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fioîot prendre connaissance de cette affaire ; comme il d^lara k leant évéque de Sjracnse, qui loi at ait écrit. Il ajoute parlant de ce primat : Quant à ce qu*il ditf qu'il e$i iou^ misauSQ$ni-Siég$jjen9êaii fuel évéguen'f r Jl fws soumis^ /orsçw't/ se trouve en faute ; auatque hors de ee cae letii leê Mques soient hjcux Melon lee lois de rhumilité. Tant que les étAques font leur devoir» ils les traite d*étfaui , mais il est supérieur de tous» quand il s agit de les corrijiser. Cette lettre est environ do mois de juin 500.
L'un des travaux les çlus considérables de ce saint Pape, et très-utile à r£gliset fut la réforme de TOlBce. Fleury explique longuement quelle fut Toccasion de cette réforme et en quoi elle consiste: nous regrettons de n'en pouvoir dire qu*utt mot.Vers la fin de 599, saint Grégoire écrivit à Jean de Syracuse une lettre importante, touchant plusieurs cérémonies. Elle commence ainsi : Un homme Tenant de Sicile m*a dit que quelqueê^une de 9tt amie grecs et latins^ murmuraient de mes règlements^ sous prétexte de xUe pour F Eglise romaine, et disaient : Comment prétend^il abaisser téglise de Constantinople, lui qui en suit en tout les coutumes , et il m'a répondu : Vous ates ordonné de dire Alléluia à la Messe, hors le temps pascal ; vous faites dire K jrie eieison;e(m« iUtes rOraisondominicalSf incontinent après le canon. » Je lui ai répondu^ quen tout cela je nHmite aucune autre Eglise»
Saint Grégoire continue : C'était Fancienne coutume, que les sous diacres ne portassent que TaifÂei comme il paraU par vos Eglises, qui nontias reçu celte coutume des iirees, mais de lEglise romaine leur mire; et quelquun de nosévéques les avait fait fnareher revêtus de tuniques. Nous ne disons pas Kyrie eleison romme lee Grecs. Chez eux, tous le disent ensemble ; chez nous, il ti*y a que les clercs, le peuple répond seulement ; et nous disons autant de fois Christe eleison, que les Orecs ne disent point du tout. Au resie on Accusait h tort saint Grégoire, d'avoir introduit \v Kj/rie eleison: puisque soixante et dix ans auparavant, le concile de Vaison téiiint«^nait que cette prière était reçue par le Saint-Siégc. On la nommait aussi la htanie. ^aintGrégoire continue : Nous disons lOrai' son dominicale aussitôt après le canon^ parce que la coutume des apôtres était de n'endire point d'autre pour la consécration ; et U tftCa jtaru peu convenable d*y dire une prière composée par un savant, et n'y pas dire celle que ffotrt-Seigneur y a composée lui-même. £t ensuite : Quant à ce quils disent de VEglise de Constantinople, personne ne doute, quelle ne soit soumise au Saint-Siège, conune l'emprreur et Vévéqme de la même ville le déclarent continuellement. Toutefois si cette Eglise, ou quelque autre a quelque chose de bon Je suis prêt à imiter, dans le bien, mes inférieurs tnémes : car ce serait une sottise de mettre la primauté dans le mépris dapprendre ce qui est meilleur.
On voit, par cette lettre, que saint Gré- Roire avait déjà réformé TOffice de r£gli$e romaine en SW, et comme c*est une des ulus
célèbres actions de aon pontificat, elle mé« rite que nous en disions quelque chose. Le PapeGélaseavait fait un recueil de TOffice des Messes^ dont saint Grégoire relrandia plusieurs parties, en changea quelques-unes, et en ajouta d'autres. U recueillit le tout en un volume, qui est son Sacramentaire. On nommait ainsi autrefois le livre qui contenait les prières que leprélre devait dire dans Tadminislration des sacrements, et princi* naiement dans la célébration du saint Sacrifice; tout ce qui se devait chanter était marqué dans un autre volume nommé Antipha^ nnire, parce que Ton chantait alternativement; d*où vient le nom d'antiphones on antiennes, comme on le comprend. Les leçons étaient comprises dans un autre volume nommé Lectionnaire. Les psaumes étaient è part dans le Psautier, et pour montrer les règles que Ton devait observer dans la pratique, il y avait un autre volume nommé Ordre. Les Grecs ont encore ainsi plusieurs livres séparés pour les différentes parties do TOflice. Les Latins avaient plusieurs Ordraf, pour les différentes fonctions, comme l'Ordre de la Messe pontificale, l'Ordre du baptême, l'Ordre de rordiiialion. Les écrits que nous avons, sous le nom d'Ordre romain, sont les plus anciens qui nous restent en ce genre ; on les croit au moins du temps de saint Grégoire. On les nomme Ordres romains, parce que les Ejzlîses de cliaque pays avaient leurs Ordres différents pour la Liturgie et les autres prière» de TOflice. Non-seulement la Grèce et l'Orient, mais tes églises latines ; l'Afrique, l'Espagne, la Gaule, et la partie d'Italie gui dépendait de Milan, avaient leurs liturgies.
Ce fut saint Grégoire qui régla les stations i Rome, c'est-à-dire les églises où se devait faire l'Ofiice chaque jour de Carême, des Quatre-Temps ou des fêtes solennelles ; car les fêtes des saints se célébraient aux églises où étaient leurs reliques. H marqua donc ces stations dans son Sacramentaire, comme elles sont encore dans le Missel romain, et les attacha principalement aux églises patriarcales et aux titulaires; mais quoique les stations fussent fixées , Tarcbidiacre ne laissait pas, après que le Pape avait communié, a'annoncerau peuple la station suivante.
Outre les prières marquées dans le Sacramentaire, il y en avait d'autres moins solennelles, que le célébrant disait eu son particulier, soit avant, soit pendant la Messe. Auparavant il faisait la préparation, qui était longue et consistait en plusieurs psaumes, versets et oraisons, qu'il disait avec ses ministres, tant avant de se revêtir qu'en prenant les ornements. Il priait en marchante l'autel, et quand il y était arrivé, il faisait la confession avec ses ministres. Il faisait d'aut*-es prièi'es tandis que le chcsur chantait Kyrie, Gloria in exeelsis, le Graduel et le reste. Il priait avant de recevoir les offrandes, en les recevant, et après; en bénissant l'encens, et en encensani. Il aa recommandait aux assistants, en disant ; Oro^a fratres. Le célébrant priait encore à la Communion, el
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pour lui» et pour les autres. Enfin il faisait ses actions de grâces à peu près telles que nous les faisons encore. Il reste des recueils anciens de toutes ces prières; mais on ne croit pas qu'ils soient du temps de saint Grégoire.
Outre la Messe pontincale, et ce qui regarde l'Eucharistie, on voit dans le Sacramentaire de saint Grégoire, et dans l'Ordre romain, l'administration du baptême et l'ordination. Saint Grégoire ne se contenta pas de régler les prières que l'on devait chanter, il en régla aussi le chaut; et pour en conserver la tradition, il établit à Rome une école de chantres, qui subsistait encore trois cents ans après, du temps de Jean, diacre. Il lui avait donné quelques terres, avec deux maisons; l'une près de Saint-Pierre, l'autre près de Saint-Jean de Latran» où, du temps de Jean, diacre, on gardait avec respect l'original de son Antiphonier, avec le lit où il se reposait en chantant, et le fouet dont il menafait les enfants. Augustin allant en Bretagne, emmena des chantres de cette école romaine, qui instruisirent aussi les Gaulois. On nommait école, non-seulement le lieu où on apprenait à chanter, mais le chœur de l'église et la compagnie même des chantres, ^t , en général , 1 usage de ce temps-là avait donné le nom d'école, ou scola^ à toutes les compagnies , même à celles des gens de guerre.
Au reste, saint Grégoire n'avait pas moins de soin de réprimer les superstitions que de conserver les saintes cérémonies. On le voit par un bref adressé aux citoyens romains, en ces termes : J'ai appris que quelques-uns sèment des erreurs parmi vous , et défendent de travailler le samedi. S'il faut garder à la lettre le précepte du «a6Aa^, il faut donc aussi observer la circoncision^ contrela défense de saint Paul. Mais tune et l'au-ire ne sont plus observés que spirituellement. Ils prétendent aussi que l'on ne doit pas se baigner le dimanche. Si on veut le faire par volupté^ nous ne te permettons enaueunjour ; mais si cest par nécessitéf nous ne le défendons pas même le dimanche: autrement il ne faudrait pas ce jour-là se laver même le vïsage. H faut donc pendant le dimanche s'abs* tenir du travail corporel, et s'appliquer à ta prière^ pour expier les négligences des six autres jours de la semaine.
Il voulait que l'on poursuivit les enchanteurs et les sorciers. H loua le zèle que le notaire Adrien avait témoigné contre eux, rassurant qu'il serait autorisé, et l'exhortant à 'les rechercher et à les punir sévèrement. Maximien, évêque de S^^racuse, avait trouvé chez lui des gens inlestés d'un malélice nommé canterme , et les avait fait emprisonner; mais il mourut avant d'avoir pu les punir. C'est pourquoi saint Grégoire écrivit au diacre Cyprien, recteur du patrimoine de Sicile, de continuer cette poursuite.
Envoyez-nous ici les coupables, ajoute-t-il, si Von peut les y convaincre ;;,mais comme je le crois impossible^ vous devez ks punir sévèrement sur les lieux. J espère que le préteur Li-
bertin vous prêtera secours; mais quand le juge séculier s'y opposerait, vous ne devriez pas mollir dans une telle occasion.
Saint Grégoire ayant appris qu*il devait se tenir un concile à Constantinople, crai-
f;nit que l'évêque Cyriaque ne s'en prévaut pour faire autoriser sa prétention de titre universel. C'est pourquoi il écrivit aux principaux évêques, qui devaient assister à ce concile : savoir, Éusèbe de Thessaloni-
Îue, Urbious de Damas, André deNi(*^poli, ean de Corinthe, Jean de Jusiinienne, Jean de Crète, Jean de Larisse, tous métropolitains, et à plusieurs autres.^ Il reprend dès l'origine, la prétention de Jean le Jeûneur, et ajoute: Je vous exhorte et vous conseille, qu'aucun de vous ne consente jamais à ce titre, ne reçoive aucun écrit ou il soit, et ne l'autorise par la souscription. Car si un évêque est universel, comme il prétend, il reste que vous ne soyez point évéques. De pluê, nous avons appris que vous êtes appelés à Constantinople. C'est pourquoi, de peur qu'on ne prenne occasion de votre concile, pour vous surprendre, quoique Fon ne puisse rien faire de valable, sans l'autorité du Saint- Siège : toutefois, je vous avertis, et vous con'jure devant Dieu, de ne céder ni aux persuasions, ni aux caresses, ni aux promesses, ni aux menaces, mais d'avoir devant les yeux le jugement éternel, et de résister avec une fer'» mêlé pastorale, à celui qui voudrait diviser l'Eglise. Et quand même il ne serait point question de ce litre odieux, soyez vigilants, pour empêcher que l'on n'orchntie rien au préjudice de quelque siège, ou de quelque personne^ et que les canons ne soient point blés-ses. Car si quelqu'un manquait à quelque chose, du contenu de cette lettre, il serait retranché de la communion de saint Pierre» Cette lettre fut écrite en 599.
