‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 48 sur 123 · CIO · texte numérisé non relu

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f> vous servis; enfin ^ c'est surtout contre mon gré, au mépris de ma douleur, de mes gémis^ fements et de mes larmes que fai été placée quoique indigne, sur un trône; si je fais cette déclaration^ ce n'est pas pour dire que je vous ai choisis^ mais que c'est vous-mêmes qui m'avez imposé le lourd fardeau du gouvernement de votre Eglise; et parce que vous m'avez fait monter sur cette montagne sainte , que vous tnavez ordonné de crier et de reprocher au peuple de Dieu et aux enfants de l'JSglise leurs prévarications et leurs crimes, les ouvriers de Satan se sont élevés contre moi, voulant ré' pandre mon sang de leurs propres mains. Les rois de la terre, tes princes du siècle, les ecclé^ siastiqnes, les courtisans et le peuple se sont réunis contre le Seigneur et contre ses saints, et ont dit : « Brisons leur joug et jetons-le loin de nous {Psat. iv, 3) ; » et dés lors ils ont mis (ont en œuvre pour se défaire de moi par la mort ou par l'exil. Me trouvant sur votre chaire, ô saint Pierre, par la grâce divine, et sans l'avoir mérité, je crois que votre' volonté est que le peuple chrétien m'obéisse suivant le pouvoir que Dieu m'a donné à votre place de lier et de d4ier sur la terre.

C'est en cette confiance que, pour Fkonneur ei la défense de Itglise, de la part du Dieu tfnthpuissant^ Père, Fils et Saint-Esprit, et uar votre autorité, je défends à Henri, fils de fempereur Henri, qui, par un orgueil inouï, i'est élevé contre votre Église, de gouverner le royaume Teutonique et l'Italie :f absous tous }e$ Chrétiens du serment quils lui ont \'dit ou feront, et je défends à qui que ce soit de le serrir comme roi : car celui qui porte atteinte à V autorité de notre Eglise mérite de perdre ^a dignité dont il est revêtu. Et, parce qu'il a refusé d'obéir comme Chrétien, et n'est point revenu au Seigneur, quil a quitté en commu* tiquant avec des excommuniés, méprisant les iris que je lui avais donnés vour son salut, V tuif le savez, et se séparant ae votre Eglise, /u'il a voulu diviser. Je le charge d'anathèmcs n votre nom, afin que les peuples sachent, nrme par expérience, que vous êtes Pierre, lue sur cette pierre le fils du Dieu vivant a difié 9on Eglise, et que les portes de l enfer te prévaudront pas contre elle.

En répondant à une voix insolente qui vei.iil l'insuiler jusque sur son trône, et dans >.\<»rcice de ses fonctions sacrées, Grégoire, 1 lieu d'opposer outrage à outrage, s'exprije en termes pleins de dignité. Bien plus, en X communiant Tenapereur, il n'a pas l'in- «fition de le uerdre, mais de Texciler à la oiiilence. Caria sentence, en ce nui regarde t déposition, ne doit avoir son elicl détinitif lie dans lo cas où Henri resterait sous le >>ids de Texcommunication pendant un an i un jour sans se réconcilier avec TEglise. ^:>}i^é de sévir contre les évèques les j)lu$ jupables, le Pape excommunii Si^jefroi , rche^ès|ue de Mayonce, qui avait joué le rinripal rôle dan> cette atl'aire, et tous les >^vjuesde la Lombardic et de la haute Ita- II-, ù Toxception de ceux de Venise et d'Aqni- •^e. Quatit aux autres, il les divise on deux lj>^e9 : les uu< qui oui si^ué volontairement

et qu'il suspend de leurs fonctions épiscoiales; les autres, qui se sont laissé entraîner et qu'il invite h venir se justifier h Rome lo jour de Saint-Pierre, s'ils ne veulent êlre aussi suspendus.

Plusieurs évoques d'Allemagne n'attendirent pas la sentence de llomc pour se réconcilier avec le Saint-Siège. Chaque jour le nombre des schismaliques diminuait par la rétractation de quelques-uns. Après la cld« ture du concile, Grégoire VII en fit connaître les décisions dans toutes les parties de la chrétienté, envoyant aux fidèles Panathème prononcé contre Henri avec la lettre suivante :

Grégoire, évéque, serviteur des serviteurs de Dieu, à tous ceux qui veulent se ranger parmi les brebis que Jésus-Christ a confiées au bienheureux Pierre, salut et bénédiction apostO' lique.

