‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 44 sur 123 · DICT10NN.URE · texte numérisé non relu

DICT10NN.URE

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les mmflslères qui étaient «près de l*église de Saint-Paul, réduits en solitude depuis longtemps, et y établit des muines |K>ur chanter ies louanges de Dieu jour et nuit. Toulefois, il t avait un monastère d*houH mes d;ins Téglise même de Saint- Paul» l*an 713, sous le Pape Constantin. Grégoire 11 fit encore un monastère d*ua hApiial de vieillards, qui était derrière l*é^lise de Sainte^ Uarie-Majeure. et rétablit le monastère de Saint-André, dit de Barbara, tellementabandonné qu'il n*y restait pas un moine. L*une et l'autre communautés venaient chanter rOffice tous les jours et toutes les nuits dans Téglise de Saintes-Marie. A()rès la mort d'Monesta, mère du Pape Grégoire, il donna k Dieu sa maison, et y bâtit de fond en comble un monastère à J*honneur de sainte Agathe, auquel il donna des maisons dans la ville et des terres à la campagne* Il donnai la ro6me éj^liSB de Sainte- Agathe , un ciboire ou tabernacle d'argent du poids de 729 livres, six ares d'argent de 15 livras chacun, et dix corbeilles de 12 livres, oulre les autres offrandes.

Kn 723, Ouinfrid, que Grégoire II envoya en Allemagne, députa à Rome un des sieus, avec une lettre où il rendait compte au Pape du succès de sa mission, et le consultait sur quelques difficultés. Le Pape, dans sa réponse, Tinvita à venir : il obéit, et arriva k Rome pour la seconde fois, accompagné de plusieurs de ses disciples. Le Pape i ayant appris, ordonna qu'il fût bien reçu dans la maison d'hospitalité ; puis, l'ayant fait venir à Saint-Pierre , il l'interrogea sur la foi de l'Eglise. Ouinfrid lui demanda du temps pour écrire sa confession de foi, et la lui porta. Le Pape l'ayant fait asseoir, Texborta a conserver cette doctrine et à l'enseigner aux autres. Il passa presque tout 'le jour à conférer avec lui, lui faisant plusieurs questions sur les matières de la religion et sur la conversion des infldèles.

Enfin il lui déclara qu'il voulait le faire évèque. Le saint prêtre se soumit, et le jour de l'ordination fut fixé au dernier de novembre 723, fftte de Saint-André. Le Pape changea son nom, lui donnant en mèuie temps celui de Ronifaoe, sotts lequel il est plus connu. Il lui fit prAier un serment daté de la même année 723, par le^juel il promet de garder la {mrelé de la foi et l'unité de l'Eglise, de concourir toujours avec le Pape, et procurer le bien de l'E^^lise romaine, de n'avoir point de communion avec les évêques qui n'observeront pas lescanons, et les empêcher selon son pouvoir, ou d'en aver» tir le Pape. Ce serineut était écrit de sa main, et il le mit sur le corps de saint Pierre; ce qui montre qu'il fut ordonné dans l'église du Vatican

Le Pape, de son côté, lui donna un livre de canons pour lui servir de rè^le de conduite, et le chargea de six lettres : la première h Cbarlee Martel, où il lui recommande Tévêque Roniface, envoyé aux infidèles qui habitaient la partie orientale da Rhin. Car la domination des Français s'éten-

dait au delà de ce Qeuve, bien avant daos U Germanie. La seconde lettre est adressât I tous les évêques, les prêtres, les dioctos, les ducs. Les comtes, et k tous les Cbrétieas

!|ue le Pape exhorte k bien recevoir Bodî. ace et ceux de sa suite, k lui dooDi^dcs vivres et tous les secours nécessaires ; il menace d'aoaihème ceux qui s'oppos^roat k son ministère. Elles sont datées du féécembre 723, le lendemain de l'ordioaiioa ée Roniface. La troisième lettre est adressée m clergé ei au peuple que Roniface détail gM* verner, et marque tes règles qu'il detaitolw server dans ses fonctions, qui sont les m^ mes, mot pour mot, que celles de l'instroe* tion envxiyée en Ravière l'an 716. La qoi* trième lettre est adressée aux Chrétieos de Thuringe , particulièMment k leurs cinq

f)rinces qui y sont nommés. Le Pape les (éicite de ce qu'ils ont résisté aux païens qoi voulaient les ramener k l'idolâtrie, les et* horte k la persévérance, k rattaebenieut pour l'Eglise romaine et l'obéissance k Rooiiice. La cinquième letlreest k tout le peuplede Thuringe, c^eat-^k-d ire aux pa«ens,.que le Pipe exhorte k se convertir en recevant les iosiruc» tions de Roniface, k salaire baptiser, k lui tiâtir une maison, et des églises, pour eus. L& dernière est k tout le peuple des anciens Saxons. On appelait ainsi ceux. deOeroiaoïe, k la différence de ceux qui avaient f«ssè dans la Grande -Rretagne. Le Pape 1rs exhorte k quitter TidolAtrie, ei leur recoomande Boniface.

Le 5 avril 72i , le Pape Gréf^re 11 tiolà Rome un concile. Dans ce concile, assemb'e k Saint-Pierre , outre le Pape, qui y présidait, vingt-deux évêques y assisièrent, entre lesquels il y avait trois étrangers, Sio* dered d'Espaene, qui avait quitté Tarcbevêché de Tolède; Séduiius,. Ecossais de la Grande-Rrelagne, etFergust Picte d'Ecosse. Tout le cîerge de Rome assistait au eooale. Le Pape en fit l'ouverture en disant qee plusieurs Chrétiens d'Italie contractaient de» mariages illicites avec des femmes coosscrées a Dieu et des parentes i les étèqiies répondirent qu'il fallait anatbéosaliser toos ceux qui commettaient de tels crimes, Romains, Lombards,, ou de quelque natioa

3u'ils fussent. Après f)uoi le Pape pronoup, evant le corps de saini Pierre, la senteoœ comprise en dix-sept canons, dont lèpre* mier porte : Si qu$lquun épousé tnie fr^ ireae^ quHl soit anatkime. Tous répondi* rent par trois fois, qu'il $oU anaikimi : <» qu'ils firent sur chaque canon. On oomiDiii prêtresse, prtêbytera^ celle dont le mari a>su été ordonné prêtre , et il lui était défeodi de se marier, iiiême après laniorldesûo mari. On condamne celui qui épousa use diaconesse , une religieuse, sa eommire, Is femme de son frère, sa nièce, la fesane^ son père ou de son fils , sa cousine , sa pt* rente ou son alliée; celui qui aura tnM une veuve ou une fille. On prononce ans* thème en i>ariiculier contra un oomo^ Adrien et une diaconesse nommée &ip^* nie» qui s'étaient mariés au préjiidicede k^

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serment, et ranathème s*étend à leurs com-^ plii^s. Od condamne ceux qui consultent les détins ou les auspices, et se servent d*en-* changements ou de caractères; ceux qui usur* pen' des terres au préjudice des lettres apostoliques; enfin les clercs qui laissent croître leur cheveux. Ce concile est sous- <;rit, nou-senlement par les évoques, mais encore par quatorze prêtres et quatre diacres. L'empereur Léon, irrité de ce que le Pape Teropêchait de dépouiller les églises de leurs richesses en Italie, comme il faisait dans les autres lieux, tenta plusieurs fois de lui faire perdre la vie, et de faire ordonner un autre Pape. Un capitaine, nommé Basile, Jourdain, cartuiaire, et Jeun, sousdiacre, snrnommé Lurion, ayant résolu ensemble de tuer le Pape Grégoire , Marin, écojer de Tempereuret duc de Rome, envoyé de Constantinople, approuva ce dessein par ordre de Tempereur. Mais Marin, étant tombé en paralysie, fut obligé de se retirer, ce qui fll manquer Tentreprise. Lfi palHce Paul, envoyé ensuite en Italie ^n qualité d'exarque, reprit le même complot ; mais les Romains le découvrirent* et tirent périr Jourdain et Jean Lurion. Basile se fit moine, et s'enferma pour le reste de ses jours.

Après Marin. Tempereur envoya un autre écuyer pour faire déposer le Pape ; Texarque Paul ayant tiré quelques troupes, tant de Ravenne que de l'armée qu'il avait dehors, les envojra vers Rome. Mais les Lombards se joignirent aux Romains pour la défense du râpe , et empftchèrent les troupes de l'exarque d'approcher de Rome.

Saint Bouiface écrivit une seconde lettre au Pape Grégoire II, pour lui rendre compte du fruit de sa mission et des traverses qu'il j rencontrait. Le Pape lui répondit par une lettre datée du (^décembre 12k; il lui dit entre autres choses : Ne vous Unisêtz point étonner par Int menaces ni abattre par la crainte. Dieu vous protégera^ ayex seulement une ferme confiameen /ui, puisque vous pré*' chez la vérité. Quant à Cévéque qui avait jue^ quiti à instruire cette nation^ qui soutient a présent quune partie est de son diocèse , noue avons écrit au patries Charles^ l'sxhor^ tmnt paternellement à le réprimer; nous crotfons qu'il v mettra ordre.

Deux ans après, le Pape Grégoire H écri- TÎI encore une lettre k saint Boniface, pour répondre b celle quil lui avait envoyée par le prètt>e Denval, où il le consultait sur plusieurs points de discipline. Voici les principales décisions de celte décrétale : « On «levratt défendre les mariages entre parents, tant qu'ils peuvent se reconnaître ; mais, ponr user d'indulgence > principalement envers une natioa si barbare, on^peut pertneitre de se marier après la quatrième générilioo. »

Lee énflmte offerts en bae âge fmr leurs parents pour la vie monastique^ n*ont plus ia tibttteit se mariet^ étant consatrés à Diea pnr cetts offrarde. Un prêtre accusé par te

peuple sans témoins eertainst sera reçu à se puraer par serment.

