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Rome au Pape. La conscience du genre humain, qui est infaillible, ne Tentendit pas autrement, et de là naquit la fable de la donation qui est tpès'vraie. L'antiquité, qui aima assez voir et toucher tout, Qt bientôt de Vabandon ( qu'elle n'aurait môme pas su nommer) une donatian d4ns les formes. Elle la vit écrite sur parchemin etdéposée sur l'autel de saint Pierre. Les modernes crient à la fausseté^ et c'est rinnocence même qui racontait ainsi ses pensées. 11 n'y a donc rien de plus vrai que la donation de Constantin. De ce mo- ; ment on sent que les empereurs ne sont plus chez eux à Rome. Ils ressemblent è desétrangers qui, de temps en temps, viennent y loger avec permission. Mais voici qui est plus étonnant encore : Odoacre avec ses Hérules vient mettre 6n à l'empire d'Occident, en &75; bientôt 'après les Hérules disparaissaient devant les Golhs, et ceux-ci à leur tour cèdent la place aux Lombards qui s'emparent du royaume d'Italie. Quelle force, (rendant plus de trois siècles empochait tous es princes de fixer d'une manière stable leur trône à Rome? Quel bras \^s repoussait à Milan, à Pavie, à Ravenne, etc.? C'était la donation,q\x[ agissait sans cesse, et qui partait de trop haut pour n'être pas exécutée.
i( C'est un point qui ne saurait être contesté, que les Papes ne cessèrent de travailler pour maintenir aux empereurs grecs ce qui leur restait de l'Italie contre les Goths, les Hérules et les Lombards. Ils ne négligeaient rien pour inspirer le courage aux exarques et la fidélité aux peuples: ils conjuraient sans cesse les empereurs grecs de venir^u secours de l'Italie; mais que pouvaitron obtenir de ces misérables princes? Non-seulement ils ne pouvaient rien faire pour rita<ie, mais ils la trahissaient systématiquement, parce qu'ayant des traités avec les Barbares qui les menaçaient du côlé de Gonstanlinopie, ils n'osaient pas les inquiéter en Italie. L'état de ces belles contrées ne peut se décrire et fait encore pitié dans rhistoire. Désolée par les Barbares, abandonnée par les souverains, l'Italie ne savait plus à qui elle appartenait, et ses peuples étaient réduits au désespoir. Au milieu de ces grandes calamités, les Papes étaient le refuge unique des malheureux ; sans le vouloir, et par la force seule des circonstances, les Papes étaient substitués à l'empereur, et tous les yeux se tournaient de leur côté. Italiens, Hérules, Lombards, Français, tous étaient d'accord sur ce point. Saint Grégoire disait déjà de son temps : Quiconque arrive à la place que j'occupe est accablé par lesa/fai^' re«, au point de douter souvent s'il est prince ou Pontife,
«En plusieurs endroits do ses lettres, on le voit faire le rôle d'un administrateur souverain. 11 envole, par exemple^ un gouverneur à Népi, avec injonction au peuple de lui obéir comme au Souverain Pontife luimême; ailleurs, il dépèche un tribun à Napitis, chargé de la garde de cette grande -ville (Xib. ii, epist. 11, al. 8, Ad Nepes.^ i6i(/., p. xx.J Ou pourrait citer un grand
nombre d'exemples pareils. De tous côtés oo s'adressait au Pape; toutes les affaires lui étaient portées; insensiblement encore, et sans savoir comment, il était devenu en Italie, par rapport à l'empereur grec, ce que le maire du palais était en France à l'égard du roi titulaire.
« Et cependant les idées d'usurpation étaient si étrangères aux Papes, qu'une année seulement avant l'arrivée de Pépin en Italie, Etienne II conjurait' encore le plus misérable de ces princes (Léon l'isaurien) de prêter l'oreille aux remontrances qull n'avait cessé de lui adresser pour l'engager à venir au secours de l'Italie.