Vous avez appris, mes frères, l'entreprise inouïe et l'audace criminelle des schismati^ 9ues qui blasphèment le nom du Seigneur en la personne de saint Pierre, l'injure faite au Satnt'Siége, injure telle que nos pères n'oni rien vu , ni rien entendu de semblable , et qu aucun écrit ne nous apprend qu'il soit jamais rien arrivé de tel de la part des païens et deshérétiques: c'est pourquoi si vous croyez aue saint Pierre ait reçu de Jésus^Christ les clefs du royaume des deux, pensez combien vous devez être affligés maintenant de Viniure qui lui (sst faite, et que vous n'êtes pas dignes de participer à la gloire du ciel si vous ne prenez part ici-bas à ses souffrances. Nous vous prions donc d'implorer instamment la miséricorde de Dieu, afin qu'il tourne les cœurs de ces impics à la pénitence, ou qu'arrêtant leurs mauvais desseins, il montre combien ils sont insensés de vouloir renverser la pierre posée par Jésus ' C hrist ; vous verrez par^ le papier ci-inclus pourquoi et comment saint Pierre a frappé d'anal hème le roi Henri. Celte lettre pro*iuisit son effet; et tous les hommes les plus éclairés de l'époque approuvèrent \et sentence. Mais les partisans de Henri voulaient la faire passer pour un acte inspiré par un sentiment de vengeance personnel!.*. Grégoire Vn écrivit aux seigneurs allemands ïa lettre suivante, monument historique d'un<t haute importance, où il expose avec di^niié et grandeur tes motifs de celte sentence fon' di'e sur les lois divines et humaines.

Nous savons, dit-il, que la nouvelle de Tex^ communication du roi vous est parvenue, puisque plusieurs parmi vous doutent que le roi ait été légitimement excommunié. Nous voulons donc en conscience exprimer nos motifs, de manière à répondre à ceux qui nous accusent d avoir tiré te glaive spirituel plutôt avec témérité et par vengeance personnelle que par zèle pour la justice.

Lorsque nous étions encore diacre, ayant été informé des actions honteuses du roi et désirant sa correction, nous l'avons avertif par nos lettres et nos envoyés, dt mener une vie plus digne de sa uaissariCe et de son rang ; mais, étant arrivé au pontificat, et voyant son iniquité croître tiiec lùtje, nous avons

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employé tous les moyens : blâmes^ prirres^ fshorialions^ poufle ramener dans te droit chemin^ car nous avons pensé que Dieu nous demanderait compte de son âme. Mais le roi s'est toujours contenté de nous faire if Aumblés promesses^ et dans le fait il les foulait aux pieds. Tout le monde sait comment Henri a livré les évéchés et les abbayes à des loups ravissants et non à des pasteurs : comment il en faisait un honteux trafic et souillait tout par Chérésie de Simon. Lorsque dans la guerre contre les Saxons une grande partie du royau" me tut menacé dcT abandonner^ il nous écrivit de nouveau des lettres fort soumises^ et nous lui avons donné le paternel avis d[ éloigner de sa personne ses perfides conseillers. Mais quand» il eut remporté la victoire contre les Saxons^ il oublia toutes ses promesses et sou-leva contre nous tous les écéques de VAllema" gne et de i Italie. Touché d'une vive douleur nous lui avons encore écrit pour f exhorter à se reionnàître^ et nous lui avons envoyé trois hommes pieux de ses sujets pour Vaver^ tir en secret de faire pénitence^ pour tant de crimes, qu'il méritait non-seulement d'être excommunié^ mais détre privé de ta dignité royale selon les lois divines et humaines. En^ fin nous lui avons déclaré que^ s'il n éloignait de lui les excommuniés^ nous ne pouvions donner d'autre jugement si non quil demeurera selon son choix excommunié avec eux.

Mais ce prince s'irritant contre la correc^ tion n"a point cessé au il n'ait obligé presque tous les evéquesd'Itatie^ et en Allemagne tous

penses vous sont assurées si tous pnêétmt jusqu'à la fin à lui être fidèles. Cm pmnm nous ne cessons de supplier le Setnrvr é«« vous confirme dan* sa vertu et quuipvuU cœur du roi à la pénitence, afin qu'il run. naisse lui-même un jour que^ nous tt rtv. nous f aimons beaucoup plus tériteLUmrî que ceux qui secondent et favorisent iiaia> nant ses iniquités. Que si par la grâa dt bn il vient à résipiscence malgré tout et qu'il un fait contre nous^ il nous trouctra ior»n prêt à le recevoir à la^eainte commiiiMMfv. vant que votre charité nous le eonseiUtn.

Cette lettre produisit son effet. U riui da Pape lit de grands progrès. Beauconp •• nobles et d'autres quittèrent le parti de iVipereur, plusieurs évoques déplorant Ire crimes allèrent nu-pieils à Rome et r ^^'^ rent jusqu'à ce que le Pa^>e leur eut fur!-» né. La Profidence d'ailleurs prit la défn*' de Grégoire VU si indignement outng:

manifesta sa vengeance |uir un couptn.que qui jeta la terreur dans tes tf\t:b 1/évêque d'Utrecht tit en chaire qoe:^'< jours avant Piques une sortie violente (f«tre le Pape» le traitant de parjure, d'ado ^ re^de faux apôtre, et terroinantsoQinirP«* par une amère ironie. A peine la soicoc::* fut-elle terminée qu'il tomba danj^maiment malade. En proie à d^borrib!es •!«-*• leurs il criait d'une voix lameatahic qcf nar un juste jugementde Dien» il avait yvt la vie présente et future |)0ur s'être rtSA complice des crimes du roi, et que pour j-

ceux qu'il a pu, à renoncer à l'obéissance du * gner ses bonnes grAces il avait contre ^

