‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 35 sur 123 · EU · texte numérisé non relu

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DES PAPES

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Aiteinagne et en Irlande pour Iravailler à la r^ibrrne de divers abus. L*histoire ne mentionne plus rien de remarquable touchant Ih suite des actions de ce Pape jusqu'à sa nmrt, qui arriva le 8 juillet 1155. Comme il moorul à Tibur, on le porta h Rome en grande solennité, et il fut enterré dans Té- Kli^e de Saint-Pierre.

On le regarde comme saint, quoiqu'il ne paraisse pas avoir été honoré d*un culte public. Ce fut pour l'édification et la consolation de ce Pape que saint Bernard composa louvrage des trois livres de la Considération dans lesquels il donna d'excellents avis à ce Pape» pour lequel il avait une rendresse de père. Eugène , profitant de t*os conseils , gouverna avec une grande sagesse et une grande équité pendant un f»outificat d'environ huit ans .et demi presque toujours agité par les factions. Ce solitaire élevé tout à coup sur le trône pontifical garda toute la simplicité, l'humililéet la sainteté de son premier état. Il y acquit de l'habileté, de ta grandeur d'âme i*t s*jr montra aussi éloigné de la faiblesse que de la roideur. Un trait de sa vie» qui mérite d'être cité, c'est gu'il prit soin de fVnn* traduireen latin plusieurs ouvrages des Pères grecs.

EUGENE IV. —Dix jours après la mort iie Martin V, les cardinaux, au nombre de quatorze, entrèrent dans le conclave le 1*' mars, et le 2 de ce mois, iUl, l'élection tomba sur Tiabriel Condolmere, Vénitien, qui prit le nom d'Euzène IV. Il était petitneveu de Urégoire XII, du côté maternel, et il n*dvait que quarante-huit ans. Il était évé- '(lie de Sienne, et avait été fait cardinal par lirégoire XII. Saint Antonin qui eut de rréquents rap|K>rls avec lui, en parle avec éloge, et loue particulièrement sa charité, sa forveur et son zèle.

A peine fut-il sur le Sainl-Siége, qu'il reprit l'affaire de la convocation du concile, commencée par son prédécesseur. Il écrivit Lix cardinal Julien, nommé par Martin V

E résident du concile, de se rendre h Bâie. n ronséqucnce le concile s'étant assemblé, les Pères prirent toutes les précautions pour lui donner la force et Tautorité d*un concile général. Dès les premières sessions, on y f'oiitirma le décret du concile de Constance, qui décidait queleconcile général représente rHglise militante ; qu'il tient son pouvoir immédiatement de Jésus-Christ, et que le Pape même est obligé de lui obéir, dans ce qui regarde la foi, le schisme et la réforme générale de l'Eglise da'is son chef et dans 5CS membres. Mais Eugène ayant appris que Je nombre des Pères de ce concile se bornait è trois évèqueset sept abbés; que ;les rif'UTelles hérésies pénétraient jusqu'à Bâio, *'t que les Grecs, pour se réunir aux Latins, fliernaiidaient aue le concile se tint dans une ▼ iile d*ltalie plus è portée d'eux, répondit le 12 novembre à son lé^jat qu'il eût è dissoudre ce qu'il y avait de concile à Bâle et h U* transferi*r h Bologne, pour y être célébré «f^as dix-huit ,mois. Apprenant en outre

qu'on semblait remettre en question ce qui avait été si'solennellement décidé en invitant les sectaires de Bologne à venir conférer à BAIe avec les Catholiques, il donna, le 18 décembre, une bulle, adressée à tous les fidèles, qui déclarait formellement le concile de Bâle dissous et transféré à Bologne. Telle fut la première origine des tristes débats, au milieu desquels nous allons voir, si longtemps et à tant de reprises différentes, le Pape Eugène IV luttef avec le concile de Baie.