Il ne faut pas mettre deut ou trois calices sur FaUiel en célébrant la Messe^ mais un seul, puisquHl est dit que Jésus prit le calice, il n*est pas permis de manger des viandes immolées^ quoiqu^on ait fait dessus des signes de la croix.

Vous ne devez pas éviter de parler^ et même de manger avec les prêtres et les évêques dont ta vie est corrompue et scandaleuse^ puisque souvent on les ramène plutôt par cette condescendance que par les réprimandes. Voue devez en user de même à V égard des seigneurs

Îui vous donnent du secours. La lettre est atée du 22 novembre 726.

L'empereur Léon, irrité de l'honneur qu'on rendait aux images de Jésus-Christ» assembla le |)euple, et taxa devant lui ce culte d'itjolttrie. Le peuple murmura de ce discours, et saint Germain, alors patriarche de Constantinople, écrivit è plusieurs évéi|ues pour la défense du culte rendu aux images. 11 ne manqua pas d*écrire au Pape Grégoire ce qui se passait dans une aflTaire si importante. Le Pape lui fit réponse |>ar une grande lettre, ou d'abord il le félicite 3ur la vigueur avec laquelle il défend la doctrine de l'Eglise. Elle ne s'est jamais trompée^ dit le Pape, quoiquon se timagine^ et cette tradition n'a tien de commun avec la pratique des païens. Il faut regarder rintention et non pas Caction. Si les prophétise n'ont pas été accomplies par Vincamation du Fils de DieUy il ne faut pas peindre et qui n'a pas été; maiSf puisauétout s'est passé réellement^ qu'il est ne, qu il a fait des miracles^ qu'il a souffert^ qu'il est ressuscité^ plût à Dieu que le cte/, la terre^ la mer y tous les animaux^ toutes les plantes pussefit raconter ses merveilleSf par la parole , par récriture ou par la peinture.

On appeUe idoles les images de ce qui n'est points et qui ne subsiste que dans lus fablee et les intentions frivoles des païens. Mais l'Eglise n'a rien de commun avec les idoles : à Dieu ne plaise! nous n'avons jamais adoré des vaches t ni le veau d'or 9 ni regardé la créature comme un Dieu, ni reçu les mystères de Béelphégot. Que si guelquun veut imiter les JuifSf en accusant lEgtise d'idolâtrie, À cause des vénérables images^ nous le regat-^ dons comitie tth chien qui aboie en vain, et nous lui dirons comme aux Juifs : Plût à Dieu qu'téroA eût profité des choses sensibles

rie Dieu lui avait ordonnées pour te menet lui; qu'il eût aimé le saint autel plutôt que les vacnts de Samarie ; la verge d'Aaron plu^ tôt que Astartét et la pierre dont l'eau était sortie plutôt queBaal.

Les Lombards ayant surpris Su tri en Toscane, le Pape fit tant auprès du roi Luitprand par ses lettres et par ses présents, qu'il rendit la place, quoiiiue dépouillée da tout; mais ensuite il convint avec l'exarque Eutichius de Joindre leurs forces, afin qoa lé roi pât soumettre b son obéissance le due de Spolète cl de Bénéveni, et que l'eiarque se rendît mettre de Rome, pour exécuter

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les ordres qu'il avail depuis longtemps contre la personne du Pape. Le roi, ayant soumis les deux ducs, vint aux portes de Rome, d'où le Pape sortit, et lui parla si fortement, que le roi se prosterna à ses

{ieds, et promit de ne faire mal h personne. I 6ta même ses armes, et mit devant le corps de saint Pierre son manteau, son baudrier et son épée dorée, une couronne d'or et une croix d'argent ; après avoir fait sa

f>riàre, il pria le Pape de recevoir aussi 'exarque à la paix ; ce qui fut fait. Le roi Luitprand se retira ainsi, et Texarque Eutichius entra dans Rome.

Tandis qu'il y séjournait, Tibère, surnommé Pétase, se révolta dans la Toscane, Youiant se faire reconnatlre empereur, et attira à son parti trois villes, Manture, Lune etBIède, qui lui prêtèrent serment. L'exarque, eunuque et timide, en fut fort alarmé ; mais le Pape l'encouragea, envoya avec lui son armée et les premiers du clergé. Ils arrivèrent à Manturo, où Pétase fut tué et sa tête envoyée À Constautinople. Toutefois l'empereur ne s'apaisa pas envers les Romains. Ensuite, ayant fait son décret contre les images, il l'envoya à Rome, promettant au Pape, s'il y acquiesçait, de le recevoir dans ses bonnes grAces, oubliant tout le passé, et le menagant de le faire déposer s'il empêchait l'exécution de ses ordres. Le Pape, voyant l'impiété de ses ordonnances, se prépara h résister à l'empereur comme à un ennemi de l'Eglise : il écrivit de tous côtés aux fidèles pour les préserver de cette nouvelle erreur. Les peuples de la Pentapole et l'armée de la Vénétie rejetèrent l'ordre de l'empereur, et déclarèrent qu'ils combattraient vigoureusement pour la défense du Pape. Ils anatbématisèrent Paul, exarque de Ravenne, l'empereur et ceux qui lui obéissaient. Ils se choisirent des chefs, et enfin toute l'Italie, par délibération commune, résolut d'élire un autre empereur, et de le mener à Constautinople; mais le Pape, espérant la conversion de Léon, arrêta l'exécution de ce dessein.

Cependant Exhilarat, duc de Naples, avec son fils Adrien, étant maîtres de la Campanie, persuadèrent au peuple de celte province d'obéir à l'empereur et de tuer le Pape ; mais les Romains le prirent avec son fils, et les firent mourir; ensuite ils chassèrent Pierre, duc de Rome, disant qu'il avait écrit h l'empereur contre le Pape. A Ravenne, le peuple fut divisé, les uns tenaient le parti de l'empereur, les autres celui du Pape et des ratlioliques : ils en vinrent aux mains, et tuèrent le patrice Paul, exarque de Ravenne : plusieurs places de l'Emilie et Auxumo dans la Pentapole se rendirent aux Lombards Enfin ils prirent Ravenne même, comme il pardlt par une lettre du Pape tirégoire II à Ursus, duc de Venise, ou plutôt de la province de Ravenne, nommée Vénétie, où il dit : Puisque, pour nospiché», la viUe di Ravenntaétéprise par la naiion tnfàmedeê Lombards, et que C exarque demeure à l'enise comme nous lavons appris; vous

devez vous joindre à /ut, eombatlre ascr lui

Îour, nouSt afin que Ravenne soit rendit i Empire, et remise sous robéissaate is «oi maîtres , Léon et Constantin. D'ua tatre côté, l'empereur envoya à Naples le pitricc Eulychius, ennuque, qui avait été eunjoe de Ravenne. Celui-ci envoya on desesgtos h Rome, avec des lettres portant ordre d« tuer le Pape et les premiers de la tille; ce qui ayant été découvert, les Romains foulaient tuer le patrice; mais le Pape s'; op> posa si fortement qu'il 1 empêcha. Us los* Ihématisèrent donc le patrice Eutychios, el s'obligèrent tous par serment, grands ei petits, à mourir plutôt que de permettre que l'on (il aucun mal au Pape, qui défeo* dait la foi avec tant de 2èle. Le patrice Eotycbius envoya des députés au roi Loti* prend et aui ducs des Lombards, leur pro. mettant de grandes sommes s'ils vouliiest abandonner Je Pape. Mais» connaissant li mauvaise volonté du patrice par ses leure», ils se joignirent aux Romains, et fireot le mime serment pour la défense do Pipe.

Grégoire, de son côté, pour s'attirer an plus

5 rend secours de la (mrt de Dieu, répétait de très-grandes aumônes, s'appliqoui à la prière et au jeûne, et faisait tous ks jours des processions. Et, quoiqu'il espérât en Dieu plus qu'aux homaies, il ne Uissitt pas de rendre grAces au peuple de sa boooe volonté ; il l'exhortait à làire des progn^ dans la vertu et k coiuerver la toi, nuis en même temps à ne pas se départir ue l'affection et de la fidélité qu'il deraU I l'empereur romain.

Le nouveau patriarche de Constantioople, Anastase, envoya sa Lettre sjfnodiqvs aa Pape Grégoire H, qui, le voyant soutenir l'hérésie des iconoclastes, ne crut pu de* voir le reconnaître pour son confrère; il lui écrivit pour l'avertir que, s'il na refe* naît à la foi catholique, il serait priféda sacerdoce. Le Pape Grégoire II ne sorvécat pas longtemps à la date de cette leUre; il mourut le 10 février 731, et fut enterre à Saint-Pierre le 13 du même mois, wh avoir tenu le Saint-Siège quinze ans, iioii mois et tingt jours. Il fit cinq ordinalious» quatre au mois de septembre, et ordonne trente-cinq prêtres et quatre diacres, cent cinquante évoques. Il fit faire un calice d'or, orné de pierreries, du poids de trente lirrr), et une patène d'or de vingt-huit litres et demie. Il donna au clergé et aux monaslènr^ 2,160 sous d'or, et 2,000 pour le lumioairv de Saint-Pierre. L'Eglise l'honore entre les saints le 13 février.