Au commencement du mois de septembre de la même aimée 599, saint Grégoire érrivit è l'empereur Maurice, pour le remercier des trente livres d'or, qu'ilavaitenvoyéesaux pauvres do Rome, par un de ses officiers. Jllesa fidèlement distribuées, dii setini Grégoire, aux évéques et aux autres pauvres. Et parce que plusieurs religieuses sont tenues dans cette ville fuyant de diverses j^rovinces : nous avons mis aans des monastères^ celles qui ont pu y trouver place ; les autres demeu-' rent à part, et vivent fort pauvrement. Nous avons donc cru leur devoir donner ce qui restait, après avoir assisté les aveugles, les^ estropiés, et les autres invalides. On a aussi distribué la paye aux soldats : ce qui a fait cesser leurs murmures, et attiré des actions de grâces. Ces évéques comptés entre les pauvres, étaient apparemment ceux , qui* étant chassés de leurs sièges par les Lombards, se réfugiaient à Rome. Quant aux religieuses, saint Grégoire en parle aussi daus une autre lettre à Théoctisle, sœur de Tempereur et gouvernante de ses enfants, qui» deux ans auparavant, lui envoya une (pareille somme de trente livres d'or. /c w'^^ réjouis pour vous, dit-ii,mai> je crains pour moi; parce que je dois rendre compte à Dieu,
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DES PAPES
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\im-teulemeni du bien ae saint Pitrrt^mais lu vôtre. La tille de Crotone^ sur la mer^ fui frise l'année passée par les Lombards^ ils en mmenirent captifs plusieurs nobles^ dont \uelques-uns ont été rachetés: mais plusieurs ont demeurés entre leurs mainj, parce qu'ils es mettent à trop haut prix.Tai envoyé aus* titôt la moitié de votre argent^ pour les ra* 'heter.J'ai destiné Tautre moitié^ pour acheer des couvertures de lit aux religieuses, fui souffrent beaucoup du froid dans la ri' jueur Je cet hiver. Elles sont au nombre de rois mille, et reçoivent quatre-vingts livres far an, des biens de saint Pierre: mais qu'est^ -e que cela, pour une si grande multitude? 7f incipalement dans cette ville, oii tout est ^ort cher? Au reste, elles mènent une telle vie^ ians une si grande abstinence, et tant de larnés, que nous leur devons, sans doute, notre 'onservation entre les glaives des Lombards. Zelie lettre h Théoctiste est de Tan 597.
Quatre ans après, il lui écrivit une lettre le coQsolation« sur ce qu'il apprit» qu*on accusait à tort de quelques erreurs, et |u*elle en était sensiblement affl'gée. Celui, iii'W, qui a dans le ciel le témoin de sa vie, le doit pas craindre les jugements des hom^ nés sur la (erre. Les bons ne peuvent éviter 'ci-bas d'être mêlés avec les méchants: et :omme plusieurs louent les bons plus qu'ils le doivent. Dieu permet, pour les humilier, fue les méchants les calomnient. Vous ne levez donc pas vous en affliger le moins du nonde. Mais parce que vous pouvez faire -esser ce murmure, je crois, que ce serait un >éché de le négliger. Nous devons mépriser le candale de ceux que nous ne pouvons cofienter: mais quand nous le pouvons arrêter ans pécher, nous le devons.
Vous devez donc appeler en secret les prin-
ipaux de ceux qui murmurent contre vous;
rur rendre raison de votre croyance, et ana-
kématiser devant eux les erreurs qu'ils vous
li'Putent. Et s'ils croient, comme on dit, que
'oire anathème n'est pas sincère, vous devez
néme y ajouter le serment. Et vous ne de-
-ez point trouver cette satisfaction indigne
ie votre rang: puisque nous sommes tous
'rires, créés et rachetés par un même Maître.
Mînt Pierre ayant reçu le pouvoir de lier et
ie délier, et de faire des miracles , n'opposa
^oint son autorité à ceux qui se plaignaient^
le ce qu'il était entré chez Corneille : et ne
eurdit point,que ce n'était pas aux ouailles à
fprendre leur pasteur. Mais il les apaisa en
éur rendant humblement raison. Quand fé^
fiis à Constaniinople, plusieursp accusés de
-fs erreurs, venaient souvent me trouver.
Mais Je proteste, dans ma conscience, que je
«y ai jamais rien trouvé de ce que Fon ai*
(ttii. C'est pourvoi je méprisais cet dis-
:ours^ je recevais familièrement ces persan*
t^<, et m'appliquais à les défendre contre
^eurs persécuteurs.
On disait qu'ils rompaient les mariages '</M« prétexte de religion ; qu'ils soutenaient fue te baptême n*6tait pas entièrement les iféchés : et que si quelqu'un faisait pénitence pendant trsfis ans, il pouvait ensuite s'aban^
donner au péché. Enfin, que si on les contrai'' gnait d'anathématiser quelqu'une de ces erreurs, ils prétendaient que cet anathème ne les obligeait point. S'il y a des gens dans ces sentiments, il est certain qu'ils ne sont pas Chrétiens. Je les analhématise, moi, et tous les évêques catholiques, et toute l'Eglise. Ensuite saint Grégoire réfute solidement ces erreurs par l'Ecriture , et répèle qu'il n*a trouvé personne qui les soutint à Constaniinople. Je ne crois pas même, ajoutait-iI| qu'il y en eût : car je les aurais connus. Mais plu* sieurs fidèles sont échauffés d'un zèle indiscret , et souvent font des hérésies, en poursuis vant de prétendus hérétiques. C'est pourquoi il faut avoir égard à leur faiblesse et les apai" serpar raison et par douceur»
Saint Grégoire écrivit en 597 à Grégoria^ une des dames de la chambre de l'impératrice; et lui dit entre autres choses : Vous dites que vous ne cesserez point de m' importuner^ jus-» qu'à ce que je vous écrive, qu'il m'a été révélé que vos péchés vous sont remis : vous me demandez une chose difficile et inutile. Difficile, parce que je suis indigne d'avoir des révélations : inutile, parce que vous ne devez point être sans inquiétude de vos péchés, jus» qu'à la fin de votre vie, oà vous ne pourrez plus les pleurer. La sécurité est la mère de la négligence : il faut que vous soyez en crainte pendant le peu de temps de cette rie, pour arriver à la sécuriéet a la joie éternelle.
Anastase, patriarche d'Ântiocbe, mourut vers la fin de l'an 598, après avoir tenu ce siège pendant seize ans, à deux reprises : premièrement onze ans depuis 561, jusqu'à 572, qu'il fut chassé, et Grégoire mis à sa place ; puis cing ans depuis son rétablissement, en 593. Ainsi il devait être fort âgé. Il laissa plusieurs lettres et plusieurs sermons, dont quelques-uns se trouvent encore. Mais il faut bien se garder de confondre ses écrits ou sa personne avec saint Anastase Sinaite, prêtre et moine, qui vivait encore vingt ans après ; ni avec Anastase d'Antioche, son successeur, ({ue l'on surnomme le Jeune, pour le distinsuer, et qui tint le siège neuf ans. C'est à ce (lernier, que saint Grétfoire écrivit, vers le mois de mai de l'an 599, témoignant être content de sa profession de foi, et l'exhortant, pour première offrande de son sacei doce, à purger les Eglises de sa dépendance de la simonie dont elles étaient infectées.
Saint Grégoire écrivit la même chose à Hésychius, patriarche de Jérusalem, successeur d'Amos, en GOl, par où Ton voit que la simonie avait lieu en Orient. Dans la même lettre, il rend témoignage à l'empereur Maurice, que les hérétiques n'osaient ouvrir la bouche sous son règne.
Saint Euloçe, patriarche d'Alexandrie »
composa plusieurs écrits contre les diverses sectes d'hérétiques, dont son Eglise était alQigée. Il avait particulièrement combattu lesagnoïtes, qui attribuaient l'ignorance h Jésus-Christ, abusant des passages de Vtr vangilo, où il parle comme ignorant/}uelqoe chose : il envoya ces écrits au Pape saint
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DICnONNAIRB
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Grégoire, qui lai réponail : Je n'y ai rien trouvé^ qu'à admirer. Car votre doctrine est iellement conforme aux Pires latins « ^ue je ne m^étonne point que le Saint-Esprit ait été le même dans la diversité des tan* gués. 11 confirme ensuite )e$ réponses de saint Ealoge,aux passages dont les agnoïtes abusaient) savoir : que Jésus-Christ avait cherché des signes hors de la saison ; qu'il dit qu'il ijjnore le jour et l'heure du jugement; qu*il dit à la Vierge sa Mère : Qu'y a-t'it entre vous et moi? mon heure n est pas encore venue; {Joan. n» 4.) qu'il disait, parlant de Lazare mort : Où favei-vous mis? Sur quoi saint Grégoire rapporte principallement l'autorité de saint Augustin. Il inoute : Il est tris-manifeste que quiconque nest pas nestorien^ ne peut être agnoite. En
Îiiot %t montre Feû^surdité de cette hérésie» ar les af/noites faisaient partie des euty^ chitnSf qui accusaient les Catholiques de nés»torianisme^ et toutefois retombaient dans cette hérésie^ dont ils avaient le plus d'horreur. Saint Grégoire dit ensuite» que le diacre AnatoliuSy son nonce h Constantinoplci lui avait proposé une autre question^ en disant : « Que répobdrai-je, si l'on m'objecte que, comme Jésus-Christ étant immortel, a bien voulu mourir pour nous, et étant éternel, a bien voulu se soumettre au temps ; ainsi la sagesse de Dieu s'est chargée de notre ignorance, pour nous délivrer de l'ignorance. 9 Je ne lui ai pas encore répondu surcejgointf dit saint Grégoire, ayant été retenu jusqu'ici par une grave malame : mais je commence par le secours de vos prières f à recouvrer la santé. Au reste f je vous avertis^ que' nous manmions fort ici de bons inter* prêtes. Nous f^en avons point qui sachent rendre le sens, ils veulent toujours traduire mot à mot : en sorte que nous avons bien de la
Î}eine û entendre leurs traductions. Cette eltre est du mois de février l'an 600.