Saint-Siège. Voyant donc son impiété parve» * ' ^ " ' — '"*

nue au comble, nous l'avons excommunié pour deux principales raisons : pour n*avoir pas voulu éloigner ceux qui^ coupables de dilapi^ dations et de simonie, avaient été frappés par le Saint-Siège , pour n'avoir pas voulu faire pénitence de ses crimes et pour avoir déchiré par un schisme le corps de Jésus-Christ, c'est* à-dire l'unité de l'Église. Si quelqu'un regarde cette sentence comme injuste ou dérai* sonnable et que toutefois il veut s'en rappor* ter aux règles sacrées, il peut en discuter avec nous, pourvu qu'il écoute avec patience non ce que nous enseignons, mais ce qu'enseigne r autorité divine, et la voix uniforme des saints Pères , il aura de auoi être tranquille. Mais je ne crois pas qu'il se trouve parmi les fidèles un homme qui, connaissant les lois de l'Eglise , puisse croire que nous n'avons pas agi avec justice lors mime qu'il n'oserait pas l'avouer en public. D'ailleurs, quand nous au^ rions excommunié le prince sans motifs tout à fait suffisants et contre les formes que teulent les saints Pères, le jugement ne serait point à rejeter pour cela; il faudrait en toute humilité se rendre digne de l'absolution.

Mais vous, nos bien-aimés, qui n'avez voulu abandonner la justice de Dieu, ni pour fin* dignution du roi, ni pour aucun péril,affer' missez-vous dans le Seigneur, sachant que vous défendez la cause de ce roi invincible et de ce magnanime triomphateur qui jugera les vivants et les morts, et qui rendra à chacun selon ses ainres, et de qui les infinies récom-

conscience chargé d'opprobres le Pape, qtqu'il sût que c'était un saint bofflOMrd'une vertu apostolique. Puis se loorai:: vers un des serviteurs de Henri il ^'kn « Allez dire au roi gue lui et iDoi,elivv ceux qui ont favorisé ses dérégiemffi>.

sommes perdus pour l'éternité » et i! d<^> rut dans la frénésie du désespoir atoolri:> les démons prêts à se saisir de son itof '< défendant comme inutile toute prière p^r lui. Cette mort a<3Compagtfée de circoosxces si extraordinaires- fui suivie bientOi ::

elusieurs autres non moins effrarmi'!

enri de Spire, Godefroi conOdent du r^ Gozelon duc de laBasse-Lorraioe, uo*^ plus grands adversaires du Pape et r '* sieurs laïques furent frappés de mort p^** que subite. D'un autre côté lesSaioosévr^ ses de la plus intolérable tyrannie v^^' nieuçaient la guerre et chassaient Ber" I^s seigneurs se liguent dans le but df ^ délivrer d*un oppresseur commun et d^ * choisir un nouveau roi. Ils sadresMOt n Pape et, chose inouïe qui prouve tout* * grandeur du caractère de Grégoire Vil,"* lui qui intercède auprès des princes ea ^ veur de Henri et chenlie à les toucher \sr les motifs les plus puissants. Il adresse ^ * sujet la lettre suivante aux évéaue». t-^ ducs, aux comtes et h tous les fidè''c> ^^ rovaume teutonique.

'Si vous avez bien réfléchi, leur dit-i!. s-^ l'excommunication prononcée contrt Jf " Uenri,vous savez ce qui vous rnH^h'^

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DES PAPES

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i/ en ressor(^ en effets quil est enchaîné par

ifs lient de ranalhême : quil est privé de la di'

yniié royale^ et que le peuple naguère ioumii

à sa puisiance est dégagé de tout serment de

fidélité. MaiSf comme nous ne sommes animé

contre Ilenri^ ni par l'orgueil du siècle, ni

par une vaine ambition, que la discipline et

le soin des Eglises sont tes seuls motifs qui

nous font agir^ nous vous demandons, comme

é des frères, de le traiter avec douceur, sHl

revient sincèrement à Dieu ; non avec cette

justice qui lui enlève f Empire, mais avec cette

tniséricorde qui lui efface ses crimes, Ifou-

bliezpasyjevousprie, la fragilité de la nature

humaine: rappelez-vous le souvenir pieux de

son père et de sa mère auxquels on ne peut

comparer nuls princes de son 4emps. Toute»

fois en répandant sur ses blessures rhuile de

votre piétés ne négligez pas le vinaigre de la

discipline f afin que ses plaies ne puissent s'en»

tenimer et que l'honneur de la sainte Eglise

et de V Empire ne souffrent pas de votre négli»

gence; mais quil éloigne de lui ses mauvais

conseillers qui, excommuniés pour cause de

simonie,n'ont pas rougi d'infecter leur maître

de leur propre lèpre et de le provoquer à trou-'

bler la sainte communion et à encourir la

colère de Dieu et de saint Pierre; qu'il en

choisisse qui préfèrent à leurs intérêts per*

fonnels et Dieu a leurs avantages; qutl ne

pense plus que l'Eglise soit soumise comme

une humble servante: qu'il la reconnaisse pour

sa supérieure et sa maîtresse ; qu enflé par

t' orgueil il ne défende pas des coutumes op^

posées à la liberté de r Eglise et quil obser»

te la doctrine des Pères que Dieu lui a en-

se ignée pour son salut.

