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<Ii tetirs renies : car n'ayant pai encore vendu in fruits f ils w»/ obligés d'emprunter à gros iniéréts, Cesi pourquoi nous ordonnons^ oue vous leur donniez du fond des églises ce quils auraifni emprunté a des étrangers, et que vous le receviez d'eux peu à peu ^ selon quils en auront : de peur que les denrées qui leur suffiraient pour s'acquitter^ ne suffisent pas^ si en les pressant on les oblige de les vendre à vil prix. Nous voyons encore^ quon prend des droits excessifs pour les mariages des paysans; nous voulons que ce droit n'excède pets un sou d'or^ même pour les riches ; qu'il soit moindre pour les pauvres^ et qu'il tourne cm profit du fermier^ sans entrer dans nos romp/et. Ce droit était purement seigneuriaU el une espèce de tribut sur ces paysans, qui étaient demi -serfs. En général, il lui donne cette règle : Nous ne voulons point que les coffres de l'Eglise soient souillés par des gains sordides. Le reste de la lettre contient de semblables règlements; et fait Toirdans quel prodigieux détail entrait le Pape saint tjrégoire, malgré ses autres occupations : la conduite de TKglise romaine , l'inspection sur toutes celles dltalie et sur TEglise universelle. Mais il ne croyait aucun travail indigne de luit pour entretenir en valeur les }iatrimoines de T Eglise, et surtout |H)ur y faire observer une justice rigoureuse.
On voit un détail semblable dans une autre lettre que saint Grégoire écrivit au même Pierret deux ans après, en 593, lorsqu'il était prêt de revenir à Rome. Apportez , lui dit-il, entre autres choses, les payements delà neuvième et dixième indiction , et tous les comptes'. Ces deux indictions marquent les années 591 et 5%. Il lui donne pouvoir de laisser à sa place, dans les différents patrimoines ceux qu'il jugera è propos. C*était des défenseurs, que le recteur employait pour le soulager. Il lui recommande de faire aux officiers des lieux, les gratiGcations ordinaires. Mais que ce soit^ dit-il, par les mains de ceux que vous laissez à votre place : afin de leur concilier les bonnes grâces des officiers. Et ensuite : Si vous trouvez des tatqmes craignant Dieu* qui doivent être ton^ surés^ pour sertir d'agents sous le recteur du patrimoine^ je le trouve très-bon. Ainsi Ton voit qu*on ne se servait que des clercs du motnare rang» dont le chef n*était qu'un sous-diacre, baint Grégoire ajoute vers la tin : Vous m'avez envoyé un mauvais cheval et cinq bons ânes. Je ne puis monter le cheval^ parce quHl est mauvais^ ni les dnest parce que ce eont des ânes : si vous voulez aider à noire entretien , envoyez^nous des choses qui nous conviennent. Ces paroles montrent comment vivait saint Grégoire et quel était le peu d*appareil extérieur des Papes.
11 n'avait pas moins de soin du bon emploi de ses grands revenus, que de leur conservalion. Comme il aimait à imiter en tout le Pa|>e saint Geîase, il suivit Tétat qu'il avait dressé des patrimoines de TEglise, et en estima les revenus en argent , dont il faisait des distributions è tout le clergé, aux officiers de sa maison, aux monactèrcsi aux églisçs.
aux cimetières, aux diaconies, aux hôpitaux de Rome et du voisinage. Il avait réglé ce que Ton devait donner a chacun quatre fois I année : k PAques, à la Saint-Pierre, à la Saint-André, et au jour de son ordination ; cet ordre de distribution s'observait fincore du temps de Jean, diacre, trois cents ans après. On gardait au palais de Latran, un gros volume, contenant les noms de tous les pauvres que saint Grégoire avait coutume d'assister, leur â^e, leur condition ; tant à Rome qu'aux environs, mémo dans les provinces éloignées. De plus, le lourde Pâques, le matin, il était assis dans Féglise du Pape Vigile, près de laquelle il demeurait ordinairement; et donnant le baiser de paix aux évéques, aux prêtres» aux diacres, et aux personnes constituées en dignité, il leur distribuait des pièces d*or. Tous les premiers jours du mois, il distribuait aux pauvres en espèces, selon la saison, du blé, du vin, du fromage, des légumes, du lard, de la chair, du poisson, de l'huile; et aux personnes
f^incipales, des liqueurs ou d'antres raratchissements. Tous les jours il faisait distribuer dans chaque rue, aux malades et aux invalides, certaine aumône par des officiers établis exprès; et avant de manger, il envoyait de sa table des portions a des pauvres honteux. Un pauvre ayant été trouvé mort dans un coin de rue écartée, on dit qu'il s*abstint de la Messe pendant quelques jours, •se regardant comme coupable de sa mort.
Hais tandis qu*il faisait tant de libéralités, il n*en voulait point recevoir; il écrit aussi à Félix, évèque de Messine : Nous devons remettre les coutumes qui sont à charge aux Eglises^ afin qu'elles ne soient pas obligées d'apporter en ce /teu, d'où elles doivent plutôt recevoir. Vous devez garder la coutume à l'égard des autres clercs^ et leur envoyer tous les ans ce qui est établi par l'usage; mais pour nouSf nous vous défendons de nous rien envoyer à l'avenir. Et parce que nous n'aimons pas les présents^ quoique nous ayons reçu avec reconnaissance les palmes que vous nous avez envoyées^ nous les avons fait vendre, et vous en avons renvoyé le prix»
Les guerres dont l'Italie était affligée depuis plus de soixante ans avaient ruiné plusieurs villes et désolé leurs Eglises. Saisit Grégoire en prit soin dès l'entrée de son pontificat; et afin que le peu qui y restait de
rieuple ne demeurât pas abandonné, il résout aen charger les évoques les plus voisins. Ainsi Bacanda, évèque de Formie, lui demanda d*unir l'Eglise de Minturne, qui n'avait plus ni peuple ni clergé, à la sienne, qui était pauvre. Le Pape trouva la proposition raisonnable, et lui accorda tous les revenus et tous les droits de TEglise de Minturne. Ajrant appris que l'Eglise de Populonium était tellement abandonnée, qu'on n*y administrait ni la pénitence aux mourants, ni le baptême aux enfiints, il ordonna à Balbin, évoque de Roselle, de prendre soin de cette Eglise en qualité de visiteur, d'y établir un prètre-cardinal, deux diacres et tcois prêtres dans, les i>arois$cs de b campa*
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gne. On appelai aiors cardinaux les éte» «lueSy'^les pf Aires et les diacres titulaires attachés à uue certaîDs Eglise» à la différence de ceux qui ne les servaient qu*en passant et par commissiou.
Saint Grégoire ordonna de même à Félix» évéque de Siponte» d*établir à Canuse au moins deux prôtres pour les paroisses de la camoagne. Il unit les Eglises de Hisène et de Cumes » qui étaient voisines et n'avaient plus assez de population pour avoir chacune un évéque. Il les donna toutes deux à Benenatus, avec la liberté d'établir sa résidence où il jugerait le plus commode et le plus utile, mais à la charge de prendre également soin de TEglise où il ne résidait pas» et d'y faire célébrer les saints mystères. 11 unit de même l'Eglise de Trois-Tabernes, qui était ruinée» è l*Eglise de Valletrie; il ordonna à Jean, évôaup de celle-ci» de changer de résidence et dea*^tablir dans un lieu plus sûr» où il fût à couvert des hostilités. Âgnel» évéque de Fondi» ayant été élu évéque do Torracine» le Pape y consenti! avec joie» et unit à Terracine rEglise de Fondi» tellement ruinée par les guerres» qa*on ne pouvait y habiter» sans toutefois supprimer le titre de cette Eglise. Jean, évoque de Lissitane en Dalmatie» ayant été chassé de sa ville»
I irise par les ennemis» saint Grégoire Tétailit évAque cardinal de Squillace en Italie» k la charge de retourner h sa première Eglise si elle recouvrait sa liberté.
Plusfeurs évéques d*lllyrie ayant été chasses de leurs sièges par la guerre, l'empereur ordonna qu'ils se retireraient chez les évéques qui étaient demeurés eu place, et que ceux-ci se chargeraient de leilr subsistanc^e. Saint Grégoire, en étant averti par le gouverneur oe la province» écrivit à tous les évAquesd*lllyrie de s'acquitter de ce devoir» non-seulement pour obéir à l'empereur, usais encore plus pour obéir h Dieu, qui nous oblige de donner les secours temporels^ tnéme h nos enpemis» quand Toccasion s'en présente. II déclare» toutefois» que ces évAques dépouillés n'auront aucune autorité dans les Eglises qui leur donneront retraite, et se contenteront d'y i*ecevoir leur subsistance. Dans nie de Corse, Martin» év.èjque de Tamite» ayant été chassé, et la ville tellement ruinée par la guerre» qu'il n'avait plus, d'espérance d'y retourner» il demauda l'Eglise d'Âlérie, dans la même lie, vacante depuis longtemps ; et le Pape la lui accorda , Yen établissant èvAque-cardmal. Nous voyons inAme un exemple de provision à une cure vacante» dans un autre diocèse que celui de Rome. Le Pape écrit k un évéque» nommé ImporCunus» qu'il a destiné le prêtre Dominique, |K>rteur de la h tire, h une telle Eglise, et lui ordonne de le faire jouir des revenus, même de Tannée précédente.
Sai.it Grégoire prenait çrand soin de Télection des évAques eu Italie et en Sicile» et V exerçait una grande autorité. Déolétrius, évéque de Naples» fut déposé pour des crimes qui, dans la rigueur de} justice» méritaient la mort, suivant les lob divines et humaines.
Cette Eglise étant ainsi vacante, iaim 6mgoire écrivit au clergé, aux nobles, aui ni», gistrats et au peuple, d'élire de seite un évAque; et cependant il envoya k Napifs, pour visiteur, Paul, évAqne de Ne|ii. Le peuple de Naples en fut si coBteot» qu'il pria le Pape de le leur donner pour évèqoe titulaire; mais le Pape voulut délibérer plus longtemps sur ce choix si important* Cepsadant il recommanda è Paul linstruction du peuple et du clergé, lui permit d'ordoeocr des clercs et de recevoir dans l'Eglisa dei affranchissements de serfs, lui ordoDout aussi de payer au clergé ce que Ton avait coutume. Paul, après avoir été queiqatt mois è Naples» priait le Pape de disposer promptement de cette Eglise» ayapt irapi* tience do revenir à soa petit siège de Nepi; mais saint Grégoire demanda encore du temps pour rétablir solidement TEgliM de Naples I ensuite» voyant approcher la fête de PAques, il recommanda l'Église de Nepi i un évéque nommé Jean, afin qu'il y eélèbrlt la fAte en qualité de visiteur, pendant l'absence de Paul. Ainsi, saint Grégoire ne (ai* sait point difiiculté de faire quitter ï oo évAque une petite Eglise dont il était titulaire, pour en gouverner jMir oommissioa une plus importante, ne regardant que l'utilité des fidèles.
Au mois de décembre de la même aooie 502 , les Napolitains envoyèrent au Pape aa décret d'élection en faveur de Florentios» sous-diacre de l'Eglise romaine ; mais il refusa avec beaucoup de larmes, ne pouTaoi se résoudre d'aller à Naples. Ce qui dooaa autant d'afiliction è saint Grégoire, qaeceua élection l'avait consolé. Il renvoya dooe ceux oui avaient apporté le décret» avecaai lettpe è Sculastique , duc de Campanie » par laquelle il le prié d'assembler les prindpaoi et le peuple de Naples pour choisir un aalre évéque : Que si» ajoute-t-il» vaui ne iraum personne dont tfouê fuiesiex convenir : rhei* êiêsex au moins trou homike$ , dont ta drmture et la sagesse soient conny^s^ et les eneojfa ici au nom de toute la communauté^ peut^in trouveront^ils à Rome quelqu'un eapatU titre votr^ évique. On voit ici un 'exemple d'élection par compromis.
Cet ordre du Pape n'ayant |ioint eu d'elH il en donna encore un pareil au mois de oui suivant 593, écrivant à Pierre, sous^iacrv de Campamie » apparemment recteur du patrimoine , d'exciter le clergé de Naplei i députer deux ou trois d'entre eux, elles envoyer è Rome, pour y choisir un évAqve au nom de toute la ville. Averiissex-test ^^^ te-t-il» d'apporter tout le vestiaire de FéeelfÊt^ et Vargent qui sera nécessaire à sa éépente. C'est qu'il devait être consacré à Rome; et ea |iartir pour Naples. Cependant TévAque Fas< demandait toujours h saint Grégoire de le renvoyer à son Eglise de Nepi , uoDt il éuit absent depuis environ dix-huit mois; œqœ le Pape jugea è propos , et il ordonna au sous-diacre Pierre de lui faire donner aot dépens de l'Eg ise de Naples, cent sons Apt et un iHîtit orphelin à son choix ; c'esl4-di'«
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un eselave, avani le mois d*août 593, comme il parait par deux leltrcs de saint Grégpire. Quelques-uns des habitants de Rimini, ayant choisi pour évétque Odeatin , en en- Toyèrent la relatÎQn à saint Grégoire « pour le consacrer; mais il refusa, et leur ordonna d'en choisir un autre. Que st, ajoute*t-il » vous n'avez per$onne dans votre ville qui y Moii.propref le 'porteur des présentes vous pjf^ dira un do^t xous devez convenir. On voit ici que le Pape avait droit d'exclure les sujets qui qe lui étaient pas agréables. EnQn, pressé par leurs iœportunites, il leur donna Castarius, qu'il iugeait trop faible pour gouverner cette Eglise ; qui en efTét tomb^ malade de chagrin , par le peu de soumission de son peuple et les dégoûts qu'il en avait reçus ; ce qui obligea saint Grégoire de cornomettre en son absence, pour visiteur de l'E-
§lise de Rimini, Léonce, évéque d'IJrbin. uelquefois il donnait un seul visiteur ^ plusieurs Eglises voisines , d'autres fois il commettait seulement un prêtre » pour avoir soin d'une Eglise vacante» et y procurer l'élection. Il voulait que l'évèqùe fût élu de la ville même, autant qu'il était possible. L*évèqtte élu venait à Rome se faire ordonner avec le décret d'élection et les lettres du visiteur.
Saint Grégoire ne prenais pas moins soin des églises de Sicile que de celles d'Italie. Dès la première anQôe de soq pontificat , il écrivit |iu sous-diacre Pierre, recteur du patrimoine de àicilef que s'il s'y trouvait quelques Eglises vacantes, par le crime de leurs évëques; il eiàminAt ceux qui pourraient remplir leurs pjaces, soit du clergé des mêmes Eglises, soit des monastères ; et les envoyât è Rome, après s'être informé de leurs mœurs. Que si\ ajoute-tril , vous ne trouvez personne sur Us lieux^ ne laissez pas de nous en informeTf afin que Dieu y pourvoie. Maximieil| moine et abl^é de Saint-André à Rome, ami particulier de saint Grégoire , ayant été ordonné évêque deSjrracuse, il l'établit son vicaire sur toute la Sicile, au mois de décembre 591, lui donnant pouvoir de terminer sur les lieux les moindres causes, se réservant la connaissance des plusdifBciles; mais il déclare, que cette prérogative est attachée à sà personne et non à sa place. Il ordonne ensuite à Maximien d'établir Paulin, évéque de Taur en Calabro, dans le siège vécanl de Li{>ari: et à Paulin, d'obéir absolument '. ce qui marque qu'il résistait h cette translation. I) lui ordonne de visiter l'E^lisè de Taur; en sorte toutefois , que Lipari soit sa irésidence. Ayant été averti par' Félix, homme rousulaire, qu'il y avait cri Sicile un prêtre digne de Tépiscopat, écrivit à Maximien de le faire venir devant lui. Etsiy après lavoir examiné, ajoute-t-iï, vous le trouvez digne de ce rang f envoyez -le-^ous pour Vordonner évéque en quelque lieu.
Saint Grégoire n'entrait dans ce détail que [tour les Eglises qui dépendaient particulièrement du Saint-Siège, et r|ue par cette raison on nommait suburbicaires: savoir celles Ue la partie méridionale d'Italie, où il était
sei}! archeyêKjue; celles de Sicile et des autres lies, quoiqu'elles eussent des métropolitains. Mais on ne voit pas qu'il exerçftt le même pouvoir immédiat dans les provin* ces dépendantes de Milan etd'Aquilée, ni dans i &pagne et les Gaules. Il est vrai que dans les Qàufes il avait son vicaire qui était réyèq\ie d'Arles , comme aussi l'évêque de Tnessalonique Tétait pour l'illyrie occidentale. Lé Pape prenait soin encore des Eglises d Afrique, pour y faire tenir des conciles, et maintenir les canons. Il était en communion et en commerce de lettres avec tous les patriarches, sans entrer d^tns la conduite particuh'ère des Eglises de leur dépendance, si ce n'était dans quelques cas extraordinaires. La multitude des follres de saint Grégoire nous donne lieu d!oI)server toutes ces distinctions.
Venance, homme de qualité, après avoir embrassé la profession monastique, J'avait
3uit!éo, s'était marié, et .exerçait la charge e chancelier d'Italie, qui dès lors était considérable, et lui donnait une inspection générale sur la ()rovince. Saint Grégoire était son ami, plusieurs croyaient, quêtant devenu évêque il ne lui écrirait pas souvent ; mais le saint Pape crut que sa place ne lui permettait pas de se taire. Je voiu parlerai donCf dit-il à Venance, quand vous devriez le trouver mauvais : parce que je désire de tout mon cc^r votre soluté et que je neveux point être coupable de votre perte. Vous savez quel habit tous avez portée et oûvouséles iombé.' Considérez ce que vous mériterez au jugement de Dieu: vous qui lui avez étéf non pas quelque argent f mais vous-même^ que vous' luiaviez dévoué sous Vhabit monasttque. Je suis. <i accablé de tristesse^ quà peine puis-je vous parler , et toutefois le reproche de votre conscience vous rend mes paroles insupportables ; vous en rougissez^ vous en détournez les yeux. Si donc vous né pouvez supporlèr les paroles d'un homme qui nest que poussière , que fereZ'Vous au jugement du Créateur? Je sais qu'à la réception de nui lettre vous osiemblez vos omt5, et vous consultez sur votre vie les complices de votre mort : ces gens qui ne vous disent q%is ce qui vous est agréable dans l'occasion^ parce qu'ils aiment vos biens^ et non pas vous. Si vous cherchez un conseil, prenez le mien : personne ne vous en f)eut donner un plus fidèle, que celui qui vous aime, et non pas vos biens, dt mon zèle vous est suspect f f appellerai toute t Eglise au conseil^ et je souscrirai volontiers A ce qui sera décidé d'un commun accord, Venance ne se convertit point, mais saint Grégoire ae renonça pas à son amitié.
