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trouver le Pape à Viierbe pour quelques affAtres de son Eglise, mais surtout pour solliciter le secours' des Occidentaux en faveur des Chrétiens d'Orient. Le Pape Eugène III touché des périls qui menaçaient l%flise d'Orient et le royaume de Jérusalem, crivit à ce sujet une lettre nu roi Louis le Jeune; il exhortait tous les Français, et principalement les nobles , de prendre les armes pour la défense de TEglise d'Orient, qui était consternée de la perte d*Edesse, et d'aller au secours des Ctiréttens d'outremer. Il leur en faisait un. commandement pour la rémission de leurs péchés : H accordait à ceux qui s'engageraient à cette seconde croisade la même indulgence que donna Urbain II h la< première. Il écrivit de même aux autres princes. Saint Bernard lui-même prêcha cette croisade en Alleqna-
fne; il y engagea le roi Conrad. Quant Louis le Jeune, il était déjà résolu de se croiser pour accomplir le vœu qu'avait f/iit Philippe, son frère aîné, peu de temps avant sa mon.
Cependant le Pape, fatigué de toutes les séditions dos Romains*, vint en France. Le roi et l'évèque de Paris allèrent au-devant de lui, et l'amenèrent k l'église de Notre- Dame. Quelques jours après, il voulut aller dire la Messe fc Sainte-Geneviève. Les oiQciers de l'église étendirent devant l'autel un drap de soie, où il se prosterna pour faire la prière^ Ensuite il entra dans la sacristie, et aussitôt ses officiers prirent le drap, disant qu'il leur appartenait, selon la coutume. Les chanoines voulurent le leur arracher, et, en tirant des deux côtés, il le mirent en pièces. On en vint après cela aux coups. Le roi lui-même, voulant apaiser le tumulte, fut frappé dans la foule. Les officiers du Pape vinrent lui montrer leurs habits déchirés et leurs visages ensanglantés. Le Pape en demanda justice au roi. Cette affaire donna lieu à la réforme des chanoines de Sainte-Geneviève ; car, comme ]3ur vie était peu régulière, on fut d'abord d'avis de faire venir huit moines de Cluny de la maison de Saint-Martin des Champs; mais, à la prière des anciens chanoines , le Pape leur permit d'y mettre des chanoines réguliers tirés de Saint-Victor; ce qui fut exécuté par l'abbé Sugcr.
Ce même Pape étant à Paris, tint un concile au sujet des erreurs de Gilbert de la Porée ; il s'y trouva un grand nombre de trèssavants hommes, entre lesquels était saint Bernard. Le Pape y présida. Les principales erreurs dont on accusa Gilbert étaient de dire que l'essence divine n'est pas Dieu ; que les propriétés des personnes divines ne sont pas les personnes mêmes. Gilliert nia d'avoir jamais parlé ainsi. Saint Bernard était son principal adversaire. La dispute dura quelques jours ; mais le Pape en. remit ia décision au concile qui devait se tenir 1 année suivante, et qui ont lieu en effet à Reims. Le Pa|ie y termina cette affaire par la condamnation des erreurs de Gilbert. A In même é))oque, Eugène envoya Alberic,
évêque d'Ostie, en qualité de lé^at dans le Languedoc pour combattre les manichéens et les sectateurs de Pierre de Bruys et de Henri son disci{?Jef oui depuis longtemps in* festaient le midi de la France. Ce lé|^t fut accompagné de saint Bernard qui, par scm éloquence et ses nombreux miracles, rament un multitude innombrable de ceux qui s'étaient laissé séduire.
Le Pape Eugène tU un voyage, en iiU,k Trêves, avec dix-huit cardinaux. Il y tint un concile oix l'archevêque de Mayence se ren* dit avec les principaux de son clergé ^or consulter le Pa^ie touchant les révélations d'Hildegarde, reli;^ieused*iine granderépatition. Le Pape envoya à son monastère des personnes capables pour apprendre d'elle ce qu'il en était. Elle répondit avec la plus grande simplicité. On apporta ses écrits an Pa()e, qui les lut publiquement, et tous les assistants en rendirent grjces è Dieu. Saint Bernard, qui était présent, rendit aussi lé* rooignage de ce qu il savait de cette sainte fljle, et pria le Pape de publier une si grande grftce. Eugène suivit son conseil , et écririi a Hildegarde, lui recommatidant de conserver par l'humilité la grâce qu'elle avait reçue et de déclarer avec prudence ce qu*el!c connaîtrait en esprit. Le concile convoqué à Keims se tint au jour indiqué, 2t uurs lltô. Outre les prélats français et allemands, il en vint d'Angleterre et d'Es|)agne. Le principal but du concile était d*arrêterle désordre des mœurs et les nouveautés impies des hérétiques. Il prononça ranstlièiDa contre quiconque donnerait la moindre |>roteclion aux nouveaux manichéens on seulement les laisserait séjourner chez lui quand ils voyageraient. Il jugea Eon de l'Etoile et Gilbert de la Porée dont la cause était enfin éclaircie. Le premier, chevalier breton«$e disait le Fils de Dieu, h juge des vivants et des morts ; jugé plutôt insensé qu*béréiiqu', il fut renfermé aans une prison où il mourut peu de temps après. Quant èGilt>ertde la- Porée , après une longue discussion on condamna ses assertions sans rien prononcer contre sa personne. Sa doctnne, da reste, n'ayant pas trouvé de défenseurs J-* dissipa d'elle-même. Il mourut six ans aj^rès dans la communion de TE^Iise.
Eugène, qui se disposait h retourner en Italie, vint à Clairvaux, où il édifia toute U coinmunauté par son humilité et $a régn>^ rite. Il portail sur sa chair une tuni({ue(3e laine, et ne quittait la coulle ni Jour m noit Cependant , pour garder ce qui était de i sa dignité, on lui portait des carreaui tn broderie, et son lit était entouré de pour}<e et do riches étotTes ; mais par^dessous , n'était garni que de paille battue et dedr^;f de laine. En parlant à la communauté, ii ta pouvait retenir ses larmes : il les eiliorJ et les consola , vivant avec eux plot^ «n frère qu'en maître ; mais sa nombreuse suite ne lui permit pas de faire chez eux un lo&4 séjour. Enfin il reprit le cherniii de Root' où il eut encore beaucoup a souffrir de li part des séditieux. Il envoya des légats vo