S'il fait ces promesses que nous sommes en ilroit de lui demander, nous voulons en être aussitôt et régulièrement informé, afin que uous demandions à Dieu ce quil faut faire. Au reste f nous vous rappelons surtout ce que nous avons défendu par Vautorité de saint Pierre, que personne a entre vous ne se perinette de l'absoudre avant qM le Saint-Siège t'ait accordé et que nous ayons donné notre commandement positif; car nous nous méfions iles effets de la faveur ou de la crainte.

Si, contre nos désirs et pour V expiation des

p/chés iun grand nombre^ il ne revient pas

sincèrement à Dieu, trouvez un prince qui

qui vous fasse secrètement la promesse de ce

une nous venons de dire, ce qui serait néces^

faire à la conservation de F Eglise chrétienne

et au salut de l'empire. Faites-nous connaître

ttu plus tôt en personne sa position et ses

fn*rur$, afin que nous confirmions votre choix

par Vautorité apostolique ^ et que nous lui

fiunnions plus de force, comme nous savons

if n'ont fait nos prédécesseurs. C'est ainsi que

f ,ju$ mériterez la faveur du Saint-Siège et la

ifcnédiction du prince des apôtres.

Cette leitro bi remarquable est du 3 seplembre 1076; mais les seisneurs jugeant nue Henri avait assez prouvé qu'il était in- « orrîgtbie n*étaient pas disposés à la même iiiiiul|fence que le Pape. Immédiatement après la féception de la lettre ils arrêtèrent 4U*on tiendrait le 17 octobre à Trib'u pre^

de Mayence une assemnlée générale composée de tous les seigneurs. Au jour fixé tous se rendirent à Tribur suivis de troupes nombreuses et bien décidés à déposer Henri. On exposa les crimes infâmes dont il àvail déshonoré toute sa vie et, malgré toutes les offres de Henri, on allait choisir un aulre roi lorsque les légats intervenants, les seigneurs modifièrent leur première résolution et im«* posèrent deux conditions à Henri. La pro« mière Tobligeait à se présenter le jour de la Purification devant unediète du royaume à Augsbourg où le Pape serait appelé comme arbitre pour prononcer sur son sort. La seconde l'obligeait à se faire absoudre avant lejourauniversairedeson excommunication; et s'il n'obtenait [.as la communion par sa faute il serait è jamais exclus du trône, sans espérance de retour, et, cela en vertu des lois de l'Empire, qui déclarent incapable de gouverner celui qui reste excommunié plus d'un an et un jour. Henri promit aux princes de tout observer avec une scrupuleuse exactitude. Les Souabes et les Saxons s'en retournèrent avec joie dans leur pairie et rendirent compte au Pape de ce qui s'était passé, le priant instamment de vouloir bien venir à Augsbourg au jour marqué, ce que Grégoire Vil promit eu acceptant la chargo d'arbitre.

Comprenant que son salut consistait a être absous avant le jour anniversaire, Henri partit pour Rome, sans argent, sans escorte, obligé de faire un long détour et de céder une province entière de la Bourgogne r»our obtenir un libre passade jusqu'en Itaie.Le Pape de son côté s'était mis en rouie pour aller à Augsbourg suivant la promesso qu'il avait faite aux seigneurs allemands. Arrivé à Vercoil il apprit avec la plus grande surpris^ l'arrivée de Henri en Italie. Ignorant s'il venait pour se venger d'avoir été excommunié ou pour demander pardon, Grégoire V^U se retira au chAteaudeCanosse ^ près de Regio. Là, il renvoya absous les ' évoques excommuniés qui étaient venu le trouver. Henri vint aux portes de Canosse non en roi mais eu suppliant, nu-pieds, vêtu d*un peu de laine, exposé au froid et jeûnant tout le jour. Le Pape le laissa pendant trois jours dans celte attitude. Les seigneurs allemands avaient bien entendu que le Pape le soumettrait à de grandes épreuves, lui ferait expier ces crimes par la pénitence et ne lui donnerait l'absolution qu'après avoir pris leur avis. Henri lui-même s*attendaità trouver Grégoire Vil inflexible. En effet, le Pape répondit d'abord que s'étant engagé envers les seigneurs allemands, il no pouvait rien faire sans leur avis ; qu'il était d'ailleurs contre les lois de l'Eglise d'examiner un accusé en Tabsencede ses accusateurs, et que si le roi se conGait à son innocence il ne devait pas craindre de se rendre à Augsbourg où justice lui serait rendue. Ensuite il ne pouvait l'absoudre sans avoir des preuves d'un sincère repentir. Et quelles preuves donnait l'empereur? Il avouait luimême ou*il ne demandait ''absolution que