En effet, dansTintervalie de la première à la secondç session, on fut informé que le Pape avait dessein de dissoudre le concile, et on travailla aux moyens de l'en empêcher. Le cardinal Julien écrivit au Pape, à ce sujet, une lettre uù il prétendait qu'il n'avait pas le pouvoir de dissoudre le concile. Les Pères qui composaient cette assemblée, lui en adressèrent une dans le même sens; ils lui disaient que personne ne peut contester l'autorité de l'Eglise; que les conciles jgénéraux la représentent; qu'ainsi, ils sont infaillibles, puisqu'ils sont l'Eglise même; que le Pape, quoique chef ministériel de l'Eglise, n*est pas cependant au-dessus de tout le corps mystique, parce que ce corps mystique, même sans compter le Pape, ne peut pas errer, surtout dans les choses de foi. Eugène ayant donné une bulle pour la dissolution du concile, ce même concile crut devoir opposer son autorité à la sienne. Il écrivit à Eugène, pour le prier et le sommer de révoquer cette bulle, et de se trouver au concile dans trois mois^ ou d'y envoyer des personnes en sou nom, si sa santé ne le lui permettait pas ; et, en cas de refus, I déclare qu*il pourvoira aux «nécessitéâ de l'Eglise, etqu il procédera Dar les voies de droit.

Dans la sixième session et les suivantes, comme le Pape n'avait pas comparu en personne, ni pnr procureur, et qu'il n'avait pas révoqué sa bulle, on lui accorda encore un délai de deux mois. Ce terme expiré, on fit de nouvelles tentatives auprès de lui; on lui accorda de nouveaux délais, et on lui en* voya des ambassadeurs du roi de FraocQ, pour conclure un arrangement. Eugène; pressé par l'empereur Sigismond, étonné du cours inattendu qu'avait pris l'affaire des hussites, et de la faveur qu'acquérait le concile, frappé de mille autres considérations nouvelles, craignit de passer pour indifférent aux vrais intérêts de l'Eglise. Après avoir encore défendu le terrain pied è pied, il consentit ônfiu à ce ciue le concile se tint à BAIe. Par une autre bulle, il chargea ses légats de travailler avec le concile à la réformalion de l'Egli^^e. Mais quelques réserves, toutes implicites d'ailleuis, blessèrent les Pères, qui craignaient que les légats fussent seuls arbitres de la réforme. On voulait tout emporter ou tout rompre. Le 19 février^ dans la dixième session, on requit qu'Eugène fût déclaré contumace. Le 27 avril, dans la onzième, on le menaça de suspense et do déposition. Dans la session suivarle

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on commença h vouloir dresser le décret de suspense. Enfin une réconciliation eut lieu entre le Pape et le concile vers la fin de 1^33. Eugène choisit quatre cardinaux pour présider au concile avec le cardinal Julien, et il révoqua la bulle qu^il avait donnée pour le dissoudre; il en donna une, par laquelle il déclarait que le concile avait été légitimement continué, et qu'il confirmait généralement tout ce qu*on y avait statué depuis l'ouverture. Quelques sessions se passèrent Iranquilles, et Ton pouvait croire fa bonne intelligence rétablie ; mais au fond, il n'en était pas ainsi.

Dans la dix-septième session, on déclara aux légats du Pape, qu'on ne les recevrait pour présider, qu'à condition qu'ils n'auraient qu'une autorité dépendante du concile, sans aucune juridiction coactive, et qu'ils seraient obliges de donner leurs conclusions conformément à ce qui aurait été décidé par le concile, Les légats d'ailleurs, sur les instances des Grecs, demandaient aux Pères que l'on tînt le concile, pour la réunion des Grecs h Florence, ou en quelque autre ville d'Italie. Mais dans la vingtcinquième session, dans laquelle il se trouva jusqu'à 357 prélats, le concile fit un décret portant, que ce serait à BAIe ou à Avignon qu'on travaillerait à cette réunion. Il est vrai que la ville de B&le paraissait trop éloignée pour les Grecs, mais les Pères au concile craignaient que, sous prétexte de translation, le Pape n'entreprit encore de dissoudre le concile, et qu'if ne le transférât dans un lieu où l'on n'aurait pas la liberté de travailler à la réformation. Comme l'Italie était flus à la portée des Grecs, et la ville de errare plus commode pour le Pape, les Pères de Bâte offraient seulement de transférer le concile à Avignon, ou dans quelque ville de Savoie. Telle fut la cause de tous les débats entre le Pape e,t le concile. Le plus grand nombre voulait qu'on tint le concile à Avignon; les autres, en moindre nombre, se joignant aux légats, fireat un décret, au nom du concile, pour le transférer à Florence. Eugène conorma aussitôjtce décret par une bulle qui transférait le concile à rerrare. S.tpour empêcher qu'il ne se continuât à Eâle^il fit équiper des galères à Venise, afin de prévenir celles que le concile devait envover pour aller prendre les Grecs. En effet,, les ambassadeurs des Grecs s'y embarquèrent avec les légats que le Pape envoyait en Orient, et arrivèrent à Gonstantinople avant ceux que le concile envoya : ce qui fit que l'empereur des Grecs s'embarqua sur les galères du Pape. Le cardinal Julien se retira du coacile.

