‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 46 sur 123 · SI · texte numérisé non relu

SI

GRE

ORS PAPES

GRK

ëu eéletUf de la joie pauagère à la joie éter* neUef de la gloire fragile à celle qui dure tou^ jours.

Là Hongrie s*ét«it donnée en fief au bénéfice du Saint-Siège, sous Sylvestre II. Grégoire VII pacifia ce pays et entretint de fréquents r8(>ports avec Ladislas, son souyeraJQ. Wratislas, duc de Bohème, servit d'abord avec zèle la papauté, et Grégoire VJI parvint À concilier Jarooiir, frère de celui«ci et évéque de Prague, avec Tévéque d*OIinud, contre lequel il était en lutte; mais

Blijs tard , WraiisliiS se jeta dans le parti de eori. En Pologne, le roi Casimir 1" avait tai:>sé pour successeur Boleslas H, son fils atné, qui régna d*abord avec gloire. En 1075, il envoy.a au Pape de riclies présents. Grégoire VU le remercia de ses bons senti* niphls, lui envoya des légats pour régler les atfairos ecclésiastiques du pays, et lui recommanda surtout de rendre aux Russes *>rgent quUl leur avait injustement enlevé. Mais bientôt Boleslas II, se livrant aux mœurs les plus iuCâmes et à toutes les <:ruaulés, en vint jusqu'à tuer de sa propre main, aux pieds de^ autels, Tévèque de Cracovie, le 8 mai 1079. A la nouvelle de cet exécrable forfait, Grégoire Vli assemble les rardtnauxyôte à la Pologne la dignité royale, frappe d*anatbème le roi assassin, et délie tous ses sujets du serment de fidélité. Ce (•rince, jadis si fier et si puissant^ est aban- Jonné de tous; errant et tombé en démence, il est décbiré et dévoré par les chiens. Ses successeurs n'osent plus prendre le titre de roi. Tel était alors le pouvoir d'une sentence Ju Souverain Pontife.

En France, l'Eglise était dans l'état le r>lus déplorable, et les rois trafiquaient 'UbIiquemenI de toutes les dignités ecclésiastiques. Philippe 1", surtout, poussait la ii'monie jusqu'aux plus incroj^ables excès, ^e dégradant d'ailleurs par la vie la plus inâme. Grégoire Vil, qui connaissait cet état te choses, lui écrivit immédiatement après oD élection pour lui notifier son avéneiient et lui donner des avii paternels, relai veulent h sa conduite privée et aux trafics louteux qu*il faisait des charges de l'Eglise. .6 roi se hAta de répondre, et envoya à tojie son chambellan Albéric, pour proteser «|ue désormais il se soumettrait à la ceuure» réformerait sa vie, et laisserait les i^lises se pourvoir librement de pasteurs. Inis bientôt Landri, archidiacre d'Autun, rétre distingué, ayant été élu évAque de lâcon, le roi s*opposa à son ordination, arce que Landri ne voulait pas donner l'areut qu'il exigeait. Ainsi l'Église de MAcon ^2»ta sans évéque; et Grégoire VII, appre- :int cotte nouvelle et recevant d'autres l^inles encore contre Philipite I**, ne put #:i tenir son indignation. Voyant que le M 9 manquant à ses promesses, ne chantait rien h sa conduite, il écrivit sur-le* laiiip à Hoclin, évA^ue de ChAlons, la lettre i! vante :

ÊLiiirt tous les princes de notre temps gui, rr une cupidité perverse^ ont vinthi l Eglise

de Dieu en dissipant ses btens^ et ont ainsi rendu esclave et foulé aux pieds leur Mire , à laquelle , d'après le précepte de Dieu , ils doivent honneur et respect ^ nous avons appris que Philippe, roi des Francs^ tenait le pre^ mier rang, il a tellement opprimé les Eglises des GauleSf qu'on peut dire quil est oarvenu au comble de ce forfait détesiable. tfous en avons reçu la nouvelle avec d'autant plus de douleur j que ce royaume a été plus puissant par la prudence^ la religion et la force, et plus dévoué à VEglise romaine. Notre zèle pour la charge qui nous est confiée et la destruction des Ealises nous animaient à punir avec sévérité des forfaits aussi audacieux ; mais, dans ces derniers jours, son chambellan Albéric est venu nous assurer, de sa part, qu'il se soumettait à notre censure, qu'il allait réformer sa vie et laisser les Eglises se pourvoir de pasteurs. Ainsi nous suspendons les rigueurs canoniques, et nous voulons bien éprouver, à Voccasion de l'Eglise de Mdcon , depuis longtemps privée de son pasteur, quelle foi nous devons ajouter à ces paroles. Qu il donne donc gratuitement, comme il convient^ cet évéchi à l'archidiacre d'Autun; car nous apprenons que ce prêtre a été élu, d'un consentement unanime, par k clergé et le peuple, et approuvé par le roi. Mais s il ne veut pas le faire, qu'il sache, à n'en point douter, que nous ne tolérerons pas plus longtemps cette ruine de VEglise; qu'avec r autorité des apô* très saint Pierre et saint Paul, nous réprime* rons la dure contumace de sa désobéissance. Il faudra alors, ou que le roi renonce à son honteux trafic de Ihérésie simoniaque, ou que les Français, frappés du glaive d'un anatheme général y renoncent à son obéissance ^ s'ils naimeni mieux quitter la foi chrétienne.

C'est la première fois que Rome fait entendre un langage hardi, mais aussi les abus étaient arrivés à leur comble. Ils avaient épuisé la longue patience des Papes, et on ne pouvait en finir qu'en les attaquant dans leur principal auteur qui était le roi. Cependant Gréjioire Vil, quoique bien décidé à employer l'excommunication, veut user d'abord de tous les moyens qui peuvent l'éditer. C'est pourquoi il charge l'évèque de ChAlons d'emplover tout son pouvoir, pour que le roi laisse l'Eglise de MAcon et les autres se pourvoir librement de pasteurs. Il écrit à Humbert, archevêque de Lyon de consacrer Landri malgré l'opposition du roi. Mais Humbert n*osant pas, il appelle Landri è Rome et l'ordonne lui-même évéque. Philippe 1", connaissant la fermeté du Papet se désiste de son opposition et lui envoie des ambassadeurs pour lui témoigner de nouveau son respect et son obéissance. Grégoire ne fut pas dupe de ces nouvelles promesses mais, répondit néanmoins au roi par la lettre suivante en date du 13 avril 1074.

fous nous avex notifié, dit-il, par vos let^ très et vos ambassadeurs que vous voulez obéir, comme il convient, à Pierre, prince des apôtres, écouler volontiers et mettre en pra^ tique nos avis relativement à la religion. Si votre résolution est sincère, nous avons lieu