«On est asserz communément porté h croire que les Papes passèrent subitement de l'état particulier à celui de souverain, et qu'ils doivent tout aux Carlovîngiens. Rien cependant ne serait plus faux que cette idée. Avant ces fameuses donations oui honoreraient la France plus que le saint-Siége, quoique peut-être elle n'en soit pas assez
{)ersuadée, les Papes étaient souverains de ait, et le titre seul leur manquait.
« Lorsque le Pape Etienne se rendit en France, Pépin vint à sa rencontre avec toute sa famille, et lui rendit les honneurs souverains; les fils du roi se prosternèrent devant le Pontife. Quel évêque, quel patriarche de la chrétienté aurait osé prétendre è de telles distinctions ? En un mot, les Papes étaient maîtres absolus, souverains de fait, ou, pour s'exprimer exactement, souverains forcés, avant toutes les libéralités carloyingiennes; et. pendant oe temps même, ils ne cessaient encore, jusqu'à Constantin Copronyme, de dater leurs diplômes par \es années des empereurs, les exhortant sans relâche à défendre l'Italie, à respecter l'opinion des peuples, è laisser les consciences en paix.; mais les empereurs n'écoutaient rien, et ta dernière heure était arrivée. Abandonnés par leurs maîtres, déchirés par les Barbares, ils se choisirent des chefs et se donnèrent des lois. Les Papes, devenus ducs de Rome, par le fait et par le droit, ne pouvant plus résister aux peuples qui se jetaient dans leurs bras, et ne sachant plus comment les défendre contre les Barbares, tournèrent enfin les yeux sur les princes français.
« Tout le reste est connu. Que dire, après Baronius, Pagi, Li coin te, Maria, Thomas-* sin, Muratôri, Orsi, et tant d'autres qui n ont rien oublié pour mettre cette grande éj)oque de l'histoire dans tout son jour? J observerai seulement deux choses, suivant le plan c[ue je me suis tracé :
« 1* L'idée de la souveraineté pontificale antérieure aux' donations carlovingienncs était si universelle et si incontestable que Pépin, avant d'attaauer Astolphe^ lui envoya plusieurs ambassadeurs, pour l'engager à rétablir la paix et à restituer les propriétés de la sainte Eglise de Dieu et de la république romaine; et le Pape, de son côté, conjurait le roi lombard, par ses ambassadeurs, de restituer de bonne volonté et sans effusion de sang^ les propriétés de la sainte Eglise de
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DES PAPES-
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JKeu et de larépubli^e des Romains; et dans la fameuse charte tgo Ludovirus, Louis le Débounaire énonce. que Pépin et Charlemagne avaient depuis longtemps^ par un acte de donation^ rbstItoé V exarchat au bienheureux apôtre et aux Papes,
« Imagine-t-on un oubli plus complet des empereurs grecs, une confession plus claire et plus implicite de la souveraineté romaine?
« Lorsque les armes françaises eurent ensuite écrasé les Lombards, et rétabli le Pape dans tousses droits, on vit arriver en France les ambassadeurs de Tempereur grec, qui Tenaient se plaindre, et, d*un air incivil^ proposer à Pépin de rendre ses conquêtes. La cour de France se moqua d'eux, et avec
f grande raison. Le cardinal Orsi accumule ici es autorités les plus graves pour établir que les Panes se conduisirent dans cette occasion selon toutes les règles de la moraje et du droit public. Je ne répéterai point ce qui a été dit par ce docte écrivain qu^on est libre de consulter. ( Orsi, ifrtd., cap. 7, p. IM et 5éqq.) il né parait f)as d*ailleurs qu'il y ait des doutes sur ce point.
