‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 40 sur 123 · TON · texte numérisé non relu

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MS PAPES

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cumpagirie de cuirassiers» i*épée nue et liaissée, et un train d*artillerie de sept pièces de canon terminent le cortège, éclairé sur tous les points par de grandes torches. Le corps est ainsi conduit au Vatican, au pied de l'escalier de Couslaulio» où qualre pénitenciers de Saint-Pierre le prennent et le portent à la chapelle Sixtiae. On lepUce sur le lit funèbre au milieu des torches ardentes, ettprès lui avoir mis la mitre à la lame d*or, pendant que les Pères pénitenciers continuent leurs prières.

Dans la matinée du jour suivant, le chapitre et le clergé de la basilique Yaticane montent à la chapelle Siitine ; les pénitenciers leur remettent le corps. Les cardinaux arrivent vètus^de leurs insignes en soie violette { les cardinaux, créatures du Pape décédé, les portent en sergej et les chantres pontificaux entonnent le répons Subveniie sancli^ etc. Le chanoine doyen, en chane noire, fait l'absoute, en observant de ilécnir le genou devant le corps du Pontife. Huit chapelains de la basilique prennent le Jit avec le corps, et, précédés du chapitre et du clergé avec la croix et les cierges allumés, ils descendent par l'escalier royal : les chanoines soutiennent les extrémités du drap mortuaire; les cardinauxaccompagnent, ainsi que les prélats en soutane et en manulleita noires (39), récitant en commun les psaumes et les prières pour les morts.

Lorsque, comme Grégoire XVI, le Pape est mort au Vatican, les pénitenciers portent le corps, par Tescaiier secret, à la chapelle Sixtine^ou, dans la matinée du jour suivant, le chapitre et le clergé du Vatican, ainsi que les cardinaux, vont le prendre, comme nous venons de le dire.

Arrivé au milieu de la basilique, le corté^re funèbre s'arrête ; le corps est placé sur un lit funéraire élevé et richement décoré de tentures do velours violet, aux armes du Pontife défunt. Le plus digne des archevêques ou évèques chanoines, vêtu poaliGca- Jement, fait une seconde absoute, selon le cérémonial ; et le clergé, les cierges allumés, co!!duit le corps dans la chapelle du Saint-Sacrement, où il demeure trois jours exposé sur une estrade, revêtu des habits sacrés, la dalmatique, la chasuble, le fanon, la mitre, etc. On le place de telle manière <£uo les pieds, placés en dehors de la grille qui ferme l'entrée de la chapelle, peuvent aiséujenl être baisés par le peuple. Le peuple, en effet, s'y porte en foule pendant ces trois journées; dos chapelains |)OutiQcaux se rt*ièvent auprès de ces pieds vénérables, les gardes suisses maintiennent l'ordre, et empêchent tonte confusion; un luminaire imitjeose inonde de lumière le .corps du Pontifia et la multitude qui prie.

Dans la soirée du troisième jour, les car-

(30) Les prélais doivent i*habîller ainsi, tant que dans la vacanoe du &iini-Siége.

(M) Cette chapelle, la plas spacieuse de la baaîliqae, séparée du bas-côte de Téglise par une porto eu fer garnie de grandes glaces qui hucrccpti^tti

dinanx de la création du Pape décédé, en habit de serge violette, arrivent i la sacristie de Saint-Pierre, avec leurs gentilshommes et leurs caudatairçs« Les prélats clercs de la chambre y accompagnent le cardinal camerlingue. Le cardinal archiprèlrede Saint- Pierre, en chape noire, et les chanoines précédés de la croix, se rendent, les cif'rges allumés, en chantant sur le ton le plus grave le Mis^ere, à la chapelle du Saint-Sacrement. Les chapelains et les confrères du Saint-Sacrement prennent le corps et, accomnagnés des gardes-nobles et des Suisses, ils le portent, à la suite du clergé, à la chapelle dite du Chœur fiO),où viennent, immédiatement prévenus, les cardinaux, le majordome, le maître de chambre, les chapelains particuliers vêtus de violet (parce <iue le corps du Pape, auprès duquel ils continuent leur service, n'est pas encore dans sa dernière demeure), et les maîtres de cérémonies pontificaux en mantelline. On chanté le répons : In paradisum. Le chanoiileévèque, vètupontiQcalement, en pluvial et mitre, fait une troisième absoute, bénit et encense le corps. Puis il bénit et encense en récitant Toraison S|jéciale à celte circonstance, celle des trois bières de cyprès, prénarée dès longtemps, qui doit le renfermer ; les chantres entonnent rantienne Ingrediar^ et continuent ensuite le psaume Quemadmodum desiderat. On répèle Tanlieune, et les chapelains, tenant dans ue grand et large linceul rouge, lamé d'or, bordé de soie cramoisie et aux franges d'or, te rorps revêtu de la soutane blanche, de Taube, des dalmaliques et dès autres ornements pontificaux, y compris la chasuble rouge, le pallium, le fanon avec Tanneau, les sandales rouges et la mitre, le placent ainsi dans la bière. Le majordome y met trois bourses contenant des m(^dailles d'or, d^argent et de bronze en nombre égal à celui des années du pontifiât qui vient de finir. Le premier cardinal de la création du Pnpe ainsi enseveli, après avoir déposé aux pieds du corps un cylindre do ter-blanc renfermant un parchemin où sont indiqués les principaux événements du règne, couvre la têle d un grand voile blanc, pendant que le maître de chambre enveloppe les mains d'un voile semblable ; on étend sur tout le corps le grand linceul rouge. Les i^rdinaux livrent alors le cercueil au chapitre, dont les notaires dressent acte de cette remise. La bière de cyprès, fermée avec des vis et scellée, est placée dans une bière en plomb, aux armes du Pape décéilé, qu'entourent diverses inscriptions; celle-ci est enfermée dans une bière en bois sur laquelle sont apposés le:* sept sceaux du camerlingue, de rarrhiprêtre, du majordome et du chauitre. Les bières où est renfermé le corps du Pape précédent, déposées au lieu fixé près le vestiaire des

Talr extérieur, ea celle où l'on chante TOffice nonial et la Messe capiiulaire ; elle ^e trouve sèment vis à vis la chapelle du Saini-Saciement ; ta cortège n*a qu*à iraTerser t*églisei

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ebantrtf, ont été transportées la veille* sans aucune solennité dans les souterrains de la basilique ou dans une autre église ; on constate l'autlienticitédu cercueil, on dresse un acte de reconnaissance» et le Pape» qui vient de mourir, prend la place de son prédécesseur

1*usqu*au moment ou son successeur viendra occuper à sou tour.

Si, par son testament. Te Pape a choisi une autre église pour lieu de sa sépulture, la translation n*est permise qu'après nne année entière écoulée sur la tombe, dans Tendroit consacré. Grégoire XVI désigna l'église de Saint-Grégoire aimante Ce/io, qu'occupent losCamaldules. (Eleéiion et couronnement du Souverain Pontife, etc.)

GÊLASE T' (Saint), quarante-neuvième Pape et successeur de saint Félix II. — Après la mort de ce dernier, le Sainl-Siége vaqua cinq jours, et on élut, le 1" xnars 492, pour lui succéder, Gelase, Africain, fils de Valère, recommandable par la pureté de sa foi, et la sainteté de sa vie. La nouvelle de son élection étant parvenue à Constanlinople, Euphonius, patriarche de cette ville, lui écrivit par un diacre nommé Syncetius, se plaignant qu'il ne lui eût pas donné part de son ordination, suivant la coutume. // est vrai, répond le Pape Gélase, c*était Vancienne règle entre nos pires, qui étaient unis de commi/hnion; mais vous avez préféré une société étrangère à celle de saint Fierre. Vous dites que je dois user de condescendance; il est vrai que ton doit sej^encherpour relever ceux qui sont tombés, mats non pas se précipiter avec eux. Ainsi^ nous accordons sans difficulté à ceux qu'Acace a baptisés ou ordonnés, le remède établi par la tradition de nos pères,. Vous condamnez JHutyckès : mais Acace, dites-vous, n'a rien avancé contre la foi; comme si ce n'était pas encore pis de connaître la vérité, et cornmuniquer avec ses ennemis. Vous demandez quana Acace a été condantné, comme sUl fat" tait une condamnation particulière contre un catholique qui communique avec un hérétique. Vous dites que vous recevez le concile de Calcédoine, et vous ne tenez pas pour condamnés, en général et en pariiculier, ceux qui ont communiqué avec les sectateurs de ceux qu'il a condamnés.

Prétendez-vous que Pierre^ avec qui Acace a communiqué ait été justifié! Donnez-en des preuves : puisqu'il est manifestement convaincu d'avoir été eutychéen : et ne vous flattez pas dfi la déclaration que vous faites de tenir ta foi catholique et davoir ôté te nom dEutychès. Une suffit pas de dire, il faut encore le montrer par les effets: en renonçant à la communion des hérétiques et de ceux qui ont Ci*$nmuniqué avec leurs successeurs. Mais il y a des gens qui vous contraignent ? Permettez-moi de le dire^ un évéque ne doit jamais parler ainsi, quand il s'agit de publier la vérité : mais paraonnez aussi à ma crainte, je tremble à la vue du terrible jugement de Dieu ; nous devons comme ministres de Jésus- Christ donner notre vie pour la vérité. Vous dites qu il faut persuader le peuple de Cons'tantinople et que je dois envoyer quelqu'un pour l'apaiser. N'est-ce pas au pasteur à conduire le troupeau, plutôt que de suivre

ses égarements ? Votre troupeau rendra-t-U compte de vous ou vous de lui? Comment m'écoutera-t-il,moi qui lui suis suspect, s*i7 méprise les avertissements de ses pasteurs t Nous viendrons, mon frère Euphemius, nous viendrons sans doute à ce redoutable tribu^ nal de Jésus-Christ ; où les chicanes et les fuites ne seront point admises. On y verra clairement, si c'est moi qui suis aigre et dur comme vous le dites. Quoique le Pape dans cette lettre traite Euphémius de frère, il 7 déclare toutefois que ce n'est pas par une marque de communion, et qu'il lui écrit comme k un étranger.

Comme on le voit par cette citation, le Pape ne demandait autre chose à Euphémius sinon qu'il 6tftt desdyptiques le nom d'Acace» son prédécesseur, qui était mort excommunié par le Pape Félix, non pour avoir enseigné par lui-même aucune hérésie, mais pour avoir favorisé le rétablissement du fameux hérétique Pierre Monge, sur le siège d'Alexandrie ; pour avoir porté l'empereur Zénou h faire l'Hénotique, ou l'Edit d'union, par lequel on prétenaait réunir les eutychéens aux catholiques, sans leur faire abjurer leur hérésie ; enfin pour avoir mal traité les légats du Pape, et méprisé l'autorité du Saint-Siège. Toutes ces raisons ne purent faire chang;er de résolution k Euphémius. Il croyait que l'excommunication d*Acace avait quelque chose de trop durci d'injuste même, et que ces effets extérieurs devaient au moins finir avec sa vie. Il considérait que sa mémoire était honorée du peuple de Constanlinople, et il crai*

5 nait une sédition, s'il rayait son num des ypliqnes : de sorte qu'une sévérité réci* proquc, dont ils auraient pu se relâcher de part et d'autre, pour !e bien de l'Eglise, sans préjudice de Ja foi, tint ces deux gramis sièges désunis par une espèce de schisme qui dura plus qu'eux, et qui passa aux successeurs de Tun et de Tauire.

Comme la cause d'Acace partageait alors tous les esprits, Gelase entreprit de faire voir quelle était l'obstination des Grecs au sujet d'Acace, et de justifier la conduite du Pape Félix, qui Pavait, comme nous le verrons plus loin, excommunié en vertu du concile de Calcédoine. Il s'opposa fortement à l'hérésie des pélagiens, qui semblait renaître dans la Daluatic. Il découvrit, par sa vigilance, plusieurs manichéens qui se cachaient au milieu de Rome, et les \\fi

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chasser de ta yiHe par l'autorilé du ma gistrat. Il écrivit à Tempereiir Anaslasp, |)Aur Teihorler à mnintenir la condamnation qoe le Saint-Siégc avait firononcée sur lamémoîred'Acace,doniraffaireluitenaiUoujours à cœur. Sur les instances que les Grecs faisaient* en sa faveur, il manda à l'ambassadeurdu roi Théodoric,è Conslantinople, qu*il nVtait pas au pouvoir de PEglise de paraonnr-r è un homme mort, s<^paré de la coroniuoion, ni de le délivrer d'une eicommunication qui n*avait pas été levée de son vivant. Eu combattant les eutvchéens, il prit garde que les nesiorîens qui donnaient dans une autre extrémité, ne tirassent avantage de la force de ses arguments. CVst ce qui lui fil entreprendre son Traité dei deux naturti contre Eutychès et Nestorius toute la fois. Il travaillai remédier aux désordres que les ferres des Gotbs et des autres Barbares

plupart étaient sans ministres, et la corruptîon des mœurs augmentait toujours parmi les peuples. Gélase tint, h cet effet, un concile; il se vit obligé de passer par-dessus les formes ordinaires et de diminuer quelque chose de la rigueur des anciens canons ; mais de peur qu*on n*abusât de cette condescendancet il fit divers règlements ou'il adressa aux évoques de la Lucanie et de la Sicile. Il prit un soin particulier de ré^^ler les fêtes de TEglise, la liturgie, les Offices divins, et tout ce qui regarde le culte extérieur. Il dressa un code de prières, de ri'eset de cérémonies, où il ajouta de nouvelles formules à celles qui étaient en usage avant lui dans TEglise romaine.

Le Pane Gélase reçut une lettre de Laurent évèque ae Lignide en Illyrio, portant aue dans l*Eglise de Thessalonique, et dans les autres du pays, on avait lu la lettre du Pape Félix, concernant les excès d*Acace: que toos lui avaient dit analhème et que personne n'était entré dans sa communion. Laurent priait le Pape d'envoyer aux évèques d^Illyrie une profession de foi qui servit d*antidote contre Thérésie. Le Pape, dans sa réponse, reconnaît que c'est la coutume que réréque nouvellement établi dans l'Eglise romaine, envoie auxEglises le formulaire de la foi. Il l'insère en effet dans cette lettre, expliquant principalement le mystère de ri ncarnation contre l'hérésie d'Eutychès^ et témoigne, è la fin espérer que 1 empereur travaillera efficacement à faire cesser ces disputes téméraires. Nous avions résolu ^ dii'iUde vous envoyer quelaues'uns desnôtreSf si réia$ des affaires nous leût permis.