GRE

de nous en rejouir. Nous vous prions donc^ avec une charité affectueuse^ dt vous corriger es de réparer les torts que vous avez faits à /*£y lise de Beautais, (C'était sans doute encore une aSaire d*argent«) Vous devez considérer^ pjou le-t^-H, quelle gloire se sont acquise vos prédécesseurs^ et combien ils ont été chers au Saint- Siège pendant quils se sont appliqués à pro^ téger et à défendre les Eglises de leurs Etats, Mais quand ce zèle a commencée se refroidir dans Ces rois suivants^ la gloire, la splendeur du royaume de France ont été^ éclipses par les désordres et les vices qui ont pris la place des TtrtuSf et qui ont mis un royaume si noble et $i puissnnt sur le penchant de sa ruine. C'est ee que le devoir de notre charge nous oblige de vous représenter souvent même avec des termes révères; car^ encore quUlnenous soit pets libre de taire jamais la parole de la prédication^ nous devons cependant y apporter une sollicitude d'autant plus grande, et élever d'autant plus la voix que la dignité est plus grande et la personne plus élevée : surtout (jue la vertu des princes chrétiens doit surveiller avec nous la milice chrétienne dans h camp du même roi. Afin donc que vous soyex Vhéritier de ieur noblesse et de leur gloire^ comme vous êtes Vhéritier de leur royaume, nous vous exhortons à imiter la vertu de vos illustres prédécesseurs, à accom-' plir la justice de Dieu, à rétablir ei à défendre lesEgllsesde tout votre pouvoir pour que pieu protège et exalte votre gouvernement ici-bas et vous accorde la couronne de l éternelle gloire en la rémunération à venir.

Dans son premier coucitcde Kome^ lemt irei's Pâques 107'i^» q\i milieu d*un grand •concours d'évèques, d'abbés et de prêtres^ Gréc^oirc Vil, comme nous I*aYons dit, avait prononcé la peine de la déposition contre les f^imoniaques, et contre les prêtres incontiiienU« et défendu uui laïaues, d*assis.ler è la 3(1 esse de tels prêtres. 11 ûi suivre ces décrets ti*uue es[)èce d'apologie dans laquelle il montre Qu*il ne fait qu'observer les canons des conciles et les décrétâtes des Papes. Aussitôt que ces décrets furent connus en France on réunit à Paris un nombreux svnode 4]uijeta de hauts cris contre Grégoire et résolut de repousser ses décrets. La guerre éCaU ouverte, le clergé do France touchait au schisme. Ceux qui se portèrent les «Uîfenseurs du Saint-Siège furent' accablés do mauvais traitements et jetés en prison. Le scandale était au comble, la France était inondée d'uQ déluge de maux. Il n'y avait plus ni lolâ, ni propriété» ni justice; on ne voyait partout que brigandages, trahisons, meurtres, incenaie.s vengeance^ particulier l'os. Une horrible dépravation dévorait la .société tout entière. Le roi, loin de réprimer ces violence», y excitait par sua propre exemple et poussa le brigandage jusqu*à taire dépouiller depauvrcs marchaudsqui se leudaieni à une foire de France. Lesévèques étaient eux-mêmes ses adulateurs ol ses iu)mplices, et pas un d*oui^ n'osait élever la voix. Navré de douleur, en roy(;r* un tel état de cfioses, Grégoire VI. 5'i^ntî' ?)a

cœur ulcéré, ses entrailles émues, sa droiture et sa justice révoltées, et plein du sentiment de sa grande mission, il adressa aux évêques de France une lettre foudroyante dont voici le texte :

Jl y a longlempSf dit-il, que le royaume de France, autrefois si glorieux et si puissant, a commencé à déchoir de sa splendeur, mais aujourd'hui il paraît avoir perdu toute sa gloire et toute sa beauté, puisque les lois y étant violées et la justice foulée aux pieds, tout ce que l'on saurait faire de honteux^ ds cruel, de misérable, d'intolérable, s'y fait impunément et y a passé même en coutume par une longue licence. Depuis un certain nombre d'années [c'est-à-dire depuis lavénsment du roi Philippe), ta puissance royale ayant perdu toute vigueur parmi vous , et aucune loi ni aucune autorité ne pouvant prohiber ou punir les injures, les ennemis imt commencé à combattre entre eux de toutes leurs forces comme s'ils ne faisaient que te conformer au droit des gens et ils rassembtent ouvertement des armes et des troupes pour se venger. Si de tels usages ont multiplié dans votre patrie les meurtres, les incendies et tous tes fléaux de la guerre, on peut s^' en affliger sans doute; mais on ne saurait s'en étonner. Bien plus aujeurdhui, une méchanceté nouvelle les ayant atteints comme 'iene peste, ils commencent à commettre des forfaits exécrables et horribles à dire sans que personne ne les y pousse. Ils ne s'arrêtent devant aucun respect ni divin ni hu* main; ils regardent comme rien les parjures, les sacrilèges, les incestes, les trahisons; et, ce quon ne voit nulle part ailleurs sur la terre, les citoyens, les proches, tes frères, s'arrêtent réciproquement par cupidités Le plus fort arrache â son captif tous les biens par des tortures et lui laisse terminer sa vie dans une extrême misère» Les pèlerins qui se rendent au tombeau des saints apôtres ou qui en reviennent, sont saisis par ceux qui en ont fantaisie^ jetés dans des prisons, soumis à des tourments plus cruels que les païens euxmêmes n'en sauraient intenter^ jusquà ce que, pour se racheter, ils aient donné souvent plus même quils ne possédaient.

Voilà pour la situation de la France. Les détails de cette lettre sont confirmés par tous les témoignages contemporains. Qui est>ce qui est la cause du désordre ? le roi qui ne punit aucun crime et qui y excite au contraire par sa «conduite. Aussi , Grégoire VU en parlait-il en termes sévères, mais avantde critiquer, il faut se rappeler que les crimes avaient passé toute mesure,' et mie son indignation était au comble. (

t'est votre roi, continue-t-il, ou bien plutôt c'est votre tyran qui, à la persuasion da diable, est l origine et la cause de toutes ces calamités. Jl a souillé sa jeunesse par des crimes et des infamies ; aussi faible que misérable, il porte inutilement les rênes du royaume dont il s est chargé; et non seuUmcnt il abandonne à tous les crimes le peapls qui lui est soumis en reidchant les liens de l obéissance^ il excite encore par l'ejempli

GRE

DES PAPES

GRE

hn

iê itê goûte H de ies actions à tout ce qu'il n$it poi permis de faire ni même de dire\; \l fie lut suffit point d avoir mérité la colèrt de 'Dieu par le pillage des Eglises^ par des adutiêreSf par des rapines détestables^ par des parjures et des fraudes de tout genre que nous lui etvons reprochés à diverses reprises^ il tient f à la manière d'un brigand^ denlever des sommes considérables à des marchands yittt de toutes les parties de la terre^ s étaient rendus je ne sais â quelle foire en France, La fable même n'a rien dit de umbtable d^un roi^ lui qui devait être le défenseur des lois ei de la justice en a été le plus^ grand con^ iempteur. U a agi de sorte que s>es forfaits ne se sont fas renfermés dans les bornes du royaume qui lui est confié^ mais çtif, pour sa confusion^ ia eonnaissanct s'en répand en ions heux.

