‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 47 sur 123 · GG · texte numérisé non relu

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Donl pour en faire connaître les décrets aux rois, aux princes, aux archevêques , aux évèques et a tous les fidèles. Il ordonne pour leur exécution la conyocalion de synodes qui se tiennent en effet en France , en An^ ^leterre, en Italie et jusque dans les provinees du nord. Un mouvement universel est iiuprimé è toute la chrétienté. Gré^^oire reilûut>le d'activité pour faire exécuter ces décrets en Allemagne et en Lombardie. Il <:'iTit aux habitants de Lodi , à Siccard , archevêque d'Aquilée, et aux fidèles de Plai« Mnce, à qui il dit : Quand même nous aurions contre nous toutes les villes tremblantes de la (erre de Chanaan et tous tes géants fils d'E «ac, nous en tiendrions à bout ^ parce que Dieu est avec nous, Josué^ maître des Chana* u/ens , entre hardiment dans ta terre promise au son des trompettes. Grégoire Vil s'adresse ensuite aux évêques les plus influents de l'Allemagne : à Annon de Colo^^ne , à Burchard de Halberstadt, à Wécel, archevêque de Magdebourg, et les prie avec les plus vives instances de ne plus souffrir dans l'Eslise les prêtres scandaleux. Dans sa lettre à rarrhevdque de Cologne» il montre que ces décrets ne font qu'exécuter les décisions des conciles généraux , oracles du Saint-Esprit. Il liji recommande d'assembler un concile, vi lui dit de compter sur le glaive de saint Pierre. Il inspire la même contiance à l'arrbevéquede Magdebourg, en lui rappelant l'exemple de Josué : Si nous obéissons à la voix de Dieu^ comme lui f dit-il, nons ferons les mêmes prodiges, nous renverserons les nurs de Jéricho ^ c'est-^-dire les mauvaises îctians du clergé.

. Tandis que Grégoire VII déployait toute a grandeur de son caractère pour inspirer juelque zèle aux évêques d'Allemagne et »our renouveler le sacerdoce » l'empereur Henri foulait aux pieds les droits de l'humalité el tous les devoirs que lui imposait a couronne. Il exterminait les Saxons pour satisfaire sa soif de vengeance, et amusait e Pape par de nouvelles protestations de idôliié» s'efforçant de le réduire à TinacioD. Mais une fois matlre des Saxons, ri elle Je masque et viole effrontément et puiliqueuient les décrets du Sainl-Siége sur es Investitures. Il donne aux Eglises de tomberi;, deFirmano et de Spolète, des préats indignes, et fomente secrètement au ein aiêmu de Kome une conspiration qui oit attenter aux jours du Pape. Cencius, ils du préfet Etienne, était à la tête de la unspiration, aidé et poussé par Guibert, ri'lievêque de llavenne. Ces deux ennemis •jciarés de Grégoire avaient juré sa perte et* 'étaient concerlésavec l'empereur à cet effet; \s comptaient sur les seigneurs des enviuns de Rome el sur les évêques de la Lomardie. Cencius avait visité Robert Guisarci, alors excommunié. Il avait trouvé III t au dedans qu'au dehors de la ville des aiuplices avec lesquels il fixa l'heure où nti devait attaquer Grégoire, le tuer ou le lener è Tempereur. L«! moment convenu lait la nuit do r^ocl. L*) Pape célébrait la