Vers le même temps, en 591, ua Jaif nommé Joseph, se plaignit à saint Grégoire de Pierre, évêque de Terracine, gui, après avoir chassé les Juifs d^un lieu oi^ ils avaient coutume de s'assembler, et permis qu'ils s'assemblassent dans un autre, voulait encore les en ciiasser. S'il est ainsi, dit saint Grégoire écrivant è l'évêque, nous voulons que vous fassiez cesser ces plaintes. C^t c'est par la douceur^ la bonté, IfS exhoTt^
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iionSi qu'il faut appeler tee infidèles à la religion chrétienne ; non pas les en éloigner par les menaces et la terreur
Les Juifs de Cagllari, métropole de Sardaigne, Tinrent à Rome se plaindre, en 598, qu'un d'entre eux nommé Pierrev oui s'était fait Chrétien, le lendemain de son baptême, c'esl-à-dîre le jour de Pâques, s'était emparé de leur synagogue par violence, s'étant fait accompagner^ une troupe d'insolents; et y avait mis une imagée de la sainte Vierge, une croix et l'hahit blanc qu*il avait reçu au baptême. Saint Grégoire en écrivit à Janvier, évêqne de Caghari, le louant de ce qu'il n*avait point consenti à cette violence ; et l'exhortant è faire ôter l'image et la croix avec la vénération qui leur est due, et rétablir les choses comme auparavant. Car^ ajoute-t-il, comme les lois ne permettent pas aux Juifs de bâtir de nouvelles synagogues^ aussi leur permettent-elles de posséder sans trouble les anciennes. Il faut user avec eux d'une telle modération^ qu'ils ne nous résistent pas; mais il ne fHut pas les amener malgré eux; puisqu'il est écrit : « Je vous offrirai un sacrifice volontaire* »
Saint Grégoire avait écrit dans le même esprit au sous-diacre Pierre, et au diacre Cj|[)rien, recteur du patrimoine de Sicile : J'ai appris^ dit-il, qu'il y a dans nos terres des Juifs qui ne veulent point se convertir. Je suis d'avis que vous envoyiez des lettres par toutes les terres^ pour leur promettre de ma part que Fon diminuera la rente à ceux qui se convertiront : en sorte que celui qui paye un sol d'or^ aura remise du tiers : celui qui en pays trois ou quatre^ en payera un de moins. Et il ne faut pas craindre que cette diminution de nos revenus soit inutilcy car encore qu'ils ne se convertissent pas assez sincèrement^ leurs enfants seront baptisés avec de meilleures dispositions.
Toutefois saint Grégoire écrivit h Libertin, préfet de Sicile, pour le prier de réprimer l'attentat d'un Juif nommé Nasas, qui avait osé élever un autel sous le nom du prophète Elie , et avait séduit plusieurs Chrétiens, pour y venir adorer. Il achetait aussi des esclaves chrétiens, au mépris des lois. Ce Juif avait gagné par argent le gouverneur précédent nommé Justin, qui Pavait laisse impuni.
Dès la première année du pontificat de saint Grégoire, plusieurs Juifs d'Jtalie, que leur trafic appelait de temps en temps à Marseille, se plaignirent à lui, que Ton y baptisait granu nombre de Juifs, plus par force que par persuasion. Saint Grégoire en écrivit à Virgile, évêque d'Arles, et à Théodore, évêque de Marseille. Je loue^ dit-il, votre intention ; mais si elle n'est réglée par VEcriturCj je crains quelle ne nuise à ceux mêmes que vous voulez sauver: et que venant au baptême par nécessité^ ils ne retournent plus dangereusement à leur première superstition, il faut donc se contenter de les prêcher €t de les instruire^ pour les éclairer et les convertir solidement
Le Pape saint Grégoire était obligé par le
malheur des temps, à prendre soin même de TEtat temporel de Rome. Romain, patrice et exarque de Ravenne, avait rompu la paii aveô les Lombards, et ne pouvait soutenir la guerre. Ariulfe duc de Spolète • vouait jusqu'à Rome, tuait les uns et mutilait les autres, ce qui aiQigea tellement saint Grégoire qu'il en tomba malade, comme il l'écrit, à Jean, évêque de Ravenne, pendant Tété de Tan 592. J'étais fort honné^ ajoutet-il, que vous ne fissiez rien pour nous, vous dont la vigilance m'est si connue. J'ai vu par vos lettres^ que vous agissez assez: mais que vous n'avez personne auprès de qui vous puissiez agir. En effets celui qui y est y c'est-à-dire rexarque^ néàlige de combattre nos ennemis^ et nous défend de faire la paix^ quoique présent nous ne pourrions la faire, quand il te voudrait ; car Ariulfe^ ayant (es troupes d'Autans et de Nordulfe, veut avoir les contributions qui leur sont dues, avant que de parler de paix. Au reste, Vanimosîté au patrice romain ne doit pas vous alarmer : plus mon rang me met au-dessus de lui, plus je dois avoir de gravité pour souffrir ses légèretés. Si toutefois vous le trouviez un peu traitable, faites le consentir que nous fassions la paix avec Ariulfe. Car on a été les meilleures troupes de Rome, comme il sait : et les théodosiens qui restent n étant point payés, veulent à peine garder les murailles. El ensuite : Quant, à ffaples, représentez aussi à l'exarque, qu'Arigise s'est joint avec Ariulfe, et en veut à cette ville : en sorte qu'il la faut compter perdue, si on n'y envoie promptement un commandant. Arigise était le duc de Bénévent. Saint Grégoire ajoute : Si vous
J Persuadez à l'exarque de nous laisser traiter apaix;je vous enverrai une autre personne, pour convenir du prix. C'est qu'on ne traitait avec les Lombards que pour deTarsent. On voit par quelques leltres, qui semblent regarder la même gllbrre, le soin de saint Grégoire, pour exciter les capitaines romains à résister aux Lombards : mais la plus 'remarquable est celle oit il ordonne aux soldats de Naples d'obéir au tribun Constantius, qu'il envoyait pour y commander. La négligence de 1 exaf^que l'obligeait d'en user ainsi; peut-être payail-il ces troupes.
Jean de Ravenne avait écrit au Pape, touchant les évêques schismatiques d'Istrie, qui avaient obtenu de l'empereur de faire cesser les poursuites que le Pape faisait contre eux, alléguant pour raison de cette surséance, les ravages des Lombards. Car ils avaient désolé leur pays et brûlé Grade, où leur patriarche Sévère faisait sa résidence. Jean de Ravenne proposait môme au Pape d'envoyer à Sévère quelque aumône, sur quoi le Pape lui répondit : Vous ne parleriez pas ainsi, si vous saviez les présents qu'il envoie à la cour contre nous. Et quand il ne le ferait pas, nous devons faire la charité à ceux qui sont fidèles à l'Eglise, avant de la faire à ses adversaires. La ville de Fana est proche , d'où on a enlevé plusieurs captifs ; j*y voulus envoyer Vannés passée^ mais je n'osai au milieu des ennemis. Je suis donc d'avis que vous y envoyiez Vabbt
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Claude avec qutique argeniy pour acheter ceux quil pourra. Quani à la somme^ f approuve iùui ce que voue réglerez. Claude était ahbé de Saint-Jean de Classe» près de Ravenne.
Dans cette même lettre, saint Grégoire parle de Natalis, évèque de Salone en DaU niatie, témoignant une grande joie de ce qu'il s'est corrigé. Nous voyons de qnoi il s agissait par les lettres précédentes de saint Grégoire. Dès le temps au Pape Gélase, son prédécesseur» Honorât» archidiacre de Salone, s*était plaint que Tévèque Natalis le traitait mal, « parce» » disait-il» « que je Tempèche de donner h ses pnrents les vases sacrés dont je suis chargé. » Le Pape Pelage arait défendu è Natalis de garder du ressentiment contre Honorât» ni de le faire prêtre malgré lui. Toutefois Natalis assembla un concile de la province dont il était métropolitain» où il déposa Honorât» et ordonna a sa place un autre archidiacre plus commode pour lui. Puis il ordonna prêtre Honorât contre son gré. Ils en écrivirent de part et d'autre h saint Grégoire» dès la première année de son pontifical. Sur quoi il ordonna à Honorât de continuer ses fonctions d'archidiacre. 5î roui pouvez finir ce scandale^ ojoule-t-il» vous gagnerez beaucoup pour voire âme : sinon venez incessamment devant nous, ei que Vévéque y envoie pour lui une personne bien instruite* Sachez cependant ^ que nous vous ferons rendre un compte bien exact des meubles précieux tant de votre Eglise aue des autres qu'on y a rassemblés de diverses Eglises. Pour Natalis» il lui écrivit en ces Cernoes : Lrs actes que vous m'avez envoyés de roire concile , touchant la condamnation de Farchidiacre Honorât^ ne sont propres quà fomenter vos différends ; puisque en même teneps , vous le déposez du diaconat comme indigne^ et vous lélevez malgré lui à la pré* trise. Cest pourquoi nous tous admonestons le ie rétablir dans sa fonction ; et » s'il reste rncore entre vous quelque différend^ qu'il Tienne iei^ et quelquun pour vous.
Natalis n'avant point satisfait à cette letre, saint Grégoire lui écrivit au mois de Tiars de Tannée 592 : Tapprends^ dit-il, par plusieurs personnes qui viennent de chez ^aess^ que vous abandonnez le soin de votre rawspeau et que vous êtes occupé à tenir une rrande table; au reste votre conduite fait voir rue epous ne vous appliquez ni à la lecture^ lé A r exhortation. i\ reprend ce qui s'était «assé sous le Pape Pelage» et de son temps ; uis il ajoute : Après tant d'avertissements^ /i€sblissei Honorai en sa place^ sitôt que ais^ aurez reçu cette lettre; si vous différez mrare, sachez que vous êtes privé de t usage 14 f^allium^ qui vous a été accordé par le ixirs^Siége; et si vous continuez dans votre pe'stiâtretét vous serez privé de la participa^ r> 9S du corps et du sang de Nâtre^Signeur. p r^M ouoi nous examinerons juridiquement si 9 c^jr devez demeurer dans Pepiscopat. Quant ^rleei qui s est laissé promouvoir à l'archi» fVx^rofial au préjudice a Honorât ^ nous le dé^ as^^^ de cette dignité; et sll continue d'en wtwMpiir.les fonctions, Usera privé de la sainte
cominunion. Saint Grégoire chargea oe cette lettre» et de l'exécution des ordres Qu'elle contenait, le sous-diacre Antonin» qu il en* voyait pour administrer le patrimoine de l'Eglise romaine en Dairoatie. Il le chargea aussi de deux autres lettres : une aux évê-
aues de la province» pour leur faire part e celte affaire; l'autre au préfelJobin» pour lui recommander Antonin, et le prier de ne point donner à Natalis de protection contre la justice.
Natalis se rendit enfin : il se soumit aux ordres du Pape, et corrigea ses mœurs : toutefois il lui écrivit une lettre» où il prétendait, se justifier» alléguant plusieurs passages de l'Ecriture mal applioiiés, entre autres celuici (Rom. XI Vy 3) : Que celui qui ne mange pointf ne juge pas celui qui mange. — Ce passagcy dit saint Grégoire, ne convient point du tout. Car il n'est pas vrai que je ne mange point ; et saint Paul ne parle ainsi que pour ceux qui jugent les autres^ dont ils ne sont point chargés. Vous souffrez avec peine que je vous aie repris de vos grands repas : et moi.
Et suis au-dessus de vous par ma place^ quoi» e non par mes mœurs^ je suis prêt à rece* ir la correction de tout le monde. Et je ne compte pour amisj que ceux dont les discours me font effacer les taches de mon dme, avant la venue du Juge terrible. Il remet à l'arrivée de ses députés à juger son différend avec Honorât. Mais Natalis mourut environ six mois après.
Au mois d'octobre de la même année S92, saint Grégoire rétablit Adrien évèque de Tbèbes, injustement déposé. Quant au métropolilaiif Jean de Lansse, saint Grégoire lui parle ainsi : Vous méritez d'être privé de la communion du corps de Notre^Seigneur^ pour avoir méprisé l'admonition de mon pré'décesseur^ par laquelle il exemptait de votre juridiction ildrieh, et son Eglise de Thèbes : toutefois nous nous contentons d'ordonner l'exécution de cet ordre; en sorte que si vous avez quelque prétention civile ou criminelle contre Vévéque Adrien^ elle soit décidée par nos nonces à Constantinople^ si elle est^ mé" diocre-; ou renvoyée ici au Shint-Siége^ si elle est considérable. Le tout sous peine' d'excom* munication^ dont vous ne pourrez être absous
Ïue par ordre du Pontife romain^ excepté à article de la mort. Vous restituerez aussi sans délai tous les biens sacrés ou profanes^ meubles ou immeubles de VEglise de Thèbes^ que l'on vous accuse de retenir^ et dont fétat est ici joint ; sur quoi » s'il y a quelque différends nous voulons quenotre nonce à Constantinople en prenne connaissance» C'est ainsi que le Pape saint Grégoire termine cette affaire» où nous voyons un grand détail de la procédure ecclésiastique » et un exemple notable de l'autorité du Saint-Siège. Saint Grégoire ayant appris ensuite par les éyêques de la province de Corinthe» qu'Adrien s'était réconcilié* avec ses accusateurs, eavoya sur les lieux un diacre de l'Ëglise romaine , pour savoir s'il n'y avait point de prévarication dans cet accord, ▲u mois de juillet S93» saint Grégoire en«»
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Toya pour nonce k Gonstanlinople Sabînien,
3 ni fut de(^uis son successeur. Il le chargea e plusieurs lettres par lesquelles il le recommanda aux personnes puissantes qui étaient de ses amis, comme au palrice Pris- Gus, qui commandait les troupes en Orient, et au médecin Théolime. Il le recommanda aussi à Jean le Jeûneur, par une lettre qui fait voir le commencement de la froideur entre saint Grégoire et ce patriarche. Le Pape lui avait écrit deux fois, touchant Taffaire d*un prêtre nommé Jean, et de quelques moines dlsaurie, accusés d*héré$ie ; dont J*un, qui était prêtre, et se nommait Ânastase, avait reçu des coups, dans Féglise de Constantiuople. Le patriarche Jean écrivit à saint Grégoire qu'il ne savait ce que c'était, sur quoi saint Grégoire lui dit : J'ai été fort surpris, de cette réponse; car si vous dites vrai, qu'y a-t-il de pire que de voir les servi' teurs de Dieu ainsi traités^ et que le pasteur aui est présent^, ne le sache pas? Maisy si vous te savez^ que répondrai^ie à l'Ecriture^ aui dit (Sap, 1, 11) : « La bouche quimsnt^ tue rdme.i» Est-ce là où se termine cette grande abstinence^ et ne vaudrait-il pas mieux qu'il entrât de la chair dans votre bouche^ que d'en voir sortir un discours faux^ pour vous moquer de votre procliain ? Dieu me garde d'avoir de vous cette pensée. Ces lettres portent votre nom: mais' je ne crois pas qu'elles soient de vous. Elles sont plutôt de ce jeune homme qui est près de vous, qui ne sait encore rien des choses de Dieu ; qui ne connaît pas les entrailles de la charité^ que tout le monde ac-' euse de plusieurs crimes j qui, tous les jours, dit^n^ cherche à profiter ae la mort de quelqu'un, par des testaments secrets ; n*ayant ni crainte de Dieu, ni respect humain qui le retient. Croyez-moi, mon vénérable frère, vous^ devez commencer par le corrigef. Car si vous continuez à Vécouter, vous n'aurez point de paix avec vos frères. Il se remet au diacre Sabinien, pour traiter plus amplement cette affaire des prêtres offensés , et conclut en disant : Je souhaite qu'il vous trouve tel que je vous ai connu autrefois à Constantinople. Saint Grégoire écrivit de cette même affaire au patrice Narsès en ces termes : Je vous déclare que je suis résolu à la poursuivre de tout mon pouvoir; et si je vois qu'on ne garde pas les canons du Saint-Siège, Dieu m'inspirera ce aueje dois faire contre ceux qui les méprisent. Je vous prie de me pardonner, si je vous fais une réponse si courte. Je suis si accablé d'afflictions, que je n'ai le courage f ni de lire, ni d'écrire ae longues lettres.
L'empereur Maurice avait fait Tannée précédente [S92J une loi, portant défense à ceux qui auraient exercé clés charges publiques, d'entrer dans le clergé, ni dans les monastères; et à tous ceux qui étaient marqués à la main, comme soldats enrôlés, d'embrasser la vie monastique. Saint Grégoire reçut celte loi par un écuyer de l'empereur nommé Longin, et ne put alors faire de réponse, étant malade. Mais, au mois d'août 593, il écrivit à Tempereur une lettre
qui commence ainsi : C'est se rendre coupa» ble devant Dieu, de ne pas agir avec les prinres en toute sincérité. Je ne vous parle en cette remontrance, ni comme évéque, ni comme mi" nistre public, mais comme particulier : parée que j'étais à vous, avant que vous fussiez U maître de tout le mond^ Il rapporte ensuite la disposition de la loi, et loue la premièro partie, qui exclut de la cléricature les officiers publics. Car, dit-il, ces gens veulent plutôt changer d'emploif que quitter le siècle. Mais fai été fort étonné de ce que vous défendez par la même loi, à ceux oui ont administré les affaires publiques a embrasser la vie monastique. Car le monastère peut rendre leurs comptes, et pa\f^r leurs dettes. C'est que les moines porti^ient alors leurs biens avec eux dans la communauté, et recevaient des successions: ainsi le monastère qui profitait de leurs biens devait se charger do leurs dettes, ou ne les pasi recevoir. Saint Grégoire continue : £a défende çue, {a loi fait aux soldats, d'embrasser la loi momstique, m'épouvante pour vous, je l'avoue. Ç^est fermer à plusieurs le chemin du ciel : car, encore que Ion puisse vivre sanntemenl dans le siècle, il y en a beaucoup qiai ne peuvent être sauvés sans tout quitter. Dans cette lettre, et en plusieurs autres, saint Gàrégoire parle des empereurs au pluriel, parce que Maurice avait associé à l'empire Théodose son tils, le ik d*avril 591. Il continue : lUoi qui parle. ainsi à mes maîtres, qui sui^s-je, sinon un ver déterre? Toutefois je ne puis m'empécher de leur parler, voyant cette loi opposée à Dieu. Car la puissance vous a été donnée d'en haut sur tous les hommes, pour aider Us. bons désirs, et faire sertir le royaume de la terre au royaume des deux. Et cependant on dit tout haut, que celui qui sera une fois engagé au serviee de la terre, ne pourra servir Jésus-Christ, avant que son temps soit expi-» ré, ou qu'il n'ait reçu son congé comme inva- Hde. Voici ce que Jésus-Christ vous répond à cela par ma bouche : De secrétaire je vous ai fait capitaine des gardes, puis César, puis empereur et père d'empereur, fai soumu à votre puissance mes prêtres ; et vqus retire:^ vos soldats de mon service^ ]^éfondez, je vous prie. Seigneur, à votre serviteur, que répondreZ'Vous à votre maître quand il vi^n^ dra vous juger et vous parler ainsi? £t ensuite : Je vous conjure par ce juge içfrible, de ne pas obscurcir devant Dieu tant 4^ larmes que vous répandez tant de, prières, de jeûnes et d'aumônes, que vous faites : mais d'adoucir ou de changer cette loi. Pour moit étant soumis à vos ordres, je Fai envoyée dans les diverses parties dutnonde, et je vous ai représenté qu'elle ne s'accorde pas avec la. loi de Dieu. J'ai donc rempli mon devoir de part et d'autre, puisque j'ai obéi à i empereur, et déclaré mes sentiments pour l'intérêt de Dieu.