Après eeile vite sortie contre le roS, il en vient aui évéques et leur reproche énergî* qiiement leur silence en présence de tels fiails. Ces reproches étaient fondés, car si les évèqueSt avec Tautorité dont ils étaieut revêtus alors, avaient scttlenoent eu parmi euK un seul homme ferme comme saint Duns- Om, le roi se serait arrêté depuis longtemps et aurait corri^^é tant soit peu sa conduite ; fij«i5 ils a*en ont rien fait^ e*e^t ce que Grégoire leur reproche en lecmes énergiques.

Comme tout ce/ti, aioute«t-ii, ne saurait échapper au jugement aus6uterainJnge,nous rofu eoniurone de prendre garde que cette m%alédiction du prophète ne tombe sur vous : c Maudit celui qui n'ensanglante pas Vépée (Jer, xLviti» 10], » c'tst'à'dire , comme vou» le comprenet bien^ celui qui ne déploie pas la

Îmrole de la prédication pour réprimander es hommes charnels^ car cest vous^ nos frê" reSf qui êtes les coupables ; n'ayant pas comme il convient à des évéques^ la fermeté de vous opposer à ces violentes^ voue vous en rendez participants par votre connivence, C'est pour* quoi nous craignons bien que vous ne receviez^ au lieu de la récompense des pasteurs^ la pénitencedes mercenaires: vous^ qui^ envoyant le louf déchirer sous vos yeux le troupeau du Seigneur^ prenez la fuite et allez rotts f aeter comme des chiens qui nont pas le cou* raae d'aboyer.

Il réfute ensuite les prétetles par lesquels Us excusaient leur silence, et dierche k leur insfiirer quelque courage.

>4 vous croyez^ di:-it, qu'il est contre ta

fidélité que vous avez promise au roi de Vem'^

péiher de commettre ces fautes ^ vous vous

trompez fort. Nous pourrions aisément vous

m^^ntrer que celui qui retirje du naufrage un

h'^snme^ mime malgré lui^ lui est plus fidèle que

^clui qui le laisse périr. Ce serait aussi une

raine excuse de dire que vous craignez la

eoiêre du prince; car si vous vous unissiez

gtfus ensemble de concert pour la justice^

•voiM auriez alors assez d'autorité pour cor-

I riqrr le roi de ses péchés ; du moins vousvotu

acquitteriez d'un devoir de conscience. Mais

^ owmd il y aurait pour vous tout à craindre^

I le danger mime de la mort ne devrait pas

x*jus empêcher de faire avec liberté votre de-

voir d\'iéque, Cesl pourquoi nous vous prions et vous admonestons par Fautorité apostolique de vous assembler en un même heupour pourvoira votre patries à votre réputation, à votre salut : eti après avoir eon^ ^ féré ensemble d'aller trouver h roi pour Ta- * vertir du désordre etdupérildesonroyaume^ lui montrer en fhce combien ses actionssont criminelles, et vous efforcer de le fléchir^ pav vos exhortations afin quil répare le tort quil a fait aux marchands : autrement, comme vous savez vous-mêmes^ ce sera la source de bien grandes inimitiés: exhortez le^ au reste à se corriger, à quitter tes habitudes de sa jeunesse^ a rétablir la justice et à relever la gloire de son royaume^ enpn^à se réformer le premier pour réformer les autres.

Ayant fait cette vive exhortation, il vient è ces conclusions qni sont bien rigoureuses: Si le roi no cède pas aux représentations des évéqties: s'il n'est touché de ta ci'àinte de DieUj ni de sa propre gloire, ni du salut de son veuple^ il ne sera pas longtemps à atlen* ire te glaive de la censure apostolique. Mais il veut qu'auparavant les évêques essayent d^autres moyens, qu'ils se séparent du scr* vice et de la communion du prince et qu'ils interdisent l'Office public dans tout le' royaume. Si le roi ne se Uisse \)às toucher^ ' alors il prendra tous les moyens pour lui Oter la possession de son royaume ; et si les évêques fléchissent en pareille circonstance, il les déposera tous de Tépiscopat commo ses compliiîes.

Déposer à la fois et le roi et tous les évêques de son royaume, c'était là une de ces résolutions audacieuses nue Grégoire VII éraJt seul capable de premire et d'exécuter. Il parait que les évêques n'osèrent agir, car nous vovons deux mois après Gré^^oire s'àm dresser a Guillaume, comte do PoUiers, le priant de s'associer aux évêques et> de sa joindre à quelques seigneurs français poun Sommer le roi de se rendre. 5't/ se corrige^. dit-il, nous le traiterons avec charité comme nous le devonSf mais s*il s'obstine dans la perversité de ses goûts, si, dans la dureté et dans l'impénitence de sonceear, il thésaurise ta colère de Dieu et de saint Pierre, nous le sépareront^ dans le concile romain avec le secours de Dieu et selon gue sa perversité le mérite, de la communion de la sainte- Eglise aussi bien qfie quiconque lui rendrait. Vhonneur royal et tobéisiance. Grégoiro Se reprochait en (pielquesorte d'avoir difl'éré. lly a trop longtemps, ajoutait-il, que nous; supportons ces iniquités: il y a trop long» temps que nous dissimulons les injures de ta sainte cglise en épargnant sa jeunesse. Main-* tenant la perversité de ses mœurs est devenue si notoire qu'aucune crainte ne peut nouà cmpêclur de laisser impunies de si grandes et de si nombreuses iniquités.