Le Pape Gélase ayant appris par Fauste les laintes des Grecs contre TEglise romaine, ut envoya une instruction afin d'y répondre : Toi bien compris^ dii-iU que les Grecs dêsmeuraieni dans leur obsiinntion^ et çy^^H* ne cherekeni au'à renverser la foi catholique, à roceasion de Vambassade du roi. Mais que Tiut dire fempereur^ quand il ss plaint que

nous l*avons condamné: puisque mon prédécesseur lui a écrit sur son avènement à Vem^ pire, et que je lui ai fait aussi mes compliments par lettre, sans en avoir jamais reçu' de lui : et ensuite ils disent qu*on doit leur pardonner. Qu^on donne un esemple depuis le com^ mencement du christianisme, que des évéques^ que les apôtres, que le Sauveur lui-même aient pardonné, sinon à ceux qui se corrigeaient. Nous lisons que Jésus-Christ a ressuscité des morts : mais non pas qu'il, ait absous des

Îens morts dans Verreur II a donné à saint Herre le pouvoir de délier ; mais seulement ceux qui sont encore sur la terre.

Euphémins dit qu'Acace n'a pii être condamné par un seul. En effet les Grecs disaient que ie juj^ement du Pape seul ne suffisait pas, et qu'il fallait un concile général pour condamner un patriarche de Conslantinople. Gélase répond : Ne voit'il pas qu'Acace a été condamné en vertu du concile de Calcédoine, comme on en a toujours usé l'égard de toutes les hérésies, et que mon pré* décesseur n*a fait qu'exécuter un ancien décret, sans rien prononcer de nouveau. Non* seulement un Pape, mais tout évéque pouvait le faire, car Acace n'a pas inverUe une nouvelle erreur, pour avoir besoin d'un nouveau jugement. Ils nous opposent les canons, et ils y contreviennent, en refusant d'obéir au premier siège, qui ne leur demande que la raison. Ce sont les canons, qui veulent que ces ap^ pellations de toute VEglise soient portées à ce Siège, ei que Von ne puisse en appeler nulle part : en sorte qu'il juge de toute VEglise sans être jugé ae personne, et que tes jugements demeurent sans atteinte. Timothée d'Alexandrie, Pierre d'Antioche, Pierre, Paul, Jean, et les autres qui se prétendaient été-

Ïues, ont été déposés par la seule autorité du iége apostolique : Acace lui-même en est témoin, puisqu'il a été r exécuteur de ce jugement. Il a donc aussi été condamné de la mime manière, quand il est retombé dans leur communion.

En vertu deqwl concile ont -Us chassé de son église Jean d^ Alexandrie, sans quit ait été convaincu avant ni après? En vertu de quels canons a-t-on chassé Calendion, et plusieurs autres évéques ? Quoi! Ton a dû chasser les étéques du second et du troisième siège, et tant d autres évéques innocents ; et Vévêque de Conslantinople a qui les canons ne donnent aucun rang, retombant dans la communion des hérétiques^ n'a pas dû être déposé! Au reste, c'est une grande impudence de supposer qu* Acace a demandé pardon, et que c'est nous

Îfui avons été difficiles. Témoin votre flrère 'illustre Andromaque, à qui nous avons donné d'amples instructions, pour exhorter Acacs à rentrer dons la communion du Siège apostolique, et qui nous a assuré par serment qu'il y avait fait de grands efforts. 1^ Pape Gélace s'attribue ici en commun ce qu'avait fait Félix son prédécesseur, qui survécut k Acace. Gé'asc continue • Je leur demande, o A prétendent -ils que s'exerce le jugement qu'ils proposent chez eux, en sorte qu'ils soient les parties, les témoins et les juges f

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511 8 agit d$ lûreliaion^ la souvtraine autO" rite déjuger n'est aue^ ielon les canons^ qu'au Siège apostolique. S*il s* agit de la puissance du siêciet elle doit être jugée par les évéques , et principalement par le vicaire de saint Pierre. Personne, quelque puissant qu'il soit dans h siècle^ pourvu qu'il soit Chrétien, ne s^atlribue le pouvoir déjuger des choses divines^ s'il ne persécute la religion.

Vers le même temps, le Pape (îélase reçut irne lettre des évéques de Dardanie, où ils le nomment Père des Pères» déclarant qu*ils veulent obéir en tout à ses ordres, et que dès avant qu'ils les eussent reçus, ils avaient renoncé à la communion d Ëutychès, de Pierre, d'Acace et de tous leurs sectateurs ; cufin qix*ils veulent demeurer inviolablement attachés au Saint-Siège. Ils prient le Pape de leur envoyer quelqu'un des siens, en présence duquel ils puissent régler ce qui concerne ta foi catholique.Cetle lettre est sousrpité par Jean, évèque de Scopia, métropole (le I» province, et par cinq autres évéques. Le Pape leur envoya un évèuue nommé Urê'mn avec une lettre, oix if marque qu'il n*a pu leur faire part, suivant la coutume, lie^son entrée au- pontificat, aussHôl qu'il )*aurait désiré; à cause des troubles des guerres : c'est-è-dire de la révolution d'Italie, et de la conquête de Théodoric. Il dit que l'hérésie d'Eutychès a commencé depuis environ quarante-cinq ans, ce qui revient è l'an 493, a compter depuis la condamnation d'Entvchès ati concile de Constantinople en kkS. Il les instruit de cette hérésie, et de la condamnation d'Acace, les contirme dans rattachement au Saint-Siège, et les charge communiquer cette letlre aux évéques des provinces voisines.

B'un autre côté, le Pape Gélase aj^ant appris que l'on recommençait en Dalmalie à semer l'hérésie de Pelage, écrivit à tin évéque du pays, neaimé Honorius » pour avertir ses confrères de s'étoigner de ceux qui en seraient infectés, et de les en désabuser. II nomme six Papes qui ont condamné cette hérésie : Innocent, Zozime, Boniface, Celestin, Sixte et Léon. L'évéque Honorius envoya des députés au Pape, et parait s'étonner du soin qu'il prenait dps églises de DaU luatiev disant au reste qu'il avait toujours tenu sur ce point la saine doctrine. Le Pape lui répondit c^ue de tout temps le Saint- Siège avait pris sein de toutes les églises du monde, et lui envoya des réponses à quel- «]ues articles pour sa plus grande instruction. L'hérésie avait passé ta mer, et gagné la pai^tie d'Italie la plus voisine qui était le Picenum. Là un vieillard, nommé Senèque, enseignait le pélagjanisme : il disait qu'il n'y avait pas de péché originel; que les enfants morts sans baptême ne pouvaient être condamnés, que l'homme^ par le bon usage de son libre arbitre, pouvait devenir heureux. IVoù» passant à la pratique, il permettait aux clercs et aux moines de demeurer arec des filles consacrées è Dieu comme I) ayant rien à craindre s'ils le voulaient. Il parliiit indignement de saint lirAme et de

saint Augustin, et avait excommunié uri prêtre qui résistait à ses erreurs.

Ce vieillard fut amené au Pape Gélase, qui le trouva fort ignorant, et même d'un esprit bas et grossier; en sorte qu'il n'avait que l'opinifttreté sans raison. Après avoir essayé en vain de le convaincre, il écrivit une grande lettre aux évéques de cette province, où il réfute ces erreurs, et reprend fortement les évéques de leur négligence k s'y opposer. Elle lut envoyée, par un diacrenommé Romulus, elle est datée du 1*' novembre k93. Le Pape Gélase fit aussi un traité contre les pélagiens^ où il montre principalement que rhomme ne peut vivre sans péché. 11 y explique le mystère de la Résurrection, et cette parole de l'Apdtre: Que l'homme infidèle est sanctifié par la femme fidèle.

Les ambassadeurs du roi Théodoric, Fauste etirénée étant revenus à Rome, dirent au Pape Gélase que l'empereur Anastase demandait pourquoi il ne lui avait pas écrit» Le Pape lui écrivit en ces termes : Ce n'est pas de mon choix , mais ceux que vous avez envoyés à Rome dirent dans toute la ville que vos ordres ne leur permettaient pas même de me voir : j'ai cru devoir m'abstenir de voue écrire pour ne pas me rendre importun. 11 dit ensuite ces paroles remarquables : Il y a deux moyens par lesquels ce monde estprin^ cipalement gouverné; Vautorité sacrée du évéques^ et la puissance royale. La charge des évéques est d'autant plus grande, qu'ils dotvent rendre compte des rois mêmes au juge^ ment de Dieu. Car vous savez, qu encore que votre dignité vous élève au-dessus du genre humain, vous baissez la tête devant les prélats^ vous recevez d'eux les sacrements, et leur êtes soumis dans Vordre de la religion. Vous <utvez leurs jugements, et ils ne se rendent pas à votre volonté. Que si les évéques obéissent à vos lois, quant à Vordre de ta police et des choses temporelles ^sachant que vous avez reçu d'en haut la puissance, avec quelle affection devez-vous être soumis à ceux qui sont établis pour distribuer les sacrements ? Et si les fidèles doivent être soumis généralement à tous (es évéques, qui traitent dignement les choses divines : combien plus doit-on se ronformer à l'évéque de ce Siège, que Dieu aétabK au-dessus de tous les évéques, et qui a toujours été reconnu pour tel par toute VEglise ? Il presse ensuite l'empereur, par la piété qu'il avait témoignée jusqu'alors, étant simple narliCulier, et montre la nécessité d'ettecer le nom d'Acace, par les mêmes raisons que contiennent ses autres lettres.^Comme on objectait la résistance du peuple de Constantinople il répond :^que ce peuple a bien souffert que Ton ait rejeté Macédonius et Nestorius; et que l'empereur a su réprimer ce peuple, quand il a voulu remuer à l'occasion des jeux publics. Enfin, dit-il, ât Ion craint d'irriter le peuple aune seule ville , combien doit-on plus craindre de blesser la foi de tous les peuples du monde, qui seraient scandalisés de notre prévarication ?

Jlean^ évéque de Ravcnne, donna plusieurs

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fois avisau Pape Gélase du trUie étal da plusieurs parties de Tltalie, tellement désolées f)ar laçuerro et la famine, que Ton y manquait ae clercs, pour le service des églises, et Tadministration des sacrements. Cette nécessité obliuea le Pape de relâcher quelque chose de la discipline établie» toucnant (es interstices des ordinations ; il en écrivit une grande lettre aui évéques de Lucanie et des Brutiens, qui étaient les parties les plus méridionales d'Italie, et à ceux de Sicile, contenant vingt-huit articles ou canons.

Premièrement pour les ordinations : Celai qui iera tiré des ordres monastiques pourra

an. D'abord tsi

ecteur^

être ordonné prêtre en un

cre^ s'il le mérite par sa conduite : et enfin prêtre au bout de fan. Mais il faut qu'il n'ait d'ailleurs aucune irrégularité^ ni crime ni pé* niience publique^ ni bigame^ ni condition ser- %ile^ m défaut corporel^ ni ignorance des lettres : car celui qui ne sait pas lire ne pourra (oui au plus être que portier^ Celui ifui sera ordonné étant simple laïquCf sera éprouvé six mois de plus^ et ne pourra être prêtre qu après dix-huit mois, il est défendu d'ordonner des hommes de condition servile^ ni de les recevoir dans les monastères^ si ce nesi du consentement des seigneurs, qui les aient affranchis ou cédés par écrit. Il venait de tous côtés des plaintes de cet abus au scandale de l'£glise. Quelques évèques ordonoaienl des énergumèues ou des criminels, même sans qu'ils eussent fait pénitence, ou souffraient dans le ministère des clercs, qui avaient commis des crimes depuis leur ordination. Tous ces abus sont rigoureasement défendus, aussi bien que de recevoir, et encore plus de promouvoir les clercs déserteurs qui passent d*une Eglise à fautre.

On ne doit faire les ordinations qu'aux jours solsnnelSf c'est-à-dire au jeûne des quairiime, septième et dixième mois^ et au commencement du Carême : ce sont les Quatrs'Temps; ei encore au milieu du Carême. Le jour doU^tre le samedi soir. On ne doit donner le voile aux vierges qu'à l'Epiphanie, à Pâques^ et aux fêtes des Apôtres; si ce n'est quêtant dangereusement malades^ elles demandent de ne pas mourir sans cette consola^' tion. On ne doit baptiser quà Pâques et à la Pentecôte, or le cas de nécessité.

Les clercs nedoivent point excéder leur pou-' toir. Les prêtres ne s attribueront point la bénédiction du crème ou l'onction pontificale ; c'est-à-dire, la confirmation. Ils ne feront en présence de Févêque, ni la prière, ni le sacrifice, que par son ordre ; et ne feront stms lui ni sousHuacre ni acolyte. Les diacres ne bap^ tiseroni point sans nécessité : auquel cas les Uuques même le peuvent. Il est défendu aux clercs de faire aucun trafic, ni de chercher des gains sordides. La simonie est expressément défendue, c'est-à-dire, de rien exiger pour le baptême, la confirmation ou l'ordi-

nation, il est défendu aux femme^ de servir à V autel. On ne doit point donner hux veuves ni voiles, ni bénédiction: mais seulement les exhorter à être fidèles dans leur bonne résolution. Ceux qui auront épousé des vierges sacrées feront pénitence toute leur vie. On • ne doit point consacrer de nouvelles églises sous d'autres noms que de saints, ni sans la permission du Saint-Siège; ce qu*il faut entendre de cette partie de Tltalie qui dépen* dait particulièrement du Pape. Suivant Fancienne rèale, on doit faire quatre parts des revenus ae l'Eglise et des ablations, dont 'on attribuera la première à l'évêque, la seconde aux clercs, la troisième aux pauvres, la qua^ trième aux fabriques ; c'est-à-dire aux bdti^ ■ menls. Tous les clercs doivent avertir le Pape des abus qu'ils verront commettre, soit par l'évêque, par les prêtres, ou les autres clercs.