Saint Grégoire II fut le quatre-vingtHiea* vième Pontile, le contemporain d'Anastase II, de Théodore III et de Léon Usauneo, eapereurs d'Orient. Il eut constamment en m la gloire de Dieu, l'avantage de VE^!^ ^ salut des peuples. Son pontificat de près à^ treize ans, dans les temps les plus cntuises, ne fut qu'un long tissu de tra.ts de vigaenr cl de sagesse, de vertus paisibles et d^iBi* vres d'éclat. Il peut se résumer ainsi : 1^ le commi ncemcnt Grégoire II pouiîrut ani

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besoins spirituels de tous les fidèles, iiTêc une sdivUé et une vigilance continuelle; il trafailla avec le plus grand zèle à Teitirpation des hérésies , et à la réforme des iD<Bors ; il rétablit plusieurs ét^lisesdeRome, des monastères et des hôpitaux ; il prit soin de réparer les murs de cette ville, ainsi que les édiflces publics; il fut le restaurateur du célèbre monastère du mont Cassin, qui était abandonné depuis plus d'un siècle^ Il envoya eo Allemagne des missionnaires apostoliques, sous la conduite de saint Boniiace; il eut soin en même temps de se concilier les rois et les princes de fa chrétienté , afin qu'ils coopérassent avec lui, ou du moins, afin qu'ils ne s'opposassent pas au bien qu'il voulait faire. Enun, il rendit son pontifical si célèbre par toutes ses bonnes œuvres, et le Saint-Siége si vénérable aux fidèles, qu'on venait à Rome, des extrémités de la terre, visiter par dévotion les tombeaux des apôtres, et baiser les pieds de leurs successeurs. Il enl ensuite beaucoup à souffrir vie lempereuY Léon l'isaurien, qui déclara ka guerre aux images de Jéisus-Gbrisl et de ses saints. Il fit tous ses efforts pour ramener 4'esprit de ce prince, et lui faire comprendre son erreur ; la fermeté qu'il montra dans cette fiersécutiun, put bien déconcerter Léon, uais elle ne fut pas capable de le faire changer. Grégoire eut recours aux jeûnes, aux aumônes, aux prières publiques, après avoir employé toutes les voies que la charité «t.la vijjueur purent lui suggérer. Il assemlihi un concile à Rome, où, ayant condamné rimpiété de Léon, il le déclara retranché de la communion de l'Eglise. Ce fut par ce dernier acte qu'il couronna les travaux qu'il avait poursuivis, non-seulement pour la défense etl'honneur des saintes images, mais encore pour la réiorme des mœurs , et le maintien de la discipline.

Grégoire, qui envoie des ambassades aux princes, se trouve investi, comme malgré lui, et par l'acclamation unanime des peuples, d'une sorte de dictature universelle. Aussi ne faisait-il que constater un fait lorsqu'il écrivait à l'empereur Léon : L'Occtaeni entier a les yeux tournés sur notre Au- 9miiié...f il nous regarde comme Farbitre et te modérateur de la tranquillité publique... Si voua osiex en faire l'essai^ vous le trouveriez préi à se porter même où vous êtes pour veng^r les injures de vos sujets d'Orient. Nous avons déjà vu, en parlant du précédent Pontife Grégoire le Grand, comment s'établit par la force des faits et l'assentiment universel «les peuples, le domaine temporel du Saiut- Stége. Nous le voyons bien mieux encord sous ce pontificat où les empereurs d^Orieut ue songent plus qu'à renverser et à assassi* lier le Pape qui, de son côté, ne cesse de prècber l'obéissance à l'empereur et n'accepte enfla la souveraineté, que la nécessité lui délègue, que pour sauver l'Italie tout enlière de ta ruine et de l'anarchie. Le Souverain Pontife, d'ailleurs, ue pouvait plus reculer devant la volonté si hautement mades (lOl)ulations qui se réfugiaiunt

sous l'égide de sa suzeraineté temporelle» seul moyen de salut qu'il leur restât. C'est ce que constate parfaitement M. l'abbé Jager qui, après avoir retracé Thistoire du Pape Grégoire II, énumère les persécutions qu il enta supporter de la part de l'empereur Léon, sa fermeté et sa fidélité, s'exprime ainsi dans son Cours d'Histoire ecclésiastique (Université catholique) : « Grégoire II a noblement accompli son duuble devoir de courageux chef de l'Kglise et dé sujet fidèle ; il a résisté à Feotipereur auand il le fallait ; il a défendu les intérêts de TEmpire quand il les a vus en péril ; mais le deinier attentat d'Eutychius mit le comble à la me&ure ; la patience des peuples se lassa enfin et pK>ur jamais, ils brisèrent avec la domination impériale. Eutychius fut obligé de fuir; l'exarchat, qui avait duré cent cinquante ans, prit sa fin, et le peuple llui-môme re mit, de son propre mouvement, entre les mains du Pape, l'exercice de la souveraine puissance. C'est de cette époque, 781 , et sous le pontificat de Grégoire II, qu'il faut dater la puissance temporelle des Papes. —(Voy. Grégoire lb Grand, j Désormais nous allons les voir conclure en leur nom des traités, exercer la prérogative royale, agir en souverains. Voilà l'histoire, je la raconte et je ne la fais pas. Or 'iVrnerchcr, je le sais, et cent fois on vous Va sans doute répété, et vous avez dû le croire,- on va chercher l'établissement temporel des Papes dans une donation de Pépin, sur laquelle on a fait d'agréables plaisanteries ; on a dit qu'on ne la retrouvait pas. On a beaucoup ri, on a beaucoup plaisanté enfin. C'est trèsbien. Mais les Pa[)es peuvent se passer de ce titre : plus de vin^t ans avant sa problématique existence, ils étaient investis du pouvoir le plus légitime, le plus honorablement acquis, le plus imposant, le plus sacré; ils avaient reçu l'investiture de la main des peu|>les. Grégoire II, vous l'avez vu, na pas ambitionné ce pouvoir, il ne Ta pas recherché, il n'a pas intrigué, il a tout fait, au contraire, pour le conserver au possesseur d*alors ;'mai5, après avoir poussé la fidélité et la longanimité jusqu'à ses dernières limites, lorsqu'il a vu un pouvoir imbécile et oppresseur, qui fatiguait et opprimait les populations sans songer à les protéger, lorsqu'il a vu ces populations blessées (ians leurs plus respectables affections, poussées à bout et exaspérées, jeter à bas le joug qui les écrasait et lui tendre les mains , il leur a ouvert ses bras, il les a reçues, il s'est engagé à les conduire et à les défendre. Voilà l'origine, la seule, la véritable origine du pouvoir des Papes. Que Pépin, 9ue Charlemagne, que les autres souverains, leurs successeurs, viennent ensuite, sous la forme de donation (ou plutôt de restitution), reconnaître le pouvoir légitime qui existe, à merveille I nous le voulons bien ; mais ils ne peuvent donner ce qu'ils n'avaient pas, ils ne i>euvent que reconnaître ce qui existait. Ce sont les populations ellesmêmes qui ont librement et avec réflexion.

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Gr intérêt et par reconoaissaDce, proclamé i Papes lears souTerains. Laissons donc avec PArioste les litres de donations ; les pruples ont parlé, les Papes remuent.

«( Diaprés la conduite antécédente da Pape, il y a tout lieu Je penser qn'en acceptant la souveraineté, il avait rinlention de la résigner, dès que les circonstances le percnettraiem, aux mains de Tancienne autorité. Les circonstances ne se présentèrent pas, et Terapereur Qt tout ce qoMI fallait pour les rendre contraires. Pour exciter les Grecs contre le Pape, il l'accusa d*avoir lancé r excommunication contre lui et d'avoir retenu les impôts. Cette calomnie est également démentie, et par le caractère, et par la conduite de ce vénérable Pontife, et par le témoigage des auteurs latins. On a ensuite accusé Grégoire II, d'avoir délié les sujets de l'empereur du serment de fidélité. Cette assertion ne se fonde sur rien, et l'expression môme dans laquelle on la formule est un anachronisme; elle n'était pas dans la langue de cette époque. Il faut donc reconnaître eue la papauté, est restée pure en recevant 1 investiture du pouvoir tempo* rel, et qu'elle ne la doit qu'à ses vertus, à ses services, à la confiance et à la liberté des peuples .qui se sont rangés sous son sceptre paternel, c Grégoire II , » continue M. l'abbé Jager, c a simplement constaté un fait et prononcé un mot admirable de vérité, lorsqu^il a dit à Léon l'Isaurien que saint Pierre, dans ses successeurs, éiait devenu comme un dieu êerreetre pour les peuples de l'Occident. Pompée se vantait de n'avoir qu'à fra^iper du pied la terre pour en faire sortir des légions, et les Papes, comme le dit encore le Pontife, n'avaient, eux, qu'à faire un signe pour se faire environner de tous les peuples en armes. Ce pouvoir surhumain, ils l'exercent pour ramener la paix. Grégoire II, calme plusieurs fois l*eflervescenco populaire ; il apaise les séditions, ouvre et lerme les portes de la ville , suivant que les défenseurs ou les ennemis de l'empire se présentent ; il suspend par un invisible charme le fer des assassins levé sur sa tôte; il désarme le souverain le plus résolu à sa perte. Luitprand marche contre lui avec ses Lombards; Grégoire va au-de^* vant de' lui sans armes, et le roi est k ses pieds. »

GREGOIRE III (Saint), quatre-vingtdixième Pontife* -- Ce Pape, successeur de Grégoire II, continue sa pensée, marche dans ta môme voie, et s'offre avec un caractère, une conduite et une physionomie tel* lement semblables, qu'on a souvent confondu les actes et les écrits de ces deux Papes. Lorsque ce dernier assistait aux- funérailles de saint Grégoire 11, tout le peuple de Rome, comme par inspiration divine, l'enleva de force et le porta aussitôt sur le Saiat^iége qu'il occupa près de onze ans.