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pour échapper à la rigueur des lois. Grégoire Vil* ne savait-il pas d'ailleurs combien H Rejouait de ses promesses les plus solennelles. Cependant cet homme en apparence inilexible avait le défaut de la clémence. Il ne put résister longtemps et dit : S'il tit vérttabUment repentant^ qu'il nous remeHe la couronne et les autres marques de la royauté et quil s'en déclare indigne. Ces conditions semblant trop dures, il se laissa fléchir encore : Eh bien! qu'il vienne, s' écTià-i-iU H qu'il expie par son obéissance aux décrets nposioliques l'injure qu'il a faite au Saint Siège. Henri admis en sa présence se prosterna les bras en croix en répétant : Pardon* nez, bienheureux Père, pardonnez -mot dans votre miséricorde. Le Pape le voyant pleurer eut le cœur navré et ne put dire que ces mots : Cest assez. Ayant repris son sang^froid il eut plusieurs entretiens avec le roi et convint que celui-ci se présenterait à la diète des seigneurs allemands au jour et lieu marqués par lePt-tpe^et y répondrait aux accusations portées contre lui» dont le Pape serait juge; que ju$qu*au jugement de sa cause il ne porterait aucune marque de la dignité royale et ne prendrait aucune part au gouvernement de l'Etat; que s'il se )us-^ tiQait et demeurait roi, il resterait toujours obéissant au Saint-Siège, l'aidant à corriger les abus de son royaume contraires aux lois de, i'Eglise; enfin que s'il manquait à quelqu'une de ces conditions, l'absolution serait nulle^ il serait tenu pour convaincu et les seigneurs auraient la liberté d'élire un autre roii

Ces conditions ne sont autres que celles imposées par l'assemblée de Tribur. Le Pape ne pouvait les changer» dans l'intérêt mémo de Henri. Aussi celui-ci les accepia4-il avec reconnaissance. Quand Hcn^i et ceux qui s'étaient rendus ses cautions eurent prèié serment, Grégoire Vil donna au roi la bé» nédiclion apostolique et célébra la Messe. Là se présenta une scène terrible qui tit trembler l'empereur. Après la consécration il le fît approcher de l'autel avec ioixs les as« sislants et tenant à ja main Thoslie consa^ crée, il dit au roi : J\n reçu depuis long^ temps des lettres de vous et de ceux de votre parti, où vous m'accusez d'avoir usurpé le Saint Siège par simonie et d'avoir commis^ tant avant tnon épiscopat que depuis, des critnes qui , selon les canons , me fermeraient l'entrée aux grâces sacrées. Quoique je puisse me justifier par le témoignage de ceux qui savent comment j'ai vécu depuis mon enfance, et qui ont été les auteurs de ma promotion à la dignité épiscopale, toute fois pour ôter tout ombre de scandaie.je ne veux m'en rapporter quau srul jugement de Dieu et non à celui des hommes. Je veux que le corps de NotrS' Seigneur Jésus-Christ que je vais prendre, soit aujourd'hui une preuve de mon innocence. Je prie le Tout-Puissant de dissiper iout soupçon si je suis innocent et de me faire mourir subitement si je suis coupable. Le P.tpe prit une partie de rii.»slie et la consomma. Le peuple, oubliant la saiolelé du

lieu, poussa aes acclamations de joie. lè Pape, ayant imposé silence, se tourna vers le roi et lui dit : Faites, s'il vous plaît, mon frère^ ce que vous niavez vu faire. Les princes allemands n'ont pas cessé un four de vous accuser devant moi d'un grand nombre da crimes, pour lesquels ils prétendent que vous devez être interdit pendant toute votn vis, non-seulement de toute fonction publique de la royauté, mais encore de la communion ecelésiastique et de tout commerce de la m civile. Ils demandent instamment que vous soyez jugé, et vous savez l'incertitude des jugements humains. Faites donc ce que je vous conseille, et si vous vous sentez innocent, délivrez l'Eglise de ce scandale et vous-mêms de cet embarreu. Prenez cette autre partie de l'hostie , afin que cette épreuve de votre tnnoeence ferme la bouche à tous vos ennemis et m'engagent à ^tre votre défenseur le fflus ardent pour vous réconcilier avec les seigneurs, et finir à jamais la guerre civile. A celle épreuve inattendue, Henri stupéfait recula, se retira à part, délibéra en tremblant avec ses conseillers sur ce qu'il devait faire, et enfin, ayant repris ses sens, refusa. Le Pape ne le pressa pas davantage et acheva la Messe.