Dans une autre du mois de juillet de la même année, ri dit h saint £uloge i Ilya pris de deux ans que je suis au /tl, ayant ta goutte aux pieds^ avec de si grandes dotUeurs^ qu'à peine tes jours de fêtes^ puis- je être levé pendant trois heures^ et célébrer la Messe. La Messe était longue, selon TOrdre romain,et quelquefois on comprenait sous ce nom tous les Offices divins. Saint Grégoire continue : Aussitôt apriSfje suis contraint de me recou^ cher avec une douleur violente^ Elle est quelquefois moindrCf quelquefois excessive : mais jamais si faible^ qu'elle cesse ni si forte^ qu'elle me fasse mourir, il en écrivait six mois a^rës, k son ami Venance, qui avait quitté I état monastique pour se marier, et
3ui était aussi tourmente de la goutte. Que evons-nous faire, dit-il, dans ces douleurs, sinon nous souvenir de nos péchés, et rendre grâces à Dieu ? puisqu'il nous purifie en af* pigeant cette chair, qui nous a tant fait pécher. La peine présente, si elle nous convertit, est la fin de ta faute précédente : sinon c'est le commencement de la peine suivante. Il faut donc bien prendre garde, que nous ne pas* si^ns d'un tourment à d'autres, et considérer
la bonté de Dieu, qui menace de h mort, qm nous méritons, sans nous la donner, pour nous inspirer une crainte salutaire ûtsttju^ gements. Combien de pécheurs sont demeurés plongés dans leurs crimes jusqu'à la mort^ sans fouffirir seulement un mal de tête; et ont été tout d'Un coup frappés et livrés au feu dî l'enfer. C'est ainsi que saint Grégoire profitait de sa maladie, et de celle de son amii pour Texciter à la pénitence. Quelque tem|i9 après, «achant qu'il était à l'extrémité, il écrivit à Jean* évèque de Syracuse, où était Venance, de l'exhorter à reprendre l'habit monastique, du moins en cet état: sous peine d'être condamné éternellement au jagement de Dieu. Mais en même temps saint Grégoire console les deux filles de Venance, Barbut et Anlonia, et en prend un soin paternel.
Au mois de février de la même année 601, il parlait ainsi de ses maux % Il y a long* temps que je ne puis me lever; car tantôt je suis tourmenté de la goutte; tantôt un certain feu douloureux se répand par tout mon corps, et me fait perdre courage^ Je sens tant dauires incommodités, que je ne puis les compter. Je le dis seulement en un mot^ que je suis tellement imbibé de cette humeur pemxc\eu$e, que la vie m'est une peine ; ^attends et je désire la mort comme mon unique remède. Il ea parle encore ainsi à une dame nommée Aasticienne, qui était aussi aifii^ée de la goutte: Je crains que vous ne souffriez de trop grandes douleurs, pour la délicatesse de votre corps. Vous savez comme fjtais, et cependant r amertume de cdur, l'affliction continuelle et la douleur delagouttCfm'ontréduitàuntel point, que mon corps est desséché comme dans te sépulcre : en sorte que je ne puis plut guère sortir du lit. Si donc, la goutte a pu consumer la masse de mon corps, que sera-ce du vôtre déjà si sec auparavant. Ces paroles font juger que saint Grégoire était naturellement grand et puissant, il marque au|)arivaut, qu à l'arrivée de celui que Kusticienne envoyait, il était si mal, qif on désespérait presque de sa vie.
Il n'y comptait guère lui-même, comme il parait, parce qu'il écrivait vers le roêoie temps à Marinien, évêqoe de Ravenne:
J'ai appris, dit -il, avec une sensible douleur^ que vous êtes malade d'un vomissement de sang. J'ai fait consulter les médecins que nous connaissons pour les plus savants Je vous envoie leur avis par écrit. Ils ordonnetd tous le eilenùe et le repos, mais je doute fort que vous puissiez le parder dans votre Egliie, vest pourquoi je eUts (tavis que vous commet' tiez des personnes qui puissent célébrer les Messes, prendre soin de tévêchéf exercer Ihospitalitif, et gouverner les monastères; et que vous veniez ici avant l'été, «i/bt que je prenne moi-'mêBie soin de vous, autcmt que f en suis capable. Car les médecins disent, que Vété est fort contraire à cette maladie. Il est tris-im' portant, que vous retourniez en santé à votre Eglise : ou si Dieu vous appelle à lui, que te soit entre les mains de vos amie. Et moi, qui me vois proche de la mort, si Dieu m'appelle avant vous^ il est bon gue ce so^t
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enirt t<^$ màin$. Si vous tenèz^ amenez ptu defen$;ear vous demeurerez avec rhoiaan»
Cétéehi, et cette Égthe vouê fournira les secours nûessaires. Aureste^ je ne vous tahorte points mais j> vous ordonne expressément dé ne pas entreprendras de jeûner c car hs mé^ dectM Usent que le jeûne est (ris-contraire A ce mal : je vous le permets seulement cinq fois fannée^ aux grandes solennités. Vous devez aussi vous abstenir des veilles^ et faire prononcer par un autre la bénédiction du clerfé et les explications de V Evangile^ que les épiques font à Pâques^ Celle ielire esl du mois de février 601^ ^ Conslanliusi évêque de Milan^ étanl mort l'année précédenley saint Grégoire en fut sensiblemekit affligé ( parce qu*il était très-vi-
Silanl i maintenir la discipline, et à défenre sa rille. C'est ainsi qu'il en écrit au clergé ei au ptuple de Milan; et il ajoute que l'élection qu' ils ont faite du diacre Deusaedi(> lui est fort agréable. Mais^ coniinue-il, je ne connais que son visage et non pas ses moiurs. CeH pourquoi, tant pour Vintérét de Dieu que pour le vôtre^ examinez soigneu' sèment^ s'il ny a point dans sa vie passée Quelque reproche qui le puisse exclure selon tes canons: et s'il est propre pour le gouver^ nemeni et le maintien de la discipline^ auquel cas nous voulons quil soit ordonné en vertu de cette lettre.
Quant à ce que vous a écrit Agilulfe {c'éiaii le roi des Lombards), n*en soyez point vn
feint; car nous ne consentirons jamais A ordination d'un homme élu par d'autres que par des catholiques^ et principalement par des Lombards ; t7 serait trop indigne d'être fucresseur de saint Ambroise. Et vous navez rien à craindre, puisque les terres de V Eglise de Milan ne sont point. Dieu merci, sous la domination des ennemis; mais en Sicile, et dans d'autres pays sujets de l'Empire. Afin donc qu'il n'y ait point de retard, nous avons envoyé notre notaire Pantaléon, pour faire sacrer Deusdedit de notre consentements selon la coutume.
L* Eglise de Naples vaqua vers le même letDps |«ar la au»rt de Fortunat; et dans rélectioii dii successeur, le peuple se parla* ^ea entre deux diacres, Jean et Pierre. En %yaai écrit au Pape saint Grégoire, celui-ci leur réiK>ndit : Ce partagen'est ninouveau, mi reprékênsible : mais j'at appris que le diacre fean a un€ fille encore petite; ainsi il ne de* rraii ni êireélu^ ni consentir A son élection: 'juisquil ne s est pas encore assez longtemps *xercé d la continence. Pour le diacre Pierre, pn dii qu'il est fort simple^ et vous savez ru en ces lemp$ on a besoin dans la première ^iaee dTun homme qui ait soin, non-seulemenl fu Motut des âmeSf mais de la sûreté et de uisiiié axiérieure de son troupeau. En effet ei*uis la chute de l'Empire en Italie, les roques étaient obligés de prendre part Ci i;ouTernement temporel. Tout le monde Lait emplojé pour se défendre dea Lom* irds ^ el les moiues n'étaient pas exempts » juonter la (^rdeaux murailles des viU s 9 comme saiot Grégoire le reconnaît lui-
I^acnoiia. oss Papks.
même. Il ajoute, parlant du diacre Pierre : J ai encore entendu dire qu'il donnait de l* argent à usure : de quoi je vous prie de vous informer exactement ; etf s'il cit ainsi, d'en élire un autre ; car nous n'imposons point les mains aux usuriers. Si ce reproche est faux, quil vienne avec le décret de votre élection , afin qu'en nous informant de sa vie et de ses mœurs^ nous plussions aussi connaitre sa capacité. Mais préparez-en encore un autre. Car ce serait une grande honte pour votre clergé, de n'avoir personne que vous pussiez élire^ en cas que celui-ci fût refusé. Cette lettre est du mois d'août 600.
Bien que saint Grégoire crût que le malheur des temps obligeait les évdques de prendre pa^t aux affaires publiques, comme il faisait lui-^môme, il ne laissait pas de les avertir de ne point trop s'appliquer au temporel t Sachez, disait-il, à Janvier do Cagiiari, que vous êtes chargé^ non du soin des choses de la terre, mais de la conduite des âmes. Mettez-y votre cœur^ votre sollicitude, votre application. En écrivant à Romain recteur du patrimoine de Sicile : J'ai appris. Se l' évêque Basile s'occupe d'affaires sécureSf comme un laïque, et rend aux prétoires un service inutile : c'est-à-dire, suivant l'explication la plus vraisemblable, qu'il servait de conseiller aux magistrats. Saint Grégoire continue : Parce que cette fonction Cavilii lui-même, et anéantit le respect du sacerdoce, vous l'obligerez à s'en retirer dans cinq jours.