Grégoire III) originaire de Syrie, s'était rendu recommandable dans TBglisede Rome par sa douceur, son humilité, sa sagesse, sa iiharité, sa science et son intelligence des

saintes Ecritures. Il' s'était employé avec beaucoup de zèle et de fruit aux instruo^ lions chrétiennes parmi le peuple, et il avait travaillé également à y conserver la pureté des mœurs et celle de la foi contre le torrent des vices et les efi'orts de l'hérésie. Son désintéressement était connu de tout le monde, ainsi que sa charité pour les pauvres, qu'il assistait môme de son néces^saiVe. Il en usait de môme à l'égard des captits et des prisonniers dont il avait souvent fourni ia rançon, des veuves ruinées dont il avait payé les dettes, des orphelins abandonnés, il la subsistance desquels il avait pourvu. Il était le sage conseil de tous ceux qui voulaient sérieusement se donner à Dieu; il était l'exemple du clergé. Tant de vertus le firent choivir pour succéder au Pape saint Grégoire II. Il fut sacré le 23 février 731.

Dès le commencement de son pontificat, Grégoire 111 écrivit à Léon deux lettres élo(|uentes en réponse à celles que ce prince avait envoyées à Rome pour l'exécution de son décret contre les images. Il lui représenta d'abord aue dans les dix premières années de son règne il ne s'était point avisé de taxer d'idolâtrie un culte autorisé par la pratique de toute l'Eglise. Puis il continue : Nous gardom soigneusemeni to$ lettres dans V église de Saint-Pierre avec celles de vos prédé^ eesseurs . Dansxes lettres scellées de votre sceaUf et souscrites de notre main avec le cinabre^ tous confessez notre sainte foi dans toute sa pureté^ et cous déclarez maudit quiconque ose contrevenir aux décisions des Pères. Qui voue oblige donc maintenant à regarder en orrière^ après avoir si bien marcM pendant dix ans ? Dans cet espace de temps, tous n'orfx point parié des saintes images , et maintenant tous dites qu'elles tiennent la place des idoles^ et que ceux qui les adorent sont des idolà^ très. Vous ordonnez de les abolir entièrement^ et vous ne craignez point le jugement de DieUy en scandalisant non^seulement les fidè^ leSf mais encore les infidèles. Pourquoi, comme empereur et chef des Chrétiens , n'atez-vous pas interrogé les hommes savants et pleins d'expérience? ils vous auraient appris pour^ quoi Dieu a défendu d'adorer les ouvrages des hommes. Les Pères^ nos mattres^ et les six conciles nous ont laissé cette tradition, et vous ne recevez pas leur témoignage, tfous sommes obligé, parce que vous êtes grossier et ignorant, de vous écrire des discours gros^ siers, mais pleins de sens et de la vérité de Dieu.Nous vous amjurons dequiiter votre pré^ somption et totre or'queil, et de nous écouter humblement.

Dieu a ainsi parlé à cause des idoldtres qui habitaient la terre promise et qui adoraiefU des animaux d!or^ d'argent et de bois, des atseaux et toutes sortes de créatures, et disaient : Voilànos dieux, il n*y en a point d'autres. Cest pour cela que Dieu a défendu les ouvrages du hommes nuisibles et maudits inventés par le démon. Mais U y en a que Dieu même a ordonnés pour son service, comme les Tables de la loi, Marche et les thérubins. N'étaient-cepas desâuvrages demain

«lie

DES PAPES

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ikoïïmmt Dmnê lêg dernm^ êempt^ Dieu a

tnvogé son FiUf gui s^^est incarné^ « paru

dans Jérusalem, a faii plusieurs actions mu*

siblss. Ceux qui f avaient vu, l'ont peint

comms Us iacaient tu. On a peint de même

saint Jacques, pare$U de Notre-Seigneur ,

saint Etienne et les autres martyre. Ces images

s étant r^andues par tout le monde, on a

(issé d'adorer le démon jfour Us adorer; non

d'un culte de latrie, mats d'un culte relatif.

Pourquoi ne peignons-nota pas le Pire de

Jésus-Christ ? Parce gu*il est impossible de

peindre la nature divine. Si nous l avions ru,

nous le peindrions de même, et vous diriez

que ce serait une idole. Vous dites que nous

adorons des pierres, des murailles et des plan^

ehes. U nen est pas ainsi, seigneur; c'est

pour nous faire souvenir de ceux dont ce sont

Jes noms et les images, pour élever en haut

notre esprit rampant et grossier. Nous ne les

regardons pas comme des dieuxi à Dieu ne

plaise 1 noiêS ne mettons pas notre espérance

dans ces images: maisei c'est celle de Notre--

Seigneur^ nous disons : Seigneur Jésiu^

Christ, Fils de Dieu, secourez^nous, sauves^

nous : si c'est celle de sa sainte Mère, nous

disons : Sainte Mire de Dieu^ priez votre Fils

qu'il saute nos âmes ; si cest d'un martyr :

Saint Etienne, qui avez répandu votre sang

pour JéêuS'Cknst, et qui avez auprès de lui

tant de crédit comme premier martyr, priez

pour nous.

Nous aurions pu, comme ayasU la puis^ eance et l'autorité de saint Pierre^ prononcer des peines contre vous. Mais, puisque vous vous êtes donné vous-même la malédiction, fjuelle vous demeure. U vaudrait mieux que i on vous nommât hérétique, que persécuteur et destructeur des saintes images. Mais le nom d hérétique ne vous convient pas^ puisque vous combattez ce qui est clair comme la 4umiêre. Ayant un si grand évéque, notre con^ frère le seigneur Germain, vous deviez le consulter comme votre père, lui qui a une si grande expérience des affaires ecclésiastiques et politiques, à présent agi de quatre-vingt'^ quinze ans, qui a servi tant de patriarches et d'empereurs. Vous l'avez laissé pour écouter ce nSfchasU et insensé Ephésien, fUs d^Absi" mare^ et ses semblables : comme Théodose^ évéque dTBphise, l'un des chefs des iconoclasf^s. Le Pape rapporte ensuite l'eiemple de fjoostajiiîn Pogunat, qui Ûi assembler le sixième coDcîle el le fil exécuter eo s'y soufueitant le premier; puis il ajoute: Vous Toyex^ seigneuf, que les décisions de tEglise n'appartiennent pas aux empereurs, mais aux écéques. Comme les étêques qui sont préposés aujc Eglises s^abstiennent des affaires publiques ^ las empereurs doîreni sabstentr des a/faires ecclésiastiques, et se contenter de tel" i^3 qui leur sont confiées. Mais la concorde fies empereurs et des écêques fait une seule puissance, quand on traite lesaffairesenpaix ci en charité.

Voua nous avez écrit Rassembler un concile œcuménique: il ne nous semble pas à propos. C'est vous qui persécutez les images : arrêtez^ U xoua tenez en repos; lesnonde seraenpaix^

Dictions, des Papbs.

et les scandales cesseront. Supposez que le concile est assemblé, où est l^ empereur pieux pour y prendre séance suitasU la coutume, récompenser ceux qui parieront bien, et pour* suivre ceux qui s* écartent de la vérité? Vousmême êtes rebelle et agissez en barbare. Ne voyez-vous pas que votre entreprise contre tes images nest que révolte et présomption ? J^s Eglises fouissent d'une paix profonde, vous excitez les combats et les scandales. Cessez, et il n'est pas besoin de concile, 11 lui marque aussi coinmenltout rOccideutest révolté contre lui^ depuis qu'on j a appris les violences 9u*il a commises à Constantinople : On a jetéf dit-il, por terre vos images, on les a /bulées aux pieds. Les Lombards, les Sarmates et les autres peuples du Nord ont fait des eournes dans lu malheureuse Décapole, et ont pris Ravenne dont ils ont chassé vos magistrots feten ont pris de leur pays Jis veulent traiter de même vos places les plus prés de nous^ et Rome aussi, sans que votu puissiez nous défendre. Voilà ce que vous vous êtes attiré par votre imprudencei^

Vous 'croyez nous épouvanter en disant : « /"enverrai à Rome briser Vimage de saint Pierre, et fen ferai enlever le Pape Grégoire chargé de chaînes, comme Constaniius fit à Martin. » Sachez que les Papes sont les mé^ diatm$rs et les arbitres de la paix entre l'Orient et l'Occident, Nous ne craignons point vos menaces; dune lieue de Rome, vers la Campante, nous sommes en sûreté.

L'empereur Léon écrivit encore au fapdi qui loi répondit en ces termes : Jai reçu votre lettre par Ruffin, votre ambassadeur, et la vie m'est devenue insupportable, voyant que, loin devons repentir, vous demeurez aans vos mauvaises dispositions. Vous dites : J'ai l'empire et te sacerdoce. Vos prédécesseurs le pouvaient dire, eux qui ont fondé et orné les églises, et les ont protégées de concert avec les évêques. Au contraire, vous avez dépouillé et défiguré les églises, que vous avez trouvées mo'^ gnifiquement ornées. Que sont nos églises, sinon les ouvrages des hommes ? Des pierres, du bois, delà chaux, du mortier ? Mais elles sont ornées par les peintures et les histoires de Jésus-» Christ et des saints. Les Chrétiens y em* ployaient leurs biesis ; les pères et les mères, tenant entre leurs bras leurs petits enfants nouveaux baptisés, leur montrent acec le doigt les histoires delà religion. On instruis sit de la même manière les jeunes gens et les nouveaux convertis; par ce moyen si simple, oh les édifie, on élève leur esprit et leur cteur à Dieu, Vous êtes cause que le peuple, privé de ces objets innocents, s'occupera de fables, de chansons profanes et de semblables badinC'ries y au lieu de saintes images qui le portaient à bénir Dieu et à lui rendre grâces. Il lui marque ensuite la différence de Teropire e( du sacerdoce : Comme il n^estpas permis, dit-il, à Vivêque de donner des dignités tem-, porelles, Vempereur ne doit point aussi se mêler des élections du clergé. Chacun de nous doit demeurer dans sa vocation. Voyez (a différence des évêques et des princes. Si quelqu'un vous a offensé, vous confisquez sif^

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hien$f vous te bannissez et lui ôtex mime la f>ie. Les évéques n'en usent pas ainsi: mais si quelqu'un a péché et s'en confesse^ au lieu de lui couper la tête, ils lui tmposetit des jeûnes^ des veilles et des prières : le trésor de lEglise est leur prison^ la croix de VEtangile sont les chaînes dont ils désirent le charger. Après Vavoir fait arriver à une traie conversion, ils lui donnent le sacré corps et le précieux sang de Notre-Seigneur^ et renvoient pur et sans tache devant Dieu.