Un mois plus tard, dans une lettre adressée èManassès, archevêiiue de Reims, il rcnou« velle tes menaces d excommunication contre Philippe 1*'. Cependant, ce n'est qu^aa* mois de mars de l'année suivante 1075, qu'il se décide enliu 5 agir. lUen.n étant encore

GRE

GRE

changé, il soumet au concile de Rome la siiiiaâun de TË^lise de France et prononce l'excommunication contre le roi en lui laissant pourtant le temps du repentir, car il est dii : Qu'il soit excommunié si toutefois il ne donne pas une entière satisfaction aux légats qui vont partir ! VhiVippe se soumit, ne mit plus d*opposition ouverte à la réforme de i'Ëglise et lui rendit la liberté, c*est tout ce que le Pape cxigait.

tirégoire Vil était à peine depuis dix-huit mois sur le trône pontifical, et déjà il avait remué le monde entier. Mais Texcès du travail et des contradictions le fit retomber malade, et il s*en réjouit, espérant une mort prochaine. C'est ce que nous voyons dans une lettre adressée à Béatrix et h sa fille Mathilde, princesse oe Toscane. Sachez au reste, dit-il, que nous avons échappé à la maladie du corps contre l'attente de ceux qui étaient avec nous, et qut nous sommes entré en bonne convalescence ^ ce qui nous cause plus de douleur que de joie; car notre âme tendait et aspirait de tous ses désirs à cette patrie où Dieu, qui sait apprécier les peines et les souffrances, donne du repos et des ra* fraîchissements à ceux qui sont fatigués. Mais nous sommes encore réservé pour nos travaux accoutumés et pour ces sollicitudes infinies qui nous accablent à chaque heure, e$ qui nous causent les douleurs et les angoisses dune femme en travail^ puisque nous voyons de nos yeux l'Eglise sur le point de faire naufrage, sans que nous puissions nous ser^ M>ir du gouvernail poiir ta sauver. Il ajoute : La loi de Dieu et ta religion chrétienne ont tellement dépéri, qu'on peut dire que les Sarrasins et les autres païens observent mietup leurs rites que les Chrétiens, à qui l'héritage H la gloire de r éternelle vie ont été promis, n'observent les préceptes de la loi de Dieu. Jugez donc, si en vue de l'éternelle consola^ tion, nous ne devons pas désirer d'être déli^ vré des inquiétudes de ce siècle, nous qui, au tnilieu de tant de périls qui nous environnent, sommes jobligé de porter la peine de tous.

Dans une autre lettre également confideDtiellequ*il adresse à Hugues, abbé de Cluny, Grégoire dépeint ainsi la tristesse et les angoisses qui Taœablent :

Je voudrais, dit-il, vous faire comprendre toute l'étendue des maux qui me pressent, et des travaux sans cesse renaissants qui m'accablent et m'écrasent sous leut poids. La compassion que vous auriez de moi vous fe^ rait répandre votre cœur et vos larmes devant le Seigneur, afin que le pauvre Jésus, par qui cependant toutes les choses ont été faites et qui gouverne tout, me tende la main et me délivre de ma misère avec sa bonté accoutu» mée. Je l'ai souvent prié selon la mesure de la grâce, ou de m'àter la vie ou de me rendre utile à l'Eglise notre Mère commune; mais il ne m'a pas encore délivré de mes tribulations, et ma vie na pas été utile, comme je Cespérais^ à r Eglise où il me tient enchaîné. Malheureux, de quelque côté que je jette les yeux, je ny tçi;i Que des sujets d'une immens'e tristesse^

L'Orient est entraîné par le diable; à FOcch dent, au Midi, au Septentrion je découvre à peine quelques évéques qui soient entrés dans fépiscopat par des votes canoniques, et qni gouvernent pour ramour de Dieu et le salut de leurs frères. Quant aux princes séculiers, je n'en connais aucun qui préfère la gloire de Dieu à la sienne propre, et la justice à l'inté' rêt. Pour ceux au milieu desquels je vis, Iss Romains, les Lombards et les Normands, je leur reproche souvent qu'ils sont pins que des Juifs et des païens. Lorsqu' enfin jereviens à moi-^méme,je me trouve tellement accablé du poids de ma conduite , que je ne vois pres^

Îue plus d'espoir de salut, si ce n'est ans ta seule miséricorde de Jésus^Christ.

Car si je navals espérance d'une vie met/leure et la perspective d'être utiU à l'Eglise, Dieu le sait, je ne demeurerais plus à itomc, où je suis comme enchaîné depuis vingt ans. C'est ainsi que, partagé entre la douleur qui chaque jour se renouvelle pour moi et un espoir, hélas! trop lointain, je suis assailli par n»ille tempêtes, et ma vie n'est plu» qu'une agonie continuelle.

Je dis souvent à Dieu : Hâtez^vous, ne tar» dez pas, délivrez-moi pour l'amour de la sainte Vierge et de saint Pierre ; mais c^mme les prières d'un pécheur ne sont pas sitôt exaucées, priez pour moi, et faites prier ceux qui méritent dét're écoutés.

Mais Grégoire VII, loin de se laisser abattre par les immenses difiicullés qui Tentourent, ne fait qu'y retremper Tardeurds son zèle. Il convoque un nouveau concile à Rome pour confirmer ses décrets précédents et prendre d'autres mesures plus énergiques encore. Dans ce concile nombreux et solennel, plusieurs évèçiues furent déposés, plusieurs souverains excommuniés etpariui eux Robert Guiscara. Après avoir renouvelé et confirmé les décrets du concile précédent contre la simonie et rincontinence des clercs, Grégoire VII touche la grande question des investitures et défend sous les anatbèmes les plus terribles aux laïques et aux princes de donner rinvcstiture aux évé-

3ues. C'était Tunique moyen d*assurer Tinéuendance de l'Kglise. Ce pas immense qu il avait franchi, le mettait en guerre ouverte avec toutes les puissances du monde. En France, Hugues, évèquedeDie et légat du Pape, y représente dignement ce grand Pontife. Malgré d'unanimes résistances il opère partout la réforme de l'Eglise, tient successivement des conciles à Anse, è Clermont, à Dijon, à Autun, à Poitiers, h Lyon, h Saintes, à Meaux, à Avignon et ailleurs; dépose cinq archevêques et fait condamner tous les prélats incontinents ou simoniadues. Amat, évèque d'Oléron, est adjoint A Hugues comme légat du Pape, et le secundo puissamment pour la destruction des abus et la réforme du clergé. Mais it faut nous arrêter, car nous aurions trop à dire si nous voulions entrer dans le détail de tout ce qu'accomplit Grégoire VII pour relever U gloire de r£glise de France.