première Messe è Sainle-Marie-Majeurc. I) avait déjà communié, le clergé aussi, et l'nii était déjà à la communion du peuple, lorsque l'on entendit soudain de grands cri». Les conjurés, Tépée à la main, entrèrent dans l'église, parvinrent jusqu'au Pape, le blessèrent gravement au front et larrachèrcnt de l'autel en le tirant par les cheveux, sans qu'il leur tésislât ou leur dît une parole. Ils le dépouillèrent des ornements sa* ccrdotaux et Tentraînèrent avec eux. A la nouvelle de cet horrible attentat, toute la ville frémit d'indignation. On cessa l'Ofllce dans les églises, on sonna le tocsin et Ton mit des gardes à toutes les portes de la ville pour que te Pape ne pût être enlevé. Lorsqu'au lever du jour on apprit que Grégoire VU était enfermé dans une tour, le peuple accourut en foule avec des machines et des béliers et allumant du feu autour. Cencius, voyant que la tour allait être prise, se jeta aux pieds du Pape et lui demanda pardon; promettant de faire une pénitence qu'il n'accomplit point. Grégoire se mit à une fenêtre, faisant signe au peuple de s'apaiser; mais le peuple escaladait déjà la tour et mit le Pape en liberté. On le ramena à Sainte- Marie -Majeure, où 9 quoique couvert do san^, il acheva la Messe, donna la bénédio tionau peuple, retourna au palais de Latrau et servit le festin solennel selon la coutume. Cencius et tous les conjurés se réfugièrent en Allemagne auprès de Henri qui les couvrit de sa protection. Grégoire VU tenait tous les coupables entre ses mains, et non-seulement il leur pardonne, mais il leur sauve la vie, les soustrait à la fureur populaire et ne les frappe pas de censure, ni même du plus léger reproche. Bien plus, voulant effacer cet horrible attentat ue la mémoire des hommes, il n'en parle jamais; à tel point que la postérité l'aurait ignoré, s'il n'avait été c(msigné par les historiens contemporaine. Tel était la grandeur d'Ame de ce saint Pontife.

La correspondance entre le Pape etl'em-* pereur devient excessivement active; les messagers se succèdent et se croisent de l'Allemagne à Rome. Le 8 janvier, quinze jours après le complot de Cencius, Grégoire écrit à Henri une Icltre plus sérieuse et plus sévère que les précédentes, mais essayant toujours les voies de conciliation. Nous regrettons de nç pouvoir citer à cause de sa longueur celte lettre qui clôt touie correspondance amicale et pacifique. N'ayant

iilus désormais aucun espoir de parvenir i un arrangement avec Henri qui venait porter les ulus rudes coups à l'indépendance de l'Eglise, Grégoire VII s'entoure d'hommes sages, leur mettant sous les yeut toute sa correspondance avec IVmpereur»

toutes les lettres d'amitié et de souuiissioa qu'il en avait reçues. En co*nparant les lettres avec les faits, tous étaient dans le plus grand étonuement. Néanmoins le Pape écrivit de nouveau à l'empereur, demandant haiibt'action des torts faits à l'Eglise et^ le menaranl de le retrancher de la communion

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des fidèles, s*il iréloignait pas de sa personne les excommunies. De leur calé, les légats voyant Henri incorrigible lui firent connaMro les ordres secrets du Pape, qui c^insistaient à le ciler h Homo pour la première semaine de Carême devant un syucAJe; autrement il serait ce jour-là même excommunié et re.tranché du corps de PEglise. Cette sommation des légats avait fait une impression profonde. Cependant Teropereur, poussé par ses conseillers, résolut d'aller jusqu'au bout dans sa lutte contre le Pape et de le faire déposer lui-même.

Il commença yiar chasser ignoniinîeuse»

ment les légats, et par convoquer un concile il Worms pour le23 ianvier. Ce concile présidé par Sigefioi, arcFievèque de Mayence, et inspiré par le cardinal Hugues le Blanc, se composait de vingt-six évêques. On y rédigea la formule suivante: «Moi évAque

de telle viiie, je refuse désormais ma soumission et mon obéissance à Hildebrand; je ne le regarderai plus comme apostolique, el je ne lui donnerai plus ce nom. » Ce n'était pas une sentence de déposition, mais plutât un refus d*obéissance. Ceux qui ne Toulaiefit pa<s signer }[ furent contraints sous peine de mort. Henri, au comble de la joie, se croyait déjà maître du Pape. Il envoya des messa- {$ers en Lombaidie et dans la Marche d'Ancdne pour engager les évô*)ues au même refus aobéissance. Il alla jusqu'à écrire au jiénat et an peuple de Rome une lettre dont Tinsolence dépasse toutes les bornes.