' Grégoire VII > craignant d'avoir poussé trop loin l'indulgence, écrivit immédiatement aux seigneurs allemands, essayant de justifier la promptitude de l'absolution donnée à Henri. Ces seigneurs, en effet, se plaignirent de sa trop grande précipitation et de son excessive indulgence. Pu reste, Henri avait déjà déchiré le traité et était revenu à sa première idée de se défaire du Pape. 11 lui tendit des pièges pour s'emparer de sa personne, et mettre un autre k sa place. Mais Grégoire Vn, averti par la princesse Mathilde* put les éviter, il j avait quinze jours que uenri était aux pieds du Pape, implorant sa miséricorde, maintenant il se proclame publiquement son plusimplacabla ennemi.

Retenu à Canosseou dans les environs par les pièges que lui tendait l'ompereur, Grégoire envoya des légats pour prier instamment les seigneurs allemands de suspendre l'élection d'un roi, jusqu'à son arrivée, si toutefois cela était possible. Mais ceux-ci déjà réunis avaient hâte de se délivrer du juug de Henri, ils énumérèrentaux légats, chacun à son tour, les injures qu'ii^ en avaient reçues et les crimes qu'il a^aii commis. Les légats en furent touchés jusqu'aux larmes; mais ils insistaient toujours pour qu'on ^'ournAt l'élection d*uii nouveau roi. Cependant, les seigneurs élurent Rodolphe, duc de Souabe, malgré ses refus, et lui prêtèrent serment de fi iélité. Alors commence une guerre acharnée entre U^s deux souverains. Grégoire s'olisline à ne reciinnatire ni Tun ni l'autre , el n'entretient aucun commerce avee eqx, voulan'^re* mettre ladécision de cette aflCaire h une dièie solennelle do l'Empire, et éviter par là toulo guerre civile, bien que Rodolphe se montra aussi dévoué au Saint-Sié^^e, qu« Heuri au

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DES PAPES

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élift rimplacablt enmnù Gelui^i ne voulait pis eaiendre parler d*uaeiiiète générale et empêchait le Pêjpè de pénétrer en Allema- ^e, ce dont Grégoire ae plaint dans la lettre «uivante aux légats et aux princea, où ae troDY« expliquée ta situation :

fwin^tgnorex pa«, dit«il à ses légats, me, confatU en U mtât'ricorde de Dieu ei àans Vappwi Ae 9aint Pierre^ nous sommes parti de lUkwupcurolkrrétabliriapaix dans Uroyaume

4e la sainte Église. Mais ceux qui devaient n&vs escorttrnous ayant manque^ et Carrivie du rai en Italie ayant suspendu notre va j/age^ nous noua eomnms arrête en Lombardte^ oh aàlieu des enn4mis de la religion chrétienne f non MW danger^ et jusquà présent nous m'avons pu franchir les monts comme nous le désirions, Nous vous prescrivons donc par fquioriié 4e saini Purre i denfoindre aux rois àoéMphe ti Benrif Rassurer la liberté de notre voyage et de nous donner te secours et faeeoriede gens dans lesquels vous aurez Soute confiance. Nous avons à cœur de régler leur différend^ avec le concours des clercs et des UiSpses aui^ dans ce royauma^ €raig9ient et aiment ie Seigneur^ et de décider entre Us mains duguel ta justice doit pltkctr les rênes de VEmfire. Vous saveif en effets quil est de notre devoir et du droit du Siége apostolique de traiter et de juger toutes les affaires ma* jeures de l Eglise. Celle qui s'agite entre les deux princee est si grave et ai dangereuse que^ et nous ia perdiotis de vue un seulmo» tmetu^ il en réeulterait les plus déplorablss domsnages^ non-seuletnesu four eux et pour nauSf mais aueeipour thglise universelle. Cest pourquoi^ si l'un de ces deux rois refuee d'obéir à nos eomnumdemements et ne tient aucm^ canMe desioe injemctions ; si son orgueil révolté contre Dieu menace lEmpire d'utse désolation nouvelle, usez de la force que vtkus tenex de nous et de saint Pierre pour tel résister jwsquà la mort , et en lui àtaeU Fadminist ration de VEtat^ analhémati^ sexr4e avec tous ses adhérents : car n' oubliez fHteaue c'est un crime d^idolAtrie de désobéir au Saint'Siége.

11 Aorini le même jour et dans le même setsa k loua les sujets du rovaume Teutoaiqu«» lAAi il avait è cœur J extinction de la guerre civile, (kftie guerre faisait d*affreux nAT^igeat car Henri livrait tout au fer et aux lanuiiM. La victoire pasaait sauvent d*uin ^ainap è 4*flutre, bien que Rodolphe obttot ies >rÂaiMpMx succès.

isrégoire VU gardait toujours la plus

^irictc iMutralité, et cerné par Hie»ri gui lui

ertnail rentrée de rA^lemaguev il tint un

ronosle A Amm «o 1078. Les é vaques s*as-

;e4iiblèmt au «ombre de plus de eent» outre

es abbéa, lea clercs de divers ordres et une

Dulcitada inooaabrabte de laïques. Le Pape

eacMareli lee tanona préeédeiHs, réforma

>eaocoup d^autrea «boa, et procéda eesuite

ooire les évêqnes intrus ou excooununiés.