Il continue lYous nous persécutez et nous tgrannisez par la main de vos soldats et par les armes de la chair. Pour nous^ nous som» ines nus et sans armes ; nous n'avons point d'armées terrestres, mais nous invoquons Jé-^ SHS-Christy chef de toutes les créatures, supé» rieur à toutes Us armées des vertus célestes^ afin qu'il vous livre à Satan pour sauver voire âmCf suivant la parole de V Apôtre. Vous demandez pourquoif dans les six conciles, il n'est point parlé des images; je réponds qu'on n'y a point parlé non plus s'il faut manger du pain et boire de l'eau, nous avons reçu les images par une ancienne tradition^ les évéques eux-mêmes en portaient aux conciles, et au-^ cun de ceux qui aimaient Dieu ne voyageait sans image»

Le Pape envoya celte lettre' et la précédente par le prêtre George, oui eut la ftîblesse de n'oser la rendre à 1 empereur; il la rapporta à Rome, et confessa sa faute. Le Pape lui fit de grands reproches, et voulait le déposer dans un concile; mais à la

Srière des évècfues, il se contenta de lui iniser une pénitence, et le renvoya avec les mêmes lettres. L'empereur le fit retenir en Sicile, sans permettre que le prêtre George les apporlit à Constantinople, et le tint luimême en exil pendant près d'un an.

Cette conduite de l'empereur obligea le Pape à assembler un concile à Rome dans l'église de Saint-Pierre ; il s'y trouva quatrevingt-treize évéques. Les prêtres, les diacres et tout le clergé de Rome y assistèrent, avec les nobles et le reste du peuple. Il y fut ordonné que quiconque mépriserait l'usage de l'Eglise touchant la vénération des saintes images, les dterait, les profanerait, ou en parlerait avec mépris, sérail privé du corps et du sang de JésusrCbrist, et séparé de la communion de l'K^lise. Ensuite le Pape envoya par Constantin^ défenseur de l'Eglise romaine, des lettres à l'empereur Léon. Elles furent retenues comme les précédentes, et Constantin mis dans une étroite Srison, où on le laissa près d'un an. On lui ta ensuite les lettres, et on le renvoya après ravoir maltraité. Le Pape ne laissa pas d'écrire encore sur ce sujet à Tempereur et au patriarche Anastase, et il envoya à Constantinople ces lettres qui furent aussi sans effet. Au contraire, l'empereur, irrité contre le Pape, augmenta la capitation dans la Calabre, confisqua, dans les guerres de son obéissance, les patrimoines de Saint- Pierre do Rome, qui montaient h 2â,U)0 livres. En Orient, il persécuta cruellement ceux qui soutenaient l*bunneur des sainics

images; mais il évitait de les faire mourir, pour les priver de la consolation et de l'honneur du martyre.

Cependant le Pape voulant témoigner le respect qu'il portait aux reliques des saints, dont Tempereur Léon se déclarait l'ennemi comme de leurs images, ramassa ce qu'il en put trouver, et fit bâtir une grande chapelle dans la basilique de Saint-Pierre, où il les plaça, en les accompagnant de riches ornements. II y établit, dans cette considération, une fête générale en l'honneur du Sauveur, de la sainte Vierge, des a|)6tres, des martyrs, des confesseurs et des justes, dont les corps reposaient par toute la terre, et en fit faire le service dans cette chapelle et non ailleurs [7J7]. Il fit, vers le même temps, de nouveaux établissements d'évêchés et d'églises en Allemagne, et beaucoup de rèfflements pour féconder tout ce qu'avait lait saint Boniface, âpAtre de ce pays. Ce missionnaire, ayant appris l'ordination du Pape Grégoire III, lui envoya des députés avec des lettres, pour l'assurer de son obéissance, lui rendre compte de sa mission et lui demander la solution de plusieurs diiBcultés. Le Pape lui accorda non-seulement la communion et l'amitié du Saint- Siège qu'il demandait, mais encore le pailium et le titre d'archevêque. Il lui envoya des reliques et d'autres présents avec une lettre, ou, après avoir déclaré la nouvelle dignité qu'il lui donne, il ajoute : Et parce aue vous nous assurez que par la grâce de bieu il s'est converti une si grande quantité de peupUf que vous ne pouvez suffire à leur instruction, nous ordonnons que^ suivant les canons et de l'autorité du Saint-Siège^ vous établissiez des évéques dans les lieux où le nombre des fidèles sera multiplié^ prenant garde toutefois de ne pas avilir Vépiscopat^ et de ne point faire de consécration d'iv£fue^ sans y en appeler deux ou trois, Q%sant au prêtre qui v%nt nous trouver t'année passée^ qui prétend avoir été absous d€ ses crtmet , sachez qu'il ne nous a fait aucune confession, et na reçu aucune absolution de nous. Il nous demanda seulement des lettres de recomman* dation jfour notre fils Charles, Ceux qui ont été baptisés par les païens^ doivent être b(^ti' ses encore au nom de la sainte Trinité, De même, ceux qui ofit été baptisés par un prêtre qui sacrifie à JUpiter^ et mange des viandes immoléest ou gut doutent s'ils ont été bapti-ses. Il faut croire que le baptême administré

f>ar ces païens n'était pas selon la forme de '£glise ; car nous n'avons pas les questions de saint Boniface, pour savoir les circonstances des cas proposés.

Lu Pape continue : On peut offrir pour les morts véritablement chrétiens^ mais non pas pour les impies. On doit observer les degrés de parenté pour les mariages jusqu'à la 'sep^ tième génération. Et si vous le pouvez^ ditournez les hommes de se remarier plus de deux fois. C'est-à-dire que l'Bglise n'approuvait pas \qs troisièmes noces, sans les condamner absolument. Les parricides ne recevront /a communion qu^a la mort^ m

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MIS PAP£S

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tkiiquef ei tûuieleur vk snbiiiendront de chair et de vin^ tt jeûneront le lundis le mardi ei h vendredi. Ceux qui vendent leurs eêcla' ve$ aux infidilee pour les immoler^ feront la même pénitence que les homicides. Défendez .autant que vous pourrez à vos nouveaux Chrétiens de manger de la chair de cheval et leur imposez pénitence. Cette lettre ne put 6(re 6crile avant Tan 732.

Saint Bonilace vint à Rome eii738« tant pour conférer avec le Pape Grégoire III, qu'iJ n'avait jamais vu, que pour se recommeader aux prières des saints, étant déjà fort avancé en âge. Il fut très-bien reçu par le Pape, et extrêmement respecté tant parles Romains que par Jes étrangers; en sorte

au*il était suivi par une grande multitude e Français, de Bavarois, d* Anglais et d*att- Cres nations* Il demeura en Italie la plus grande partie de l'année, après avoir visité lés tombeaux des saints ; il prit congé du Kape, qui le renvoya, en 739, chargé de présents ei de reliques, avec trois lettres : la première, adressée Ji tous les évéques et les abbés, pour leur recommander saint Boniface, et Jes exhorter à lui donner des ouvriers i)Our sa mission. La seconde lettre est adressée aux peuples de Germatiie nouveaux convertis: lePap^y nomme les Thuringiens el lesHessiens, et plusieurs autres Barbares, et en général tous ceux qui sont du côté de rOrient; ce qu'il faut entendre par rapport au Rhin. Il les exhorte à se rendre dociles aux instructions de Boniface, à recevoir les évéques et les prêtres qu'il ordonnera par l'autorité du Saint-Siège. Puis il ajoute : Que s*il veut ramener ceux qui s'écartent du droit chemin de la foi ou de la discipline ea* noniquê^ ne vous y opposez point ; mais faites qu'ils obéissent^ sous peine de s'attirer la damsuUion. Pour vous qui êtes baptisés au nom de Jésus^Christ^ abstenez vous de tout culte du paganismct et détournez-en vos su" jets. Rejetez les devins et les sorciers^ les sacrifices des morts^ du bois et des fontaines^ les augures^ lu caractèru^ les enchantements ei lee maléfku^ et toutu les autru supersti» isone fui avaient cour$ dans votre pays. La troisième lettre est adressée aux évoques de Bavière et d'Allemagne. Le Pape exhorte ces évéques à recevoir favorablement Boniface, à écouter ses instructions, è rejeter les hérétiques et les ûiux évêçiues de quelque

Bart qu'ils Tiennent, particulièrement les retons; à délivrer les peuples de. tous les restes de superstitions, et à célébrer un concile près le Danube, à Augsbourg ou en tel lieu 4iue Boniface jugera h propos.