Presque aussitôt après son clectioni Gré-

GRE

DES PAPES

GRE

Ivoire VII s*c)ccupa^do midi de Tltalie; H s'y trans|)er(a îiii-fuème et aila* cherciiepd*ahor<l auuifint Cassin, ce calme, ce courage et ces inspirations dont il avait besoin pour résister aui orages qui se formaient conlro lui. 11 fit renouveler à Landolphe VI, prince de Bénévent* et à Richard I", prince- de Capoue, le serment de vassaux dont nous i)OSsédons encore le texte. Voulant calmer la fureur des Normands, il excommunia Ro* bert Guiscard en 107^ et 1075; mais celui-ci lui ayant envoyé uneambassade, le Pape Taccueillit avec bienveillance et se rendit dans la Pouille jusqu'à Aquino, où il eut une longue conférence avec Robert qui s*était

t'eté à ses genoux pour lui demander pardon. J lui donna Tinvestiture du midi de Tltalie et en reçut le serment de vassal en 1077. Ainsi se trouva pacifié par Grégoire VU tout la midi de fltalie.

Grégoire réclama les droits de la pftl>Butésur la Sardaigne, ancien fief du Saint- Siège , et qui reconnut sa suzeraineté <*n 1080 y comme la Corse s'y était déjà soumise en 1077. Le but qu'il se propo- ^ait en faisant reconnaître ainsi partout les «Jroits de la chaire de saint Pierre, ce n'étaii |H)int de s'immiscer dans le gouvernement temporel d*aucua royaume , mais seulement d'y assurer la liberté de TËglise et Pélection Iibr6 des évèques. C'est ce qu'on |>eut voir dans la lettre suivante qu'il écrivit AU peuple et au clergé tJ*Aqaitée, relativement à réIt'Ction d*un nouveau pasteur : Jl e5/« dit-il, une règle antique connue de tous, pleine de sagesse et de vérité^ sanctionnée non par les hommes mais par Jésus'Christ^ qui dit : « Celui qui entre dans la bergerie par la porte est le pasteur des brebis ; mais relui gui entre non par la porte^ mais] par ailleurs^ est un voleur et un larron, » Cette règle longtemps négligée dans V Eglise à cause de nos péchés et méconnue par une coupa» ble httbitudft nous roulons la rétablir et la remettre en vigueur pour la gloire de Dieu^ et le salut de toute la chrétienté. Nous vou- Ions donc gue pour conduire le peuple de Dcuyilsoit fait dans chaque Eglise^ un tel choix que Vévéqiie nommé ne soit pas sui* tant la parole des Ecritures un voleur et un iai ron, mais qa^il 'ait le nom et la charge d'un vrai pasteur. Tel est notre désir^ telle est notre volonté, tel sera le but constant de nos efforts^ tant que thous, vivrons. Nous sommes loin de détourner du service et deta fidélité qu'on, doit au nn. N'établissant rien de nouveau et rien de notre propre fonds^ nous voulons que^ conformément aux €f /visions des saints Pires, V autorité évangélirgne et canonique soit maintenue avant inui en ce qui concerne la nomination des rvéques II exprime les mêmes senlimcnis fllaos une seconde lettre c|u'il adresse au suffra^anl par l'intermédiaire de deux légats • >iril envoie sur les lieux

(iréc^oire VII trouvait dans la haute Italie «les obstacles presque insurmontables. i«es prtuces des environs de Rome et les seivtit*ur:> de la Lombardie étaient ses ennemis

rmplacables. Le clergé lombard était dans un atffeux désordre. Trois archevêques avaient été nommés à la fois à Milan. HerlamboetLuitpraiid souienaient seuls la cause dU' Pape ou plutôt celle de la réforme de TËKlise. Ce dernier avait eu les oreilles et le nez coupés dans les longues luttes dont Milan avait été le théâtre. Grégoire le console et l'encourage par la lettre suivante : 5t nous vénérons ^i\ i t-i I , /a mémoire des saints dont nous apprenons lamort ou la perte de quelquesmembres^ si nous louons la patience de ceux que ni le glaive^ ni aucuns tourments n'ont pù^ séparer de la foi de Jésus-Christ, combien nétes vous pas digne d*étoges^ vous ffui par la ptrte du nez et des orsilles avei mérite la grâce des saints^ que nous devons désirer tous ; car vous ne différez pas des saints^ ^i ^ous persévérez jusqu'au bout. Vous avez perdu une partie du corps^ mais l'homme intérieur qui se renouvelle de jour en jour, a pris un nouvel accroissement de sainteté. Vous avesété défiguré : mais l'image de Dieu qui ist lu formeae la justice, en est devenue plus agréable et plus belle, ainsi la forme intérieure n'a rien perdu par cette mutilation ; on na pu retran^ cher le caractère du sacerdoce qui est le propre de la sainteté: qui est moins honoré par l intégrité des membres ^ue par r intégrité des mœurs. C'est pourquoi l empereur Constantin a baisé souvent la cicatrice d'un œil arrache à Févêquede Jérusalem, pour la foi de Jésus- Christ. Nous apprenons par r exemple et la doctrine des Pères , quon note point lesjonc* lions saintes aux martyrs qui ont perdu tifa partie de leurs membres. Ainsi martyr du- Christ, fortifiez-vous dans le Seigneur ; soyez: persuadé que vous êtes plus prêtre quaupà^ ratant, puisque vous avez été oint non plus par lui, mais par le sang. Moins vous avez à perdre, moins vous devez craindre de prêcher ia vérité,de semer ce qui rapportera le centuple. Nous savons que vous avez toujours été poursuivi et persécuté par les ennemis de /'£glise: mais ne les craignez point, nous avonn mis votre personne et tout ce qui est à* vous. sousVautorité tutélaire du Siège apostoti^uei . Si vous avez besoin d'en appeler à ce Siége^ nous sommes à vous; si vous venez à RomCf nous vous recevrons avec grande joie et aveo beaucouprd honneur. Malgré Ténergie et les. efforts de Grégoire VII^ les troubles*de Milan ne finirent qu en 1085, et ce ne fui qu'après vingt-neuf ans d'agitation que cette ville fut délivrée d u juug des schismatiques et se réu* nit sous un pasteur légitime.