iprés «Toir terminé les affaires de TEglise,

.fr*ooc«ipa des affaires des deux rois, déci«

enf «tt*on enverrait dea tépis eu Ailemi-

Dicneiiif. oBs Pàms.

gne pour convoquer une diète où la cau^a serait Jugée el la paix rétablie. H fit connaître celte décision eux seigneurs d'Allemagne et écrivit dans le même but une lettre aéciale \ Odon, archevêque de Trë?e^.

lis ce qui montre le génie de C^éftoirèt €*estqae les affaires compliquées dé TEdlpire ne rempêchèrent pas de se livrer à celles des autres rojauraes. Il travaille k la fois ^ la réforme cie toutes les Eglises de ]a chrétienté. IX écrit de nombreuses lettres en France t en Allemagne, en Italie, en Bspagne, en Angleterre et jusque dans lès pays du Nord, le Danemark et la Norwég^. Aussi était-il faorriblemeut fatigué, <:e qu'il marque dans une Jedre cenudenlielle à Tabbé de Cluny, oii il épanche toute son Ame au sein de Pamitié.

Les Saioas ne comprenant pas que le Pape puisse hésiter un instant entre deux roia, dont Tuu lui offre tant de garantie de fidélité, tandis que Tatitre est son ennemi déclara, se plaignent vivement à lui dans une première lettre^ bienlAt suivie d'une seconde. C'est qu'en effet, ils se trouvaient en définitive» victimes desa neutralilé.IIs reviennent à la charge et adressent eu Pape u&e requête pleiue d^amères reproches. « Pourquoi donc, s disent-ils, « la cour apostoUquo ne montre-l-elle pas, à Tésard du roi coupable, cette^ sévérité avec laquelle on sait qu'elle punit toute espèce de désobéissance* Si nous, malheureuses brebis, nous avions failli en un seul point, la veni^ance du Saint-Siège nous aurait poursuivis sans délai ; mais, maintenant qu'il s'agit de loups qui dévorent le tronpeau du Seigneur,

CHirquoi montre-t-on tant de patience et de nganimitét.. » Grégoire essaye en vain de leur fSiire cumurendre que sa neutralité a pour but d'arrêter l'effusion du sang et de mettre un terme à la guerre civile. Presque toute l'année 1079 se passe en négociations entre lui et les Saxons, qui livrent à son c«ur paternel de rudes assauts. Enfin, convaincu par les faits, qu'Henri a violé toutes ses promesses et renouvelé tons ses crimes contre son peuple et l'Eglise, il assemble à Bome on concile dans les premiers jours de mars 1080. Il se. lève, mais triste, abattu, et prononce, oomme malgré lui, une sentence définitive contre Henri» sentence solennelle et motivée, qui est du 7 mars 1Ô60.

Henri plein de fureur, rassemble trente évêques excommuniés, ennemis déclarés de Grégoire VII. qui portent contre lut une sentence de déposition où l'borrible le dispute à l'ebsurae, où ils traiteot Henri «de roi pieux et pacifique » et où ils « damnent éternellement Hilaebrand, en l'accusant de parjure, de meurtre, de pillagje, d'assaaainat, d'apostasie, » etc. Ils choisissent pour ie remplacer un hoeame qui u'est connu que par ses crimes et par les etcommunications

3 ni Tout frappé. C'est Guibert, archev^êquo e Revenue.

Aiiivré deaon prieeipal ennemi par ia floort de Rodolphe^ Henri entra ett lleiic.

GRE

éRE

avec uno armée nombreusot au mois de mars 1081. S*étanl ouvert un passage à ira* vers la Toscane, il marche sur Florence, la

Krend» et arrive le 23 mai sous les murs de orne, traînant \ sa suite Tantipape Guibert. Il pensait s*emparer immédiatement de la ville et de la personne de Grégoire VII ; mais le peuple, dévoué à son souverain, se défendit avec énergie, et Henri fatigué de la résistance qu*ii trouvait partout, se retira au milieu de Tété, à Ravenne, avec son antipape, laissant devant Rome quelques troupes allemandes^ qui périrent presque toutes de ipaladie. Ayant passé à Ravenne rautomne de 1081 et Tniver suivant, il vint de nouveau devant Rome avec la ferme résolution d'employer toutes ses ressources pour s'emparer de cette ville. Il les employa en effet, pendant tout le Carême de 1082. Les Ro« mains se défendirent si courageusement

' qu'Henri fut obligé de se retirer une seconde fois. 11 avait laissé ses troupes dans

- les environs de Rome, sous le commandement de Guibert, qui ravageait les terres , détruisait les récoltes et causa tous les maux que peut faire l'homme le plus sanguinaire. Quoique renfermé dans Rome et occupé de miire soins, Grégoire VII gouvernait de là toute la chrétienté. Il trouva moy\ n d'écrire dans les pavs les plus éloignés où son intervention était nécessaire. Henri lui attribuant tous les maux de la guerre, il demanda un concile général , tant pour se justifier que pour soumettre le différend entre lui et Henri. Ne craignant pas d'exposer