« 2* Les savants que i'ai cités plus haut ont employé beaucoup d érudition et de dialectique pour caractériser avec exactitude le senre de souveraineté que les empereurs français établirent è Rome, après l'expulsion des Grecs et des Lombards. Les monuments seaiblent assez souvent se contrarier, et cela doit être. Tantôt c'est le Pape qui commande à Rome, et tantôt c'est l'empereur. C'est que la souveraineté conservait beaucoup de cette mine ambi^pië que nous lui avons reconnue avant l'arrivée des Carlovingiens. L'empereur de Constantinople la possédait de droit; les Papes, loin de la leur disputer, les exhortaient à la défendre, lis prêchaient de la meilleure foi l'obéissance aux peuples, et cependant ils faisaient tout. Après le grand établissement opéré par les Français, le Pape et les Romains, accoutumés à celte es-
f^èce de gouvernement qui avait précédé, aissaieut aller volontiers les aifaires sur le môme pied. Ils se prêtaient même d'autant plus aisément à cette forme d'administration» qu'elle élnit soutenue parla reconnaissance, par l'attachement et par la saine politique. Au milieu du bouleversement général qui marque cette triste, mais intéressante époque de l'histoire, l'immense quantité de brigands que suppose un tel ordre de choses, le danger des Barbares toujours aux portes de Rome, l'esprit républicain qui commençait à s'emparer des têtes italiennes; toutes ces causes réunies, dis-je, rendaient l'intervention des empereurs absolument indis- Cmsable dans le gouvernement des Papes.
ais à travers cette espèce d'ondulation qui semble balancer le pouvoir en sens contraire, il est aisé néanmoins de reconnaître la son- Téraineté des Papes qui est souvent protégée. Quelquefois partagée de fait, mais jamais effacée, ils font ta guerre, ils font la paix; ils rendent justice, ils punissent les crimes; ils frappent moonaie , ils reçoivent ««' en-
voient des ambassadeurs ; le fait même qu*on a voulu tourner contre eux dépose en leur faveur ; je veux parler de cette dignité de patrice qu'ils avaient conférée à Charlemagne, à Pépin, et peut-être même h Charles Martel, car ce titre n'exprimait certainement alors que la haute dignité dont un homme peut jouir sous un maître.
«Je crains de me laisser entraîner; cependant je ne dis que ce qui est rigoureusement nécessaire pour mettre dans tout son jour un point des plus intéressants de l'histoire. La souveraineté, de sa nature, ressemble au Nil, elle cache sa tête ; celle des Papes seule déroge à la loi universelle. Tous les éléments en ont été mis à découvert, a6n qu'elle soit visible à tous les yeux, et vincat cumjudicatur.
«11 n'y a rien de si évidemment juste dans son origine que cette souveraineté extraordinaire. L'incapacité, la bassesse, la férocité des souverains qui la précédèrent; l'insupportable tyrannie exercée sur les biens, les personnes et les consciences des peuples; l'abandon formel de ces mêmes peu-
Eles livrés sans défense à d'impitoyables Barares; le cri de l'Occident qui abdiuue l'ancien maître; la nouvelle souveraineté qui s'élève, s'avance et se substitue à l'ancienne sans secousse, sans révolte, sans effusion de sang; poussée par une force cachée inexplicable, invincible, et jurant foi et fidélité jusqu'au dernier instant à la faible et mé-
f»risable puissance qu'elle allait remplacer ; e droit de conquête enfin obtenu et solennellement cédé par l'un des plus grands hommes qui aient existé, par un homme si grand, que la grandeur a pénétré son nom, et que la voix du genre humain l'a proclamé grandeur au lieu de grand: tels sont les titres des Papes, et l'histoire ne présente rien de semblable.
« Cette souveraineté se distingue donc de toutes les autres dans son principe et dans sa formation. Elle s'en distingue encore d'une manière éminente, en ce qu'elle ne présente point dans sa durée, comme je l'observais plus haut, celte soif inextinguible d'accroissement territorial qui caractérise tous les autres. En etîet, ni par la puissance spirituelle dont elle fit jadis un si grand usage, ni par la puissance temporelle, dont elle a toujours pu se servir comme tout autre prince de la même force, on ne la voit jamais tendre à l'agrandissement de ses Etats par les moyens trop familiers à la politique ordinaire. De manière qu'après avoir tenu compte de toutes les faiblesses humaines, il n'en reste pas moins dans l'esprit de tout sage observateur l'idée d'une puissance évidemment assistée. » {Du Pape,)
DOMNCS 1" ou DoNus (Saint), soixantedix-buitième Pontife, et successeur d*Adéodat, fut contemporain de Tempereur Constantin Pogonat et de Thierri I'% roi de France. —11 était Romain de naissance, tils de Maurice, et fut élu le 2 novembre 676. On ne sait que peu de chose de ce Pape, attendu le peu de durée de son pontificat.