Saipt Grégoire adressa cette lettre è Théor dore son ami particulier, médecin de Tempereur, auprès duquel il avait grand créditai il l'employa depuis à négocier ta paix avec le khan des Avares. Saint Grégoure It^i ^i^
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entre aulres choses : Si u motif de cette loi est que lee conversione des soldats diminuent les armées^ F empereur doit songer que c'est snoins par la force de ses troupes, que par celle de ses prières^ qu^il a vaincu les Perses. Or il me semble dur^ qu'il détourne des sol^ dots du service de celui qui ta rendu le maftre non^seulement des soldats^ mais des évé^ qnes, El ensuite : Je vous prie donc de pressent er ma remontrance à T empereur en secret f et dans un temps favorable. Je ne veux pas quelle lui soit r^due publiquement par mon nonce. Comme vous le servez avec plus de /amiliaritéf vous pouvez lui parler plus libre* meni de l'intérêt de sa conscience au milieu de tant ioceupations qui le détournent. Si TOUS êtes écouté^ vous procurerez le bien de son âme et de la vôtre : si vous ne Vêtes pas^ tous aurez toujours travaillé pour la vôtre. Nous verrons ensuite comment cette loi fut tuodérée.
Laurent, archevêque de Milan, étant mort vers le mois de mars de cette année 593, un préire de la même Eglise nommé Magnus, se plait^nil au Pape que Laurent Tavait excommunié injustement. Le Pape ayant reconnu qu*il était ainsi, permit à Maçnus d*exercer «e» fonctions et de communier , laissant à sa conscience, s*il se sentait coupable de quelque faute, de l'expier en secret. En niécDe temps il le chargea d'avertir le clergé et le peuple de procéder unaniment à l'éleclion d'un évèque.lls choisirent Constantius, niacre de la même Eglise de Milan i le clergé envoya le décret de Télection h saint Grégoire par le môme prêtre Magnus, et un clerc nomnoé Hippolyte. Mais parce que ce décret n'était pas souscrit, le Pape craignit qu'il une surprise, et envoya Jean sous-diacre de rfi^ise romaine, avec ordre d'aller k Gènes, oil plusieurs Milanais s'étaient retirés, pour éviter les hostilités des Loml>ards : Vous les asssmblereZf dit saint Grégoire ; et si vous voyez que tous unanime* meni s'accordent à l'élection de Constantius^ tous le ferez consacrer^ de notre consente^ ment^ par les éoêques de la province^ suivant J aneiemia coutume. En sorte que le Saint' Siège conservé son autorité^ satis diminuer les droits des autre^. Dans le reste de l'Italie, les érêqùes élus sur les lieux, venaient à Eome, pour être sacrés par le* Pape : comme nous avons vu par l'exemple de Naples. Dans la province de Milan, l'archevêque les consacrait, et ils le consacraient lui-même, mais avec le consejptement du Pape.
Saint Grégoire chargea le sous-diacre Jean de deux lettres .-l'une, pour le clergé de Milan : l'autre, pour Romain, exarque d'Italie, h qui il recommande Constantius. Dans la première, il dii i Je connais bien le diacre ConetaàtiuSf que vous avez choisi^ il a été longtemps avec mot, quand fêtais nonce à Constantinople et je ne lui ai rien connu de répréhensible^ mats parce que j^ai formé la résolution depuis longtemps^ de ne procurer l'êpiseopàt à personne je me contenterai de ioindre à votre élection mes prières vers Dieu^ afn quil vaus donne un digne vasteur. J^ges
à présent celui qui vous convient^ avec éFau* tant plus de circonspection^ que quand il sera une fois consacré^ il ne vous sera plus permis de le juger ; mais seulement de lui obéir avec une entière soumission^ ou plutôt à l>ieu qui vous taura donné. Ce que saint Grégoire dit ici, qu'il ne procure l'épiscopat, se doit eptendre des Eglises qui ne dépendaient pss immédiatement de lui : car pour celles-là, il ne faisait pas difficulté de nommer des évêques, auand le clergé et le peuple avaient peine a s'accorder. Constantius fut élu et consacré évêque de Milan d'un commun consentement : saint Grégoire le félicita sur son élection, lui donnant les avis convenables, et lui envoyant le pallium. La lettre est du mois de septembre 503
Constantius avait envoyé au Pape sa confession de foi, selon la coutume; quoiqu'il n'y fût point imrlé des trois chapitres, trois évêques de sa province ne laissaient pas de faire courir le bruit, qu'il s'était obligé par écrit à les condamner. Sous ce prétexte ils se séparèrent de sa communion, et persuadèrent à la reine Théodelinde de s'en séparer aussi. Saint Grégoire l'ayant appris, écrivit deux lettres à Constantius : la première, pour lui seul, oil il dit : foi^s savez s'il a été parlé entre nous des trois chapitres : quoique Laurent votre prédécesseur en eût envoyé au Saint-Siège une reconnaissance très^expressCf à laquelle souscrivirent les personnes les plus nobiest et moi entre eus, comme étant alors préteur de Rome. La seconde lettre était pour être montrée aux évêques qui s'étaient séparés. Le Pape y déclare encore qu'il n'a iioint été mention des trois chapitres entre lui et Constantius, et proteste en sa conscience, qu'il conserve la foi du concile de Chaicédoine, et n'ose rien ôter ni ajouter à sa déflnition ; anathématisant , quiconque croit plus ou moins. Puis il ajoute.: Celui qui uest pas content de cette cf^c/ara^ien, n'aime pas tant le concile deChfUcédoine qu'il hait V Eglise notre Mère.
Outre ces lettres saint Grégoire'en envoya une troisième à Constantius, pour la reine Théodelinde: mais comme il y parlait du cinquième concile, Constantius ne jugea pas è propos de la rendre è cette princesse, de peur de la scandaliser. Saint Grégoiro approuva sa conduite, et lui eavoya une autre lettre pour elle : où il se contente de louer les quatre premiers conciles, sans parler du cinquième ; et exhorte la reine à écrire incessamment à Constantius, pour lui témoigner qu'elle agrée son ordination, et qu'elle embrasse sa communion. Saint Grégoire écrivant en même temps à Conslaniius, lui diiiQuand au concile de Cons'^ tantinople^ que plusieurs nomment le cinquii" mCf vous devez savoir qu'il n'a rien décide contre les quatre précédents. Car on ny a point traité de la foi^ maû seulement de
Î quelques personnes^ dont il n'y a rien dans è concile de Chaicédoine. Seulement après avoir fait les canons ^ on émut quelque dis* pute sur ces personnes^ et on l'examina dans la dernière action. On voit ici, que le Pape
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saint Grégoire ne comptait pour actes du concile de Chalcédoine, que les sept premières actions, comprenant ia déOuilion de foi et les canons; et regardait tout le reste comme des affaires particulières» et sans conséquence pour TEglise universelle.
Dans la même lettre saint Grégoire répond h Constantius surplusieurs autres articles.L'évëque et les citoyens de Bresse voulaient que Constantiusleur déclarât avec serment qu*il n^avait point condamné les trois chapitres, sur quoi saint Grégoire dit : Sivoireprédéeesseur M Va pas fait^ on ne doit pas vous le deirnin- ^ der ; s'il l'a fSit^ il a faussé son serment et s" est * téparé de V Eglise catholique; ce que je ne crois pas. Mais pour ne point scandaliser ceux qui vous ont écrity envoyez-leur une lettre^ où vous déclariez avec ana thème ^ que vous n'af* fhiblissez m rien la foi du concile de Chalcé^ doine^ ni ne recevez ceux qui l'affaiblissent ; que vous condamnez tous ceux qu*il a condamnés f et justifiez tous ceux qu'il a justifiés. Quant au scandale quils prennent de ce que vous ne nommez point à la Messe notre confrère Jean , évéque de Havenne ; t7 faut vous informer de l'ancienne coutume , et la suivre. Sachez aussi , s'il vous nomme à l'autel ; car s*il ne le fait pas , je ne vois rien qui vous obligea le nommer. On voit qu'il était d*usage alors de nommer à Tautel les évéques vivants des grands sièges , comme nous y nommons le Pape.
Saint Grégoire n'était pas content de Jean, évoque de Ravenne , qui sons prétexte du séjour que les empereurs avaient fait en cette ville, et de la résidence que les exarques y faisaient encore, voulait sedistinguer, non^seulement des autres évéques, mais des métropolitains. Le Pape ayant appris qu*il affectait de porter le pallium, môme dans les processions, lui en écrivit par Castorius, notaire de TEglise romaine. Jean de Ravenne répondit par une lettre fort soumise en apparence; mais où il soutint son usage, touchant le pallium dans les processions, bt touchant les mani'pules , que ses prêtres et ses diacres' portaient même h Rome, à ce qu'il prétend. On appelle manipule, ce que Je latin nomme mappula^ c'est-k-dire un linge, que les prêtres et les diacres portaient, lorsqu'ils servaient à Tautet. Saint Grégoire n'étant point content de cette réponse , écrivit à Jean de Ravenne une lettre, où il dit, parlant des processions : Comment se peut-il faire que dans ce temps de cendre et de cilice , au milieu des gémissements du peuple^ vous portiez par les rues cet ornement^ que vous vous défendez d'avoir porté dans la salle secrète de l'Église? Vous devez vous cofiformer à l'usage de tous les métropolitains^ ou montrer un privilège du Pape, si vous pré^ tendez en avoir. Or nous avons fait chercher exactement dans nos archives ^ et nous n'avons rien trouvé. Nous avons interrogé Pierre diacre^ Gaudiose défenseur ^ et Michel primi^ cier , qui ont été nonces de nos prédécesseurs a Ravenne,^ ils ont nié absolument que Viius l'ayez ainsi pratiqué en leur présence. Notre clergé nte aussi ce que vous attribuez
au vôtre f toucaant f usage des manipules. Nous le permettons toutefois à vos premiers diacres^ mais seulement quand ils servent. Cette lettre est du mois de juillet 593.
Jean de Ravenne ne se rendit pas ; mais il fit solliciter le Pape par l'eiarque, par le préfet de l'Italie , et par les autres personnes considérables qui demeuraient .à Ravenne, de lui accorder sa prétention. Le Pape ayant appris, qu'effectivement ses prédécesseurs avaient porté le pallium aui processions, des fêtes de saint Jean-Baptiste, de saint Pierre et de saint Apollinaire, premier évdque de Ravenne, lui accorda par provision de le porter h ces trois fêtes , et au jour de son ordination. Mais comme Jean do Ravenne continua toujours de porter le pallium hors de l'Eglise, sans observer cette restriction, le Pape lui écrivit une lettre plus forte, qui commence ainsi : La première chose qui m' a f* flige est^ que vous m'écrivez d'un cœur doubï^ des lettres pleines de flatteries^ (fui ne s'accordent pas avec vos discours ordinaires. En second lieu , de ce que vous usez de railleries ^ qui ne conviennent qu'à déjeunes écoliers , de discours mordants^ dont vous vous savez bon gré 9 et de médisance contre ceux que vous iouez en leur présence* En troisième lieu^ quand vous êtes en colère^ vous dites à vos domestiques des injures les plus infâmes. De plus^ vous ne vous appliquez point à régler les mœurs de votre clergé ^ vous ne le traitez
Îu'en maître. Enfin^ ce €fui montre te plus de auteur j que vous portiez le pallium hors l'église. Tout cela fait voir que vous mettez l'honneur del'épiscopat dans l'ostentation extérieure et non pas dans l'intérieure. 11 Texhorte ensuite Ibrtement et tendrement à se corriger de ces défauts , principalement de la duplicité; et finit par ces mots: Répondez-moi non par des paroles , mais par vos mœurs»
Ce fut vers ce temps-là que saint Grégoire composa des DialoaueSf la quatrième année de son pontificat , a la prière de ses frères, c'est-è-dire des clercs et des moines qui vivaient familièrement avec lui, et qui lèpres* saient d'écrire quelque chose des miracles des saints, dont ils avaient oui parler en Italie. C'est ce qu*il dit dans une lettre écrite vers le mois de juillet 593, & Haximien évêque de Syracuse, le priant de lui écrire les laits de cette nature, .qui lui reviendraient en mémoire. Lui-même rapporte ainsi l'occasion de cet ouvrage: Un jour étant accablé de l'importunitéde quelques gens du monde, qui exigent de nous en- leurs affaires^ ce que nous ne leur devons point: je me retirai dans un lieu écarté ^ oit je pusse considérer librement tout ce qui me déplaisait dans mes occupations. Ce lieu de retraite était le monastère de Saint-André à Rome, que saint Grégoire avait fondé. Il continue : Comme j'y étais assis très-affligéf et gardant un long silence, fa^ vais près de moite diacre Pierre, mon ami depuis ma première jeunesse , et le compagnon de mes études sur ['Ecriture sainte. Me voyant dans celteafflictionf il me demanda si j'en avais quelque nouveau sujet. Je lui répondis : Ma
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douleur tsl vieUle par Ihabiiudequefen aU et nwteUe m et qu'elle augmente tous les Jours. Je me eouviens de ce que mon âme était dans le monaetère, aU'dessus de toutes les choses ftérinoblee^ uniquement occupée des biens cetestée^ sortant de la prison de son corps par la contemplation: désirant la mort t que la plupart regardent comme un supplice^et f aimant comme Centrée de la vie et la récompense de mon travaii Maintenant à l'occasion du soin des âme$,je suis chargé des affaires séculières ^ et après m'étre répandu au dehors par condescendance^ je viens plus faible à mon intérieur. Le poids de mes souffancts augmente^ par le souvenir de ce que jai perdu , mais à peine m'en souvient^il; car a force de déchoir^ vâme en vient.jusquà oublier le bien quelle pratiipunt auparavant. Pour surcroît de douleur, jeme souviens de la vie de quelques saints oersonnagesf qui ont entièrement quitté le nonde; leur élévation méfait mieux connaître a profondeur de ma chute. « Je ne sais, » épondit Pierre, « de qui vous voulez parler; :ar je n'ai point entendu dire, qu*il y ait eu n Italiedes sens d*une yertu extraordinaire, lu moins qni aient fait des miracles, i» Saint irét^oirodit : Le jour ne me suffirait pas, si e voulais raconter ce que fen sais , soit par toi-même, soit par des témoins d*une proité et tune fidélité reconnue. Pierre le pria le lui raconter quelques-uns de ces faits, >our rédification de ceux oui sont plus Couhés des exemples que de la doctrine; saint Irégoire y consentit, et ajouta: Pour ôter oui sujet de doute, je nmrquerai à chaque fait Tux de qui je l'ai appris. En quelques-uns r rapporterai leurs propres paroles , en 'autres je me contenterai de rapporter le sens, jrce que leur tangage serait trop rustique. *est que la langue latine était déjà fort cor- >mpue dans la bouche du peuple.
Saint Grégoire continue son dialoçue entre li et Pierre, lui racontant les histoires mereilleuses de plusieurs saints d*ltalie, disibuées en quatre livres. Le premier comence à saint Honorât , qui établit un mo- BstèreàPondi où il gouverna environ deux ?nls moines, et mourut vers Tan 650. Il i5$e ensuite à saint Libertin , et saint Horlan du même monastère; puis il vient à inl Uquice, abbé dans la province de Valée. Il fait mention de plusieurs autres saints A>és et moines; par où l'on peut juger que ins le VI* siècle le nombre des monastères ail déjà grand en Italie. Il parle aussi de lelqucs saints'évèques : Marcellind'Ancônc, > ni face de F^renie, Fortunat de Todi. Le cond livre est tout entier de la vie de saint •noît. Lu troisième traite encore de pluîurs saints évoques, entre autre des Papes an I" el Agapet ; de saint Datius de Milan, ml Sabin de Canufe, saint Cassius de irni , saint Sabin de Plaisance, saint Cerne de Populonium, saint Uerculan de Péuse ; de plusieurs saints prêtres et moines, t quatrième livre est principalement emjyé h prouver l'immortalité de Tême, dont uâieurs doutaient même dans le sein do I^lisc» et saint Grégoire avoue, dans un
de ses sermons, que lui-même avait autrefois douté de la résurrection. 11 prouve donc l'immortalité deTême, premièrement par l'autorité de VEcclésiaste qui dit : Quel avantage a le sage sur l'insensé? et quel avantagea le pauvre, sinon qu'il va où est la vie? {EccL vi, 8.) Et en passant, il donne la clef de ce livre, en distinguant les objections des solutions. Ensuite, pour rendre cette vérité sensible aux hommes les plus grossiers, il rapporte plusieurs apparitions des flmes , ou a la sortie de leurs corps, ou après la mort. Et à cette occasion, il enseigne qu*il y a un pursatoire de feu pour purifier les Ames des pécnés les plus fé^«rs, qu'elles n'ont pas expiés pendant ' celte vie. Dans cet ouvrage de saint Grégoire, on reconnaltpartouUla sainteté, riiuminté, la candeur dusamt Pontife avec une grande vertu et une prudence consommée. Aussi ces Dialogues furent re<;us avec un merveilleux applaudissement, et ont continué d'être estimes. Saint Grégoire les envoya à la reine Tbéodelinde;et l'on voit qu'elles'ebservit pour laconversion des Lombards, qui pouvaient«avoir la véritéde la plupartdes lùiraclesqu'ils contiennent, puisqu'ils étaient arrivés sur des gens de leur nation, qui n'étaient en Italie aue depuis environ trente ans. Le Pape Zacnarie traduisit cet ouvrage en g^rec environ cent cinquante ans après; il lut tellement recherché des Grecs, qu'ils en donnèrent à Grégoire le surnom de Dialoge. Sur la fin du yiii* siècle, ces livres furent traduits même en arabe.
Saint Grégoire ayant appris la mort de Natalis, évèque de Salone, métropole de Dalmatie, écrivit ainsi au sous-diacre Antonin, recteur du patrimoine de cette province, au mois de mars de J*an 593. Avertissez incessfimment le clergé et le peuple delà ville, délire unanimement un éveque, et nous envoyez le décret d élection , afin que l'évéqne soit ordonné de notre consentement, comme dans les anciens temps^ Prenez garde surtout qu'il n'y ait dans cette action ni présents donnés, ni protection de personnes puissantes : car celui qui est élu par cette voie, est obligé dobéir à ses protecteurs, aux dépens des biens de l'Eglise et de la discipline. Faites faire devant vous un inventaire fidèle des biens et des ornements de cette Eglise, et en donnez la garde au diacre Respectas et à Etienne, primicier des notaires, à la charge den répondre en leur propre bien. Mais ar«rtissez f évèque Malcus de ne se mêler de cette affaire en aucune façon. C'était un évèque de Sicile qui avait administré le patrimoine de Dalmatie, mais avec si peu de fidélité, que saint Grégoire n'en était pas content. H continue de parler ainsi à Antonin : La dépense nécessaire sera fournie par l'économe, qui s'est trouvé en charge à ta mort de l'écêque, et il en rendra compte à son successeur. .
Cependant comme Natalis était mort avant d'avoir fait juger à Rome son différend avec l'archidiacre Honorât qu'il avait dépc^.
Saint Grégoire écrivit à Honorai, le déclarant absous, lui ordonnant do continuer ses fonctions. U fut élu lui-même par le clergé
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de Salone. Le Pape approuvait extrômement cette diecliôh ; mais plusieurs s'y opposèrent, et les évoques de la provihce préférèrent è Honorât ua nommé Maxime» qu'ils regardaient comme ptus Iraitable et plus favorable à leurs passions. Il obtint un ordre de l'empereur qui confirmait son élection» et le fit exécuter à main armée par les getis de Romain» exarque de Ravenne» qu'il avait gagnés par présents. Il y eut des prétrès et des diacres battus en cette occasion ; et le sous-diacre Antonin» recteur du [latrimoine» eût été tué» s'il n'eût pris la
^ fuite.