Les deux diacres, Jean et Pterre, ayant été exclus, Paschase fut consacré évêque de Naples ; et saint Grégoire ordonna aue l'ar- Kent de cette Eglise, que son prédécesseur Fortunat n'avait pas distribué aux clercs et aux pauvres, comme il le devait, et montant à quatre cents sous d'or, serait mis h part, pour leur être distribué. Quelque temps après, il lui envoya Tétat de cette distribution à laquelle devait être appelé le sousdiacre Anthémius, recteur du patrimoine de (^ampanie. La lettre est de l'an 601, yers le moii^ de février
Le cinq avril suivant, le Pape saint Grégoire tint à Home un concile, que souscrivirent vingt et un évêques el seize prêtres, Marinien de Ravenne y est nommé le premier : ce qui montre qu'il était venu à Rome, suivant le conseil du Pape. Dans ce concile, saint Grégoire lit une constitution en faveur des moines, qui n'est prest^ue qu'une extension du privilège accordé trois ans auparavant au monastère de Classe,
Eres de Ravenne, dédié à saint Jean et saine tienne, et gouverné par Tabbé Claude. Ce privilège est adressé à l'évêque Mariuien, et 4narque que le monastère avait sopffert beaucoup de persécutions de ses prédécesseurs. Saint Grégoire, dans san concile, dit d'abord : qu'ayant lui-même gouverné des monastères, il sait combien il est nécessaire du |)Ourvoir k leur repos. Cest pourquoif ajoutet-il, nous défendons à aucun évêque de rien diininuer des biens, terres^ revenust ou (tires des mosuutèree. SVs ont quelque différend^ pour des terres qu ils prétendent appartenir à
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* leurs Eglises^ quils clioisissent des abbés ou fCaulres arbitres craignant Dieu pour le terminer promptement, en présence des saints Evangiles, Après Idmort de Vabbé^ le succès» seur sera choisi par le consentement libre et unanime de la communauté^ et tiré de son corps. S*il ne s'en trouve point de capablt^ on le prendra dans les autres monastères. L'élu sera ordonné^ sans fraude et sans vénalité; après quoif on ne pourra commettre à un nuire le gouvernement du monastère^ sinon en cas que l'abbé soit coupable selon les canons. On ne pourra ôterà Vabbé aucun de ses moines inaigre lui pour gouverner d'autres monasiêreSf ou pour entrer dans le clergé Mais, si le nombre des moines est plus que suffisant, pour ^l'Office divin et le service du monastère , Vabbé pourra offrir pour le service de Véglxse, ceux
ÎuHl en croira dignes ; et celui qui aura passé l'étal ecclésiastique^ ne pourra plus demeurer dans le monastère. Saint Grégoire établit (Micore ailleurs cette dislinctioD, entre Tétat clérical el le HK)nas4ique; il permet è un *év6que d^ordonner prêtre des nioineS» pour )e service de son Ëj^lise, du consentement de J*abbé. Mais il défend de donner des clercs pour abbés aui monastères. Il veut que Ton choisisse entre la cléricalure et la vie monas* tique. Car, dit-il, chacune est si grande, que personne ne peut s'en acquitter dignement; loin qu'il puisse exercer l'un et Vautre ensemble, elles se nuisent mutuellement. Et ailleurs : Personne ne peut servir aux fonctions ecclésiastiques, et garder exactement la règle monastique. Il faut donc croire, quUI ne se comptait plus pour moine, ai Augus* tin ot ies «autres^ qui avaient éié tirés du cloître, pour entrer dans le clergé, quoiqu'ils pratiquassent autant qu'iis pouvaient le< observances monastiques.
Saint Grégoire continue dans (e concile de Rome : Nous défendons aussi à Vévéque de faire inventaire des biens ou des titres du momulère, même après la mort de Vabbé.
Mais, s'il est néêessaire, Vabbé le fera de Vavis des moines. Nous défendons à Vévéque de célébrer des Messes publiques dans le monaS" tère; de peur de donner occasion au peuple, et même aux femmes, de s assembler dans les retraites des moines ; ce qui n'est pas expé* dienê pour leurs âmes. Que Vévéque ne pré» tende pas y mettre sa chaire ou y faire te moindre règlements sinon à la prière de Vabbé ^ qui doit touiours avoir les moines dans ea puissance. Nous voulons que ce décret soit observé à Vavenir par les écéques ; en sorte que les moines ne soient détournés du service divin, pur aucun trouble^ ni aucune vexa» tion de la part des ecclésiastiques ou des se» culiers. Après que saint Grégoire eut ainsi parlé, tous les évéques répondirent : « Nous nous réjouissons de la liberté des moines, et nous contirmoDS ce que Votre Sainteté vient d'en ordonner. 9 Ce concise peut être regardé, comme le modèle des premiers privilèges accordés aux monastères.
Saint Grégoire avait déjà fait les mêmes règlements en diverses occasions particulières. Sur la requête de l'abbé Lumlnosus,
il défendit A Gastorius, évêque de Rimini, ôe célébrer des Messes publiques dans son monastère, ni de faire inventaire de ses biens: lui laissant seulement le droit d'ordonner l'abbé élu par la communauté. 11 reprit Féiis, évêque de Pesaro, de ce que, contre la défense du Pape^ son prédécesseur, il avait célébré la Messe solennelle à la dédicace du monastère, et y avait mis sa chaire> 11 lui ordonne de l'ôter» et d'y envoyer un praire, si les moines veulent qu'on y célèbre la Messe. Il ordonne à Secondin, évêque do Taormine, en Sicile, d'ôter le bapiistèrc d'un monastère, et de mettre un autel à la place oii sont les fonts. Il ordonne à Fortunat, évêque de Naples, de consacrer l'église d'un monastère, mais sans Messes publiques , à la charge qu'on n'y construirait jamais de baptistère, et qu'il n*y aurait point de prêtre cardinal. Mais, ajoute-t-il, toutes les fois que les moines voudront qu'on y célèbre la Messe ^ ils vous demanderont un prêtre.
En protégeant les moines, saint Grégoire ne prétendait pas autoriser le relAcheoient. Soyez, dit-il, soigneux du service divin, et continuellement appliqués à la prière, de peur
Îu'il ne semble que vous ayez moins cherclU vous mettre Vesprit en repos, quà éviter la correction de Vévéque. Aussi, écrivant à Jean, évêque de Squillace, en faveur du monastère de Cabtel, il ajoute : Veillez avec soin sur la conduite des moines: si voue en voyez quelqu'un qui vive mal ou qui tombe, ce qu'à Dieu ne plaise , dans quelque péché honteux^corrxgez-le suivant la rigueur de la règle, 11 ne voulait pas que les moines fugitifs ou excommuniés parleurs abbés, trouvassent protection chez les évoques.
Il y a dans les lettres de saint Gré-
(;oiro, plusieurs autres règlements touchant es moines. 11 loue Janvier, évêque de Cagliarj, d'avoir empêché de fonder un monastère d'hommes, dans une maison attenante è un monastère de filles. H eut grand soin de réprimer les moines fugitifs el vagabonds. Il ordonna à Antbémius, recteur des patrimoines de Campanie ^ d'nmpécher les moiiios de passer d'un monastère à lautre, et de ks renfermer dans leurs, monastères avec le cbAtiment convenable : parliculièrement ceui qui s'étaient mariés, ce qu'il traite d'abomination. Il prit le même soin, la dernière année de son pontificat, pour faire renfermer deux moines, dont l'uo s'était marié. Les babitanls de plusieurs terres d'Italie, fuyant les Barbares, s'élaieut retirés avec Ws femmes dans Ttle Ophiaria, babiiée par des moines. Saint Grégoire écrivit au même Anthémius. d'en bannir les femmes absolument. Et ()arce que la vie était dure dans ce monastère des Iles , il défendit J'y recevoir de jeunes gens au-dessous dedi^buit ans.
Saint Grégoire ne souffrait aux moincs,ni de sortir seuls, ni de posséder rien en propre. L'un et l'autre parait par une lettre du mois de février de Tan GOl. Claude, abbé de Classe, étant mort, les moines demandèrent au Papo
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pour abbéi un d*entre eux, nommé Coustan- Uus. JTenai eu horreur^ dit-il» parce que je $ais qu'il aime la propriété : ce mi montre clairement f mii'il n'a point le cœur d'un moine. Je mis de pius^ qu^il a oéé aller $eul àunmonastire de la j^rovince (le Picenum^ sans autun de cet frères. Or celui qui marche sans témoins ne vit pas bien. Il recommande ensuite très-ex pressémeul de baunir la propriété de ce monastère. Car^ dit-il, si elle dtmieuret il n*y ai«ra ni concorde^ ni charité. Qu est-ce que la vit monaetique^ sinon k mépris du monde? tt comment peut-on dire quonle méprise^ quand on cherche F argent? Gomme les moines ne possédaient rien en propre, il ne leur élaitpas permis de faire de lestamenti les lois le défendaient, touteîois, saint Grégoire dispensa de cette règle Probus, abbé de son monastère de Saint-André : mais il n'accorda cette dispense que dans un concile de cinq évèques et dix prèlres» tenu à Rome le cinquième d'octobre Tan 600, ely lut la requête de Probus, où ifdisait ; «Vous savez, qu'ayant quitté le monde depuis quelques années, j'avais résolu de demeurer dans ma cellule en particulier, |iour ce qui me reste à vivre. C'est pourquoi je n'ai point disposé du peu uue j'avais, sachant que mon fils me succéderait aussi bien ab intestatt que par testament. Mais un jour étant venu avec les autres vous rendre mes devoirs, vous m'ordonnâtes d'entrer dans le monastère et de prendre la charge d'abbé; je fus obligé d'obéir aussitôt, sans avoir eu le temps de disposer de mon bien. C'est pourquoi je vous supplie de me le permettre* alin que mon obéissance ne soit pas préjudiciable à mon fils, qui est pauvre. ^
Saint Grégoire ayant fait retirer l'abbé Probu5, pour délibérer sur sa requête, le lit rentrer, ei dii: Tout ce que vous avez exposé est vrai : nous vous avons fait abbé malgré vouSy et pour vous empêcher de vous en dédire^ nous avons été obligé de vous envoyer sur-lc" champ à ce tnonastirej dont vous n étiez pas seulegneni moine. Cest pourquoi^ nous vous accordons la liberté de disposer de tous vo§ biens f comme si vous n'étiez point entré dans le monastère.
Si saint Grégoire ne voulait pas que les moines sortissent pour leurs affaires, à plus forte raison les religieuses. Aussi reprendil sévèrement. Janvier de Cagliari, de ce qu*ii ne faisait pas observer le sage règlement de ses prédécesseurs, portant que quelques hommes éprouvés d'entre le clergé, se chargeassent des affaires des religieuses : en sorte qu'elles n'eussent aucun prétexte d'en sortir. Et si quelqu^une^ ajoute-t-il,par la licence passée^ est tombée dans quelque crime; nous voulons qu'elle soit renfermée pour faire pénitence^ dans un monastère de filles^ aune observance plus régulière. Il ordonne de prendre une reii{peuse qui avait quitté son habit, et de la renlèrmer dans un monastère , où elle soit gardée sûrement ; et reprend avec une grande sévérité, l'évèquo du lieu et le défenseur de TEglise romaine, de n'avoir l»as empêché co scandale. Il défend défaire
de jeunes abliessesi et veut qu*elles aient soixante ans, qu'elles soient de la maison, choisies par la communauté et établies par l'évêque. C'est dans ce sens qu'il écrite Res* peeta, abbesse de Saint-Cassien de Marseille, en conRrmant ses privilèges. Il voulait que les monastères de filles fussent suffisamment pourvus.
