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fut élu le 20 mai 310. Après la mon du Pape saint Marcel, prédécesseur de saint Euitèbe, le Saint-Sié|<e vaqua plusieurs mois, à rause des troubles qui s'élevèrent. D'un côté, Maxence qui régnait à Rome en tyran, pillait les maisons, enlevait les femmes aux maris, répandait le sang des citoyens, réduisait les peuples h la misère. D*un autre c6té, les Chrétiens qui, par faiblesse, étaient tombés dans la persécution, demandaient à être rétablis dans la communion des fidèles, sans passer par les rigueurs de la pénitence, sui« vaut la discipline des safnts canons, entretenaient la discorde. Saint Marcel montra un grand zèle pour le maintien de la pénitence canonique. Cette fermeté lui attira des ennemis, entre autres Héraclius, homme turbulent, qui lui suscita des contradictions dont le saint Pape triompha par sa patience, La piété et la douceur de saint Eusèbe avaient déjà calmé tous ces troubles, lorsqu'il l'ut exilé en Sicile parle tyran Maxence. Il était è peine rendu au lieu de son exil lorsqu'il mourut le 26 septembre 310, après quelq^ues mois d'un pontiticat agité qui ne lui laissa pas (e temps de faire tout le bien que l'on attendait de lui. Son corps fut rapporté à Rome et placé dans les Catacombes.
EUTYCHIEN (Saint), vingt-septième Pontife, originaire de Toscane et flls de Maxime. — Saint Euty/;liien fut élu pour succéder au Pape saint Félix 1", le 6 ianvier 275, sous i*empereur Aurétien. L'histoire ne nous apprend rien touchant les actions de la vie de ce saint Pape, quoiqu'il ait occupé le Saint-Siège près de neuf ans. Ce fut en Tannée 277, deuxième du pontificat de saint Eutychien, que parut l'hérésiarque Manès. Cette hérésie a duré si loni^temps, après tant de formes différentes, a trouvé tant de défenseurs, a été attaquée par des hommes si célèbres, que nous ne pouvons nous dispenser d'en parler ici. Nous résumerons donc avec Fleury, Torigine et la doctrine de Manès.
« Il y avait en Ejçypte v dit-il, un « nommé Scythien, Sarrasin de nation, qui n'avait rien de commun avec le christianisme, ni le judaïsme.lldemeuraità Alexandrie, elïiuivait I& secte d'Aristote. Il composa (|uatre livres. Scvthien mourut, avant de passer en Judée, qu'il se proposait d'infecter de sa doctrine. 11 avait un disciple nommé Terbintlie, qui lut héritier de ses livres, de sa doctrine,, et de l'argent qu'il avait amassé en trafiquant aux Indes. Terbinthe vint en Palestine et en Judée, où étant connu et condamné, il résolut de passer en Perse. Il y trouva aussi pour adversaire les prêtres de Mithra; après plusieurs disputes, il fut convaincu u'erreijr, chassé , et se retira chez une veuve qui hérita de ses livres et de son argent.
« Comme elle n'avait point de parents, elle acheta de cet argent un jeune esclave nommé Coubric, qu'elle adopta pour son fils, et le fit instruire dans les snences des Perses : en sorte qu'il devint considérable entre lf«ufs sages, la veuve étant morte, il hérita des livres et de l'argent. Afin qu'on ne pût
lui reprocher sa servitude, il i\u\Uè te nont de Coubric, et prit celui de Manès. Il ili^<t u'il était le Paraclel, et se vantait de faîr? es miracles. Le fils du roi de Perse éliit malade. Il y avait un grand nombre de médecins, mais Manès promit de le guérir, Fnr ses prières. Les médecins se retirèrent; enfant mourut. Manès fut mis en prison: il trouva moyen de s'échapper. Le roi Gl mourir les gardes. Manès s'enfuit en Mésopotamie. Plus tard il tomba entre les mains des sodats du roi de Perse, qui le cherchaient de tous côtés. Il fut pris et mené au roi, qui lui reprocha ses mensonges, sa fuite, m servitude; et pour expier la mort de son fils et des gardes de la prison , le condamot. suivant la coutume des Perses, h èlre écfirché avec une pointe de roseau. Son cor|is fut donné aux bètes pour le dévorer: la pcan fut pendue aux portes de la ville. Telle fut la triste fin de Manès.
« Il avait douze apôtres, dont trois étaient ses principaux disciples, Thomas, Baddasel Hermas. Il se nommait apôtre de Jésus- Christ, non pour se mettre au rang de saint Pierre, de saint Paul; il prétendait bien être au-dessus ; mais pour dire qu'il était envoyé de la part de Jésus-Christ , étant le Pnraclet promis. Toute la doctrine deManèf ruulaitsur la distinction des drux principes; le bon, qu'il nommait prince de la lumière, et le mauvais, qu'il nommait prince des t('*Dèbres. Le monde avair été fait du mélan^eJ^ cesdeuxnaluresdubien etdumal.Enrhaqn»
homme il y avait deux âmes, l'une qui Tenait du bon firincipe, l'autre était une par* tiedu mauvais principe.
« Les manichéens étaient divisés eodent ordres : les auditeurs et les élus. Les élus faisaient profession de pauvreté et d'une abstinence très- rigoureuse. Les auditeurs pouvaient avoir du bien, et vivre ft pea i>rès comme les autres hommes. Itsdevaieni néanmoins tous s'abstenir du vin, de la chair, des œufs et du froma^^e ; parce qu'il» disaient que ces coros n'avaient aucune partie de la substance oivinc. Entre les élus, il y en avait douze, qu'ils nommaient roatuei; et un treizième , qui était le premier, ^ l'exemple de Manès et de ses douze disciples. Au - dessous étaient sotiaote-douza évoques ordonnés par les maîtres ; ces éréques ordonnaient des prêtres et des diacres. Ils avaient un baptême, mais corrompu. H» célébraient l'Eucharistie, mais avec un mélange si exécrable, qu'on n'ose l'écrire. * Le manichéisme fut condamné |«ar le Pa^^e saint Eutychien, dès l'an 277, dans un concile de Mésopotamie.
Ce saint Pape ordonna qu'on ensevelirait les corps des uiartyrs dans des tuniques <ie pourpre. Il en ensevelit lui-même de .vr^ jiropres mains trois cent quaranie-deus* et il eut ensuite le bonheur de leur ètreassi>* cié le 28 décembre 383, ayaul été m>A mort pour la foi sous l'empereur Numémo. Saint Eutychien fut enterré dans le cime* tière de Saint-Calixte , sur la roie Appif»nne. Quoique l'Eglise donne h ce P«;*