Deux personnages héroï()ues sccondèreni seuls dans la haute Italie faction du Souverain Pontite : ce sont Anselme, évèque de Lucques, etMathilde, princesse do Toscane. Anselme s'était tellement identifié aveo Gré* goire VU au'il u'avait plus que la mémo pensée. Il écrivit un ouvrage remarquable pour revendiquer à la pa|)auté le droit d'in^» vestiture; mais son dévouement au Saint- Siège lui fit bientôt perdre jiisqu*à son évê^ ché. Mathilde, héritière d*un des |ilns puissants Etats do ritalie, possédait l«i Toscane» Luiques, ModènCp IXa/^Wf Mantouci Painm

GUE

GRC

cl Plaisance. Uér«ine du uioven Age, comnie (Ml Ta noaimée, elle avait à la fois toutes les qualités (l*ua boomie de génie et toutes les vertus d*uDe femme chrétienne. Au comooeDcement de son ponliGcat, Grégoire VII, ayant quelque inquiétude sur les disposi-> lions de son esprit et sur celles de Béatrix sê mère, leur écrivit la lettre suivante ;

Le bienhiureux Crégoin dit dam un di êts CommentaUfs sur Job : « Le juge 9upr4m$ a déterminé h part d'adversité ou de prospé^ rite que chaque mortel doit avoir $ur la terre. Si donc au temps de la tentation il se laisse séduire par Vespérance de la prospérité^ o%k abattre par la crainte de fadtereité au point de s*écarter de lu ligne droite^ il fait voir qu'il n espère plus en fiieu tt au il n'est plus attaché aux divines paroles 4c VEefîture. p Je dif ceci par cequevous et moi^ et tous c^ux qui venknt être enfante de Pieu^ nou$ devons chercher à nous pénétrer fortement de ta crainte H de la justice de Dieu qui ne reste jamais sans récompense^ plutôt que de nou% f[n^iiéter de ce qui est uttie ou nui»ible à no-' (re considération personnelle; car il est écrit ; peureux ceux qui souffrent pour la justice. Vous savez, à ircs-chcres fiHes df saint Pierre^ combien les évéaues Longobards ot^t cherché à défendre et à fomenter l^héré^ie vv^oniaquc^ puisquUls ont comblé ds bénédiction ou ds piaiédiction le eimoniaque Godefroi excommunie et condamné^ et quCf sous i ombre dune ordination^ quoiau'H fât un exécrable héré" iique^ ils Font établi évéque. Jusque là ils avaient lancé secrètement des pierres et des niches contre le Seigneur; maitenant, en qua» lité de précurseurs de Vantechrist et de soteU lites de fancien ennemi^ ils se présentent avec

(ureur comme sur un champ de bataille ffour ouleterser la religion et renverser la pierre immuable de l'Eglise romaine. Nous exhortons donc Votre Noblesse à éviter tout rap^ port avec eux et à ne donner à leur faction ni conseils ni secours. Ne vous laissez persuçkder par aucune raison humaine, car toute raison de ce genre est vaine, transitoire et trompeuse. Par la miséricorde de Dieu et de saint Pierre^ nuUî astuce ne pourra vous blesser ou vous nuire si votre conscience libre sert de règle à votre esprit.

Grégoire leur insinue ensuite qu'elles ne

[meuvent s'ajppuyernoo ^ius sur le roi d'AI« emâgne : Quant au roi, nous vous favons déjà dit, notre intention est de lui envoyer quelques hommes sages pour le ramener, avec l'aide de Dieu, à Vamour de l'Eglise romaine et de f Eglise universelle sa mère^ et pour lui indiquer une autre manière de gouverner plus digne de la majesté du trône. Sif contrairement à nos vaux, il ne nous écoute pas, nous ne pourrons ni ne devrons nous écarter des lois de f Eglise romains^ qui nous a nourri si qui, par le sang de ses snfants, a engendré d'autres enfants. Etcer^ tes. il est plus sûr pour nous de lui résister jusquau sang que de consentir à l'impiété pour satisfaire ses caprices et nous jeter ctec lui dans iabimcLs princesse Ma- IbtMe dissipa Lie^K^t toutes les inr^uiétudc a

iov

du Pontife» et après trente ans du |ilu& h roique dévouement au Saint - Mé^c, tie mourut en lui léguant tous ses doniaifi'i, dont la plupart font encore partie des £Uh de r^tse. L*acie de donation avait été lui ' sous Grégoire VII en 1077.

Arrivons maiptenaDt k la grande lutte iIb Grégoire VU avec Tenipire d*Anen.A;n^ Pour la juger sainement, il faut d'aliord rorr nattro ce qu*était Henri IV, k'pi^inci.alr!- ▼ersaire du Souverain Pontife. Cu prinrt. né en 1051 sous le pontifirat de Léon IX, qui le baptisa» se trouva héritier de It coyronne de sot) [)ère k Tâge de six ans. A <tit< huit eps» il élait devenu le plus méchant de» hommes, sans moeurs, sans dignité» sanspodeur, tombé au plus l>as degré de ^avlliss^ H\eul, hypocrite, cruel et versant le ^angiï moindre de ses caprices. {^ trafic des dignités ecclésiastiques était arrirék un poin incroyable. « Il donnait» dit Fleur^r^ leséri* chés et les abbayes k celui qui lui offrait ii plus d^argent ou qui .savait le mieux flatte ses vices, et» après avoir ainsi vendu unctf ché» si un autre lui en donnait plus it louiiit plus ses crimes, il faisait dé|>o&erî;

[premier comme simouiaque ei ordooc4.:

*autre k sa place, d*oCi il arrivait que |*> sieurs villes avaient deux évèques è la t"\ tous deux indignes. » Monstre chargé > crimes sans nom» il lit peser sur ses i^eucVi une si etfroyable tyrannie» qu'ils serértèrent et failliient plusieurs fois le cha^^r. Les pFiuces do rAllema^ne qui avaient fscore conservé quehiues seuiimeots h>r< nètes» les évéques même les plus dévouM i la cour» aigris et humiliés par la coiviui criminelle et scandaleuse du roi, \^n^', enfin k s'adresser au ^uverain Pontife r-' seul peut mettre une digue k un |>areii > bordemenl. Ils se réunissent, se concertt et envoient k Rome une dépulation au ?ir Alexandre If. Les députés exposent de y.<' voix» en fondant en larmes» ce qui se j>&''> en Allemagne sous le patronages de Bfzr Le Pane» dont la douceur faisait le fonC5 . caractère» veut se borner encore k que'')-- * aYcriissements paternels; mais oa lut observer que les excès sont k leur ci*rr. et que rindulgence est désormais ir; ^ sible. Alors il leur remet des lettras a|* « liques qui appelaient Henri k Rome f»-.* donner salislactinu sur la simonie et k* »- Ires excès dont le scandale avait relent* >^' qu*au Saint-Sif^ge. Mais Alexandre mc^jpeu après» lai&sanl k son successeur U . * nible tâche de venger la pudeur, rb<»«- e* la justice» et Toutiage fait k YE^ii^ <' <muBurs chrétiennes.