Le prêtre Laurent, que saint Augustin d^Anglelerre avait envoyé ft Rome trois aiiS auparavant, fut renvoyé par saint Grégoire en 601» avec plusieurs autres moines, pour continuer cette mission, dont Ips principaux étaient Mellitus, Juste, Paulin et Ruflnien. Il les cbargeist de réponses aux consultations d'Augustin, el de plusieurs autres lettres i deux à Augustin même, quinxe pour les recommander aux évêques de Gaule et aux princes. Il y en a deux à saint Virgile d^Arles ; dans l'une desquelles saint Grégoire lui re» commande Augustin, en cas qu'il aille 1p trouver. Il ajoute : Comme it arrive êouvent que ceux qui sont sur les lieux sont plutôt avertis dès désordres : si vous apprenez les fautes de quelques évêques ou d'autres^ axaminezles soigneusement avec lui, et y apportez le remède convenable. Cette lettre est du 22 juin 601.
Saint Grégoire écrivit aussi h Etherius do Lyon et à Aregius de Gap, pour les exhorter, comme Virgile, ï tenir un concile contre la simonie, et leur recommander les mêmes moines. Dans la lettre k Etherius, il igoute : Quant à ce que vous prétendez à VaVûntagede votre Eglise^ nous avons fait chercher dûnsnos archives^ et il ne s* est rien trouvé. Envoyez^ nous donc les lettres que vo%as dites a^oir, a/ln que noue voyions ce quil faut vous accorder. Quant aux actes et aux écrits de saint Irénécp nousHes avons cherchés soigneusement^ it y a longtemps : mais on n^en a rien pu trouver jusqu'à présent. Comme les missionnaires d'Angleterre devaient passer à Vienne, saint Grégoire les recommande encore à l'évêque Didier. Mais» dans la même lettre, il le reprend sévèrement de ce qu'il enseignait la grammaire. Une même bouche, dit-il, ne peut prononcer les louanges de Jupiter et de Jésus^ Christ ; il est horrible, qu^un évéque chante ce qui ne convient pas même à un laïque pieux. C'est ce qui m'oblige à m'en informer exac* tement : car^ si je trouve que ce bruit est fauXf j'en rendrai grâce à Dieu. Pour enseigner la grammaire, il faisait expliquer les poêles profanes et se trouvait ainsi en danger de favoriser Tidolitrie
EnCn il y a une lettre générale k plusieurs évêques des Gaules, chez lesquels les mis* sionnaires pouvaient passer; savoir.Menna^ de Toulouse, Serenus de Marseille, Siiuplicius de Paris et J^^icinius d*Angers. La souscription delà letlreporie aussi les noms , dij Loup de Chalon , d'Agilius, ou plutôt Ai^ult'e de Metz, de Melantius de Rouen : mais on prétend qu'ils n'occupaient pas ces sièges en 601. Simplicius de Paris avait succédé àFaramode. Licinius d'Angers est plus connu sous le nom de saint Lesin. Il était de la famille royale, et parent du mi Cjo-
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taire» dont il avait été le premier écayer. Ensuite il fut comte d'Angers : puis il renonça au monde, entra dans le clergé, et fat enfin ordonné évêque de la même ville. On lui attribue plusieurs miracles » saint (irét^oire, écrivant à ces évèques« leur dit: // se convertit une si grande multitude d^Anglais^ que notre frère Augustin assure, que* €eux qu il a emmenés avec lui pour cette diu» i;re. ne peuvent suffire pour aller dans tant de lieux: c'est pourquoi nous lui envoyons
uelques moines avec le prêtre Laurent et
abbé Mellitus. Nous vous prions d^ exercer 'envers eux la charité convenable; en sorte que 'Tien né retarde leur voyage, et que vous ayez part au mérite de cette bonne oeuvre.
Quant aux princes, saint Grégoire écrivit h Théodoric, roi de Bourgogne; à son frère Théodeberl, roi d*Austrasie; à leur aïeule Brunehaut, et au jeune Clotaire, qui régnait «n Neustrie, qui avait perdu samèreFrôde* «onde, quatre ans auparavant, en 597. Les feltres à ces trois rois contiennent en sub* stance la même chose. Il les exhorte à faire ^ssemblel* un concile contre la simonie, el les remercie des services qu'ils ont rendus è Augustin 9 les priant d'en user de même à }'ég{ird de ceux qu'il lui envoie. Il JT a deux lettres à firunehaut» où saint Grégoire loue extrêmement sa foi et son amour pour la religion : mais il lui écrivit ensuite une autre kttre, pour l'eThorter à corriger quelques évoques, dont il avait appris que la vie était scandaleuse. Puisque ceiix^diii-Ut qui de^vraient y remédier, n'en ont pas le zèle (il entend^ les métropolitains), écrivez-moi, afin que f envoie de votre consentement, une personne qui puisse avec leà autres évéques rechercher exactement ces désordres. Car, quand on peut les corriger^ on ne peut les dissimuler, sanê s'en rendre complice. Ayez donc soin de votre âme et de vos petits-fils, si vous voulez qu'ils régnent heureusement ; el avant que le Créateur lève la inain pour frapper, appliquez-vous sérieusement a réprimer ces crimes. Il semble que saint Grégoire prévit les malheurs dont cette reine et sa famille étaient menacées.
Il ne manqua pas d'écrire au roi de^ Anglais et à la reine son épouse, qu'il nomme Aliiiberge, quoique d'autres la nomment Bertbe. Saint Grégoire commence parla remercier de la protection qu'elle a donnée à Augustin. Il la compare à sainte Hélène, mère de Constantin, dont Dieu s'est servi, ditil, pour exciter l'empire romain à la foi chré* tienne. Il l'exhorte à affermir le roi son époux, dans le zèle de la religion, el à réparer ^linsi le temps qu'elle a différé de travaiuer à sa conversion : il l'excite à procurer celle de tous ses sujets, et ajoute : Vos bonnes œutres sont connues, non-seule* ment û Rome^ où l'on prie avec ardeur pour votre conservation : mais en divers lieux, et jusqu'à Cùnstantinople, où la renommée les a portééè jusqu'aux oreilles de l empereur. Quant au roi Elhelberl, qu'il nomme Aldeberl, tl l'exhorte à conserver fidèlement ia ijriee qu'il a reçue, h étendre la foi parmi
ses sujets, è abolir le culte des idoles, k dé« truire leurs temples , et à établir les bonnes mœurs par les exhortations, les caresses, k$ menaces, mais principalement par son exem«
r)\e, lui proposant celui de Constantin. Il 'exorté à suivre en tout les instructions de révoque Augustin, et à s'unir à lui étroitement ; enfin il lui envoie des présents de la part de saint Pierre, qu'il nomme petits, quoiqu'ils fussent magnifiques; pour toucher ce roi barbare par des choses sensibles. La lettre se trouve datée du même jour, que celle à saint Virgile d'Arles, c'est-à-dire, du vingt-deu< juin 601.
Saint Grégoire écrivit encore à saint Augustin deux lettres, dont la dernière est datée du même joui*. Dans ia première, qui était pour lui seul, il commence par le féliciter de la conversion des Anslais; puis il ajoute : Dans cette joie, mon cher frire, il y a grand sujet dt crainte; car je sais que Dieu à fait pour vous de grands miracles dans celle nation. Souvenons-nous donc que yt^and lt$ disciples disaient avec joie à leur dictn Maître : « Seigneur, à votre nom les démons mêmes nous sont soutnis, * il leur répondit : « Ne vous en réjouissez pas, réjouissez-vous plutôt de ce que vos noms sont écrits au ciel. • {Luc. X, 17, 20.) Les noms de tous les élus y sont écrits , et toutefois ils ne font pas tous des miracles. Or les disdpUê de la vérité ne doivent pas se réjouir d^un bien passager et particulier pour eux; mais du bien qui leur est commun avec tous, et dont iU se réjouissent éternellement. Tandis que Dieu agit ainsi par vot^ au dehors, vous devez , mon cher frère, vous juger sévèrement au dedans, cl bien connaître qui vous êtes. Si vous vous souvenez d'avoir offensé Dieu par ia langue ou par les œuvres, ayez toujours ces fautes présentes à l'esprit pour réprimer ia gloire qui s'élèverûit dans votre cœur^ et songez qut ce don des miracles ne vous est pas donné pour vous, mais pour ceux dont vous devez procurer le salut, ilfoise, ce grand serviteur de Dieu, après tant de miracles , étant arrivé à la terre promise. Dieu lui reprocha la faute qu'il avait faite trente-huit ans auparavant, en doutant s'il pourrait tirer de Veau du rocher. Combien donc devons nous trembler, nous qui né savons pas encore si nous som" mes élus? Vous savez ce que dit la Vérité même dans l'Evangile : « Plusieurs me viendront dire en ci jour-là : Seigneur, no%ss avons pro* phétisé en votre nom; nous avons chassé tes démons et fait plusieurs miracles^ et je leur déclarerai que je ne les ai jamais connus* • IMatth. vu, 2âi 23.) J0 vous parie ainsi pour vous humilier : mais votre humilité doit être accompagnée dé confiance ; car^ tout pécheur que je suis, fui ukè espérance certaine que tous vos péchés vàus seront remis , puisque tous aveu été choièi pour procurer ta rémii* sion aux autres, et donner au ciel la joie de la conversion d'uh «î grand nombre de peuple. Rien ne prouve mieux la vérité des mi* Racles d'Augustin qne ces avis 8t sérieux de saint Grégoire.
L'autre lettre,- qui devait être publique»
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BES PAPES
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a poar but ré(ablisseineatde6|éfèch^$9n An« gleterre. Nom vous accordons^ dît-il, Vusag^ du patlium seuUmmt pour la M€$$e^ à ta charge d'établir douze évéques oui vous seront soumis V en sorte que Vévéque àe Londres soit toujours à Cavenir consacré par son propre concile^ et reçoive le palUam du Saint-Siège. Vous enverrez pour évéquc^ à York, celui qus vous juaerex à propos ^ à condiiionque^ si cette ville et les lieux voisins reçoivent la parole de Ditu^ il ordonnera aussi dçuu évéques^ et sera métropolitain. Nous nous pro^ posons de lui donner le oallium^ et nous voulons quUsoit soumis a votre conduite: maiSf après votre mort, il sera le supérieur des évéques quil aura ordonnés^ sans qu'il dépende en aucune manière de Vévéque de Londres. Le rang entre févéque de Londres et celui d'York se réglera suivant V ordination^ et ils agiront de concert pour le bien de la re- Ugion. Outre les évéques ordonnés par vous et far celui d'York^ nous voulons aussi que tous Us évéques de Bretagne vous soient soumis.