La guerre est donc déclarée au Pape, et le schisme établi sur ce sol de la Germanie jusque-là si dévoué au Saint-Siège. Mais il est profondément impopulaire, et n*a aucune racine dan"» «a conscience des évê lues mé* mes qui Tont fomentée. Ivre de son triomphe, Henri envoie à Rome mi clerc de Parme, nommé Rolland, qui ose se présenter au synode de cent dix évêques, présidé par le Pape, et adresser à celui-ci ces étranges paroles : « Le roi mon maitre, et tous les évé* qoes uttramonlains et italiens vous ordonnent de renoncer immédiatement au trône de saint Pierre et au gouvernement de l'Église romaine, que vous avez usurpé; car il n'est pas juste de vous élever à une dignité si éminciite sans Taiiiirobalion des évêques et eelle du roi. » £t se tournant vers le clergé: « Mes frères, & dit-il, « j'ai h vous annoncer que vous devez vous présenter devant le roi nux fêles prochaines de la Pentecête, pour recevoir un Pape de sa main, puisque celui* ci n'est point un Pape, mais un loup ravisseur. • A ces mots tout le monde bondit d'indignation, et s'élança sur Rolland pour le tuer; mais le Pape courut au-devant, le couvrit de son corps, et lui sauva la vie. Il calma les esprits, recommanda la modération , et prononça ensuite ces mémorables Xaroles si pleines de dignité et de grandeur : ies enfants, ne troublez point la paix de l'E' flise. Voici les temps dangereux dont parle t'criturc, oà il y aura des hommes amateurs deaxtnemes^ avares, superbes et désobéissant à leurs parents. Il faut qhH c»» irc des scan*

dates, tt le Seigneur a dit quil nous envoyait comme des brebis au milieu des loups. Nous devons donc avoir la douceur de la colombe avec la prudence du serpent. Ce double eiprit forme la sagesse. Nous ne devons hair personne , et supporter les insensés qui veulent violer la loi de Dieu. Dieu descend une seconde fois parmi nouSj disant : « Que celui qui teut me suivre fasse abnégationdesoi'méme.n{Luc, IX, 23:} Nous avons vécu asse% longtemps en paix t Dieu veut recommencer à arroser k moisson du sang des stiints. Préparons-mout au martyre s'il est besoin pour la loi de Dieu, et que rien ne nous sépare de la charité ds Jésus-Christ.

Le Pape, a{)rès avoir rétabli le calme daus l'assemblée, prit les lettres et les décisioDS dont Rolland était porteur et les lut devant les évêques avec un admirable sang-froid. Celle des évêques d'Allemagne fut probablement brûlée par Grégoire VU, qui voulait cacher à la postérité un écrit aussi lionteux. Celle adressée par Henri au Pape lui-même est plus insolente encore que la précédente «u sénat et au peuple romain, plus indigne encore non-seuiementd'un roi et d^un Chrétien, mais d'un homme de Quelque éducation. Aussieausa-t-eile dans t assemblée une (elle exaspération que ce ne fut qu'à grand' peine qu'on parvint à sauver la vie de l'envoyé impérial. L'assemblée demandait à frrandscris qu'on excommuniât sur-le-champ Pempereur. Mais Grégoire VU restait calme, et lui qui avait le sentiment des hautes convenances, trouva les esprits trop exaspérés pour rien soumettre à leur délibération et renvoya ta séance au jour suivant. Le lendemain, il arrive au concile : là, en présence de cent dix évêques encore émus mais plus calmes, il rend compte de sa conduite envers l'empereur, il ex()Ose Tindulgence et la bonté qu'il lui a si longtemps témoignée, la douceur de ses remontrances paternelles et son infatigable modération. A peine a-t-il achevé que l'assemblée se lève en masse pour demander Tanathème contre ce prince parjure, oppresseur et tyran, protestantd'uno voix unanime de son dévouement absolu au Sainl-Pèrè. Alors Grégoire Vil, pénétré d'une vive^douleur, se lève et prononce comme malgré lui, mais au milieu des acclamaitons universelles du concile la sentence d'excommunication contre Henri, conçue en ces termes :

Saint Pierre f prince des apôtres^ et vous, saint Paulf docteur des notions ^ daignez^ je vous priCf me prêter Voreille,et m écouter favorablement. Comme vous êtes les fervents dis* ciples de la vérité, aidez-moi pour que je ne m en écarte pas, en sorte que mes frères aient plus de confiance, quils sachent et quils corn» prennent que c'est par la foi que f ai en vous^ après Dieu et sa sainte Mère, la Vierge Marie, que je résiste aux pécheurs et aux méchants^ et que je soutiens vos fidèles serviteurs. Voui savez, en effets que cest maigre moi quej^ai suivi le Pape Grégoire au delà eles monts; que c'est malgré moi que je suis revenu arec le Pave Léon vers l* Eglise romaine, dans laquelle

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