Bitût que saint Grégoire eut avis de cet attentat, il écrivit aux évéqiies de Dalmalie pour leur défendre» par l'autorité de saint Pierre» d'ordonner un évèque à Salone sans son consenlemeut» sous peine d'êire privés de la participation du corps et du sang de Notre-Seigneur, et de nullité de l'élection ^ excluant la personne de Maxime. La lettre est du mois d octobre 593. Au mois d'avril suivant [5M], saint Grégoire» informé des violences commises à rintrusion de Maxime, lui écrivit h lui-même » déclarant d'abord, qu'il tient pour subreptice ou pour faux l'ordre de l'empereur. Cor, dit-il, nous n'ignorons pas votre vie^ el nous savons /'tnlenéion de l empereur^ qui n'est pas accou'» tumt de se mêler des affaires des évéques^ pour ne pas se charger de nos péchés. Nous ne pouvons donc nommer ordination une ci^ remonte célébrée par des excommuniés; et jusqu'à ce que nous sachions par les lettres de Vempereur ou de notre nonce^ que vous avez été véritablement ordonné par son commandoment^ nous vous défendons à vous et à vos ordinateurs^ de faire aucune fonction sacerdotale, ni d'approcher du saint autel^ jusauà notre réponse. Le tout sous peine d'anatheme»
"Celte lettre fut affichée publiquement à Salone I mais Maxime la fit déchirer, et continua de faire les fonctions d*év6que sans y avoir aucun égard.
Dans le même temps, c'est-à-dire au mois de juin 59&', saint Gré^joire travaillait à la conversion des Barbariciens , habitanis de Sardaigne, encore idolâtres. Il y envoya Félix, évèque d'Italie, et Cyriaque, abbé de Saint-André de Rome» parce que Janvier, évèque de Caillari, métropolitain de la province, n'était pas assez zélé; jusque-là, que les serfs de sa propre Eglise étaient encore païens. Les autres evèques de Tlle ne négligeaient pas moins la conversion de ces idolâtres. Zabarda qui commandait en Sardaigne pour les Romains^ seconda les intentions de saint Grégoire, et offrit la paix aux Barbariciens, au cas où ils voudraient être Chrétiens. Leur chef, nommé Hospiton, Tétait déjà^ et saint Grégoire lui recommanda ses missionnaires» l'exhortant à procurer le salut de sa nation. En général» presque tous les paysans de cette lie étaient encore
Îaiens» comme saint Grégoire l'apprit de élix et de Cyriaque. Il en lût sensiblement affligé» en écrivit à tous les nobles el les propriétaires des terres : Considères^ dit-il»
quel compte vous rendrez à Dieu de vos <u. jets. Ils vous sont confiés oour vous êervir dans vos intérêts temporels^ afin que vous procuriez à leurs âmes les biens éternels ; s'H$ font leur devoir^ pourquoi ne faites-vous poi le vôtre?
Quant aux paysans serfs des Eglises, il dit à l'évèipie de Cagliari : Que me êert de vous exhorter A convertir les étrangers^ si vous négligez de convertir les vôtres f II faut alh s€4ùment vous y appliquer ; car si je puis trouver que quelque évèque de Sardaigne ail un paysan païen ^ fen punirai séviremenl l'év^ue. Que si le paysan demeure obstiné dans son infidélité f il faut le charger dune si forte taille^ qu'elle r oblige a entendre raison.
Il se plaint dans cetie même lettre de plusieurs autres abus : que les évêques étaient opprimés par les juges laïques; que Janvier se laissait mépriser par son clergé, etnégli^ait la discipline sous prétexte de simplicité. Et toutefois, il l'avait repris dans une autre lettre, d'avoir excommunié un homme considérable» parce qu*il Pavait injurié. Mais c'est le propre des gens faibles, de se fâcher légèrement. Saint Grégoire lui dit à ce sujet» que les canons défendent à un évèque d'excommunier pour son injure personnelle. Il se plaint encore^ qu'en Bardai* gne, on rétablissait dans leurs ifunctioiis des clercs qui| étant dans les ordres sacrés, étaient tombés dans des péchés de la^cbair; ce qu'il défend absolument, comme contraire aux canons ; quand même ces clercs auraient fait pénitence : Pour prévenir ces inconeé' nientSf ajoute-t-il» t7 faut bien examiner ceux que l'on ordonne ; s ils ont gardé la coutinenàe pendant plusieurs années ^ s'ils sont affectionnés à la prière et à l'aumône.
Dans une lettre précédente» saint Gré«
Soire avait dit au même Janvier de Cagliari: ,es prêtres ne doivent pas marquer sur le front avec le saint chrême les enfants boptisésj mais seulement leur faire ronction sur la poitrine^ afin que les évêques leur fassent en' suite celle du front. Mais ayant appris que quelques-uns avaient été scandalisés de celle défense, il lui écrivit ensuite : Nous l'avons fait suivant l'ancien usage de notre Eglise,' si quelques ^uns en sont si fart cohtristés , nous permettons même aux prêtres dé faire aux baptisés l'onction du chrême sur le fronts au défaut des évêques. Plusieurs théologieus concluent de cette autorité de saint Grégoire, qu'encore que l'évèquè soit le litinisire ordinaire du sacrement de confirmation, le prêtre peut l'administrer par dispense { que les usages ont été différents sur ce point entre les Eglises d'Occident, coniooie ils le sont encore entre l'Eglise grecque et la latine.
L'impératrice Constantide demanda à saint Grégoire le chef de saint Paul» ou quelque autre partie de son corçs, pour mettre dans l'église aue Ton bâtissait en l'honneur de ce saint Âpftire, dans le palais de Constantinople. Saint Grégoire lui répondit : Vous m'ordonnez ce que je ne puis ni n'oH
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faire^ car le$ ^orpt de$ çLpôîrei saint Pierre et eaint Paul sont si terribles par leurs miraeleSf que fon ne peut en approcher^ même pour priert sans , être saisi dune grande crainte. Mon prédécesseur ayant voulu cAatiger un ornement dargent qui était sur le corps de saint Pierre^ éloigné^ toutefois^ d'environ auinze pieds^ eut une vision terrible. Moi-même^ fai voulu réparer quelque chose pris du corps de saint Paul : il fallut creuser un peu avant auprès de son sépulcre; le supérieur du lieu trouva quelques os^ qui^ toulefoiâf ne touchaient pas au sépulcre^ et les transporta à un autre lieu: en mourut subilementf après une triste apparition. Mon prédécesseur voulant faire quelque réparation prèê du corps de saint Laurent^ comme on fouillait f sans savoir précisément le lieu où il éiait^ on ouvrit tout d'un coup le sépulcre ; tnais les moines et les mansionairesqui yjracaillaient^ pour avoir vu le saint corps^ sans y avoir touché^ moururent tous dans l'espace de dix jours.
Saehex donc^ Madame^ que quand les Romains donnent des reliques des saints^ ils ne touchent pa$ aux eorps^ ils mettent seulement dmns une boite un linge^ que Von dépose au* près du corps saint ; puis on F en retire et on f enferme avec la vénération convenable dans f église que F on doit dédier: et il s*y fait autant de miracles que si Von y avait transféré le corps. Du tentps du Pape saint Léon^ quelques ùrecs doutant de la vertu de ces reliques f Use fit apporter des ciseaux, et cou* pa le linge dont il sortit du sang^ comme le rapportent nos anciens. Car^ non-seulement à HomCf mais dans tout VOccident^ on regarde comme un sacrilège de toucher aux corps des saints. Cest pourquoi nous sommes fort étonnés de la coutume des Grecsy d'enlever^ â ce qu'ils disent^ les os des saints^ nous avons peine à le croire. Quelques moines grecs étant venus ici il y a environ éUux ans, déterraient de nuit des corps morts dans un champtprèsdeVégliseSaint'Paulf et serraient les om. htant pris sur le fait , et interrogés exactement pourquoi ils lé faisaient ^ confessèrent quils voulaient emporter ces os en Grèce^ comsne des reliques. Cet exemple nous a fait étaulant plus douter, sHl est vrai, ce que Von dit^ que ton transporte- effectivement les os de saints.
Il ajoute ensuite, parlant tonjours h rîmpératrice : Ce commandement, que je ne puis exécuter, ne vient pas de vous, autant que je puis croire: mais de ceux qui veulent me faire perdro vos bonnes grâces. Je me confie en Dieu, auevousne vous laisserez point surprendre. Mais afin de ne pas frustrer votre pieux désir, je vous enverrai incessamment quelque particule des chaînes que saint Paul a portées au cou et aux mains, qui font beaucoup de miracles ; si toutefois je puis en emporter quelque chose avec la hme. On vient souvent demander de cette limaille : Vévéque prend la litne^ et quelquefois il en tire des particules en un moment, quelquefois il lime longtemps sans en rien tirer. Cette lettre à Timpératrice est du mois de juin l^. On y voit ce que
c'était qae les reliques des saints apAtres» dont parle saint Grégoire en plusieurs an* très lettres. C'était ordinairement un bran» deum : on nommait ainsi ces linges, qui avaient été mis Quelque temps auprès de leurs sépulcres. Quelquefois c'était de la limaille des chaînes de saint Pierre ou de saint Pauli que l'on enfermait dans des croix ou dans des clefs d'or. Il y a un trèsgrand nombre de lettres où il est parlé de ces clefs et de leurs miracles.
Ce que dit saint Grégoire^ que quelques personnes voulaient lui nuire dans l'esprit de l'impératrice, semble se rapporter principalement à Jean, patriarche ae Gonstantinople, avec lequel il eut alors un grand différend. Jean envoya à saint Grégoire les actes d'un jugemeftt qu'il avait rendu contre un prêtre accusé d'hérésie^ dans lesquels il prenait, presque à chaque ligne, le titre de patriarche OBCuméniuue ; saint Gré-
Î^oire voulant garder l'ordre ce la correction raternelle, en fit parler deux fois {jar son nonce ; et ensuite lui en écrivit le 1" janvier 595. Sa lettre commence ainsi : Yous savez quelle paix vous avex trouvée dans les Eglises, et je ne sais par quel motif vous prétendez vous attribuer un nouveau nom, capable de scandaliser tous vos frères. Ce qui m^étonne^ c'est que vous avex voulu fuir l épiscopat; et maintenant vous en vouiez user, comme si vous Vaviez recherché avec ambition; vous vous déclariez indigne du nom d'évéque,et maintenant vous voulez le porter vous seul. Pelage, mon prédécesseur, vous en écrivit des lettres très^fortes, dk il cassa les actes du concile que vous aviez tenu en la cause de notre frère Vévéque Grégoire ; et défendit à Varchidiacre, qui était son nonce auprès de Vempereur, d'assister à la Messe avec vous. Depuis que je suis appelé au gouvernement de VEglise,je vous en ai fait parler par mes autres nonces, et maintenant par le dèocre Sabinien. Et parce qu'il faut toucher les plaies douce" ment avec la main, avant d^y porter le fer, je vous prie, je vous conjure, je vous de* mande avec toute la douceur possible; de résister à ceux qui vous flattent et vous attri^ buent ce nom plein d^ extravagance et d'or* gueil. Ces flatteurs du patriarche n'étaient pas seulement ses amis particuliers > mais la plupart des évêquesd*Orienl, qui n'avaient accès que (>ar lui auprès de l'empereur. Saint Grégoire continue : Ne savez-vous pas que le concile de Chalcédoine offrit cet hon'neuraux évéques de Rome, en les nommant universels ? Mais pas un n^a voulu le recevoir , de peur qu'il ne semblât s'attribuer seul V épiscopat, et Voter à tous ses frères. Le reste de la lettre est une exhortation véhémente à rhumanité. Nous trouvons en effet dans le concilede Chalcédoine des requêtes adressées à saint Léon, sous le titre d'archevêque oecuménique : savoir celle de Théodose el d*lschyrion, diacre d'Alexandrie, el d'Athanase, prêtre, qui le nomme patriarche obcuménique.
Saint Grégoire écrivit en même temps à son nonce Sabinieui lui découvrant l'artifice
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de Jean, qui faisait écrire 'empereur pour
ehe le droit chemin^ ne craignant^ dans cette affaire^ que Dieu seul. Ne craignex rien non plus : méprisez pour la vérité tout ce qui
i}araU grand en ce monde; et vous confipnt en a grâce de Dieu et au secours de saint Pierre^ agissez avec une grande autorité. Puisqu'ils ne peuvent nous défendre des épées de nos ennemis^ et nous ont fait perdre nos biens, pour sauver l'Etat; c'est une trop grande honte^ qu'ils nous fassent encore perdre la foiy en consentant a ce titre criminel. Saint Grégoire traite cette contestation de question de foi ; parce qu'en effet la foi ne permet pas dç ne reconnaître qa*un seul ëvéque» dont les autres ne fussent que les vicaires; et il prévoit les suites funestes de l'ambition des évoques de Constantinople qui n*a ^que trop éclaté dans les siècles suivants.
C'est ce qui l'obligea de répondre à la lettre de l'empereur en faveur du patriarche. Il dit qu'il ne faut attribuer les calamités publiques qu'à l'ambition des évoques.
Nous détruisons^ ajoute-t-il, par nos exemples^ ce que nous prêchons de paroles. Nos os sont consumés déjeunes^ et notre esprit enHé dk orgueil : nous avons le cœur élevé sous des habits méprisses : couchés sur la cendre^ nous prétendions à la grandeur ; et cachons des dents de loups sous des faces de brebis. La conduite et la primauté de toute l'Eglise a été donnée à saint Pierre ; et toutefois on ne l appelle pas apôtre universel; toute l'Europe est livrée aux Barbares^ les villes détruites^ les forteresses ruinées, les provinces ravagées^ les terres incultes : les idolâtres sont maîtres de la vie des fidèles ; et les évéques^ qui devraient pleurer prosternés sur la cendre, cherchent de nouveaux titres, pour contenter leur vanité. Est-ce ma cause particulière que je défends? N'est-ce pas celle de Dieu et de l'Eglise uni' verselle f Nous savons que plusieurs évéques de Constantinople ont été non-stulement hé^ rétiques, mais hérésiarques : comme Nestorius et Macédoniûs. Si donc celui qui remplit ce siège, était évéque universel, toute l'Eglise tomberait avec lui. Pour moi, je suis le ser^ viteur de tous les évéques, tant au'ils vivent en évéques ; mais si quelqu'un élève sa télé contre Dieu, j'espère qu'il n'abaissera pas la mienne, même avec le glaive. Ayez donc la bonté déjuger vous-même cette affaire, ou d'obliger levéque Jean à quitter sa prétention. Pour obéir à vos ordres, je lui ai écrit avec douceur et humilité. S'il veut m'écouter, il a en moi un frère entièrement dévoué: sinon il aura pour adversaire celui qui résiste aux superbes.
Saint Grégoire écrivit à l'impératrice Constantine sur le même sujet, mais avec plus de liberté. Il est triste, dit-il» que l'empereur souffre celui qui veut être appelé seul évéque, au m^ris de tous les autree. Il est vrai que les péchés de Grégoire le méritent, tnais saint Pierre n'a point de péchés qui lui attirent un tel traitement de votre temps. Il y a
déjà vingt -sept ans que nous vivons entre les épées des Lombards ; et il n'est pas besoin de dire combien cette Eglise leur donne tous les jours. Je dirai, en un mot, que comme tempes reur a un trésorier pour son armée de Ravenne, je suis à Rome le trésorier des Lomr bards. Et cette Eglise, qui fait continutÛt* ment tant d'autres dépenses, pour les clercs, les monastères, les pauvres, le peuple est encore accablé de l'affliction de toutes les Eglises, qui gémissent de l'orgueil de ce seul homme, quoiqu'elles n'osent en parler.
Gomme Maiime de Salone persévérait (oùjours dans son usurpation et sa désobéissance» saint Grégoire s'en plaint à rim{)ératrice dans la même lettre. // s'appuie, dit-il, sur quelques personnes séculières, à qui on dit qu'il/ait de grands présents, aux dépens de son Eglise ; et refuse de venir me trouver, suivant l'ordre de l'empereur. Pour moi j'obéis au prince; et quoiaue Maxime ait été ordonné à mon insu, je lui pardonne ce mépris de bon cœur. Mais Dieu ne me permet pas de passer sous silence ses autres crimes, savoir ses péchés d'impureté, gon ordination faite à prix d'argent, et les Messes qu'il a osé dire étant excommunié : dont je prie Dieu qu'il se puisse justifier. Il est vrai que l'empereur m'ordonne de le recevoir avec honneur, quand il viendra ici : cela est rude à l égard dun homme prévenu de tant de crimes ; et ti les causes des évéques, dont je suis chargé, sont réglées auprès de l'empereur par le crédit des autres, que fais-ie dans cette Eglise f " Tous les patriarcbes étaient intéressés à réprimer la prétention de Jean de Constantinoplci c'est pourquoi saint Grégoire en écrivit une lettre commune à saint Euloge d'Alexandrie, à saint Anastase d'Antioche. Il y expose dès le commencement la contestation, qui durait depuis huk ans , à compter de ce concile de Jean de Constantinople, qui fut cassé par le Pape Pelage. Saint Grégoire répète les mêmes raisons qu'il avait employées dans les autres lettres, il ajoute : Ne donnez donc jamais à personne le titre duniverset ; et n'ayez sur ce sujet aucun mauvais soupçon de l empereur, il craint Dieu, et ne fera rien contre l'Evangile et tes canons. Et ensuite : Si on permet d'user de ce titre on dégrade tous les patriarches^ et quand celui qu on nomme évéque universel tombera dans t erreur, il ne se trouvera plus dévéque qui soit demeuré dans la vérité. Je vous conjure donc détre constants à garder vos Eglises^ telles que vous les avez reçues. Préservez de cette corruption tous les évéques qui vous sont soumis, et montrez-leur que vous êtes vraiment patriarche de l'Eglise universelle. S'il survient quelque adversité, demeurons unanimes, et montrons même en mourant, que ce n'est pas notre intérêt particulier qui nous fait condamner ce titre. Croyez-moi, comme nous n'avons reçu notre rang (fue pour prêcher la vérité, il est plus sûr de l'abandonner pour elle, s'il est besoin, que de U garder. Priez pour moi, afin que je montra par mes œuvres ce que je prends ta liberté de Virus dire. Ces cinq lettres de saintGrégoire,
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tottcluiot la préteolîoB de Jean de Constan* tiQople eembieûl 6(re de même daie, c'est-à-» dird» du 1*' janvier ôKl« ei avaient été en^ voyéea ensemble au nonce Sabinien.
Cependant Rome élait pressée par Jea Lombards. Romain» palrice et esarqoede Havennep avait pris sur euxi au pr^udieô des traités, Pérouse ec plusieurs autres Villes. Agilulfe^ leur roi, en fui irrité, ei sortant oe PaYÎe% sa résidence ordinaire, vint, avec une puissante armée, reprendre Pérouse I et s'avança jusqu*à Rome qu'il assiégea. L^eiarque l'avait dégarnie pour iirendre Pérouse; en sorte c^ue le préfet Grégoire et le mattre de la milice Castôrius. eurent bien de la peine è gaMer Rome qui manquait de loui» de pain» de tronpés et de peuple.