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Ajani appris son élection, Jean, patriarche de Constantinopie , qui s'était déclaré pour le monothélisme, ne lui adressa pas, selon la coutume, la lettre synodale de sa confession de foi, mais il se contenta de lui écrire en forme d'exhortation pour le prier de procurer enfin la réunion des Eglises d'Orient et d'Occident. On ignore quelle fut la réponse du Pape.
Domnus 1" fit paver de grandes pierres de marbre la cour qui était devant I église de Saint-Pierre, environnée de quatre galeries. Il répara l'église des Apôtres, sur le chemin d'Ostie, et la dédia, ainsi que Téglise de Sainte-Eupbémie, sur la voie Anpienne. 11 trouva à Rome, dans le monastère nommé deBoëce, des moines syriens, nestorieos, qu'il distribua en divers couvents , et mH à leur place dos moines romains. De son
temps l'Eglise de Ravenne, qui s'était séparée de l'Eglise romaine, s'en prétendant indépendante, revint à l'obéissance du Saint- Siéffe. Ce saint Pape mourut le 11 avril 678, après avoir tenu le Saint-Siège 1 an 5 mois et 10 jours. Il fut enterré dans l'église Saint-Pierre^ et eut pour successeur Agathon.
DOMNUS II, cent trente-cinquième Pape, et successeur de Benott VI, fut le contemporain de Jean Zimiscès, empereur d'Orient, et de Lotharre, roi de France. — Romain de naissance et homme très- vertueux , Domnus II fut élu en 97ilk, et mourut la même année après avoir tenu le Saint-Siège environ â mois. Son pontificat est très-obscur, à cause des troubles qui régnaient alors en ItaHe. Son successeur fut Benoit VIL
ELECTION DU PAPE. — Il est nécessaire d'entrer dans quelques détails pour faire connaître toutes les formes et les incidents de l'élection des Papes.
. On a énuméré jusqu'à dix-huit modes différents, usités en divers temps, pour l'élection des Souverains Pontifes. Mabillon n'en admet que sept, Joseph Calalani prétend démontrer qu'on ne peut s'empêcher d'en reconnaître un plus grand nombre. Laissant aux érudits le soin de débrouiller cette ques-* tion, nous n^avons à nous occuper que des modes employés dans les temps modernes.
On eu compte quatre : l'élection par inspiration, par compromis» par scrutin et par accession.
r élection par impiraiion^ — par adoration ou acclamation, a lieu lorsque les cardinaux, réunis dans un même sentiment, cosiine par une insjiiration divine , nomment le Pape spontanément et à l'unanimité. Les exem-
f»les n'en sont pas aussi rares qu'on pourrait e croire. Il y a eu douze ou quatorze Souverains Pontifes proclamés ainsi , entre lesquels saint Grégoire VIL Pendant que ce grand homme célébrait, k Saint-Jean de Latran, la Messe des funérailles d'Alexandre II, la voix unanime du clergé et du peuple l'appela, au nom de Dieu, au gouvernail du vaisseau de l'Eglise que la tempête, à ce qu'il semblait, allait engloutir i et qu'il devait sauver.
Grégoire XV a prescrit diverses règles pour régulariser ce mode d'élection ; il irest considéré comme légitime que lorsque au* cun traité, aucune convention particulière n'a précédé, que si le conclave est demeuré strictement uni, que si tous les membres présents du Sacré Collège y ont concouru.