Comme nous venons de le dire, B<' était descendu au plus bas degré de la •J<^. ralisuUon» et sa conduite privée préfe' une suite de crimes hideux» débits n«

tants qui conduisent aujourd*hai m U-' et k Téchafaud. Sans respect pour le* c-

GRE

D£S PAPES

GKE

traifétf, dépouillais de leurs (^(ats, emprisonnés» a^isassînés. Deux peuples, les Saxons, et les Thurin;;)ens, sont accablés de la p!us liorrible oppression. Toutes les dignités de TEi^lise sont vendues h l'enchère avec un sc'sQJa'e inouï. La simonie et Tinconlinence fô'„'nenl dans le sanctuaire sous la prolecllon du prince, tn vain Grégoire V!l fait les jilus grands eil'orts pour réformer ce clergé qui s'appuie sur l'empereur; il faut néces- Miremenlqu'il aileigne ce dernier lui-même. Pour obtenir celte réforme cl la liberté de rKylise, il n'y a rien que Grégoire VII ne fa»se; il multiplie ces témoignages de bienvvillance et d'atTeclion. il emploie le concotu'S Oe« seigneurs, des généraux, de Timpéralrico et de toutes les personnes oui peuvent exercer quelque inQuence sur 1 esprit du roi. Il Arit lui-même avec les plus grands ménageluonls, il envoie des légats. Enfin lorsqu apiès flvoir épuisé tous les moyens de douitiur et de persuasion, il ne peut parvenir à toucher le cceur du prince, il entre hardi** ment en lutte avec lui. Nous ne pouvons^ écrit-il dans presque toutes ses lettres, ni ne (levons dissimuler^ nou$ sommés ohU'gé de remplir noire divoir et de faire cesser te ecan^ i/nle. Uenri»alor5 accablé par les craintes que lii causait l'insurrection (générale de la ya ic, t't la résolution où étaient les princes le choisir un autre empereur, écrivit è Gré- ;f lire VU la lettre suivante, monument insi- ;ffBC de perGdie et d'hypocrisie, qui trompa *c^urun moment le Souverain Pontife.

Au tris^vigilani et tris-désiré seigneur, U *fMpe Grégoire^ investi par le ciel de la dignité j^oitolique^ Henri par la ^râce de Dieu^ roi c^ Romains, exhibition très fidèle du service ui est dû.

Comme l'empire et le sacerdoce, pour subsis- T dans le Christ par une bonne administra^ '(//i, ont besoin de s'assister réciproquement, faut, mon Seigneur et mon aimé Père, qWil 'y ait entre eux aucune dissension, mais quils cm eurent unis de la mnniêre la plus inlime la plus indissoluble dtms le Christ ; car cest n*i et non autrement que se conservent dans lien de la charité parfaite, et de la paix de r loncordt de l'unité chrétienne, et l'Etat et reiifjioH, Mais nous qui par ^assentiment ? DieUf avons déjà reçu depuis qfselque Èups le ministère de la royauté, nous n avons is rendu en tout au sacerdoce comme nous devons, le droit et Ihonneur légitime. Ce est pas sans cause que nous portons Uglaive ngeur de la puissance que Dieu nous a donné; pendant nous ne l'avons pas toujours tiré ntre les coupables, avec l'autorité judiciaire, mine i7 était juste. Maintenant^ converti îrtque peu par la miséricorde divine et ren" r en nous-méme, nous sommes le premier rtooj accuser etàconfesser nos péchés à votre fs-indulgente paternité, espérant de vous \ns le Seigneur, qu'étant absous par votre \toriié apostolique, nous mériterons d'être >£ifté.

i/r'ias ! criminel et malheureux que nous imnes ! partie par emportement de jeunesse, rtte par licence de non e souiei ainclé, partie

par la séduction de ceux dont nous avons trop suivi les conseils, nous avons péché contre le ciel et contre vous, et nous ne sommes plus digne d'être appelé votre fils; car nous avons envahiy non-seulement les choses ecclésiasti» ques, mais encore les Eglises; au lieu de les défendre, comme nous le devions,, nous les avons rendues aux plus indignes , à des hommes enpeslcs de simonie, qui y entraient non par la porte, mais par ailleurs. Maintenant, comme nous ne pouvons seul et sans votre autorité réformer ces Eglises, nous demandons instamment votre conseil et votre secours, et sur celn, et sur tout ce qui nous regarde. Votre ordonnance est observée en tout. Nous prions surtout pour l Eglise de Milan , qui est troublée par notre faute, afin que votre autorité apostolique la réforme et procède ensuite à la réformation des autres. Avec iaide deDieu^ nous ne vous manquerons en ritn, et nous supplions votre paternité de nous aider en tout avec clémence. Vous aurez sous peu de nouvelles lettres qui vous seront portées par les plus fidèles de nos serviteurs, par lesquels, avec la grâce de Dieu, vous connaîtrez plus complètement ce que nous avons encore à dire..».

Malgré celte lettre Henri ne changea rien è sa conduite. Grégoire VKI, ayant publié les décrets des conciles de Rome contre l'incontinence et la simonie des clercs, envoya en Allemagne, pour les faire exécuter, une légation composée des évéques d'Ostie, de Paleslrine, de Coire et de Côme, accompagnée de l'impératrice Agnès. Les légats voulant tenir un concile pour procéder a la réforme du clergé, Henri s*y opposa, appuyé sur le canon des évêques siiuoniaques. Ces obstacles, loin de ralentir le zèle du Pape, lui donnèrent une nouvelle énergie. 11 écrit lettres sur lettres aux évêques; à Othon» évoque de Constance; è Altman, évêque de Passau; h Annon, archevêque de Cologne; à Sigefroi, archevêque de Maynuce ; à Liemar, archevêque de Brome. Mais c'est en vain; la réforme du clergé allemand ne s'opère pas,^ tant par le mauvais vouloir d'une grande partie do ce clergé que par celui de Tempe* reur. Grégoire, dor\t la longanimité semblo ici plus que do l'indulgence, essaye encono envers celui-ci une dernière tentative pour l'associer à son œuvre de régénération. Il lui écrit donc du ton le plus afFeclueux, en date du 8 septembre iOli :

Je vous exhorte, très-excellent fils^ à prendre pour conseiller dans ces chos^ ies hommes qui vous aiment pour vous et non pouv vos richesses, qui songent plus à votre salut

Îja'à leur profit; en écoutant de pareils iommes dans la cause de Dieu, vous mériterez sa protection et sa bienveillance. Potir Vaf^^ faire de l'Eglise de Milan, envoffez-nous des^ hommes religieux et prudents; s'ils font voir par de bonnes raisons ou de bonnes autorités^ que le décret de VEglise romaine^confirmé pat U jugement de deux conciles, peut et doit être modifié, nous n^aurons point de peine à re^ férer à leur juste conseil et à prendre un parti meilleur; m^is si cela est démontré imjpos*

ro;

GREL

dii:tionnaire

GRB

giblif ie prierai et êupplierai Voire Altesse^ pour Vamour de Dieu et le respect de saint Pierre de restituer librement à cette Eglise son droit: considérez alors qtie vous posséderez légùimement la puissance royale si vous la faites servir au Roi des rois, te Christ, pour ta restauration et la défense de son Eglise, Méditez avec crainte les paroles suivantes : J'aime ceux qui m'aiment, f honore ceux qui ni honorent t mais ceux qui me méprisent seront sans gloire. {Prov, vin, 17.)