Saint Grégoire expH«)oait Alors dans êei sermons le prophète Bsécbiel. Car étAnt si appliqué à tous les devoirs d'évéque, il ne manquait pas au premier de tous, qui est la prédication. Dès le commencement de son
Kntiiioat, il fit les quarante Aom^tas sur les angiles, qu'on lisait à Rome pendant le coum de l'année, les mêmes, pour la plupart, qu*on lit encore aux mêmes jours. Il en avait dicté vingt, et les avait ensuite fait lire devant le peuple : il avait prononaé les vingt autres, et on les avait écrites è mesure qu'il parlait. On les recueillit en deux livres, non suivant l'ordre du jour, mais selon qu'il les avait faites, pendant plusieurs années. Depuis qu'elles furent recueillies, il les envojra à Secondin, évéauc de Taorminé en Sicile, lui marauant qu elles avaient été dites pendant la Messe ; car c'était alors que la prédication avait lieu.
Sa int tirégoire entreprit ensuite d*expli-
Îuer à son peuple le prophète Bxéohiel ; on crivait ses hamélie$ pendant qu'il les pro« DODçaiC. Après qu'il en eut fait douée sur Ida trois premiers cbauitrcs , le peuple voyant que les affaires uont il était accablé ne lui permettaient pas d'achever ainsi tout le livre, le pria de lui en expliquer au moins la dernière partie, touchant le rétaliliasement du temple, qui est la plus difli'>> «*ile : Il fliuif dit-il, vou$ obéira mots i7 y a dann €€$iê enireprite deux chose$ ^i me troublent^ fobnuriié de ceUe prophétie^ et la nouvelle que noue Mone reçue qu'Agilulfe^ roi dee Lombarde f a paeeé te Pô pour tenir en diligente noue aettéger, JugeXf mee ehere frères f rommehi un pauvre eeprit troublé par ia crainte^ et partagé en divers soins^ pourra f^'méirer des mystères si cachés. Mais la grâce du eiel et f ardeur de vos désirs me soutien^ meni^ Il commence ainsi une de ces homélies : 1^ peur qu'on ne m'accuse de témérité^ je v^us dirai dans quel esprit j entreprends de SHkue expliquer ces mystiree si profonds. Saur eut ee que je n^avais pu entendre seul dasee ke smntee Ecritures ^ je Fai entendu fstsni en préeenee de mes frères: d'aâ/at eon^ tiu ^e c'est pour eux que cette connaissance m*^si dansée. Je dote donc attribuera mon peu de ImsnUre ee que je n'entends pas en ce proffAatf tf, et à eome ee que f en entends.
DiCT. OIS Papis.
Dans une autre homélie, il décrie ainsi l'état de l'Italie et de Rome iQu'ya-i^leneort dans le monde qui puisse noué flaire? Noue ne voyons que tristeese, noue nentenéome que gémissements. Les villes eont déttuitee^ teà forteresses ruinées^ les campagnesraeagéeSf ta terre est réduite en solitude. Ei ces restes du genre humain sont continuellement battue des fléaux de Dieu. Nous voyons les une éniroMs en captivité f les autres mutilés^ les autres tués ; Rome méme^ autrefoie la mattreese du mondCf nous voyons oà elle est réduite^ eeceèléè dé douleurs^ tAanaonnée par see ntoyéne^ tnttif* tée par ses ennemis^ pleine de ruines^ Où est le sénat ? où est le peuple ? Que dis-je des hommes? Lee édifices mêmes ek détruûeni^ les murailles tombent. Où sont ewx qui si réjouissaient de sa gloire ? où eèt feicr poinpê et leur orgueil ? Autrefois ses prinees et sei chefs se répandaient par toutes tes prowinees pour les pUter : les jeunes getu y ticaoïirvtf Mit de tous- côtés ^ ifour s^avaneer éktns lé monde. Maintenant qu elle est déserte et ruinée^ jMn^ sonne n'y retle, plue de puissants tapatM dopprimer tes autres. Cette deserlptiM de Home ne doit paa surprendre le leotekir fné^ truit, s'il ftit réflexion que, depuis trois cents ans, elle n'était plus le aéjouf dei empereurs. Dioctétien demeui^ait à Ificomé» die, Constantin s'établit è Bjrxancë ) les em-» perenrs d'Occident demeuraient en Illjrrië ou en Gaule; et, s'ils étaient eil Itallei ils faisaient leur s^our à Milan ou à Ravehttef qui fut aassi la résidence des rois goths^ et ensuite des exarques. Ainsi, comme là tout et le centre des aSaires n'étaiehl plus k Romè^ on la Quitta insensiblement t ses palais^ inhabités, tombèrent en ruine, et elle élla toujours dépérissant, jusqu'à être réduite à cette alDreuse désolation que saln4 Jean avait prédite dans VApocalypse. Saint Grégoire ajoute :Ctf que nous disons de Rome^ nous apprenons qu'il est arrivé dans toutes les villes du monde. Quelques lieux ont été tuinés par la famine, pat le glaive, par leà tremblements de terre et par d autres teiamiiés. Méprisons donc de tout notre cû^at te monde, dumoins^nd ilpérit, et finissons atec lui les désirs qu% nous y attachent,
il était effectivement persuadé que la fin du monde était proche, et en regardait comme les préliminaires tant d'incursions des BarlMires, tant de guerres et de calamités publiques, dont son siècle était alUigé. Il en parle en toute occasion, et ne répète rien plus souvent dans tous ses discours et toutes ses lettres, que la venue du Juge terrible, et la rigueur de son jugement, il parait pénétré de cette crainte; aussi son si vie ne respire qu'humilité, comoonction et larmes de pénitence.
Il ne fit que dix homélies sur la dernière partie d'Ezéchiel, et n'en expliqua qu*nh chapitre ; après quoi il finit ainsi. Personne neaoit trouver mauvais, si je cesse après ce discours. Vous voyez tous comme nos affile» tiens sont augmentées, le glaive nous environna ék toutes parts : les uns reviennent ayant les mains coupées, nous apprenons que
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les auircB sont pris, et les autres lues. Quand on ne peut plus vwrejcomment petU-on expliquer les mystères de l'Ecriture ? Que reste* l-i7 donc, sinon de rendre grâce avec larmes â celui qui nous frappe pour nos péchés f Ces vingl-deux homélies sur Ezéchiel, furent» huit ans après, recueillies en deux Hrres, comme les homélies sur les Evangiles, et saint Grégoire les envoya à l'évéque Marinien, qui les lui avait demandées.
Saint Grégoire voyant Rome ainsi pressée, fit faire au roi Agilulfe des projpositions de paix, qu'il écouta. Pour les faire agréer à l'exarque, saint Grégoire écrivit ainsi au scolastique Sévère, ({ui était de son conseil : Sachez que le roi Algilulfe ne refuse pas de faire la paix générale^ pourvu que Vexarque lui fasse justice de plusieurs infractions du traité précédent^ dont il se plaint. Vous savez combien la paix nous est nécessaire: agissez donc suivant votre prudence ordinaire^pour obliger l'exarque à y consentir promptement. Autrement le roi promet défaire sa paixpar^ticuliire avec nous; mais nous savons ^ue
Îlusieurs autres lieux seront perdus infailli-lement. L'empereur ap^iaremment prévenu par l'exarque, qui n'aimaitpassaintGrégoire, n'approuva pas qu'il voulut traiter avec les Lombards; et lui écrivit une lettre où il traitait de simplicité sa confiance à leurs paroles. Go reproche fut sensible à saint Grégoire ; et il se plaignit à Tempureur, aue c'était l'accuser de sottise sous un nom plus honnête. J^avoue, dit-il, que je le mérite; car si j'avais été sage^je ne me serais pas exposé à ce que je souffre tci au milieu des armes des Lombards. 11 se plaint encore que Ton ne le croie pas, quand il dit la vérilé, et ajoute : Je passerais volontiers sous silence cette mo' queriCf si je ne voyais la servitude de ma pa* trie croître à tous moments; mais je suis «ensiblement affligé, que faute de croire mes aviSf on laisse augmenter excessivement les forces des ennemis. Pensez de mot. Seigneur^ tout le mal quil vous plaira ; mais ne prêtez pas facilement Voreille à tout le mondCf sur Vin^ térét de l Etat et la perte de Vltalie^ croyez aux effets plus qu'aux paroles. 11 insiste ensuite sur le respect itû aux archevêques, même par les princes qui sont leurs maîtres. Cette lettre est du mois de juin 595.
Dans le même temps il se plaignait ainsi de l'exarque, écrivant à un évêque qui était en Orient : Je ne puis vous exprimer ce que votre amt, le seigneur romain^ méfait souffrir en ce pays. Sa malice est au-dessus des armes des Lombards; nous sommes mieux traités par les ennemis qui nous tuent^ que par les officiers de l'empire , dont tes rapines et les fraudes nous consument d'inquiétudes. Etre en même temps chargé du soin des evéques, du clergé, des monastères et du peuple; veiller cohtre les surprises des ennemis; être toujours en jgarde contre les tromperies et les malices des
Î}ouverneurs^ quelle peine c'est et quelle dou^ eur; vous le pouvez d'autant mieux compren* dre^ que vous m'aimez plus sincèrement.
il exprime des peines semblables dans une. lettro du même temps à l'impératrice
Constantine : Ayant appris^ dit-iJ, qu'il y avait en Sardaione plusieurs idolâtres, et que les évéques de l'île négligeaient de les instruire ; j'y ai envoyé un des évéques d'Italie, qui en a converti plusieurs. Mais j'ai appris que ceux qui sacrifiaient aux iaolesy payent au juge un droit pour en avoir la permission^ et qu'il continue d^exiaer le même droit de ceux
Îsi ne sacrifient pluSf et qui sont baptisés, 'évêque lui ayant fait des reproches^ il a ré' pondu qu'il avait acheté sa charge si cher, qu'il ne pouvait la payer que par de tels moyens. L'île de Corse est tellement accablée d'impositions, que les habitants ont peine à y satisfaire en vendant leurs enfants ; ce çut leur fait abandonner l'empire, et recourir aux Lombards. Car que peuvent^ils souffrir de pire de ces Barbares ? En Stctïe, tin nommé Etienne, cartulairede lamarine^ est accusé de tant de vexations, s' emparant des biens dun chacun, et mettant le panonceau aux terres et aux maisons,sans connaissance décaisse; que je remplirais unvolume de ce que j'enai appris* Cest ce que je vous prie de représenter âiem* pereur. Je sais qu'il dira que ce que l'on lire de ces îles est employé aux dépenses d Italie ; mais c'estpeut'êtrela cause dupeudeprofU crue ces dépenses font dans ce pays; parce qu'elles sont levées avec quelque mélange de péché. Et quand nous devrions être moins secourus, il vaut mieux que nous souffrions la mort tem^ porelle, que de vous exposer à perdre la vit étemelle.
Saint Grégoire écrivant à Jean de Cons* tantinople , Te 1" janvier de cette année 595, avait différé à lui faire réponse sur l'affaire des prêtres Jean et Athanase. lis étaient venus, à Rome, et leur affaire fut examinée dans un concile : apparemment le même, dont nous avons les canons, tenus devant le corps de saint Pierre, le 5 juil* let, la treizième année de l'empereur Maurice : c'est-à-dire en 595. Vingt-trois évéques y «ssistèrent, en comptant saint Grégoire, qui y présidait ; et il y avait trentetrois prêtres, dont tous les titres sont mar* Sués. Ils étaient assis, aussi bien que tes vêques; les diacres debout, avec tout le reste du clergé. Le second des évéques était Marinien do Ravennc, qui ne pouvait tenir ce rang,((u'h cause de la dignité de sa ville; car il était nouvellement ordonné. L'évêquo Je«*in mourut vers le mois de février de la mêtno année. Saint Grégoire commit pour visiteur Sévère, évêque de Ficule ou Ficude, aujourd'hui Cervia ; et chargea son agent le notaire Castorius, de procurer que l'électioa se fit dans les règles. L'exarque voulait faire élire Tarchidiacre Donat; mais saint Grégoire ayant examiné sa vie, et trouvé plusieurs fautes qui le rendaient indigne de Té* pisconat, refusa de l'ordonner. 11 refusaaussi le prêtre Jean ; parce qu'il n«) savait pas les psaumes, et que cette négligence marquait peu de soin de son ême. Knun tous s'accédèrent à choisir le prêtre Marinien, qu*iU savaient avoir vécu longtemps dans le mo* naslère avec saint Grégoire. 11 cliercba divers moyens de s'en excuser, et on eut bien d»
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la peine à le persuader d*j consenlir. Saint GriS($oire, qui connaissait sa vertu et son zèle pour le salut des âmes, l'ordonna sans délai ; et apparemment il assista au concile, avant d'aller à Revenue. Peu de temps après, saint Grégoire lui donna le pallium; mais à la charge de ne s*en servir qu'à la Messe, et aai quatre processions solennelles.
L*année suivante, il lui donna quelques avis importants. Parce que je vous aime 6eaurottjp, dit*il, je vous exhorte instamment à avoir «otn, non de Fargent , mais des âmes. C'est à quoi il faut s'appliquer entièrement puisque c'est la seule chose dont Notre-Sei^ gneur demandera compte à un évéque. Et écrivant à Tahbé Secondin, qui était k Ka- Yeuae, il dit : Eveillez notre prire Marinien^ car je crois qu'il est endormi. Il est venu des gens me trouver , entre lesquels étaient des vieillards mendiants. Comme je les ai inierrogés , ils m'ont dit en détail ceux qui leur avaient donné par le chemin. Je leur ai aemandé avec empressement ce que Marinien leur avait donné. Ils m'ont dit qtiits lui avaient demandée mais qu'ils nen avaient rien reçu^ pas mime du pain, quoiqu'il soit ordonné à cette Eglise ien donner à tout le monde. Je m étonne que celui qui a des habits ^ de la vaisselle aargent^ des celliers remplis^ nait rien à donner aux pauvres : dites^lui donc qu'il change d'esprit. Quil ne croie pas qu'il fm suffise délire^ de prier f et de se tenir en retraite^ s'il n'est libéral envers les pauvres , et ne fait de bonnes œuvres de ses mains : auirement il n'a quun vain titre d'évéque.
Le troisième évoque du concile de Rome était Paul de Nepi, celui qui avait gouverné rEglise de Naptes, comme visiteur, en 592. Fortunat,év6quede Naples, est nommé des derniers.Tous les autres étaient de la partie d*ltaliequi dépendait particulièrement du Pape; et principalement des environs de Rome, Il y en avaitnn de Sicile, savoir, Secondin de Taormine. Dans ce concile furent faits six canons, tous proposés par le Pape, el approuvés l'drlesacclamationsdesévôquesencettesorto:
Le Pa(»e Grégoire dit : Une três-mauvaise coutumes' est introduite depuis lonatemps dans l'Eglise romaine, que l'on choisit aes chantres pour le ministère du saint aulel^et qu'étant d/aères fils continuent de chanter^ au lieu de vaquer à la prédication et à la distribution des aumô^ neSfd'oik il arrive Ae plus souvent^que l'oncher^ ehe plutôt dans les ministres sacrés^ de belles voix quedebonnes mœurs, et que leur vie irrite DieUytandisque leur chant plaît au peuple X' est pourquoi j'ordonne que, dans celte Eglise, les ministres du saint autel ne chanteront point : qu'ils liront seulement l'Evangile à la Messe, et que des sous-diacres, ou s'il est 6egain, de moindres clercs chanteront les psaumes et feront les autres lectures. Si quelqu'un contrevient à ce décret, qu'il soit anathême. Tous répondir«;nt : Qu'il soit anathême.
Saint Grégoire prit grand soin de régler Je chant et tout l'Office de TEglise. Il conti-^ iiua de proposer le second canon : La négligence a introduit une coutume honteuse, que les écéques de cesiége emploient des valets laU
ques et séculiers pour les services secrets de leur chambre : en sorte qu^ils connaissent la vie intérieure de Févéque^ tandis que les clercs t'ignorent : quoique ta vie du pasteur doive toujours servir d exemple à ses disciples. Sur quoi j'ordonne que des clercs, ou même des moines choisis fassent le service de la cAambre de l'évéque : afin qu'il ait des témoins du secret de sa vie qui puissent profiter de son exemple. Ces clercs, qui devaient éclairer de si près toutes les actions de Tévèque, étaient ceux que les Grecs nommaient syncelles , et dont la fonction devint une dignité.
Au reste, saint Grégoire pratiquait le premier ce qu'il ordonnait ici. Dès le comroen* cément de son pontificat, il retint près de lui des clercs et des moines de grand mérite; entre lesquels on remarq'ùo Pierre» diacre, qui était de son Age, et qu'il fait parler dans ses Dialogues: Emilien, notaire, qui, avec d'autres, écrivit sous lui lesquatre homélies; Paterius, aussi notaire, fît un extrait trèsutile de ses ouvrages ; Jean, défenseur, qu*il en voya en Es pagne, pour rétablir Janvier,évA« que de Malaga , injustement déposé. Voilà les clercs. Entre les moines, on nomma Maximien, abhéde son monastère, puis évoque de Syracuse, qui mourut dès Tannée 594; Augustin, prévôt de son monastère; et Meliitus, qu'il envoya depuis, Tun et l'autre, en Angleterre; Marinien, qui fut évèque deRavenne; Probus, au'il fit abbé, et l'envoya bftlir un hôpital a Jérusalem; Claude, abbé de Classe, près de Ravenne. Saint Gré-
f;oire vivait en commun avec eux, pratiquant a vie monastique. Il les consultait sur les affaires de TËgiise, et attirait près de lui ce qu*il y avait de plus habiles gons de son temps. Tous portaient Thabil romain , et parlaient la langue iaiine , sans aucun mélange des mœurs barbares. H n'employait point de laï:]ues, ni pour le service de sa maison, ni pour l'administration d^s patrimoines de TË^lise.
Le troioième canon du concile romain est conçu en ces lennes : Un nouvel abus s'est introduit dans cette Eglise, que les recteurs du patrimoine mettent des panonceaux comme les officiers du fisc^ aux terres ou aux mai^ sons qu'ils prétendent appartenir à l'Eglise,et défendent le bien des pauvres par voie de fait. C est pourquoi j'ordonne, si quelqu'un des ecclé^ siastiques met des panonceaux de son propre mouvement, qu'il soit anathême. Tous répondirent : Qu'il soit anathême. Saint Grégoire ajoute : Et si lévêque l'ordonne^ ou ne lepu^ nit pas , quand on l'aura fait sans son ordre , qu'il soit anathême.
Saint Gréi^oire continua : Plus les fidèles nous honorent pour le respect de saint Pierre, plus nous devons reconnaître notre faiblesie, et rejeter les honneurs excessifs. Il s'est éta^ bli une coutume, que quand on porte en terre les corps des évéques de ce siège, le peuple les couvre de dalmatiquçs, qu'il partage ensuite, et les garde comme des reliques. C'est pour^
?uoij ordonne que l'on ne couvre d'aucun ha-illement le brancard où on porte le corps d'un évique de Rome; et je charge les préires et Us
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diaerei de Vexéculion de ce décret^ sous peine d'anathime. Tous répélèrent Tanathèoie.