Saint Boniface rendit compte au PapeCrréroire 111 de ce qu'il avait fait en Bavière ; le Pape lui fit réponse par une une lettre eà il dit : Nous rendonsgrâeuàDieudecequenous apprenons par vos lettres que vous avez cenrerii en Germanie jusqu'à cent mille dmu avec le secoure de Char lu ^ prince des Français. Le Pape approuve l'établissement des noureaux évècnésen Bavière, et ajoute : Quant aux prétru que vous y avez trouvés^ n on ne point ceux qui lu ont ordonnés^ et

que Von doute que ce fussent du évéques^ ils doivent être ordonnés de nouveau^ supposé

Îuils soient catholiques et de bonnu mœurs^ }uant à ceux qui 'Sont baptisés suivant les diversu langues de cespeuplUf pourvu quils soient baptisés au nom de la sainte Trinité^ il faut lu confirmer par f imposition du mains et le saint chrême. Vous avez tout pouvoir de corriger^ s'il ut besoin^ Vévéque Vivil que nous avons ordonné. Quant au concile que vous devez tenir sur le Danube^ de notre autorité^ nous voulons que vous y soyez présent, car Vœuvre que vous avez entreprise ne vous permet pas de demeurer en un lieu; mais comme les Chrétiens sont encore raru dane eu pays occidentaux^ après les avoir fortifiéSf vous devez prêcher partout où Dieu vous ouvrira le chemin, ordonner de notre autorité du évéquu dans les lieux que vous trouverez convenablu. Ne vous dégoûtez pas, mon cher frire, d'entreprendre des voyages rudu et en divers lieux, pour étendre au loin ^ la foi chrétienne , ayant en vue la récompense étemelle. Cette lettre est datée du 9 octobre

L'Italie fut alors troublée par la révolte de Trasimond , duc de Spolète, contre lo rot Luitprand son mattre, qui le poursuivit; il se retira à Rome et le Pape Grégoire, avec Etienne, duc de Rome, refusèrent de le rendre au roi. Il vint donc assiéger Rome , et enleva quatre villes qui en dépendaient; mais Trasimond, avec le secours des Romains, rentra dans Spolète. Dailleurs le roi Luit-. prend ôta le duché de Bénévent k Gisulfe à cause de son bas Age, et le peuple qui le soutenait se joignit a celui deSpoiète et aux Romains contre le roi des Lombards.

Le Pape Grégoire, voyant qu'ils ne pouvaient lui résister, s'adressa à. Charles Martel et lui envoya deux légations pendant Tan-, née 7^1. Ses légats étaient chargés de grands présents, entre autres des clefs de saint Pierre, avec ses chatnes; et ils venaient demander du secours contre les Lombards. On n'avait jamais entendu parler en France d'une pareille légation venue de Rome. Il reste deux lettres du Pape Grégoire III, écrites à cette occasion, dont la première porto en substance : Nous sommes aans une extrê-' me affliction, voyant que le peu qui nous res^ tait tannée jfassée pour la nourriture des pauvru et le lumtnatra des églisu, est maintenant consumé par lu violences de Luitprand et d'Hildebrand, rois des Lombards. C'est que Luitprand étant tombé malade, les Lombards crurent qu'il allait mourir, et reconnurent pour roi son neveu Hildebrand, qui régna depuis avec lui. La lettre continue : Ils ont détruit toutes lu métairiu de Saint-Pierre , et enlevé le bétoU qui y était.

Quoique nous ayons eu recours à vous , il ne nous en est venu jusqu'à présent aucune consolation. Nous voyons que vous ajoutez plus de foi aux faux rapports de eu rois quà la la vérité que nous duons^ et nous craignons que votre conscience n'en soit chargée; car ils nous insultent, tt disent : Vous avez eu rccours à Charles; quil vienne maintenant

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avec Formée des Français et qiiit vous lire de nos mains. M! quelle douleur nous perce le cœur à as reproches ! voyant des enfants si puissants ne faire aueun effort pour défendre leur mère spirituelle f la sainte EgKse et son peuple particulier. Mon cher fils, le prince dès apôtres pourrait bien défendre sa maison et son peuple f et se venger de ses ennemis; mais il éprouve le cctur de ses fidèles enfants. Ne croyez pas les rois des Lombards, quemdils vous disent que le due de Spolète et le duc de Bénévent sont coupables: ce sont autant de mensonges. Le seul crime pour lequel ils persécutent ces ducs^ est de n^avotrpas voulu Fannée passée nous attaquer de leur côtécom'me ont fait tes rois au préjudice de leur traité. Car,aureste,ils étaient forets de leur obéir; pour vous assurer de la vérité^ envoyez ici quelque personne fidèle qui voie de ses yeux la perse'» eution que nous souffrons , le mépris de VE^

Î\lise, le pillage de ses biens, les larmes iespi^ erins. 11 finit en con|urant Charles parle ingénient de Dieu , et dans les termes les plus pressants , de ne pas préférer l'amitié du roi des Lombards à celle du Prince des apôtres. Il ajoute enfin : Le porteur de ces lettres , Anchard^ votre fidèle serviteur, vous dira de vive voix ce ^uUla vu de ses yeux et ce que nous lui avons enjoint.

Comme elle n*eul point d*effet, le Pape Grégoire écrint encore une lettre pour presser Charles. Il y dit en iparlant des Lombards : Us ont été tout ce qui était destiné ûu luminaire de Saint-Pierre , et ce qui a été offert par lios parents et par nous. L'Eglise de Saint-Pierre est dépouillée et désolée. Gré* goire lil ne survécut pas longtemps à la date (te cette lettre. Pendant le cours de son pontificat, il répara et orna plusieurs églises de Rome» entre autres celle de Saint-Pierre , où il fit amener six colonnes précieuses qu'il plaça autour du sanctuaire , des deux côiés, devant la confession de Saint-Pierre. En réparant les églises, il fit faire des pein^ Uires , et les orna de présents magnifiques ; il rétablit des monastères ruiné.s» et en fonda de nouveaux : il fit les dépenses nécessaires pour rebâtir une giande partie des murailfes de Rome. Il mourut Je 10 novembre 7bl| après 10 ans et 9 mois de pontificat. 11 fut enterré à Saint-Pierre, le 28 du même mois, et eut pour successeur Zacharie. On a de saint Grégoire III sept lettres dans la Collection des conciles. C'est le premier Pape qui gouverna complètement en souverain l'exarchat de Ravenne, que les Grecs avaient abandonné > et dont la possession ne lui fut contestée par personne.

GREGOIRE IV, cent-unième Pontife et successeur de Valentin, était prêtre du titre de Saint-Marc lorsqu'il fut élu.— Sa consécration Alt diflTérée jusqu'à ce qu'on eût conauité l'empereur Louis. Ce prince envova un commissaire à Rome , qui examina 1 élection, et après qu*il l'eut approuvée, Grégoire fut ordonné le 5 janvier 827. Il était Romain, fils de Jean, et d'une race noble. Le Pape Pascal le lit sous-diacre et ensuite prêtre, en considération de son mérite. Les Ro-

mains l'élurent d*ane commune voix, malgré sa résistance. Ce Pape répara plusieurs égli-* ses et fit de grandes offrandes ; il fortifia la ville d'Ostie contre les courses des Sarrasins» qui pillaient toutes tes Iles.

Cependant l'empereur Louis , gouverné par sa femme ludith, était brouillé avec ses enfants. Lothaire, son fils aîné , qu'il avait associé à l'empire, vint d'Italie; et, pour rendre sa cause plus favorable, il mena avec lui le Pape Grégoire^ qui espérait mettre la paix entre le père et les enfants. Le Pape étant arrivé en France, les évêques du parti du père écrivirent à ce Pontife une lettre, où ils se plaignaient qu'il fût venu sans être mandé et I accusaient d'avoir violé le ser«' ment qu'il avait fait à l'empereur. Le Pape éi^rivit à ces évêques une lettré, où il relève la puissance ecclésiastique au-dessus de la séculière, et ditqu'en cette occasion ils devaient lui obéir plutôt c[u'à l'empereur. Que s'il lui a fait serment, il ne peut mieux s'en acquitter qu'en procurant la paix ; qu'étant eux-mêmes coupables de parjure , ils n'avaient pas droit de l'en accuser. Enfin, qu*ila ne pouvaient se séparer de IlSglise romaine^ sans demeurer schismaliques.

Cependant l'empereur Louis ayant été abandonné de ses troupes, gagnées par lea présents de Lothaire, fut regardé comme déchu de la dignité impériale ; le Pape Grégoire, afiligé de le voir ainsi traité, s'en re» tourna Rome. Nous n'entrerons point dan» le détail de l'indigne traitement qu'eut k subir Louis le Débonnaire, ni de son rétablissement; nous ncKis contenterons d'observer que ce fut à la sollicitation de Grégoire IV [835} que Lothaire ordonna que la fête de tous les saints,, qui était établie h Rome depuis plus de deux cents ans, serait observée par toute la Gaule et la Germanie : les évêques y donnèrent leur assentiment.

De retour en Italie,, Grégoire IV transféra le corps du Pape saint Grégoire, dont il portait le nom, du lieu où il avait été enterré dans Téglise Saint-Pierre, ot il fit un oratoire de son nom, dont l'abside était de mosaïaue à tond d'or et l'autel orné de tous cêtes de tables d'argent. On mit son corps sous cet autel , et tous les ans il y célébrait sa fête, donnant à baiser le pallium, le reliquaire et la ceinture de ce Pape. Grégoire IV mit dans le même oratoire le corps de saint Sébastien et de saint Tiburce^ il rebâtit l'église de Saint-Marc^ qui avait été son titre et qui menaçait ruine. Il y transféra le corps de saint Hermès; il répara pour l'utilité pu-^ blique un amieduc,iet fit au palais de Latran plusieurs bâtiments pour la commodité de ses successeurs. Ce Fane mourut au com* mencement de l'année 844, après avoir tenu le Sàint-Siége pendant près de 16 ans. Il fui enterré à Saint-Pierre et eut pour successeur Sergius il.