Depuis celte époque jusqu'à l'arrivée des Grecs à Ferrare, il y eut à Bâle session sur session, outrage sur outrage envers le chef de l'Eglise. Casser la nomwfialioii d'ua cardinal, supprimer les bulles de Home, déclarer Eugène contumace, puis suspens tant au spirituel qu'au temporel, avertir les i)rinceset le clergé qu'ils eussent à ne plus lui rendra obéissance ; tausces excès furem

l'affaire de auelques mois etdc cinq sessions. Mais si l'écnec essuyé par l'assemblée de Bâle dans l'affaire de la réunion des Grecs, i'avoii mortifiée d'une manière sensible, une autrt* mortification non moins dupe qu'épniava cette assemblée, fut le cri général qui s*éleva dans les cours de l'Europe, quand on commença les procédures contre Eugène.

Dnns la trente-deuxième session, tenue le 24 mars 1438, comme le Vicaire de Jésus- Christ, à la tète du concile de Ferrare, avait déjà frappé de censures tous ceux qui osaient encore tenir à Bâle des assemblées ecclésiastiques, ils osèrent à leur tour fulminer contre le concile uni avec le chef de l'E^^lise, et le traiter de convenlicule schismatique. Ils dressèrent contre Eugène huit articles, portant que c'est une vérité de foi catholique, que le concile général est supérieur au Pape; et qu'il ne peut être dissous ni transféré sans le consentement du concile. Déjà, il se trouvait cependant à Ferrare plus de quatre-vingts évèques, et deux mois après, il y en eut plus de cent quatre-vingts, en y comprenant les Orientaux qui, avec les Latins, formèrent le' concile général des deux Eglises, le 9 avril 1438. Le 6 juillet de l'année suivante,dans la dixième et dernière session de ce concile générale fut publié le décret de réunion des Grecs aux Latins.

A Bâle cependant, Eugène fut mal récompensé de ce qu'il faisait à Florence; on y tint le 16 mai de cette année (1439), la trentetroisième session, où-, malgré I opposition des cours et des jilus grands prélats, on prit les conclusions qui préparaient les plus grands scandales. Ce con(nliabule,'qui se corn*' posait en tout de vingt prélats, ^dont la pliH part n'étaient pas même évoques, osa procéder à ladépositioa du Pape. Dans la trentequatrième session, on cita une seconde fois le Pape, et on le jugea par contumace : on prononça sa sentence de déposition, et on examina si on élirait sur-le-champ un nouveau Pape. Dans ces circonslancces la peste qui survint à Bâle, et qui obligea les Pères de se retirer de cette ville, suspendit lessessions suivante^. Cependant elles furent reprises ensuite. Ce fut dans la trente-huitième, qu'on nomma les ofllciers pour le conclave, et le choix tomba sur Amédée,. duc de Sa^ voie. Ce prince, après avoir abdiqué la souveraineté en faveur de son fils, s était retiré à Ripailles, sur le lac do Genève, où, sous l'haliit d^ermite,, il menait une vie pénitente, selon quelques-uQus, et voluptueuse, selon quelques autres. Amédée consentit à son élection, et prit le nom de Félix V. Il vint en personne au concile, le 23 Juillet 144Q« et fut sacré évèqne et couronné Pape. Cette élection causa uq nouveau schisme;, quelques-uns étaient pourFélix; tous les autres pour Eugène; les Français, quoiqu'ils fussent |^ur le concile de Bâle, reconnurent toujours Eugène. Les Anglais et les Ecossais demeurèrent pareil leuj eut dans son obéissance ; mais Alphonse, roi d'Aragon, la reine d.e Hongrie, les duc&dô

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