Je défends, ajoula-t-il, suivant l ancienne rfgle^ que Von prenne rien pour les ordina* tions^ lepallium^ ni les lettres : même sous le
imposition c lecture de TEvanqile qui se fait à l ordina^ tion 9 ainsi le notaire ne doit point vendre les lettres qu'il délivre. Si donc quelqu'un donne ou reçoit pour toutes ces choses^ il en sera responsable au jugement de Dieu, Mais si^ sans aucune demande^ exaction ni convention précédente f celui qui a été ordonné^ après avoir reçu les lettres et le pallium^ veut, par Aonnéietéf donner quelque chose à quelqu'un du clergé^ nous ne défendons pas de le recevoir. Saint Grégoire défendait aussi de rien exiger pour les sépultures, de peur qu'il ne seml)le qu'on se réjouisse de la mort des bommes.
Plusieurs serfs des églises ou des séculiers se présentent pour entrer dans le monastère : Si nous le souffrons indifféremment ^ nous donnons occasion à tous les serfs de se sous^ traire à F Eglise; si nous les retenons en ser^ viludCf sans examen^ nous ôtons quelque chose à Dieu^ qui nous a tout donné. Il faut donc que celui qui veut se donner à Dieu^ soit au» paravant éprouvé en habit séculier^ afin que si ses mœurs font voir la sincérité de son dé-sir, il soit délivré de la servitude des hommes^ pour en embrasser une plus rigoureuse. En effet, la vie monastique était alors si pauyre, si laborieuse, si mortifiée, que des esclaves mal convertis n*y auraient pas trouvé leur compte.
Dans ce même concile de Rome, l'affaire des prêtres Jean et Athanase fut examinée et jugée ; Athanase était d'isaure, prêtre et moine du monastère de Tamnac de Saint- Mile, en Lycaonie. Il était à Rome dès le temps que saint Grégoire écrivait ses Dia* logueSf où il rapporte une histoire sur son récit; Jean, de Constantinople, avait envoyé & Rome ses députés chargés de lettres, où il prétendait montrer qu'Alhanase et les moines, ses confrères, avaient parlé contre la définition du concile d'Ephèse ; et il avait envoyé certains articles, comme extraits du même concile, portant entre autres anathème à qui dirait que l'Ame d'Adam mourut par son péché, et que le diable entra dans le cœur de l'homme. Jean, de Conslantinople, avait aussi envoyé un livre, trouvé dans la cellule d'Athanase, contenant des hérésies. Saint Grégoire l'ayant examiné, v remarqua des dogmes manichéens ; mais il découvrit aussi que celui qui avait fait des notes, pour en montrer les erreurs, était tombé dans l'hérésie pélagienue, et reprenait, comme hérétique, des uroposilions catholiques : par exemple, que I Ame d'Adam mourut par son péché. Saint Grégoire ayant examiné le couelle d'Ephèse, n'y trouva rien de semblable, et lit porter de Ravenne un exemplaire trèsoneien, qui se trouva entièrement conforme à celui de Rome. Il expliqua fort au long
aux députés de Jean, de Coiistaminoplef comment ces propositions, attribuées au concile d'Ephèse, étaient hérétiques, et les satisfit pleinement sur ce sujet. Il en écri* vit depuis au comte Narsès en ces termes : Tai examiné le concile d'Ephèse^ et n'y ai Hen trouvé touchant Adelphius^ Sava et (e«au« tresy que Von dit avoir été condamnés ; et nous croyons que comme le concile de Chalcédoine a été falsifié en un endroii par VEgUse de Constantinople^ on a fait quelque alêération semblable au concile d'Ephèse, Cherchez donc les plus anciens exemplaires de ce concile; maïs ne croyez pas aisément aux nouveaux. Les Latins sont bien plus véritables quê les Grecs : car nos gens^ ^i n'ont pas tant d^es* prity n'usent point d'impostures. Adelphius et Sava, ou plutôt Sabbas, dont parle saint Grégoire, semblent être les chefs des messaliens, qui furent convaincus et condamnés
Sar Flavien, évêque d'Antioche, vers Tan 90, et ce qu*il dit de la falsification du concile de Chalcédoine, peut se rapporter au canon touchant les prérogatives du siège de Constantinople. Quant a cette définition pélagienne, attribuée au concile d*£phè«e, on croit qu'elle est du concile schismalique tenu à Ephèse contre saint Cyrille, par Jean d'Anliociie et les nestoriens, ou du concile de Constantinople, tenu par Nestorius, en tà9.
* Jean, prêtre de Chalcédoine, fut aocusé de l'hérésie des marcianisles; le patriarche de Constantinople lui donna des juges devant lesquels ses accusateurs étant interrosés quelle était cette hérésie, avouèrent quils n'en savaient rien. Le prêtre Jean, de son côté, déclarait qu'il était Catholique, et présenta aux juges sa confession de foi; mais ils ne laissèrent pas de le eondaomer. Tout cela fut prouvé au concile de Remet f>ar les actes du procès, sa profession de fèi rap* portée, qui fut trouvée orthodoxe; c'est pourquoi le Pape saint Grégoire cassa te Jugement rendu par les juges, que le patriarche de Constantinople avait eonifiiiSy et renvoya le prêtre Jean absous. C'est ce qui paraît par les lettres écrites en sa faveur au patriarche, à l'empereur et à Théoctiste, parent de l'empereur. Pans la lettre è fempcreur, ces paroles sont remarquables : Ne pas croire celui qui professe ta vérité f ce n'est pas détruire une hérésie^ mais Fétablir. Il faut aussi remarquer cet acte de Juridiction du Pape, sur le patriarche de Constantinople dans le temps où il se disait évêque universel ; car le patriarche s'j soumettait, puisqu'il envoyait ses députés avec des lettres et les pièces du procès.
. Peu de temps a^res le concile de Rome» saint Grégoire écrivit à saint Virgile d'Arles, lui accordant le vicariat des Gaules, et le pallium. 11 lui recommande en même temps la réforma de deux abus» qui régnaient dans les Gaules et la Germanie : la simonie et l'ordination des néophytes» c*estè-dire des laïques, que l'on éleTail loul d*un coup h l'épiscopat, sans qu'ils eussent mené la vie cléricale, il conclut ainsi sa lettre : Nou$
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DES PAPES
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vous faiêom noire vicaire dans les Eglises de Voàéissamee du roi Childeberit sans préjudice du droit des méiropoliiains. Nous tous envofone aussi lepallium^ dont vous ne vous servirei que dans l'église^ et pendant la Messe* Siquelquo évéque veut faire un grand voyage, il ne le pourra sans voire permission ; êil survient Quelque question de foi, ou quel* 91M autre affairé difficile^ vous assemblerez douze Moues pour la juger. Si elle ne peut être dicidto^ vous nous en enverrez lejuge^ ment. H écrivit aux éTÂques de Gaule et «u roi Chiidebert dans le aième but, le 12 août 8te.
Au mois de septembre de la môme année 595, le Pape saint Gré^ire éerivil an roi Cbildeberi et à la reine Brunehaut» sa mère, |K)ur lui recommander le prêtre Candide» qu'il envoyait en Gaale gouverner le patrimoine de saint Pierre, dont le patrice Dvaamiiis avait pris soin jusqu'alors. Il loue krunebaat de la bonne Mueatioa qu'elle avait domée au roi son fils, el dit au roi qu'il est au-deasos des autres rois. Il lui envoie des clefs de saint Pierre, oik il y avait du fer de ses chatnesi pour les porter à son cou, comme ua préservatif de tous maui. Le revenm de ce patrimoine était employé en QBuvres do charité sur les lieux. C'est poor(|ooi saint Grégoire recommande au ivétre Candide, d'adieter des habits pour les fiauvres, et de ieunes Anglais, depuis l'âge de dix-sept on ois-builans, pour les mettre dans des monastères, et les instruire au service de Dieu; mais parce qu'ils étaient )>alens , il veut qo*on envoie avec eux un prdCre pour les baptiser, en cas de maladie dangereose. Il préparait ces jeunes gens l>our la mission qu'il voulait envoyer en Angleterre.
Une des plus glorieuses entreprises de son pontificat fut cette mission d'Angleterre, qui lui acquit le titre d'apdlre de ce rojaume. Il est vrai que la Grande-Bretagne avait embrassé le christianisme longtemps Buf>aravant. Mais depuis que les Angjais et les Saxons, peuples idol&tres sortis de la (sermanie^ avaient conquis la meilleure partie de ce pays, et chassé les Bretons dans (es extrémités de l'Ile, le paganisme y était rentré et y avait presque entièrement éteint a lumière de l'Évangile. Les évèques breons, réfugiés avec les Catholiques dans €»s provinces de Galles et de Cornouailles, te voûtaient avoir aucun commerce avec es Anglais et les Saxons leurs ennemie», ni eur enseigner le cnlte du vrai Dieu. C'est :e qui excita la compassion do saint Gré- :oire, lorsque, n'étant encore que religieux, I vit de jeunes Anglais que l'on avait fait *s$claves et amenés à Rome pour être expo* os en vente. Depuis ce temps il avait conçu c5 dessein de travailler au salut de ces infidèos. Etant deveoaSoaverain Pontife, il avait ^«rsévéré dans ses premières résolutions ▼ec ptv% d'ardeur que jwiais. Mais il s*éait trouvé tellement accablé d'affaires, qu'il I *aveît pn exéenter cette entreprise. EnOn, I raccomplit en S96| par une célèbre mis-
sion de prédicateurs évangéliques qu'il y envoya, et à la têle desquels il mit saint Au* gustin» moine du monastère de Saint-André de Borne. Il écrivit en même temps aux rois de France, Thierry de Bourgogne et Théodebert d'Australie; à leur aïeule, la reine Brunehaut; aux évèques d'Arles, d'Aix, de Vienne et d'Aulun ; au gouverneur de Provence, pour les engager à favoriser cette conquête spirituelle» et à donner 5 ses missionnaires la protection et l'assistance dont ils auraient besoin. Le succès en fut si prompt et la moisson se trouva si grande
Î|ue, quoique plusieurs prêtres français se ussent joints à ces préaicateurs évangéliques, saint Grégoire se vit obligé, dans la suite, d'envoyer de nouveaux ouvriers, dont Dieu bénit tellement les travaux, que Ton vit la foi et la piété chrétiennes fleurir en Anr
(;Ieterre autant qu'en aucun autre endroit de a chrétienté.
D'abord Au((ustin et ses compagnons ayant fait quelques journées de chemin, sans doutr jusqu'à Aix, résolurent de ne pas aile* plus avant ^ découragés par ce qu'ils avaient entendu dire de la aifficuHé du voyage et de l'état de la nation des Anglais , incrédules et barbares, dont ils n'entendaient pas même la langue. Ils résolurent donc, d un commun accord, de retourner à Rome, et y envoyèrent Augustin, pour prier saint Gré- Soire de ne pas les exposer à un voyage si angereux, si pénible et d'un succès si incertain. Mais saint Grégoire le renvoya chargé d'une lettre , où il leur ordonne d'exécuter avec zèle leur entreprise, sans s'arrêter aux discours des gens malintentionnés, assurant qu'il voudrait pouvoir lui-même travailler à cette bonne œuvre. La lettre est du 23 juillet 596. 11 écrivit en même temps aux évèques pour leur recommander Au-
fustin et ses compagnons. Il écrivit aussi Protais, évêque d'Aix, et è Etienne, abbé de Lérins , marquant qu'Augustin lui avait porté de leurs nouvelles : mais il ne le leur recommande point, ce qui fait juger
Îu'ils n'étaient pas favorables à ce voyage 'Angleterre. Dans les lettres aux rois et à la reine leur aïeule, saint Grégoire dit qu'il a ordonné à ses missionnaires de mener avec eux des prêtres du pays le plus proche, par lesquels ils puissent connaître le génie delà nation. Le Pape saint Grégoire envoya vers le même temps è Pallade de Saintes des reliques , pour dédier quatre autels d'une église qu'il avait fait bfttir, et où il y en avait treize. Ce nombre d'autels, dans une église, est remarquable ; mais il ne iaut pas conclure que l'on s'en servit en même temps. L'empereur Maurice, ayant délibéré quel-
frue temps sur le choix d'un patriarche de lonstantiuople , flt ordonner enfin Cyriaque, qui, étant depuis longtemps économe de cette église, avait toujours conservé une
S;rande égaillé d'âme au milieu de tant d'afàires. Il envoya au Pape , suivant la coutume, sa lettre synodale, contenant sa profession de foi ; elle fut accompagnée d une lettre de l'empereur et d'une des chèques ({ui
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avai('nt omonnu Cyriaque> George prêtre, et Théodose diacre furent chargés de ces lettres. Saint Grégoire les reçut fort -bien, et mieux que Ton avait coutume en pareille occasion ; car bien c|ue Cyriaque prit déjà le titre d'évéque universel, saint Grégoire ne youlut pas pour cela rompre Tunité de TEglise, en rejetant sa leitre et ses nonces. Il les eûi même retenus plus longtemps, s*ils n'eussent pressé leur retour, a cause de J'hiver qui approchait; car c^était au commencement du mois de septembre 596. Saint Grégoire écrivit deux lettres à Cyriaque, une imblique, pour répondre à la lettre s^noda- Je, où il approuve sa confession de foi ; mais il dit que, pour conserver la paix , Cyriaque doit renoncer au nom profane et superbe, r/est-à-d.re au titre d'évèque universel. L'autre est une lettre familière remplie de té.nolgnaçe d*amitié; car, étant à Cobstantinople, il avait connu particulièrement le mérite de Cyriaque. Saint Grégoire écrivit aussi à Tempereur et aux évoques ; dans cette dernière lettre , il se plaint de ce que , à Tordination de Cyriaque , on avait cité ces {laroles (P«al. cxyii,21ik) : Réjouissons-nous en ce jour au'a fait le Seigneur. Il reprend cette application de l'Ecriture à la louange d'un homme encore vivant sur la t rre; mais il l'excuse, par le transport de joie qui l'avait produite.
Quelque temps après que les nonces de Constantinople furent partis , saint Grégoire avait appris qu'ils avaient dit que Jésus-Christ, descendant aux enfers, avait délivré des peines tous ceux qui i avaient reconnu pour Dieu. Il crut devoir les tirer de cette erreur, et leur en écrivit au mois de mai de la même année 597 : Notre-Seigneur, dit-il, descendant aux enfers^ n'a délivré par sa grâce que ceux qui avaient cru quHt devait venir ^ et avaient vécu selon ses commande^ ments.
Vers le même temps, saint Grégoire rappela de Constantinople le diacre Sabinien, son nonce, qui y était depuis quatre ans , et enyoya à sa place Anatolius, aussi diacre de l'Eglise romaine; mais il lui défendit de célébrer la Messe avec Cyriaque, jusqu'à ce qu'il eût renoncé au titre d'évèque universel. Il rendit raison de sa conduite à Cyriaaue, h l'empereur et aux patriarches djAlexandrie et d*Antioche. Il en écrivit d'abord en particulier à Auastase d'Antioche, qui 1 exhortait, comme l'empereur, à ne bas faire de scandale pour une cause de néant. Mais saint Grégoire lui répondit qu'il ne faut pas traiter ainsi une affaire qui tend à corrompre la foi de l'Eglise tinirerselle, puisqu'il était sorti plusieurs hérésiarques de V Eglise de Constantinople, 11 dit à J empereur : J'aurais été bien indiscret f si je n'avais pas su distinguer ce qui était fiécessaire , pour conserver l'unité de ta foi et la concorde ecclésiastique , d'avec ce que je devais faire pour réprimer la hauteur. Ainsi fai reçu les députés de mon confrère avec
Jurande affection, et leur ai fait célébrer a Messe avec moi. Mon diacre à Constan-
tinople ne doit point servir dans les saints mystères celui qui s'élève , ou ne corrige pas la hauteur de ses prédécesseurs: mais ses aia^ cres ont dû assistera la Messe avec mot, fut, par la grâce de Dieu^ne suis point tombé dans une faute pareille. Il y a des titres frivoles, qui ne laissent pas d'être pernicieux , comme quand fantechrist se dira Dieu. Or je dis hardiment que quiconque se dit évéaue universel ^ est un précurseur de rantechristf en se mettant au-dessus de tous les autres.
La lettre commune à Euloge d'Alexandrie et à Anastase d'Antioche, contient la même distinction entre ses légats et ceux de Cyriaquï».
Quelque temps après, saint Grégoire, répondant à une lettre à saint Euloge d'Alexandrie, lui écrivit ces paroles remarquables : Quoiqu'il y eût plusieurs apôtres ^ le Siège du prince des apôtres a prévalu seul pour l'autorité y à cause de sa primauté; et c'est le Siège du même apôtre en trois lieux , car il a élevé le Siège où il repose et où il a fni la vie présente : c'est Rome. Il a orné le siège où il a envoyé Vévangéliste son disciple : c'est Alexandrie. Il a affermi le siège qwil a occupé sept. ans 9 quoique pour en sortir : c'est Antioche. Ainsi ce n'est qu'un siège du même apôtre , dam lequel trois éviques président maintenant par i autorité divine. Saint Grégoire Youlait sans doute, par ces paroles, montrer l'avantage de ces trois grands sièges au-dessus de celui de Constantinople.
Au mois de décembre de la même année 597, il écrivit è dix métropolitains et à tous les évêques de Sicile, pour leur envoyer la loi de l'empereur, portant défense k ceux qui étaient engagés dans la milice ou sujets è rendre des comptes, d'embrasser la vie cléricale ou monastique. Le Pape les exhorta à ne pas recevoir prématurément dans le clergé ceux qui sont engagés dans des affaires temporelles , de peur qu'ils ne vivent encore en séculiers sous l'habit ecclésiastique. Que s'ils Yont dans les monastères , il ne faut pas les y recevoir qu'après qu'ils auront rendu leurs comptes. Et si des gens de guerre veulent embrasser l'état monastiriue, il faut bien examiner leur vie, avant de les recevoir» et les éprouver, suivant la règle , pendant trois ans dans leur habit séculier. L'empereur est content qu'ils soient reçus à ces conditions. Saint Grégoire avait déjè envoyé celle loi, quatre ans auparavant , comme il témoigne lui-même : mais il crut devoir l'entoyer de nouveau aux évèques qui dôiiendaient de l'empereur en Occident, c'est-a-dire en Italie, en lllyrie et en Sicile. Les dix métropolitains, auxquels il l'adressa» sontEusèbe de Tbessalonique , Drbicus de Dytrachium, Constantius de Milan, André de Nicopoiis, Jean de Corinthe, Jean de Justinienne» Jean de Crète, Jean de Larisse, Maximien de Ra* venue, Janvier de Cagliari en Sardaigne.
Les trois ans de probation que saint Grégoire demande dans cette lettre étaient portés par les Novelles de Justinien ; mais saint Grégoire y obligeait seulement les gens de guerre; pour les autres, il se contentait de
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DES PAPES
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tiettx Ans. C*est ainsi qu'il en écril h Portaliât, évéque de Naples : Défendez étroUemenl à tons kê suoérieurs de monaetères de tonsurer ceux quils recevront avant qu'ifs aient pasêé deux ans dans Vétat monastique. Que pendant ce temps on éprouve soigneusement yeurvieet leurs mœurs^ de peur que anelquun d'eux ne se repente de son ckotx. ùar si les hommes n^engagent personne à leur service Mans réprouver^ comoien doit-on s^en assurer davantage pour le service de Dieu. Que si un soldat veut se convertir^ il ne faut point le recevoir sans nous en donner avis. Ce <tu*il ajoute; sans doute, à cause de la loi de Touipereur. Au reste, il voulait que Ton reçût avec beaucoup de charité et de douceur ceux qui se présentaient pour entrer dans les monastères.