Lélection par compromis, — Il eSi arrivé .quelquefois que les cardinaux , pour mettre un aux diiBcultés qui retardent l'élection, conviennent de s'en rapporter à la décision de l'un ou de plusieurs dentre eux qu'ils
désignent. Tous les oirdinaux présents aoivent y consentir, le veto d'un seul annulerait le compromis. Les conditions du mandat doivent être clairement et nettement articulées. Il doit être expliqué, par exemple, si les cardinaux, auxquels Télection est remise, doivent la faire sans rien découvrir d'abord de leurs intentions à quelques-uns de leurs collègues, ou s'ils peuvent consulter ceux qui ont leur confiance, ou sU avant d'arrêter leur choix, lisseront obligés de soumettre au Sacré Collège les noms entre lesquels ils croiront qu'on peut opter, si la majorité des cardinaux chargés de cette t&che délicate pourra suffire, ou si l'on exige leur unanimité; si l'option n'est laissée qu*entre les cardinaux présents au conclave, ou si Ton pourra aussi nommer un absent; enfin, telles ou telles autres conditions bonnes et utiles. Les conditions convenues doivent être consignées dans un acte que les cardinaux délégués font dresser, et que tous les membres présents au conclave doivent revêtir de leur signature. Cet acte investit exclusivement ceux en faveur desquels il est donné du droit de faire Télection. Nul autre ne peut s'en mêler en aucune façon, et il est entendu que les paroles obligeantes qu'ils pourraient adresser à ceux-ci ou à ceux-là ne seront regardées que com^me des formules de politesse ; qu'on ne devra voir l'expression de leur volonté que dans les écrits signés de leur main.
D'après les constitutions de Grégoire XV, lorsqu'il a été satisfait à toutes les clauses stipulées, Télection est valide. (ConstU. 19, t, IlL;^u//artt rom.^ etc.; c. Licei^^; c. Eodem^ ubi periculum^ 3, Hic sacra eodem^ in-6. Election et Couronnement du Souverain Pontife,) Clément IV, en 1265, Grégoire X, en 1271, Clément V, en 1305, et Jean XX, en 1316, furent nommés par compromis.
V élection par scrutin. — Pour bien corn* orendre comment se fait l'élection par sera-
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DES PAPES
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tin, il faut se reporter au règletneiit doBDé par Grégoire XV.. Les cinq points suivants surtout méritent attention :
1* On doit avoir des bulletins ou cédules imorimés selon le modèle prescrit; ' Ûr On doit élire des scrutateurs ;
3^ Chaque cardinal doit écrire son buHe- Un de sa propre main ;
4* Il faut savoir de quelle manière le bulletin doit être plié;
5* Et comment les cachets doivent être placés.
Avant la séance, les maîtres des cérémonies mettent les bulletins dans deux bassins d'argent posés sur une table devant Tautel. Ces bulletins ont environ huit pouces de longueur sur quatre de largeur; ils sont divises par différentes liznes parallèles formant des cases qui ont cuacune leur destination spéciale.
Dans la premièret Télecteur inscrit son nom à la suite des mots : Ego Cardinalis^ et plie cette partie du bulletin de telle manière qu'elle tombe et s'applique sur la seconde oase, aui extrémités de laquelle elle est fixée, avec de la cire rouge, sur laquelle Télerteur imprime son cachet.
Dans la troisième case, à la suite des mots : Eligo in Summum Pontificem reveren^ diêêimum />. meum D. cardinahmf il écrit le nom du cardinal qu'il veut élire.
Dans la cinquième et dernière, il écrit un chiffre queironque, 20 par exemple, et à la suite, en forme de devise, une parole de TEcriture, comme celle-ci : Gloria in excel» Mis Dto ; puis il fait un second pli qu*il cacheté aux deux extrémités de la quatrième case ; cela fait il plie le bulletin en deux.
Le revers de ces bulletins est orné de vignettes, particulièrement derrière les deux places où Télectenr doit écrire son nom et sa devise, afin que l'œil le plus pénétrant n'en puisse rien deviner.