Le Pape ne se borne pas à cette lettre ; il en écrit une plus affectueuse encore où, youtant donner à Tempereur une preuve de sa confiance absolue, il pense à lui remettre la garde de TEglise roniaine pendant son voyage en Orient potir la croisade qu^l méditait alors. Il s*exprime ainsi :

Si Dieu permettait, dit-il, par un moyen Quelconque de sa bonté, que vous puissiez tire dans mon âme, alors personne, fen suis sûr, ne pourrait vous détacher de mon affection. J'espère de la divine miséricorde gu*unjour vous connaîtrez avec quel amour ûncire je vous aime, Ty suis porté par le précepte commun des fiaèles, par votre ma» iesté impériale et par la puissance paternelle du Siège apostolique: parcs que, si je ne vous aimais pas, ce serait en vain que je me confierais en ta miséricorde divine et dans les mérites de saint Pierre. Mais comme je désire travailler nuit et jour dans la vtgne du Seianeur^ à travers mille périls et mémejus" qua la mort, ce nest pas seulement à vous que Dieu a placé au faite des affaires et par qui beaucoup peuvent s écarter du droit chemin ou observer la religion chrétienne, mais c'est encore au moindre des chrétiens que je m'appliquerais toujours avec l'aide de Dieu à garder une digne et sainte charité: car quiconque sans cette robe tentera d'entrer aux noces royales, y subira une effroyable confusion. Hélas ! 6 douleur! voilà ce que ne considèrent pas ceux qui chaque jour travaillent à semer la discorde entre nous, afin de pouvoir en préparant leurs filets aiaboliques saisir leur tntérét privé, pallier leurs vices par lesquels ils provoquent contre eux la colère de Dieu et le glaive de saint Pierre, Je vous exhorte donc, très-cher fils, à ne pas les écouter et à prêter l'oreille à ceux qui cherchent, non leur propre intérêt, mais celui de Jésus-Christ^ et ne préfèrent pas à la justice leur honneur et leur lucre, afin qu'en suivant leurs eon$eils vous ne perdiez pas la gloire de cette vie et que vous acquerriez celte oui est en Jésus-Christ, Voilà quels étaient les véritables sentiments de Grégoire VU à Tégard de Benri, qui ne daigna pas même ré|)Oudre k ces lettres si affectueuses.

Dans sa détresse, Grégoire VU recourt à de nouveaux moyens. Ne fiouvant trouver aucun appui ni dans Tcmpereur, ni dans les évéqucs, il on- cherche un auprès des seigneurs honnêtes et des grands vassaux de TEtat. Il s'adresse h Roilolplie, duc deSuuabe ; è Berlhold, duc de Carinlhie, et à quelques autres non moins reli)^icui, et les charge, en quelque turlc, du muii^lèrc épiscopal que

les évéques refusenlde remplir. Cette leur^, datée du 11 janvier 1075, dérril dans iitoij sahideuse oudité l'état déplorabledanslhp». était tombé ré|)iscopat allemand. Cnt ot. monument historique (]ue nous remu<K.t vivement de ne pouvoir citer ici, rcs)>iie nous faisant défaut.

Dès le début de cette même année, Gngoire avait envoyé des légats cbar^i^df û-. verses instructions pour des Eglises rarticv Hères et.d*une lettre adressée à tou$(est>.f. les; car il sent la nécessité de s*appuMTMjr le peuple, sur le corps entier de TEuit^. Dans cette lettre il déplore la corrupUon «in mœurs qui, par une fraude diabolique, fi toujours croissant, le refroidissement 6t 4 charité et du zèle pour la religion rbrf tienne. Hais il ne sufBsailpasdeponirH clergé coupable; il fallait TempècherdeH perpétuer dans de telles erreurs. Oriln? avait qu*un moyen d*y parvenir; c'éuild'ri^ leveraux princes temporels le droit des iofc** titures ou de la nomination aux cliarj^et hclésiastiques, quMIs avaient impudenitiirti usur|)é contre le droit de TEglise. il i.* avait pas dé milieu ; ou s*opposer aui ini^. titures, on souscrire la ruine totale de Hglise. Depuis longtemps Grégoire \ll «<i Je projet de rétablir le droit des électioDS' de Tenlever aux souverains (]ui en ane:. fiiit un si triste usage. Il avait cooiroenrf Taccomplir étant encore diacre de Vî;^>romaine par son décret sur réleclion r Pape sous Nicolas II. Elevé au soumi pontificat, il voulut faire la même (h-^ pour les élections épisco|)ales. Mali f«i' soustraire cas élections è rinnuencedP5« verains il fallait leur enlever les iou-:tures. Dans ce but, il convoqua k Kome êoncile pour la première semaine du ùrf:* de J075. Un très-grand nombre d*arliKt^ ques, d*évêques, de prêtres, d*ahb^$ ft -.laïques, sy étaient rendus. Grégoire VU, . • digne de la conduite des évéques, derf.t de TAIIemagne surtout, y déploya tuuu j force et la fermeté de son caractère. Le* r de France et d'Allemagne reçurent un 'Urnier avertissement. Cinq des niîiiiMm Henri sont frappés d'exconiniuuicad» . Liémard, archevêque de Brème, y f>( «-^ pendu de nouveau et privé de la |iarlio •tion h rEucharislie ; (lariiier, été«|ue » Strasbourg; Henri, de Spire; Tberman.f** que de fiambefg; les évéques de Tunnr! .* Pavie sont suspendus do leurs fomi* * Denys, de Plaisance, est dé[H)sé; Hugui» • Die est revêtu de pleins pouvoirs iiuur p.et dé()Oscr les évéques coupables de »i(b< t * Après avoir puni les évêuueset lf»l«i|i'coupables, il confirma les décrets du cufr précédent contre la simonie et l'inn-:

nence, et porta deux décrets qui défraJ^i sous peine d*anathème et de deposittoo.' ^ ecclésiastiques de recevoir les înTesiitur-* etaux laïques deles donner, soit rois, rureurs, comtes, marquis ou autres.

Immédiatement après ce coorii<?t ^*^ goire envoya des légats en France, ^'^ lemagne et dans toutes les proiunt? *

GRE

DES PAPES

GRE

Page 1