Saint Grégoire écrivit une grande lettre à la reine Brunchaut, où il la remercie de la charité qu'elle a exercée envers Augustin,
3u*il qualifie dès lors d'évêque ; la lettre est u mois d'octobre 597. La même lettre contient quatre autres articles. Premièrement, saint Grégoire déclare vouloir satisfaire le désir de la reine, qui demandait le pallium pour Syagrius, évëque d'Aulun : L'empereur méme^ ajoute-t-il , y consent^ comme je fat appris ae mon diacre^ qui était nonce pris de tui. Mais il s'y est trouvé plusieurs obstacles ; celui qui était venu pour recevoir le pallium est dans Ferreur des schismatiques ; vous n'avex pas voulu quil parût que nous V eussions accordé à votre prière : enfin Syagrius ne l'avait pas demandé^ quoique ce soit tancienne coutumCf de n accorder le pallium quà celui qui le mérite et qui le demande instamment. Oa voit ici les conditions requises pour le pallium ; la demande de l'impétrant, le consvfiteroeot du roi, même de l'empereur, pour un évéque qui n'était point son sujet. Saint Grégoire commit le prêtre Candide, recteur du patrimoine de Gaule , pour achever les formalités nécessaires dans cette affaire du pallium de Syagrius : elle ne fut terminée que plus d'un an après.
ho second objet de la lettre de saint Grégoire h Brunebaut est pour réprimer les ordinations simoniaques. Le troisième est touchant les schismatiques, qui, sous prétexte de dépendre du concile de chalcédoine, cherchaient à se soustraire à la discipline de TEgiise* Ils croient plus à leur propre ignorance, dit saint Grégoire, quà rÉglise unirereeUe et aux quatre patriarches. Mais quand fai demandé à celui que vous m 'avez envoyé pourquoi il était séparé de rEqlxse^ il a avoué qu'il l'ignorait , et a paru n entendre ni ce qu*îl soutenait, ni ce Qu'on lui disait. Le quatrième . sujet est aabolir les restes de I idolâtrie qui se trouvaient dans les Etats des jeunes rois, où grand nombre de Chrétiens fréquentant les églises ne laissaient Ks de rendre un culte aux démons, immoiit aux idoles, honorant les arbres et sacrifiant des têtes d'animaux. Ces idol Aires étaient apparemment en Germanie plus qu'en Gaule; car le royaume de Tiiéodebert s'étendait bien ttant au delà du Khin. Toutefois on trou-
vait des restes d'idolâtrie , mémo près de Rome, comme il résulte d'une lettre do saint Gréj^oiro h Aguel , évoque de Terracine, écrite au mois d*avril 598. Il exhorte à faire une recherche exacte et une punition sévère de ceux qui adornient des arbres et commettaient d*aulrcs superstitions; ajoutant qu'il a écrit au vicomte Maur de l'appuyer dans cette occasion. Peut-être que ces idolâtres d'Italie étaient-ils Lombards.
Saint Grégoire ayant reçu les nouvelles de la conversion des Anglais, en fil part à saint Euloge, patriarche d'Alexandrie, qui lui écrivait de temps en temns. La lettre, écrite vers le mois de juillet 598, commence ainsi : Le porteur^ en me donnant vos écrits^ m'a trouvé malade^ et m'a laissé malade en par^ tant. Mais ça été un grand adoucissement à mes douleurs de recevoir des nouvelles de la conversion des hérétiques. Pour vous rendre la pareille, je vous dirai que la nation des Anglais était demeurée jusqu'à présent danj l'infidélité^ adorant du bois et des pierres. J'y ai envoyé un moine de mon monastère, qus les étéques de Germanie ayant ordonné évéqut; par ma permission ^ Vont fait conduire dans cette nation^ à l'extrémité du monde: et nous venons de recevoir des nouvelles de l'heureux succès de ses travaux ; car il fait tant de miracles^ lui et ceux qui l'ont accompagné^ qu'ils semblent approcher de ceux des apôtres. Et nous avons appris quà la fête de Noël dernière^ ce nouvel évéque a baptisé plus de dix mille Anglais. Ce que je vous écris ^ afin
Ïue vous voyiez les effets de vos prières. Saint Irégoire appelle ici Germanie le royaume de France, soit parce qu'il comprenait en effet une imiie de la Germanie, soit parce que la nation des Francs était germanique.
Ensuite, panant du litre d'évèaue universel qu'Euloge ne donnait plus h 1* évCi^^ue de Conslantinopic, il se plaint de ce qu il disait : ^ Comme vous me l'avezordonoé. »/e vous prie^ dit saint Gréj^oire^ ôtez ce terme d^ordonner. Je sais oui je suis, et qui vous êtes : vous êtes mon frère par votre place^ et mon père par votre vertu. Je ne vous ai rien ordonné: je vous ai seulement représenté ce qui m'.a semblé utiles encore ne Vavez-vous pas observé exactement. Car j'çLvais dit que vous ne deviez donner ce titre ni à moi ni à aucun autre: et cependant^ au commencement de votre lettre^ vous me le donnez à motméme. Je voudrais me distinguer par la ver- /u, non par des paroles ; et je ne tiens point à honneur ce qui déshonore mes frères. Olons les mots qui enflent la vanité et blessent la charité.
Dans une autre lettre du même temi)s, saint Grégoire.dit h saint Euloge : Vous m'avez mandé de vous envoyer les actes de tous les martyrs^ recueillis par Ëusèbe de Césarée: mais avant votre -lettre, je ne savais pas s'ils avaient été recueillis: et vous rends grdces de m'avoir instruit. Car^ excepté tes Actes des martyrs^ contenus dans le livre du même Euscoet je ne sache point qu'il y en ait ni dans les archives de nclrc Egli^ic, ni dans Us
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t(ibU<^thiqUia de Bom$f sinon quelque peu recueillis en un volume, yous avons les %2ms de presque tous les martyrs^ distribués par chMwe jfour^ et rassemblés en un livre: nouA céiébrons tous les jours des Messes en ^e^r honneur. Mais ce volume ne nous anprend pas le détail de leurs souffrances. On
Ïvoit seulement leurs nomSf le heu et lej|o^r e leur fftartyre\
Saint Grégoire travaillait depuis longtçaips à procurer la paix ax&a les U)mbards. Car il ne voulait les affaiblir p^r aucune yiolen,ce; et il dit dans une de ses lettres : Si f avais voulu me mêler de la mort des lam^axdSf celte nation n^aurait aujourd^Hui ni rot, ni ducs, ni comtes^ et serait dans une ^tjrimfi division. Mais parce que je crains VieUfje ne veux prendre part à la mort de quelque homme $ue ce soit. Tant que l'exar- Qua romain vécut, la paix ne put dire conclue; parce qu*il y était opposé, et traversait les négociations de saint Gré- Spire t jusque-là que Ton afficha de nuU ans Rome une protestation, où Ton accuaolt le notaire Castorius, nonce du Pape, au*îl avait employé h cette négociation» et Ion a*opposAit avec artifice aux desseins du l^ape pour la paii. Saint Grégoire eovo;a à Bavenne une lettre, adressée a l*évèque, au clergé et w peuple, par laquelle il somme Fauteur au le complice de la protestation desedécliarer et de prouver ce qu*i( avance, sinon il le déclare privé de la communion du corps et du sang de Jfésus-Ghrist; et s'il esl^ assez hardi pour communier, il Tana-* tjjjémalise et le retranche du corps de TRg^ise. La leilre est du mois d'avril 596; cette excoojimunication , d'une personne inconnue, est remarauat)ie.
'Romain élaot mort, Callinique lui succéda dans la charge d'exarque, et conclut avec I9 roi Agilulfe une paix pour quelque temps, c'est-à-dire une trêve. C'était en iS»98; Vahhé Probus, que le Pape avait envoyé de-
f\uis Longtemps à Agilulfe, fil avec lui le raité. Saint Grégoire écrivit des letlresde SemeFclment à ce roi et à la reine Théojetinde, soc^ épou3e, qui y avait beaucoup contribué par ses soins. Le roi faisait presser le Pape de souscrire le traité; mais le Pape, pour ne pas être responsable des infractions, qu'il prévoyait, et demeurer toujours médialeur entre le roi et l'exarque, s'en excusa, et offrit seulement de faire souscrire yn évoque ou un archidiacre.
Sitôt que saint Grégoire fut averti de la conclusion de celte paix, il en fit part à jfanvier, évéque de Gag^Iiari, qui lui avait écrit les désordres commis par les Lombards en Sardaigne, qiie saint Grégoire avait bien prévus. Sachez;^ lui dit-il , que Fabbé que nous avons renvoyé il y a, longtemps à Agi^ lulfe aconctU' la paix avec lui. Cest pourquoi tenex-vous partout sur vos gardés^ jusqu à ce qu$^ le traite soit écrite de peur que les ennemis ne nous attaquent encore dans ("*' tn^ervalte.
II lui parle ensuite d'une affaire su. ** quelle il lui avait déjà foit une forte répri-
mande. Janvier élait un vieillard siouile, far. bie et facile à émouvoir. 11 ne savait pas se faire craindre par son clergé; toutefois il était sensible aux injures^ et se laissait enlralner, par de mauvais conseils, jusqu^à commettre des violences. Etant donc irrité contre un particulier, il envoya un dimanche au malin renverser sa maison et y passer la cbarrue; après avoir célébré la Messe, il y ^lla luimême, el fit arracher les bornes du même champ. Saint Grégoire avait peine à croire h un tel excès; mais en élai^t assuré par l'abbé Cyriaque, il écrivit ejx ces termes ^ Janvier : Je pardonne encore à vos cheteux blancs; et je vous e:ichorte, maiheureux vieil' tardf à rentrer enfin en vous-même et â vous corriger d'une telle légèreté. Plus vous élu prêt de la mort^ plus vous devez cr<undre» Vous méritiez une sévère eondamnaiion^ si la connaissance que noue avons de votre simpli* cité et de votre vieillesse ne nou» faisait dusi^ muler quant à présent ; mais pour ceux dont vous avez suivi le comeilt nous l^e déclarons excommuniés- pour deux mois.
Saint Grégoire, ayant eu sans doute des marques de son repentir, lui parle plu^ doucement dans la seconoe lettre; ^t| re* Qiontant à la source du mal » il lui dit : Souvenez-vous que vous êtes chargé^ non du soin des choses terrestres, mais de la conduite des dates. C'est là qu^il faut attacher votre cmur^ et ne penser qua leur avantage. Sachez, au reste, que ces reproches ne viennent d'aucuns aigreur, mais aune charité fraternelle; afin que vous ne portiez pas devant Dieu le seul nom févêque qui ne servirait qu'à votre eon* damnation. Ces lettres à Janvier, de Cagliari, sont du mois de septembre 598. U vivait encore cinq ans après , en 603 ; mais si infirme, qu'il ne pouvait plus agir. C'est
Pourquoi saint Grégoire écrivit an défenseur ital, son agent en Sardaigne, de charger l'économe et l'archiptfttre de l'ËgUse de Cagliari du soin des hôpitaux de cette Ve, qui étaient fort négligés. Quant aux églises vacantes, ajouta-t-il, nous avons écrit ànotre frère Janvier de les rmpUr; mais à candition de ne pas tirer tous les évêques de son Eglise, afin ae ne pas les priver des jferson'sus fU peuvent y être utiles. Ceux qm sont tomhés en fàute^ étant simples moines, ne doivent pas être (hits abbés avant d! avoir fait pénitence; toutefois^ sHls paraissent bien corrigés^ ils peuvent demeurer en charge^
Quant à ce que vous nous avez écrH, que notre frère Janvier se trouve souvent si pressé de mat, pendant le temps au^il célèbre le sacri* /Ice, qua peine, après un long intervalle^ jfeut" il revenir à Vendrait du canànqiCil a laissé : ce qui fait que plusieurs doutent s'ils Vivent communier de ce quHl a consacré : fl faut les avertir d'en communier hardimens. Car la ma^ ladie du célébrant ne profane pas /c| bénédic^ diction du sacré mystère* Mais il faut avertir notre frère en particulier^ que quand il se trouve mal, il ne paraisse point en ptêblie; de peur de se rendre méprisaole, et de scandalir ser les faibles.
L'éveque de Caprile, plus tard GaorUf
I»ES PAPES
GRK
MA
petite lie au fond du golfe de Venise, ayant été engagé dans te scBisme d*I$lrie, voulait avec son peuple se réunir à rEgiise romaine; et présenta à cet effet une reguélo h Texaraue CaMinique. Mais lustin schismatique détourna Texarque par ses conseils» en^ Toja au Pape çooie oe Tordre que Tempercur atait doajçiét des le commencement de son pontificat g pour laisser en repos les scbismatiques, L'évêqqe s'^tant laissé gagner, ne Youtot pas se réunir. Son peMple persévérant dans le désir de Tunion » envoya au Papo demander un autre évoque. Car quoi saint Grégoire écrivit h Texarque Callinique en ces termes : Yotr^ excellence a dû cousidértr^ que cet ordres outre qu^U a éti surpriê^ ne vou$ ordonna pas de rq'eter ceux qui veulent se réunir à VEgliêe ; mais de n'tf pa$ forcer ceux qm ne h veulent pa$^ Ensuite 11 prie l'exarque d*éloigQer lusiin de ses conseils % s*il ne quitte le schisme. Il écririt en même temps a Marinien évoque de Rarenne, d*eiborter Tôvéque de Caprite h se réunir è TEglis^* catholique et à sou peuple. 5*1/ re/tae, ajoute saiut Grégoire » ordannex-y un éoiqueiet comptez cette Ue dan$ votr^ provisioet juequià ce que les M^ oues dChtrie reviennent à Funion; priesk r exarque ten instruira Vempereur. J*en ai aussi écrit à Anaiolius : c'était le nonce du; Pa|je à Constantiuople. Ces lettres sont écrites vers le-moi^ d'octobre 598w
Vers le QQois dejuiaSW» saint Grégoire écrivit k Anatolius» de favoriser eu tout ce qu^l pourraittquelques personnes qui étaient allées à Coiistantino{>le« pour quitter le schisme d*Istrie.|I écrivit'aussi à plusieurs personaes puissantes» qui s'employaient avec 7èle pour la réunion des schismatiques ; entre auires. à Gulfar , Lombard et duc de Trévise. if écrivit à Romain» défenseur de TEIglise romaine en Sicile^ de donner le secours nécessaire à quelques-uns des Islriens» pour aller trouver leur évèque, qui désirait aussi sa réunir» et aider en tout l'évéque lui*méroe , jusqu'à le défrayer» s'il voulait venir à Rome. Quelques Istrieos étant Tenus à Rome» renoncer h leur schisme» le Pape en les renyoyant, les recommanda à rezarqueCaUi|ii(lue»et k Marinien» évèque Je Ravenne» afin que leur conversion ne eur attir&t aucun mauvais traitement » et *ue la protection qu'ils recevaient» invitât es autres à se réunir. Nous voyons deux ins auparavant, une pension accordée par ^aiot Grégoire à un nommé Jean» qui avait luitté )e schisme d^lstrie*
Constantius » évèque de Uilan» exhortait es clercs de CAme à se réunir à l'Eglise. Ils é|M>iidirenl » que la manière dont on les raitait, ne les y attirait pas : que plusieurs latholiques retenaient leur bien injustenenl; entre autres» lïglise romaine» qui ivaii usurpé sur eux une certaine terre. :onstantius»en ayant écrit h saint Grégoire» I répondit : Si cette terre nous appartient^ ious voulons qu^etle leur soit rendue^ quand ^ém€ ils ne se réuniraient pas à r Eglise; et iU se réunissent, nous sommes prêt à
la leur abandonner^ quand même Us n'y au^ raient aucun droit. Car nous voulons ne leur laisser aucun prétexte de demeurer dans U schisme.
Maxime de Saloue était demeuré rebelle pendant quatre ans. Le Pape saint Grégoire ayant appris qu'il avait iait déchirer publia
?[ttement les lettres» par lesquelles il lui dééndait de remplir les fonctions d'évèque, en écrivit ainsi h Sabinien» qui étaitalorsson nonce è Conslantinople : Vous savez comme js le ressens f mot» ^t suis prêt à mourir plutôt que de voir le Stége de scdnt Pierre abaissé de mon temps. Vous connaissez mon humeur. Js souffre longtemps : mais quand j'ai une fois résolu de ne plus souffrir^ j affronte gaiement tous les périls. J*ai appris qu^il a envoyé un de ses clercs dire que Pévêque Malcus a été tué en prison, pour Fargent quUt àevait. Suf^ quoi vous nar^z qu^un mot a dire à fempe^ reur^ que si f avais voulu tremper dans la mort des Lombards » ils n'auraient ou l'oiird^hui ni roi ni ducj, L'évéque Malcus^ na été ni emprisonné ni maltraité: mais le jour au'il a été condamné ^ lo notaire Bontfaco t emmena dans sa maison à son insu* Il y dina^ et fut traité avec honneur^ et mourut subitement la tiuiV. C'est ce Malcus» qui avait été fait évèque en Sicile» après avoir souverné peu ndèlemont le patrimoine de Balmatie.
Maxime» ayant été plusieurs fois averti par le Pape de venir h Rome rendre compte de sa conduite » chercha diverses excuses ; et enfin demanda que le Pape envoyât quel-
3u'un i Salone» devant qui il pût se juslier» soutenant même que l'empereur Ta* yait ordonné. A quoi saint Grégoire répond : Nous n*avons reçu ordre que de vous faire venir ici : mais quand on en aurait surpris quelque autre » nous connaissons si bien Ip zèle de V empereur ^ et son respect pour les cU" lions» que nous ne laisserions pas de faire notre devoir. Quant à ce que vous craignez si fortf que nous ne vous pusUssions éCavoir éti ordonné sans notre consentement » quoique ce soit une affaire intolérable^ nous vovks la remettonSf suivant l ordre de r empereur ^pourvu que vous ne demeuriez pas davantaçe dans la désobéissance. Hais on nous a du d'autres choses^ que nous ne pouvons nous empêcher d'examiner. U lui réitère ensuite la défense de célébrer la Messe et le commandement de Tenir à Rome^ dans le terme de trente jours» prévenant les excuses qu'il pouvait alléguer» d^ètre retenu par les magistrats , les soldats ou le peuple.
Saint Grégoire écrivit en même temps au clergé et aux nobles de Salone» et leur dit : Je m étonne que dans un si grand clergé et un si grand peu]flef il se soit à peine trouvé deux personnes qui aient refusé de eommunier av«c Maxime 9 et se soient souvenus quils sont Chrétiens^ savoir : révêque Paulin et Farchidiacre Honorât. Toutefois » porce que nous avons pour vous des entrailles de miséricordCf et que nous savons que quelques-uns ont été contraints par la violence as comsnunipier avec luit nous prions le Seigneur loui-puis-
GRE
DICTIONNIIUB
GRB
sant de vous délivrer de tout péché ^ et de la participation de ceux d*aulrui, C*èst ainsi que saint Grégoire, suivant Tancienne discipline, marquée par saint Augustin, n*emploie que Texhortation à Tégard de ta mulli* tude, sans user d*aucune censure. Ces deux lettres sont du mois de mars 596.