Voilà les règles que le Pape Gélase donne dans cette lettre aux évèi|ues dltslio. Quoi-' que le relAchement de discipline qu*il y accorde , soit très-léger, car il se borne à restreindre les interstices des ordinations; il ne laisse pas de témoigner dans plusieurs endroits, qu'il ne l'accorde qu'avec une peine extrême, et seulement en cas de uécessilé, pour né pas laisser manquer les églises des ministres nécessaires. Voulant que dans ces cas mêmes on observe toutes les autres règles, et que hors de ces cas, on ne se dispense en rien de la rigueur de l'ancienne discipline. C est qu'il prévoyait les conséquences des moindres relâchements. La lettre est datée du il mars k9k. Le 15 du mois de mai de la même année, le Pape Gélase écrivit aux évèques de Sicile, marquant à peu près le même partage des biens ecclésiastiques, et chargeant la part de l'évêque du soulagement des étrangeis et des captifs. Il veut que la prescription de trente ans ail lieu eu faveur de l'Eglise, suivant les loi^ des empereurs.

La lettre aux évèques de Lucanie semble être le résultat d'un concile ; et en effet le Pape Gélase en tint un à Rome avec soixantedix évèques la même aunée k9k, dont nous avons un décret concernant la distinctioa des livres authentiques et apocryphes. Il contient premièrement, le catalogue des Écritares saintes conformée celui que.reçoit auiourd'hui TEglise catholique : excepté que celui de Gélase ne compte qu'un volume des Hachabées, suivant la plupart des exemplaires. Ensuite il estdlt qu'encore que toutes les éolises catholiques du monde ne fassent qu'une Epouse de Jésus-Christ ; toutefois l'Eglise ro-

maine a été préférée à toutes les autres, non

ao\ a parole de Notre-Seigneur, quand il dit :

ar aucune ordonnance du concile, mais par

9i Tu es Pierre, » et le reste. A 'saint Pierre a été associé saint Paul, qui a souffert comme lui le martyre à Rome en même jour, et non pas dans un autre temps, comme disent les hérétiques. Le second siège a été établi à Alexandrie au nom de saint Pierre, par saint Marc son disciple. Le troisième siège établi ' à Antiorhe, porte aussi le nom de saint

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: parce quil a demeuré avant de venir i Rame^ et que le nom de$ Chrétiens y a commencé»

EosuMe il est dît qu'après tes Ecritures saintes 9 VEalise romaine reçoit aussi les quatre eoncites de Nicée^ de Conslantinople^ tEphise et de Calcédoine^ et après eux les autres eoncites autorisés par les Pères, Puis tes ouvrages de saint Cyprien^ de saint Gréfoire de Nazianze^ de saint Basile^ de saint Athanase^ de saint Cyrille dAlexandriCf de saint Jean de Constantinople qui est saint Chrysostome^ de Tt^ophile d'Alexandrie^ de saint Hilaire^ de saint Prosper^ de saint Ambroise^ de saint Augustin^ de saint Jérôme; et la lettre de saint Léon à Flavien. Enfin les o^uvrayes de tous tes Pères ^ qui sont mçrls dans Jb communion de l Eglise romaine^ et les Décrétales des Papes. Quant aux Actes des nwrtyrs^ Fancienne coutume de V Eglise ro • moine est de ne point les lire par précaution , parce que les noms de ceux qui les ont écrits sont entièrement inconnus^ et qu'ils ont été altérés par des infidèles ^ ou des ignorants^ comme ceux de saint Cyriqve^ et de sainte Juliette^ et de plusieurs autres, composés par des hérétiques. Pour éviter la moindre occasion de raillerie^ on ne les lit point dans l'Eglise romaine^ quoiqu'elle honore avec une entière dévotion tous les martyrs et leurs vombats^ plus connus de Dieu, que des hommes^ Le concile reçoit avec honneur les Vies des Pères, celles de saint Paul, de saint Antoine, (le saint Hil^iion, et les autres écrites (lar .«iaint Jérftnie. Il peroiet les Actes de saint Silvestre Pape, ceux de Tlnvention de la Croix, ei les nouvelles relations de Tlnvention du chefde saintiean; mais avec précaution^ U permet de même les ouvrages de Kufin et d'Origène, en tant qu'ils n*ont point été repris par saint Jér6me, et YSis-toire d*Eusèbe de Césarée. Hais il approuve celle d*Orose, et les poëmes de Sédulius et de iuvencus.

il vient ensuite à la censure des livres apocrvphes, entre lesquels il met premièrement le Concile de Rimini, puis ritinéniire »ie saisi Pierre sous le nom de saint Clément, les Actes de saint André, de saint Thomas, de saint Pierre, de saint Philippe : i^s Evangiles de saint Thaddée, de saint Matbias^ de saint Pierre, de saint Jean, de .•^aint Barnabe, de saint Thomas, de saint Barthélémy, de sa nt André : ceux que Lucien et Hesjchius avaient falsifiés. Le Livre de Venpnce du Sauveur^ le Livre de h Nativité dû Sauveur^ de Marier et de la sage* femmef. et de plusieurs autres, dont les plus connus soAt le Fondement et le trésor des manichéens^ les C entons de Virgile, attribués à Probft Falconia, et la Bévélation de saint Paul^ les Actes de sainte. Thècle^ et le Pa^saae ou t Assomption de sainte Marie, la Pénitence d'Adam^ la Pénitence d'Origène^ les Sorts des apAtres, la Lettre de Jésus-Christ à Abgar^ celle d'Abgarà Jésus- Christ; mais i! met entr^ ces apocryphes le Itrre du Pas- Uur, révéré de ranliquité, et les canons des apAtres. Ce qui montre que tous ces livres

ne sont pas égalemeul condamnés. Ensuilt» sont les ouvrages de' quelques hérétiques» comme Tertullien, Hontan, Fauste, manichéen, Tyconins donatiste, et de quelques eatholiaues qui se sont écartés en quelque

Eoint de la doctrine de l'Eglise : comme actauce Africain, saint Clément Alexandrin, Arnobe, Cassien, Fauste de Priés. Le concile condamne aussi tous les caractères ou billets préservatifs, qui portent le nom des anges, et en général tons les écrits des hérétiques, dont il rapporte les noms, depuis Simon le Magicien jusqu'à Acace de Constantinople, et les frappe tous d'anathème. Telle est la censure des livres qui se trouYe dans ce concile, mais la variété de» -anciens exemplaires peutfaire supposer qu'il ne s*y soit çhssé quelques noms d'auteurs, que le concile n'avait pas condamnés.

La même année le Pape Gélase écrivit aux évéques de Dardanie, comme il avait écrit k ceux de Dalmatie, pour les féliciter de leur fermeté dans la communion avec le Saint- Siège et l'Eglise catholique. Il les avertit de se tenir en garde contre l'évèque de Tbessa- Ionique, qui, n'ayant point voulu condamner le nom d'Acace après avoir été averti plusieurs fois, avait enfin été retranché de la communion du Saint-Siège. Ne croyez pas, ajoute-t-il, ce que Con vous dit , qu'Acace a été absous. Il est mort con^ aamné, et il ne nous est plus permis déjuger celui qui a comparu aujiyement de Dieu. Ne croyez pas non plus ceux qui disent, qu'il fit s" agit ici que des mœurs et non delà religion; et que le Saint'Siége a du ressentiments de ce qu'il croit avoir été méprisé par Acace. Youm^ voyez qu'il s*agit d'introduire l'hérésie avec les nonis des hérétiques ; le Saint-Siège a si peu de ressentiment^ qu'il est prêt à recevoir à bras ouverts tous ceux qui Vontméprisé^ s'ilm reviennent sincèrement à la communion €0-* tholique. La lettre est du 3 août 494.

Le Pape Gélase reçut ensuite des lettres des mêmes évéques, où ils paraissent tou* chés de cette objection des scfaismatiques» qu'Acace n'était pas légitimement condamné» ne l'ayant point été dans un concile exprès : vu principalement qu*il était l'évèque de la ville impériale. Le Pape leur répondit par une grande lettre, où il traite à fond toute TafTaire d'Acace. Parcourez^ dit-il, ce qui s'est passé depuis les Apôtres, et vous verrez que nos Pères les évéques catholiques, ayant une fois condamné en concile chaque hérésie^ ont voulu que ce qu'ils avaient décidé demeurât inébranlable f sans permettre qu'il fài venu en question^ prévoyant très-sagement^

Jm^autrement il n'y avait rien de solide dans es jugements de l Eglise. Car quelque mmni- (este que soit une vérité^ Ferreur ne manque jamais d'objections : étant soutenue par Toptniâtretéf au défaut de la raison. Ils ont donc jugé suffisant de condamner F hérésie atvee sam auteur^ et de déclarer^ que quiconque à Tovcnir communiquerait à (a mimeerreurf seraiê compris dans la première eondamneuion^ Ainsi Sabellius a été condamné dans tm con^ cih ainsi les ariens au concile de Nicée «

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oîfisî fftmomtuf • Maeedonius^ Neêtoriui. Tout ctta bien considéré^ noin nou$ anurons qu'aucun vrai Chrétien ne peut ignorer^ que c*e$t principalement au premier Siège à exécuter les décrets des conciles approuvés par te consentement de VEglise universelle^ puisque ce siège confirme les conciles par son autorité^ et en conserve l'observation en vertu de sa primauté, il faut se souvenir que c'est le Pape Gélase qui parle ainsi.

Le Saint-Siège f con ti n ue-t-i) ,. ayani des preuves certaines qu'Acace s^était écarté de la communion cathoUquCf a été longtemps sans le croire^ parce qu'il avait souvent été lui" même Vexécuteur de ses jugements contre les hérétiques. On n'a point cessé de l^avertir par îettreSf pendant pris de trois ans. On lui a envoyé une députation d'évéques avec des lettres ; pour l exhorter à ne pas se séparer de l'unité catholique^ et à venir ou envoyer pour se défendre contre les accusations graves de Jean 9 évéque d'Alexandrie. Car encore qu'on ne dât point tenir de nouveau concile^ il ny avait pas dévéque qui dût éviter leju-

{cernent du premier Siège ^ à qui s^était adressé *évéqué du second siége^ qui n'avait point dautre juge. Acace au lieu de satisfaire^ a corrompu les légats^ pour s'efforcer a attirer h Saint-Siège dans la communion des hérèH* ques: et par ses lettres a déclaré ^ qu'il communiquait à Pierre ^Alexandrie, le louant et faisant des reproches contre Jean , sans oser venir^ ni envoyer ce qu'il avançait. Acace a donc été condamné en vertu du concile de Calcédoine: et le Saint-Siégè Ta retranché de sa communion, pour ne pas tomber dans celle de Pierre dC Alexandrie^ avec lequel Acace communiquait.

C'est ainsi que Timothée Elure et Pierre dAlexandriCt çtit passaient pour étéques du second siège^ ont été condamnés sans un nou^ veaiu concile t par la seule autorité du Saint ^ Siége^ à la poursuite d Acace même. C'est à nos adversaires à montrer que Pierre ait été justifié. Toute l'Eglise sait que le Siège de saint Pierre a droit d absoudre des jugements de tous les èvèques , et de juger de toute VEglise, sans que personne puisse juger son jugement ; puisque les canons veulent que l'on puisse, y appeler de toutes les parties du mandCf et qu il n'est pas permis d'appeler de foî. Acace n'a donc eu aucun pouvoir d'ab^ sùudre Pierre d Alexandrie, sans la partici* potion du Saint-Siège qui tavait condamné. Qu'on dise par quel concile il l'a fait, lui qui notait qu'un simple évéque dépendant de la métropole d^Béraclèe.

Souvent même sans un concile précédent, le Saint-Siège a absous ce qu'un concile avait condamné injustement ; et condamné ceux qui Is méritaient. Le Pape Gélase rapporte les exemples de saint Âihanase, do saint Jean G'irysostome, de saint Fiarien. Il insiste sur cedflroier, et parlant do brigandaged'Ephèse, ci da concile de Calcédoine, il dit : Vn contiU Uléfiiimêf c'est-^à-dire contraire à l'E" eriimre^ à la doctrine des Pères^ aux canons^

ri toute T Eglise a rejeté et principalement Seûnt-SiégCf a pu et dû être révoqué par un

concile légitime, reçu de toute FEglise, et approuvé du Saint-Sièae; mais un eoneile légitime, ne peut être révoqué en aucune ma^ mire, je leur demande donc, ce qu'ils croient d'Eutychis : s'ils le tiennent pour Tiêrétiqus ou non? S'ils ne le croient pas hérétique; pourquoi usent'ils de détours? Qu'ils se dé* clarent ouvertement Eutyehéens : aussi bien voit-on assez, que leur attachement à ceux qui communiquent à ces hérétiques, n'est quun artifice pour nous engager dans la même erreur sans la nommer. Mais s'ils n'osent pas nier qu'Eutiehis fût hérétiaue, il faut qu'ils approuvent le concile de Calcédoine: et au ils confessent que quiconque s*est écarté de ta foi de ce concile ou a communiqué avec ceux qui s'en étaient écartés^ est engagé dans sa condamnation, sans qu*il ait été besoin de nouveau concile.

Qu'on dise par quel concile Acace luimême, a déposé Jean évéque du second siège, à qui on ne reprochait rien contre la foi catholique : pour mettre à sa place, Pierre, hérétique manifeste, qu'il avait lui-même condamné? Par quel concile Acace a-t-il fait chasser Calendion évéque du troisième siège : et dans tout l'Orient tant ièvéques catholiques et sans reproches, pour leur substituer des gens chargés de crimes? Veut -on l'excuser par l'autorité de l'empereur? Pourquoi a-t-it résisté, quand il a voulu, au tyran Basilisque et à l'empereur Zenon lui-méme,pour ne pas communiquer avec Pierre d'Antioche? Il pouvait aussi, s'il eût voulu, lui résister dans le reste. Mais Vempereur Zenon déclare dans ses lettres qu'il a tout fait par le conseil d'AcacCf et Acace le reconnaît lui-même. S'il ne pouvait seul s'opposer à l'empereur^ que n'écrivait-il au Saint-Siège, pour agir de concert et ramener l'empereur à la raison ? Posons le cas au'il n*y eût point de concilCf^ dont le Saint-Siège fut Vexécuteur, avec qui pouvait -on tenir un concile sur l'affaire d" Acace? Avec ceux qui étaient visiblement ses complices, qui avaient été mis à la place des èvèques catholiqt$es^ chassés avec violence

Îiar tout l'Orient, et qui communiquaient arec es Mrétiques. Il n^etait donc pas possible de tenir un concihf outre qu'il n'en était pas be* soin après le concile de Calcédoine.