'sa conduite aux yeux de l'univers entier, il provoqua ce concile, l'appela, de tous ses vœux, en indiqua le but, comme nous le voyons par une lettre adressée à tous les fidèles. Mais Henri ne voulait nullement un concile qui aurait dévoilé toute sa conduite. U préféra marcher de nouveau sur Rome où

* il arriva quelques jours avant la Pentecôte de l'an 1063 avec la ferme résolution de ne

{>iu8 reculer sans être mettre de la ville. A a suite d'un violent assaut, il s*empara de la cité Léonine. Les Romains extrêmement fatigués de deux années de guerre, ' se défendaient avec moins d'ardeur. Un grand nombre, pressés par la faim, s'étaient retirés secrètement de Rome; les autres étaient découragés. Henri connaissant ces dispositions les gagna par son or et ses promesses, séduisit un grand nombre de seigneurs et fit semblant de vouloir se soumettre au Pape et faire la paix avec lui. Les Romains supplièrent donc le Pape d'avoir pitié de la ville presque ruinée et de la sauver par sa clémence. Grégoire promit d'absoudre Henri, s'il voulait satisfaire à Dieu et à l'Eglise. Le roi refusant cette satisfaction, le Pape resta inébranlable, comme ^'était son devoir. Il aimait mieux la mort que de sacrifier les droits de l'Eglise. Ne se voyant plus assez en sûreté dans la ville, il se retira au château Suint-Ange, et proposa de nouveau à Henri un concile général nui discuterait le différend entre eux et ferait dès déerets qu^personue ne pourrait

violer. Henri ne pouvant reculer accepte cette proposition et promet par serment d'accorder un libre passage à ceux qui iraient au concile ou en reviendraient. I^e Pape convoqua immédiatement ce concile pour le mois de novembre de la même an* née 1083. Mais bientôt Henri, se croyant plus fort, viole tous ses serments, attente au droit des gens, et fait arrêter les évêques qui se rendent au concile. Néanmoins cette assemblée s'ouvrit le 30 novembre. Les délibérations durèrent trois jours, et \e de^ nier, Gré^^oire adressa aux évêques la parole avec une puissance surnaturelle. Il parla de la foi, de la morale chrétienne, du courage, et de la constance nécessaire dans la persécution présente avec une éloquence si vive et si onctueuse, qu'il ifrracha des larmes à tous les assistants. Il avait ouvert les yeux des Romains, regagné leur affection, et ranimé leur couragei par sa franchise, sa loyauté et la puissance de sa parole.

Cependant Henri ne cessa de cherchera les gagner par menaces et par promesses. Il séduisit les seigneurs des environs de Rome. Ses préparatifs faits, il s'approcha de la ville de Rome, pour la quatrième fois, avec la ferme résolution de ne plus reculer sans l'avoir prise. Les Romains se défendirent avec une telle vigueur , que l'empereur désespérait de prendre la ville et songeait déjà à en lever définitivement le siège et à s'en retourner ensuite en Allemagne, comme il nous l'apprend lui-même par une lettre k l'évéque de Verdun, son partisan dévoué. Hais l'argent de Henri avait produit son effet, et lorsqu'il préparait son départ, il reçut une députation qui lui offrit l'entrée de la ville. Le 21 mars on lui ouvrit la porte de Latran; et il fit son entrée avec pompe, ' accompagné d'un grand cortège et de son antipape Guibert. Grégoire Vil s'était retiré avec les seigneurs fidèles dans le chiteau Saint-Ange. Le dimanche suivant, jour des Rameaux, Henri fit introniser Guibert sous le nom de Clément Ili, et le jour de P&ques, celui-ci donna à Henri la couronne impériale, couronne non de gloire, mais d'ignominie. Cependant plusieurs quartiers de la ville 'étaient encore défendus avec énergie. Les partisans de Grégoire étaient si nombreux que Henri et Guibert furent obligés de rester plusieurs jours dans le palais de Latran, sans pouvoir aller^ h Saint-Pierre. Ilsprirent néanmoins le Capitole, le chAtean fort dit Seplifolium et firent apporter les machines de guerre devant le château Saiot- Ange, où se trouvait le Pape, bien résolus à le forcer dans cette deroièfç retraite eti se rendre maîtres de sa personne. Grégoire fit part de sa détresse à Robert Guiscard,qui marcha aussitôt vers Roaie avec une armée de trente Aiille hommes d'infanterie, et six mille de cavalerie, parmi lesquels sê trouvaient beaucoup de Sarrasins de la Sicile. A cette nouvelle, Henri fut désespéré, caril voykitson œuvre inachevée. Quatre fois il avait fait le siège de Borne» avec Tespérance d*en chasser Grégoire Vil» et au moment o^ï

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