Au mois de juillet de la même année, saint Grégoire écrivit dans le même sens au clergé et au peuple de Jadera ou Zara en Dalmatie, dont une partie avait rejeté la communion de Maxime, une partie lavait embrassée. Sabinien, leur évoque, était de ees derniers ; mais enGn il abandonna Maxime, étant touché d'un tel repentir, qu'il TOulut même renoncer à Tépiscopat et s'enfermer dans un monastère pour faire pénitence. Saint Grégoire lui écrivit qu'il le recevait à sa communion et à ses bonnes
grâces, et l'exhortait à reprendre la conduite e son troupeau, et à travailler à faire rentrer dans la communion de l'Eglise tous ceux qui s'en étaient séparés.
On peut croire que rexarcjue romain, qui n'aimait pas saint Grégoire, entretenait Maxime de Salone dans sa désobéissance; car il se rendit sous l'exarque Cailiniq^ue, et saint Grégoire en écrivit ainsi à Marinien de Ravenne, vers le mois de novembre 598 : L'exarque Callinique m'écrit continuellement pour Maxime, Vaincu var son importunité^ je n^ai pu faire autre chose que de vous renvoyer cette affaire. Si donc Maxime vient de* vant vouSf Honorât, archidiacre de la même Eglise^ y doit aussi être amené , afin que vous connaissiez si Maxime a été ordonné légiti^ mementf s'il n* est point coupable de simonie ou dimpureté^ sHln'a pas su qu'il était excommunié quand il a célébré la Messe; et vous ordonnerez ce que vous jugerez à propos devant Dieu^ afin que nous puissions consens tir à votre jugement. Que si vous êtes suspect à Vexarque^ il faut que notre vénérable frire Constantius , évéque de Milan , vienne à Ravenne y pour juger avec vous; et soyez assuré que le jugement que vous aurez prononcé ensemble sera le mien. Il en écrivit ainsi à Constantius de Milan.
Maxime se rendit à Ravenne, et saint Grégoire y envoya Castorius, cartulaire de l'Eglise romaine, avec cette commission : Si Maxime déclare par serment qu'il n'est point coupable de simonie et des autres cri^ meSf en étant requis devant le corps de saint Apollinaire, et s il fait pénitence de sa désobéissancCf vous lut donnerez pour le conso- 1er, la lettre que nous lui avons écrite. Vous prendrez aussi grand soin qu'il ne garde aucun ressentiment contre Sabinien, évéque de Zara, contre Carchidiacre Honorât et les autres qui ont en recours au Saint-Siège. Le Pape laissait à Marinien le jugement de la pénitence que Maxime devait faire, pour avoir célébré la Messe étant excommunié. Ces lettres sont du mois de juillet, an 599.
Castorius étant arrivé à Ravenne et avant (lerlaré sa commission, Maxime de Salone se prosterna sur le pavé, au milieu de la Tille, en criant : « J*ai péché contre Dieu et
contre le bienheureux Pape Grégoire, » et demeura ainsi en posture de pénitent pendant trois heures. L'exarque Callini(]ue, le cartulaire Castorius et Tévèque Marinien y accoururent; et Maxime, s'étant relevé,' témoigna encore devant eux de plus grands sentiments de pénitence. On le mena au corps de saint Apollinaire, où il jura qu*il était innocent de tout ce qu'on lui avait reproché touchant les femmes ou la simonie. Alors Castorius lui donna la lettre du Pape , par laquelle il lui rendait sa communion et ses bonnes grAces, et lui accordait le pallium, à la charge d'envoyer quelqu'un poar le recevoir, suivant la coutume, lui déclarant l'obligation qu'il avait à l'exarque Callinique. Castorius revint è Rome, atnenaut un diacre de Maxime, qui fit au Pape la relation de tout ce qui s'était passé, et reçut le gallium, avec une lettre pour Maxime, où le ape témoigne être pleinement satisfait, et l'exhorte à une parfaite réconciliation avec Tévéque Sabinien , l'archidiacre Honorât et un clerc nommé Messien, qui s'était réfugié à Rome. Ainsi fut terminée cette affaira, le 26 août 599.
Celte année 599, saint Grégoire envoya en Gaule Cyriaque, abbé de son monastère de Rome, pour faire tenir un concile. Comme il devait passer à Marseille, il le recommanda à I évoque Serenus, à qui il dit dans la môme lettre : J'ai' appris il y a longtemps que, voyant quelques personnes adorer les images de l'Eglise, vous les aviez brisées et jetées dehors. Je loue votre zèle pour empé^ cher que ce qui est fait .de main d homme soit adore : mais je crois que vous ne deviez pas briser ces images. Car on met des peintures dans les églises , afin que ceux qui ne savent pas lire voient sur les murailles ce qu'ils ne peuvent apprendre dans les livres. Vous de* viez donc tes garder, et détourner le peuple de pécher en adorant la peinture. Ces imiges étaient apparemment sur du bois, comme la plupart des anciens tableaux.
Serenus ne se rendit point à cette lettre, et écrivit à saint Grégoire comme doutant qu'elle fût de lui. Sur quoi saint Grégoire lui répondit, Tannée suivante [600] : Vous ne deviez avoir aucun soupçon de Fabbé Cyriaque, qui était porteur de mes lettres. Et ensuite, parlant des images qu'il avait brisées : Dites-moi, mon frère, quel évéque arex-rouJ entendu dire qui en ait fait autant? Cette seule considération ne devait- elle pas vous retenir, afin de ne pas paraître seul pieux et sage, au mépris de vos frères? El ensuite : On dit qu'en brisant ces images, vous atez tellement scandalisé votre peuple, que la plupart s'est séparé de votre communion. Il faut les appeler et leur montrer, par f Ecriture sainte, qu'il n'est pas permis d'adorer ce qui est de main d'homme. Puis ajouter que,voyant l'usage légitime des images tourne en adoration, vous en avez été indigné, et les avez fait briser. Vous ajouterez : Si vous voulez avoir des images dans l'église pour votre instruction, pour laquelle on les a faites ancienne* mentf je vous le permets volontiers. Ainsi
GRC
DES PAPES
GRE
no
TOUS Us adoucirez et les ramènerez à Vunion. Si quelqu'un veut faire des images, ne Vempé" chez pas : défendez seulement de les adorer. La rue des histoires doit exciter en eux la componction ; mais ils ne doivent se proster* ner que pour adorer la sainte Trinité. Je rous dis tout ceci par Vamour que fai pour r Eglise^ non pour affaiblir votre zèle ^ mais pour vous encourager dans votre devoir.
L*abbé Cyriaque était envoyé |>our la ré« formation des abus, dont saint Grégoire s'était plaint à saint Virgile d*Arles, et à la reine Brunehaut. Le Pape écrivit à cet effet une lettre circulaire à quatre des plus considérables évoques deis Gaules, Syagrius d*Autnni Etherius de Lyon, Virgile d'Arles et Didier de Vienne. Tai appris^ dit-il, que dans les Gaules on confère les ordres sacrés par simonie. Cest chercher seulement le vain titre du sacerdoce^ et non pas la charge : car il s'ensuit delà^ que sans examiner les mceurs^ l'on ne juge digne que celui qui offre de l'ar» gent^ et qui pour cela même en est plus indi^ gne. Comme il faut amener au saint autel relui qui s'en éloiane^ étant recherché; ainsi il en faut chasser bien loin celui qui s'empresse de lut même. Après avoir ainsi acheté^ on est obligé de revendre : on ne songe plus à cette parole divine : Vous avez rtçu aratuitement^ donnez gratuitement. Souvent le démon «tirprend par une apparence depiélé^ persuadant de recevoir de la main des riches^ pour don^ ner aux pauvres. Mais ce n'est pas une au^ mône^ de distribuer aux paiêvres le bien mal icquis : et il n*y a aucun mérite à bâtir des monastères ou des hôpitaux^ du prix des or^ iinations. Autre chose est de faire Vaumône^ oour réparer ses péchés ; autre chose de com^ mettre des péchés^ pour faire Vaumône.
Toi appris aussi que quelques ambitieux se ^ont couper les cheveux^ sitôt qu*un évêifue :st mon, et de laique deviennent tout d un 'oup évéques. Quel bien peuvent faire à leur roupeaut ceux qi*i osent prendre la place de nattres^ avant a avoir été disciples Y Quelque nériie qu'ait un Aomme, t7 faut qu'il soit au^ TaraTont exercé aux fonctions ecclésiastiques ians tous les ordres différents. Il est écrite }ue les diacres doivent être éprouvés avant de crrir: combien plus celui qui doit prier pour e peuple? Il n'y a donc aucune excuse con're le précepte de saint Paul^ qui défend d^or* ionner un néophyte^ ou de se hâter d'imposer es mains. Car iï faut à présent tenir pour téovhyte^ celui aux est nouveau dans Vnabit le ta religion, tt il ne faut point alléguer de outume; puisque celui qui est mauvais doit Ure corrigé et non pas pris pour exemple. ^'habil de religion, dont parle saint t>ré- (oire» esl Thabit ecclésiastiaue, qui comnen^ait h être distingué de l habit laïque, le puis rétablissement des nations barbares : ar los clercs {^ardèrent l*habit romain.
Saint Grégoire demande encore que Ton léfende aux clercs, qui sont dans les ordres acres, de loger avec des femmes, autres que elles qui sont exceptées par les canons. 11 ^commande la tenue des conciles, pour erminer les différends des évéques entr<^
eux ou avec leurs ouailles, et pour conférer ensemble de la discipline. Vous savez, dit-il, qu'il est ordonné par les canons de tenir leçon* cile deux fois Fan ; mais de peur qu'il n'y ait quelque empêchement nécessaire^ nous ordon» nons toute excuse cessant^ qu'il se tienneune fois fan^ afin que chacun soit retenu dans son de^ voir 9 par l'attention du concile.Assemblez donc ' un concile pour toutes ces choses^ à la dtit« gencede l'évêque Syagrius et de VabbéCyriaque^ et y condamnez sous peine Sanathème^ tout ce qui est contraire aux canons. L'évêque Sya^
Î^riusnous enverra par Fabbé Cyriaque la reationdecequi se sera passé dans le concile. Il est remarauable que Tévêque d*Autun soit chargé de la tenue de ce concile, plutôt que celui de Lyon ou d'Arles; Hais c'est que le Pape savait l'affection que les rois et la reine lui portaient : comme il le marque dans une lettre particulière au même Sya« grius. Elle commence par des remerclments des bons offices qu'il a rendus à l'évêque Augustin d*Angleterre, pour reconnaissance aesquels le Pape lui accorde enfin le pallium, qu'il demandait depuis si longtemps. Et pour en soutenir la dignité, il donne à rÉçlisé d'Autun le premier rang dans la province, sans préjudice de Lyon, qui en est la métropole; et TËglise d'Autun jouit longtemps de cette prérogative. Saint Grégoire écrivit à la reine Brunehaut, et aux rois Théodoric et Théodebert ses petits-fils, touchant ce concile, auauel Tabbé C^riaque devait assister. Dans la lettre aux rois, il se plaint que les terres de l'Eglise payent des tributs: et Grégoire de Tours fait connaître
aue cet abus régnait de son temps, lorsqu'il it que le roi Cnildebert remit toutes sortes de tributs, tant aux églises qu'aux monastères de Clermont en Auvergne.
Saint Grégoire ordonna en particulier à saint Arige, évéque de Gap,d'as5ister au concile, et de lui en envoyer la relation; parce qu'il avait en lui une parfaite confiance. Saint Ariti^e ou Aridius, avait été élu évéque de Gap vingt ans auparavant, en 579, après la déuosition de Sagittaire.il assista au concile cle Valence, et au second de Mflcon, en 585. En même temps saint Grégoire lui envoya par Tabbé Cyriaque des dalmatiques, pour lui et pour son archidiacre, leur en accordant l'usage, comme saint Arige Tavait demandé étant à Rome. Il esl a croire que les évêaues da Gaule ne portaient pas encore ce vêtement : car saint Grégoire en parle comme d'une grâce qui ne s'accordait pas légèrement.
Vers le même temps, saint Grégoire écrivit encore à Syagrius d'Autun, et aux deux jeunes rois, en faveur d'Ursicin, évêc^ue de Turin à qui on avait ôlé quelque église de sou diocèse. Les Lombards ayant iait une irruption dans les Gaules, furent battus et repoussés par le duc Monmol, et obligés de céder au roi Gontran les villes d'Aoust et de Ségusinus ou Suse, avec tout le territoire. Le roi Gontran soumit le pays de Suse à l'Eglise de Maurienne. On y avait même ordonné un nouvel évéque, et on avait enlevé
DICTION?UtRE
eus
des bions de I^BgHse deTorin. C*est de tous ces griefs que saint Grégoire demande la réuaralion.
Didier, évèqoe de Vienne, prétendait que le Saint-Siése arait antrefois accordé quelques privilèges à son Eglise* et entre autres rusage du pallium ; et en demandait le réla* blissement. Saint Grégaire lui répond : Nous avcnê faii ckereker dans te$ archives de noire Eglise^ et tm »*a rien pu trottver. Faites thercher entre Us titres de la vôtre; et si vous irouvsM quelque pièce qui nous puisse tnt- Initre, ayex soin de nous Venvoyer.
De Gaule, l*abbé Cyriaque passa eo Espagne, apparemment pour y faire aussi tenir UB concile. Il portait des lettres à saint Léandre, au rot Recarède et à Claude, ffrand capitaine très-fertueus , et en qui le roi a?ail grande confiance. Dans la lettre à saint Léandre^ saint Grégoire se plaint de la charge de l'épiscopat, comme il faisait dès le com- Bienceaient. Je ne suis plus^ dit*il, celui que vous avex connu. En montant au dehors^ je suis déchu mu dedans. J^avais désiré^ suitant les traces de mon divin Chef^ S être V opprobre des hommes^ et rabjection au peufle. Mainte nani je suis accablé de cette aipntté onéreuse^ une infinité de soins m* étourdissent et me dtf- Mrent. Mon cœur n'a point de repos ; et il est toujours plongé dans des pensées basses^ ssms pouvoir preyue s*élever un moment d la contemplation. Mon âme est engourdie et presque réduite à la stupidité : étant eon^ irainteà s'appliquer aux choses terrestres ^ et quelquefois même à faire des fautes par dégoéU. Il finit sa lettre en marquant qu*ii lui envoie le pallinm ; et il ajoute dans la lettre au roi, qu il le fait en considération de Tancîenne coutume, et du mérite de Léandre.
Cette lettre au roi Recarède est pleine de louange du zèle qu'il avait montré en procurant la conversion des Gotbs ses sujets ; mais saint Grégoire j ajoute des avis mo* destes, Teibortant aui deux vertus les plus rares dans les princes, Thumilité et la pureté du corps. Ajfex join, ajoute-t-il, de ne pas tous laisser surprendre à la colère^ et ne pas fkire promptement tout ce qui voue est permis. tm eotêre^ même en punissant les coupables, ne doit marcher qu'apris la raison, et lui obéir comme «ne esclave. Qt/uxnd elle est la maîtresse, elle fait passer pour justice la cruauté mime. Saint Grégoire loue aussi le rot, de ce qu'ayant fait une constitution contre les Juifs, il avait refusé une grande somme d'argent qu'ils offraient, pour en obtenir la révocation. Il avait envoyé des
Ërésenls k l'église de Saint-Pierre, et saint régoire lui enenvoiedeson côté, qui consistent en une petite def contenant du fer des chaînes de saint Pierre , une croii, où il y avait du bots de la vraie croix, et descheveux de saint Jean-Baptiste, et une autre clef de saint Pierre. II s'était déjk tenu trois conciles en Espagne, depuis que saint Grégoire était Pape : une Saragosse, un à Tolède, an à Huesca.
Saint Grégoire prenait toujours grand sr«in de l'Eglise d'Afrique. Dès l'année 593, it
écrivit k Aoéodat, primat de Nanmlie, eii Colomb, évèque de la même proYince, n qui il avait une confiance particulière, pmir empêcher que l'on n'élevât aux oidres s», créa de jeunes gens, et qu'il n'y eût de li simonie dans les ordinations , les priint dt l'instruire exactement de ce oai le sertit
Sassé dans le concile qu'ils ailaieot tenir, lais au commencement do mois de septeobre 583t ayant appris qu'il se cof&aieiiiii plusieurs abus contre les canons dans ccut province de Numidie, il chargea Vi%h^ Colombd'en informer , et écrivit k Genoade, exarque d'Afrique, de lui donner prolecl)<>6 pour tout ce qui regardait la disdoiiBe eedésiastique.
Au mois de juin de Tannée SM,aysDtipprîs que l'audace des donatistes s'était aocne iusqu'k rebaptiser les Catholiques, etchasser les évdques de leurs Eglises , il eo ferim fortement h Pantaléon, préfet d'Afrique, poor l'exhorter à faire exécuter les lois, tant pov sa répution, que par la crainte de Kso,qni lui demanderait compte de cesâmes, i\\ m faisait pas tout son possible pour en emptci» ta perte. En même temps, il écrivit ICoIoqlN et à un autre évèque nommé Victor, ki exhortant à chercher ensemble les DOjess d'étouffer ce mal dans m naissance.
Dominique, évèque de Carthaee, vonto y remédier, obtint un ordre de 1 eœperesr, contre les donatistes ; et pour en procum l'exécution, tint un concile, oà il fotré»>)v que tous les évèques veilleraient k la red)er* che de ces hérétiques, sous peine de per^-t leur bien et leur di|jnité. Il envoya lescrîff de ce concile è saint Grégoire, qui Iv i beaucoup son zèle. Jlfats, aionta-twi. j><rirti que ce décret ne scandalise tes primate du n< très provinces. Or, avant de corriger cens fu sont hors de f Eglise, il foui avoir «ets à conserver au dedans Vunion des éséquîB, p» vous donnera bien plus de force ceetrt In hérétiques. C'est que les évêques des loir^ provinces d'Afrique n'étaient pas chW^ d'exécuter les décrets de la province pariiev* lière de Carthage. Cette lettre est do cvo* mencement de septembre 89%.
Les ordres de I empereur Maurice, emttrr les donatistes , furent mal exécutés ; il a trouvait des Catholiques, et même des drrts,
![ui leurs laissaient baptiser leurs eotuits eurs esclaves, et les autres persoosestic leur dépendance. Us gasnaienl tout par«r-
Sent, et la foi se vendait pubiiqoeofot^ Irique. Des évêques du pays étaot tcbos k Rome, s'en plaignirent k saint Gr^'v« entre autresun nommé Paul, qui, avecdeai autres, prétendaient être persécutés [«r w patrice Geunade, excité par les dooitisitf. Le Pape les renvova tous trois k reofiertor, k cause de l'intérêt que le natrice SfaitdiRi cette affaire. La lettre est de la fin do bmi d'août 5Ô6.
Le primat de la province deWjudfi^ étant accusé d'un crime, rempereurorduiuu par deux fois, que le Pape le jugeât, soiriot les canons ; mais saint Gr^ire voyant m oppositions de quelques pcrsonnesi oe fw»
SIS
DBS PAPES.