GREGOIRE V^cent trente-neuvième Pane, fut élu le 3 mai 996 pour succéder à lean Xvl. — Lors du décès de Jean XVI, le roi Othon était en Italie. Les députés du sénat et des premiers de Rome, l'atlèrent trouver àRs-

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DES PAPES

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venno» pour le consulter touchant le Pape qu'ils defaieDt élire. Ce prince avait dans le clergé de sa chapellei son neTeu Brucon» fils de sa sœur Judith. Brunon était d*uQ noble caractère, bien instruit d«ns l«s lettres humaines; niais il n*avait guère que vingtquatre ans. Othon résolut de le faire Pape, et Tay^pt fait élire par le clergé et le peuple, il le fit conduire a Home par deux prélats. Il y fut reçu avec honneur et ordonné Pape sous le nom de Grégoire V. G*élait le second allemand oui eât été élevé sur le Saint-Siège. Ensuite Otnon vint à Rome et y fut couronné empereur par le nouveau Pape, le 25 mai; et k sa prière il pardonna à Crescentius qui ^vait maltraité le Paiie précédent. Mais aussitôt que l'empereur tut repassé en Allemagne, Crescentius chassa de Rome le Pape Gréçoire^ qui s*enfuit en Lombardie, dépouille de tout. A sa place, Crescentius fit élire Pape un Grec nommé Philagathe, qui prit le nom do Jean XVII; il était né h Rossaoe, en Calabre. Cet antipape, de basse condition d'ailleurs, s*étant insinué dans les bonnes gr& • ces de Tempereur Othon, eut Tadresse de devenir un de ses principaux courtisans. L'évèque de Plaisance étant mort, il fit chasser UQ digne sujet que l'on avait élu pour remplir ce siège, et se le fit nommer avec le titre <l*archevècl)é. L*empereur Othon fil l'envoya à Constanliuople pour demander en mariage )a fille de l'empereur grec; car Philagathe avait grand créait en Tune et en l'autre cour. Il revmt h Rome en 997, portant avec lui de grosses sommes; Crescentius le reçut avec grand honneur, et, gagné par ses présents, le soutint de tout son pouvoir.

4jrégoirc, instruitde tout se quise passait, tint un ftcrand concile è Pavie, où il excomlu aioia Crescentius, qui le fut pareillement im f^ tous les évéques d'Italie, d'Allemagfve et de France. L'empereur voulant rem^ier aux désordres de Rome, partit pour rifa I ie ; il rencontra b Paviele Pape Grégoire, et ii^ mena avec lui à Rome. L'antipape Jean, averti de son arrivée, s'enfuit, et Crescentius s'enferma au cbAteau Saint-Ange ; mais quelques serviteurs de l'empereur poursuivirent l'antipape et le prirent, puis, craignant que s'ils le menaient à l'empereur, il ne le laissât impuni, ils lui coupèrent la langue et li? nez, lui arrachèrent les yeux et le migrent en prison en cet état.

Cependant Arnoul était toujours prisonnier â Orléans, et Gerbert était demeuré archevêque de Reims.— Koir Jkan XVI.-r-Mais Hugues Capet étant mort, son fils Robert, qui avait é|K)usé Bertlie sa parente, et qui voulait obtenir la confirmation de son mariage, promit de rétablir Acnoul sur le siège de |{eiajs,et pria Abbon de Fleuri d'aller à Rome |iour cette affoire. Abbon obtint du Papa loul ce quM désirait, et à son retour il rélablil Âraoul, que le roi avait délivré de prison, et lui donna le pallium qu'il avait reçu IKiur lui de la main du Pape. Gerbert, ainsi dépouillé de sa dignité se retira à Ravennè, auprès de l'empereur Othon dont il était ajiiié. — fby. SiLVESTRE IL

On rapporte à l'an 998 on concile que le Pape Grégoire Y tint à Rome, dans lequel il condamna le mariage de Robert avec Bcrthe, imposa à ce prince une pénitence de sept ans, et suspendit de la copiipunion l'archevêque de Tours qui leur avait donné la bénédiction nuptiale, de même que toys les évéques qui y avaient assisté. Le roi Robert fut deux ou trois ans sans obéir aux décrets du Pape et du concile ; on le regarda comme excommunié, et la censure ecclésiastique fut si scrupuleusement observée, que personne ne voulait avoir aurun commerce avec lui, excepté deux serviteurs, pour les choses nécessaires à la vie, encore jetaientils au feu tous les vases dont ils s'étaient ^^ervis. C'est ainsi que le raconte Pierre de Damien qui vivait soixante ans aiirès. Enfin Robert, touché des exhortations d'Abbon de Fleuri, renvoya la reine Bertbe et i>rit une autre épouse.

Grégoire V, tout jeune qu*il était, ne tint le Saint-Siège que deux ans et neuf mois, et mourut le 18 février 1003. 11 fut enterré à Saint-Piere, près de Grégoire le Grand. Grégoire V était bien l'homme qui répondait aux besoins de son époque; il avait TAmô élevée, le jugement droit, le coup d'œil sûr, des vues justes, toute la fermeté de caractère qu'il faut pour accomplir les entreprises les plus diflieiles ; en même temps il était bon, doux, indulgent, comme il le témoigna bien en obtenant de l'empereur la gr&ce de Crescentius.

GREGOIRE VI, cent quarante-septième Pape et successeur de Benoît IX. — Ce dernier s'étaot démis du pontificat, lean Gratien, qui était le plus estimé pour sa vertu de tout le clergé de Rome, fut ordonné Pape le dimanche ffî avril 1045. Il prit le nom de Grégoire VI et tint le Saint-Siège vingt mois.

Selon le moine Glaber, auteur du temps, Grégoire était très-pieux et d'une sainteté reconnue. Il était Romain de naissance, et sa bonne réputation ré|)ara tout le scandale qu'avait causé son prédécesseur. Pierre Da? mien, personnage distingué par son mérite, lui écrivit sur sa promotion pour lui en té* moigner sa joie et celle de toute l'Eglise, par l'espérance de voir abolir la simonie sous son pontificat.

Grégoire trouva le temporel de TEt^liso tellement diminué, que, sans les oblations des fidèles, il n'aurait eu rien pour sa subsistance. Dans toute Vltalie les grands chemins étaient si remplis de brigands, que les pèlerins ne pouvaient marcher en sûreté, qu'en s'assemblant en assez grand nombre pour être les plus forts. A Rome, tout était plein d'assassins et de voleurs. Le Pape commença à représenter l'horreur que 1 on devait avoir de ces crimes, et il promit de pourvoir aux besoins de ceux oiie la pau- Treté portait k les commettre.- Comme ses exhortations étaient inutiles, il employa rexcoramunication; mais elle ne fit qu'irriter les coupables. Ils prirent les armes, et voulurent même attenter à sa vie. Il se vit

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DICTlOr^NAmE

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donc obligi) à employer la force et h Ferer des (roopes. Il se rendit roallre de réalise de Saint-Pierre, chassa cenx qui ptllaient les offrandes» reprit des terres qui avaient éC6 usurpées, et rétablit la sûreté des chemins. Les Romains, accoutumés au pillage, se plaignaient du Pape. Ce furent apparemment ces plaintes qui obliKèrent le roi d*Allemamagne, Henri le iHoir, à passer en Italie, pour trayailler è pacifier l'Eglise de Rome, car Benoit IX et Sylvestre Illprenaient ton* jours le titre de Pape. Le roi fit tenir un concile à Sutrie, près de Rome. Grégoire y assista, pensant être reconnu comme seul Pape légitime; maïs Taffaire ayant été examinée, il fut jugé, disent la pnipart des au^teurs, coupable d'avoir été irrégulièrement élevé sur le Saint-Siège, il renonça donc au pontificat en décembre 1M6, après avoir été Pape prèsdedeurans.

Le Saint-Siège étant ainsi déclaré vacant, on élut pour succéder k Grégoire YI TévA^ que de Bamberg,. qui prit le nom de Clément II.

GREGOIRE TR( Saint} se nommait Hildebrand et naquit au commencement du xi* siècle dans la petite viire de Sodano en Toscane. — Son père, nommé Bonice, était charpentier; sa mère était sœur de Tabbé du couvent de Sainte-Marie, au mont Aventin h Rome, sous la conduite duquel il fut placé dès l'enfance, pour être instruit dans les lettres et fa piété. lient là pour maître l'arcbi' prêtre Jean Gratien, qui devint Pape sous le nom de Grégoire iVI. Ce Pontife ayant renoncé è sa dignité pour procurer la paix do TEglise, se relira au monastère de Cluny et y mena le jenne moine Hildebrand, qu'un autre Plape devait venir chercher plus tard en ce mèmecloUre pour le ramener k Rome.

Les affreux malheurs qui désolèrent l'Eglise au x* siècle, dit M. Combeguitle, avaient abouti à diviser la chrétienté en trois factions : trois Pontifes, Benoit IX, Sylvestre III et Grégoire Vise disputaient la tiare, lorsque, par un de ces mystérieux desseins de la Providence, qui font sortir le bien de l'excès des plus grands maux, ce fut du pouvoir temporel et delà violation des formes constitutives de la papauté que le salut vint à cette époque. L'intervention 'de Tempereur dans rélection du chef de l'Eglise, qui avait produit tant de funestes résultats, peut être regardée en ce moment exceptionnel comme une des causes principales au nouvel éclat que jeta la papauté.

Henri le Noir mit fin au schisme, en faisant élire, sous son influence, trois Papes successivement en deux ans. On ne peut rien dire des deux premiers. Clément II et Darnase II, sinon qu'ils jouissaient d'une haute réputation de vertu, et qu« le temps leur manqua plutôt que la volonté de travailler au salut de l'Eglise. Il n'en fut pas ainsi du troisième, saint Léon IX (Bruno, évèque de Toul j, & qui il était réservé de préparer les voies à Grégoiro VII.