Nous avons ri de la prérogative qu'ils voûtent attribuera Acace, pour avoir été évéque de la ville impériale. L empereur n'a-t-il pas longtemps demeuré à Ravenne, à Milan, à Sirmium , à Trêves ? Les èvèques de ces villes ont-ils pour cela excédé les bornes que Vantiquité leur a prescrites ? S'il s'agit de la dignité des villes, les èvèques du second et du troisième siège ont plus de dignité que Vèvêqus d'une ville qui n'a pas même le droit de niétropole. Autre chose est la puisscmce de l'empire séculier, autre chose la distribution des dignités ecclésiastiques. Pour si petite que soit une ville, elle ne diminue point la grandeur du prince qui l'habite; mais aussi la présence de l'empereur ne change point for- ^ dre de la religion, et cette ville doit plutôt profiter dun tel avantage pour conserver la liberté de la religion en demeurant tranquille'

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ment 4an$ 99$ bornes. Qu'ils écoulent Vempe» reur Marcien^ quU n'ayant vu rien obtenir pour l élévation de Vévéque de Constantinopie, demande de grandes louanges au Pape Léon de sainte mémoire^ pour avoir défendu les canons. Qu'ils écoulent l'évéqueAnaloliuSf gui disait que cette entreprise venait plutôt du clergé et du peuple de Constantinople que de /uty et que le Pape en était le maître. Saint Léon lui-même qui avait confirmé le concile de Chalcédoins^ cassa tout ce qui s^y était fait de nouveau contre les canons de Ntcée^ et ou-^ tre le pouvoir quil avait donné à ses légats. Sous le Pape Simplicius, Probus^ évéque de Canase, légat du Saint-Siège^ soutint en pré' sence de Vempereur Léon, que cette prêtent iion était mal fondée,

EnQn, pour lever tout scrupule, le Pape Gélase déclare que la sentence prononcée contre Acace a été rendue dans un concile d*I(alie, quoiqu*eiIe ne porte que le nom du Pape, parce qu'elle devait être envoyée sccrèlement à cause des gardes que l'on avait mis partout, et que l'on ne pouvait assembler les évêques d'Orient chassés de leurs sièges, ou privés de liberté. Ainsi le Saint- Siège a tenu le concile où il pouvait et avec qui il pouvait. Telle est la lettre du Pape Gélase aux évêques de Dardanie, datée du premier février W5.

Il Y promet des instructions plus amples sur 1 affaire d' Acace : nous avons en effet trois pièces de lui sur ce sujet. Premièrement, un fragment qui comprend des extraits d'une iedre du Pape Simplicius, une du Pape Félix et une d'Acace : très-forte contre Pierre Monge. Dans cet écrit le Pape Gélase soutient que quand même Pierre se serait converti, toutefois étant évèque du second Siège, il n'avait pu rentrer dans la communion de l'Eglise, sans la participation du siège de Rome. La seconde pièce est une lettre aux évêques orientaux, où il se plaint qu'ils ont souffert à Anlioche Pierre le Foulon à la place do Calendion, et sont demeurés en communion avec lui. Il dit de même de l'expulsion de Jean Talaïa , pour mettre Pierre Monge à Alexandrie. II y remarque que celui-ci est demeuré en communion avec Pierre d'Antioche, jusqu'à la mort de ce dernier avec lequel Acace se vantail de n'avoir jamais communiqué. Les Orientaux disaient qu'ils n'avaient point eu connais- Stincede ce que leSaint-Siége avait ordonné. Mais^ dit le Pape, vous le pouviez aisément apprendre de tant d'évéques qui conservaient la communion avec le Saint-Siège, et gui n'oni été chassés des leurs, que parce qu'ils approuvaient son jugement. Ainsi, tous les évêques orientaux sont coupables comme Acace,

Le troisième écrit est le traité /)e Vanathème, où d'abord il se fait cette objection : *( Si l'on reçoit le concile de Calcédoine, on doit l'admettre tout entier, et par conséquent le privilège du second rang accordé à révèque de Constantinople. » Gélase répond : Toute l'Eglise reçoit sans hésiter ce qne le concile a décidé, conformément à la tra-

dition et aux canons pour la foi catholique^ pour laquelle le Saint-Siège a ordonné qu'il fât tenu, et t'a con^pmé. Mais ce qui a été avancé sans autorité et sans ordre du Saint- Siège, a été aussitôt contredit par ses légaU^ et te Saint-Siège ne Va jamais approuvé, queU que instance qu'en fit Vempereur Marcien. Il explique ensuite celte clause de la sentence contre Acace qu'il ne devait jamais être absous ; c'est-à-dire , tant qu'il demeurerait obstiné ;, et cette clause n'ajoute rien à la condamnation.

Dans ce traité, Gélase parle ainsi delà discipline des deux puissances, l'ecclésiastique et la séculière: je veux croire qu'avant la venue de Jésus-Christ quelques-uns aient été en figure, rois et prêtres en même temps, comme Melchisédech : ce que le démonaimttè, en sorte que les empereurs païens prenaient aussi le nom de souverains pontifes. Mai$ quand on est venu à celui qui est véritablement roi et pontife tout ensemble, Vempereur na plus pris le nom de pontife, et le Pontife ne s'est plus attribué ta dignité royale. Car encore que tous les membres de Jésus-^hriit soient nommés une race royale et sacerdotale: toutefois, Dieu connaissant la faiblesse humaine, et voulant sauver les siens par Vhnmi' lité, a séparé les fonctions de Vune et de Vau* tre puissance; en sorte que les empereun chrétiens eussent besoin des Pontifes pour la vie étemelle, et que les Pontifes suivissent les ordonnances des empereurs pour les choses temporelles; aue celui qui sert Dieu ne s'ernbarrasse point a affaires séculières, et que celui

Sut y est engaaé ne gouverne pas tes choses ivines. Ainsi tun et Tautrè ordre sont contenus dans la modération^ et chacune est appliquée aux actions qui lui conviennent.

II tint un concile à Rome la même année 495, le 13 mai, où se trouvèrent quarante-cinq évêques parmi lesquels sont saint Epiphane de Pavie, et saint Laurent deÛilan. II y avait nussi ciniiuante-huit prêtres et deux magistrats séculiers, Amandienet Diogènien. Misène, l'un des évêques légats qui avaient prévariqué à Constantinople , présenta à ce concile une requête qui fut lue par le diacre Anastase, le même apparemment gui fut Pape l'année suivante. Elle ne tendait qu'à demander miséricorde, attendu la vieillesse et les infirmités du suppliant, qui craignait de mourir hors la communion de l'Eglise. Le Pape ordonna qu'on le fit entrer. Il se prosterna, et demeurant à terre il présenta encore une autre requête qui contenait anathème contre l'hérésie et la personne d'Eutychès et contre ses sectateurs, parliculièrement Dioscore et Acace de Constantinople.

Gélase avaiK demandé l'avis du concile, tous les évêques et les prêtres se levèrent, et crièrent : Jésus-Chrtst, exaucez-nous : longue vie à Gélase, vingt fois. Usez de la puissance que Dieu vous a donnée^ douze fois. Faites comme saint Pierre^ dix fois. Nous vous prions de pardonner neuf fois. Ils se rassirent, et Gélase dit: Le Saint-Siège encondamnant Misene et Vital, ne leur a pas

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été Ceipérwit^éu pardon. VUalatubi U jugement de DieUf sune que nous ayons pu le êicourir. Mais nous ne devons pas différet de recevoir celui-ci^ tandis qa*il vit encore: otfut, t7 rentrera dans notre communion et dans la dignité sacerdotale. Tous les évèques et les préires se levèrent et témoignèrent leur consentement par plusieurs acclamatiens» reconnaissant le Pape pour vicaire de Jésus-Christ, et lui souhaitant les années de saint Pierre. Sixte, notaire de l'Eglise roinaine» en expédia Pacte par ordre du Pape qui parla beaucoup dans ce concile contre I obstination des Grecs.

Le Pape Gélase mourut la même année 496, après avoir tenu le Saint-Siège quatre ans et huit mois. Outre les écrits dont il a été parlé* il fit un traité contre le sénateur Andromaque et d'autres romains qui voulaient établir Vancieune snporslilion des jeux nommés LupercaleSi abolie de son temps. Faisant profession d*ètre Chrétiens, ils ne laissaient pas de soutenir publiquement que la cause iies maladies était, que l'onn^apaisait pas Je dieu Fébruarins. Dites-moi, répond le Pape Gélase, quand Rome était si souvent ojfiigée de pestes^ comme nous lisons dans tue-Live^ ne sacrifiait-on point à ce dieu et ne faisait^on pas les Lupercales? Elles n'ont pas même été instituées pour remédier aux maladies^ mais àla stérilité des femmes. Quand Fempertur Anthemius vint àRome, on faisait assurément les Lupercales^ et toutefois il y eut une peste insupportable. Si c'est la cause de nos malheurs, prenez-vous en à vous-mêmes^ qui observez cette cérémonie si négligemment, en comparaison de vos ancêtres, l'ayant abandonnée à des personnes viles et méprisables. Pourquoi Castor et Pollux, dont vous navez pas voulu quitter le culte, n'ont-ih pas rendu la mer favorable, afin que Rome eût des blés en abondance ? Dites^ moi, vous qui n'êtes ni Chrétiens, ni païens, défenseurs des Lupercales et des chansons infâmes, dignes d'une religion dont le culte est si honteux ; quel bien vous peut-dle faire, tandis, qu'elle attire une telle corruption de mœurs f Sacrifiez donc aussi dans les temples des démons et au Capitole ? Pourauoi voulezvous conserver une partie de ta supersti^ tion en abandonnant le principal ? Mais, dttes^oue, on a souffert les Lupercales depuis le christianisme: on a souffert aussi Quelque temps les sacrifices ;*s' en suit-il qu'on n ait pas dû les abolir depuis? Chaque éxêque a aboli en divers temps plusieurs superstitions méprisables ou criminelles. On ne guérit pas toutes tes maladies à la fois; on commence par les plus dangereuses, de peur que le corps n'ait pas la force de souffrir les remèdes. Enfin,

£our ce qui me regarde, je défends à tout omme baptisé, à un Chrétien de le faire ; que les païens seuls le pratiquent. Je dois déclarer aux Chrétiens que ces superstitions leur sont pernicieuses et funestes. J'acquitterai ce que m'ordonne ma conscience; c'est à ceux qui n'obéiront pas à mes justes avis à penser à eux. Je ne doute pas que mes prédécesseurs n'en aient fait autant, et qu'ils n'aient sollicité

les empereurs d'abolir ces abus : on ne les a pas écoutés ; c'est ce qui a fait périr t empire. Je n'ose pas les accuser ae négligence, mais 'Chacun de nous rendra compte de sa cotiduite.

Le Pape Gélase fil aussi un traité contre Eutychès et Nestorius. Nous avons aussi des fragments de dix Lettres, qui sont des commissions à divers évégues pour des affaires particulières. On y voit le nom d'évêque-cardinal pour désigner le titulaire ou propre évèque à la différence du visiteur» qui ne gouvernait que par commission. On voit qu*ouire les peiies canoniques, les ecclé^ siasliques pouvaient aussi s'adresser aux juges séculiersi pour la punition des injures atroces commises contre eux ou les leurs. Du temps de Gélase on trouva à Rome des manichéens qu'on envova en exil ; on brûla leurs livres devant la porte de la basilique de Sainte-Marie. Gélase fitdeuxordinations à Rome, au mois de février et au mois de décembre , et ordonna trentedeux prêtres, deux diacres, et soixante sept évoques.

Les mœurs de ce Pape répondaient à sa doctrine : il regardait sa dignité, non pas comme une domination, mais comme une servitude. Toute son occupation élait la prière ou la lecture, si ce n'est qu*il fût obligé d'écrire. Il se plaisait à la compagnie des serviteurs de Dieu, et aimait à s'entretenir avec eux des choses spirituelles. Il fuyait la bonne-chère et l'oisiveté ; pratiquait le jeûne et vivait dans la pauvreté, nourrissant tous les pauvres. Il regardait la moindre négligence d'un évèque comme un grand péril pour les Ames. Il se gouverna avec beaucoup de prudence et de patience dans les temps diiuciles ojt se trouva son pontificat. C'est Je portrait qu'en fait Denis le Petit, sur le rapport du prêtre Julien, qui avait été son disciple. Denis met le Pape Gélase au nombre des saints, et l'Eglise honore sa mémoire le vingt-un novembre, qui fut le jour de sa mort.

11 avait composé des hymnes è l'Imitation de saint Ambroise ; des préfaces et des oraisons pour le saint Sacrifice, et pour l'administration des sacrements. On lui attribue avec beaucoup de vraisemblance un ancien Sacramentaire de l'Ëglise romaine, oui contient les Messes de toute Tannée, et les formules de lous les sacrements. II est divisé en trois volumes, dont le premier comprend principalement l'Office du temps, le second l'Office des saints, et le troisième les Offices

Îui ne sont point attachés à certains jours, haque Messe a deux collectes au commencement, une secrète, une post-communion, et uue oraison sur le peuple; la plupart ont des préfaces propres. Le premier volume commence à Noêt, et met les trois Messes, outre celle de la vigile; au premier janvier, il y a des oraisons pour détourner des superstitions païennes qui se pratiquaient ce jour-là. Après la Messe de la Sexagésime, sont plusieurs oraisons sur les pénitents, pour marquer qu*on les préparait dès lors à

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rimposUion de la péDitence publique» sui- Taot celte rabriçiae : aVous le receyez le matin da mercredi è rentrée du carême, vous le courrez d*un cilice , tous priez pour lui* et l'enfermez jusqu'au jeudi Saint.»Ailleurs il ordonne, pour llmposition de la pénitence, les psaames ti', ai' et l% ayee trois oraisons.