Les plis, comme on voit, cachent entièrement, le premier le nom de l'électeur, le second sa devise ; de telle sorte qu'en ouvrant le bulletin, on ne voit que le nom de Téla. Le cachet est le même aux quatre endroits; il doit forter une empreinte: une ou plusieurs lettres, ou tout autre signe. 11 va sans dire que ce ne peut pas être le cachet ordinaire du cardinal. Les cardinaux se munissent d'une assez grande variété de ces cachets de fantaisie, afin de pouvoir en. changer à chaque scrutin.
On commence par tirer au sort les scrutateurs; le dernier cardinal-diacre prend sur la table, devantrautel,de petites boules, sur chacune desquelles est écrit le nom d'un des cardinaux présents au conclave; il les compte à haute voix, une à une, en lisant le nom qu'elle porte et les jetant à mesure dans une grande bourse de damas violet placée sur la table. Il la prends l'acte, en tire trois boules au basera ; les trois cardinaux dont les noms sortent sont scrutateurs, mais pour ce sirutin seulement. Puis il en tire trois autres qui désignent les infirmiers.
Les scrutateurs s'approchent aussitôt d^
la table devant l'autei, et y prennent une petite cassette, dont le couvercle est percé d'une ouverture tout juste assez grande pour laisser passer les bulletins. Ils l'on* vrent et font voir qu'elle est vide, la ferment à clef devant tout le monde, et la remettent aux infirmiers.
Ces premières opérations terminées, le doyen vient le premier, prend un bulletin dans le bassin et va l'écrire à sa place, ou, s*il le préfère, à l'une des tables à pupitre placées au milieu de la chapelle, mais toujours de manière è ce que 1 électeur soit vu de tous, et que personne ne puisse lire son vote. Il écrit son bulletin, le plie et le scelle; pour abréger l'opération,, les maîtres des cérémonies ont eu soin d'en former les plis.
Tous les membres présents procèdent ainsi , l'un après l'autre, par ordre et ranç d'ancienneté. Ensuite le doyen (et après lui tous les autres) , prend son bulletin avec l'index et le pouce, et le tenant élevé de manière à ce que tout le monde puisse le voir, le porte à l'autel, se met à genoux et prèle à haute voix ce serment inscrit sur une tablette en gros caractères :
Testor Ckristum Domin%Mi qui mejudica^ iuruê est^ me eligere quem secundum Deum judico eligi debere , et quod idem in accessit prœstabo.
II pose le buleitin plié sur la large patène d*ttn grand calice d*argeni, dont la coupe est en vermeil. De la patène il le fait glisser dans le calice, puis, après avoir salué la^ croix, il retourne à sa place. L'emblème du» Saint-Esprit est ^ravé sur la patène ainsi^ qu'au pied du calice qui oorte également les armes du Siège vacant.
Si Quelqu'un des cardinaux présents est dans I impossibilité d'aller jusqu'à l'autel, ledernier désigné des trois scrutateurs lui porte le bassin où sont les cédules-; il ea prend une, écrit, plie, met les cachets,, letout secrètement , prête le serment dont le scrutateur lui présente la formule, et donneson bulletin è celui-ci oui va le mettre dans* le calice, comme il a été dit..
Les cardinaux infirmiers votent d'oidî— naire immédiatement après le cardinaldoyin, afin d'avoir le temps de remplir leurs fonctions. Ils prennent la petite cassette que leur ont confiée les scrutateurs , la table du serment, et dans un petit bassin d'argent , autant de bulletins qu'il y a de cardinaux malades, dans les cellules desquels^ ils se rendent successivement. Ceux-ci écrivent, plient, scellent leur bulletin, et, après avoir prêté le serment, l'introduisent oans la cassette par Touverture ménagée à cet effet. Si quelque cardinal est dans l'impossibilité d'écrire , un autre le fait pour lui , en prêtant serment devant les cardinaux infirmiers, de garder inviolablement le secret sous les peines d'excommumeation ponées par les bulles. Les infirmiers rapportent la cassette & la- chapelle; les scrutateurs l'ouvrent publiquement , ils comptent les bulletins , en comparent le nombre è celui des