^ Afin de rendre celle mission manifeste dès Taurore du nouveau pontificat, Dieu permit

qne Léon, élu en Allemagne, voulât voir une dernière fois son église de Toul avant de se rendre à Rome, et qu'il passât par Cluny où.se trouvait Hildebrand, alors revêtu de tt charge de prieur. La rencontre de ces deux hommes est un événement que l'histoire doit noter, car il marque forigine de la vie publique d^Hildebrand, son apparîtioa sur \tt scène du monde, la première occasiot> qu'il eut de travailler à l'exécution de ses vastes desseins, «t C'était, » dityoigt,«de séparer TE* glise et TEtat, le pouvoir spirituel de la puissance temporelle, d'élever l'un au-dessus de l'autre, de rendre le Pane indépendant de l'empereur, d'assurer même au premier la supériorité sur le dernier, et, par cette indépendance, faire naître l'unité et développer dans l'Eglise une réforme qui s'étendit sur toute la chrétienté et procurât le salut du genre humain. Certes, personne ne pourra révoquer en doute ce qu il y avait de grand, de sublime et de saint dans un pareil projet.

«La gloire des pi us grands hommes, ce qui fait le génie, c'est d'avoir un plan tracé, une idée qui domine toute la vie, a laquelle tous les actes se rapportent comme à leur principe, et dont la réalisation se poursuit invariablement à travers tons les obstacles. Plus cette idée est élevée, plus ses applications sont vastes et utiles, plus la gloire s'agrandit. S'il en est ainsi, nul personnage distinfué ne s'aurait être mis au-dessus, ni peuttre k côté de Grégoire TH. »

Nous n'oserions dire toutefois, comme Voigt semble l'insinuer, qu*ii aft eu dès le principe toute la conscience de sa destinée, qu'il en ait prévu tout le développement. Ce n*est du moins pas ainsi qu'a coutume de procéder la nature humaine. Hais, s'il fallait assigner ce qu'il y eut de primitif et de fondamental dans les pensées de saint Gréf;oire VII, nous n'irions pas le chercher aileurs que dans les vertus chrétiennes élevées k un degré héroïque : une foi ardente, un violent amour du Christ et de son Eglise, un désir immense de se consacrer k leur service, sentiments qui, nés au sein de l'Eglise romaine et è l'ombre des saints apôtres Pierre et Paul, que Grégoire aimait k nommer ses pires nourriciers^ fortifiés par les principes de la vie monastique, et pénétrant toutes ies profondeurs de cette tme k ta fois trèS'Sensible et très-forte, tantôt la remplis* saient d'inexprimables douleurs k la vue des maux présents, tantôt l'enflammaient de courage au seul espoir d'y apporter remède. Hildebrand était proprement dévoré du xèle de la maison de Dieu. Moine, il se fût consumé pour elle en quelque cloître obscur; Pape, il la glorifia, il la défendit contre tous ses ennemis, en face du ciel et de la terre. Lorsc|ue saint Grégoire YI vint k Cluny, il s*était revêtu des insignes de la dignité papale; le prieur Hildebrand lui persuada de s*en dépouiller et de se rendre en habit de pèlerin k Rome, où il déclarerait lui-même que 'le choix de l'empereur ne lui donnait aucun droit au siège de saint Pierre, Jusqu'k ce qu*il eût élé procédé canoniquement k sua

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DES PAPES

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élaction. Grégoire VI élait^digne d'entendre un tel discours, digne de oomprendre Hildebrand : ii Tcmmena atec lui.

Etant venu à Rome* il y prAcha avec un cèle ardent, et les meilleurs évoques admiraient ses discours. Le Pape Léon IX Testimait l)eaucoup el suivait ses conseils. Il Fordonne sou s-diacre et lui conGa le gouvernement du monastère de Saint-Paul, où il n'y avait plus que quelques moines qui menaient la vie des gens du siècle. Hîldebrand fit rendre les biens de ce monastère à ceux qui les avaient usurpés, et il y assembla une nombreuse communauté à laquelle il fit observer une exacte discipline.

Durant les vingt-quatre ans qui s'écoulèrent entre la seconde arrivée d'Hildebrand à Rome ei son élévation au pontificat, il ne cessa de prendre la plus erande pari à la direction des affaires ecclésiastiques. Promu successiveiûent aux charges d'administraleiir et d'abbé de Saint-Paul, de sous-diacre, d'archidiacre, de chancelier de l'Bglise romaine, il devint l'&me du conseil pontifical, et cette première partie de sa vie publique est d'autant plus importante à étudier, qu'elle renferme te germe et l'explication de tout ce qu'il opéra par la suite. On y peut voir ses nobles facultés croissant avec les circonstances, et se manifestant selon les directions diverses qui s'ouvraient devant lui.

Les maux de l'Eglise avaient deux causes principales ; son asservissement au pouvoir civil, et par suite la corruption de ses membres. Voilà les deux plaies, l'une extérieure, l'autre intérieure, que Grégoire entreprit de guérir; il n*Gut jamais d'autre but. Tous ces travaux se résument en deux mots : Réforme «« dedanêj liberté au dehors. Ce n'est pas ici le lieu dé retracer des désordres dont les auteurs contemporains nous ont laissé de si eOrayants récits. Les vices du clergé au xi* siècle peuvent se réduire à deux : la simonie et Vinconlinenee, la double concupiscence de la richesse et des sens. L'orgueil de l'esprit était devenu une trop noble passion pour cette triste époque; aussi n'y eutil oi schisme, ni hérésie. On s'occupait peu des choses intellectuelles; les âmes étaient entraînées eii bas vers la terre et la chair. Il ce labt pas oublier surtout que cette dégra-, dation du clergé tirait son origine de la tfécularisaiion de l'Eglise, de sa soumission au pouvoir terrestre, par suite des guerres, de I établissement féodal et de l'usurpation des bénéfices ecclésiastiques par les laïques. I>e là vient que l'affranchissement de l'Bglise était une condition indispensable de sa réforme, comme la réforme de l'Eglise était nécessaire pour son affranchisseinenL Telle fut la conviction de Tarchidiacre Htidebrand : il comprit que ces deuxcbosts étaient étroitement unies; que l'une ne pouvait aller sans l'autre: aussi le vovons-nous, dès l'origine, mener de front ce double projet. Il ne cessa de le poursuivre dans le conseil des Papes, dans les conciles, dans les légations. La légation qu'il remplit en France, mérite attention, ca ce que noire

1)atrie semble avoir été choisie pouri pffrir a première manifestation des plans d'Hildebrand, et comme un aperçu de tout ce qu'on pouvait en attendre. Il y tient deux conciles : L*un dans la province de Lyon , qui tendit spécialement à la réforme du clergé. Le légat y déploya toute la puissance d'un envoyé d'en haut. Six évèques furent déposés dans la première séance. L'archevêque d'Embrun , accusé également de simonie, s'en défendit; mais l'œil d'Hildebrand avait pénétré dans son cœur et l'avait jugé coupable ; sa cause fut remise au lendemain. L'archevêque profita de la nuit pour corrompre ses accusateurs. Il vint donc au concile en disant : « Où sont mes accusateurs ? a Hildebrand indigné d'une telle audace lui dit ; Archevêque^ eroyez-vous au Pire^ au Fils et au Sainl'Èsprit f Oui , répondit-il. Ehbien^ rëpIiquaHildebrand, dites « Gloria Patrie et Fxlio et Spiritui sancto. » L'archevêque put dire Gloria Patri etFxlio^ mais il ne put jamais prononcer et Spiritui 5anc/o, quoiqu'il l'essayât à diverses reprises. Se voyant ainsi convaincu par le Saint-Es-

[>rit lui-même dont il n'avait pu prononcer e nom, il tomba à genoux, confessa sa faute et fut déposé. Ce miracle est attesté par tous les témoins oculaires, et produisit une impression si profonde, que quarante-cinq évèques, outre vingt-sept dignitaires de l'Eglise, se démirent de leurs fonctions , sans qu'on eût besoin de les poursuivre. Le second concile, qui se tint à Tours, eut des suites encore plus importantes pour l'affranchissement de l'Eglise. Hildebrand fut reconnu juge d'nn commun accord, par les deux plus puissants monarques de l'Europe, dans une question d'une extrême gravité. Ferdinand, roi de Castille et d'Aragon, refusait l'hommage qu'il devait à l'empereur Henri III; il alla même jusqu'à usurper le titre d'empereur. Plainte au concile de la part d'Henri avec prière d'excommunier Iq roi de Castille, et de mettre son royaume en interdit. Les Pères prononcèrent selon le droit de l'époque et si^niQèrent à Ferdinand d'avoir à donner satisfaction, sous peine d'anathème. Ferdinand n'eut garde de désobéir. Par cet acte, deux princes, entre lesquels l'empereur lui-même, reconnaissaient, comme Voigt le remarque très-bien, que le Pape seul pouvait faire un empereur^ lui accorder ou lui enlever ce titre. Mais nulle part l'influence d'Hildebrand ne se fit sentir d'une manière plus efficace pour le rétablissement de la liberté ecclésiastiaue,. que dans rélection des Papes oui succédèrent à saint Léon IX. Il avait si bien gagné la confiance des Romains , il leur avait donné une si haute idée de sa capacité et de son mérite , qu'à la mort de chaque pontife on le députait vers l'empereur pour traiter du choix d'un nouveau Pape. Si l'on veut bien considérer dans quelle position se trouvait alors Hildebrand, et ce qu*il avait à faire d'un côté, rétablir l'ancien droit ecclésiastique » ramener à l'exécution des saints canons, atténuer de plus en plus la préi>ondéranc(i

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