Pendant le Carême, il y a des Messes pour tous les jours, excepté les jeudis. Au samedi de la première semaine sont marquées les prières des Qualre-Temps pour le iiremie.** mois ; Car on nommait alors ainsi Je mois de mars. On disait ces jours-là douze leçons, et on faisait les ordinations : c'est pourquoi le Sacramontaire en parle. On y voit les prières de Tordinalion du prêtre et de celle du diacre, à peu près telles qu'on les dit encore à présent ; mais il n'est point parlé de leur donner les habits sacrés, le livre des Evangiles ou le calice. La consécration des mains est rapportée dans un autre lieu à l'occasion du sous-diacre ; et l'on y trouve les bénédictions pour les moindres ordres, pour le portier, le lecteur et l'eiorciste. On y voit les règles des ordinations, telles que nous les avons vues dans les Décrétales de Gelase en celte sorte. Si dès l'enfance Il a donné son nom au ministre de r£giise, il demeurera jusau*à l'Age de vingt ans parmi les lecteurs. S il se donne à l'îr glise dans un Age plus avancé, mais incontinent après son baptême, il sera cinq ans parmi les lecteurs ou les exorcistes , puis quatre ans aôol^vte ou sous-diacre, puis diacre, s'il le mérite, pendant cina ans; puis prêtre et ensuite évêque. On n'admettra aux ordres ni bigame ni pénitent. Les défenseurs de l'Eglise qui sont laïques seront sujets aux mêmes règles s'ils entrent dans le clergé. A l'ordination de l'évêque, deux évê- Îues lui tiendront sur la tête le livre des Ivangiles, un d'eux prononcera la bénédiction, tous les autres évêques présents lui toucheront la tête de leurs mains. Tous les prêtres présents en feront de même à l'ordination du prêtre; mais, à l'ordination du diacre, l'évêque seul lui met la main sur la tête, parce qu'il est consacré pour le ministère et non pour le sacerdoce. Quant au sous-diacre, parce qu'il ne reçoit point Tim-

fosition des mains, il reçoit de la main de évêque la patène et le calice vide, et de la main de rarcliidiacre la burette avec l'eau et Tessuie-mains. L'acolyte reçoit de l'archidiacre le chandelier avec le cierge, et le reste, comme il se pratique aujourd'hui ; de même pour l'exorciste, le lecteur et le portier. Ensuite sont les Messes propres pour, la consécration du diacre, du prêtre et de l'évêque, et pour l'anniversaire de leur ordination.

Le troisième dimanche de Carême, on commence à parler des scrutins ou examens des élus, c est-à-dire des catéchumènes choisis pour être baptisés à Hques. On prie dans le canon , pour eux et pour leurs parrains et marraines. L'évangile du possédé, sourd et muet convenait bien à ce su-

jet. On commi'nçaitces scrutins dès le lundi suivant, et on le continuait k différents jours; mais on les annonçait auparavant aa peuple, afin qu'il pût y assister. On commençait vers je midi avant la Messe, qui ne se disait en Carême que le soir. Quand les élus étaient venus à l'église, un acolyte écrivait leurs noms, et on les rangeait, les gar- Î[ons à droite, et les filles è gauche ; puis on aisaitsureux les oraisons et les exorcismes. Le second scrutin est marqué au quatrième dimanche, et un autre au cinquième ; mais il n'y est point parlé de la Passion. Après cette semaine, on rapporte de suite tout ce

Sut regarde la préparation et l'instruction escathécumènes: la première bénédiction, celle où on donne le sel , les exorcismes,

3 ni se faisaient par des acolytes, et étaient ifférents pour les garçons et pour les fillesi

Le mercredi de la quatrième semaine, on leur expliquait les Evangiles, ce qu'on appelait leur ouvrir les oreilles. Quatre diacres sortaient de la sacristie, portant les quatre Evangiles, précédés de deux chandeliers avec des encensoirs. Ils mettaient les livres sur les quatre coins de l'autel, et un prêtre commençait à instruire les catéchumènes, leur expli(]uant ce que signifie le mot d*Evangile, qui sont les évangélistes ; et comment on expliquait les figures des quatre animaux mystérieux* Puis il faisait lire par les diacres le commencement de chaque Evangile. Un autre jour le prêtre leur expliauait le Symbole. I)*abord il leur disait eu général ce que c'est; puis un acolyte prenait sur son bras gauche un des enfants destinés au baptême , lui tenant la main droite sur la tête ; lé prêtre demandait : Dans quelle /angue confesse-t-il Notre-Seigneur Jésus-Christ ? on répondait : En grec ou en latin; car il y avait toujours grand nombre de Grecs h Rome. Alors l'acolyte prononçait le symbole de Nicée en chantant premièrement un grec, puis en latin; ce qui marque rantiquilû de ce Sacramentaire, c'est qu'il y est dit seulement que le Saint-Esprit procède du Père. Le prêtre expliquait de même l'oraison Dominicale.

Le dimanche des Rameaux est aussi nommé « de la Passion. » Il est dit au jeudi saint que l'on ne chante point, et que l'on ne salue point le peuple. Ce même jour comprend deux grandes cérémonies : la réconciliation des pénitents et la consécratioa des saintes huiles. Le pénitent sortait du lieu où il avait été renfermé, et se présentait à l'église prosterné par -terre. Alors le diacre intercédait pour lui auprès de l'évêque, qui, l'ayant exhorté à ne plus retomber, faisait sur lui plusieurs prières. Oq marque ensuite la manière de réconcilier un pénitent à la mort. La bénédiction des saintes huiles était telle à peu près qu'elle est encore, excepté la salutation et les génuflexions. Ce jour du jeudi saint, il y avait deux Messes, Tune le matin, Tautre le soir« comme saint Augustin a remarqué qu'il so pratiquait en quelques églises. Le Sacra-

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meolâire mariiut, poarle yendredi Saint, les mêmes oraisons que nous disons ; Tadoration de la croix et la communion générale de l'Eucharistie réserrée le Jour précédent.

Le samedi saint, le malin, les catéchumènes élus Tenaient rendre le symbole. Premièrement, réyéqne on le prêtre faisait sur eux le dernier exorcisme ; puis il leur touchait de sa saliye le nez et les oreilles, en disant fpApAela et le reste, puis il les marquait de Tonction de rhuile des catéchumènes, leur faisait ialre les renonciations, et disait sur eux le symbole ; et après les avoir fait prier pour le diacre, les renvoyait jusqu'à Theure du baptême. Au mileu*de la huitième heure, c'est-è-dire è une .heure et demi, TOlBce commençait par une litanie, suivie de la bénédiction du cierge pascal , et des douze leçons, avec les oraisons après chacune. Ensuite on allait aux fonts en faire la bénédiction, et baptiser tous les élus Tun après Tautre, en les plongeant trois fois. Au sortir des fonts, le prêtre leur faisait Tonction du crème sur la tête; puis Tévêque leur donnait la confirmation. Premièrement, il leur imposait les mains en demandant pour eux. les sept dons du Saint-Esprit; puis il leur faisait roficliun au front. On retournait au sanctuaire, et on commençait la Messe quand la première étoile paraissait au ciel. Après Toctave de Pftque, est la Hesse de la PAqueannotine; on nommait ainsi Tanniversaire du baptême, soit que chacun le célébrât le même jour qu'il avait été baptisé, soit qu'on le célébrât pour tous ensemble, le samedi de Toctave de Pflque. A la Messe de TAscension, a lieu la bénédiction des

f premiers fruits. Le samedi de ia Pentecôte, à 'occasion du baptême solennel, on indique la manière de bajitiser un malade, ou un éuergumène, ou un païen. Car il en restait peu, et, la plupart de ceux que l'on baptisait, éuieni enfants des Chrétiens Après avoir baptisé les malades, on leur donnait la communion, et révêque les conârmait.

Après rOfBcede la Pentecôte, est la dénonciation du jeûne des Quatre-Temps , pour le quatrième, septième et dixième mots, k peu près comme dans les sermons de saint Léon, c'est- k-dire le jeûne du mercredi et du vendredi et le samedi, les veilles dans l'église de Saint-Pierre. Viennent ensuite les prières pour la réconciliation des ariens et autres hérétiques, puis le diacre dune église beaucoup plus simple que dans les derniers temps; et tout de suite la consécration de l'autel, des vases sacrés et des linges. On marque séparément la dédicace du baptistaire. On yoil ensuite les ordinations, puis la consécration des vierges , qui doit se faire h l'Epiphanie, le lundi de Pique« ou aux fêtes des apôtres.

Le second volume du Sacramentaire de Gélase contient les Messes des saints; preiu)èrement la formule de dénoncer le jour et le lieu, auquel on devait transférer des reliques dont nous ayons un exempte dans saint Ainbroise. On ne trouve uue des fê-

tes de martyrs, et séparément celles de saint Pierre et de saint Paul ; ce qui marque l'antiquité de ce Sacramentaire. Le troisième yolume contient d*abord seize Messes* pour les dimanches ; sans en désigner aucun en particulier; ce qui semble montrer qu*elles servaient indifféremment pour tous les simples dimanches, pendant le cours de l'année. Ensuite est le canon de la Messe, tel que nous le disons encore; et plusieurs bénédictions sur le

Eeuple, après la communion; puis six lesses pour les jours ordinaires. Ensuite plusieurs Mess^fS votives pour les voya-

f;eurs, pour les affligés, pour les stériles et es autres causes semblables. Il y en a quelques-unes plus remarquables ; pour ceux qui font une agape ou festin de charité : une Messe pour dire dans un monastère, apparemment quand Tévêque allait le visiter. La Messe pour les noces y est aussi, avec la bénédiction nuptiale , et la Messe pour le jour de la naissance. La Messe pour les malades, et à la Du les prières pour les morts, avant et après la sépulture, et plusieurs Messes pour eux ; entre autres pour un mort nouvellement l>aptisé, et pour ceux ()ui ont désiré la pénitence, et n'ont pu la recevoir. Ou voit dans ce même vol urne la bénédiction, et l'aspersion de l'eau bénite, et plusieurs autres bénédictions. C'est ce qu'on trouve de plus remarquable dans le Sacramentaire du Pape Gelase. Ce Pape servit l'Eglise avec une vigilance et une activité infatigables ; il eut la réputation d*un homme tres-habile et très-saint, qui avait encore plus d'humilité que de science; et il s*acquilta de tous les devoirs d'un saint évêque. Les écrits qui nous restent de lui ont toujours été en grande estime dans l'Eglise. Les principaux sont : Le Traité du lien d$ VancUnême^ \e. Traité contre tes Pelagiem; le livre />es deux natures en Jésus* Christ f contre Eutychès et Nestorius; quelques Lettres qui ont beaucoup servi à Baronius pour écrire l'Histoire ecclésiastique de ce tt^mps. Le style de saint Gelase est plein de noblesse et d'élégance.

GELASE II. — Les évoques et le plus grand nombre du clergé s'etant assemblés après la mort du Pape Pascal II , élurent, le 25 janvier il 18, Jean de Gaëte, chancelier de rKglise romaine, lui donnèrent le nom de Gelase, et l'intronisèrent malgré sa résistance. Il était né à Gaëte, de parents nobles, qui le firent étudier dès son enfance. Oderic, abbé du mont Gassin, le leur ayant demandé, ils le donnèrent k ce monastère, où il se distingua par ses progrès dans les sciences el dans l'observance régulière; it était encore jeune auand le Pape Urbain II le tira de ce monastère, le fit cardinal-tliacre de l'Eglise romaine, et puis chancelier. Il avait toujours été attaché au Pape Pascal, et Pavait aidé k supporter toutes ses afflictions. Mais Cencio, chef de la puissante maison de Frangipanes, toute dévouée au service de l'empereur, voyant qu'on n'avait pas élu un cardinal qu'il avait vivement recommandé, accourut à l'é-

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OlCTIOiNNAIRE

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glise, accompagné de satellites, prit le Pape à (a gorge» le frappa à coups de poing et de

fneds, le mit tout en sang» et le traînant par es cheveuxj le mena chez lui, l'y enchaîna et Ty enferma. Les cardinaux, et ceux qui avaient concouru à Téleclion, furent aussi maltraités par les gens des Frangipanes. Au bruit de cette violence, le peuple s'assembla, et obligea les Frangipanes de rendre le Pape. Gélase, ainsi délivré de ses ennemis, fut ensuite couronné, mis sur un cheval blanc, et mené à Saint-Jean de Latran, précédé et suivi de bannières, selon la coutume. Son pontificat paraissait devoir être paisible, mais on apprit tout d'un coup que l'empereur Henri était en armes à Saint-Pierre. Gélase se leva la nuit, et s'étant fait mettre sur un cheval, malgré son grand Age et ses infirmités, il se retira dans la maison d'un jiarticulier, oiï il se tint caché. Ensuite ii s'embarqua sur le Tibre, et alla à Porto. Les Allemands, qui étaient sur le rivage, tiraient sur les ^ens du Pape des traits empoisonnés. Un cardinal, voyant le danger que courait le Pape, le prit sur ses épaules, et, à la faveur de la nuit, l'emporta dans un chAteau. On dit aux Allemands que le Pape s'était enfui, et ils se retirèrent, mais on le ramena, et il s'embarqua avec les siens, nour aller à Gaëte, sa patrie, où il fut très-bien reçu. L'empereur le fit prier de revenir à Rome se faire sacrer ; mais Gélase ne voulut pas s*y fier ; il fut sacré à Gaëte , en présence d'un grand nombre de prélats et de seigneurs, qui lui prêtèrent serment de fidélité.