Outre ces lelires, le Pape saint Grégoire i*nvn]ra un grand Mémoire pour répondre à onze articles de difficultés proposées par Augustin ; en voici la substance : De tout te retenu de VEglise^ on doit faire quatre portions: la première pour Vévéque et sa familîe, à cause de V hospitalité; la seconde^ pour le clergé; la troisième^ pour les pauvres; la quatrième^ pour les réparations. Pour vous qui êtes instruit dans la vie mo^ nastiquCf tous ne devez pas vivre séparé de e^os clercs; mais élablir dans la nouvelle Ealise des Anglais la rie conununef à Vexem^ pie de l'Eglise naissanie.
Les clercs qui ne sont pas dans les ordres sacrés^ et qui ne peuvent garder la continence, flairent se marier et recevoir leurs gages hors eie la communauté : comme dans la primitive Eglise il est écrit « que Von distribue à chacun selon son besoin; mais il faut avoir soin qu*ils eritent suirant la règle de V Eglise; qu'ils 4'hnntent les Psaumes et pratiquent les bon-' ïïtes œuvres. Quant à ceux qui vivent en cornsnuil, il ny a point de portions à faire pour l hospitalité ou pour les pauvres ; mais tout ce qui reste^ après avoir pris lenécessairSf doit être employé en œuvres pieuses. Saint Grégoire suppose ici la continence dans tous les ordres sacrés. En eBet« Pelage, son préddresseur, sachant au*en Sicile ron permettait aux «ous-diacresd habiter;avec leurs femmes,, ordonna <tue cette coutume serait abolie; saint Grégoire confirma ce règlement, or* donnant k Léon, éyéque de Gatane, de faire observer la continence aux sous-diacres, suivant Tusage du Saint-Siège.
Saint Grégoire continue : Dans VEgliee des Anglais t rà vous êtes encore seul éveque^ f / faut bien que votis en ordonniez sans être assisté dautres évéques, Mais^ quand il rt>ndra des évéyues des Gaules^ ils assisteront 4. omnie témotns de Vordtnation.. Pour les évé» ques que vous ordonnerez en Angleterre^ noueprétendons qu'ils ne soient point éloignés^ en sorte que rîen ne les empêche de s*assembler^ pour en ordonner Sautres^ au nombre de trois
ou quatre; éomme^ dans le mende^ on assemble des personnes déjà mariées pour prendre part à la joie des noces,
Notts ne vous attribuons aucune autorité sur les évéques des Gaules^ au préjudice de Vévé» que d'Arles, qui depuis longtemps a reçu le pallium denos préàécesseurs.Si donc il vous arrive de passer en Gaule^ vous devez agir au^ près de lui, pour corriger les évéques^ et VeX" ci/er, s'il n*était pas assez fervent. Nous lui avons écrit de concourir avec vous pour cet effet. Mais vous n*avezpoint dejuridictiot^ sur les évéques ds Gaule^ et ne pouvez les réformer que par la persuasion et le bon exempte : ear il est écrit dans la loi que celui qui passe dans la moisson d'aulruif ne doit pas y mettre la faucille. Quant aux évéques de Bretagne^ nous vous en commettons entièrement le soin.
Jour instruire les ignçr^nts, fortifier les fai ïeSf et corriger les mauvais. C*étaient les evè» Îues des Bretons, anciens habitants de Tlle, hiétiens depuis longtemps, mais tombés dans l'ignorance et la corruption des mœurs.. «La foi étant une,,» disait Augustin, «pour-
3uoi les coutumes des Eglises sont-elles si. iffcrentes : comme celle de TEglise romaine et des Eglises des Gaulois, dans la célébration des Messes?» Saint Grégoire répond : Vous savez la coutume de V Eglise romaine^ oà rous avez été nourri : mais je suis d'avis qur^ si vous trouveZf soit dans VEglise romaine^ soit dans celle des Gaules^ soit dans quelque^ ati/re, quelque chose qui soit plus agréable à Dieu^ vous le choisissiez avec «otn, pour Vétablir dans la nouvelle Eglise des Anglais; car nous ne devons pas aimer les choses à cause des lieuXf mais les lieux à cause de» bonnes choses.
Celui qui aura dérobé quelque chose à VE^ glise, doit être pimt, selon la qualité de la^ personne ; mais toujours avec une charité paternelle^ qui ait pour but de corriger le cou^ pable et lui faire éviter les peines de Venfen Il faut qu'il restitue la- chose dérobée^ mais sans augmentation^ afin qu*il ne semble ffos.
2ue VEglise veuille profiter de sa perte. Saint irégoire ajoute ceci : à cause de la restitut tion du double ou du quadruple^ ordonnéepar lee lois romaines et' même par la loi de Dieu.
Touchant les degrés de parenté ou d*affi« nilé qui empêchent le mariage, saint Grégoire décide que deux frères peuvent épou* ser les deux scaurs. C*est un crime d*épouser la femme de son père ou do soa frère. La loi romaine permet les mariages des cousinsgermains, mais l'Eglise les défend, comptant ce degré pour le second, et permet de se marier au troisième et au quatrième. Les nouveaux Chrétiens qui, avant leur conyer* sion, ont contracté dos mariages illicites, doivent être avertis de se séparer, par la crainte du jugement de Dieu; sans toutefois lus priver de la communion du corps et du sang de Notre-Seigneur, de ueur qu*on ne semble Ic9> punir de ce qu'ils ont lait par ignorance. Car l'Eglise tolère que'qurs abus pour les corriger plus facilement. Mais il faut avenir tous ceux qui se coavectisseat^
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des*absienir ue ces conjonctions illicites; et, s'ils y tombent ensuite avec connaissance, les priver de la conamunion.
'Rien n*empèche de baptiser une femme enceinte, puisque la Cécondilé est une grâce de Dieu. On peut aussi la baptiser sit6t qu'elle est délivrée, et Tenfant sitôt qu'il est né, s'il y a péril do mort. Il n'y a point de temps réglé après les couches, oii la femme doive s'abstenir d'entrer dans l'église ; et ce qui en est dit dans Tancienne Loi doit être pris dans un sens mystérieux. Les maris doivent s'abstenir de leurs femmes tant qu'elles sont nourrices, et elles ne doivent DOiot se dispenser de nourrir elles-mêmes leurs enfants. Saint Grégoire ajoute quelques décisions sur Tusage du mariage, et sur certains accidents naturels de l'un et de l'autre seie, par rapport à rentrée de l'église et à la sainte communion, parce qu'il était nécessaire d'instruire sur tous ces points l'Eglise naissante des Anglais.
Saint Augustin avait prié saint Grégoire de lui envoyer des reliques de saint Sixte martyr, parce qu'il y avait un lieu où l'on prétendait avoir son corps; mais saint Augustin n'en était pas persuadé. Saint Grégoire lui en envoie, et ajoute : Si ce eorps^ que le peuple croit être iun martyr^ n éclate par un mtrac/e, et $i personne êtes anciens ne témoigne avoir appris l histoire de son martyre^ je suis d^avis que vous bouchiez entièrement le lieu oà est ce corps^ et que vous mettiez ailleurs les reliques que vous avet demandées , afin de ne pas permettre au peuple de quitter le cer^ tain pour honorer Vincertain,
Après que Meilitus et ses compagnons furent partis de Rome pour aller rejoindre saint Augustin en Angleterre, et comme ils étaient encore en chemin, saint Grégoire lui écrivit en ces termes : Quand vous serez ar^-^ rivé près de notre frère Augustin^ dites 'luit qu'après avoir longtemps examiné en moi-même l'affaire des AnglaiSffai pensé qu'il ne faut pas abattre leurs temples^ mais seulement les idoles qui y sont. Il faut faire de l*eau bé» fit/e, les arroser^ dresser des autels^ et y metttedes reliques, Car^ si ces temples sont bien bdtiSf il faut l^ f^^i^e passer du culte des démons au service du vrai Dieu ; afin que cette nation^ voyant que l'on conserve ks lieux aux-
Îmels elle est accoutumée^ y vienne plus voontiers, £l, parce quHs ont accoutumé de tuer beaucoup de bcsujfs^ en sacrifiant aux dé^ mons , t( faut leur établir quelque solennité^ comme de la dédicace ou des martyrs^ dont on y met des reliques. Qu'ils fassent des feuillées autour des temples changes en églises^ et qu'ils réUbrent la fête par des repas modestes. Au lieu iimmoler des animaux au démon^ qu'ils les tuent pour le$ manger et rendre grâces à Dieu qui les rassasie de ces viandes. Afin que^ leur laissant quelques réjouissances sensioleSf on puisse leur insinuer plus aisément les joies intérieures. Car il est impossible d'ôter à des esprits durs toutes leurs coutumes à la fois : on ne s'élève pas dans un lieu haut en §autant9 on y monte pas à pas.
Saint Grégoire avait chargé Meilitus et ses
compagnons, de porter en Angleterre généralement tout ce qui était nécessaire pour le service des églises, des vases sacrés, des tapis d'autel, des ornements d'église, des habits pour les évéques et pour Tes clercs, des reliques des apôtres et des martyrs, et quantité de livres. Augustin de son celé, ayant établi son siège épiscopal dans la capitale du royaume de Kent, nommé alors Doro- ▼erne, et depuis Cantorbéry , par la protection du roi, se mit en possession d'une église, que les Romains y avaient autrefois bâtie, la dédia au nom de Saint-Sauveur, et y établit son habitation pour lui el ses soc-» cesseurs. Ainsi le projet de saint Grégoire ne fut pas entièrement exécuté : ce ne fut pas r'évèque de Londres, mais celui de Cantorbéry, qui fut métropolitain deja partie mé^ ridionale d'Angleterre. Augustin fonda aussi un monastère près Cantorbéry, à l'Orient, où, à sa sollicitation, le roi Edefbert, bâtit de fond en comble une église en l'honneur des apôtres saint Pierre et saint Paul, et l'enrichit de grands dons. Elle était destinée à la sépultured'Augustin et des évèquesde Duroverne, ses successeurs, et aux rois de Kent, Toutefois ce ne fut i)as Augustin, mais Laurent sou successeur^ qui dédia cette église. Le premier abbé de ce monastère fut le prêtre Pierre, qui avait fait le voyage de Rome avec Laurent. Mais la cathédrale de saint Augustin était aussi une espèce de monastère, puisqu'il vivait en commun avec son clergé, composé de moines comme lui
Vers le temps où saint Grégoire envoyait Meilitus en Angleterre, ii fut consulté par Quirice,|évêque d'Ibérie, près le Pont-Buxm, au nom de tous les Catholiques de la
Firovince, si on devait baptiser lesévèques et es peuples qui quittaient l'hérésie nesturienne, pour rentrer dans TEglise cathoti-
?|ue; ou s'il fallait se contenter de leur conèssion de foi. Saint Grégoire leur répondit : Nous avons appris de nos pères^ que ceux qui ont été baptisés dans F hérésie au nom delaïri* nité^ sont reçus au sein de l'Eglise par F onction du chrême^ par l'imposition des matiu, ou par la seule profession de foi : c'est pourquoi on reçoit les ariens ^ en Orient^ par Fimposition des mains ; en Occident, par Vonction ; les monophysites et les autres , par la seule profession de foi. On appelait en grec monopby? sites, ceuxqui ne reconnaissaient qu'une na? tureen Jésus-Christ, comme les eutychéens. Saint Grégoire continue : Mais on baptise Us hérétiques^ qui ne sont pas baptisés au nom de la Trinité: comme tes bonosiens, qui ne croient pasJésiAS^Christ Dieu, et les cataphryges, qui croient que Montan est le Saini^'Èsprii. Et il ne faut pas craindre de leur réitérer le bap* témCf qu'ils nont pas reçu. Les nestoriem sont baptisés au nom de la sainte Trinité. C'est pourquoi il faut seulement les instruire sur les vérités de FJncamation « afin ^'ils croient que le même Jésus-Christ est Ftle de Dieu et Fils d^ Fhomme^ qu'ils confessent p}h bliquement cette vérité, quiis anathémati» sent Nestorius, avec tous ses sectateurs, et qu'ils promettent de recevoir /^ coneihs que
MIS PAPES
GRE
l'Eglise reçoit. Alors vous devez les admettre saus dif,icuké , conservant même leurs rangs dans leurs Eglises^ pour les ramener plus faeiltment.
