hui Sainte-Marie-Majeure, où il forma un pacti en sa faveur. Il vint à bout de persuader à Paul , évèque de Tivoli, homme fort ignorant^ de Tocdonner évéque de Rome.

(Tétait agir contre la règle de la tradition géoérale ^ q«ii demande que l'ordination episcopale se fasse par trois évéques. Il trouva aussi le moyen de diviser le peuple qui prit parti dans ce nouveau schisme^On en vint à une fâcheuse sédition , oi!li il y eut beaucoup de sang répandu de part et d'autre. Mais le parti du l>ape fut le pluafort, et Ursin fut chassé de Rome.

Ce fut après ces premiers tumultes que remf)ereur Valenlinien ordonna que Févéque de Rome jugerait les autres évéques, et qu*il examinerait leurs causes conjointement avec ses autres collègues. Cependant la paix, qui était nécessaire au Pape Damase pour travailler aux affaires de l'Eglise, était toujours troublée parlafaction de l'antipape Ursin. Depuis que ce schismatique avait été banni, ses partisans n'avaient cessé d'importuner l'empereur Valentinien T' pour demander son retour : ils obtinrent enRn une lettre adressée à Prétextât , préfet du prétoire, portant permission de rappeler Ursin et ceux qui avaient é(é relégués avec lui, avec ordre néanmoins de les punir plus sévèrement s'ils recommençaient à y exciter des troubles. Par ce moyen Ursin revint à Rome avec deux de ses diacres : mais il se comporta de telle manière que deux mois après il fut encore chassé de la ville et en* vové en exil dans les Gaules avec plusieurs de' ses adhérents. Il sembloitque le schisme dût s^éteindre, n*ayant plus de chef dans Rome; mais les schismatiques étaient tou*

t'ours maîtres dans l'église de Sainte-Asnès, lorsdes murs de Rome, où ils tenaient Teuf s assemblées dans les cimetières. Valentinien ordonna que cette église fût rendue au Pape Damase ; et Maximien, nu des magistrats de Rome, chargé de cette affaire, Qt mettre à la torture plusieurs des partisans d'Ursin, sans que le Pape eût contribué en rien à cette

mesure cnuelleque les schismatiques avaient eux-mêmes provoquée, en.demandant une information où l'on emploierait les tortures. Le Pape, loin d'approuver ces moyens de rigueur, était le premier à en gémir : il avait fait vœu de demander à Dieu , par l'intercession de certains martyrs, la conversion de ceux des ecclésiastiques de son clergé qui persévéraient dans le schisme, et lorsque des prières les eurent ramenés à l'unité, ils en témoignèrent leurs reconnaissance en ornant à leurs, frais les tombeaux de ces martyrs. Les autres partisans d!Ursin, qui ne pouvaient se dissimuler que Damase ne fût le Pape {légitime,, puisque son élection, antérieure à celle d*Ursia, avait été faite dans toutes les règles, finirent par se soumettre.

La cause du mécontentement des ecclésiastiques contre saint Damase , était la sévérité de la discipline qu'il faisait garder dans l'Eglise romaine. Rica ne déplaisait tant à quelques-uns d'entre ceux qui aimaient les commodités de la vie et la société des séculiers , que l'exactitude avec laquelle il faisait observer la loi que l'empereur Valenlinien publia l'an 370. A dire le vrai, cette loi qui paraissait si sévère au clergé, était nécessaire pour arrêter le cours d'un abus qui scandalisait le peuple. Elle défendait aux ecclésiastiques et aux continents, c'est-à-dire aux religieux et à tous séculiers qui menaient la vie ascétique, d'aller dans les maisons des veuves et dans celles des filles qui demeuraient seules, et elle permettait à leurs proches ou & leurs ^alliés de les déférer aux tribunaux. £lle ordonnait de plus q^L'ils ne pourraient rien recevoir de la femme à qui ils se seraient particulièrement attachés , sous prétexte de direction spirituelle ou de quelqu'autre motif de religion, ni par teslameni , ni par quelqu'autre sorte de donation que ce pAt être, ni même par une personne interposée, à moins qu'ils ne fussent les héritiers naturels de ces femmes par droit de proximité. Cette loi avait été adressée au Pape saint Damase, qui, l'ayant approuvée , en avait fait faire publiquement la lecture daoâ les églises de la ville de Rome.

Vers ce temps, ce saint Pape assembla dans Rome un concile nombreux pour travailler à. relever ceux qui étaient tombés dans rarianisme,sous Tempereur Constance.

Dans ce concile furent condananés Ursace et Valens^ deux évftques d'Ulyrie, qui depuis longtemps portaient le poison de l'hérésie par tout l'empire. Damase écrivit aussitôt à saint Athanase, évéque d'Alexandrie, le principal soutien de l»foi catholique contre les ariens, qui lui récrivit pour le remercier de son zèle. Il reçut en même teoipsune lettre de saint BasilOi évAque de Césarée en Cap-

fadoce, qui l'exhortait forteoaentà travailler la réunion des Eglises de l'Orient et de l'Occident. Le saint Pape assembla à Rome un concile de quatre-vin^t-treize évoques. Auxence, usurpateur du siège de IttilaOt. et

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