Cependant l'empereur Henri osa faire un aulre Pape, et choisit Maurice Bourdin, archevêque de Prai^ue. Ce prélat était né en Limousin, et avait fait de grands voyages dais lesquels il s*était acquis beaucoup de crédit. On donna à cet antipape le nom de Grégoire VUL— Foy.ce mot.-— Il passa à Rome le reste de l'année , et le jour de la Pentecôte, et couronna, comme Pape, l'empereur Henri V, qui se retira ensuite en Allemagne. Bourdin envoyait des bulles de tous côtés, mais on ne le reconnaissait nulle part. £n France surtout, et dans la plupart des autres royaumes, on s'attachait à Gélase. Ce Pontife légitime se pressa d'écrire au clergé et au peuple romain, en France et jusau*en Espagne, afiu de prémunir les fidèles contre l'intrusion si notoire du prétendu Grégoire VIII. Il alla ensuite tenir un concile h Capoue» oili il excommunia l'empereur et son antipa[)e. Ayant appris que Tempereur s'était retir(^, il revint secrètement a Rome et be tint caché dans une petite église. Mais les Frangipanes, ayant découvert où il était, vinrent l'altai^uer avec une troupe de gens armés, ce qui occasionna un rude combat. Dans ces circtmstances, le Pape s'enfuit dans iciat le plus déplorable. S.in porte-croix tomba de cheval, eu le suivant, et fut retiré |iar une pauvre femme. On trouva le Pape dans la campagne, accablé de fatigue et de douleur. Suivons^ dit-il alors h ses amis, ilui étaient venus le trouver, Vexemple de

nos pires et le précepte de PEmm^îlc, pHû. que nous ne pouvons vivre dans cette tiiU, ailons dans une autre, et fuyons cettt Jta&y. lone et cette Egypte,

C*est alors qu il donna sa bulle, datée do 1" septembre, qui rend au siège de Ravenue tous ses anciens droits de métropole, et accorde le pallium à Gauthier, tiré maigré lui du cloître pour être élevé à Tépificopat. Gélasa choisit pour asile laFraoce de tout temps si dévouée à l'Eglise et s>idbaroua le S septembre, accompagné de s.i cardinaux et de quelques nobles romains. Il relAcha à Pise, oïl il fut reçu avec da grands honueurs, et prêcha avec une élu-

auence qui justifie l'opinion que le Pa(< rbain II avait connue de ses talents. QoHques jours après il se rembarqua et arma en Provence, où il fut très-bien reçu. La noblesse et tous les évôaties du pays se rendirent auprès de lui, ellui offrirent leuri services. Il tint ensuite un concile h VieoDe en Dauphiné, et passa à Cluni, où il fut atiique d*une pleurésie qui le réduisit à l'extrémité. £n cet état, il fit sa confessioo devant un grand nombre de personnes, reçut le corps et le sang de Noire-Seigneur, se tit coucher à terre, suivant l'usage monasii(}oe, et expira après un an de pontificat, le29jaQ* vier 1119.

GRÉGOIREI" dit lb Grand (Sainl),soixaih (e-cinquième Pape, était né a Rome ea SU) d'une famille aussi illustre que vertueuse. — Son père Gordien était sénateur, possédait de grands biens, et, après la naissance de son fils Grégoire, il embrassa l'état ecc.'ésiaslique et devint diacre régionnaire. Sj!vie, sa mère, imita l'exemple de son oun et quitta aussi le monde pour se coosacnr au service de Dieu. Elle est honorée, comme sainte , le 3 novembre. Il avsit panui ses ancêtres le Pape Félix quatrième de dot, et dont les petites-filles Tarsille et toilieune sont aussi comptées parmi les saictes. Dans sa jeunesse, Gréjcoire étudia U grammaire , la rhétorique et Ja ^ihilosophif. ensuite le droit civil et canonique. Il fut créé préteur ou premier magistrat de Rome par 1 empereur Justin II, en 573. Le sigoe distinctii de cette dignité était unerobeJe soie enrichie d'une magnifique broderie et recouverte de pierres précieuses qu'on ooar niait trabée; mais, loin d'être ébloui parent éclat extérieur, son mépris pour les gran* deurs humaines et son amour pour les <*boses célestes lui faisaient consacrer i la inèff et à la méditation tous les insiaot^ <juM pouvait dérober aux obligations de sa plactr, et il n'était heureux que quand il pouiiu se rendre dans quelque église, oucoovervr de Dieu avec de fervents religieoi. Méii» avant d*étre préteur, Grégoire avaitrésoiu de se consacrer entièrement au service «ie Dieu. Il croyait pouvoir le servir au m\\^ du siècle; mais il connut bientôt qu*il teoiil plus au monde qu*il ne pensait. Las afiir^ dans lesquelles il était engagé lui fireuttiiif^ rer longtemps son dessein. Etant enQoUevenu maître de ses bien> par la mort de ^^

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DES PAPES

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père, il fonda six monastères en Sicile ; leur donna des revenus suffisants en fonds de terre, et en établit un septième à Rome dans sa propre maison, dédié en Thonneur de saint André. Ce monastère subsista longtemps et fut occupé eu dernier lieu parles Camaldules. Grégoire lechoisit [coursa reirai le, et ayant quitté ses riches habits et ses meubles précieux, qu*il donna aux pauvres, il prit riiabit monastique, et vécut d*abord sous la conduite de Vabbé Hilarion et ensuite de Maximien.

II s*adonna tellement au jeûne et à Tétude des Livres sacrés, qu'il s'affaiblit l'estomac, à un point qu'il tombait en défaillance, s'il ne prenailsouvent de la nourriture. Ce qui l'affligeait le plus daos cet état, c'est qu'il ne pouvait jeûner le samedi saint, jour auquel, dit Jean diacre, tout le monde jeûne sans même eu excepter les petits enfants. 11 s'adressaàsaintEleutbère, qui, après avoir été abbé de Saint-Marc , près de Spolète, était alors religieux au monastère de Saint- André, et le conjura de demander à Dieu la grAce de pouvoir jeûner au moins ce saint jour. Elneutère se rendit à l'église avec lirégbire, et, après avoir prié ensemble, ce dernier se trouva guéri tout à coup, et en état de faire plus qu'il n'avait demandé. Saint Grégoire se nourrissait de légumes crus, que lui fournissait sainte Sylvie, sa mère, alors retirée près'de la porte de Saint- Paul, au lieu nommé la Celte-Neuve^ où depuis il y eut un oratoire en son nom , et un fameux monastère de Saint-Sabas. Elle lui envovait ces légumes trempés dans une écueile d'argont que saint Grégoire fit un jour donner à un pauvre, n'ayant plus autre chose à lui. Gré^^oire était dès lors abbé de son monastère de Saint-André : car quelque désir (|u'il eût d'obéir, le consenteitient unanime des Frères l'obligea à les gouverner. L'esprit de mortification animait loutus ses actions, et malgré ses infirmités, il était continuellement occupé à prier, h lire, à écrire, ou à dicter: il n'avait dans lesprit que les choses du ciel : la mort était le seul objet de ses désirs, parce qu'elle devait le mettre en possession de Dieu qu*il aimait uniquement.

C*est peu de temps après qu'il fut élu abbé de son monastère, qu'il projeta la conversion des Anglais, et voici à quelle occasion : passant un jour sur le marché de Rome, il y vit exposés en vente àes esckves d'une blanctieur et d'une beauté extraordinaire. Il deiisnnda au marchand de (|uel pays il les avait amenés. De file de Bretagne, réponditil, dont tous les habitants sont aussi bien laits. Grégoire deaianda s'ils étaient Chrétiens : « Non, » dit le marchand, « ils sont encore païens. » Quel dommage^ s*écria saint Gi'é^oire, que de* créatures aussi belles soient sous la puissance du déman^ et qu'un tel esiérieur «a $oit accompagné de la grâce de Dieul Interrogeant encore le marchand, il apprit qu'ils étaient de la nation des Anglais, du paf s nommé alors Deiri « k présent dans le duché d'Yorck* Saint Grégoire alla aussi*

tôt trouver le Pape Benoit I*' et le pria instamment d*envoyer dans la Bretagne des ministres de la parole de Dieu ; et comme personne ne se sentait le courage de se dévouer è une mission aussi difficile, il demanda au Pape la permission de s'y consacrer lui-même. Malgré la répugnance du peuple et du clergé de Rome, le Pape y consentit et souhaita que Dieu bénit son entreprise.» Aussitôt saint Grégoire partit avec quelques religieux de son monastère. Les Romains, ne pouvant souffrir son absence, tinrent conseil et se partagèrent en trois troupes pour se placer sur les trois chemins par où le Pape pouvait aller à Saint-Pierre, et lui crièrent : Saint Pire^ qu'avez-vous fait ? En laissant partir Grégoire^ vous avez détruit Borne: vous nous avez réduits à Vétat le plus déplorablcy et vous avez offensé saint Pierre. Le Piipe voyant cette manifestation populaire, envoya promptement des courriers pour rappeler Grégoire, qui avait déjà fait trois journées et pressait ses compagnons d'avancer, prévoyant ce qui arriva. Mais il fut devancé par les courriers du Pape et obligé, à son grand regret, de reprendre le soin de son monastère. Le Pape Benoit, voyant les progrès qu il faisait dans la vertu, le tira de ce monastère et l'ordonna un des sept diacres de l'Eglise romaine; et Grégoire servit en cette charge avec autant d humilité que d'application. Pelage 11, qui savait apprécier sa sagesse et sa capacité, l'envoya à Gonstantinople, près de l'empereur Ti-* bère 11 , en qualité d'apocrisiaire ou de nonce apostolique, pour demander du secours contre les Lombards. La réception pompeuse que lui fit Tibère et les marques d*houneur qu'il lui prodigua n'altérèrent en rien rhumilité do Grégoire, et pendant son séjour à Gonstantinople, il vécut en moine avec quelques religi^^ux de sa suite, formant ainsi, au milieu de la cour, une petite communauté. Saint Grégoire , étant encore à Gonstantinople, se crut obligé de résister au patriarche Kutychius, qui avait écrit, qu'après la résurrection, notre corps ne serait plus palpable, -mais plus subtil que lair, ce qui était un reste des erreurs d'Origèue. Ils entrèrent eu conférence sur ce sujet, et saint Grégoire lui objecta ces paroles de Jésus- Ghrist dans l'Evangile ( Luc. xxiv , 39 ) : Touchez^ et voyez quun esprit n'a point de chair ni d'os, Eutychius répondit : « Notre- Seigneur le fit, pour ôter è ses disciples le doute de la résurrection* » Cela est nierveiïleux, reprit saint Grégoire, que^ jfour ôter le doute à ses disciples, Jésus^Christ nous ait donné sujet de douter. Eutychius ajouta : d Son corps était palpable quand il le montra à ses disciples, mais après avoir confirmé leur foi, il devint plus subtil. » A quoi saint Grégoire opposa ce passage de saint Paul : Jésus^Christ ressuscité ne meurt plus {Rom. VI, 9) : d*oà t7 conclut quil ne lut est arrivé aucun changement après sa résurrection.

(/ Cor, XV, 50.) Eutychius lui objecta ce

3ui est dit : que la eiiair et le sang neffossé" eront point le royaume de Dieu. (/6id«) A

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quoi saint Grégoire répondit : que la chair ei te sang se prennent dane VEcriture en deux manières : ou pour la nature humaine en ellemémef ou pour la corruption du péché; et il en apporta les preuves concluant c]ue dans la gloire céleste^ la nature de la chair resteraf mais délivrée des infirmités de cettevie.Comme Eutychius demeurait dans son opinion, saint Grégoire fut obligé de rompre tout commerce ayec lui. Ce ijue Tempereur Tibère a^ant appris, il les fit Tenir défaut lui en particulier, et ajrant pesé leurs raisons, il délibéra de faire brûler Je livre d*Eutychius. Ce patriarche avait d'ailleurs d'excellentes qualités et une conduite irréprochable. Il eut le bonheur d'ouvrir les yeux à la vérité et donna une rétractation publique de son erreur.

Saint Grégoire se lia d'amitié particulière avec saint Léandre, alors à Constantino][)le. Cette amitié était fondée sur la conformité» non-seulement de langue et de profession, mais de mœurs et d'inclinations. Saint Grégoire lui ouvrit son cœur et lui déclara tout ce oui lui déplaisait en lui-même, comment après avoir difTéré sa conversion, il s'était réfugié dans le monastère où il se croyait en sûreté contre les tempêtes du monde. Mais^ ajoute-t-il, vous me voyez rejeté en pleine tner, sous prétexte des affaires ecclésiastiques^ pour lesquelles on ma envoyé ici^ et je ne respire qu en la compagnie de mes frères.

Pour s'occuper saintement avec eux, il commença à lem* expliquer le Livre de Job^ après qu'ils l'en eurent pressé souvent, et saint Léandre avec eux. Il leur en exposa le commencement de vive voix , puis il dicta des homélies sur le reste; et ayant plus de loisir, il repassa tout Touvrage et en fit un grand commentaire eu trente-cinq livres.

C'est ce que l'on appelle les Morales de saint Grégoire, parce qu il tourne toutes ses explications sur les mœurs; et cet ouvrage a toujours été en grande estime dans TEgtise. Il suit ordinairement pour texte la version de saint Jérôme, quil nomme nouvelle; mais il cite aussi l'ancienne, Mrce que^ ditil, r Eglise romaine se sert ds l une et de rau' ire.

Saint Grégoire, pendant son séjour à Gonstantinople, se flt plusieurs autres amis illustres, tant des personnes les plus considérables do la cour, que des prélats d'Orient, entre autres, Euloge, qui avait succédé de-

£Qis peu h Jean dans le sié^e d'Alexandrie. )n le voie par quantité de lettres qu'il leur écrivit depuis. Il s'acquitta de sa charge d*apocrisiaire avec une grande autorité; les •mpereort mêmes le respectaient, et il procura souvent par ses soins des secours à l'Italie, comme le prouvent les lettres du Pape Pelage à saint Grégoire et que Jean d'Acre nous • conservées.