Un diacre de Niimidie se plaignait è saint Grégoire , que son évoque Tavait déposé iniusteroeni : mais saiut<jré};oire averti que r/etait pouruncrime d*impureté, enécrivilà €olomb, évèque de celle province, en^qui il avait une confiance particulière, el lui^ dit : « S*il est coupable, qu'il soit enfermé, pour faire pénitence : s'il est innocent, qu'il soit rétabli dans son ordre, et l'évèque sévèrement puni. » La lettre est du mois d'octobre 601. On voit par d'autres lettres de saint Grégoire , qu*il était fortement attaché à Tam^ienne règle de [iriver de leurs fonctions ^es ctercs tombés dans des péchés d'imim* reté, sans qu*ils pussent jamais être r^établis. Paulin» évêque de la même province, fut accusé devant saint Gpégotre d'avoir frappé et outragé quelques-uns de ses clercs, il en. écrivit encore à Colomb et à Victor, primai de Numidie, les exhortant à examiner l'affaire en concile et à punir sévèrement Paulin» s'il se trouvait coupable. Il avertit Victor Je ne pas souffrir que Paulin méprise sa Jigmté. J'ai ordonné^ ajoute-t-il, à Hilnire^ notre cartutaire^ d'assister à votre jugement y 91 Faffaire le demande. C'était apparemment te recteur du patrimoine de saint Pierre dans jette province. Ces lettres furent écrites vers ^e commencement de l'année 602.
Il écrivit aussi à tous les évoques de la
I»roTince hyzacène en ces termes : // est ouable de respecter les supérieurs^ mais la crainte de Di'eu ne permet pas de dissimuler leurs fautes. Il y a lonatemps que f ai appris des choses touchant Clementin, votre primat^ qui m'ont percé le cœur : divers embarras et principalement les ennemis qui nous environ* tienif ne m'ont donné le loisir de m'en in former. Mais comme des plaintes considérables ne doioent pas demeurer sans examen^ nous vous exhortons à vous en informer avec tout le soin et la vigueur possible^ afin que^si notre frère est véritablement coupable^ tl soit puni sslon les ccinofif, et fuf « s'il est innocent^ iinesoit. pas exposé plus longtemps à des reproches sir infâmes. Que si quelqu'un de vous montre ^ dans cette occasion, de la lâcheté ou de la faiblesse^ qu'il sache que^ devant Dieu^ il se rmid coupable des mêmes crimes. C'est ainsi que saint Gréj^oire prenait soin des Eglises d'Afrique, et y exer^fatt son autorité.
La reine Brunehaut et le roi Théodoric, son petit-fils, envoyèrent à Rome Burgoalde et Vannaricaire, leurs ambassadeurs, pour traiter de plusieurs affaires avec le Pape saint Grégoire, entrée autres, de la paix qu'ils voulaient faire avec l'Empire. lis lui* parlèrent aussi d'un certain év^ue, sujet à de» maux de tète, qui allaient jusqu'au délire,. cl par conséquent ne lui permettaient pas de remplir ses fonctions. Surquoi saint Grégoire écrivitainsià Eihérius,. archevêque de Lron, qui sans d^ute était le métropolitain : if n'est pas permis d'ordonner un autre été-, qît0 à ta. place (fun évéque vivant ^ et maigre
lui , quand c'est la maladie et non le crimCf qui le rend incapable de ses fonctions ; mais si la maladie a des intervalles^ il doit luimême présenter requête^ pour demander un successeur f aiÂquelcas on pourrai ordonner^ à la charge de donner à l'ancien sa subsistance^ aux dépens delà même Eglise. Que s'il ne revient jamais en son bon sens , t( faut choisir %me personne fidèle et capable^ pour prendre soin du gouvernement des àmes^ de fa discipline et du temporel de l'Eglise ; et^ s'il survit à Vévéque malade^ il sera ordonné à sa place. Quant aux ordinations des prêtres et des clercs , s'il est nécessaire d'en faire dans cette Eglise f elles nous seront réservées. On voit ici que le coadjutcur, même avec !'espérance do succéder, n était pas pour cela ordonné évêque.
A la fin de la lettre h Bruptehatif, saint Grégoire déclare qu'il a-donné-les prîviléx,e^ qu'elle lui airait demandés, pour les deux monastères et Khôpital qu'elle avait fondés b' A'utun. Màisi ajoute-t-il,. de peur que les évéques des lieux ne suppriment quelque jour^ ces décrets, qui leur défendent certaines choses, vous devez les faire insérer aux acte»^ publics, et les conserver dans vos archive» royales, comme ils sont dans les nôtres. Celte lettre est du mois de novembre 602. Ensuite sont trois privilèges. Le premier, adressé à Sénateur, prêtre administrateur de l'hôpital fondé à Autun, par l'évèque Syagrius , la reine Brunehaut, et> l'abbé du monastère, qur y était joint. Saint Grégoire défend à qui que ce soit, më^me aux rois et aux évêques, do diminuer en rien les biens de cet hôpital, ou d'en détourner Tusage. Après la mort de l'abbé, le roi choisira le successeur du consentement des moines, mais gratuitement.* L'abbé ne pourra être déposé par révêque> d'Autun, qu'il ne soit assisté, pour le juger^ de six autres évêques; et il ne pourra luimême être)élu évêque, en demeurantabbé, de teur qu'il ne détourne les biens de l'hôpital, .e second privilégeest adressé à Thessalie, abbesse du monastère de Sainte-Marie ; letroisième à Luppon, abbé de Saint-Martin t Us sont semblables au premier.
Saint Colomban était toujours à Luxeuil^ ou il conservait son usage d'Irlande, de cé^ lébrer la PAque le quatorzième de la lune* Mais il était inquiété sur ce sujet par les évêques de Franee et par le prêtre Candide,
Ïue je Pape saint Grégoire avait envoyé en. aule. 11 écrivit donc au Pape saint Grégoire une lettre , où il soutient son usage avec, une grande liberté, s'appuyant sur l'autorité d'Analolius, approuvée par saint Jérôme, et rejetant le calcul de Victorius avec mépris. Il prie le Pape de lui envoyer sa décision : mais il l'avertit que quiconque viendra contre l'autorité de saint Jérôme sera rejeté comme hérétique dans les Eglises d*Occidpnt, c'est-à-dire d Irlande, suivant son style. Il demande au Pape si Ton doit communiquer avec les évêuues ordonnés par simonie, oi^ qui, depuis le diaconat, ont péché contre la continence , (|uoiqu'en secret. Enfin commont5 il faut user è l'égard des moines quV
GR
DICTIONNAliW:
GlE
par le désir d*uoe plus grande perfection, quittent leurs monastères malgré leurs abbés, et au préjudice de leurs vœux, et se retirent dans les déserts. On voit ici que le vœu monastique consistait principalement dans la stabilité, comme selon la règle de Saint- Benoit. Saint Colomban dit qu'il serait allé consulter saint Grégoire de vive voix, s'il n*eût été retenu par la faiblesse de sa .santé, et par le soin de son troupeau. Il dit avoir lu son Pastoral avec grande satisfaction, et lui demande ses Cofnm$ntaireê sur ExéchieL Quoiaue saint Colomban etlt envoyé par deux Ibis à saint Grégoire, ses lettres ne lui furent point rendues : mais il écrivit vers ce temps sur le même sujet à plusieurs évoques des Gaules, assemblés eo concile pour cette affaire.
L'empereur Maurice étant décédé, le portrait de l'empereur Pbocas, son successeur, et celui de l'impératrice Léontia, furent apportés h Rome le 25 avril 603. Le clergé et le sénat leur firent les acclamations ordinaires, à Latran et è la basilique de Jules, en disant : «Cbrist, exaucez-nous : vive l'empereur Phocas et l'impératrice Léontia 1 v Saint Grégoire fit mettre leur portrait dans l'oratrûre de Saint-Césaire au râlais. Au mois de juin suivant, il écrivit i l'empereur phocas pour saluer son avènement à la couronne. X^ieu, dit-il, arbitre iouverain de h vie des hommes^ en élève quelquefois un pour punir les crimes de plus eur^f comme nous avons éprouvé dans notre longue affliction : et mtelquefois, pour consoler plusieurs ^P^S^^ » ^ ^^^ ^'^^ ^^ o<^ire, dont h miséricôrae les remplit de joie, comme ^ous r espérons de votre piété. 11 l'exhorte k faire cesser tous les désordres du rèf^ne passé i les testaments sugj^érés, les donations extorquées, ep sorte que chacun jouisse paisiblement de son bien et de sa liberté. Car, dit-il, ily a cette différence entre tes empereurs romains et les rois des autres nations, qu'ils commandent à dps esclaves, et non à dès hommes libres. On voit par celte lettre combien saint Grégoire jetait peu content du gouvernement de Maurice. 0(i le voit aussi par la suivante ; car Phocas lui ayant écrit qu'il s'étonnait de n*avoir point trouvé à Constantinople de nonce de sa part, il répondit : Ce n'est pa^ r effet d^ ma négligence, mais d'une dure nécesfité. Tous les ministres de notre Pglise fuyaient avec terreur une si rude domination: en sorte mil n était paf possible d'en obliger aucun d aller à Con^tantinople, pour demeurer dans te palai^. Il lui recommande le diacre qu'il lui envoie, et lui demande instamment du secours outre les Lombards : Qui nous toufTnentenf . dit-il, depuis vingt -cinq ane, au delà dt ce quofi peut exprimer. Il écrit aussi à l'impératrice Léontia, l'exhortant à imiter sainte Pulchorie et sainte Hélène, à prendre sous sa pro« tection l'église de Saint-Pierre. Enfin, il écrivit au patriarche Cyriaque, pour lui recommander le diacre Boniface : mais il n'oublie pas de l'exhorter à renoncer au titre i|*évâ(]ue œcuuiénique.