Maurice, gendre de Tibère, lui avant suceédé en S81, voulut que Grégoire fût le parrain de son fils aloé. Ko 58i, Pelage II ayant rappelé Grégoire, celui-ci rapporta è Rome un bras de saint André et le chef de saint

Luc, dont l'empereur lui avait fait présent : il plaça ces deux précieuses reliques daos son monastère île Saint-André. Le chef iie saint Luc fut transféré deouis k l'Eglise 4e Saint-Pierre, où on le {;arue avec beiueoiip de vénération. Grégoire, heureux d'étxt rendu à sa chère solitude, en conserva kmjours le gouvernement, même apr^ son élf vation è la papauté. Un de ses moioes, nommé Juste, avant caché trois pièces dV, révéla sa faute, étant sur le point de mourir. Le saint abbé, pour punir d'une maoièfi frappante cette infraction de la règle, qoi interdisait aux religieux d'avoir rieo en propre, défendit k la communauté de fisiifr le malade et d'aller prier autour de loi, comme cela se pratiquait ordinaireme&lrti se borna k lui envoyer un prètrs poor l'exhorter à la pénitence et l'assister dsos ses derniers moments. Il lit ensuite eotemr les trois pièces d*or dans un tas de fumier avec leur possesseur; mais, comme eeloi-à était mort repentant, s'il le priva de h sépulture chrétienne, il ne voulut pas le priver en même temps des prières de l'EIglise, et il Gt offrir pour le repos de son âme le saint Sacrifice pendant trente jours coosicotifs. On lit dans les Dialogues de saint Gré- M;oire, qu'après la Messe du trentième jour, Juste apparut à un de ses Frères et luiappnt quil venait d'être délivré des peines qoï avait endurées après sa mort.

Pelage II étant mort de la peste, ao mots de janvier 590, le clergé, le sénat et le peepie romain élurent pour Pape, d'en cûb* sentement unanime, le diacre Grégoirt:

quoiqu'il y résistêt de toute sa force, disul qu*il était indigne de cette place, et craigoJiit que sous prétexte de gouvernement de It glise, il ne rentrftt dans la gloire du moodi qu'il avait quittée. Enfin ne pouvant emfiê* cher son élection, il fit espérer qu'il y coosentirait; et, se fiant à l'amitié de l'empereer Maurice, dont il avait tenu le fils sur les fonts, il lui écrivit secrètement pour le ct)9jurer de ne point approuver ce choit. Mi^ Germain, préfet de Rome, pré vint son cour* rier : l'ayant i^sit arrêter et ouvrir sa lettre, il envoya è l'empereur le décret de rélectios. Maurice rendit grâces h Dieu d'avoir troori l'occasion qu'il désirait de procurer cette dignité au diacre Gréjcoire, et donm s€$ ktires portant ordre de le sacrer.

Cependant k Rome la peste continoiit sf ee une grande violence : comme on aitendu: de Conslantinople la réponse de l'eopereor. saint Grégoire fit un sermon au peuple, tt lui parla ainsi : Il faui^ mes ftères, er^sin au moins les fléaux de Dieu quand «aw /« senlofia, puisque nousn^acans pas sulisf/rtvenir, fous voyez que tout te peufts at frappé du glaive de saeoUre^ la w^ari nattiBd pas la maladie, et enlite lejUekmrmsmi fi ^ songe à faire pénitence, considérez ce f^ état il parait devant le Juge ierriUe. Cea^ pas une partie des habitemis qui péritt t^st tombe à la fois; les enfants demeurmii ses» pire^ et les pires voient meiirtr leurs <e^nO> Rappelons donc le soutenir denasfÊOtes^ ^

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D£S PAPES

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les txpiohs parnos larmes, Quepenonne ne dùespêre à cause de Fénormité de ses crimes : Us NinivUes effacèrent les leurs par une véni" (ence de trois jours^ et le larron à rheure même de sa mort. Celui qui nous avertit de l'invoquer^ montre bien qu*il veut pardonner à ceux qui linvoquent. Saint Grégoire conclut ce sermon en indiquant une Jitanie ou procession à sept bandes qui devaient marcher au point du jour le mercredi suivant, sortant de diverses églises, pour se rendre toutes h Sainte-Marie-Majeure. La première troupe était composée du clergé; la seconde des abbés avec leurs moines; la troisième des abbesses avec leurs religieuses ; la quatrième des enfants ; la cinquième des hommes laïques ; la sixième des veuves ; la septième des femmes mariées. Chaque troupe était conduite par les prêtres du quartier. On croit que de cette procession générale est venue celle du jour de saint Marc, qui s^appela la grande litanie. Pendant celleci il mourut en une heure quatre-vingts de ceux qui y assistaient : mais saint Grégoire ne cessa point d'exhorter le peuple et de prier, jusqu'à ce que le fléau fût passé.

Comme il apprit que le préfet Germain avait intercepte sa lettre, il voulut prévenir Ja réponse de l'empereur, jugeant bien gu^elle serait contraire à son désir; ne pouvant sortir ouvertement des portes de Rome, où l'on avait mis des gardes, il se fit enlever par des marchands, déguisé et enfermé dans une manne d*osier. Il se cacha dans des bois et dans des cavernes pendant trois Jours , durant lesquels le peuple romain faisait des jeûnes et des prières. Enfin ayant été découvert par des indices miraculeux, il fut pris et ramené à Rome. Alors il se rendit, et fut consacré solennellement dans i*éf;lise de Saint-Pierre le 3 septembre 590. 1 tint leSaint-Sié^e treize ans.

Comme on lui faisait des compliments sur sa nouvelle dignité, il s'en plaignit sérieusement à ses amis. Voici comme il en parle au scolastique Paul, prêt à quitter le gouvernement de Sicile : Je ne me mets pas beau* coup en peine que [les étrangers me félicitent de r honneur du sacerdoce ; mais je suis sensiblement affligé que ceux qui connaissent comme vous parfaitement -mon inclination^ croient quefy trouve quelque avantage. Bien ne m'était plus utile que d'obtenir le repos que je désirais. Et à Jean, patriarche de Constantinople : Je tais avec quelle ardeur vous ares voulu fuir la charge de Vépiscoj^at^ et cependant vous navex vas empêché qu on me Fait imposée. Vous ne m aimez donc pas comme vouê-même^ suivant la règle de la^charité. Et h Théocliste, sœur de l'empereur : On m'a ramené au siècle sous prétexte de f^iscopat. Jy suie chargé de :plus de soins temporels (fuejen'en avais étant laique. J^ai perdu la joie de mon repos ; et paraissant monter au dehors, je suis toinbé au dedans. Je m\ffor^ çaiê tous les jours de me tirer hors du monde^ hors de la ckair^ d'éloigner de mon esprit toutes tes imaaes corporelles^ pour voir »pirtîHellement fa joie céleste. Et je disais du

DlCT. 1>ES i^APES.

fond du ccsur:Je cherche^ Seigneur^ voire visage. Ne désirant et ne craignant rien en ce mondCf j'étais^ ce me semblait^ au-dessus de tout. Mais Vorage de la tcntatidn m*a jeté tout d*un coup dans les alarmes et les frayeurs; car encore que je ne craigne rien pour moi, je crains beaucoup pour ceux dont je suis chargé. Je suis battu des flots de tous côtés; et quand après les affaires je veux rentrer en moi-même^ le tumulte des vaines pensées m'en empêche^ et je trouve mon intérieur loin de moi. Et ensuite : Uempereur doit s'imputer toutes mes fautes et mes négligences^ d'avoir confié un si grand ministère a une personne si faible. Il dit encore au patrice Narsès: Je suis tellement accablé de douleur qu'à peine

fuis'je parler ; j'ai V esprit environné de ténè" res;je ne vois rien que db triste^ et tout ce que l on croit agréable^ me paraît affligeant : car je pense de quel comble de tranquillité je suistombét et en Quelles occupations je suis relégué loin ie la face dji Seigneur. Et è Anastase, palrinrche d'Aulioche: Vous qui m'aimiez spirituellement f il me semble que vous ne m'aimez plus que temporellement^ en me chargeant d^un fardeau qui m'abat jusqu'à terre^ ei ne me permet plus de m'élever aux pensées du ciel. Mais quand vous me nommez la bouche et le flambeau du Seigneur^ et quand vous dites que je puis être utile à plusieurs : c'est le comble de mes inquiétudes de recevoir des louangeSf au lieu des châtiments que je mérite. Et à André, du rang des illustres : Sur la nouvelle de mon épiscopat^ pleurez si vous m'aimez : car il y a ici tant d'occupations temporelles f que je me trouve par cette dignité presque séparé de Vamour de Dieu, Et au patrice Jean, qui avait contribué à son élévation : Je me plains de votre amitié^ de m'avoir tiré du repos que vous saviez queie cherchais. Dieu vous rende les biens éternels pour votre bonne'intention:mais qu'il me délivre comme il lui plaira de tant de périls. Car comme mes péchés le méritaient^ je suis moins Févéquedes Romains que des Lombards. Voilà où votre protection m'a conduit.

Jean, évoque de Ravenne, ayant, repris saint Gr^goirH) avec amitié et modestie de s'être caché pour éviter l'épiscopat, lui qui en était si capable, ce reproche lui donna occasion de composer un livre sur les devoirs des évèques ; c^est ie Pastoral^ si fameux depuis da'us toute l'Eglise. Son dessein est de justifier sa résistance, en expliquant tout ce qu'il pensait sur la grandeur de cette charge. l.*ouvrage est divisé en quatre

{parties. La première est sur la vocation à 'épiscopat , afin que celui qui y est appelé examine avec quelles dispositions il y vient. Sil a la science, la vertu , le courage , la fermeté, Tamour du travail ; s'il est exempt de toutes les imperfections figurées par les défauts corporels, qui, suivant Tancienne Loi, excluaient des fonctions du sacerdoce. La seconde partie montre comment le pasteur appelé légitimement doit s'acquitter de la charge qu'il n'a point recherchée; quelle doit être son application à la prière, à Viastruclion, au soulagement du orocbain ; son

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humililéi son zèle^ sa discrétion. Ln troisième partie marqae les différentes instructions proportionnées à la diversité des personnes : suivant ie sexe» l'Age» les conditions, les inclinations» les dispositions p^rmanentes ou passagères» sur quoi saint Grégoire entre dans un grand détail. Dans la quatrième pArtie il marque en peu de mots» comment le pasteur doit faire de fréquentes réflexions Sur sa conduite» pour s instruire lui-même» et conserver l'humilité. Cet ouvrage fut si estimé dès lors» que l'empereur Maurice ed demanda une copie au diacre Anatolius, qui résidait à Gonstantinople pour les affaires de TEglise romaine; et qu'Anastase» patriarche d'Ailtioche» le traduisit en grec pour l'usage des Eglises d'Orient.

C'est dans ce traité que» examinant les marques de la vocation» il dit ces paroles si frappantes : Celui qui a toutes les qualités et les vertus nécessaires ne doit pas même accepter une charge si redoutable^ à moins qu il n*y soit force. Celui qui ne les a pas ne le doit pas^ quand même on voudrait le contraindre : « Virlutibus pollens^ coactus accédai ; virtutibus vacuuSf eli'am coactus^ recédât, »

Mais les appréhensions^ les regrets et les plaintes de saint Grégoire, loin de le rendre nésligent dans son ministère» be servaient qu à exciter de plus eh plus son 2èle et sa vigilance. Il portait ses vues jusqu'aux eitremités de I Eglise avec une présence d'esprit toujours égale, et il donnait aux moindres choses autant .de soid et d'àppliôation qu'aux grandes. C'est ainsi qu'il prenait le soin d'un pasteur universel» sans en prendre le titre. Il se faisait tout à tous ; il donnait ordre que les églises fussent toujours pourvues de leurs pasteurs. Il regardait tous les ecclésiastiques comme ses frères ; soutenait leurs droits et leurs iuiérèls légitimes en toutes rencontres; il appujait de toute son autorité les prélats qui s'acquittaient de leurs obligations et reprenait avec beaucoup de fermeté ceux qui se trouvaient en faute. Il envoyait des ouvriers évangéliques'pour annoncer le royaume des deux» combattre l'hérésie» et éteindre le schisme ; il réformait les abus» en maintenait la pureté de là discipline avec beaucoup de zèle; et» ce qui doit nous étonner» c'est qu'il remplissait toutes les fonctions de son ministère avec un courage et une activité qu'on ne pouvait pas espérer d'un homme d'une complexion très-faible, et sujet à beaucoup de maladies. Néanmoins la vigueur de son esprit lui feisait si bien surmonter les douleurs du corps» qu'elles ne pouvaient l'empêcher de prêcher» de dicter et de veiner sans cesse sur les besoins des peuples. Ce qui nous fait. comprendre qu'un pasteur» dévoré de zèle pour la gloire de Dieu et pour le salut des Ames, peut procurer des biens inQnis.

C'est l'idée générale delà conduite que sainttirégoirea tenue pendant son pontiQcat» dont l'espace, quoique assez court» n'a pas laissé de renfermer un grand nombre d ac tions saintes et do grand éclat, dont nous ne

pouvons donner ici tout le détail. Nousnous contenterons d'en remarquer les principales. A son avènement» il trouva la ville de Rome toute déserte» à cause de la peste» d'uo grand tremblement de terre et des courses des Lombards. Dans une désolation si grande, il se vit obligé de travailler d'ahord a réparer tous les désordres dont les calamités avaient été suivies. Il fit si bien par ses prières auprès de Dieu» et par ses efforts auprès des hommes» qu'il rétablit la pureté, la paix» et l'abondance même dans la ville. 11 s'appliqua ensuite à réduire les donAtisteS schismatiques ; en 591 il vint à bout de les Soumettre par le moyen de Gaadence» gouverneur des sept provinces de l'Afrique. Dieu accorda de grands succès aux soins qa'il pMt de détruire les restes dé l'arianisme; Son désir fut comblé» lors-

2ue, l'année suivante, il vit cette hérésie teinte dans toute l'Italie» par la conversion de la nation des Lombairds; ce fui perses soins qu'ils furent ramenés à l'Eglise catholique, avec leur roi Agilulphe.

Toutes les affaires temporelles dont il était obligé de se charger, ne prenaient rien sur l'attention qu'il devait aux spirituelles; et, malgré la faiblesse de sa santé, il faisait seul le travail de plusieurs ouvriers évangéliques. Quoique son humilité fût profonde» elle ne l'empêchait pas de soutenir avec fermeté les intérêts de Dieu et les droits de son Eglise. L'empereur Maurice avait défendu par une loi, a tous les soldats enrôlés» d'embrasser la vie monastique. Saint G^é^ôlre lui écrivit une lettre qui commence ainsi : C'est se rendre coupable devant Dieu que de ne pas dire la vérité oux princes. Ensuite il lui représente qu'il est épouvanté de la défense que cet empereur avait faile. C'ëêtf dit-il » fermer à plusieurs le chemin du ciel: car quoique Von puimse vivre sainte' ment dans le monde^ il y a néanmoins beau» coup de personnes à qui tasile d'un monastère est nécessaire.

Saint Léandre ayant appris l'élection du Pape saint Grégoire» lui écrivit » lui marquant la solide conversion et la piété du roi Recarède. Il le consultait en même temps Sur les trois immersions du baptême dont les ariens abusaient; pour savoir si on devait les continuer, puisque les coutumes de l'Eglise étaient diverses , sans pr^udice de la foi.' De plus» il lui demandait plusieurs livres; entre autres» ses Expositions sur Job.

Saint Grégoire ne put répondre i la lettre de saint Léandre que longtemps après, au mois de mai de Tannée suivante 591, il le fit en ces termes : Je désirerais de tout mon cœur répondre à vos lettres : mais je suis tellement accablé des soins de Vépiscopat^ que f ai plus en^ie de pleurer que de parler. Vous le verrez par la négligence avec' laquelle je vous écriSf à vous que faime si tendrement. Je suis chargé de la co/iduite d'un vieux bâtiment si usé et si battu de ta tempête^ que je ne puis le conduire au port» Il écrivait de même, l'année précédente, à Jeaa de Gons-

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DES PAPES

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laiitinople, loi domàhdant le secours dd 6ë& prières. Vous pouvez d'autant mieux prier ajoutait-il, que vous êtes plus éloigné aes afflictions que souffre cepays. Ces paroles font voir que par ce vaisseau si cassé et si maltraité des Aots , il n*eiitehd pas l'Eglise , mais la ville de liome, demi-ruinée, et continuellement inquiétée par les Lombards ; car il ne pouvait se dispenser de prendre soin de son repos même temporel et de ses afTaires ()ubliques. Il continue de parler ainsi à saint Léandre : Je ne puis exprimer la joie que je sens de voir le roi Recaréde si parfaitement converti à la foi catholique, La aeseription que vous faites de ses mœurSf m'obhge à ratifier sans le connaître. C^est pourquoi vous devez veiller plus soigneuse^' ment sur tut, afin qu*il ne s élève pas de ses bonnes esuvres et que laourelé de sa vie ré- Hondè à celle de sa foi. Quant aux trois tmmarstOfM du bavteme , nous les pratiquons pour exprimer les trois jours de la sépulturCf out si ton veut^ les trois personnes de la Trinité : comme Fimmersion unique peut signifier Funitéde la nature divine. Mais parce que les hérétiques plongeaient trois fois , je suis davis qu^on ne lé fasse point chez vous ^ de peur qu'il ne leur semblé que nous divisions comme eux la divinité^ et qu'ils ne se ranient que leur coutume l'a emporté sur la nôtre. Je vous envoie tes livres dont le mémoire est ici joint » pour l'Explication sur Jobtje Fai réduite dhomélies en livres suivis^ et ils sont entre les mains des écrivains. Cette lettre est datée du mois de mai 591

Au mois de février de la môme année , saint Grégoire tint un concile à Rome, d'où ij écrivit ses lettres synodales aux quatre iiatriarcbes, ou plutôt la même lettre, dont il leur envoya à chacun un eiemplaife : sa- Toîr, à Jean de Constantinople , à Euloge d'Alexandrie, à Grégoire d'Autiocbe, à Jean de Jérusalem, à Anastase d'Adtioche. La raison de nommer les deux patriarcbes d'Antiocbe est qu'encore qite Grégoire fût en possession, le t^ape tie laissait pas de reconnaître Anastase ; il avait même écrit à Tempereur pour obtenir que si on ne lui permettait pas de retourner à son siège i du moins on 1 envoyât k Rome, avec I usa|çe du

Kilium , pour célébrer la Messe k Saint* erre avec le t^ape. Il commence sa lettre synodale par représenter son ai&ictioh d'avoir été charge de l'épiscopat. eh étant si indigne qu il se croit; puis il s étend sur les devoirs aes pasteurs , et fait presque l'extrait de son Pastoral. Il se recommande aux prières de ceux à. qui il écrit : ensuite il fait sa profession de foi suivant là coutume, déclare qu'il regoit et révère les quatre conciles généraux, comme les quatre Evangiles. Il aioute : Je porté le mimé respect au cinquième^ oii la prétendue lettré dlbas a été condamnée^ Théodore convaincu de diviser la personne du Médiateur^ et les écrits de Théodoret contre saint Cyrille réprouvés. Jerqette toutes les personnes que ces vénérables conciles rejettent f et je reçois toutes celles qu'ils honorent : parce que comme ils sont fondés

sfÂr lin consentement uÀivirsel^ celui-là se détruit sans leur nuire ^ Qui présume lier ceux qu'ils délient, ou délier ceux qu'ils lient.

Ce que saint Grégoire dit ici du cinquième concile et de la nécessité de condamner les personnes que les conciles condamnent, regarde manifestement là question des trois chapitres. Aussi prit-il grand soih de la\ réunion des schismàtiques qui refusaient de les condamner; et dès lé commencement de son pôntiQcat, il écrivit à Sévère, évèque d'Aquiléê, qui était leilr chef en Occident, de venir è Rome avec ^eS sectateurs, suivant l'ordre de Tempei^elin pour assister au concile qui s'v devait ientr ; apparemment le môme bù il dressa sa Lettre synodale. Pour éviter de se t^ouver au concile, les évëqucs d'Istrlo s'assemblèrent à Maran , et envoyéi^ent des clercs à l'empereur litàurice , avec trois requêtes : l'une Âu nom des évêques sujets des Lombards \ une au nom de Sévère et des autres évéques sujets des Romains ; là ti^oisième au nom de Sévère séuK

Ils se plaignent des violences exercées par l'exarque Smaragde, contre leurs archevêques Elle et Sévère : « EnGn, » disentils, « nous venons d'apprendre (|ue le Pape Grégoire a donné ordre, de faire amener à Rome notre archevêque. Nous l'aVohâ souvent averti de ne rien décider en iiotrii absence, touchant la cause commune do l'Eglise : car nos peuples sont tellement exaltés sur cette affaire, qu'ils souffriraient plutôt la mort, que d'être séparés de l'ancienoè communion catholique. Nous sommes dofic tous résolus, comme nous l'avons écrit i dotre archevêque, de nous contenter dii juf^ement de Dieu, tant que nous serons sous le joug des Barbares, et d*attendre le temps favorable |K)ùr nous présenter k vos' pieds, aOn que vous jugiez ce différend i l'etepplo de vos prédécesseurs, les deux Théodose f*t ttàrcien. Car nous sommes prêts à vous rendre compte de notre foi : mais tious ne pouvons reconnaître pour Juge, celui qui est notre partie, et dont nous évitons lou$ là communion. » Ils veulent dire le I^ape ; <i Que si on usede violence, » continuent-ils, « pour conduire notre archevêque à Rome « nous n*espéroi\s plus avoir justice; et si quelqu'un de nous vient k mourir, nos peuples ne souffrirons pins qu'il se fasse ordonner par l'archevêque d'Aquiléê ; mais ils s'adresseront aux archevêques des Gaulée qui son( voisins. L'empereur Maurice, touche de ce:i raisons, écrivit k saint Grégoire de laisser ces évoques en repos, jusque ce que l'Italid fût plu^ tranquille. »

Saint Grégoire n'était pas moins zélé pouf* la conversion des hérétiques. Autarit, roi des Lombards, défendit que les eiïfadts do cette nation fussent baptisés dans l'Eglise catholique k là fêle de Paque 590. Il mourut le 3 septembre suivant : sa veuve Théodelinde était si aimée des Lombards .

qu'ils promirent de reconnaître pour roi celui qu'elle choisirait pour époux. Ce ftft

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Aeilulfe, duc de Turin ; il commença de régner au mois de novembre. Peu de temps après, saint Grégoire écrifit à tous les éfêques d*Italie d'avertir les Lombards, dont les enfants avaient été baptisés par les ariens, de les faire réconcilier h la foi catilolique pour éviter la colère de Dieu, qui se déclarait par une grande mortalité. Avertiisez^ dit-ily tous ceux que vous pourrez f et les anirez à la foi par la persuasion. «La reine Théodelinde était Catholique, et dans la suite elle convertit le roi son époux et toute la nation des Lombards.

Saint Grégoire prit aussi soin de l'Eglise d'Afrique» encore ailligée par les restes des manichéens et des donatisles. Dès la première année de son pontificat, ri écrivit à Gennade, patrice et exarque d'Afrique, dont il loue extrêmement la valeur et la piété, l'exhorte à réprimer fortement les nérétiques, qui ne manquent jamais, dit-il, de suever contre VEglise^ dis qu*ils en trouvent Voccasion. Faites avertir les évéques catholiques de ne pas choisir leur primat par le rang qu'il tient^ sans avoir égard au mérite. Et quil ne demeure pas dans les villages à l'ordinaire,mais dans la ville qu'ils choisiront, afin qu'il soit plus en état de résister aux donatistes. Que si quelqu'un des évéques de Numidie veut venir vers le Saint-Siège, permettez le, et empêchez qu'on ne s'y oppose. C'est que la coutume de Numidie était de prendre pour primat le plus ancien évèaue, selon le rang d'ordination; souvent c'était révoque d'un village et un homme peu capable. Les évéques de Numidie avaient demandé au Pape Pelage de conserver leurs anciennes coutumes établies dès le temps de saint Pierre, ce que saint Grégoire leur accorda. Mais il leur défendit en même temps d'élever à la dignité dé primat^ les évéques (jui avaient été donatistes.

Argentins, évôaue deLamige, était accusé d'avoir pour de 1 argent, confié des églises h des donatistes; un autre évèque, nommé Maximien, d'avoir permis pour de l'argent d'établir de nouveau un évèque donaliste dans le lieu do sa résidence. Saint Grégoire en écrivit en ces termes à Colomb, évèque de Numidie : Je vous exhorte qu'à l'arrivée d^Hilaire, notre cartulaire, vous assembliez un concile général où C affaire soit examinée; et si ce fait est prouve, que Maximien soit déposé absolument. Nous apprenons aussi que V hérésie des donatistes s'étend tous les jours^ et que pour de Vargent ils obtiennent la liberté de rebaptiser arand nombre de Catholiques. Vous voyez la grandeur de ce mal, et combien nous nous rendons coupables, si loin d'augmenter le troupeau, nous souffrons que les loups le ravagent ouvertement, Dominique, évèque de Carthaçe, avait écrit à saint Uré-*

f;oire pour le féliciter de son ordination, et ui demandait* la confirmation de ses privilèges. Saint Grégoire lui répondit : Tenez pour certain, que comme nous défendons nos droits, nous conservons aussi à chaque Eglise les siens.

L'Eglise romaine avait de grands patri-

moines où Ton envoyait des recteurs oo fntendants, qui recevaient cette charge, devant le corps de saint Pierre. Nous avons la formule de leur provision entre les lettres de saint Grégoire. Le Pape écrivait en même temps aux habitants du patrimoine, de lui obéir; au gouverneur et alix autres officiers publics, de le protéger. C'était quelquefois un défenseur, souvent un sous-diacre. Il y avait de ces patrimoines en Afrique, comme dans les autres provinces; et l'exarque Gennade en avait pria soin, jusqu'à repeupler les» lieux qui manquaient d'habitants pour les cultiver. Saint Grégoire l'en remercia par une lettre dont le même Hilaire, cartulaire fut le porteur ; et il le lui recommandait en même temps. Le cartulaire n'était originairement qu'un secrétaire, gardien des Chartres ; mais alors il avait juridiction dans les provinces où il était envoyé. Saint Grégoire recommanda de même au scolastique Paul, gouverneur de Sicile, le sous-diacre Pierre, c|u'il y envoyait, pour gouverner le patrimoine de l'Eglise romaine; il était trèsconsidérable en cette lie, comme il iMiratt par plusieurs lettres écrites au naème Pierre et au défenseur romain. Pierre était en même temps vicaire du Pape dans la Sicile, et devait assister au concile, que le Pape recommande aux évéques de teoir tous les ans. Un abbé, voisin de Palerme, so idaignil que les habitants d'une terre de l'Eglise romaine voulaient s'emparer d'une terre voisine appartenant k son monastère. Saint Grégoire écrivit au sous^diacre d'aller sur les lieux, et d*abandonner la prétention de l'Eglise romaine, si le monastère était en paisible possession depuis quatre ans.

Pierre ayant reconnu plusieurs abus, qm se commettaient dans l'admiaistration des

Eatrimoines de Sicile, en envoya un ample lémoire au Pape, qui lui donna la solution exacte de toutes ses diflicultés. Nous avons appris, dit-il, que l'on diminue aux paysans^ sujets de l'Eglise, te prix du blé dlans le temps dabondance; nous voulons qu'on leur paye toujours suivant le prix courant; sans déduire le blé qui périt par les naufrages : bien entendu que vous aurez soin de faire te trans-

Î)ort à temps. Il est injuste qu'ils fournissent e blé à plus grande mesure, que celle qui entre dans les greniers de l'Eglise. Nous défendons aussi que les fermiers payent au delà du prix de leur bail, et nous retranchons toutes tes exactions sordides, qui excéderont la somme que vous leur attrez prescrite, selon leurs forces. Et afin qu'après noire mort, on neputsse les charger de nouveau : nous voulons que vous leur donniez une assurance par écrit, qui porte la somme que chacun deux doit payer. Et ce que le recteur du patrimoine prenait sur ces menus droits ; nous vouions que vous le preniez sur le prix du bail. Surtout ayez soin qu'on n'use point de faux poids, en recevant lespayements des fermiers, comme le diacre Servusdei en a trouvé,;» mais faites les rompre et en mettez de nouveatêx. Nous avons encore appris, que nos paysans sont vexés dans le payement du premier iertne

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