Quelque temps après, .«aint Grégoire reçut
des plaintes ^d*AIcysoD, évèqne de Corejrei aujourd'hui Corfou , contre Jean , évéque d'Évrie ou Evorie en Epire, qui, ayant été contraint de quitter son siège, par les courses des Barbares, s'était retiré avec son clei^é dans la ville de Cassiope dans l'Ile de Corfuu. Il y avait même apporté le corps de saint Ponat, évéque d'£vrie, sous Thébdose le Grand, illustre par ses miracles. Ensuite, non content de la retraite qu'on lui avait donnéei il voulut soustraire Cassione à l(t juridiction d'Alcyson, et y exercer 1 autorité épiscopale ; il surprit même un ordre de l'empereur, qui autorisait sa prétention. Quoique cet ordre n'eût i)oint eu d'effet, Alcysou se plaignit à l'empereur, qui renvojf'a Taffaire k André, archevêque de Nicopoli, métropolitain de l'un et de Tautre; celui-ci, avec connaissance de cause, maintint Alcyson dans sa juridiction sur la ville de Cassiope. Saiut Grégoire confirma ce jugement; et quoique l'ingratitude de Jean dût le faire chasser de Cassiope, il voulut qu'Alcyson en usit plus humainement, et qu'il laissait demeurer Jean, à condition (ju'il renoncerait par écrit à sa vaine prétention, et que, quand la paix serait rétablie, il retournerait dans son Eglise.
Saint Grégoire instruisit de cette affaire Boniface, son nonce à Constantinople, et lui dit : Parce que V empereur a été surpris dans cette affaire, nous avons jugé à propos de ne point délivrer notre fsentence, de peur qu'il ne semble que nous méprisions son ordre : ce qua Dieu ne plaise? Vous l'instruirez donc soigneusement de toute f affaire, et vous ferez en sorte que notre sentence soit envoyée sur les lieux ae son consentement; et, s*il se peut^ Q.vec un ordre de sa part pour la faire exécvh tçr. La lettre est du mois de décembre 603.
Firmin, évéque de Trieste en luilie, quîtii le schisme , et écrivit à ce sujet à saint Grégoire, qui le reçutavec joie, et l'exhorta àdemeurerferme, lui promettant'sa protection. Il lui tint parole , car Sévère, évéque de Grade, chef du schisme distrie, ne manqua pas de tenter Firmin; et ne pouvant ^'ébranler par les promesses, il excita contre lui upe s&iir tion. Saint Grégoire en é;:rivit au pairice Smaragjde, exaraue de Ravenne, successeur de Callinique : vous pouvez mieux apprendrp de pris les violences que notre frire Firmin a souffertes. C'est pourquoi je vous prie iTeiivoyer vos ordres à vos lieutenants en Istrie^ pour lui procurer un repos qui en excitera plusieurs autresa suivre son exemple.
L'Eglise d'Ancdne étant vacanté^on élut trois sujets pour la remplir : Floreotiu , archidiarre; Rustique, diacre de la mèm6 Eglise, et Florentins, diacre de Ravenne ; sur «;|UQi saint Grégoire écrivit ainsi à un évéque : On nous a dit que rarchidiacre Floren^ tin sait Vfcriture; mais qu'il est accablé de vieillesse, et si ménager, que jamais un (uni n'entre chez lui pouf y manger. De plus^ qu'il a fait serment sur les Evangiles de n*étre jamais évéque. On dit que le diacre Rustique est un homrhe vigilant , mais qu'il ne sait pas les Psaumes. Pour Florpntius. nous savons qu'il est appliqué; mais noue ne connaissons vas
GRE
DES PAPES
GRE
son intérieur. Cest pourquoi rendez-vous promptement à Ancône avec notre frire Ar^ méntus^ visiteur de la même Eglise^pour vous en informer exactement. Si on élit Florentius^ il faut avoir le consentement de son évêque : mais il ne doit pas le donner en vertu de no" (te mandement^ de peur qu'il ne semble que ce soit malgré lui. Telle était la circonspection de saint Grégoire à Tégard de ses confrères. Deux évèques d*E$pagne, Janvier de Malaça, etEtienn»", d*une autre Eglise, se plai- (mirent au Pape saint Grégoire d*avoir été déposés et chassés de leurs sièges par injustice et par violence. 11 envoya sur les lieux le défenseur Jean, pour juger ces deux affaires, comme délégué du Saint-Siège.
La guerre sVtait encore renouvelée en Italie entre les Romains et les Lombards, et au mois de novembre de la même année 603, ils avaient fait une trêve jusqu*au 1" avril 605. Qoelaue temps api es, le Pape reçut des lettres de la reine Théodelinde'^elle lui faisait part de la naissance et du baptême de son fils Adoalde. Elle Pavait fait baptiser dans ré}{lise de Saint-Jean de Modèce, le jour de Pfii|ues, se|[)t avril, de la même an* née 603, et Pavait fait lever sur les fonts par Tabbé Secondin, dont elle honorait la fiîété. Elle envoyait au Pape quelques écrits, qu'il avaitoomposés sur lecinquième concile, et le priait d*y répondre. Saint Grégoire la félicite d'avoir fait baptiser dans l'Eglise ca- Ifiolique, ce petit prince, destiné à régner sur les Lombards. Quant aux écrits de SeconiJin, il s*excuse sur sa maladie de ne n :s y ré(K>ndre. Je suis tellement af^igé de ta goutte^ dit-il, que je ne puis même parler^ comme Font vu vos envoyés. Us m'ont trouvé malade en arrivant^ et en partant ils m'ont taissé dans un grand périL Si Dieu me rend la santé^ ie répondrai exactement à tout ce çue m^a écrit Cahbé Secondin. Cependant je roujt envoie h concile, qui fut tenu du temps de r empereur Justinien; aftn qu'en le lisant^ it puisse reconnaitre la fausseté de tout ce gu'tt a entendu dire contre le Saint-Siège, et contre V Eglise catholique. Dieu nous garde de recevoir les sentiments d'aucun hérétique^ ou de nous écarter en quoi que ce soit de la (eiire de saint Léon^ et des quatre conciles? J'envoie au prince Adoalde votre fils^ une rroix avec du bois de 'a vraie croix, et un Kr>angile dans une boUf de Perse; à votre fille frais bagues^ que je cous prie de lui donner de votre main, pour faire valoir le présent. Je cawu prie aussi de rendre grâces pour moi au ^€Pi votre époux ^ de la pqix quHl a faite pour %€>uê^ et de V exciter à la conserver ^ comme '€>uM avez déjà fait. La lettre est du mois de AEirier 604; c'est la dernière de saint Gré* ;oire qui se trouve datée,
£n effet, consumé par ses maladies et ses raraax, il mourut le dopze de mars de 9 même année 60(^, après avoirt enu le »Aint- Siège treize ans six mois et dix >mjrs. Il fut enterré au bout de la galerie <9 la basilique de Saint-Pierre, devant une 3 Ile où saint Léon et quelques autres Papes x^ienf enterrés. Il ne bâttt point de pou-
Yefles églises; mais il eut grand soin de réparer les anciennes. 11 fit dans Téglise de Saint-Pierre un ciboire d*ar^ent, soutenu de quatre colonnes. On appelait alors ciborium ou fastigium, un dais, pour couvrir et orner Tautel ; saint Grégoire en mit encore un dans IVglise de Saint-Paul. Il destina pour le luminaire de la même église, plusieurs fonds de terre situés aux environs :on voit que les églises devaient être magnifiquement éclairées. L*acte de cette donation se trouve entre les lettres de saint Grégoire, et sur un marbre de cette église, avec la date du 25 janvier GOk. Saint Grégoire fit deux ordinations, Tune en Carême, Taulre au mois de septembre ; et ordonna trenteneuf prêtres, cinq diacres, et soixante-douze évêques.
Cest de tous les Papes celui dont il noua reste le plus d*écrits. uestime au'on en faisait, dès son vivant, Tafiligeait. Ayant appris que Marinien, évêque de Ravenne, faisait lire publiquement è rOfiice de la nuit ses Com-mentatres sur Jobf il s\'n plaignit à son nonce, car^ dit-il, ce n* est pas un ouvrage^ populaire: il est plus capable de nuire, que de profiter aux commençants. Dites-lui qu'il fasse lire les Commentaires sur les Psaumes^ oui sont propres à former les mœurs des sécu* tiers. Il entend sans doute ceux de saint Augustin : car nous ne voyons point que saint Grégoire ait explique les Psaumes. Claude, abbé de Classe, avait rédigé par écrit, ce qu*il avait entendu dire à saint Grégoire sur les Proverbes^ le Cantique^ les prophètes, les Livres des rots, et THeplateaque. Saint Grégoire trouva qu'il avait altéré ses pensées dans beaucoup d^endroits : c*est pourquoi, après la mort de Tabbé Claude, il fit retirer tous ces écrits. Quelques-uns croient que le Commentaire sur le Livre des î^oi$9 et sur le Cantique^ que nous avons entre les OEuvres de saint Grégoire» sonlVouvrage de Tabbé Claude.
Ceux de saint Grégoire, sont les Morales sur Job^ divisées en trente cina volumes: le Pastoral: les vingt-deux Homélies sur Ezé^ cTiiet: les quarante Homélies sur les Etan^ giles; les quatre volumes des Dialogues; les Lettres^ au nombre d'environ huit cent quarante, divisées en douze volumes. Les anciens comptent ainsi les écrits de saint Gré« goire ; et il ne paraît pas que nous en ayons perdu. Pour TAntiphonaire et le Sacramentaire, ils sont véritablement de lui ; mais on ne peut nier que Ton n'y ait fait quelques addiiions, comme il est ordinaire dans ces sortes d'ouvrages.
On conserva avec son corps son pallium, le reliquaire qu'il portait au cou» sa ceinture; et tout cela montrait à la postérité la pauvreté et la simplicité de ses habits. Le reliquaire, gue l'on croit avoir été la croix pastorale, était d'argent et fort mince. Il s'était fait peindre dans le monastère de Saint-André, avec son père Grégoire et sa mère Silvie. Près le Nymphe, c'est-à-dire, le lieu de son monastère, où les femmes étaient| on voyait, d'un cAtéj saint Pierre assis, qui
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